21/03/2013
Un détail qui tue
C'est une affiche que l'on voit énormément sur les panneaux publicitaires de Paris, en ce moment. Un «Beau mâle» posant nu et alangui sur la banquise, pour le parfum éponyme de Jean-Paul Gaultier. La créature est très photoshopée, mais elle enjolive plutôt pas mal la grisaille de la ville. A un détail près, un détail qui tue. Elle est allongée sur une dépouille d'ours blanc.
Ce qui énerve souverainement l'association environnementaliste française «Robin des Bois». «L’authenticité de ces parties d’ours polaire à usage publicitaire n’est pas garantie, mais l’image véhicule la croyance dans les vertus du charme et de la virilité des parures animales», selon elle. Or, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction vient justement de refuser de faire figurer ce plantigrade dans sa liste des espèces particulièrement en danger. Dès lors, pour l'ONG, «cette publicité est particulièrement mal venue»; «c’est du mauvais goût total et une erreur de communication».
«C’est de l’humour au 1.000ème degré», se défendraient les communicants du couturier. Mais les Robins ne trouvent pas cela drôle. Pour eux, le styliste et tous les distributeurs de son parfum «se font les promoteurs de la chasse et du commerce international d’animaux menacés d’extinction». Et le concept de masculinité mis de telle manière en avant par cette campagne de pub est d'autant plus malvenu que, s'agissant de l'ours polaire, «la chasse vise en priorité les mâles». L'assoc appelle donc au boycott de ce produit et de cette marque.
En revanche, pas d'appel de sa part au boycott de la célèbre marinière rayée Gaultier, qui fait figure d'emblème de cette griffe. Sans doute en haut lieu aurait-on trouvé un tel appel très anti-patriotique, le ministre Arnaud Montebourg s'étant réapproprié ce vêtement si hexagonal pour sa politique de promo du «made in France».
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20/12/2012
Une mobilisation, jusqu'à Paris
Quand un dossier urbanistique et environnemental à l'origine purement local finit par s'immiscer dans le paysage de la capitale, après avoir joué les trouble-fêtes en politique nationale. On veut parler du méga-projet d'aéroport régional de Notre-Dame des Landes: dans le fief du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, près de Nantes (Loire atlantique). Depuis la formation de la majorité gouvernementale rose-verte, après la victoire présidentielle de François Hollande, ce dossier empoisonne les relations entre les socialistes (chauds partisans du projet) et les écologistes (farouches opposants à l'«Ayraultport», comme ses détracteurs l'ont rebaptisé).
Après avoir fait les choux gras des médias – qui, ces derniers mois, ont très largement parlé de cela –, le débat est en train de, très visiblement, se déplacer sur le terrain parisien. Ainsi, l'autre jour, les anti-aéroport ont maculé les panneaux publicitaires de plusieurs stations de métro de la capitale. Avec des slogans vindicatifs contre ce qui, selon eux, est le «nouveau Larzac» – par allusion à la mémorable bataille activiste contre le projet d'extension (finalement abandonné) du camp militaire du Larzac: dans l'Aveyron (Midi-Pyrénées), pendant les années 70. Même pour l'usager moyen du métro parisien, désormais très habitué aux barbouillages réguliers des panneaux de réclame par les militants anti-pub, cette opération était, par son ampleur, assez spectaculaire.
Mais, ce jeudi, la coalition anti-aéroport a franchi un pas de plus, dans la visibilité parisienne.
Ce matin, en effet, des militants de Greenpeace ont, sur la grande pyramide du Louvre, déployé une banderole jaune de 250 m2 (une photo ici), proclamant que la place de «Ayraultport» est «au musée». Comme toujours avec Greenpeace, le coup de force a été aussi télégénique qu'efficace. Sans crier gare, déjouant les contrôles de sécurité (renforcés à Paris en ce moment, comme chaque année à la période des fêtes), deux de ses militants alpinistes ont déployé le calicot en descendant en rappel le long d'une des façades de la célèbre tour.
Le succès médiatique sera, évidemment, au rendez-vous: les images de la scène vont être diffusées en boucle et pendant toute la journée, par le web et sur toutes les télés.
11:34 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, transports, gouvernement, activisme
13/12/2012
Un nouvel outil de propreté
On l'écrivait hier: les rues de Paris ne compteront vraisemblablement pas beaucoup moins de pauvres, cet hiver. Mais elles seront peut-être un peu plus propres moins sales. On entendait parler de cela depuis des semaines, mais on ne l'avait encore jamais vu: dans nos pérégrinations, en ville. Jusqu'à ce matin, où l'on est tombé par hasard sur ce fameux nouveau dispositif qui, peut-être, contribuera à réduire un type particulier de pollution qui salit énormement Paris.
Les mégots de cigarette. Cela paraît très anodin comme cela, mais ce l'est moins pour les services municipaux de la propreté: chaque année, ils ramassent... 315 tonnes de mégots, sur la voie publique. Les nouveaux éteignoirs de rue, dont on a enfin aperçu un exemplaire ce matin, permettront aux fumeurs d'avoir désormais une autre alternative que soit de balancer leurs mégots par terre, soit de les jeter à la poubelle mais en risquant d'y mettre le feu.
10 000 de ces éteignoirs ont été fixés sur les cerclages métalliques des poubelles de rue. Ces petits palets de résine sont fabriqués dans un matériau composite (de la polyamide chargée de fibre de verre, pour les amateurs de détails techniques), ce qui les rend ignifuges. Ils remplacent les plaquettes perforées en inox qui, auparavant, équipaient certaines poubelles – avant d'être victimes de vols en cascade, dûs à la flambée du cours mondial de l'inox (relire là).
Avec ce nouvel outil, les trottoirs de Paris n'auont plus d'excuse de rester ce qu'ils sont devenus: un vrai cendrier géant. Plus d'excuse, sauf bien sûr dans l'hypothèse où ces 315 tonnes annuelles de détritus tabagiques seraient moins dues à un problème d'équipement qu'à l'indécrottable incivisme/je m'enfoutisme/ qui caractériserait le Parisien moyen. On verra cela.
11:21 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, propreté, environnement, tabac
12/11/2012
Un débat enfiévré
Cela risque de chauffer à l'Hôtel de ville de Paris, ce lundi. En effet, les élus y débattent du plan de lutte anti-pollution automobile proposé par le maire, Bertrand Delanoë, et il est très controversé. Au passage, le sujet de la pollution atmosphérique dans la capitale demeure plus que jamais d'actualité. Vendredi encore, un épisode de pollution aux particules fines a été constaté, ayant déclenché la procédure d'information et d'alerte. Cela avait déjà été le cas à trois reprises pendant la dernière semaine d'octobre, pour le même polluant.
Le plan Delanoë n'y va pas de main morte. Il envisage d'interdire la circulation en ville des véhicules les plus anciens (plus de 10 ans d'âge pour les deux roues, à partir de 17 ans pour les autres véhicules), de réduire la vitesse de circulation sur le périphérique, de multiplier les zones 30, ou d'instaurer un péage sur les autoroutes encerclant la capitale. Les pro-voitures et l'opposition de droite sont, bien sûr, vent debout contre ce plan. Qui, selon eux, confirmerait plus que jamais la transformation de Paris en "boboland": repaire d'urbains aisés et non motorisés – par opposition aux banlieusards n'ayant d'autre choix que de prendre chaque jour le volant.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour que se remette à mousser ce débat si enfiévré sur la place de la voiture dans la capitale – un sujet qui a déjà pas mal agité les esprits ici, dernièrement (relire ici ou là).
Cela dit, le plan Delanoë n'est doublement pas exempt de pures postures de com'. D'une part, nombre de mesures qu'il propose ne sont même pas de la compétence de la ville (mais de l'Etat). D'autre part, si d'aventure il est un jour mis en application, en tout ou en partie, le maire lui-même ne sera plus là pour essuyer les plâtres: ce sera après 2014, donc après les prochaines élections municipales, dès lors sans Bertrand Delanoë – puisqu'il a déjà annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.
11:50 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, environnement, santé, delanoë
24/10/2012
Une autorisation, bucolique
Puisqu'on évoquait l'Assemblée nationale dans ce blog hier, cette autorisation qu'a donnée son nouveau président, le socialiste Claude Bartolone. Un feu vert certes infiniment anecdotique, mais néanmoins joliment bucolique. L'accord que, sur le toit du Parlement, l'on installe... des ruches.
La demande avait été faite par un député UMP, dont le suppléant est lui-même apiculteur. Pour ce parlementaire, ce faisant, «la représentation nationale, montrant comme il se doit l’exemple, participerait concrètement à la protection d’une espèce en difficulté et pourtant essentielle à la conservation de la biodiversité»: les abeilles. Ce sera donc chose faite.
L'histoire ne dit pas si ce miel provenant d'un Parlement désormais majoritairement à gauche sera, ou non, accessible à toutes les bourses. S'il sera, par exemple, plus abordable qu'un autre nectar issu lui aussi de toits parisiens fameux: le miel de l'Opéra Garnier.
Qui, à 15€ les 125 grammes, doit être le miel le plus cher et le plus chic du monde. A ce prix-là, il peut bien être bon.
11:15 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, gastronomie, institutions, parlement, environnement, art de vivre, luxe
26/09/2012
Un gros débat, assez théorique
Grosse agitation des Parisiens, ces jours-ci. Ils ont l'air de ne parler que de cela, en ce moment. Du projet de réduction de 80 à 70km/h de la vitesse maximale autorisée sur le périphérique.
C'est la mairie de Paris qui, l'autre jour (ici), a relancé ce vieux serpent de mer, dont on parle depuis des années. A la différence que, cette fois, le dossier pourrait aboutir: vu l'alternance politique qui, au printemps, s'est jouée au gouvernement – à qui il revient de prendre une telle décision. En attendant, les pro et anti 70km/h sur le périph' débattent passionnément.
Les premiers invoquent «une urgence sanitaire». A les en croire, une telle réduction de la vitesse maximale autorisée «permettra d'améliorer la qualité de l'air et le niveau sonore autour du périphérique». Pas un luxe pour les riverains immédiats de la rocade, qui vivent dans des zones où les niveaux de pollution atmosphérique, «selon l'OMS, dépassent de quatre fois les normes mondiales de qualité de l'air». Les seconds dénoncent «une mesure démagogique et sans efficacité». Qui, «une fois de plus, va pénaliser ceux qui n'ont d'autre choix que d'utiliser leur voiture». Et qui «ne va que congestionner encore un peu plus» ce boulevard.
Le gouvernement décidera. Dans un sens ou dans un autre.
De toute façon, si, dans ce débat passionné, l'on peut se permettre de le noter, cela ne changera pas forcément énormément de choses, concrètement, pour les 1,3 million d'usagers quotidiens de ce boulevard. En effet, la vitesse moyenne de circulation y est de... 38km/h. Rares, dès lors, sont les occasions où l'on peut y appuyer sur le champignon, jusqu'à 70 ou 80 km/h...
11:56 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, banlieues, transports, environnement, santé, gouvernement
13/09/2012
Un engagement jamais tenu
Puisqu'on évoquait les berges de la Seine hier, intéressons-nous au fleuve proprement dit, aujourd'hui. Pour signaler, au cas où cela vous aurait échappé, qu'un vieil engagement le concernant n'a jamais été tenu.
Il avait été pris à l'époque par Jacques Chirac. Lorsqu'il était maire de Paris (1977-1995), il avait promis aux Parisiens qu'à la fin de son mandat, ils pourraient à nouveau se baigner dans la Seine, comme ils le firent jadis. On en est encore loin. L'a rappelé un différend, début septembre.
A l'invitation d'une association sportive, plus de 3000 personnes s'étaient inscrites pour ce qui s'annonçait un événement: la traversée de la capitale à la nage. Elle aurait dû se dérouler dimanche dernier; les concurrents les plus sportifs auraient nagé dix kilomètres, jusqu'au jardin André-Citroën. Mais la préfecture de police a catégoriquement interdit la manifestation. Les pandores ont notamment invoqué la qualité sanitaire insuffisante des eaux du fleuve – dans lequel, pourtant, début juillet, ont nagé les 4500 participants au triathlon de Paris...
Les organisateurs de la course ne l'ont pas entendu de cette oreille. Contestant cette décision, ils ont brandi les résultats d'analyses bactériologiques effectuées à leur demande par un laboratoire agréé, portant sur des échantillons d'eaux du fleuve qu'ils avaient prélevés début août. Analyses montrant, selon eux, la parfaite conformité de ces eaux avec les directives européennes relatives aux eaux de baignade en milieu naturel.
Rien n'y a fait: les autorités ont campé sur leur refus. Et la manifestation, qui se voulait «la plus importante épreuve de natation en eau libre de France», a dû être purement et simplement annulée, au débotté.
Jacques Chirac n'a pas réagi.
11:48 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, environnement, santé, sports, sécurité, police
12/09/2012
Un mauvais timing
Le long de la Seine, depuis la rentrée, les Parisiens disposent d'une nouvelle promenade piétonne: entre le square de l’Hôtel de Ville et le bout du quai Henri IV. C'est la première réalisation concrète du vaste projet municipal de restructuration des voies sur berges. Et cela énerve visiblement beaucoup le lobby des automobilistes.
Ainsi, hier, l'association «40 millions d'automobilistes» a renforcé sa mobilisation contre ce projet, qu'elle juge inepte d'un point de vue tant économique qu'écologique ou social. Selon elle, face un «réseau de transports en communs hypersaturé, il est tout à fait utopique de croire en la réduction du nombre d'automobilistes». «40 millions d'automobilistes » a donc lancé une vaste pétition pour s'opposer à ce grand projet urbain.
Pourquoi pas; c'est parfaitement son droit. Et tous les arguments de ces automobilistes ne sont pas d'office à rejeter. Ainsi, «augmenter les temps de parcours en automobile signifie en parallèle l’acceptation du renforcement d’un clivage entre habitants de Paris intra‐muros et ceux des zones urbaines limitrophes, plus accessibles financièrement en termes de logement».
Juste, sur la forme, en termes de timing de communication, «40 millions d'automobilistes» aurait pu/dû mieux choisir le jour de son ramdam médiatique.
Car il a coïncidé avec la publication d'une étude scientifique, portant sur l'impact de la pollution atmosphérique (et donc, en partie, automobile) sur la santé des habitants des grandes villes. Confirmation: cette pollution coûte cher, à la fois en vies humaines et en argent public. Un seul chiffre, frappant, pour illustrer cela: si, à Paris, les normes annuelles européennes en matière de pollution étaient parfaitement et en permanence respectées, le Parisien moyen bénéficierait d'un gain d'espérance de vie de près de 6 mois (*).
6 mois d'existence en plus. Voilà qui, peut-être, relativise quelques dizaines de minutes supplémentaires passées dans les embouteillages.
(*) Dans les neuf villes françaises étudiées par les chercheurs, le gain annuel total représenterait... 91.000 années de vie. Ce qui n'est pas rien, tout le monde en conviendra.
12:21 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris, environnement, santé, transports, urbanisme, activisme
18/07/2012
Une gestion pas très sérieuse
A propos des bagnoles et des produits cancérigènes, dont on parlait hier dans ce blog, une querelle prend de l'ampleur, ces jours-ci. Elle concerne les éthylotests, dont la possession est désormais obligatoire dans les véhicules. Visiblement, le précédent gouvernement a géré cette affaire d'une manière pas très sérieuse.
Dernièrement, l'ONG environnementaliste «Robin des Bois» a accusé (ici) ces éthylotests chimiques de contenir du dichromate de potassium, substance qu'elle qualifie de cancérigène pour l'homme et de très toxique pour les organismes aquatiques. Chacun de ces éthylothests à usage unique contiendrait «environ un gramme de chrome 6, substance classée cancérogène, mutagène et reprotoxique». Dès lors, jeter à la poubelle ces objets après usage «serait une pratique dangereuse pour l’environnement et la santé publique».
Hier, interpellé sur la question, le ministère de l'Ecologie n'a que partiellement démenti ces assertions. Côté pile, «compte tenu de la très faible quantité» de ladite substance dans un éthylotest, «une ingestion accidentelle n'exposerait qu'à une irritation buccale ou des muqueuses». Mais, côté face, le traitement des éthylotests usagés est, en effet, «une question sérieuse». Les autorités vont donc plancher là dessus. Du coup, les fabricants d'éthylotests sont furieux. Selon eux, les quantités de ces substances toxiques sont tellement infinitésimales qu'évoquer des risques pour la santé ou l'environnement est «une arnaque ahurissante» – selon les termes d'un fabricant furibard, qu'on entendait sur une radio, ce matin.
Cette querelle a de quoi effarer. On imagine l'état total de confusion dans lequel doit se trouver l'automobiliste français moyen, en ce moment: face à ces allégations parfaitement contradictoires.
Le moindre du bon sens aurait évidemment commandé que les autorités prennent toutes les assurances (scientifiques, sanitaires et environnementales) avant de rendre ces éthylotests obligatoires. Mais, manifestement, c'était trop demander, au pays du principe de précaution.
Encore bravo.
11:54 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, sécurité, santé, environnement, gouvernement
17/07/2012
Une inertie, inquiétante
Après une première quinzaine de juillet météorologiquement pourrie, comme souvent, le retour à Paris prochainement, paraît-il – on est un peu sceptique, mais bon, acceptons-en l'augure... –, de températures de saison. Et donc le retour aussi, probablement, des épisodes de pollution, qui empoisonnent si régulièrement l'air de la capitale. A cet égard, on est assez estomaqué de la totale inertie des autorités, depuis un mois.
Puisque cela fait un mois maintenant qu'a été rendue publique, en France comme ailleurs, une étude scientifique confirmant le caractère cancérigène des gaz d’échappement des moteurs diesel. Or, la France est le pays le plus diéselisé d'Europe: plus de trois quart des véhicules immatriculés y carburent au gasoil. Et ils circulent notamment en ville, cela va de soi. Au printemps à Paris, pour rappel (relire ici ou là), on eut droit tous les trois jours à un pic de pollution aux particules fines. Comme cela avait déjà été le cas à cette saison auparavant (voir ici). A cette heure, cependant, on attend toujours la moindre (ré)action – ou ne serait-ce qu'une communication – du gouvernement, sur la question.
D'autres qu'énerve visiblement cette inertie, ce sont les militants de la fédération d'associations France Nature Environnement. L'autre jour, dans Paris notamment, ils ont apposé sur les murs des pochoirs (propres), sommant les autorités de se bouger. Sans, de nouveau, la moindre réaction, jusqu'à présent.
A part cela, le principe de précaution est une notion cardinale de la politique de santé, en France.
Encore bravo.
12:05 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, environnement, transports, gouvernement, activisme, paris
11/07/2012
Un certain scepticisme
C’est bien de saison, en ces périodes de transhumances vacancières: entre info (alléguée) et pub (gratuite), un fabricant de navigateurs GPS a publié hier une étude sur les villes les plus embouteillées d'Europe. Etude qui a bénéficié d’une large couverture médiatique en France; mais, a-t-on trouvé, sans beaucoup de nuances.
Ce classement était présenté comme ayant été élaboré sur la base d’un «indice d’embouteillage». Indice qui serait lui-même issu des temps de trajet réels des automobilistes utilisant les navigateurs de cette marque, temps calculés par ces machines. A en croire ce palmarès, Paris serait moins embouteillé que Marseille ou Bruxelles, Varsovie décrochant la funeste première place.
Pour Varsovie, on n’en sait rien: on n’y a jamais vécu. En revanche, les embouteillages à Bruxelles, Marseille ou Paris, on les connaît bien, ou on les a bien connus. Si on n’a pas gardé un agréable souvenir en la matière ni de la capitale belge, ni de la cité provençale, on n’a pas du tout le sentiment qu’à Paris ces dix dernières années, le chaos de la circulation se soit beaucoup amélioré.
Un certain scepticisme, donc, face à ces données.
D’autant qu’il n’y a pas si longtemps, deux études portant sur un sujet identique ont conclu… de manière diamétralement opposée.
Ainsi, une société d'info-trafic américaine, se basant sur les données d’Eurostat (l'office européen des statistiques), a présenté Paris comme étant bel et bien la métropole la plus embouteillée d'Europe. Sur les dix points noirs européens pour les automobilistes, le périph’ arrivait même largement en tête.
Une autre étude, menée par un géant de l’informatique auprès de 8.192 conducteurs, avait elle aussi attribué à Paris la plus longue durée d’embouteillage, sur vingt villes européennes analysées.
Pas sûr, dès lors et en fin de compte, que l’automobiliste parisien ne soit pas le plus à plaindre, de tous ses congénères européens.
15:12 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, art de vivre, environnement, santé, communication, médias
09/07/2012
Une atmosphère «vagabonde et rustique»
«Une nouvelle ambiance végétale», due au recours à des plantes «vagabondes et rustiques». On se croirait dans un épisode de la série télé «La petite maison dans la prairie». Mais non: on est en plein Paris. Du moins, dans le Paris décrit par les grands communicants du maire, Bertrand Delanoë, qui en font toujours des tonnes pour montrer la «Ville lumière» sous un jour mirifique.
Cette nouvelle ambiance bucolique en pleine ville, ce serait celle, bientôt, des contrebas de l'Hôtel de ville, le long des quais de Seine. A l'issue des travaux d'aménagement prévus cet été, comme le long d'une bonne partie de la rive droite. Au programme: création de passages piétons, aménagement d'une piste cyclable, mise en place d'un nouveau mobilier urbain, etc. L'objectif? «Apaiser la circulation», aboutir à «un meilleur partage de la voirie». En clair, et au-delà de, à nouveau, ces grands mots de communicants? Réduire la place de la bagnole: par exemple en rétrécissant les voies de circulation. Le tout, dans la perspective du vaste projet de réaménagement des voies sur berges, qu'a revitalisé l'arrivée au pouvoir des socialistes, en mai (relire ici) – le précédent gouvernement avait mis le projet au frigo .
En attendant, et très prosaïquement, ces travaux auront pour impact de limiter la dimension de l'édition 2012 de Paris Plages. La mairie l'a confirmé, ce matin: cet été, il s'agira d'«une édition un peu particulière, puisque la manifestation devra, sur la voie Georges-Pompidou, céder du terrain devant le chantier». Dès lors, la plage à Paris, cette année, ce sera surtout et avant tout dans la zone entre le pont d’Arcole et les Tuileries.
Si la météo le veut bien. A ce stade, et comme déjà en juillet 2011, cela ne paraît pas donné.
12:13 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, transports, environnement, tourisme, communication, gouvernement
16/05/2012
Une première conséquence?
Le départ de Nicolas Sarkozy de l'Elysée, hier – et/ou celui de François Fillon de Matignon, ce matin – pourrait avoir une conséquence très visible et concrète sur la physionomie de Paris. En effet, cela pourrait débloquer un gros dossier urbanistique contre lequel, depuis des mois, la droite faisait barrage. De toutes ses forces.
Ce vaste projet, c'est l'aménagement des berges de la Seine (photos visibles ici). Aujourd'hui et depuis des décennies, ces voies sont dédiées au trafic automobile. Le projet prévoit de réserver ces berges en partie aux piétons. Mais la préfecture de police de Paris, le «bras armé» de l'Etat central dans la capitale, a toujours freiné des quatre fers contre cette interdiction des voitures le long du fleuve. Selon elle, cela va entraîner d'inextricables embarras de circulation dans une bonne part du centre de Paris.
En janvier dernier, François Fillon en personne avait mis son veto au projet. Or, l'Etat étant propriétaire des quais de Seine, son aval est indispensable pour modifier la nature de ces voies. Furieux, le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, avait dénoncé un «diktat inacceptable» de Matignon. Et qualifié d'«acte partisan» la décision de François Fillon – qui, à la faveur des élections législatives du mois de juin, se lance dans la politique locale parisienne.
François Hollande désormais à l'Elysée et Jean-Marc Ayrault à Matignon, ce gros dossier sortira-t-il enfin du placard où on l'avait enfermé? «On espère un déblocage rapide», s'est-on félicité, le week-end dernier, à la mairie de Paris. Où l'on envisage d'ores et déjà que les berges réaménagées soient ouvertes au grand public «au printemps 2013».
13:06 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, environnement, transports, personnalités
26/04/2012
Un grand gaspillage
Dimanche, on se l'est encore dit: quel énorme gaspillage de papier que chaque élection en France. Enorme gaspillage, dû simplement au Code électoral
En effet, il impose à l'électeur d'entrer dans l'isoloir avec, en main, au moins deux bulletins de vote différents, puisés dans les piles de bulletins aux noms de chacun des candidats que l'on trouve à l'entrée du bureau de vote. Au moins deux bulletins, car, avec un seul, chacun présent dans le bureau à cet instant saurait pour qui l'électeur s'apprête à voter, et donc le caractère secret du vote serait enfreint. En effet. Mais 44 millions d'électeurs prenant chacun et chaque fois au moins un bulletin en trop, cela donne au minimum 44 millions de bulletins retrouvés chiffonnés dans les poubelles des bureaux de vote, à la fin de la journée.
C'est le si curieux candidat Jacques Cheminade – lanterne rouge du scrutin, dimanche: 0,25%, pas même 90.000 suffrages – qui a fait cette proposition pourtant elle très sensée: changer complètement ce système, pour, justement, moins gaspiller.
L'électeur voterait sur une feuille de format A4 où figureraient les noms de tous les candidats. Il cocherait le nom de son choix. Puis plierait deux fois la feuille et la glisserait dans l'urne. Du coup, plus besoin de prendre des bulletins qu'on n'utilise pas. Et donc autant d'économies de papier. Plus besoin même de prévoir la petite enveloppe bleue dans laquelle on met son bulletin de vote avant de la glisser dans l'urne. Et donc autant de manipulations épargnées, et autant de temps gagné dans le dépouillement.
D'innombrables pays (dont la Belgique) votent de cette manière depuis d'innombrables années, et cela fonctionne très bien. Pourquoi pas la France?
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29/03/2012
Une semaine crasseuse
Semaine radieuse à Paris, en ce qui concerne la météo. Mais semaine affreuse, crasseuse, poisseuse, en termes de pollution atmosphérique. On en avait parlé lundi, et c'est de nouveau le cas ce jeudi: les seuils d'alerte risquent une fois de plus d'être dépassés dans le courant de la journée, en matière de pollution aux particules fines.
Ces derniers jours, la préfecture de police de Paris a beaucoup communiqué sur le sujet. Cela donne: 6173 véhicules contrôlés en région parisienne rien que lundi, 2461 infractions constatées pour non-respect de la vitesse de circulation réduite de 20 km/h, mais aussi pour infractions aux normes de pollution ou aux règles relatives au contrôle technique. Sur les quatre jours de mars ayant entraîné, avant lundi, des dépassements du seuil d'alerte de la pollution, plus de 20.000 véhicules ont été contrôlés, la moitié de leurs conducteurs ayant été verbalisés.
Si la préfecture communique à ce point sur le sujet, c'est parce que, au fur et à mesure que les pics de pollution se succèdent, elle est de plus en plus critiquée. Selon ses détracteurs, l'autorité qui représente l'Etat central dans la capitale brille par sa «passivité» et son «inaction» en la matière. La semaine dernière, le maire en personne avait piqué une colère contre le gouvernement. Cette semaine, ce fut autour des Verts. Munis de masques blancs et d'une banderole où l'on pouvait lire «Poumons en détresse», une cinquantaine d'élus et de militants écologistes parisiens ont (brièvement) bloqué la circulation rue de la Cité, sous les fenêtres de la préfecture.
Selon un spécialiste qu'on entendait sur une radio ce matin, les conséquences sanitaires dues à la pollution atmosphérique en région parisienne coûtent en moyenne... 6 mois d'espérance de vie à chacun de ses habitants.
Bienvenue dans la «Ville lumière».
11:37 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, santé, environnement, transports, police, gouvernement
26/03/2012
Un air (une fois encore) irrespirable
La chose est passée complètement inaperçue dans les médias ces dernières semaines, la campagne présidentielle et la tuerie de Toulouse ayant monopolisé l'actualité. Il n'empêche, à Paris au même moment, dans un registre beaucoup plus prosaïque et heureusement moins dramatique, un phénomène continue de prendre des proportions alarmantes.
On veut parler de la vague de pollution atmosphérique qui frappe en ce moment la capitale et sa région. Ces dernières semaines, jour après jour et quasi quotidiennement – et ce matin encore: voir ici – , les autorités chargées de surveiller la qualité de l'air ont dû déclencher la procédure d'alerte de la population, à cause du dépassement des seuils relatifs à tel ou tel polluant (les particules fines ou les poussières, le plus souvent). Ces alertes concernent au premier chef les personnes souffrant d'une pathologie chronique, les asthmatiques, les insuffisants respiratoires ou les cardiaques.
Vendredi, dans un communiqué énervé, le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, a sermonné le gouvernement. «Il est temps de passer de la parole aux actes. Depuis le début de l'année, le nombre de jours de pollution atmosphérique a dépassé les seuils d'alerte dans la métropole parisienne deux jours sur cinq. Face à cette situation, le gouvernement parle mais n'agit pas. C'est une illustration de la politique environnementale mise en œuvre depuis cinq ans, faite d'annonces jamais suivies d'effet». La capitale réclame notamment que, les jours d'alerte, la vitesse de circulation maximale autorisée soit baissée de 20 km/h et/ou que le trafic de transit des poids lourds soit interdit dans Paris intra muros.
Selon les relevés, en 2011, 2,7 millions d'habitants de la région parisienne ont été potentiellement exposés à des concentrations trop élevées de particules. C'est près de deux fois plus qu’en 2010. Quant à la pollution au dioxyde d'azote, elle touche 3,1 millions d'habitants, dont neuf Parisiens sur dix.
C'est cela aussi, la vie quotidienne dans la «Ville lumière»: pas tous les jours ni forcément reluisante, comme on le voit.
12:24 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, santé, transports, delanoë, gouvernement
01/02/2012
Un irrespect grandissant
Cinq ans ce mercredi, jour pour jour, que la France a étendu l'interdiction de fumer notamment à tous les lieux de convivialité (bars, restos, boîtes, etc.). Cinq ans plus tard et d'année en année, cette loi paraît de moins en moins bien appliquée. A en croire un sondage, 32% des Français ont subi la fumée d'autrui dans de tels établissements. Un pourcentage qui grimpe à 60% pour le tabagisme passif enduré aux terrasses de cafés ou de restaurants.
Ce contournement de la loi, on en est témoin chaque jour quasiment, dans notre onzième arrondissement. Il est particulièrement flagrant, pour ne prendre que ce seul exemple, à l'heure des courses: tiercé, quarté et autres quinté plus. Dans les bars-PMU de quartiers populaires, a fortiori s'ils sont équipés d'écrans géants, au moment où les chevaux prennent le départ, la tabagie y est souvent à la hauteur de l'excitation des parieurs: à son comble.
Théoriquement, fumer en terrasse est autorisé uniquement lorsque celle-ci est complètement ouverte. Quand donc elle n'est pas recouverte en tout ou en partie par ces auvents de bâches en plastique transparent que l'on installe si souvent à Paris, dès que la belle saison est finie. Dans la plupart des cas, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements, vous trouverez des fumeurs dans de tels espaces, même si ceux-ci sont entièrement clos.
Au passage, à propos des terrasses à Paris, une constatation qu'on a faite, cet hiver.
On y trouve toujours autant de braseros – a fortiori par ces temps de grand froids. Or, l'an dernier, la mairie avait parlé de progressivement interdire ces installations. Les parasols chauffants, en effet, s'ils assurent un confort aussi douillet qu'appréciable aux clients en terrasse, sont extrêmements énergivores, et donc peu écologiques. En outre, ils polluent énormément. Et dégageraient un air qui ne serait pas excellent pour la santé.
Un an plus tard, donc, exactement comme on en avait fait le pari à l'époque (relire ici), on n'a pas progressé d'un iota en la matière, à Paris.
12:06 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tabac, santé, environnement, art de vivre, paris
12/01/2012
Un «effet papillon»
C'est un exemple de la théorie selon laquelle «le monde est un village», désormais global. Une illustration de ce qui est appelé aussi l'«effet papillon»: «un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York».
Cela se passe à Paris. Sur un sujet qui n'est pas d'un intérêt planétaire, mais qui, en un de ses aspects, renvoie à des logiques mondiales dépassant complètement le Parisien.
Cela concerne l'annonce faite en début de semaine par la mairie. Qui a déclaré la guerre... aux mégots de cigarettes. Chaque année, dans les rues ici, les services de nettoyage en ramassent... 315 tonnes. Une consoeur du «Figaro» a eu l'amabilité de faire le calcul: «Sachant qu'une cigarette pèse à peu près 90 grammes, cela représente plus de 350 millions de clopes» consommées chaque année dans Paris, leurs résidus étant ensuite jetés sur la voie publique. A terme, quiconque sera surpris en train de balancer un mégot dans le caniveau sera passible d'une amende de 35 euros.
Pourquoi pas. A ceci près que Paris diffère sur un point au moins d'autres capitales internationales qui, comme Singapour ou Tokyo, font la chasse aux fumeurs-pollueurs.
Dans la «Ville lumière», les cendriers publics sont rares. La mairie en est bien consciente, qui vient d'annoncer que, dans les mois à venir, leur nombre passera de 2.000 à 20.000.
On les trouvera sous la forme d'«éteignoirs». Il s'agit de ces petites plaquettes métalliques perforées qui sont apposées sur les cerclages supérieurs des poubelles, qui permettent de bien écraser sa cigarette, puis de s'en débarrasser dans ladite poubelle sans lui mettre le feu.
Très bien. Mais, la pollution des rues de Paris par les mégots ne datant pas d'hier, pourquoi donc les poubelles de rues ne sont-elles pas, depuis belle lurette, déjà équipées de tels «éteignoirs»? C'est ici que l'on retrouve notre «effet papillon».
Les «éteignoirs» qui figuraient jusqu'à présent sur ces poubelles n'y ont pas subsisté longtemps: en majorité, ils ont été rapidement dérobés. Pourquoi? Parce que le métal les constituant, l'inox, a vu son cours flamber sur les marchés mondiaux. Du coup, ces plaquettes métalliques a priori si anodines, et toujours très crasseuses, sont très prisées par les malandrins, qui les dérobent, les stockent, puis les revendent en masse à des grossistes profitant de la flambée des cours mondiaux de l'inox.
La mairie de Paris prévoit donc que la prochaine génération d'«éteignoirs» ne sera plus en inox. Mais dans «un matériau composite» qui aura un double avantage. D'une part, il résistera aux températures très élevées des bouts de cigarette incandescents. D'autre part, il n'aura pas la moindre valeur marchande. Ce qui permettra d'«éviter le pillage en règle» de ces écraseurs de clopes.
Rien n'est jamais simple, décidément, dans la gestion de la cité.
12:21 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, propreté, environnement, santé, tabac, economie, art de vivre
10/01/2012
Une année d'énormes travaux (encore)
Il va falloir supporter encore plus le bruit des bétonneuses et des marteaux-piqueurs, à Paris cette année – comme s'il n'y avait pas déjà assez de vacarme dans cette ville...
C'est ce qu'on s'est dit hier soir, en passant place de la République. Où, soit dit en passant, cela va aussi bouchonner, klaxonner, s'énerver et polluer encore un peu plus qu'avant, cette année.
Hier lundi, en effet, ont débuté les travaux de réaménagement de la grande place de l'Est parisien. L'idée est de la transformer en vaste et belle «esplanade piétonne arborée». «De nouveaux arbres, un bassin, un miroir d'eau», et une circulation automobile complètement chamboulée, qui ne fera plus le tour de la place, comme depuis toujours, mais sera reléguée sur un de ses flancs. Pourquoi pas. On verra. C'est au printemps 2013 qu'on jugera cela.
Le vacarme des travaux toujours, et pour encore un sacré bout de temps, au centre-ville cette fois: aux Halles.
L'immense chantier de rénovation et de réaménagement du complexe commercial et de ses alentours n'en est qu'à ses débuts: il ne sera pas achevé avant 2016. La mairie nous promet monts et merveilles. «Un nouveau jardin convivial ; un quartier piéton étendu et des voiries souterraines restructurées; un nouvel édifice inspiré de la nature, La Canopée, qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous; des cheminements simplifiés et plus confortables; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle; un Forum plus lumineux et moderne; des accès au Forum réorganisés… Avec un cœur de la métropole à l’image d’une capitale accueillante, vivante et dynamique, voilà le Paris de demain qui prend forme».
Mais, dans le quartier, il y a aussi des gens (là) pour qui ce projet pharaonique (802 millions de budget) est «absurde», «hideux», «exorbitant» et «interminable»: un vrai «scand'halles», en somme. Du coup, la bagarre se fait aussi devant les tribunaux. Et, s'il fallait donner le score de cet interminable match urbanistico-juridique, on dirait que c'est égalité 1 partout.
Côté pile, le tribunal administratif a rejeté le recours qu'avait introduit le comité de quartier contre le protocole financier, juteux, passé entre la ville de Paris et le consortium privé pilotant le projet: une filiale des groupes Axa et Unibail-Rodamco.
Mais, côté face, la mairie vient de voir annulé en justice l'avenant qu'elle avait conclu avec l'architecte de la Canopée: ce toit de verre géant – péniblement verdâtre, trouve-t-on, mais les goûts et les couleurs... – qui, à 14 mètres de haut, surplombera les futures Halles.
Les juges ont estimé que cet avenant augmentait de façon exagérément importante le montant du contrat initial. Le jugement «n'a nullement pour effet de remettre en cause l'opération des Halles, ni de suspendre ou retarder le chantier de la rénovation, qui se poursuit dans le calendrier prévu», a précisé illico (ici) la mairie.
A Paris, c'est sûr, on n'a pas fini d'en parler, de ce chantier.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, environnement, justice, transports
05/12/2011
Une concurrence, ou l'autre
On l'a trouvé un peu aigri, Bertrand Delanoë ce matin, sur une radio. Le maire de Paris, qui a son caractère, déteste qu'on lui fasse de l'ombre. Ce matin, il donne le coup d'envoi à la grande marotte de son deuxième mandat: Autolib, le service de location de voitures électriques en libre-service. Mais, au même moment, se déroule un autre grand raout médiatique concurrent: celui que Nicolas Sarkozy consacre au RER, à La Défense. N'appréciant guère cette «indélicatesse», le maire de Paris ne s'est pas fait prier pour, ce matin, faire savoir que Nicolas Sarkozy et son gouvernement n'avaient «pas mis un euro» dans ces nouvelles rames du RER que le chef de l'Etat va inaugurer en grandes pompes...
Parlant de concurrence, cet Autolib ne fait pas que des heureux. Les compagnies de taxi et les sociétés de location de voitures sont folles de rage, et ont d'ailleurs porté plainte au tribunal administratif. Selon elles, on est clairement en présence d'une distorsion de concurrence. En effet, l'opérateur privé d'Autolib (le groupe Bolloré) a été aidé à hauteur de 250 millions d'euros par les pouvoirs publics parisiens pour développer ce service.
Les risques de concurrence, c'est aussi une des raisons pour lesquelles les Verts n'adorent pas ce dispositif. Selon eux, les Parisiens, pour leurs petits trajets en ville, risquent désormais de délaisser Vélib pour Autolib. «Cela remet en cause des années d'efforts pour réduire la circulation automobile», dans un centre-ville déjà notoirement sursaturé de bagnoles.
La concurrence, toujours, c'est ce que dénonce aussi le lobby des automobilistes parisiens. Pour l'instant, on ne compte que 250 stations Autolib à Paris et dans sa proche banlieue. Mais, à terme, le nombre de ces stations à l'allure de bulles à verre sera multiplié par quatre, qui proposeront au total 3000 véhicules de location. Autant d'engins qu'il faudra bien garer quelque part, donc autant de places de stationnement en moins destinées à l'automobiliste moyen – pour qui se garer dans Paris relève déjà si souvent du cauchemar quotidien.
11:13 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, environnement, delanoë, sarkozy



