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28/04/2016

Une initiative (pas trop) de saison (J-1)

A Paris, dès la semaine prochaine, deux changements, très dans l'air (bobo) du temps. D'une part, les Champs-Elysées qui, un dimanche par mois à compter du 8 mai, seront intégralement dédiés aux piétons (voir ). D'autre part, les week-ends à partir de la même date, l'ouverture ininterrompue, y compris donc en nocturne, de neuf grands parcs et jardins. La mesure vise à «adapter les horaires des espaces verts aux usages des Parisiens, notamment pour ceux qui ne partent pas en vacances, mais aussi à renforcer l'accès aux îlots de fraîcheur que représentent les grands parcs et jardins en cas de canicule».

Lors des pics de chaleur de l'été dernier, déjà (relire ici ou ), des parcs parisiens avaient ouvert en continu. L'initiative avait remporté un franc succès. Un an plus tard, en revanche, et avant même d'entrer en vigueur, elle suscite des récriminations.

Des élus (par exemple ici) et des comités de riverains () maugréent. La mairie a annoncé des «moyens de nettoiement renforcés», l'installation de «bacs à déchet de grande capacité» dans les espaces verts concernés, et «des rondes régulières d’équipes de sécurité», chargées de surveiller l'opération jusqu'au petit matin. Cela ne calme toutefois pas les opposants. Ils jugent de telles mesures d'encadrement «totalement insuffisantes». Et redoutent de subir trois types de désagréments. Des nuisances sonores, des dégradations de ces parcs et jardins, et une hausse de l'insécurité globale.

On verra cet été si leurs appréhensions étaient fondées, ou pas. En attendant, en tout cas, nulle nuisance à redouter. La météo du moment à Paris – digne d'un mois de novembre, donc pas du tout de saison – n'incite aucunement à passer ses soirées, et encore moins ses nuits, dans les parcs.

21/04/2016

«Une formidable vitrine»

Paris, Sports, Transports, Patrimoine, EnvironnementDernier jour de circulation à peu près normal, ce jeudi, sur et autour de la prestigieuse esplanade des Invalides. Puisque, à partir de demain 14 heures, il faudra montrer patte blanche pour accéder au secteur, même si on est simple piéton ou riverain. Et il ne sera pas possible d'y circuler en véhicule motorisé, ni a fortiori d'y stationner. Tout cela pour que, le lendemain après-midi, une vingtaine de bolides puissent y évoluer à... plus de 220 km/h.

C'est le Grand prix de Formule E. Depuis des mois (relire ici), cet événement suscite la polémique. Sur son principe même: ses détracteurs y voient une ode à la voiture et à la vitesse, très paradoxale dans une capitale dont les dirigeants affirment à longueur de journées vouloir à tout prix privilégier les «circulations douces». Ces derniers jours, les débats ont redoublé. Relatifs, là, aux aménagements urbains rendus nécessaires par cette compétition, sur lesquels on s'affaire depuis deux semaines.

Pour assurer la sécurisation du périmètre de la course, un millier de blocs de béton ont dû être déposés, ainsi que 400 tonnes de grilles de protection. Et tous les pavés de la place Vauban ont dû être recouverts d'une couche provisoire de bitume, spécialement posée pour l'occasion. L'ensemble du secteur étant classé comme site historique et culturel protégé, ce revêtement de goudron devra être enlevé dès le lendemain de l'événement.

Que les écolos résument à un vrai «désastre écologique». La mairie, elle, balaie ces critiques. A son estime, cette compétition «contribuera au rayonnement de la capitale, et montrera que les voitures électriques ont toute leur place dans le centre de la cité». Même enthousiasme du côté du gouvernement. Pour le ministre des Sports, qui assistera à la course, cette «première (urbaine) en Europe» sera «un véritable accélérateur d’innovations en faveur de la mobilité électrique et de sa promotion». Et «une formidable vitrine du patrimoine et du savoir-faire français».

C'est merveilleux.

12/04/2016

Une amélioration qui tarde

Cela ne se dégrade pas vraiment. Mais cela ne s'améliore pas non plus considérablement.

C'est, en gros, la conclusion que l'on peut tirer du dernier rapport annuel en date sur la qualité de l'air à Paris et dans sa banlieue, qui a été rendu public il y a peu. Malgré tous les efforts entrepris, près d'1,5 million d'habitants de cette région restent quotidiennement exposés à une pollution atmosphérique qui excède les normes réglementaires. Il s'agit essentiellement des riverains qui résident à proximité des grands axes de circulation (le périph', etc.).

Si l'on regarde la situation polluant par polluant, cela s'améliore un peu en ce qui concerne le dioxyde d'azote. En revanche, la pollution aux particules fines, à l’ozone et au benzène stagne à des niveaux préoccupants.

Ce n'est évidemment pas un hasard politique: le jour même où ce bilan annuel – très moyen, donc – a été rendu public, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal a fait un peu de com'. Elle a annoncé la publication de l'arrêté qui est censé gérer de manière plus réactive et efficace les épisodes de pollution atmosphérique, dans la capitale imposition moins compliquée qu'avant de la circulation automobile alternée, etc. Et, comme cela semble une habitude désormais, la mairie de Paris (voir ici ou ) a réagi tièdement à cette com' ministérielle. Pour l'Hôtel de ville, en effet, le gouvernement ne va toujours pas assez loin, en la matière.

L'Etat et la Ville qui continuent à se chamailler. Et, en attendant, les Parisiens et les banlieusards qui respirent toujours aussi souvent un air empesté. Pas grand-chose ne change, donc, dans les faits.

08/02/2016

«Une première phase satisfaisante»

Paris, Propreté, Environnement, Tabac, PoliceCela n'a l'air de rien comme sujet, mais c'est tout de même un enjeu de propreté, pour Paris. Puisqu'il est à l'origine de 350 tonnes de déchets par an: les mégots dans les rues.

On en sait désormais un peu plus sur ce que donne cette petite révolution dans les usages que la capitale française a lancée, en octobre dernier. Verbaliser (68 ou 180€) le jet de mégots par terre (relire ici ou ).

En quatre mois, vient de préciser la mairie, 800 procès-verbaux ont été dressés. Un chiffre que les autorités municipales jugent «satisfaisant pour une première phase». Et qui fait suite au démarrage en fanfare de l'expérimentation: 350 contrevenants verbalisés pendant le seul premier mois d'application de la mesure. La prévention, cela dit – et c'est heureux –, n'a pas été oubliée: 30 000 corbeilles de rue avec éteignoir ont été installées, «c’est-à-dire en moyenne une tous les 100 mètres». A cet égard, la semaine prochaine, les élus de la capitale adopteront un «grand plan de renforcement de la propreté» (), qui comprend notamment la distribution de 125.000 cendriers de poche (en plus des 50.000 qui ont déjà été écoulés).

Dans un autre registre, concernant une autre pollution, 50 sanisettes supplémentaires vont être installées, ainsi que 150 autres qui, elles, seront ouvertes toute la nuit. Pour tenter d'enrayer un autre fléau de la "Ville lumière". Les rues qui, au petit matin, sentent la pissotière – on connaît bien cela dans nos arrondissements de l'Est parisien, avec les quartiers très animés la nuit comme Bastille, Oberkampf, le Marais ou le Canal Saint-Martin.

10/11/2015

Un changement de comportement, semble-t-il

Deux petites nouvelles concernant le tabac, alors que le Parlement s'apprête à boucler l'examen du Projet de la loi Santé, qui énerve tant les buralistes – notamment parce qu'il leur impose, avec plusieurs années d'avance sur la législation européenne à venir, le paquet de cigarettes neutre (dépourvu de logos, de décorations attractives, etc.)

D'abord, à l'échelle de la France, près du quart de la population (24%) fume quotidiennement. C'est ce qu'indique une étude internationale, parue dernièrement. C'est davantage que dans la moyenne des Etats industrialisés (20%), et presque deux fois plus que la proportion de fumeurs dans des pays comme l'Australie ou la Suède – où, cela dit, les cigarettes sont vendues à un prix carrément prohibitif. «La France doit s’inspirer des mesures prises par ces pays pour réduire davantage la consommation de tabac», lui recommande donc l'OCDE.

Ensuite, à l'échelon parisien, ce premier bilan qui a fuité, sur la nouvelle réglementation punissant d'amende tout mégot jeté par terre. Rien que pendant son premier mois d'application, elle a donné lieu à la verbalisation de 350 contrevenants. Ce n'est pas rien, même si cela reste une goutte d'eau dans la mer, par rapport aux centaines de milliers de fumeurs quotidiens que doit bien compter la capitale française, dont bon nombre sans doute jettent leurs mégots dans le caniveau.

De moins en moins, cela dit. Ces dernières semaines, dans nos contacts quotidiens avec des fumeurs parisiens en tout cas, on a pu constater comme un changement de comportement. Visiblement, le ramdam médiatique fait autour de cette prohibition est parvenu à leurs oreilles. Non que, désormais, on ne les voit plus jamais jeter de mégots par terre. Mais, du moins, nombre de ces fumeurs y regardent dorénavant à deux fois avant de récidiver: s'assurent au moins qu'à proximité, ne figure pas au mieux une poubelle avec éteignoir ou un cendrier public, au pire un pandore prêt à les verbaliser.

Sans doute est-ce déjà cela.

03/11/2015

Un «rôdage» laborieux

Paris, Transports, Santé, Gouvernement, Environnement, Personnalités, Elections régionalesLe vent l'emportera... Et la pluie, aussi. La météo très automnale prévue ce mardi à Paris évitera que les politiques se prennent à nouveau les pieds dans le dossier de la circulation automobile alternée, pour cause de pollution atmosphérique.

Depuis dimanche, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, se renvoient la balle, dans un échange peu clair, concernant l'instauration d'une telle restriction de circulation. La maire la voulait () pour dès lundi. Ségolène Royal a refusé, puis, du bout des lèvres, a accepté l'idée pour, éventuellement, ce mardi. Jour où, toutefois, la météo venteuse et pluvieuse réduira la pollution. Donc, finalement, les deux éminences n'auront pas à – laborieusement – se mettre d'accord.

«On est encore en période de rôdage», a confessé la ministre, bien consciente du caractère peu glorieux de la séquence. Quant à la maire, elle considère avoir gagné la partie, puisque son interlocutrice a désormais explicitement confirmé que la circulation alternée serait automatiquement imposée en cas d'accord de la mairie et de la Région parisienne.

C'est peut-être un peu vite dit. Et c'est même, possiblement, un fameux boulet que va devoir traîner l'Hôtel de ville.

Paris, Transports, Santé, Gouvernement, Environnement, Personnalités, Elections régionalesEn effet, les élections régionales de décembre pourraient bien amener la droite sarkozyste au pouvoir, à la tête de cette Région. Une droite qui, on le sait, n'a pas du tout la même lecture des enjeux environnementaux que la majorité PS-Verts gouvernant Paris.

Dès janvier, donc, à chaque pic de pollution, Anne Hidalgo pourrait devoir mener un bras de fer avec une Région ayant basculé à droite, et pas fan de la restriction de la circulation.

Ce serait la répétition, en somme, de la longue cohabitation/confrontation que la maire et avant elle son prédécesseur, Bertrand Delanoë, eurent avec la préfecture (le bras armé du gouvernement) de 2002 à 2012, quand la droite était au pouvoir à l'échelon national – François Fillon singulièrement, lorsqu'il était à Matignon, a très régulièrement mis son veto, via la préfecture, à des projets (urbanistiques, notamment) de l'Hôtel de Ville.

15/10/2015

Un réchauffement qui sera généralisé

Bigre: «la plus grande conférence diplomatique jamais organisée en France depuis la signature de la déclaration universelle des droits de l’homme, à Paris en 1948». Ainsi le gouvernement Valls a-t-il, hier, à l'issue du Conseil des ministres, présenté la COP21: la conférence internationale sur le climat, qui s'ouvrira à Paris à la fin novembre. Elle réunira 20 000 personnes accréditées, 20 000 visiteurs dans les espaces dédiés à la société civile, et plus de 3 000 journalistes venus du monde entier.

Cet événement supposément parisien se déroulera, en fait, au Bourget, en banlieue nord de la capitale. Le chantier d’aménagement du site a démarré il y a dix jours, et prendra un bon mois. On va y aménager 80 000 m2 de halls déjà construits et ériger 80 000 m2 supplémentaires de «structures temporaires et réutilisables». Soit «un total de 16 hectares de surfaces, dans un souci de responsabilité environnementale». Ce qui n'empêchera pas, cela dit, que l'événement soit sponsorisé par de grandes entreprises privées pas forcément toujours regardantes sur l'impact écologique de leurs activités – mais passons.

Le gouvernement l'a assuré, hier: «Les mesures nécessaires pour renforcer les réseaux de transports en commun existants ont été prises», histoire que ce grand raout ne vienne «pas perturber les trajets des habitants» de la région parisienne. Ce sera un vrai casse-tête. Il faudra assurer à la fois le fonctionnement normal du réseau de transports publics, les trajets sans encombres des délégations de diplomates (dont la plupart des convois devront être ultra-sécurisés), et une relative fluidité du trafic automobile, dans cet environnement autoroutier de l'A1 qui est déjà chroniquement saturé.

Sans oublier le défi sécuritaire à relever, alors que l'on sait que des manifestations potentiellement houleuses (les "black blocks", etc.) se dérouleront. Puisque le gouvernement ne s'est pas étendu sur le sujet hier, signalons qu'il a déjà donné l'ordre que, pendant toute la durée de la conférence, 80% d'effectifs de forces sécurité supplémentaires soient mobilisés.

De toute évidence, le réchauffement ne figurera pas qu'au menu des discussions de la conférence. Dans la rue aussi, ce sera chaud à tous points de vue, dans la capitale voire dans l'ensemble de sa région.

30/09/2015

Un revirement, royal

Avec Ségolène Royal, il ne faut jamais s'étonner de rien. Mais là, c'est tout de même un revirement complet de sa part; qu'elle a annoncé ce matin (). Concernant, toujours, ce dossier de la pollution automobile à Paris.

Jusqu'à présent, la ministre de l'Ecologie freinait tant qu'elle pouvait, chaque fois que la capitale, lors de pics de pollution, demandait que soit imposée la circulation automobile alternée. Une mesure que Ségolène Royal assimile à de l'«écologie punitive», ce qu'elle abhorre. Mais là, ce matin, gros infléchissement. Bientôt, cette circulation alternée pourra être mise en place beaucoup plus en amont: «dès que l'alerte pollution est donnée, et plus seulement lorsque l'on constate la pollution». Les procédures seront assouplies pour, au besoin, prolonger pendant plusieurs jours cette restriction de circulation. Et, «chaque fois que des élus demanderont une réduction de la vitesse, ils l'obtiendront» – c'est loin d'être le cas, à présent.

La ministre a été moins claire, en revanche, sur un autre point, à propos duquel elle est pourtant attendue au tournant. Son dispositif () de petites pastilles de toutes les couleurs, à apposer sur les pare-brise des véhicules en fonction du degré de leur caractère polluant. A apposer sur une base volontaire seulement, bien sûr («Il ne faut pas stigmatiser les automobilistes, mais les encourager à rouler propre»).

Ce système a du plomb dans l'aile depuis qu'a éclaté le scandale Volkswagen, qui a montré combien sont discutables les indicateurs de pollution qu'annoncent les constructeurs automobiles. Dès lors, sur quels paramètres absolument incontestés et incontestables le gouvernement va-t-il bien pouvoir se baser, pour attribuer les petites pastilles de telle ou telle couleur à tel ou tel type de véhicule? La question se pose avec d'autant plus acuité, depuis ce matin. Moment choisi par VW pour confirmer que le fameux logiciel destiné à truquer les tests antipollution de ses moteurs diesel avait bel et bien été installé en France également. Et sur 948 064 véhicules, précisément – ce qui n'est tout de même pas rien.

29/09/2015

Un coup de com', de bon aloi

Paris, Transports, Santé, Environnement, International L'interdiction de la circulation automobile, dimanche dans une partie de Paris – que ce blog évoquait, hier – , n'a sans doute pas fait de mal ni à la santé des Parisiens, ni à l'environnement dans la "Ville lumière". Mais elle n'a pas non plus fondamentalement changé grand-chose.

C'est, en substance, l'enseignement que l'on peut tirer du bilan qui a été dressé de l'expérience.

Dans la zone centrale qui était fermée à la circulation, «des niveaux sensiblement plus faibles (de pollution) qu’à l’extérieur de cette zone» ont été relevés – l'inverse eut été un comble, cela dit... Ainsi, en ce qui concerne le dioxyde d’azote, les niveaux étaient plus bas de 30% sur les Champs et de 20% place de l’Opéra, comparés à un dimanche régi par des conditions météorologiques analogues. Même si, de toute manière, dans l'ensemble de la capitale avant-hier, les niveaux généraux de pollution de l’air ont été peu élevés, grâce à un vent modéré qui a éloigné les polluants.

Mais «cet impact significatif» a été «très local». Aucune amélioration notable de la situation n'a été notée dans le reste de la capitale, malgré le fait que les automobilistes avaient été invités à réduire à 20km/h leur vitesse de circulation. Et le périph' a été aussi pollué qu'à l'ordinaire un dimanche comparable.

Paris, Transports, Santé, Environnement, International Certaines zones de Paris intra muros ont même été, ponctuellement, ... davantage polluées que d'habitude. A Bastille, par exemple, en milieu de matinée: juste avant l'entrée en vigueur de la mesure de restriction de la circulation, quand donc le trafic sur la place était particulièrement congestionné.

Il s'est dès lors agi, avant tout, d'une opération symbolique. Pas marginalement un coup de com', même: visant à soigner l'image de Paris, deux mois avant l'ouverture de la grande conférence de l'ONU sur le climat, la COP21, qu'elle accueillera à partir de la fin novembre.

03/07/2015

Un air de Midi méditerranéen

Paris, Banlieues, Environnement, Météo, Médias Cela ne se passe pas dans le Midi méditerranéen, mais aux portes de Paris. Dans des localités de ses départements limitrophes, situées à quelques dizaines de kilomètres à peine de la «Ville lumière».

Plusieurs hectares de forêts et de cultures partis en fumées depuis le week-end dernier, en Seine et Marne. Pas plus tard qu'hier encore, des feux de chaume et de récolte sur pied dans l'Essonne. Dans ce seul département, complètement à sec – les dernières grandes pluies remontent à début avril –, une centaine de départs de feu rien que ces dernières semaines. Les pompiers en état d'alerte, à cause d'un «risque élevé» de propagation des incendies vers les zones habitées. Feux qui, selon l'Office national des forêts, ont déjà dévasté 13 hectares boisés en région parisienne, cet été.

A Paris même, la nuit dernière et cette nuit, cinq grands parcs (Monceau, Buttes-Chaumont, Martin-Luther-King, Montsouris et André-Citroën) ne ferment désormais plus leurs portes. Ils sont accessibles y compris la nuit, pour permettre aux riverains d'«accéder à des espaces de fraîcheur, indispensables en période de canicule». De mémoire de Parisien, on n'avait jamais vu cela. Selon les écolos, à l'origine de la mesure, dans ces espaces verts, il n'est pas rare que la température soit «inférieure en moyenne de 2 ou 3°», ce qui «compense l'effet d'îlot de chaleur urbain à Paris».

Paris, Banlieues, Environnement, Météo, Médias Sinon, en boucle sur toutes les chaînes de radio et de télé, à la demande du Conseil supérieur de l’audiovisuel et du ministère des Affaires sociales et de la Santé, sont diffusés des messages de prévention sanitaire, qui recommandent de prendre garde aux fortes chaleurs et d'être attentif à autrui. Ils sont notamment destinés aux millions d'automobilistes et d'usagers des transports publics qui, dès ce soir, premier week-end de juillet oblige, prendront le chemin des vacances.

On ne va bien sûr pas trop plaindre ces chanceux qui partent à la plage, mais enfin, c'est peu dire qu'ils vont avoir chaud, très chaud, avant d'y arriver: sur les autoroutes et dans les gares et trains bondés.

04/05/2015

Un ultime sursis octroyé

Les médias français en ont relativement peu parlé, ces derniers jours, mais c'est pourtant une fameuse épée de Damoclès qui pèse désormais sur l'Hexagone, et qui concerne Paris au premier chef.

La Commission européenne a adressé au gouvernement Valls une sèche mise en garde (ici), l'invitant à prendre enfin «des mesures ambitieuses, rapides et efficaces» pour lutter contre la pollution de l'air. En cause, cette pollution aux particules fines qui pose tant de problèmes à la «Ville lumière» et à la plupart des agglomérations du pays. Bruxelles rappelle que «les chiffres des autorités françaises les plus récents montrent que le problème de pollution de l'air persiste et que les limites maximales journalières pour ces particules sont dépassées dans dix zones». Or, souligne sèchement la Commission, «la France n’a pas adopté les mesures qui auraient dû être appliquées depuis 2005, pour protéger la santé de ses citoyens». Alors qu'en février 2013 encore, Bruxelles avait mis une énième fois Paris en demeure de se bouger, sur la question.

L'Europe donne à la France un dernier délai de deux mois, pour s'activer. Sinon? «La Commission pourra saisir la Cour de justice de l'Union européenne». Et cette juridiction pourrait infliger à la France des amendes dont le montant pourrait atteindre des dizaines de millions d'euros.

Ségolène Royal n'a toujours pas réagi. Il va être intéressant de voir comment la ministre de l'Ecologie va gérer ce dossier. Elle qui vient d'avoir une violente passe d'armes avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui reproche au gouvernement son apathie sur le fléau de cette pollution – voir comment Ségolène Royal, hostile à toute «écologie punitive», n'a cessé de traîner les pieds chaque fois qu'elle a dû valider la mise en place de la circulation automobile alternée, dans la capitale.

22/04/2015

Une nouvelle offensive

paris,transports,tourisme,economie,environnementUne nouvelle étape, dans l'impitoyable guerre des prix que se livrent les compagnies aériennes traditionnelles et leurs rivales à bas coût. Cette fois, l'escarmouche a lieu sur le champ de bataille parisien. Elle oppose Air France à EasyJet. Et concerne le business très lucratif des navettes entre la capitale française et l'aéroport de Roissy CDG.

Aujourd'hui, seules deux possibilités s'offrent à qui n'est pas motorisé, souhaite se rendre à Roissy, mais ne veut prendre ni le RER (avec la qualité de service qu'on lui connaît), ni le taxi (dont coût, une cinquantaine d'euros). Soit le Roissybus, opéré par la RATP à un tarif analogue à celui du RER (11€). Soit les cars Air France, plus confortables mais plus chers: 17€ voire 17.50€, en fonction du lieu parisien de départ ou d'arrivée. Un gros changement est annoncé, à partir du mois prochain. Si l'on s'y prend un peu à l'avance, on pourra effectuer un tel trajet pour... six à huit fois moins cher.

EasyJet, en effet, a décidé de casser les prix, sur ce marché. Le 15 mai, sa filiale EasyBus inaugurera un service de navettes reliant directement Roissy au quartier Louvre-Palais Royal, pour un tarif de départ de... 2 euros. Ces minibus de 16 places opéreront 80 rotations par jour, à raison de deux par heure. Leur réservation se fera uniquement par internet (). En vertu du principe régissant le low cost, plus l'on réservera à l'avance, plus le tarif sera avantageux. Quelque 26.000 sièges sont d'ores et déjà mis en vente, depuis le 31 mars dernier. Ces minibus seront prioritairement destinés aux passagers voyageant sur EasyJet, mais ils seront accessibles également aux clients d'autres compagnies aériennes. La société opère déjà de telles navettes à bas coût à partir ou vers les aéroports de Genève, Gatwick, Luton et Stansted.

L'histoire ne dit pas (encore) si ces minibus carbureront ou non au diesel. Et donc s'ils contribueront ou pas à gratifier les touristes qu'ils transportent d'une atmosphère parisienne encore un peu plus polluée qu'à son habitude. En tout cas, au moment où la mairie entend interdire le centre-ville aux cars de tourisme, si polluants, les professionnels du secteur semblent avoir déjà trouvé la parade: les minibus.

23/03/2015

Une rare illisibilité

Une déclaration vraiment curieuse de Ségolène Royal, ce week-end. A propos de sa décision de mettre en place, ce lundi, la circulation automobile alternée à Paris et dans 22 communes limitrophes, pour cause de pollution atmosphérique. Ce n'est même pas sur le fond du débat que la ministre de l'Ecologie a tenu des propos surréalistes – libre à elle de traîner les pieds dans la mise en place d'une telle restriction –, mais dans la manière dont elle a communiqué sur sa décision.

«Je veux remercier toutes celles et ceux qui vont faire l'effort de ne pas prendre leur véhicule», a-t-elle dit. Visiblement très embarrassée qu'un tel effort soit demandé aux automobilistes conduisant des véhicules immatriculés pair – interdits de circulation aujourd'hui, en région parisienne.

Voilà un mode étrange de gouvernance.

Car, de deux choses l'une. Le gouvernement aurait très bien pu simplement recommander aux Français qui sont disposés à le faire de ne pas circuler ce jour-là. Dans ce cas, il aurait été parfaitement fondé à «remercier» par avance celles et ceux qui optent pour un comportement allant dans le sens de son souhait. Mais, ici, il ne s'agit pas de cela. Qu'on soit pour ou contre la circulation alternée, c'est une décision qui est prise par les autorités, qui est supposée s'imposer aux publics concernés, et dont le non-respect est d'ailleurs passible d'amendes. Théoriquement, donc, il n'est pas question ici de faire l'effort ou le choix de respecter ou non cette décision, puisque c'est une règle qui est édictée. Mais non. On a une ministre qui en vient presque à implorer qu'on respecte la décision qu'elle-même prend. Une ministre qui, ce faisant, assimile implicitement le respect de la règle à de la simple bonne volonté. A de la mansuétude, en somme.

C'est un peu comme si un ministre de l'Intérieur remerciait les automobilistes de faire «l'effort» de respecter les limitations de vitesse. Comme si, le samedi soir, le grand patron de la Police nationale, gêné, apparaissait à la télé pour «remercier» ceux qui s'apprêtent à sortir en boîte de nuit de faire «l'effort» de ne pas reprendre le volant ivres morts, au petit matin.

Ségolène Royal a une telle hantise d'être assimilée à «l'écologie punitive» – notion qu'elle abhorre –, qu'elle en vient à avoir une communication politique qui ôte toute lisibilité à ses propres décisions, et qui probablement va atténuer leur impact.

Encore bravo.

19/03/2015

Une première place mondiale

Cela tombe bien – ou mal, c'est selon. Puisque, pas plus tard que lundi, ce blog évoquait la question de la qualité de la vie à Paris, à l'aune notamment de la pollution qui affecte cette ville. Ne passons donc pas sous silence ce triste record mondial qu'aurait battu la «Ville lumière», hier.

Pendant quelques heures, la capitale française aurait carrément été... la ville la plus polluée du monde (voir ). Plus polluée encore que Shangai, Londres, New Delhi, Pékin, Hong Kong ou Los Angeles.

Les autorités ont d'ailleurs envisagé d'imposer la circulation automobile alternée, pour ce jeudi. Mais elles ont fini par y renoncer. En effet, depuis, la situation atmosphérique s'est un peu améliorée (voire ici ou ). Même elle reste évidemment mauvaise. Et un nouvel épisode de pollution est d'ores et déjà annoncé (là) pour demain vendredi.

Quelle belle et saine semaine, décidément, pour les 2 millions de Parisiens. Sans oublier, bien sûr, les 8 millions d'habitants de la banlieue.

18/03/2015

Un match au sommet

Paris, Environnement, Patrimoine, Sports, GouvernementC'est un dossier urbanistique dont on parle depuis plus de cinq ans, qui n'a jamais abouti depuis, mais qui va sans doute tourner à la grosse polémique de l'année 2015, dans la capitale. Dès ce samedi, d'ailleurs, il donnera lieu à une manifestation. Et certains, au sein de l'UMP sarkozyste, en sont déjà à imaginer qu'il pourrait conduire à la création, en plein Paris, d'une «Zone à défendre» (ZAD). Mais oui: un campement d'activistes occupant en permanence le site, pour éviter que le chantier y soit mené à bien. Comme ce fut le cas, en province, pour les projets de l'aéroport de Notre-Dame des Landes ou du barrage de Sivens.

Ce projet, c'est l'agrandissement de Roland Garros. Depuis des années, la Fédération française de tennis rêve (ici) de redimensionner ce célèbre site, situé en bordure du Bois de Boulogne. Son méga projet (350 millions d'euros de budget) se ferait au détriment d'un joyau patrimonial et naturel de la capitale: le jardin botanique et les serres d’Auteuil, qui datent de la fin du XIXe siècle (voir ).

Ce dossier donne lieu à un bras de fer, au sommet de l'Etat. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, n'y est notoirement pas favorable. Elle pousse autant qu'elle peut une proposition alternative, moins dévastatrice pour le patrimoine. Elle consisterait notamment à construire les nouveaux courts de tennis en surplomb de l'autoroute A13 contiguë, qui serait donc en partie recouverte pour l'occasion. Mais la ministre a été spectaculairement désavouée par Manuel Valls lui-même. Dernièrement, le Premier ministre l'a martelé: «L'État donnera son accord à l'ensemble des procédures relevant de sa compétence dans les prochaines semaines, afin de permettre rapidement un début des travaux d'agrandissement» sur le site des serres et du jardin d'Auteuil.

La ministre laisse passer l'orage. Nul ne sait, à ce stade, si elle va s'incliner ou si elle va faire de ce dossier un casus belli. Les défenseurs de l'environnement sont consternés. Les élus Verts au Conseil de Paris ont déjà promis qu'ils batailleraient devant la justice administrative, si les permis de construire (et de démolir, en l'occurrence) étaient accordés.

Paris, Environnement, Patrimoine, Sports, GouvernementEn début de semaine, c'est la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), qui s'est jetée dans la bagarre. Partisane de longue date du projet, elle a taclé Ségolène Royal – dont elle n'a jamais été proche. Avec ces mots, pleins de fiel: «Elle voulait que le tournoi de Roland Garros se joue sur les pelouses (des stades) de Jean Bouin ou du Parc des Princes. Pour un tournoi de tennis de terre battue, je lui ai dit que c'était un peu farfelu...»

Le match, assurément, ne fait que commencer.

16/03/2015

Une envie de départ

Paris, Art de vivre, Economie, EnvironnementHuit habitants sur dix de Paris et de sa région rêveraient d'habiter ailleurs: aimeraient déménager dans une autre région de l'Hexagone. C'est l'enseignement majeur, assez choc, d'une étude qui vient d'être rendue publique. Cela fait à peu près 8 millions d'habitants qui souhaiteraient aller voir ailleurs – ce qui n'est tout de même pas rien.

Ce qui motive principalement ces Parisiens et banlieusards qui sont candidats au déménagement? Une double envie: un coût de la vie moindre, et une qualité de vie meilleure. Rien d'étonnant, cela dit, à ce dernier égard, au-delà d'une certaine image de carte postale, largement surfaite, dont ont toujours bénéficié la «Ville lumière» et – moins – sa région. Dans les faits et au quotidien, la qualité de la vie y est très perfectible. Pour ne prendre que ce seul exemple – mais il y en a tant d'autres qu'on pourrait mettre en avant – , un épisode de pollution atmosphérique est à nouveau prévu (ici) pour la capitale française, demain mardi. Si l'on compte bien, ce n'est jamais que... le huitième, en moins d'un mois.

D'ailleurs, dans la dernière édition en date d'un classement annuel international sur la qualité de vie dans 230 villes du monde, publiée il y a peu, Paris n'apparaît qu'à la 27e position. Certes, elle devance nettement sa grande rivale européenne, Londres (40e). Mais elle arrive aussi très loin derrière des cités comme Vienne, Zurich, Munich, Düsseldorf, Francfort, Genève ou Copenhague.

Et on serait le dernier à parier que l'année prochaine, la «Ville lumière» occupera une position plus avantageuse, dans ce palmarès.

13/01/2015

Une question délicate, qu'il faudra bien se poser

Paris, Propreté, EnvironnementCela commence à un peu s'agiter, parmi les occupants de l'immeuble du boulevard Richard Lenoir où se trouve le bureau parisien de «La Libre». S'agiter, à propos de ce «mausolée» commémoratif en hommage aux victimes des attentats. On l'a déjà écrit: de jour en jour, il ne cesse de s'agrandir. A longueur de journées, des gens continuent à venir y déposer des bougies, des crayons ou des bouquets de fleurs, continuent à accrocher des mots de soutien et des dessins aux grilles de l'immeuble.

Dans la copropriété, certains commencent à trouver ce défilé continuel de quidams un peu lassant, et ce «mausolée» un peu envahissant. En temps normal, le conseil syndical n'est pas commode. Du genre à faire enlever le moindre vélo cadenassé aux grilles d'entrée de l'immeuble, sous prétexte que celles-ci sont «privées» et donc intouchables (?). Là, visiblement, il hésite sur la conduite à adopter. Délicat de décrocher d'autorité, comme de vulgaires bécanes, tous ces témoignages d'hommage relatifs à l'actualité qui a endeuillé le quartier. Le débat, parmi les co-propriétaires de l'immeuble, ne fait que commencer.

Au-delà, il va se présenter à la mairie de Paris aussi, et concerner cette fois l'ensemble du quartier.

De tous côtés de cette partie du onzième arrondissement, s'amoncellent les bouquets de fleurs. Rue Nicolas Appert ou place de la République, par exemple, ils forment déjà un monticule d'une hauteur impressionnante. Avec la pluie, les affiches en hommage à «Charlie» se décollent des murs. Avec le vent, les dessins et mots de soutien s'envolent un peu partout dans les rues. Il sera intéressant de voir le moment où la mairie va estimer que la période de deuil est terminée. Et envoyer le service de la propreté jeter à la poubelle les milliers de bouquets fanés, de drapeaux tricolores dégradés, de crayons trempés et de bougies brûlées. Quand va-t-on sortir le karsher? Faire place nette? Décider qu'il est temps de redonner au quartier sa physionomie et sa propreté originelles? Politiquement, la décision sera délicate à prendre.

Paris, Propreté, EnvironnementCe matin, en tout cas, boulevard Richard Lenoir, les balayeurs de rue prenaient bien garde de nettoyer les trottoirs et les caniveaux autour de ces «mausolées», oui, mais de ne pas toucher à ceux-ci.

Dans le même registre, le service de la mairie chargé d'effacer les tags et les grafs va bien devoir, un jour, prendre attitude sur le sort à réserver aux innombrables «Je suis Charlie» et assimilés, qui, désormais, dans notre arrondissement plus que dans tout autre, figurent sur les façades – sans parler des pochoirs, sur le bitume. Là aussi, à un moment, la mairie va bien devoir décider de procéder au grand nettoyage. Et ce faisant, si symboliquement, donner le signal qu'il est temps, pour Paris, de passer à autre chose. Quand l'osera-t-elle?

05/01/2015

Un effet à court terme aussi

Paris, Santé, Environnement, GouvernementBonne année, oui. «Et bonne santé!», comme on dit dans les voeux. Mais, à Paris, sur ce point en tout cas, 2015 a mal débuté. Puisque, dès les douze coups de minuit sonnés, la capitale a enchaîné deux jours successifs (jeudi et vendredi) d'épisode de pollution atmosphérique aux particules fines. Et ce sera peut-être le cas aussi demain mardi (voir ici).

Or, ces jours-ci, est sortie une nouvelle étude scientifique qui précise l'effet sanitaire néfaste de ces particules. On savait déjà, depuis un petit temps (relire ), qu'à long terme, elles coûtent près de six mois d'espérance de vie à chaque Parisien. Ce que détaille à présent l'Institut français de veille sanitaire (InVS), ce sont les dégâts à court terme qu'elles causent également.

Concrètement, les chercheurs ont étudié les associations entre ces PM10 et la mortalité journalière par groupes d’âge et saisons dans 17 villes de l'Hexagone, dont la capitale. Conclusion? «Nos résultats confirment les effets à court terme des PM10 sur la mortalité». Plus précisément, une croissance de 10 µg.m-3 des niveaux journaliers de pollution par ces particules se traduit par une augmentation de 0,51% de la mortalité pour cause non accidentelle, pour toute l’année et pour tous âges, et de 0,55% pour la mortalité cardiovasculaire. Pour ne rien arranger, «les analyses par saisons ont montré que, pour les PM10, le plus fort impact se trouve pendant l’été, en particulier pour la mortalité cardiovasculaire et pour la mortalité non accidentelle». Enfin, pour couronner le tout, les particules fines ont des effets sanitaires à court terme «même à des concentrations conformes à la réglementation de l’Union européenne et proches des valeurs guides de l’OMS». Des concentrations que Paris, cela va sans dire, dépasse allègrement, la plupart du temps. Du coup, l'InVS insiste sur la «nécessité d'agir pour diminuer les niveaux de particules», cette action devant «concerner tant les pics que les niveaux de fond» de cette pollution.

Paris, Santé, Environnement, GouvernementMais, rien n'étant jamais simple en France, au moment où cet organisme dépendant du ministère de la Santé prend cette position, le ministère de l'Environnement, lui, assouplit la réglementation. Comme en a témoigné la décision fracassante prise à la fin de l'année par Ségolène Royal. Opposée à toute «écologie punitive», elle a invalidé le règlement qui, en région parisienne, voulait interdire dès 2015 les feux de cheminée, qui contribuent à cette pollution aux particules.

On a beau avoir changé d'année, on n'est décidément pas sorti de l'auberge.

17/11/2014

Une première en vue, à Paris

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLa décision a été prise sans tambours ni trompettes, il y a peu, mais elle pourrait bien faire date, dans la petite histoire de Paris. Dès l'an prochain, en effet, c'est tout un arrondissement qui pourrait basculer en zone 30, ce qui serait une première pour la capitale française.

En plus, ce n'est pas le moindre des vingt arrondissements, puisqu'il fait partie du centre historique de la «Ville lumière». Le troisième, en l'occurrence. Le Haut Marais, autrement dit, soit toute la zone allant des Arts & Métiers à la Place des Vosges. Une zone très densément peuplée, ses quelque 35.000 habitants se pressant sur une superficie d'à peine un peu plus d'1 km², et traversée par des voies de circulation souvent très étroites.

L'autre jour, prenant notamment en compte ces deux spécificités, les élus parisiens ont acquiescé au voeu de leurs homologues du troisième, prônant la mise à l'étude du passage de l'ensemble de l'arrondissement en zone 30. L'expérimentation sera doublée par l'autorisation du double sens de circulation pour les vélos. Aux yeux des promoteurs du projet, cette réduction de 50 à 30 km/h de la vitesse maximale autorisée – hormis sur les grands axes – permettra de «sécuriser les circulations douces» (piétons et cyclistes) et sera «un levier» dans la lutte contre la pollution atmosphérique, au bénéfice de la population mais aussi du patrimoine bâti.

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLes élus socialistes et écologistes ont voté avec enthousiasme cette décision, qui a été saluée par les associations de lutte contre la délinquance et l'insécurité routières.

En revanche, la droite UMP s'y est opposée, et les groupements d'automobilistes ont hurlé. Ainsi, selon l'Automobile Club de France, si Paris continue à gérer de la sorte les circulations motorisées, elle «risque de devenir bientôt une ville où il sera devenu complètement impossible de rouler» en voiture.

Un «Bobo-land» en somme, et plus que jamais – pour reprendre le sobriquet par lequel est si souvent surnommé le Haut Marais.

14/11/2014

Un chantier «insupportable»

Alors que l'on s'approche du moment fatidique de la décision – début de la semaine prochaine – concernant la construction, ou non, de la fameuse Tour Triangle (voir ), le plus gros chantier urbanistique de l'ère Delanoë fait reparler de lui. A savoir, le réaménagement du Forum des Halles, dans le quartier Châtelet. Un projet gigantesque s'il en est, puisque son coût total dépasse le milliard d'euros et qu'il nécessite au moins huit années de très lourds travaux.

Paris, UrbanismeOn reparle de ce chantier, parce que ses riverains n'en peuvent visiblement plus. Cela fait déjà quatre années qu'ils le subissent. Outre qu'il est mouvementé (relire ici), il se déroule parfois y compris en soirée, la nuit et le week-end. A leurs yeux, cet aménagement en cours provoque des nuisances qui ont acquis désormais un «caractère insupportable». Une pétition a donc été lancée, à l'attention de la mairie, en vue d'obtenir des dédommagements pour les dommages subis. Au bénéfice des particuliers habitant le quartier, elle réclame le remboursement des taxes locales qu'ils ont payées en 2013. S'agissant des commerçants des environs immédiats du chantier, «dont la survie est menacée» du fait des perturbations qu'il entraîne, une compensation financière est demandée, correspondant à la chute de leur chiffre d'affaires.

La mairie n'a pas encore réagi. Sûr qu'elle va accueillir de gaieté de coeur ces revendications financières, elle qui se débat déjà dans une situation budgétaire très tendue.