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04/05/2015

Un ultime sursis octroyé

Les médias français en ont relativement peu parlé, ces derniers jours, mais c'est pourtant une fameuse épée de Damoclès qui pèse désormais sur l'Hexagone, et qui concerne Paris au premier chef.

La Commission européenne a adressé au gouvernement Valls une sèche mise en garde (ici), l'invitant à prendre enfin «des mesures ambitieuses, rapides et efficaces» pour lutter contre la pollution de l'air. En cause, cette pollution aux particules fines qui pose tant de problèmes à la «Ville lumière» et à la plupart des agglomérations du pays. Bruxelles rappelle que «les chiffres des autorités françaises les plus récents montrent que le problème de pollution de l'air persiste et que les limites maximales journalières pour ces particules sont dépassées dans dix zones». Or, souligne sèchement la Commission, «la France n’a pas adopté les mesures qui auraient dû être appliquées depuis 2005, pour protéger la santé de ses citoyens». Alors qu'en février 2013 encore, Bruxelles avait mis une énième fois Paris en demeure de se bouger, sur la question.

L'Europe donne à la France un dernier délai de deux mois, pour s'activer. Sinon? «La Commission pourra saisir la Cour de justice de l'Union européenne». Et cette juridiction pourrait infliger à la France des amendes dont le montant pourrait atteindre des dizaines de millions d'euros.

Ségolène Royal n'a toujours pas réagi. Il va être intéressant de voir comment la ministre de l'Ecologie va gérer ce dossier. Elle qui vient d'avoir une violente passe d'armes avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui reproche au gouvernement son apathie sur le fléau de cette pollution – voir comment Ségolène Royal, hostile à toute «écologie punitive», n'a cessé de traîner les pieds chaque fois qu'elle a dû valider la mise en place de la circulation automobile alternée, dans la capitale.

15/04/2015

Un retour aux sources

Cette semaine, Harlem Désir, secrétaire d'État aux Affaires européennes, est retourné dans son ancien lycée, à Paris. Dans le cadre du programme européen "Back To School/Retour à l'École", auquel l'Hexagone participe pour la première fois. Ce programme consiste à faire revenir des fonctionnaires européens dans les écoles qu'ils ont eux-mêmes fréquentées, quand ils étaient gamins. Pour, dixit le quai d'Orsay, y «évoquer l'Europe de façon concrète, et raconter, de l'intérieur, l'aventure qu'est la construction européenne».

 

Voilà qui, au passage, nous permet d'apprendre qu'avant de devenir n°1 de SOS-Racisme puis du PS et ensuite ministre, le jeune Harlem fréquenta le Lycée Claude Monet. Cet établissement se situe dans le treizième arrondissement, pas loin de la place d'Italie. Il n'est pas mal classé, dans les palmarès annuels des lycées (voir ici ou ). Ce serait même le meilleur lycée du XIIIème. Et il pointe à la 63ème place, dans le dernier classement en date des quelque 110 établissements parisiens que le magazine "L'Etudiant" a réalisé, sur la base de leurs résultats au bac 2014.

 

Il ne fait pas partie des vingt meilleurs lycées de la capitale? Sa note globale est néanmoins de 16/20, ce qui est très honorable. Juste, cet établissement descend à 14/20 – note correcte, sans plus – sur le critère précis de sa «capacité à faire progresser les élèves», autrement dit sa «valeur ajoutée».

 

L'histoire ne dit pas si le parcours de l'ex-lycéen Désir au gouvernement – où c'est peu dire qu'il peine à cesser d'être transparent – doit être considéré comme, ou non, une confirmation de cette notation assez moyenne.

16/10/2014

Une cible immuable, si facile

Les autorités européennes: une cible décidément classique, confortable et immuable, pour les responsables politiques français. On l'a encore vu hier. Jour où Paris a remis à Bruxelles son projet de budget 2015, qui risque bien de se prendre quelques réprimandes pour cause de réduction insuffisante des déficits publics.

Ainsi, la députée socialiste Valérie Rabault – pas n'importe qui dans le domaine, puisqu'elle est la rapporteure générale du budget – a évoqué d'une manière un rien dénigrante l'examen comptable européen auquel la France va devoir se soumettre, ces deux prochains mois. «Bruxelles va nous juger sur un indicateur un peu techno, avec des méthodes mathématiques un peu compliquées», a-t-elle ironisé. Cela rappelait furieusement des propos mémorables de Jean-Pierre Raffarin, en 2003. Quand il était Premier ministre (UMP) et quand la France, déjà, ne respectait pas ses engagements budgétaires européens. A l'époque, il avait réduit ces impératifs à «des équations de bureaux comptables».

2003-2014. D'une décennie à l'autre et d'une famille politique à l'autre, donc, pas grand-chose ne change à Paris, dans les discours à propos de Bruxelles.

Et, bien sûr, ni le Parti socialiste aujourd'hui, ni la droite hier ne rappellent que ces fameux engagements budgétaires européens que l'Hexagone critique et viole si fréquemment, c'est lui-même qui les a souscrits, en toute liberté et connaissance de cause.

 

PS:Ce qui n'empêche évidemment que, sur le fond, on peut parfaitement penser ce qu'on veut des politiques menées au niveau européen, et singulièrement de ce dogme de la réduction, à marche forcée, des déficits publics.

05/05/2014

Un fossé, confirmé

39% des Français se fichent des élections européennes prévues à la fin mai. C'est ce qu'est venu confirmer un sondage, ce week-end. Ce désintérêt se nourrit sans doute à la profonde désaffection de nombre d'habitants de ce pays à l'égard de ce qu'est devenu le projet européen. Selon un autre sondage, paru lui aujourd'hui, l'Union européenne évoque «quelque chose de négatif» pour 49% des sondés, et de «positif» pour 45%. Sur le plan économique, 58% des Français perçoivent l'Europe avant tout comme «une contrainte», pour leur pays. Idem sur le plan politique, l'Union est vue comme «une contrainte pénalisante» pour une majorité des sondés (52%).

Ces derniers mois, déjà, d'innombrables enquêtes d'opinion ont mis en lumière l'ampleur du fossé séparant désormais le citoyen et électeur français de l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui – et c'est valable aussi dans d'autres pays. Ce n'est donc pas neuf. Mais, les semaines ont beau passer et ce désaveu sondagier se confirmer, les commentaires de la classe politique et du monde médiatique, face à ces enquêtes catastrophiques, restent dans une tonalité dominante de reproche et de culpabilisation. En substance: ce n'est pas bien, il faut y croire, il est impératif d'aller voter.

Cela rappelle un peu cette litanie de commentaires méprisants qui, en 2005, avait accueilli des mois de sondages pareillement désintéressés et désenchantés. A propos du référendum français sur le projet de traité constitutionnel européen. A l'époque, le même discours culpabilisant avait été tenu. Le petit peuple avait été sermonné de ne rien comprendre ou de se fourvoyer, et houspillé d'aller voter et de voter «Oui». On se souvient de ce qu'il en est advenu: la victoire du «Non», avec 55% des voix. Et une classe politico-médiatique durablement traumatisée par l'ampleur du désaveu populaire infligé au discours dominant.

On ne mettrait pas la main au feu que, quasiment dix ans plus tard, à la fin mai, le même fiasco sera évité.

25/04/2014

Une revendication, «comique»

Europe, Elections européennes, Famille Dans le programme de l'UMP pour les élections européennes, que ce parti a présenté hier, on trouve notamment la revendication d'«une Europe qui concentre son action là où elle est vraiment utile». En clair: «Il est indispensable de redéfinir la répartition des missions entre les États membres et l’Union européenne. Cette dernière ne doit agir que dans les domaines où une politique euro­péenne sera plus efficace qu’une politique nationale afin de défendre les intérêts des Européens. Nous pensons que l’Europe ne doit pas intervenir dans les politiques familiales et sur les ques­tions de société».

Il faut sans doute voir là un signal amical envoyé par les sarkozystes à la mouvance catholique conservatrice: les associations familiales, le collectif «La Manif pour tous», etc.. Qui ont toujours soupçonné l'Europe de vouloir propager, sur les questions de société, des projets, idées ou doctrines jugés exagérément libertaires, limite dépravés (la «théorie du genre», etc.).

Cette revendication de l'UMP est donc cousue de fil blanc, politiquement. Le problème? «Les politiques familiales ne sont pas de compétences européennes». C'est ce que nous assurait, hier, une très éminente consoeur de la rédaction européenne de «La Libre», à Bruxelles. Et qui, du coup, trouvait Jean-François Copé «comique»: «Il demande à l'Europe de ne pas faire quelque chose qu'elle ne fait pas!»

Cela en dit sans doute long sur le degré d'expertise des hommes politiques français, concernant les questions européennes.

13/11/2013

Un revirement, de mauvaise grâce

Sans tambour ni trompettes, à l'occasion du débat parlementaire en cours sur le projet de budget 2014, le gouvernement vient de revenir sur un projet très controversé d'économies, qu'on avait évoqué dans ce blog, dernièrement (relire ici). Il s'agissait de grappiller une bonne vingtaine de millions d'euros lors des campagnes électorales: en supprimant l'envoi postal, à tous les électeurs, des dépliants présentant les programmes des candidats. Ce nouveau régime aurait pu s'appliquer dès les européennes de mai 2014. Ce qui aurait probablement renforcé encore le désintérêt des Français pour ce scrutin – alors déjà qu'il subit habituellement une abstention record.

Pas très malin, donc. Les députés en ont convenu. L'autre jour, dès lors, ils ont, par amendement, supprimé ce dispositif envisagé. Visiblement pas content de ce revirement, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait savoir qu'il n'y consentait qu'«avec douleur». Et d'argumenter: «La France fait figure d'exception dans l'Union européenne, en étant un des deux seuls pays à envoyer au domicile des documents électoraux. Que je sache, cela n'empêche pas l'abstention d'être forte, dans notre pays». Idiot, un tel raisonnement. C'est précisément ce terreau de désaffection populaire qui, dès le départ, aurait dû inciter Manuel Valls et ses collègues à ne pas risquer de l'accroître encore, par une mesure d'un tel acabit.

Pas sûr, cela dit, que ce revirement suffira à faire se précipiter les Français aux urnes, en mai prochain. Ni qu'il permettra de réduire l'ampleur du vote protestataire qui est attendu à ce scrutin. Mais au moins les électeurs auront-ils eu la possibilité, préalablement, de s'informer. Et donc c'est en parfaite connaissance de cause qu'ils pourront, ou non, voter.

En démocratie, n'en déplaise à Manuel Valls et/ou aux soucis budgétaires de son gouvernement, cela paraît tout de même la moindre des choses.

19/09/2013

Une économie pas forcément judicieuse

Visiblement, c'est un des sujets d'énervement de la semaine, chez les politiques. Témoin, ce matin encore, sur une radio, l'écologiste Daniel Cohn-Bendit s'est tant emporté sur la chose qu'après quelques secondes, on a dû zapper: trop pénibles de grand matin, les braillements. Cela concerne un projet d'économie budgétaire que pourrait faire le gouvernement – à la recherche du moindre centime d'euro, comme chacun sait.

Le budget 2014, en cours d'élaboration, pourrait décider d'économiser une bonne vingtaine de millions d'euros en supprimant, lors des campagnes électorales, l'envoi postal, à tous les électeurs, des dépliants présentant les programmes des candidats. Leurs «professions de foi», comme on dit en France, ne seraient consultables que sur le net. Ce nouveau régime pourrait être d'application dès les élections européennes prévues l'an prochain.

Outre qu'il doit tout de même encore y avoir, dans l'Hexagone, des gens qui n'ont pas l'internet, ce n'est pas trop malin comme piste d'économie, trouve-t-on. Et a fortiori pour ce scrutin précis.

Les élections européennes, par tradition, désintéressent complètement les Français. Ces scrutins battent donc à chaque fois des records d'abstention (quasi 60%, au scrutin de 2009). Le fait, pour l'électeur moyen, de ne même plus recevoir de propagande électorale dans sa boîte aux lettres risque de réduire encore un peu plus le taux de participation. En plus, ces européennes de 2014 précisément s'annoncent comme très particulières. Les Français ont l'habitude de se servir de ce scrutin – dont ils se fichent assez des conséquences – comme d'un vote-défouloir. Or, vu le climat politique ambiant, il ne serait pas étonnant que, cette fois, ils profitent de cette élection pour faire un triomphe aux europhobes: lepénistes, ultra-souverainistes, etc. Du coup, ne pas amener chez les gens une littérature ayant un regard moins caricatural sur l'Europe n'est peut-être pas la meilleure idée qui soit.

04/04/2011

Un bilan toujours aussi mauvais

«Contrairement à nos espoirs, les choses s'améliorent, mais pas assez vite ». C'est ainsi que les dirigeants de l'organe de contrôle de la qualité de l'air en région parisienne ont résumé leur dernier bilan annuel, qu'ils viennent de publier. La situation reste préoccupante. Pour preuve, «entre 1,8 et 3,6 millions» d'habitants de la région parisienne «sont potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation, principalement le long du trafic et dans le coeur de l'agglomération parisienne».

Cela vaut d'ailleurs de gros ennuis à la France. L'Europe lui réclame des comptes à propos de la pollution au dioxyde d'azote: un gaz très irritant, qui pénètre au plus profond des plus fines ramifications des voies respiratoires. En région parisienne, la teneur moyenne en dioxyde d'azote est deux fois supérieure aux normes européennes, et touche 9 Parisiens sur 10. Idem pour la pollution due aux particules fines. La directive européenne autorise 35 jours lors desquels la barre des 50 microgrammes /m3 est dépassée. Or, dans certaines villes de la région parisienne comme Saint-Denis, on a recensé... 176 jours de dépassement en 2010. Cette situation perdurant depuis 2003, elle vaut désormais à la France un gros contentieux avec l'Europe, qui compte bien lui imposer des amendes d'un montant faramineux.

A propos de ces particules fines, précisément, c'était vraiment frappant, ces dernières semaines à Paris et dans sa région: frappant, le nombre de jours où la pollution de ce type a été telle que la procédure d'information du grand public a dû être déclenchée. Pendant le seul mois de mars, six jours ont été dans ce cas de figure. A en juger à l'historique des alertes pour ce polluant, rien que pendant les trois premiers mois de 2011, a été dépassé le nombre total d'alertes déclenchées pendant les deux années précédentes...

Mais cela n'empêchera assurément pas d'innombrables touristes du monde entier de venir respirer le bon air de la Ville lumière, à la faveur de ces premiers beaux week-ends de printemps.

22/09/2009

Une grève

laposte.jpgVoilà un mouvement social qui risque d’embarrasser les Parisiens dans leur vie quotidienne. Depuis hier, les bureaux de poste de la capitale sont en grève illimitée. Ce mardi, ils sont rejoints par l’ensemble des bureaux de poste du pays. Les syndicats dénoncent le changement de statut de l’entreprise en société anonyme. Ce qui, selon eux, prépare la «privatisation» de ce service public séculaire. Ce qui, dément le gouvernement, permettra simplement à La Poste d’assurer sa survie dans le marché postal concurrentiel européen de demain. Les grévistes dénoncent également la dégradation de leurs conditions de travail. A cause des réorganisations et suppressions d'effectifs, le service rendu au public se dégraderait considérablement . Du coup, à longueur de journées, les agents devraient se coltiner les récriminations des clients, furieux par exemple de la longueur des files d’attente devant les guichets.

 

Sur ce dernier point, on peut en témoigner: les engueulades de guichetiers par des clients furieux de devoir poireauter, on voit cela régulièrement et depuis pas mal de temps, dans les bureaux de poste de notre onzième arrondissement. Cela fait d’ailleurs longtemps que, quand par malheur on ne peut se contenter des distributeurs automatiques mais on doit donc y faire la file, on prend la précaution d’emporter un journal ou un bouquin pour tuer le temps.

 

La Poste à Paris, pour l’expérience qu’on en a en tout cas, c’est souvent le sommet de l’agacement. Ainsi quand, après avoir couru à perdre haleine, on arrive tout content aux distributeurs de timbres pile-poil dix minutes avant l’heure de fermeture de l’agence, puis qu’on découvre que les grilles ont déjà été tirées pour s’assurer que tous les clients auront bel et bien levé le camp à l’heure fatidique de fermeture. Ou quand, en été, les agences ne sont plus accessibles à partir de 18h30 carrément, ce qui est tout de même très tôt pour le commun des usagers. Quand c’est la croix et la bannière uniquement pour récupérer son billet de banque que le monnayeur défectueux a avalé sans vous avoir donné la moindre pièce de monnaie. Quand, pour encaisser un chèque à la Banque postale, il faut longuement parlementer car, dans cette institution, il semble toujours y avoir une tracasserie de dernière minute qui surgit quelque part. Quand, pour l’ouverture d’un compte à cette même banque, il semble toujours manquer un énième document et rien ne paraît jamais pouvoir se régler rapidement.

 

laposte2.jpgCela dit, s’il semble de bon ton en France de critiquer les fonctionnaires de La Poste, régulièrement accusés d’être les plus planqués de tous, rien qu’aux bureaux de notre quartier, on a pu constater que, ces dernièrs temps, des améliorations avaient été apportées, au bénéfice des usagers. Ainsi, à l’agence Richard-Lenoir, des agents (le plus souvent très aimables et souriants, qui plus est) ne sont désormais pas cantonnés derrière un guichet mais se déplacent dans l’agence. Pour, dès l’arrivée des clients, les orienter, les renseigner, leur éviter de faire la queue au mauvais guichet puis de devoir recommencer à un autre, voire les servir sans qu’ils doivent patienter.

 

Le temps d’attente moyen imposé aux 2 millions de Français usagers quotidiens de ce service public n’en reste pas moins élevé. Seulement 5,59 minutes très exactement, a calculé une enquête Sofres commandée par la direction de La Poste. Un progrès puisqu’il fallait attendre 8,58 minutes en moyenne à la fin de l’année dernière et 9,04 minutes précédemment. Ces chiffres sont évidemment de la vaste blague en ce qui concerne Paris en général et en particulier ses quartiers populaires ou simplement très densément peuplés, comme notre onzième arrondissement. Tiens, la prochaine fois qu’on devra faire la queue au guichet, on prendra un chronomètre et on rendra compte du résultat ici. Cela promet.

02/04/2009

Un leurre

Les rues seront très calmes à Paris ce jeudi en comparaison avec celles de Londres, cité tranformée en camp retranché pour le G20. Et avant sans doute d’autres manifestations en fin de semaine à Strasbourg, une des deux villes qui accueilleront le sommet anniversaire de l’Otan.

 

Ces derniers jours, en guise de mobilisation, les altermondialistes, écologistes, syndicalistes, trotskistes et autres anticapitalistes français ont gratifié Paris d’un petit happening lundique. C’était samedi dans le deuxième arrondissement, près de la place de la Bourse. Quelques centaines de militants d’une trentaine d’associations y ont procédé au «démantèlement symbolique d'un paradis fiscal» (voir, en vidéo notamment, ici). Ledit paradis était symbolisé par une minuscule plage de sable fin installée à même le macadam, par deux palmiers en pot et deux transats occupés par des estivants en tongs et en chemises à fleurs. Pour montrer «combien il est facile d'en finir avec un paradis fiscal», quand on a la volonté politique de ce faire, le duo de plagistes a démantelé ce repaire fictif de grandes fortunes peu civiques en ramassant le sable avec quelques pelles. Et en scandant les noms des sociétés françaises du CAC 40 qui, tout en ayant pignon sur rue, conservent en toute impunité quantité de filiales off-shore dans des terres fiscalement paradisiaques.

 

Puis, les militants ont jeté en l’air des liasses entières de billets de banque. Si, malgré ces temps de crise, tous les Parisiens paupérisés n’ont pas afflué samedi place de la Bourse pour s’emparer du magot, c’est parce qu’il ne s’agissait que d’un leurre: ces billets de banque, barrés de la mention «net d’impôts», étaient factices. Ils étaient d’ailleurs censés avoir une valeur de 5000€, or des billets d’un tel montant n’existent pas dans la monnaie européenne.

 

Notez que, de toute manière, si ces billets de 5000 € avaient réellement existé, les Parisiens n’auraient probablement pas pu les utiliser aisément, dans leur petite vie consumériste quotidienne. En effet, dans la capitale française, des années pourtant après l’introduction de la monnaie européenne, la plupart des commerces arborent toujours des avis aux caisses, prévenant les clients que, de peur des contrefaçons, ne sont pas acceptés les paiements avec des billets de 500 € (voire de 200€). En France décidément, l’Europe a encore des progrès à faire y compris dans les aspects de la vie les plus anodins.

 

Au fond, le terme ‘anodin’ n’est peut-être pas le plus adéquat, à propos de billets de 500€. S’agissant donc de coupures valant chacune, à l’échelle française, la bagatelle… d’un demi-salaire minimum! Soit dit en passant, dans quel monde vivent donc les technocrates qui ont imaginé ces billets de 500€? Qui donc dispose habituellement de billets d’un tel montant dans son portefeuille? Qui donc va régulièrement retirer des sommes pareilles au distributeur du coin? Nous, c’est bien simple, on serait bien incapable de reconnaître un billet de 500€: on n’en a jamais vu la couleur.

 

Finalement, a fortiori en ces temps de crise et de dégringolade du pouvoir d’achat, un tel billet doit lui aussi, quelque part, relever du leurre.

17/02/2009

Une lâcheté

manifeuro.jpgEn France, «on achète sa baguette en euros et sa voiture en francs», notait le mois dernier l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Qui, dans une étude (relire ici), indiquait que, tant d’années pourtant après le passage à l’euro, seulement 55 % des Français pensaient systématiquement dans cette monnaie pour leurs dépenses quotidiennes. Il est même des Français qui revendiquent carrément l’abandon de l’euro. Témoin, cette manifestation se déroulant ce soir à Paris, qui réclamera rien moins que le retour au franc.

 

Sur le fond, si chacun en France a le droit de manifester pour ce qu’il veut, là il y a de quoi se poser des questions. A supposer que l’abandon de l’euro soit techniquement et juridiquement faisable, serait-il vraiment de l’intérêt de la France? Ainsi, que serait-il advenu de l’économie hexagonale, et de l’économie des pays d’Europe en général, si ce pays et ce continent avaient affronté sans monnaie unique la crise internationale historique qu’ils endurent actuellement?

 

Sur la forme, cette manifestation europhobe est le comble de la lâcheté. Ses organisateurs, en effet, avancent le visage complètement masqué. Les affiches qu’ils ont placardées depuis des semaines dans tout Paris ne sont pas le moins du monde signées. Dès lors ce soir, les Parisiens peu informés, déroutés et/ou victimes de la crise et qui manifesteront «contre l’euro cher» ignoreront que, ce faisant, ils cautionnent une initiative émanant vraisemblablement de l’extrême droite.

 

L’an dernier, en tout cas, une identique manifestation en faveur du retour au franc avait été soutenue par «Les patriotes d’Ile de France», qui se présentent officiellement comme les «sympathisant(e)s du FN» de Jean-Marie Le Pen. Et elle avait été organisée par un certain «Renouveau Français». Ce groupe se définit comme «nationaliste, contre-révolutionnaire (c'est-à-dire hostile aux dogmes et faux principes de 1789), et d'inspiration catholique». Il revendique des symboles aussi connotés que la croix celtique ou le lys de France. Partisan de «la France aux Français», il plaide notamment pour «un sursaut nationaliste», afin que «la France sorte du coma». Cette année encore, le «Renouveau» manifestera pour le retour au franc, afin de montrer «son attachement à cet aspect incontournable du combat social et patriotique».

 

En démocratie, c’est sans doute parfaitement le droit de la mouvance d’extrême droite de penser cela. Le moindre des courages politiques, néanmoins, eut été d’annoncer clairement la couleur.

13/01/2009

Un repère

Mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat: c’est aujourd’hui qu’entre en vigueur une énième hausse des tarifs de la SNCF, une augmentation de 3,5% en moyenne. Apprécieront particulièrement cette hausse les innombrables voyageurs qui ont été victimes des avaries et des retards à répétition qu’ont connus cet hiver les chemins de fer français.

 

Parlant argent, l’Hexagone, comme les autres pays de la zone euro, vient de fêter sans tambours ni trompettes le septième anniversaire de l’entrée en vigueur de l’euro. Or, malgré cette longévité qui commence donc à s’installer, dans ce pays  particulièrement, «le franc demeure un repère» confirme une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

 

Selon cette enquête, pour des dépenses quotidiennes et de montant en général limité, seulement 55 % des Français pensent systématiquement en euros. Mais plus d’un Français sur quatre pense uniquement en francs. «Sept ans après le passage à l’euro, les Français, dans l’ensemble, maîtrisent son utilisation comme unité de compte. Cependant, nombre d’entre eux sont toujours obligés de convertir en francs, surtout pour des valeurs qu’ils ne manipulent pas quotidiennement. Comme en son temps l’ancien franc, le franc continue à jouer, pour beaucoup d’entre nous, un rôle important dans leur appréhension du système de prix actuel». C’est surtout quand le prix du bien est élevé et la fréquence d’achat plus rare que les Français pensent en francs: par exemple, moins d’un sur trois pense uniquement en euros pour acheter une voiture. Le recours à l’une ou l’autre des deux unités de compte dépend donc, outre de facteurs comme l’âge ou la région d’habitation, du montant de la dépense. Plus il est faible, plus elle a de chance d’être évoquée en euros. En France, résume bien l’Insee, «on achète sa baguette en euros et sa voiture en francs».

 

Tiens, avez-vous remarqué comme, sept ans après son introduction, la monnaie unique européenne n’a pas encore trouvé de surnom affectif et populaire dans la langue française? Dans le langage courant, les francs avaient été rebaptisés «balles» ou «briques». La monnaie unique européenne, elle, se cherche toujours un sobriquet dans la langue de Voltaire – signe, selon certains spécialistes, de l’absence d’un lien affectif entre cette monnaie et les Français.

 

 

PS: A propos d’euro et de langue française, on sursaute à cette différence d’usage chaque fois qu’on passe en Belgique – et la dernière fois encore, pour les fêtes de fin d’année. Autant vous n’entendrez jamais un Français parler d’autre chose que de «centimes» d’euros, autant le Belge, lui, semble majoritairement parler de «cents». Ce n'est pas inintéressant, cette nuance.

10/10/2008

Un chiffre

Puisqu’on parlait de fric hier, poursuivons dans le même registre. Et évoquons ce qui fut assurément la mauvaise nouvelle de la semaine, pour le portefeuille des Parisiens. Oh, bien sûr, dans cette ambiance médiatique de fin du monde, elle paraîtra bien anodine. Il n’empêche, elle va peser sur le pouvoir d’achat des habitants de la capitale, qui n’en demandaient sans doute pas tant.

A sa décharge, il avait prévenu. Avant les élections municipales de mars, Bertrand Delanoë avait joué cartes sur tables: il avait annoncé une hausse des taxes municipales, après six ans de stabilité, s’il était élu. Une hausse légère, avait-on retenu. Mais le chiffre sorti cette semaine de la mairie de Paris est vraiment tout sauf léger: c’est en fait de 9% que les impôts, d’un coup, vont augmenter. En moyenne, pour un locataire, cela correspondra à un surcoût annuel de 35€ (le prix d’un resto, en gros). Pour un propriétaire, ce sera 140€  (un lunch à une table étoilée, pour le coup). Ce n’est tout de même pas rien.

L’opposition, estomaquée, a dénoncé «un coup de massue». Selon elle, la mairie a besoin de ce surplus de recettes fiscales pour financer «la politique de poudre aux yeux de Bertrand Delanoë, qui a laissé filer les dépenses de la mairie». L’Hôtel de ville, pour essayer de mieux faire passer la douloureuse, promet en tout cas que le produit de ces nouveaux impôts ne sera pas affecté à l’augmentation du nombre de fonctionnaires municipaux. Celui-ci restera stable, à 48.000 personnes.

Tiens, arrêtons-nous un instant à ce chiffre. 48.000, donc. Cela confirme qu’à elle seule, la ville de Paris (sous Delanoë comme du temps de Chirac ou de Tiberi) emploie davantage de personnel que toute la Commission de Bruxelles (32.000 fonctionnaires), voire que l’ensemble des institutions européennes (40.000), dans les 27 pays de l’Union. C’est décidément une réalité et un chiffre qu’il faudrait plus souvent rappeler à tous ces politiciens français eurosceptiques, qui ne cessent de dénoncer le poids et la gabegie financière de la bureaucratie eurocrate.

01/07/2008

Un mandarin

La France occupe donc, depuis ce matin 0 heure, la présidence de l’Union européenne. Cette présidence avait été annoncée en haut lieu comme «modeste». Elle n’en bénéficiera pas moins des services d’un «directeur artistique» et non des moindres puisqu’il s’agit de Philippe Starck.

 

Pour vendre la France à l’Europe, l’Elysée a donc choisi de faire appel au Johnny Hallyday du design français. Qui a bâti sa fortune et sa renommée internationale en relookant des nouilles pour Panzani, en dessinant des couteaux pour Laguiole, en vendant des maisons dans le catalogue 3 Suisses, ou en affublant tous les restaurants qu’il a décorés de par le monde de lustres, de dorures et de verroteries versaillaises. Ce choix convient parfaitement à Nicolas Sarkozy: Philippe Starck n’est-il pas le plus bling-bling des créateurs français?

 

On se le demandait ce matin encore, en l’entendant dégouliner de suffisance et d’affectation à la radio. Où il était complaisamment interrogé sur les 22 maisons qu’il possède de par le monde. «Non, non, ce ne sont que des petites cabanes», minaudait le multimillionnaire. Vulgaire comme avant-hier, lorsqu'il avait frétillé d’excitation en imaginant dans la poche d’un jean la pièce de 2 euros qu’il a créée pour cette présidence.

 

Un Christian Lacroix ou une Andrée Putman, par exemple, auraient fait des ambassadeurs de France un peu plus intéressants, se disait-on ce matin. Mieux encore: au lieu de promouvoir un mandarin qui n’en a vraiment plus besoin, on aurait pu profiter de ce tremplin international pour populariser des créateurs moins connus, pour valoriser des jeunes talents – dans le design notamment, la France en découvre tant (ici, notamment).

Vue sous cet angle, et en attendant de voir ce qu’il va faire de ce poste, la désignation de Starck comme directeur artistique de la présidence européenne apparaît comme une belle occasion ratée.

31/03/2008

Un retard

7cb6cdce95db980197dd161b2b8a8305.jpgAvis aux retardataires et/ou aux étourdis: l’échéance fatidique est fixée ce 31 mars à minuit, pas une minute de plus. Passée cette heure, en effet, les billets de 200 FF à l’effigie de Montesquieu ne pourront plus être échangés et ne vaudront donc plus rien du tout.

 

A première vue, on aurait cru que, six ans après l’introduction de l’euro, une poignée seulement de Français disposaient encore de ces vieux francs dans leur bas de laine. Et bien, pas du tout, et on est même tombé des nues en découvrant le chiffre: la Banque de France recense quelque 3,74 millions de billets Montesquieu encore en circulation. L’Hexagone a d’ailleurs prévu des délais d’échange très larges pour les anciens francs. Si le 100 francs Delacroix perdra sa valeur courant 2009, le 500 francs Curie, le 200 francs Gustave Eiffel, le 100 francs Cézanne, le 50 francs Saint-Exupéry et le 20 francs Debussy pourront être échangés jusqu’en 2012.

Tiens, au fond, parlant de monnaie, une récente étude de l’Insee a montré que là aussi, comme dans l’échange des anciens billets, la France souffrait d’un certain retard. En effet, une minorité non négligeable de quatre Français sur dix comptent encore parfois en francs.

Tout dépend en fait du montant de la transaction. Pour un montant inférieur à 100 euros, seules 2 pc des dépenses sont converties en francs. Mais le chiffre monte à 5% pour les dépenses jusqu’à 1500 euros et à 11% pour les dépenses au-delà de ce montant. Les grosses dépenses donc, à savoir celles qui nécessitent une réflexion voire génèrent un stress, sont régulièrement converties dans l’ancienne monnaie. Ainsi, lors de l’achat d’une voiture, moins d’un Français sur trois pense uniquement en euros, mais six Français sur dix réfléchissent en francs. D’autres facteurs que le montant de la dépense jouent également. Par exemple, le retard dans l’adoption mentale de l’euro est plus fréquent chez les personnes peu diplômées et à revenus modestes que chez les autres. Il se rencontre aussi plus fréquemment en province et en outre-mer qu’en région parisienne. Et il touche moins les jeunes. Selon l’Insee, pour une dépense donnée, une personne de plus de 55 ans est cinq fois plus susceptible d’utiliser mentalement le franc qu’un jeune de moins de 25 ans.

21/02/2008

Une puérilité

Ce matin au petit-déjeuner, on est tombé de la chaise – expression à prendre au figuré et non au propre, rassurons d’emblée le lectorat ;-) – en entendant le ministre Michel Barnier sur France Inter. En queue de revue de presse, il était interrogé sur un édito visiblement assez virulent du quotidien madrilène «El País» (excellent journal, soit dit en passant), qui descendait en flammes l’ego présenté comme surdimensionné du Président Sarkozy. Et Michel Barnier, entre agacement et mépris condescendant, de lancer en substance: «Oh, mais vous savez, cette presse étrangère, elle n’a jamais été obligée d’aimer la France ni les Français».

 

Ce commentaire est affligeant, d’abord parce qu’il renvoie subliminalement mais assez peu aimablement au célèbre slogan anti-étrangers de Jean-Marie Le Pen, repris et recyclé par Nicolas Sakozy: «La France, on l’aime ou on la quitte». Slogan simpliste s’il en est puisque, comme chacun sait, l’amour, cela marche rarement à sens unique et cela fonctionne d’autant mieux si, des deux côtés, on se sent un peu aimé et désiré.

 

En plus, voilà une conception très curieuse de l’amour. En quoi l’amour (pour un pays comme pour une personne, c’est la même chose) devrait d’office impliquer une approbation béate, voire bénie oui-oui, de tous ses aspects? Devrait contraindre, à défaut, en cas de désapprobation donc, à un silence qui serait considéré ici comme le sommet du patriotisme? L’amour, si l’on comprend bien, impose le consensus et l’unanimisme? Le débat, l’échange, la remise en question, tout cela tue l’amour? C’est une vision vraiment très puérile des relations.

 

Puérile aussi est la conception affective du journalisme que ce propos ministériel traduit. La mission d’un journaliste consisterait donc à «aimer» son sujet, et non à informer sur lui? L’activité journalistique ne se logerait pas quelque part du côté du cerveau – là où pourtant, même très modestement, on la situait jusqu’à ce matin – , mais au niveau du ventre, dans la région du cœur? On serait donc plus ici dans le registre de l’émotion que de la réflexion? Davantage dans l’affect que dans l’intellect? Curieux.

 

On sursautait en entendant cela, donc. Ce qui n’empêchait pas Michel Barnier de s’enfoncer encore un peu plus dans sa seconde phrase. En gros, après avoir fait cette réflexion si pénétrante sur le manque d’amour de la presse étrangère pour la France, le ministre moquait ces journaux étrangers qu'il trouvait si incohérents et frivoles car aujourd’hui critiques envers Nicolas Sarkozy alors qu’hier, ils encensaient le même Sarkozy pour avoir sauvé l’Europe avec son traité institutionnel simplifié.

 

Deux choses. D’abord, c’est surtout en France que les médias ont présenté l’Europe comme étant sauvée par Nicolas Superman Sarkozy. Dans les autres pays d’Europe, la fin de l’impasse institutionnelle européenne a été mise au crédit de Nicolas Sarkozy certes, mais pas uniquement de lui. Ensuite, à nouveau quelle vision puérile des choses et quelle étrange conception du journalisme. Sous prétexte qu’on a encensé quelqu’un un jour, on ne pourrait donc plus jamais le critiquer un autre jour? Les journalistes devraient donc définitivement et irrémédiablement choisir leur camp affectif? On devrait être pour ou contre? Et pas nuancé, pondéré, précis, impartial, etc?

 

Décidément, ces propos de Michel Barnier sur la presse, c’était vraiment du tout grand n’importe quoi. Sans doute n’était-il pas bien réveillé – ce qui, vers 8 heures du matin, est encore parfaitement son droit.  Du moins, c’est ce qu’on préfère penser. Parce que si un ancien ministre français des Affaires étrangères et ex-commissaire européen à Bruxelles, qui rêverait en plus de devenir Président de l’Union européenne, a une telle conception des médias, alors ce serait légèrement inquiétant.

01/06/2007

Un Bruxellois

0270cd10cd15a809012c22626a25b943.jpgAvis aux touristes bruxellois en partance pour Paris ce week-end: ils n’y seront pas trop dépaysés puisque le plus célèbre personnage du folklore de la capitale belge est en ce moment affiché ici à tous les coins de rue.

En tombant sur cette méga-campagne de pub pour une émission de radio, on se demandait vraiment ce que le Manneken Pis avait à voir avec un programme de libre antenne pour jeunes. Sa décontraction urinaire avait-elle donc été choisie car jugée représentative de la liberté de ton d’un programme se voulant «sans interdit»: «une vraie zone de libre parole et d’échanges entre potes, 4 heures de direct sans filet»? C’était tout de même un peu tiré par les cheveux.

Le choix s’explique en fait par les origines de l’animateur de ce programme: un certain Mikl, né à Bruxelles, qui a fait ses débuts d’animateur radio en Belgique en 1997 avant de faire carrière à Paris.

La mise en avant de la statuette enfantine bruxelloise se veut aussi exemplative de la dimension européenne de l’émission, «première libre antenne francophone européenne», diffusée tous les soirs «dans toute l’Europe francophone», et qui prend des appels venant aussi bien de jeunes de France que de Belgique, de Suisse ou du Luxembourg.

On n’a pas encore la Constitution européenne - notre ami Sarkozy y travaille -, mais on a une libre antenne européenne: c’est magnifique.

27/12/2006

Une réelle impopularité

Cinq ans après l’adoption de la monnaie unique, nombre de Français continuent à encore à penser en francs. Selon un sondage TNS Sofres à paraître demain, un Français sur quatre convertit toujours et systématiquement cette monnaie dans sa tête, 23% effectue souvent cette opération mentale, 32% de temps en temps, et seulement 20 % réfléchit exclusivement en euros.
25 % des Français continuent donc à calculer chaque jour qu’une pièce d’1 euro égale 6,56 FF, qu’un billet de 50 euros représente 327,98FF, et qu’il faut très exactement 76€22 pour avoir un vieux billet de 500FF. C’est un effort mental aussi méritoire que bizarre dans la mesure où, pour le taux de conversion, le Français a été particulièrement peu gâté par rapport à nombre de pays européens: allez donc faire des multiplications par 6,56 alors qu’en Belgique par exemple, il suffit de multiplier par 4 et d’ajouter un zéro.
On ne sait si cela contribue à l’impopularité persistante de la monnaie européenne en France. Mais cette impopularité est réelle.
Selon le même sondage, la monnaie unique est jugée une mauvaise chose pour la France par 52 % des Français. Ce désaveu progresse même avec les années: il ne touchait que 45 % de l’opinion il y a trois ans. Et il atteint des proportions beaucoup plus élevées (66%) dans certaines couches de la population comme les ouvriers.
Quasiment tous les Français (94 %), d’ailleurs, sont persuadés que l'euro a eu pour conséquence d'aggraver la hausse des prix. Que le gouvernement n'ait cessé pendant cinq ans de nier l'évidence et de prétendre le contraire n'a sans doute qu'accru encore le ressentiment populaire envers cette monnaie.
B.DL.

11:05 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Europe, Social

02/10/2006

Un temps de retard

Le prix du timbre augmente ce lundi. Il passe à 54 centimes pour les envois nationaux et à 60 centimes pour les envois en Union européenne. C’est un peu énervant, et doublement.
D’abord, parce que, à la précédente augmentation de ses tarifs, il n’y a pas si longtemps, La Poste en avait fait des tonnes en marketing et en com sur le thème de la quasi-égalisation des prix des envois entre la France et l’Europe, présentée comme une grande avancée europhile pour l’Hexagone. Rétrospectivement donc, elle aurait mieux fait de s’abstenir.
Ensuite, parce que, quand on voit le temps que prend l’acheminement des envois en Europe, le service public n’a vraiment pas de quoi se vanter. A l’heure où le Thalys conduit de Paris à Bruxelles et inversement en moins d’une heure et demie, une lettre entre ces deux mêmes villes prend encore au minimum trois jours, plus fréquemment une semaine, assez régulièrement dix jours. Ici, donc, la France est franchement moins au temps du TGV qu’à celui de la diligence.
B.DL.