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27/04/2016

Une fête pour toutes, aussi (J-2)

 Sports, Sécurité, Police, Femmes Puisque ce blog parlait de sport, hier, cette demande que le Haut Conseil à l’Egalité hommes-femmes vient d'adresser au gouvernement et aux organisateurs de l'Euro de football, qui se disputera en France pendant un mois à partir de la mi-juin. Demande de faire en sorte que cette grande compétition sportive européenne se déroule dans «un véritable climat de fête non-sexiste», et que l'on soit particulièrement attentif à ce qu'elle soit exempte de toute «violence machiste».

Les contre-exemples sont légion. Voir «les dérives inacceptables» déplorées «lors de grands évènements sportifs ou populaires de même type: coupes du monde de football, fête de la bière de Munich, fêtes de Bayonne, festival de rock de Stockholm, etc.». Les autorités et organisateurs sont donc priés de se bouger pour que, par exemple, «les fans zones d’accès libre, qui réuniront des centaines de milliers de supporters et supportrices, restent des lieux de convivialité, et non de violences»: ouverts à toutes et tous. Ou pour que des campagnes de sensibilisation soient menées à destination des spectateurs, leur rappelant les peines encourues en France par les auteurs de violences à caractère sexuel.

Autre problème mis sur la table: «le recours à grande échelle à la prostitution». Puisque, pour les réseaux prostitutionnels, «ces événements sportifs sont l’occasion de profits gigantesques». A cet égard, on promet bien du plaisir aux forces de l'ordre pour tenter de faire appliquer la loi que le Parlement a votée définitivement, il y a peu. Elle punit d'amende «le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage».

sports,sécurité,police,femmesTout au long des deux ans de parcours parlementaire qu'a nécessité cette loi, les syndicats policiers n'ont pas arrêté de dire et de répéter que les pandores auraient sans doute beaucoup de difficultés – et assurément d'autres chats à fouetter, en ces temps d'alerte terroriste maximale – à prendre les contrevenants sur le fait, condition sine qua non pour les verbaliser.

Il sera donc intéressant de voir, dès la mi-juin, si cette loi est réellement et efficacement appliquée, sur le terrain. Ou, dans la négative, si elle relève avant tout de l'affichage politique.

18/03/2016

Un niveau qui ne s'améliore pas

 Langue française, Personnalités, FemmesNe pas partir en week-end sans le signaler: la semaine qui s'achève a été celle de la langue française. Dimanche, elle culminera avec la Journée internationale de la Francophonie. En l'honneur des 274 millions de personnes qui, dans le monde, parlent la langue de Voltaire. Le français, qui, comme le quai d'Orsay n'a pas manqué de le rappeler, est «la cinquième langue la plus parlée sur la planète, mais la seule, avec l'anglais, à l'être sur les cinq continents».

Peut-être, mais en France en tout cas, le niveau décline, visiblement. Pour preuve, les mots qui, à Paris cette semaine, ont marqué le débat politico-médiatique: «chiottes», «couilles» et «salope».

Interrogée par une radio sur les rumeurs de démission de Manuel Valls, la ministre Najat Vallaud-Belkacem, pourtant en charge de l'Education, a carrément qualifié ces ragots de «bruits de chiottes». Quant à l'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, sur un plateau de télé, elle s'est laborieusement expliquée sur le langage fleuri que des échos lui attribuent. Elle qui serait «en mode greffage de couilles», et qui «laisserait aux mecs le concours de taille du zizis». Tandis que, sur un autre plateau, le député sarkozyste Claude Goasguen n'a pu s'empêcher de pouffer de rire, en se remémorant que la maire de Paris, Anne Hidalgo, cette semaine, s'est fait traiter de «salope».

Vu un tel florilège, alors qu'on était précisément dans la Semaine de la langue française, on n'ose imaginer les mots auxquels on aura droit, la semaine prochaine.

Encore bravo à tou(te)s.

10/03/2016

Une vulgarité ordinaire

Les ministres femmes, victimes de la vulgarité machiste des parlementaires, suite (et certainement pas fin). Interpellée à l'Assemblée nationale, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a fait l'objet d'une répartie bien grasse, lancée par un député de l'opposition. Elle parlait du délai de «quinze minutes» (quinze jours, en fait: petit lapsus de sa part) que le gouvernement s'est donné, avant de présenter en Conseil des ministres cette réforme si controversée. «Quinze minutes, douche comprise!», lui a lancé un député, hilare. Si l'on en croit le compte rendu de la séance, le mufle ne s'est même pas fait rappeler à l'ordre pour le caractère sexiste de sa tirade. «Il est inutile de crier!», lui a juste lancé le président de séance.

Précédemment, déjà, la même ministre avait eu droit aux plaisanteries douteuses d'un autre député de l'opposition, orfèvre en la matière. Il avait rebaptisé sa loi El Khomri, « loi El Connerie». Puis, anticipant sur les retouches que le gouvernement va probablement apporter au texte, avait lancé: la loi «va être castrée, et je parle en urologue!». Même "Le Figaro", c'est dire, a jugé ses propos vulgaires.

Sans remonter jusqu'à Edith Cresson, au cours de cette législature-ci, dans le même hémicycle, Cécile Duflot et Najat Vallaud-Belkacem, déjà, avaient subi pareil traitement. La première, alors qu'elle répondait à l'interpellation d'un parlementaire, avait eu droit à des quolibets moqueurs, visant la robe qu'elle portait ce jour-là. Et la seconde avait fait l'objet d'un tweet graveleux, qu'un député avait envoyé en pleine séance: «NVB suce son stylo très érotiquement».

Les mâles de cette espèce font décidément honte au genre masculin. Et à l'image de la classe politique, accessoirement.

09/03/2016

Un espace public toujours aussi masculin

 Paris, FemmesCe sont nos confrères de France Télévision qui ont fait le travail hier, à l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme. Ils ont ouvert un plan de Paris, puis ont méthodiquement recensé () les rues de la capitale portant des noms d'hommes et celles dénommées en l'hommage de femmes. Résultat? «Seules 247 femmes sont mises à l'honneur dans les artères de la capitale, quand 3 156 hommes ont donné leur nom à une rue, une impasse, une avenue ou un boulevard. Rapporté au nombre total des rues de Paris, cela signifie que seules 4% d'entre elles portent le nom d'une femme». Piètre résultat, donc. A fortiori pour une ville gouvernée par une femme, la maire Anne Hidalgo.

Le sujet, à dire vrai, est tout sauf neuf. Depuis des lustres, déjà, la masculinité symbolique de la dénomination de l'espace public parisien fait débat, dans la mouvance féministe. Du reste, elle concerne tout autant les stations de métro de cette cité (relire ).

Mais ce chiffre de 4% de lieux de Paris honorant des femmes est encore inférieur à celui de 9% qui, en 2011, était issu d'une étude (relire ici) qui avait porté sur la dénomination de 6.365 rues parisiennes. Seules 166 portaient le nom d'une femme, avait conclu cette enquête, à l'époque.

Sans doute la différence entre ces deux pourcentages est-elle due, non au fait que des rues portant des noms de femmes auraient, entre-temps, été débaptisées, mais aux lieux que ces deux recensements ont respectivement pris en compte (juste les rues et avenues, ou également les squares, jardins, passages et impasses, etc.). Des variations d'ordre méthodologique, mais qui ne font pas oublier qu'on est donc encore très loin de la parité, en la matière.

11:53 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, femmes

08/03/2016

Une beauferie ordinaire

Comme tous les 8 mars, la Journée internationale pour les droits des femmes, ce mardi. A Marseille, c'est l'occasion qu'a choisie un festival «d'art et d'humour au féminin» pour organiser un spectacle de... Jean-Marie Bigard. L'humoriste bien connu pour ses sketches toujours si infiniment délicats envers les femmes – notamment pour son hélas célèbre «lâcher de salopes».

Cette invitation sidère une grande partie de la mouvance féministe . Selon ces opposantes (, notamment), «mettre en lumière un humoriste qui a fait des blagues sexistes sa marque de fabrique et qui insulte constamment les femmes dans ses sketches nous semble consternant. Le sexisme ne nous fait pas rire et contribue à banaliser les violences machistes». L'organisatrice du festival, elle, se justifie. «Dans son (dernier) spectacle, "Nous les femmes", il se met justement dans la peau d’une femme pour les défendre et leur rendre hommage pour leur courage et leur volonté… Quoi de mieux pour honorer cette journée de la femme?»

Chacun(e) jugera.

Sinon, toujours dans le registre de la beauferie ordinaire, "Les Chiennes de garde" ont remis, dernièrement, leur prix annuel récompensant le macho de l'année. C'est un sénateur de la droite sarkozyste qui a été primé. L'an dernier, dissertant sur la pénurie de médecins qui frappe de nombreuses régions rurales françaises, il l'avait expliquée notamment par la féminisation de la profession médicale, «puisque 75% des nouveaux diplômés sont des femmes. Or, nonobstant l’égalité, elles sont quand même là pour faire des enfants».

Cela dit, la misogynie n'a jamais empêché d'aller loin et haut, dans ce pays – dans d'autres pays non plus, du reste.

Pour preuve, ce même mardi est aussi le jour de la prestation de serment de Laurent Fabius, en tant que nouveau président du Conseil constitutionnel, la juridiction suprême française. Le même Fabius qui, en 2006, lorsque Ségolène Royal avait annoncé sa candidature à la présidentielle de 2007, avait eu cette répartie si fine, en allusion au couple que l'intéressée formait alors avec François Hollande: «Ségolène Royale candidate? Mais qui va garder les enfants?».

Encore bravo à tous.

03/03/2016

Un changement, cousu de fil blanc

 Femmes, Famille, Gouvernement, Elections présidentiellesCe matin, cela n'apparaissait pas encore dans l'organigramme officiel du gouvernement. Mais c'est François Hollande lui-même qui l'annonce, dans une interview au magazine féminin "Elle". Un changement de dénomination de ministère va être opéré.

Il est dû à la polémique qui avait suivi le remaniement ministériel de février. Uu ministère "de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes" avait été créé. Cette dénomination, jugée péniblement stéréotypée (les femmes d'office assimilées à l'éducation des gosses), avait été largement dénoncée, par les mouvements féministes (relire ). François Hollande en a pris acte. Et a décidé qu'il faudrait désormais parler de "ministère des Familles".

Au passage, ce changement d'appellation n'est bien sûr pas anodin, à treize mois du premier tour de l'élection présidentielle. En effet, le terme retenu renvoie implicitement à la grande réforme du "mariage pour tous", en 2013. Qui avait consacré, fût-ce tardivement et incomplètement, la reconnaissance par la France de la pluralité des situations familiales – et reconnu, singulièrement, les familles homoparentales.

Trois ans plus tard, donc, le choix de cette dénomination ministérielle est un clin d'œil subliminal fait par le chef de l'Etat à cet électorat. Alors que, mois après mois, sa popularité ne cesse de dégringoler, a fortiori parmi les sympathisants de gauche qui l'ont élu en 2012. Cela paraît vraiment très gros, comme manœuvre. C'est cousu avec du fil blanc très voyant. Mais, qui sait, à force de se multiplier, ces gestes présidentiels d'amabilité catégorielle finiront-ils par porter leurs fruits.

A ce stade, cela dit, on serait bien le dernier à en prendre le pari.

12/02/2016

Une masculinité, plus que jamais (suite)

Femmes, Gouvernement, PersonnalitésGrosse agitation dans la mouvance féministe, depuis hier soir (voir , notamment). Elle a réagi dès les minutes qui ont suivi l'annonce de la composition du nouveau gouvernement Valls. Le secrétariat d’Etat aux Droits des femmes y est désormais intégré au ministère de la Famille et de l’Enfance, et non plus aux Affaires sociales. Selon les protestataires, cela traduit «le mépris» du duo Hollande-Valls pour les femmes.

Y compris les milieux féministes proches du Parti socialiste sont vent debout. «Mettre sous un même ministère la famille, l’enfance et les droits des femmes, n’est-ce pas enfermer les femmes dans le rôle stéréotypé qui leur est assigné depuis des siècles: celui d’épouse et de mère?», a interrogé, ainsi, la présidente (PS) du Haut Conseil à l’Egalité. Et, sur les réseaux sociaux, évidemment, les femmes s'énervent. Imaginant, par exemple, sous un prochain gouvernement socialiste, un ministère «de la Famille, de lEnfance, des Droits des femmes, du Tricot, du Ménage et de la Cuisine».

Sinon, au sein de ce gouvernement, la parité hommes/femmes a été rétablie. Elle qui n'était plus de mise depuis le départ de Christiane Taubira.

Mais, pour donner une idée de la répartition des rôles, les Affaires étrangères, la Défense, la Justice, l'Intérieur, l'Economie ou les Finances sont aux mains d'hommes. En revanche, c'est à des femmes qu'ont été confiés les secrétariats d'Etat en charge, au hasard, de l'Artisanat et de l'Economie sociale, de la Biodiversité, ou de l'«Egalité réelle» (?).

Encore bravo.

04/02/2016

Une mobilisation encore incomplète

Femmes, Sécurité, Transports, MétroL'an dernier, 114 agressions sexuelles perpétrées dans les transports publics parisiens ont été élucidées. Le chiffre a été donné hier, par la préfecture de police de Paris. Ces agressions sont imputées à vingt "frotteurs". Ainsi que l'on surnomme les individus qui profitent de la cohue des heures de pointe pour agresser sexuellement leurs victimes.

Dans le cadre du dernier plan en date du gouvernement pour lutter contre le harcèlement sexiste, une unité spéciale a été créée au sein de la la police parisienne des transports. En outre, plusieurs jugements ont été prononcés à l'encontre de tels harceleurs. Il semble donc que les autorités commencent enfin à se bouger contre les auteurs de violences sexuelles dans les transports – un vrai fléau quotidien, pour tant d'usagères.

Juste, certains élus politiques, eux, mériteraient visiblement toujours d'êtres un peu secoués.

Ainsi, il semblerait (voir ici ou ) que, dernièrement, soit passées à la trappe du Sénat toutes les dispositions relatives au harcèlement sexiste, qui étaient contenues dans la future loi renforçant la sécurité dans les transports publics – loi née à la suite de l'attaque du Thalys, cet été. Pour d'obscures raisons techniques, ce volet du texte a été retiré, et n'a donc pu être débattu (). Il imposait notamment aux sociétés de transport de former leur personnel de sécurité à la problématique des violences sexuelles.

Encore bravo.

27/01/2016

Une masculinité, plus que jamais

gouvernement,personnalités,femmes,justiceIls ne perdent pas de temps, décidément, les instituts de sondage. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a démissionné ce matin, et, en fin d'après-midi déjà, une enquête d'opinion est venue donner le sentiment des Français sur cette actualité. Dans le pays du monde qui, avec les Etats-Unis, est le plus grand consommateur de sondages politiques.

81% des personnes interrogées approuvent son départ du gouvernement. Mais, à gauche, ils sont moins nombreux (68%) à s'en féliciter. Sans surprise, pour une ministre aussi clivante, son bilan à la Justice est descendu en flammes par les sondés de droite et salué par ceux de gauche.

Puisque, tout au long de cette journée politiquement agitée, les médias français l'ont assez peu souligné, signalons deux conséquences annexes de cette démission. Un: le gouvernement Valls n'est plus paritaire, vu qu'il compte désormais davantage d'hommes que de femmes. Deux: dorénavant, en attendant un probable remaniement en février, tous les ministères régaliens (la Justice, l'Intérieur, les Affaires étrangères et la Défense) sont au mains d'hommes.

Sans doute est-ce le reflet du très mâle contexte sécuritaire ambiant, de mise depuis les attentats du 13 novembre.

12/11/2015

«Un Tchernobyl politique »

Elections régionales, Activisme, FemmesMoins d'un mois avant les élections régionales. Sauf énorme surprise, comme tant de scrutins précédents, elles devraient être marquées par un fort taux d'abstention et l'ampleur du vote de protestation.

N'échappant pas à une habitude bien ancrée en France, il s'agira d'un scrutin qui fera la part belle aux hommes. A en croire les calculs effectués par un confrère, sur les 132 listes qui sont candidates, seules 28 sont menées par des femmes. Mais, en région parisienne, la féminisation des têtes de listes est un peu meilleure: 30%, contre 21% de moyenne nationale.

Paris et sa banlieue qui, en outre, accueillent ce qui est sans doute la liste la plus improbable du scrutin: celle «des drogués, des putes et des exclus». Elle regroupe des activistes venus de milieux très divers: des défenseurs des free party, des militants pour les droits des gays et assimilés, des partisans de la dépénalisation du cannabis, des prostitué(e)s réclamant le droit au «travail du sexe», des adhérents du Parti pirate, des écologistes en rupture avec leur parti, etc. FLUO est le nom de cette liste, acronyme de «Fédération libertaire unitaire ouverte». Selon son fondateur, «ce qu’on est en train de faire, c’est vraiment Tchernobyl dans le milieu politique». Au programme – encore en cours d'élaboration, via une démarche bien sûr participative – , figurent le «soutien aux cultures alternatives», la mise sur pied d'une coopérative régionale pour la transition énergétique, la «régulation expérimentale du marché du cannabis dans le champ de l’économie sociale et solidaire», ou l'octroi du droit de vote aux étrangers.

Autant d'idées si décalées par rapport au courant idéologique dominant que, à moins que, tout d'un coup, les électeurs aient envie de se lâcher, au soir du premier tour, les résultats de cette liste seront probablement plus gris que phosphorescents.

19/10/2015

Une réhabilitation historique

Mieux vaut tard que jamais. Cette semaine, une statue d'un buste de femme va faire son apparition dans la célèbre salle des Quatre Colonnes, de l'Assemblée nationale. C'est une première, puisque, depuis la création de cette institution, seuls des bustes d'hommes y avaient été exposés. C'est la grande révolutionnaire et féministe Olympe de Gouges (1748-1793) – dont ce blog a déjà parlé: relire ici, par exemple – qui aura les honneurs de cette innovation. La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qu'elle rédigea à l'époque, sera gravée sur le piédestal de sa statue.

Sinon, concernant l'Histoire toujours, et celle de Paris plus particulièrement, plus de 150 personnalités de la culture, des médias et du syndicalisme ont lancé un appel pour qu'une des stations de métro programmées dans le cadre des travaux du Grand Paris soit baptisée "Commune de Paris 1871". En hommage au soulèvement révolutionnaire (relire par exemple ) qui fit trembler la capitale et marqua tant cette époque.

«Il est temps, plus que temps, que la Commune retrouve toute la place qui lui est due dans la mémoire parisienne et nationale», estiment ces signataires. Parmi lesquels le chanteur Dominique A ou les comédiens Pierre Arditi, Michel Piccoli, Arianne Ascaride et Yvan Le Bolloch. Qui rappellent que «les communardes et les communards surent inventer des mesures démocratiques et sociales qui sont encore d’une brûlante actualité, de la séparation de l’Église et de l’État à l’école laïque, gratuite et obligatoire, de l’égalité des salaires des femmes et des hommes à la citoyenneté des étrangers, du droit du travail au droit au travail».

21/09/2015

Un succès public

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Un peu de culture, pour bien commencer la semaine. Et une bonne nouvelle, pour un des grands musées parisiens.

Le musée d'Orsay, en l'occurrence. Pour la deuxième année consécutive, il apparaît à la première place des musées français et européens plébiscités par le "Travellers’ Choice Musées". Ce palmarès est issu des avis laissés depuis douze ans par les utilisateurs du site TripAdvisor, commentaires qu'un algorithme a totalisés en vue de ce classement, en prenant en compte à la fois leur quantité et leur qualité. Orsay devance même Le Louvre, deuxième de ce palmarès français et troisième de son équivalent européen. L'institution de la rive gauche arrive deuxième dans le volet international du classement, derrière le Metropolitan Museum of Art de New York.

Dès demain, ce même musée d'Orsay va à nouveau faire parler de lui. Il inaugure une exposition thématique consacrée... à la représentation de la prostitution dans la peinture. Certaines sections, présentant des tableaux explicites, seront interdites aux mineurs. Précédemment, déjà, le musée avait quelque peu bousculé les convenances en consacrant une exposition au nu masculin. Sa qualité avait été discutée, mais le succès public avait été au rendez-vous.

Ce devrait être à nouveau le cas avec l'exposition qui débute demain, s'agissant d'un sujet aussi affriolant que grand public. Un sujet racoleur, grimacent certains. Pour qui Orsay, dans son but d'attirer les grandes foules, va tout de même un peu loin dans la facilité des thématiques qu'il aborde – on vous laisse juges.

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Sinon, pour la petite histoire, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'ira pas demain soir à Orsay, s'afficher devant des tableaux montrant des filles de joie, leurs clients et leurs maquereaux. Elle assistera plutôt, à la Comédie française, à la représentation du "Père": la pièce d'August Strindberg, mise en scène par Arnaud Desplechin. Sans doute est-ce moins sulfureux. Et plus cohérent avec les vues du gouvernement – qui, pour rappel, soutient la mise à l'amende des clients de la prostitution.

04/09/2015

Une première, mine de rien

Gouvernement, Femmes, Institutions, PersonnalitésNe pas achever la semaine sans le signaler. En catimini, la France vient de franchir une étape symbolique vers l'égalité hommes-femmes. Du moins, elle a franchi un cap dans l'affichage politique de cette égalité – ce qui n'est pas la même chose, en termes de portée.

Cela s'est produit mercredi, à la faveur du remplacement du précédent ministre de l'Emploi et du Travail, François Rebsamen. C'est une femme qui lui a succédé: Myriam El Khomri, ex-secrétaire d'Etat, ayant bénéficié d'une promotion éclair, qui a surpris tout le monde – vu son jeune âge, son inexpérience ministérielle, et le fait que, jusqu'à présent, elle ne passait pas particulièrement pour une experte de ces matières sociales.

Il n'empêche, désormais, chaque mercredi matin, dans le salon de l'Elysée où se réunit le Conseil des ministres, on comptera autour de la table davantage de femmes que d'hommes. Neuf ministres féminins, pour huit ministres masculins.

Jamais auparavant un tel cas de figure ne s'était présenté. Jamais dans aucun gouvernement de la Ve République (ni, a fortiori, dans ceux des Républiques précédentes), les hommes n'avaient ainsi été en minorité. Certes, si l'on prend en compte également les secrétaires d'Etat (qui ne participent pas au Conseil), le gouvernement Valls 2 est toujours majoritairement masculin, mais de peu: 17 hommes, pour 16 femmes.

Une première, donc. Même si, bien sûr, en cette matière comme dans d'autres, la quantité (= le nombre de ces éminences) compte sans doute moins que la qualité (leurs talents et compétences éventuels).

28/08/2015

Une violence ordinaire (encore)

Voilà qui rappelle cette étude qui avait fait grand bruit quand elle était sortie, au printemps. Etude sur les violences à caractère sexuel dont sont victimes les femmes dans les transports publics, en France. Elle avait montré qu'en région parisienne, 100% des utilisatrices des transports en commun y ont déjà fait l'objet au moins une fois de harcèlement sexiste ou d'agression sexuelle.

Et voilà qui illustre le bien-fondé du plan de lutte contre ces violences adopté par le gouvernement à la suite de cette étude. Aussi tardif, imparfait et limité que soit ce dispositif – on peut bien sûr toujours estimer qu'on n'en fait jamais assez, en la matière.

Hier, a été interpellé à son domicile de la banlieue parisienne un agresseur sexuel sévissant dans le métro et le RER. Il comptait déjà, dans ses antécédents judiciaires, pas moins de... 112 mises en cause, dont 29 (29!) condamnations notamment pour violences et agressions sexuelles. Pas plus tard que la semaine dernière, il avait encore agressé plusieurs jeunes femmes, par exemple sur la ligne 1 du métro parisien. Il est en garde à vue dans les locaux de la Sûreté régionale des transports. Et devrait prochainement comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, pour agressions sexuelles et violences volontaires aggravées.

Il a été arrêté, mais combien d'agresseurs de ce type, «frotteurs» (ainsi qu'ils sont dénommés par les policiers: relire ) et autres, sont-ils encore dans la nature?

Puisque l'on approche de la rentrée, bon courage à toutes les femmes qui, retour de vacances, dès lundi, reprendront chaque jour le métro, le bus ou le RER. Avec tout ce qui leur en coûte. Et tout le cran qu'il leur faudra, souvent.

25/06/2015

Un (léger) désir

Personnalités, Strauss-Kahn, Justice, Economie, FemmesIls sont minoritaires dans l'opinion, mais tout de même pas en nombre négligeable. A en croire un sondage rendu public ce jeudi, 38% des Français souhaitent un retour de Dominique Strauss-Kahn dans la vie publique. L'électorat de gauche est partagé à parts égales sur cette éventualité, qui est majoritaire (54%) chez les sympathisants socialistes.

Une part de ces inconditionnels de DSK doit sans doute considérer qu'il a été victime d'une machine médiatico-judiciaire qui, pendant trois ans, l'a broyé, pour finalement le relaxer. En revanche, à moins que le scabreux, voire le glauque, soit devenu tendance en France, il est plus douteux que cette envie de lui soit stimulée par l'aperçu de sa vie privée qu'a donné ses comparutions judiciaires. On peut d'ailleurs noter que les femmes (33%) sont moins nombreuses que les hommes (44%) à vouloir son retour.

Sans doute, donc, est-ce avant tout l'économiste Strauss-Kahn qui est regretté par ses supporteurs. Qui ont la «nostalgie de sa parole économique», dixit le sondeur Bernard Sananès.

C'est parfaitement leur droit, mais c'est tout de même assez piquant, et doublement.

D'une part, et principalement, autant plus grand monde au PS ne se réclame de l'homme Strauss-Kahn – jugé définitivement trop sulfureux – , autant la ligne politico-économique qu'il incarne (le social-libéralisme, pour dire vite) est majoritaire, dans ce parti comme au gouvernement. Les Valls, Macron et autres Sapin font-ils autre chose que du strauss-kahnisme? On ne peut donc pas dire qu'il y ait un vide doctrinal à combler, en la matière. D'autre part, et accessoirement, les hasards de l'actualité veulent que ce sondage tombe au lendemain de la publication des derniers chiffres mensuels en date du chômage, qui, une fois de plus, sont mauvais. Et donc illustrent bien l'efficacité très perfectible de cette ligne économique social-libérale.

27/05/2015

Une éternité encore à attendre

Vingt ans que cela n'était plus arrivé. Ce mercredi, les cendres de deux femmes, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, entrent au Panthéon. Elles figurent parmi les quatre héros de la Résistance qu'a choisi d'honorer François Hollande. La dernière fois qu'une femme avait été panthéonisée, c'était le 20 avril 1995. François Mitterrand avait alors fait entrer Marie Curie – et son époux, Pierre Curie – au Panthéon.

Ce soir et d'un seul coup, le nombre de femmes reposant dans ce temple républicain des «grands hommes» aura carrément doublé. Puisque, jusqu'à aujourd'hui, elles n'étaient que deux à y figurer: Marie Curie, donc, et Sophie Berthelot – et encore, cette dernière y repose en qualité d'épouse du chimiste Marcellin Berthelot. Au total, parmi ces honorables sépultures, on compte à peu près 17 fois plus d'hommes que de femmes.

A l'époque où François Hollande avait fait connaître son choix (relire par exemple ici ou ), les féministes avaient dit leur satisfaction. Il n'empêche, au rythme d'une panthéonisation par Président, on vous laisse calculer le nombre de quinquennats qu'il faudra encore, avant que la parité hommes-femmes règne également dans cette institution.

12/05/2015

Un presque homonyme

Paris, Banlieues, Transports, Métro, Sécurité, Police, Femmes3502 voleurs à la tire interpellés dans les transports publics parisiens, en 2014. Soit presque dix par jour, ce qui n'est tout de même pas rien.

Et aussi 882 receleurs de téléphones et autres appareils volés à des usagers. Et 1252 détenteurs d'armes prohibées – pas mal de couteaux en circulation, visiblement, dans les bus et le métro... – et 109 détrousseurs matinaux de voyageurs fatigués ou de fêtards éméchés. Sans oublier, dans les six gares que compte la capitale, 95 voleurs de bagages arrêtés.

Tel est le bilan de la Brigade des réseaux franciliens (BRF), pour l'an dernier. Il a été dressé hier par la préfecture de police de Paris, qui a félicité pour son action ce «bras armé de la police régionale des transports».

Police qui a désormais un nouveau grand patron. Le commissaire divisionnaire Jean-Marc Novaro, c'est son nom. Il s'en est donc fallu de peu (deux lettres) pour que la capitale et sa région aient à la tête de leur police des transports un homonyme du commissaire Navarro: le plus célèbre flic parisien de la télé...

L'intéressé connaît le terrain. Ces trois dernières années, en effet, au titre de détaché du ministère de l’Intérieur, il a officié comme directeur de la sécurité de la RATP. Lundi, le préfet de police lui a fixé comme priorité notamment la lutte contre les violences faites aux femmes.

Paris, Banlieues, Transports, Métro, Sécurité, Police, Femmes«Professionnalisme, dialogue et performance»: c'est ce que promet () ce commissaire Novaro pas Navarro. Vu l'ampleur prise par le fléau des agressions à caractère sexuel perpétrées dans le réseau des transports publics (ce blog l'évoquait, dernièrement: ici), c'est peu dire qu'il a du pain sur la planche.

Et donc qu'il est particulièrement attendu au tournant.

11/05/2015

Une faute de goût réparée

L'initiative se justifie bien sûr en soi, mais elle peut aussi être vue comme l'implicite réparation d'une grosse faute de goût.

L'Assemblée nationale vient de lancer le cycle de cérémonies commémorant Olympe de Gouges (1748-1793): grande figure de la Révolution, guillotinée sous la Terreur. C'est à elle que l'on doit la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, et notamment cette formule célèbre: «La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune». Il y a quelques mois, des énergumènes des services de l'Assemblée avaient cru bon, pour rendre hommage à cette féministe, de réaliser à son effigie... un tablier de cuisine (). Intégré à la boutique en ligne de l'Assemblée, l'article n'y était resté que quelques heures, puis en avait été retiré vu le tollé. On a encore vérifié ce matin, en parcourant en vitesse les rayons de ce magasin, on n'y trouve désormais plus trace de cette initiative si douteuse, ni du moindre article pouvant paraître péniblement sexiste.

En lieu et place de cette bévue, le président de l'Assemblée a, l'autre jour, dans un discours solennel, vanté les qualités et le legs de cette «femme extraordinaire, qui eut l'audace, dans cette période troublée de la Révolution, de réclamer des droits pour les esclaves, les indigents et les femmes». Et d'annoncer qu'en octobre prochain (à l'occasion de la célébration du 70e anniversaire de l'élection des premières femmes députées), un buste de cette figure historique serait officiellement installé, dans l'enceinte de l'Assemblée.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, 222 ans après la mort de l'intéressée.

05/05/2015

Un grand n'importe quoi

Partis, Personnalités, Le Pen, Droit, Famille, FemmesPuisque, vu l'actualité d'hier soir, ce blog peut aujourd'hui difficilement parler d'autre chose que de la famille Le Pen – décidément, et plus que jamais, la famille Addams de la politique française –, peut-être quelqu'un devrait-il signaler deux choses à Jean-Marie Le Pen.

D'abord, puisqu'il veut «répudier» sa fille Marine et faire en sorte qu'elle ne puisse plus porter son patronyme, l'informer que la répudiation des femmes (qu'elles soient épouses ou filles) n'est pas permise, en droit français. S'agissant du mariage, cette façon de le dissoudre qui découle de la volonté unilatérale du mari, donc est par essence inégalitaire, ne peut jamais avoir cours en France, en tout cas entre époux Français "de souche" (pour prendre un terme bien lepéniste), les choses étant moins claires (voir par exemple ici) quand il s'agit de statuer sur la reconnaissance ou non, par la justice française, d'une mesure de répudiation prononcée à l'étranger.

Du reste, il est assez piquant de voir le chef historique d'une formation d'extrême droite en arriver à prôner une sanction relevant du droit musulman, alors que son parti dénonce en boucle «l'islamisation» de l'Hexagone.

Ensuite, signaler à Jean-Marie Le Pen que, s'il ne peut répudier sa fille, il peut, éventuellement, la déshériter. La procédure, cela dit, n'est pas simple, le Code civil français imposant traditionnellement, lors d'une succession, une part réservataire pour chacun des enfants – mais le processus d'harmonisation européenne pourrait bientôt nuancer cela (lire par exemple ).

Du reste, il serait assez piquant de voir Jean-Marie Le Pen en arriver à faire le malin sur la question de son héritage. Alors que lui-même est soupçonné d'avoir planqué en Suisse des millions d'euros, notamment en pièces d'or et en lingots – ses explications sur le sujet tardent à venir, d'ailleurs.

24/04/2015

Une grande première, si tardive

Télévisions, Médias, FemmesComme quoi, il ne faut jamais désespérer de rien: tout arrive (parfois).

C'est donc une femme qui va diriger France Télévisions. A l'issue d'une procédure laborieuse et contestée, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fini hier par nommer () Delphine Ernotte à la tête du groupe audiovisuel public. Jusqu'à présent, tout au long de son histoire, France Télévisions avait été dirigé par des hommes. Ce blog le notait, l'autre jour (relire ): le fait qu'une femme accède à sa tête va peut-être, qui sait, l'inciter à enfin donner, sur ses antennes, une juste place aux femmes, quantitativement et qualitativement.

L'intéressée n'a jamais occupé la moindre responsabilité dans le monde de la télé. C'est ce que notaient ce matin, en faisant la moue, nombre de commentateurs – davantage des hommes que des femmes, cela dit. Comme si, pour autant, elle n'avait pas de solides compétences en gestion, elle qui a dirigé un groupe (France Telecom/Orange) d'une taille autrement plus imposante que France Télé. Et comme si les précédents patrons du groupe audiovisuel qui étaient issus de la télé sont tous restés dans les mémoires pour leur parfaite gestion du paquebot français de la télé... Du reste, puisque ces commentateurs réticents semblent l'avoir oublié, rappelons que Bertrand Meheut, pareillement, l'homme qui préside le groupe Canal+ depuis plus de dix ans, était complètement étranger au monde des médias, avant d'accéder à ce poste.

Il n'en demeure pas moins que, en effet, cette désignation de la nouvelle patronne de l'audiovisuel public français a un côté effarant – mais dont l'intéressée n'est nullement responsable. La moindre des choses eut été que les auditions des candidats à ce poste soient publiques. C'est visiblement trop demander au CSA, et c'est bien dommage.

La prochaine fois peut-être, à l'occasion de la nomination de la personne qui succédera à Delphine Ernotte, la France innovera de manière historique sur ce plan-là, cette fois.

Il ne faut jamais désespérer de rien: tout arrive (parfois).