13/07/2012
Une première, depuis si longtemps
Le premier 14 juillet de François Hollande, demain. Mine de rien, cela faisait vraiment longtemps qu'un socialiste n'avait plus trôné – comme le «Président normal» le fera demain – à la place d'honneur de la tribune présidentielle installée sur les Champs-Elysées, devant laquelle passera le traditionnel défilé militaire de fête nationale. Cela faisait exactement... 18 ans. Puisque la dernière fois que cela s'était produit, c'était le 14 juillet 1994: l'ultime défilé qu'avait présidé François Mitterrand.
Beaucoup plus habituel, et même très terre-à-terre: demain, comme chaque 14 juillet et comme ce sera le cas pour tant d'autres Parisiens, on va être prématurément tiré du lit. Par un vacarme. Celui produit dans le ciel par le ballet incessant des avions de chasse, gros transporteurs ou autres hélicoptères de combat cheminant vers les Champs-Elysées et/ou en revenant. Pour ce faire, cette énorme flotte doit survoler une bonne partie de la capitale – dont notre quartier Bastille, en tout cas.
Dans le même registre, anecdotique, cette «kaki pride», vu la foule populaire qu'elle va déplacer, nécessitera le déploiement de plus de 3000 policiers et militaires: pour sécuriser les lieux. Les amateurs de chiffres seront ravis d'apprendre que 12,5 kilomètres de voies de circulation devront, dans la capitale, être neutralisées pour l'occasion. La préfecture de police de Paris l'a précisé, hier: cela nécessitera le déploiement très précisément de 9 130 barrières métalliques, «soit 22,8 kilomètres, représentant en poids quelque 21 tonnes».
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05/07/2012
Une ambiance de potaches
Ces cinq prochaines années à l'Assemblée nationale, la droite sera aussi pugnace, frondeuse voire chahuteuse que l'a été la gauche entre 2002 et 2012: ces dix années pendant lesquelles ses députés siégèrent sur les bancs de l'opposition. On a eu un aperçu de cet état d'esprit vindicatif dès mardi, à l'occasion de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Le spectacle fut bien plus souvent dans l'hémicycle qu'à la tribune – la sobriété de Jean-Marc Ayrault ayant rendu son discours passablement terne. Le compte-rendu officiel de cette séance (ici), plutôt drôle, dépeint assez bien cette ambiance de potaches.
«Bla-bla-bla!», «C’est pathétique!», «Lamentable!», «On rêve!», «Quelle honte!», «Baratin!» Dès les premières phrases prononcées par le chef du gouvernement, ces interpellations fusèrent, des bancs de la droite. Elles furent suivies d'une kyrielle d'autres, tout au long de la bonne heure et demie que dura l'allocution du Premier ministre. «C’est creux!», «N’importe quoi!», «Ben voyons!», «Démago!», et ainsi de suite. On eut même droit à un «Irresponsables!», à un «C’est pitoyable!», et à un «Ça suffit! C’est minable!»
Si l'ensemble de session parlementaire est de cet acabit, au moins l'ambiance sera au rendez-vous au Palais Bourbon, jusqu'en 2017.
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02/07/2012
Un chiffre, une ouverture, une allégresse
Une allégresse très perceptible samedi, dans Paris. Parmi les dizaines de milliers de participants à la Pride – la «Marche des fiertés», dit-on désormais. Or, par contraste, ces dernières années particulièrement, dans ce cortège, l'humeur dominante n'était pas rarement à la rancoeur et à l'acrimonie: à l'égard du pouvoir en place. Cet été, en revanche, nombre de participants affichaient – en sticker, en badge, etc. – le chiffre à l'origine de leur contentement.
31. Comme le 31ème des 60 engagements de l'ex-candidat devenu Président, François Hollande. Cette 31ème promesse prévoit l'ouverture à tous les couples du mariage et de la parentalité. L'égalité des droits, donc. Le «mariage homosexuel», autrement dit, pour employer une expression usuelle, mais si incongrue –lire ici.
C'était assez drôle à voir: cette allégresse collective a plus énervé que jamais la poignée de militants d'extrême droite qui, chaque année, tentent de perturber la Marche: barricadés derrière les grilles de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, la paroisse des traditionalistes catholiques, dans le cinquième arrondissement, devant laquelle passent chaque année les marcheurs. Cet été, sous la protection d'innombrables CRS, ils ont vociféré de plus belle leurs quolibets homophobes. Mais sont passés largement inaperçus, dans la liesse ambiante. Et ne sont jamais parvenus à gâcher l'ambiance.
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11/05/2012
Un (autre) Président
La chose est passée complètement inaperçue, donc parlons-en. Le week-end dernier, a été élu en France un Président de la République qui… n’est pas François Hollande. Il a même été élu, lui, à la quasi-unanimité. Et a désormais la lourde tâche de faire appliquer la devise de sa République: «Faire le bien dans la joie». Ce Président-là se dénomme Alain Coquard. Samedi dernier, il a été plébiscité par 190 votants de… la République de Montmartre.
Ils sont près de 4000 Parisiens à se revendiquer «républicains montmartrois», d’adresse ou de cœur. Cette République, fondée en 1921, compte ses citoyens d’honneur, ses ambassadeurs «dans le monde entier», ainsi qu’«un gouvernement où siègent des ministres de la Nuit, de l’Agriculture, du Gai Paris ou de l’Œnologie». Dans cet Etat, «les Présidents changent, jamais les programmes. Citoyens et ministres organisent des fêtes, collectent des dons pour des associations et l’enfance défavorisée, rigolent au restaurant et, au passage, maintiennent vivant l’esprit de leur Butte». Cela passe notamment par des traditions. «Au 1er mai, la fausse République, belle joueuse, offre un brin de muguet au vrai maire de Paris. Et, à l’automne, l’institution tout entière défile et fête les vendanges, attirant au passage quelque 500.000 visiteurs».
C’était la note folklorique de la semaine. Après tant de semaines où ce blog n’a traité que des sujets si austères, autre élection présidentielle oblige.
Si vous voulez faire connaissance avec cette République-là, et en même temps avec un petit bout de l’Histoire typique de Paris, c’est ici.
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31/10/2011
Une manifestation
On est tombé sur eux complètement par hasard. Samedi soir, dans le quartier de l’Opéra. On les a entendus avant de les voir, en fait: quand, couvrant les bruits du trafic et des rues bondées, ont résonné… des cantiques, puis des «Notre Père».
C’était une manifestation de catholiques traditionnalistes. Cela valait le coup d’œil. En tête du cortège, un prêtre en soutane brandissait un gigantesque crucifix en bois. Derrière la banderole de tête («La France est chrétienne et doit le rester»), quelques centaines de personnes – beaucoup de vieux, mais aussi beaucoup de très jeunes – scandaient des slogans tels «France, Jeunesse, Chrétienté!» ou «Christianophobie, ça suffit!». Et une forêt de bannières du Sacré cœur.
Depuis dix jours, au Théâtre de la Ville, place du Châtelet, ces catholiques traditionnalistes, chaque soir, perturbent les représentations d’un spectacle qu’ils jugent blasphématoire. Dans leur cortège, samedi, probablement figuraient aussi ces quelques jeunes qui, fin juin, avaient fait de la provoc’ à la Gay Pride: retranchés, sous forte protection policière, derrière les grilles de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, l'église des intégristes de Mgr Lefebvre, ils avaient hurlé, pendant toute l'après-midi, «Nous sommes tous des enfants d’hétéros!». Sans doute dans ce cortège trouvait-on aussi les organisateurs des fameux apéros géants saucisson-pinard qui défrayèrent la chronique, l’été dernier. Voire, qui sait, ces militants «identitaires» qui, ces derniers hivers, avaient mis sur pied une soupe populaire au lard – donc interdite de facto aux SDF de confession musulmane.
Leur manifestation de samedi a eu pas mal de retentissement médiatique. En revanche, c’est dans une indifférence assez générale que ces mêmes catholiques ultras, depuis quelques semaines, manifestent devant l’hôpital Tenon, dans le vingtième arrondissement de Paris. Pour protester contre la réouverture annoncée du centre IVG de cet hôpital, ils viennent, chaque dimanche matin, brandir des crucifix et des pancartes avec des slogans du style : «Maman, papa... ne me tuez pas!». Puis, ni une ni deux, s'agenouillent à même le trottoir et récitent des «Notre Père»…
A part cela, depuis quelques mois, les prières de rue sont interdites en France.
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21/07/2011
Une fête (un peu surréaliste?)
La fête nationale en Belgique, ce jeudi. Les Parisiens n'étant pas rarement taquins, il ne nous étonnerait pas que, en cette journée du 21 juillet, on se fasse un peu chambrer. On entend déjà la boutade, du genre: «La fête nationale!?! Il n'y a plus de gouvernement depuis plus d'un an dans ta Belgique, mais il y a encore une fête nationale?!?» Le cas échéant, n'ayant eu ni l'énergie, ni le temps de préparer une argumentation convaincante, on improvisera une répartie, qui vaudra ce qu'elle vaudra...
En attendant, et en tout cas, «Meilleurs voeux» – comme on dit le 21 juillet au Palais royal de Belgique – aux internautes belges qui passeraient par ce blog aujourd'hui.
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20/07/2011
Une autre prohibition
Même si c'est un brin incongru vu la météo du moment, demain jeudi c'est la grande ouverture de «Paris Plage», dixième opération du nom. La préfecture de police, toujours elle – et qui, décidément, multiplie les mises en garde, ces jours-ci – vient d'en profiter pour rappeler quelques règles de bienséance aux futur(e)s estivant(e)s parisien(ne)s.
Textuellement: «L’été est là, le thermomètre monte, les tenues se font plus légères, mais Paris peut-il être un nouvel Eden pour Adam et Eve? Et bien non! Toute tenue qui laisserait entrevoir les parties génitales ou la poitrine constitue une exhibition sexuelle». Dès lors, toute personne n'ayant pas «un comportement conforme aux bonnes mœurs et à l’ordre public» s'expose à une amende de 38€. Voire carrément à une amende de 3 750€ et à deux mois de prison, si son «attitude équivoque» permet de soupçonner un «racolage passif».
Voilà prévenues notamment les adeptes du monokini.
Il y a quelques étés, en juillet 2006 précisément, l'écologiste Denis Beaupin, adjoint au maire Bertrand Delanoë, avait dénoncé un tel règlement vestimentaire, selon lui d’un autre âge. «Sur une plage, il est normal que les gens souhaitent profiter du soleil et porter un string ou se mettre en monokini!», s'était-il indigné. Dans la foulée, sur le site même de «Paris Plage», une poignée de manifestantes avaient, la poitrine découverte, protesté contre cette prohibition. Ce qui leur avait valu, outre une convocation à la police, un franc succès médiatique.
Cinq étés plus tard, pas le moindre raffut de la sorte. S'assagirait-on, à Paris?
12:56 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, femmes, folklore, tourisme, delanoë
07/07/2011
Une (si bruyante) préparation
C'était hier, en début d'après-midi. Subitement, c'était le vacarme dans notre quartier Bastille. Le tapage semblant venir d'en haut, on levait les yeux au ciel. Et là, on n'en revenait pas.
Etait en train de nous survoler, à très basse altitude, un avion de ligne. Serré de très près, sur ses flancs, par deux avions de chasse. Etrange. Une alerte de sécurité à bord d'un vol à l'approche de Roissy ou d'Orly, alerte qui aurait nécessité l'intervention de l'armée de l'air? On n'y croyait pas trop, mais on se hâtait toute de même vers le bureau. Pour aller vérifier sur les dépêches d'agence de presse et les télés d'info continue que rien de grave ne s'était produit depuis ces dix minutes où, tentant une rarrissime pause-déjeuner, on s'était autorisé à interrompre le suivi en permanence et en temps réel de l'actualité.
Mais à peine avait-on fait trois pas que, dans le ciel, surgissait cette fois un énorme avion-radar de type Awacs, avec une espèce de grand plateau le surmontant. Puis, toujours dans un vacarme inouï, une escadrille de chasseurs, de gros avions cargo, des jets à nouveau, etc., etc. On comprenait alors. A une semaine du 14 juillet, c'était sans doute une sorte de répétition pour le grand défilé militaire sur les Champs.
Deux heures plus tôt, dans la Ville lumière, avait déjà retenti le hurlement, si lugubre, de toutes les sirènes d'alerte de la sécurité civile. Pas à cause d'une alerte, mais parce que, à Paris chaque premier mercredi du mois, à midi pile, ces sirènes sont actionnées à deux (interminables) reprises, pour que leur bon fonctionnement puisse être vérifié.
Les avions partis, le calme revenu dans le ciel azur de Paris, on poursuivait notre chemin. Se disant tout de même que ce boucan infernal, si belliqueusement connoté, ne conférait pas précisément à la capitale cette ambiance légère, insouciante et décontractée qui est le propre de la période estivale.
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14/06/2011
Une autre usurpation
Une note un peu légère, aujourd'hui. Pour bien commencer la semaine, et car cela faisait longtemps, dans ce blog. On a déjà évoqué (relire ici) la mobilisation des défenseurs de l'AOC camembert de Normandie contre le business de l'agroalimentaire, qui appâte le client en présentant ses fromages industriels comme des camemberts «fabriqués en Normandie»: une appellation qui ne correspond à rien. L'autre jour au Parlement, une usurpation du même acabit a été dénoncée. Frappant un autre produit phare d'un certain art de vivre à la française, qui, lui, n'a rien de gastronomique, mais qui s'appuie tout autant sur une vieille tradition. C'est... le savon de Marseille.
Si l'on veut respecter les règles de l'art, ce savon traditionnel doit être fabriqué avec 72 % d’huiles végétales et sans aucune graisse animale, parfum ou colorant. Cette règle remonte à loin: elle figure dans un édit de Colbert datant de 1688. Elle a été précisée en 1812 par Napoléon Bonaparte en personne. Par décret, il a octroyé à Marseille sa propre marque de savons à l’huile d’olive et a décrit la présentation de celle-ci: un pentagone dans lequel apparaît, en son milieu, les mots «huile d’olive», le nom du fabricant et celui de la ville de Marseille.
Mais selon Valérie Boyer, députée (UMP) des Bouches du Rhône, «certaines industries de savon et de détergent utilisent la dénomination «savon de Marseille» sur des savons composés de graisses animales et fabriqués en dehors de la région marseillaise. Cette situation constitue non seulement une concurrence déloyale vis-à-vis des fabricants de l’authentique savon de Marseille, mais également une tromperie à l’égard des consommateurs!»
Prié de se prononcer vite fait sur le sujet, le secrétaire d'Etat au Commerce a fait préciser à l'Assemblée que le savon de Marseille ne bénéficiait d'«aucun des dispositifs protégeant une appellation d’origine ou d’indication géographique». En revanche, «le décret (napoléonien) du 22 décembre 1812 semble toujours en vigueur, bien que les amendes n’aient pas été actualisées». La Direction de la concurrence et de la répression des fraudes a mené l'enquête sur ce sujet en 2007, «afin de vérifier la qualité des savons, en particulier du savon de Marseille, auprès de vingt-huit entreprises de fabrication ou de distribution». Résultat? «Des écarts ont effectivement été constatés entre les caractéristiques du savon de Marseille telles que définies dans le code des usages précité et la plupart des produits contrôlés. Les anomalies les plus graves ont fait l’objet de procès verbaux pour pratique commerciale trompeuse, et des contacts ont été pris avec les professionnels de la filière afin d’appeler leur attention sur les problèmes rencontrés».
Ouvrons l'oeil, donc.
PS: Pour les lecteurs que passionne le sujet – on ne sait jamais – , cette précision encore, de ladite députée. «Deux arrêts de la cour d’appel d’Aix-en-Provence – celui du 28/12/1927 et celui du 12/11/1928 – disposent que la dénomination savon de Marseille (...) s’applique à un produit fabriqué avec un mélange d’huiles végétales contenant, après la fabrication, approximativement 62% à 64% d’acide gras et de résine, 8% à 8,5% d’alcalis combinés, 1,35% d’alcali libre – soude –, du chlorure de sodium et de la glycérine, 28% à 29 %d’eau».
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31/05/2011
Un ministre embarrassé?
Cela manifeste pas mal en ce moment, à Paris. Aujourd'hui, les fonctionnaires. Hier, les travailleurs sans-papiers. Dimanche (à Bastille), les «Indignés». Et samedi après-midi, par le plus grand des hasards, on a assisté à une manif sous les fenêtres d'un ministre.
Dans les jardins du Palais Royal, on était en train de somnoler paisiblement au soleil, quand, tout à coup, retentirent des exclamations. Et les vigiles du ministère de la Culture – le cabinet du ministre Frédéric Mitterrand donne sur la place – de s'agiter dans tous les sens, leur talkie-walkie crachotant. Entre les colonnes de Buren, sous l'oeil médusé des touristes, avait fait irruption une poignée d'activistes visiblement assez énervés. «Mitterrand, dans l'arêne!», «Mitterrand, dans l'arêne!» C'était... des militants anti-corrida, protestant contre l'inscription, en avril, de la tauromachie au «patrimoine culturel immatériel» français. La corrida désormais culturellement assimilée à la tarte tatin, au fest-noz breton, à la tapisserie d'Aubusson, ou aux parfumeurs de Grasse: les défenseurs des animaux sont furax.
Leurs associations revendiquent 700.000 adhérents, tous électeurs potentiellement mécontents. Elles se prévalent du soutien de «people» télégéniques, outre Brigitte Bardot évidemment: de Cabu à Cavanna en passant par Mylène Demongeot, Yves Duteil, Geneviève de Fontenay, Mgr Gaillot, Albert Jacquard ou Tomer Sisley. Et ces anti-corrida comptent bien que, cet été, ce sujet bien de saison et même en or – les enfants y compris peuvent donner leur avis – anime les discussions en famille: à la plage, au camping à l'heure de l'apéro, ou aux terrasses des bistrots.
Difficile à gérer, cette agitation, pour des politiques à moins d'un an d'une élection présidentielle? On a déjà connu Frédéric Mitterrand plus à l'aise. L'autre jour, à la radio (ici), il a assez laborieusement évoqué le sujet. Et, ce matin, sur le site web de son ministère, en tapant «corrida» sur le moteur de recherche, on n'obtenait qu'une seule réponse: «Aucun article n'a été trouvé. Merci de renouveler votre recherche»...
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29/04/2011
Une réglementation (théorique?)
La Fête du travail, dimanche. La préfecture de police de Paris vient donc de rappeler (ici) qu'était strictement réglementée la vente de muguet en rue: par les particuliers s'improvisant fleuristes d'un jour pour arrondir leurs fins de mois. Ainsi, pas question pour eux de vendre sur la voie publique à moins de 40 mètres de la boutique d'un fleuriste professionnel. Pas question non plus de proposer du muguet en pot ou en préparation florale: ils ne peuvent vendre cette fleur qu'«en l'état», pour ne pas trop concurrencer ces commerçants. «La violation de ces dispositions est passible d’une contravention de 1ère classe». Quant aux petits malins qui voudraient devancer leurs innombrables concurrents en vendant du muguet dans les rues de Paris dès samedi soir, qu'ils y réfléchissent à deux fois. Car, en dehors du jour J, «la vente du muguet sans autorisation municipale constitue une contravention de 4ème classe». Et peut valoir, outre la saisie de la marchandise, jusqu'à 6 mois de prison et 3 750 euros d’amende.
Théoriquement, en tout cas.
A cet égard, on est assez curieux de voir si, ce week-end, les forces de l'ordre vont mettre beaucoup de zèle à verbaliser les éventuels contrevenants à cette réglementation: tous ces «honnêtes pères (ou mères) de famille» (comme on dit ), qui, en ces temps si difficiles pour tant de Français, prendraient un peu leurs aises avec cette réglementation. Histoire de ramener quelques dizaines d'euros supplémentaires à la maison.
Pour le dire plus clairement: il sera intéressant de voir si ces gens vont être aussi sévèrement traités que le sont d'autres vendeurs à la sauvette. Tous ces étrangers qui, à la sortie des stations de métro, dressent des étals de fortune et proposent des fruits exotiques aux usagers de la RATP. Et qui, eux – on a déjà vu si souvent vu cela, relire par exemple ici – ne bénéficient d'aucune mansuétude de la part des policiers.
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10/01/2011
Une occasion
Un happening politico-gastronomique à grand succès médiatique, ce week-end dans les beaux quartiers de Paris. Samedi, l'écologiste Eva Joly est allée rendre visite aux «galériens du logement» du collectif «Jeudi noir». Ces militants, après avoir squatté un splendide hôtel de maître inoccupé de la place des Vosges (c'était ici) puis en avoir été expulsés après une longue saga judiciaire, ont investi cette fois un vaste immeuble de bureaux vide de l'assureur Axa, situé à un jet de pierre du palais de l'Elysée. L'eurodéputée écologiste n'est pas arrivée les mains vides chez les squatteurs. Elle leur a apporté une galette des rois, qu'ils ont dégustée tous ensemble: à la bonne franquette et sous les objectifs d'une nuée de caméras.
Une galette des rois, donc. C'est bien de saison. Nous, on n'a pas le souvenir d'en avoir jamais mangé à Paris, depuis qu'on s'y est installé. Parce que, comme toutes les pâtisseries et viennoiseries, exagérément grasses et sucrées comme chacun sait, cela n'a pas un grand intérêt nutritionnel. Et parce que les boulangers-pâtissiers parisiens ont fait un véritable business de cette tradition de l'Epiphanie, ce qui les amène à vendre ces gâteaux à des prix ridiculement prohibitifs – on l'avait d'ailleurs déjà signalé l'an dernier dans ce blog, à la même époque (ici). Mais, cet hiver, c'est peut-être l'occasion ou jamais de goûter une de ces fameuses galettes.
Puisque, cela tombe à merveille, c'est dans notre cher onzième arrondissement que l'on trouve «les meilleures galettes des rois de Paris»! L'atteste le palmarès de la dernière édition du grand concours de la meilleure galette de la région parisienne – oui, oui: cela existe. Parmi 300 candidats, le jury de l’Ecole de Paris des métiers de la table a couronné, derrière le trio de tête constitué par trois boulangers-pâtissiers de la banlieue, deux de leurs confrères établis dans notre quartier: aux boulevards Beaumarchais et Voltaire. C'est donc peut-être l'occasion ou jamais de se laisser tenter.
Les lecteurs qui habiteraient trop loin de ces boulangeries parisiennes distinguées pour pouvoir y faire un saut et/ou qui voudraient mettre la main à la pâte découvriront ici «comment réussir la galette des rois» à la française (résumons: pâte feuilletée de qualité, assez épaisse, et frangipane légère) ainsi que des liens vers les recettes de ces deux ingrédients. Bon appétit.
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07/12/2010
Un boulet
Saint Nicolas a beau souffrir en France d'un gros déficit de notoriété par rapport au Père Noël, au moment précis où on le rappelait hier midi dans ce blog, le grand saint faisait une apparition remarquée sur... les Champs-Elysées. En effet, encadré d'un Gavroche et d'une République sur des échasses, le barbu préféré des enfants sages y a distribué des cadeaux, des friandises et des clémentines. Sa distribution de présents ne s'est pas déroulée n'importe où sur «la plus belle avenue du monde»: elle a eu lieu précisément devant la célèbre brasserie du «Fouquet's». C'est dans cet établissement, faut-il le rappeler, que Nicolas Sarkozy avait fêté, un beau soir de mai 2007, son élection à l'Elysée. Trois ans plus tard, le Saint Nicolas ayant sévi hier midi sur les Champs était en fait un militant de la CGT. Par cette apparition le 6 décembre, devant le «Fouquet's», de ce saint ainsi prénommé, le syndicat communiste voulait dénoncer la «politique inégalitaire» d'un chef de l'Etat qui, selon lui, «prend aux pauvres pour donner aux riches».
Juste deux remarques.
Sur la forme et pour l'anecdote, la CGT devrait revoir ses classiques du folklore enfantin. Un Saint Nicolas qui distribue des friandises mais pas de massepain/de pâte d'amandes, ce n'est pas crédible. Et manquait, au saint patron des «enfants sages», son indispensable acolyte: le Père Fouettard/Zwarte Piet, qui lui châtie les enfants «pas sages» – à propos, notez la lourde symbolique raciale de cette tradition: le méchant est un Noir...
Sur le fond, et s'agissant de Nicolas Sarkozy, on peut donc constater que 41 mois plus tard, ses agapes de mai 2007 au «Fouquet's» lui collent toujours à la peau. Comme le sparadrap au doigt du capitaine Haddock d'Hergé. L'hôte de l'Elysée va-t-il donc traîner ce boulet symbolique jusqu'en 2012? Deux choses sont sûres, en tout cas. Un: à l'époque, le choix de ce restaurant, si connoté sociologiquement, pour fêter son triomphe électoral constitua une erreur de communication de débutant dans le chef d'un responsable politique pourtant obsédé par son image et entouré en permanence de communicants chevronnés. Mais c'est enfoncer des portes ouvertes que de le souligner: sans doute l'intéressé y compris n'en disconvient pas. Deux: si en 2012 Nicolas Sarkozy brigue un second mandat et est réélu, probablement n'ira-t-il pas arroser cela avec ses potes au «Fouquet's». Mais quel établissement parisien l'éventuel Président réélu choisirait-t-il? Les paris gastronomico-politiques sont ouverts.
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06/12/2010
Une futilité
Saint Nicolas: c'est un sujet complètement futile, mais, parfois en France, même les sujets les plus dérisoires donnent lieu à controverses. Et c'est le cas en ce moment avec ce vénérable vieillard barbu qui, chaque 6 décembre, débarque dans les chaumières avec sa hotte remplie de cadeaux et de friandises. Il n'est que peu fêté dans l'Hexagone, qui lui préfère le Père Noël. A l'exception toutefois des zones frontalières avec le plat pays (Nord-Pas de Calais, etc.) ou de régions comme la Picardie, l'Alsace ou la Lorraine, qui eux aussi, ce lundi, mettent les «enfants sages» à l'honneur. Et c'est précisément dans ces deux dernières régions que l'affaire fait débat.
En effet, les villes lorraines de Nancy et St-Nicolas de Port ont, l'été dernier, déposé la marque Saint Nicolas à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). Objectif? Se «prémunir des petits malins qui auraient eu l'idée de déposer cette marque à notre place et qui auraient pu attaquer les produits utilisant des appellations comme «marché de Saint Nicolas» ou «pain d'épices de Saint Nicolas», que nos artisans locaux commercialisent à cette époque de l'année». Problème? Dans le département du Haut-Rhin (Alsace), se déroulent chaque début décembre une trentaine de marchés, foires et autres fêtes de la Saint Nicolas. Les Alsaciens craignent donc que les Lorrains obtiennent de facto le monopole de la Saint Nicolas et en arrivent à accuser de contrefaçons les festivités et produits gastronomiques sur le même thème émanant d'autres départements. La chose est futile? Non, elle est sérieuse visiblement, puisque le député (UMP) local menace rien moins que de saisir la justice si, d'ici à février, la Lorraine ne fait pas marche arrière à l'INPI. Un recours a d'ores et déjà été préparé devant le tribunal de Nancy.
Ce week-end, les médias français ont énormément tartiné sur cette affaire (ici, par exemple). Comme si eux-mêmes étaient étonnés qu'une telle futilité folklorique puisse dégénérer en guerre ouverte entre deux départements. Apparemment, rien n'est jamais simple en France, y compris en ce qui concerne les sujets a priori les plus innocents.
12:39 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : folklore, art de vivre, gastronomie, belgique, economie, justice
03/12/2010
Une boutique épatante
Reparlons aujourd'hui du PS, qu'on évoquait hier, mais sur un mode infiniment plus léger – pour bien terminer la semaine. Ces jours-ci, période de shopping de Noël oblige, le parti de Martine Aubry a annoncé l'ouverture de sa nouvelle boutique en ligne. On s'y est évidemment précipité, et on y a découvert des tas de choses épatantes.
Ainsi, au rayon «La gamme militante», cet assortiment de 100 ballons de baudruche multicolores, «pour toutes les manifestations socialistes». Ou ce «fanion plastifié PS»: «indispensable pour une meilleure visibilité». Ce ravissant «parasol PS avec socle», aussi: «pour les marchés, les rassemblements». Surtout, ce renversant «clap-clap applaudisseur»: «Faites-vous entendre, applaudisseur, je suis aussi une pancarte 680 mm x 310 mm».
Nos deux articles préférés, toutefois, sont sans conteste ce lot de préservatifs masculins sur la pochette desquels figure ce slogan essentiel: «Il ne peut y avoir révolution que là où il y a conscience». Au moment du passage à l'acte, cela doit motiver. Ainsi que, repéré au rayon appelé «La boîte à bidules», ce mug orné du slogan «What would Jaurès do?»: «à collectionner et à utiliser! Matière porcelaine 10 cm x 8 cm Haute résistance lave vaisselle et micro-onde, contenu: 25 cl. Livré dans sa boîte individuelle. Fabriqué en Europe». 12 euros le mug militant, tout de même. Mais on peut l'assortir avec un «tee-shirt à message» garni du même slogan. Blanc ou noir, «100% coton bio», oui madame. Cela doit donner envie de changer le monde que de prendre son petit-déj' avec, face à soi, le/la/ militant(e) de sa vie en train de boire son café dans un tel mug et arborant un tel tee-shirt en guise de pyjama.
Mais désolons illico nos lecteurs bien bâtis en précisant que le modèle «homme XXXXXL» (bigre) n'est déjà plus disponible. Sans doute, en ces temps de rivalités croissantes entre camarades présidentiables, ces tee-shirts ont-ils déjà tous été achetés par les gros bras du service d'ordre du PS.
11:52 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, activisme, folklore, aubry
30/11/2010
Une collision
Chaque hiver à Paris, c'est la même chose. Une coïncidence de dates qui fait se côtoyer l'événement le plus clinquant et l'actualité la plus sombre. Qui fait entrer en collision la vie à Paris dans ce qu'elle a de plus glamour et futile avec son aspect le plus glauque et déprimant. Cette année à nouveau, on n'a pas échappé à cette pénible collision.D'un côté donc, ces derniers jours, on a eu droit aux inévitables lancements des festivités de fin d'année. Histoire que Paris mérite plus que jamais son titre de Ville lumière, le maire Bertrand Delanoë a sacrifié à la tradition des inaugurations des illuminations de Noël, en compagnie de star(lette)s et sous l'oeil ravi d'une nuée de caméras. Le Parisien moyen est prié de s'extasier, car «pour le plaisir des yeux, ce sont plus de 125 rues et places de la capitale, dont la Concorde et l'avenue des Champs-Elysées, qui vont briller de mille feux». Sans oublier tout le reste, mis à contribution pour célébrer «la féerie de Noël», selon l'expression consacrée: «patinoire de l'Hôtel de Ville, ski, tyrolienne et sports de glisse au stade Charléty, illuminations des rues de la capitale, manèges de chevaux de bois, marchés de Noël, vitrines animées des grands magasins», etc., etc. Ouvrons les mirettes donc, et admirons.
D'un autre côté, la même semaine, l'annonce par la mairie de Paris du lancement de son Plan Grand Froid: «6 gymnases et 5 mairies mobilisables, des maraudes renforcées et des centres d'hébergement sur le pied de guerre» pour accueillir tous les miséreux qui, Noël ou pas, peuplent la capitale. Avec, ici aussi, les services de com' qui font passer les «éléments de langage», comme on dit, aux médias: «La mise à l’abri ne suffit pas. Il faut aider les personnes à sortir de la rue», etc., etc.
Tout cela n'empêche pas les plus pauvres de continuer à tomber comme des mouches, illuminations de Noël ou pas. Hier soir encore, devant une sortie de secours d'un centre commercial à Ivry, en banlieue de Paris, a été découvert le corps sans vie d'un SDF de 78 ans. Ce n'est évidemment pas le dernier de l'hiver. Et, depuis quelques jours, dans notre onzième arrondissement, au coin de l'immeuble de bureaux du boulevard Richard Lenoir occupé notamment par l'antenne parisienne de «La Libre», un nouveau mini-campement de SDF s'est installé, sous l'abri d'un toit de terrasse en surplomb. Ils donnent l'impression d'avoir voulu y reconstituer une maison. Il y a là deux canapés, une petite table de nuit, un réchaud pour cuisiner, et toujours beaucoup d'animation. Les habitants du voisinage n'y font déjà plus attention. Il est vrai que, bientôt, notre boulevard va «briller de mille feux». Ce sera assurément merveilleux.12:09 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, folklore, tourisme, social, pauvreté
29/09/2010
Une lourdeur
Cocorico. La France est championne du monde. La Polynésie, en effet, vient de battre le record du monde... du plus long collier de fleurs, trophée qui était jusqu'alors détenu par les îles Hawaï. C'est un collier de 160.000 fleurs de tiaré, long de 2.695 mètres, qui a permis à la Polynésie de l'emporter. Ce matin, en entendant cette nouvelle à la radio, on s'est dit que son infinie légèreté contrastait très agréablement avec la lourdeur du climat actuel.
Lourdeur de la litanie des infos pénibles. Hier encore, l'Insee a chiffré (ici) à 13 % la part de la population française vivant sous le seuil de pauvreté – ce qui fait au bas mot 7,8 millions de personnes. Parmi elles, nombre de familles monoparentales, 30 % des familles de ce type étant considérées comme pauvres. Rien de grave ni d'intéressant puisque, d'année en année, le nombre de pauvres reste globalement stable en France. C'est ce qu'assuraient hier soir, sur France 3, quelques beaux esprits très satisfaits, discourant dans le talk-show de Frédéric Taddéi – qui, décidément, certains soirs, devrait soigner davantage la composition de ses plateaux.
Lourdeur aussi de la manière dont certains à Paris tournent en dérision le climat d'alerte antiterroriste actuel. On se l'est dit hier soir encore, en prenant le métro à l'heure de sortie des bureaux. Une fois de plus, que ce soit sur la ligne 5, la 10 ou la 13, les rames étaient pareillement et insupportablement bondées. Sur le quai d'une station, énervés de ne pouvoir entrer dans le wagon vu la foule qui s'y trouvait déjà, deux jeunes passablement alcoolisés – molosses au pied et canettes de bière en main – tentent de faire sortir des gens en hurlant: «Alerte à la bombe, messieurs-dames! Tout le monde descend!» Silence de mort dans la rame. Personne ne bouge: annoncée par de tels olibrius, la dite alerte n'est évidemment pas crédible. La blague n'a fait rire personne. A la même heure à l'autre bout de Paris, des gens à l'humour aussi lourd faisaient une fois de plus évacuer pour rien la tour Eiffel de ses milliers de touristes, en annonçant faussement aux autorités la présence d'un colis piégé.
11:39 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, transports, paris, social, pauvreté, folklore, télévision
16/06/2010
Un usage (variable)
Pour parler d'autre chose que du sujet du jour en France (la réforme des retraites), dossier tout de même peu glamour, on se penche aujourd'hui sur les relations, protocolaires notamment, entre les grands de ce monde. Car, il y a peu, Nicolas Sarkozy a créé un certain émoi dans... notre petit bureau de journalistes étrangers en poste à Paris. Dans la pièce d'à-côté, en effet, notre homologue et néanmoins ami du quotidien britannique «The Daily Telegraph» a failli tomber de sa chaise.
Lorsqu'il a pris connaissance du texte de la lettre adressée par le Président français à la reine Elisabeth II, à l'occasion de la profanation de tombes du cimetière militaire de Loos-en-Gohelle (Pas de Calais), où reposent des soldats britanniques et canadiens. Si Nicolas Sarkozy concluait en assurant la souveraine britannique de «l'expression de (sa) très haute considération» et de son «profond respect», il débutait sa missive par un très laconique «Madame». Selon notre confrère, sans que ce «Madame» constitue à proprement parler un crime de lèse-majesté, l'utilisation de la formule «Votre majesté», voire «Votre gracieuse majesté», aurait été plus convenable. Après y avoir songé, «The Daily Telegraph», toutefois, n'a pas fait écho à cette familiarité sarkozyste. Sans doute s'est-il souvenu que Tony Blair, du temps où il était Premier ministre, embarrassait régulièrement le protocole français en tutoyant le Président Chirac y compris dans les occasions les plus officielles...
L'Elysée, cela dit, manifestement fait un usage à géométrie variable de ces convenances protocolaires: à l'occasion, elle sait y mettre les formes et utiliser les titres officiels les plus ronflants à l'égard de ses invités. Le rappelle aujourd'hui même l'agenda officiel de Nicolas Sarkozy, qui indique qu'à 17h30, il s'entrediendra avec rien moins que «Sa Béatitude Eminentissime Mar Nasrallah Boutros Cardinal Sfeir, Patriarche Maronite d'Antioche et de Tout l'Orient». Si chic.
10:53 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, international, folklore
14/05/2010
Une apparition
Une disparition. On a beaucoup parlé d'une disparition ces dernières vingt-quatre heures à Paris. De la disparition des centaines de cadenas que, depuis des mois, des couples d'amoureux du monde entier avaient pris l'habitude de venir accrocher aux rambardes du Pont des Arts. Les clés de ces cadenas jetées dans les flots de la Seine, ces amours ainsi cadenassés étaient supposés demeurer éternels. Qui donc a osé commettre ce crime de lèse-romantisme? La mairie avait fait savoir, dernièrement, qu'elle n'était pas trop d'accord avec ce cadenassage jugé peu respectueux du patrimoine. Mais elle a vigoureusement démenti avoir été à l'origine de cet enlèvement, qui n'a pas davantage été revendiqué par la préfecture de police. Le mystère reste donc entier, sur le Pont des Arts.
Parlant d'amour, on a moins été intéressé par cette disparition que par une apparition. Une apparition sur le marché français en tout cas, où, mais peut-être cela nous avait-il échappé, on n'avait jamais entendu parler de cela auparavant. Un produit qui s'adresse aux «amoureux du monde entier» et donc aux Français aussi, qui vivent sur leur réputation (justifiée?) de meilleurs amants du monde.
C'est le journal gratuit 20 Minutes qui a débusqué ce concept (ici) en marge de la «Quinzaine du commerce équitable», qui bat son plein en ce moment à Paris. Ce sont des... préservatifs équitables! Ils sont baptisés «French letter», par allusion sans doute au fameux «french kiss». «Fabriqués à partir de latex équitable issu de plantations certifiées FSC (Forestry Stewardship Council) qui garantit une gestion raisonnée des exploitations», ces préservatifs, en outre, ne contiennent «aucun ingrédient d’origine animale et sont donc adaptés aux végétariens». Mais «c’est pas une raison pour les manger», croient bon de préciser les confrères ha ha ha.
Des préservatifs équitables. On aura décidément tout vu, dans ce monde ecolo friendly dans lequel nous vivons désormais. Le slogan de la société britannique qui commercialise cette invention décoiffante? «Make love, not wage slaves». Ou, encore mieux: «Free love, fair trade & safe sex». Qui sait un bon programme pour ce mois de mai si automnal qui, à Paris aussi, donnerait plutôt envie de rester sous la couette.
11:33 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art de vivre, environnement, santé, folklore, paris
18/03/2010
Une nébuleuse
A chaque élection, cela ne rate pas: une kyrielle de petits partis tentent de séduire l’électorat censé déçu par les formations traditionnelles. Ces élections régionales n’échappent pas à la règle. Mais dimanche, cette nébuleuse politique alternative n’a pas du tout mobilisé l’électorat. Ainsi, l’«Alliance écologiste indépendante», écologistes de droite menés par des people comme le chanteur Francis Lalanne ou l’ex-M.Météo Patrice Drevet, n’a récolté au premier tour que 40.000 voix en région parisienne, soit 1,4% des 3 millions de votants. Fiasco encore pire pour «Emergence», la «liste aux couleurs de la France des banlieues», issue du milieu associatif des «quartiers» comme on dit, et qui voulait remplacer «le disque rayé de la démocratie»: 12.000 voix, 0,4% de l’électorat.
A Paris dimanche, les électeurs pouvaient aussi voter pour une liste… anti-avortement. Cette «Liste chrétienne» revendiquait le soutien d’une association militante baptisée d’un acronyme qui en dit long: AMEN, comme «Arrêtons le massacre des enfants à naître». Pendant la campagne, les candidats de cette liste avaient été dénoncés comme étant «des fous de Dieu» par le Front de gauche. Mais, alors que la France vient de fêter le trente-cinquième anniversaire du vote de la loi Veil ayant, en 1975, dépénalisé l’IVG, ces «fous de Dieu» ont fait un flop: 24.000 voix en région parisienne, soit 0,8% de l’électorat.
Tiens, dans la même mouvance idéologique, ces derniers jours dans le onzième arrondissement, «Les Volontaires du Roi» ont collé des stickers dans les rues de notre quartier. Ces «Volontaires» fleurdelysés sont le «Groupe d’Action Royaliste». Eux n’étaient pas candidats aux élections régionales. On ne saura donc pas combien de Français prônent, comme eux, l'abolition d’«un système politique décadent», la montée sur le trône de «l'héritier légitime de la couronne de France» (le «prince Jean de France, duc de Vendome»), l'«abrogation du regroupement familial, la restriction drastique du droit d’asile, la récupération du contrôle de nos frontières», etc. Sans oublier: «débarrasser le débat éducatif des idéologies pernicieuses», en particulier de «l’idéologie dite soixante-huitarde» -- sur ce dernier point au moins, Nicolas Sarkozy en personne applaudira.
Dommage, dans un sens, que ces «Volontaires du Roi» n’aient pas été candidats aux élections: on aurait pu voir si les royalistes de France sont, ou non, aussi groupusculaires que les républicains de Belgique, qui prônent le rattachement de la Wallonie à la France.
11:29 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : elections régionales, paris, folklore, femmes, belgique



