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06/10/2015

Une cause pas si désespérée

Sainte Rita, patronne des causes désespérées, dit-on. Et bien non: pas si désespérées que cela, semble-t-il.

Pour preuve, la petite église qui, à Paris, est dédiée à cette sainte. Située dans le quinzième arrondissement, elle est fameuse pour les célébrations religieuses bien particulières qui s'y déroulent. Des bénédictions... d'animaux. Des milliers de chats, de chiens, de perruches et d'autres animaux de compagnie – un jour, on y vit même... un chameau – ont déjà été bénis à Sainte Rita. Qui, en plus, hier, a miraculeusement échappé à la démolition.

Elle fait l'objet d'un permis de démolir, au profit d'un immeuble de logements sociaux et d'un parking. Les travaux devaient commencer lundi. C'était compter sans la détermination des opposants à ce projet. Bien déterminés à «faire barrage de leurs corps» aux démolisseurs, ils ont réussi à leur faire rebrousser chemin. Finalement, le sort de la paroisse se jouera au tribunal.

Le plus comique était de voir, parmi ces manifestants, des élus de la droite sarkozyste parisienne. Membres, donc, d'un parti qui est toujours très prompt à condamner les trublions et autres sauvageons, mais qui, là, jouaient les gros bras. Bombant leur torse fièrement ceint de l'écharpe tricolore, ils promettaient, devant une nuée de caméras, d'aller jusqu'à s'opposer physiquement aux démolisseurs, s'ils osaient pénétrer dans l'église.

L'histoire ne dit pas si ces activistes si atypiques étaient prêts à aller jusqu'à arracher leurs chemises à ces pauvres ouvriers, comme à de vulgaires hauts dirigeants d'Air France, s'ils avaient tenté de forcer le passage.

14/07/2015

Un apanage assez récent

Le kaki et le bleu marine plus que jamais couleurs dominantes, à Paris ce 14 juillet. Dans le défilé militaire bien sûr, mais aussi dans le dispositif de sécurité qui l'entoure – vu le contexte d'alerte anti-terroriste. Pas moins de 11.200 membres des forces de l'ordre sont mobilisés pour assurer la sécurité sur la voie publique. Rien que le long du parcours du défilé, 3000 policiers vont veiller au grain, dont bon nombre d'agents en civil. Sans compter que, pour contenir la foule, encadrer ses allées et venues et empêcher les stationnements de véhicules, 10.000 barrières métalliques, carrément, ont été déployées. Soit l'équivalent d'une longueur totale de «près de 25 kilomètres», a calculé la préfecture de police de Paris.

C'est donc peu dire que, ce mardi, on ne va pas déambuler où et quand on veut, sur les Champs et à leurs alentours.

Une artère que le grand public associe d'office à cette "kaki pride" estivale annuelle, or, pour la petite histoire, elle n'a pas toujours eu l'apanage de ce défilé.

Ce n'est même que depuis l'année 1980 que celui-ci se déroule systématiquement sur la «plus belle avenue du monde». De 1974 à 1979, en revanche, sous le septennat Giscard donc, le lieu de célébration de la parade militaire a varié. Les Parisiens eurent ainsi droit à des défilés de 14 juillet au Cours de Vincennes (1975), à l'École militaire (1977), et même sur l'axe majeur de notre bon vieux onzième arrondissement, pourtant à l'origine – il y a vraiment très longtemps – une terre de gauche pas rarement antimilitariste. Ainsi, en 1974, le défilé se déroula entre Bastille et République. Et, en 1979, dans le sens inverse, il partit de "Répu" pour aboutir à Bastille.

François Hollande, lui, en matière de défilé du 14 juillet, reste donc les deux pieds bien plantés dans la tradition post-giscardienne – n'en déplaise à son grand slogan de campagne de 2012 («Le changement, c'est maintenant»).

13/07/2015

Une précaution, élémentaire

«Il ne s’agit pas d’un défilé au rabais». C'est ce que dit et répète en boucle, depuis des jours, le ministère de la Défense. A propos du défilé militaire de fête nationale, demain sur les Champs-Elysées. Cette "kaki pride" sera plus courte (d'un quart d'heure) que les éditions précédentes. Sa phase motorisée sera «quelque peu raccourcie» (25 à 30% en moins). Certains fleurons de l'équipement militaire tricolore (les chars de combat AMX Leclerc, par exemple) brilleront par leur absence. Et les «présentations publiques» du matériel à la population, menées habituellement dans l’après-midi et «prolongeant le lien armée-Nation», n’auront pas lieu.

C'est «la conséquence de l’engagement actuellement très intense des militaires», sur le terrain et en France même: l'opération "Sentinelle", en cours depuis les attentats de janvier. C'est aussi dû au degré d'alerte et de vigilance anti-terroriste: à son niveau maximum en ce moment, en région parisienne notamment. Nul besoin de prendre encore des risques supplémentaires, en faisant s'éterniser les rassemblements de foule sur la voie publique.

Défense, Armée, Institutions, Folklore, HistoireEn termes de risques, après un long bras de fer, il a été décidé de ne pas en faire courir aux invités d'honneur de ce défilé: les trois forces de réaction aux attentats (GIGN, Raid et BRI), qui s'illustrèrent en janvier.

Elles insistaient pour que leurs membres défilent cagoulés, afin que leur anonymat soit protégé. Mais, en termes de symbole, cela paraissait un peu difficile. Un compromis a donc été trouvé. Ces unités d'élite défileront coiffées de leurs casques avec visières de protection, ce qui rend leurs membres difficilement reconnaissables. Et l'on peut imaginer que des instructions ont été données en haut lieu aux réalisateurs de télé qui filmeront le défilé, pour qu'ils ne zooment pas sur les intéressés.

On doit cette prudence à un précédent mémorable, qui remonte à plus de dix ans. Il avait suivi le plus haut fait d'armes du GIGN.

A savoir, en décembre 1994, sur le tarmac de l'aéroport de Marignane (Marseille), l'assaut donné au commando du GIA algérien qui s'était emparé de l'Airbus Air France assurant la liaison Paris-Alger. Après cette mission réussie, les membres du GIGN avaient été reçus en grandes pompes à l'Elysée, et les médias les avaient amplement photographiés, dans les salons comme sur le perron du palais présidentiel. Ces clichés, plus tard, avaient été découverts, placardés aux murs d'une cellule islamiste qui avait été démantelée. Et certaines de ces photos étaient même assorties de la mention de l'identité et d'adresse des intéressés, que les islamistes étaient parvenus à retrouver sur base des photos des visages. Ce qui avait évidemment fait de ces hommes des cibles potentielles toutes désignées.

24/12/2014

Un paradoxe culinaire

art de vivre,gastronomie,folkloreUn sujet sur un mets bien de saison, pour aborder comme il se doit le réveillon. Près d'un Français sur deux (47%) serait donc favorable à l'interdiction du gavage des canards et des oies, dans la production de foie gras. C'est ce qu'a assuré, cette semaine, un sondage très médiatisé. Les femmes (56%) et les jeunes (51%) seraient même majoritairement favorables à une telle interdiction. Et près d'un sondé sur trois (29%) refuserait d’acheter du foie gras pour des raisons éthiques, liées à la souffrance animale.

Grand bien leur fasse. Sauf que...

Sauf que les résultats de ce sondage sont tout de même peu compatibles avec d'autres études sur le même thème, qui ont été publiées auparavant.

Ainsi, ces données faisant état () de ce que 63,2% des Français compteraient manger du foie gras en entrée au repas de Noël, loin devant le saumon (43,9%) ou les huîtres (33,9%). La part d'amateurs de palmipèdes monterait même à 80%, selon d'autres sources (ici). A les en croire, ce mets serait très largement considéré par la population comme «festif» (96%) et «de bon goût» (94%). Ajoutons que le leader du marché français du foie gras, le groupe Labeyrie, a tablé cette semaine sur une progression de 5% de ses ventes de ce produit. “Il semble que cette année, les Français aient décidé de ne pas se priver de foie gras”, s'est réjoui, en écho, son concurrent et n°2 du secteur, le groupe Delpeyrat.

Bref, sur ce sujet délicat du foie gras, les Français – sondeurs ou sondés – donnent l'impression de dire à peu près tout et n'importe quoi.

Cela ne devrait probablement pas leur couper l'appétit.

04/06/2014

«Un nouveau territoire»

C'est un hasard de l'actualité, mais il ne tombe pas mal. En ces jours où toute la France se passionne pour les identités régionales – à la faveur du fameux projet de redécoupage de l'Hexagone des Régions, qu'a esquissé François Hollande hier. Ce soir, la maire de Paris lance les premiers noms de domaine en .paris. Et elle n'est pas peu fière que la «Ville lumière» soit «l’une des toutes premières capitales au monde à pouvoir créer des adresses internet à son nom, dans le cadre d’un processus lancé en 2012 par l’ICANN». Les «pionniers» qui seront les premiers à disposer d'un site web dont l'adresse s'achève par un .paris «deviendront les ambassadeurs de Paris et participeront avec la Ville à la construction de ce nouveau territoire numérique» de demain.

Pourquoi pas. Mais l'identité régionale vaut-elle également pour une ville qui est si cosmopolite et mondialisée? Les Parisiens ont ils, eux aussi, le sens du terroir? Autant que les Auvergnats, les Bretons ou les Bourguignons? Alors que la majorité des habitants de la capitale ne sont pas des Parisiens de souche (issus de générations entières ayant vécu sans discontinuer dans cette ville), mais des ex-immigrés venus d'autres Régions – et qui, d'ailleurs, prennent souvent soin d'entretenir leurs racines non-parisiennes. On verra cela, notamment à l'aune du succès – ou pas – de ce nouveau nom de domaine si fièrement parigot.

En tout cas, le projet paraît moins passéiste et régionalo-franchouillard que celui qu'a réaffirmé hier, avec force, l'ineffable Geneviève de Fontenay qui, décidément, n'en rate pas une (relire ). Interrogée sur la nouvelle carte de France redessinée par François Hollande, la dame au chapeau a protesté. «Les gens sont attachés à leurs racines! Pourquoi il y a tant de monde qui veut venir en France? Parce que, justement, on a notre folklore, notre terroir, notre tradition. Nous, en tout cas, on continuera à faire des Miss Quercy, des Miss Centre-Val de Loire, des Miss Artois: ce qui fait la France!»

On n'est pas sûr que ce soit une très bonne nouvelle pour les femmes modernes, du Quercy et d'ailleurs.

04/02/2014

Une tradition, en péril?

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacCe mardi, François Hollande présente un grand plan anti-cancer. A deux mois des élections municipales, l'on peut a priori douter que ce plan s'attaque frontalement au lobby du tabac, à la corporation des buralistes, et à l'électorat fumeur. En revanche, s'agissant d'une autre assuétude, l'alcool, les autorités semblent moins timorées. En témoigne le dernier plan gouvernemental en date, visant à combattre «les drogues et les conduites addictives». Ce plan, présenté fin janvier, est passé assez inaperçu médiatiquement, alors qu'il contient quelques mesures très symboliques.

Ainsi, cette ambition affichée de lutter contre l'alcool au bureau. Qui, à terme, pourrait menacer une tradition bien française: celle du pot entre collègues (pot de départ à la retraite, etc.). Le plan prévoit de modifier l'article du Code du travail relatif à l’alcool en milieu professionnel. Cette modification viserait à «permettre aux entreprises de mettre en place, via le règlement intérieur, des mesures de limitation de consommation de boissons alcoolisées».

Actuellement, cet article du Code se limite à stipuler qu'«aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail». Dès lors, y sont théoriquement illégaux les habituels pots d'entreprise autour d'un (mauvais) mousseux, et encore plus les pots de fin d'année où, pas rarement, sont servis des alcools forts. Demain, donc, on pourrait serrer la vis, à la fois dans les textes et dans la pratique. Et, in fine, en arriver à ne plus tolérer la moindre goutte d'alcool sur le lieu de travail, y compris lors des festivités conviviales? On a quelques doutes.

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacAuquel cas, cela ne remontererait pas le moral des Français – moral si bas, en ce moment: on l'écrivait hier. Puisque, c'est bien connu, faire la fête permet d'oublier (un peu).

Mais au moins cela ferait-il le bonheur des tenanciers de bistrots, lieux où migreraient illico toutes les fêtes de bureau.

16/01/2014

Une coïncidence, pas flatteuse

On est là, bien sûr, dans un registre très anecdotique: celui du folklore à vocation touristique. Mais c'est une coïncidence de deux annonces, tombées quasi au même moment hier, qui n'est pas forcément valorisante, pour la France et pour Paris.

La première annonce: la confirmation (, par exemple) que le Musée Grévin va bientôt honorer, par une statue de cire à son effigie, l'animateur de télé Patrick Sébastien. La seconde: son homologue à Rome, le Museo delle Cere, a choisi, lui, de rendre hommage au Sud-Africain Nelson Mandela, qui s'apprête donc à rejoindre sa galerie de personnalités statufiées.

Certes, il en faut pour tous les goûts. Mais, tout de même: on a donc, mis en valeur, d'un côté un bienfaiteur de l'humanité, et de l'autre le symbole du comique troupier télévisé.

Vive l'exception culturelle française.

13/07/2012

Une première, depuis si longtemps

Le premier 14 juillet de François Hollande, demain. Mine de rien, cela faisait vraiment longtemps qu'un socialiste n'avait plus trôné comme le «Président normal» le fera demain  à la place d'honneur de la tribune présidentielle installée sur les Champs-Elysées, devant laquelle passera le traditionnel défilé militaire de fête nationale. Cela faisait exactement... 18 ans. Puisque la dernière fois que cela s'était produit, c'était le 14 juillet 1994: l'ultime défilé qu'avait présidé François Mitterrand.

Beaucoup plus habituel, et même très terre-à-terre: demain, comme chaque 14 juillet et comme ce sera le cas pour tant d'autres Parisiens, on va être prématurément tiré du lit. Par un vacarme. Celui produit dans le ciel par le ballet incessant des avions de chasse, gros transporteurs ou autres hélicoptères de combat cheminant vers les Champs-Elysées et/ou en revenant. Pour ce faire, cette énorme flotte doit survoler une bonne partie de la capitale – dont notre quartier Bastille, en tout cas.

Dans le même registre, anecdotique, cette «kaki pride», vu la foule populaire qu'elle va déplacer, nécessitera le déploiement de plus de 3000 policiers et militaires: pour sécuriser les lieux. Les amateurs de chiffres seront ravis d'apprendre que 12,5 kilomètres de voies de circulation devront, dans la capitale, être neutralisées pour l'occasion. La préfecture de police de Paris l'a précisé, hier: cela nécessitera le déploiement très précisément de 9 130 barrières métalliques, «soit 22,8 kilomètres, représentant en poids quelque 21 tonnes».

05/07/2012

Une ambiance de potaches

Ces cinq prochaines années à l'Assemblée nationale, la droite sera aussi pugnace, frondeuse voire chahuteuse que l'a été la gauche entre 2002 et 2012: ces dix années pendant lesquelles ses députés siégèrent sur les bancs de l'opposition. On a eu un aperçu de cet état d'esprit vindicatif dès mardi, à l'occasion de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Le spectacle fut bien plus souvent dans l'hémicycle qu'à la tribune – la sobriété de Jean-Marc Ayrault ayant rendu son discours passablement terne. Le compte-rendu officiel de cette séance (ici), plutôt drôle, dépeint assez bien cette ambiance de potaches.

«Bla-bla-bla!», «C’est pathétique!», «Lamentable!», «On rêve!», «Quelle honte!», «Baratin!» Dès les premières phrases prononcées par le chef du gouvernement, ces interpellations fusèrent, des bancs de la droite. Elles furent suivies d'une kyrielle d'autres, tout au long de la bonne heure et demie que dura l'allocution du Premier ministre. «C’est creux!», «N’importe quoi!», «Ben voyons!», «Démago!», et ainsi de suite. On eut même droit à un «Irresponsables!», à un «C’est pitoyable!», et à un «Ça suffit! C’est minable!»

Si l'ensemble de session parlementaire est de cet acabit, au moins l'ambiance sera au rendez-vous au Palais Bourbon, jusqu'en 2017.

02/07/2012

Un chiffre, une ouverture, une allégresse

Hollande, Gouvernement, Folklore, Institutions, Langue françaiseUne allégresse très perceptible samedi, dans Paris. Parmi les dizaines de milliers de participants à la Pride – la «Marche des fiertés», dit-on désormais. Or, par contraste, ces dernières années particulièrement, dans ce cortège, l'humeur dominante n'était pas rarement à la rancoeur et à l'acrimonie: à l'égard du pouvoir en place. Cet été, en revanche, nombre de participants affichaient – en sticker, en badge, etc. – le chiffre à l'origine de leur contentement.

31. Comme le 31ème des 60 engagements de l'ex-candidat devenu Président, François Hollande. Cette 31ème promesse prévoit l'ouverture à tous les couples du mariage et de la parentalité. L'égalité des droits, donc. Le «mariage homosexuel», autrement dit, pour employer une expression usuelle, mais si incongrue –lire ici.

C'était assez drôle à voir: cette allégresse collective a plus énervé que jamais la poignée de militants d'extrême droite qui, chaque année, tentent de perturber la Marche: barricadés derrière les grilles de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, la paroisse des traditionalistes catholiques, dans le cinquième arrondissement, devant laquelle passent chaque année les marcheurs. Cet été, sous la protection d'innombrables CRS, ils ont vociféré de plus belle leurs quolibets homophobes. Mais sont passés largement inaperçus, dans la liesse ambiante. Et ne sont jamais parvenus à gâcher l'ambiance.

11/05/2012

Un (autre) Président

La chose est passée complètement inaperçue, donc parlons-en. Le week-end dernier, a été élu en France un Président de la République qui… n’est pas François Hollande. Il  a même été élu, lui, à la quasi-unanimité. Et a désormais la lourde tâche de faire appliquer la devise de sa République: «Faire le bien dans la joie». Ce Président-là se dénomme Alain Coquard. Samedi dernier, il a été plébiscité par 190 votants de… la République de Montmartre.

 

Ils sont près de 4000 Parisiens à se revendiquer «républicains montmartrois», d’adresse ou de cœur. Cette République, fondée en 1921, compte ses citoyens d’honneur, ses ambassadeurs «dans le monde entier», ainsi qu’«un gouvernement où siègent des ministres de la Nuit, de l’Agriculture, du Gai Paris ou de l’Œnologie». Dans cet Etat, «les Présidents changent, jamais les programmes. Citoyens et ministres organisent des fêtes, collectent des dons pour des associations et l’enfance défavorisée, rigolent au restaurant et, au passage, maintiennent vivant l’esprit de leur Butte». Cela passe notamment par des traditions. «Au 1er mai, la fausse République, belle joueuse, offre un brin de muguet au vrai maire de Paris. Et, à l’automne, l’institution tout entière défile et fête les vendanges, attirant au passage quelque 500.000 visiteurs».

 

C’était la note folklorique de la semaine. Après tant de semaines où ce blog n’a traité que des sujets si austères, autre élection présidentielle oblige.

 

Si vous voulez faire connaissance avec cette République-là, et en même temps avec un petit bout de l’Histoire typique de Paris, c’est ici.

31/10/2011

Une manifestation

On est tombé sur eux complètement par hasard. Samedi soir, dans le quartier de l’Opéra. On les a entendus avant de les voir, en fait: quand, couvrant les bruits du trafic et des rues bondées, ont résonné… des cantiques, puis des «Notre Père».

 

C’était une manifestation de catholiques traditionnalistes. Cela valait le coup d’œil. En tête du cortège, un prêtre en soutane brandissait un gigantesque crucifix en bois. Derrière la banderole de tête  («La France est chrétienne et doit le rester»), quelques centaines de personnes – beaucoup de vieux, mais aussi beaucoup de très jeunes – scandaient des slogans tels «France, Jeunesse, Chrétienté!» ou «Christianophobie, ça suffit!». Et une forêt de bannières du Sacré cœur.

 

Depuis dix jours, au Théâtre de la Ville, place du Châtelet, ces catholiques traditionnalistes, chaque soir, perturbent les représentations d’un spectacle qu’ils jugent blasphématoire. Dans leur cortège, samedi, probablement figuraient aussi ces quelques jeunes qui, fin juin, avaient fait de la provoc’ à la Gay Pride: retranchés, sous forte protection policière, derrière les grilles de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, l'église des intégristes de Mgr Lefebvre, ils avaient hurlé, pendant toute l'après-midi, «Nous sommes tous des enfants d’hétéros!». Sans doute dans ce cortège trouvait-on aussi les organisateurs des fameux apéros géants saucisson-pinard qui défrayèrent la chronique, l’été dernier. Voire, qui sait, ces militants «identitaires» qui, ces derniers hivers, avaient mis sur pied une soupe populaire au lard – donc interdite de facto aux SDF de confession musulmane.

 

Leur manifestation de samedi a eu pas mal de retentissement médiatique. En revanche, c’est dans une indifférence assez générale que ces mêmes catholiques ultras, depuis quelques semaines, manifestent devant l’hôpital Tenon, dans le vingtième arrondissement de Paris. Pour protester contre la réouverture annoncée du centre IVG de cet hôpital, ils viennent, chaque dimanche matin, brandir des crucifix et des pancartes avec des slogans du style : «Maman, papa... ne me tuez pas!». Puis, ni une ni deux, s'agenouillent à même le trottoir et récitent des «Notre Père»

 

A part cela, depuis quelques mois, les prières de rue sont interdites en France.

21/07/2011

Une fête (un peu surréaliste?)

La fête nationale en Belgique, ce jeudi. Les Parisiens n'étant pas rarement taquins, il ne nous étonnerait pas que, en cette journée du 21 juillet, on se fasse un peu chambrer. On entend déjà la boutade, du genre: «La fête nationale!?! Il n'y a plus de gouvernement depuis plus d'un an dans ta Belgique, mais il y a encore une fête nationale?!?» Le cas échéant, n'ayant eu ni l'énergie, ni le temps de préparer une argumentation convaincante, on improvisera une répartie, qui vaudra ce qu'elle vaudra...

En attendant, et en tout cas, «Meilleurs voeux» – comme on dit le 21 juillet au Palais royal de Belgique – aux internautes belges qui passeraient par ce blog aujourd'hui.

20/07/2011

Une autre prohibition

Même si c'est un brin incongru vu la météo du moment, demain jeudi c'est la grande ouverture de «Paris Plage», dixième opération du nom. La préfecture de police, toujours elle – et qui, décidément, multiplie les mises en garde, ces jours-ci – vient d'en profiter pour rappeler quelques règles de bienséance aux futur(e)s estivant(e)s parisien(ne)s.

 

Textuellement: «L’été est là, le thermomètre monte, les tenues se font plus légères, mais Paris peut-il être un nouvel Eden pour Adam et Eve? Et bien non! Toute tenue qui laisserait entrevoir les parties génitales ou la poitrine constitue une exhibition sexuelle». Dès lors, toute personne n'ayant pas «un comportement conforme aux bonnes mœurs et à l’ordre public» s'expose à une amende de 38€. Voire carrément à une amende de 3 750€ et à deux mois de prison, si son «attitude équivoque» permet de soupçonner un «racolage passif».

 

Voilà prévenues notamment les adeptes du monokini.

 

Il y a quelques étés, en juillet 2006 précisément, l'écologiste Denis Beaupin, adjoint au maire Bertrand Delanoë, avait dénoncé un tel règlement vestimentaire, selon lui d’un autre âge. «Sur une plage, il est normal que les gens souhaitent profiter du soleil et porter un string ou se mettre en monokini!», s'était-il indigné. Dans la foulée, sur le site même de «Paris Plage», une poignée de manifestantes avaient, la poitrine découverte, protesté contre cette prohibition. Ce qui leur avait valu, outre une convocation à la police, un franc succès médiatique.

 

Cinq étés plus tard, pas le moindre raffut de la sorte. S'assagirait-on, à Paris?

07/07/2011

Une (si bruyante) préparation

C'était hier, en début d'après-midi. Subitement, c'était le vacarme dans notre quartier Bastille. Le tapage semblant venir d'en haut, on levait les yeux au ciel. Et là, on n'en revenait pas.

Etait en train de nous survoler, à très basse altitude, un avion de ligne. Serré de très près, sur ses flancs, par deux avions de chasse. Etrange. Une alerte de sécurité à bord d'un vol à l'approche de Roissy ou d'Orly, alerte qui aurait nécessité l'intervention de l'armée de l'air? On n'y croyait pas trop, mais on se hâtait toute de même vers le bureau. Pour aller vérifier sur les dépêches d'agence de presse et les télés d'info continue que rien de grave ne s'était produit depuis ces dix minutes où, tentant une rarrissime pause-déjeuner, on s'était autorisé à interrompre le suivi en permanence et en temps réel de l'actualité.

Mais à peine avait-on fait trois pas que, dans le ciel, surgissait cette fois un énorme avion-radar de type Awacs, avec une espèce de grand plateau le surmontant. Puis, toujours dans un vacarme inouï, une escadrille de chasseurs, de gros avions cargo, des jets à nouveau, etc., etc. On comprenait alors. A une semaine du 14 juillet, c'était sans doute une sorte de répétition pour le grand défilé militaire sur les Champs.

Deux heures plus tôt, dans la Ville lumière, avait déjà retenti le hurlement, si lugubre, de toutes les sirènes d'alerte de la sécurité civile. Pas à cause d'une alerte, mais parce que, à Paris chaque premier mercredi du mois, à midi pile, ces sirènes sont actionnées à deux (interminables) reprises, pour que leur bon fonctionnement puisse être vérifié.

Les avions partis, le calme revenu dans le ciel azur de Paris, on poursuivait notre chemin. Se disant tout de même que ce boucan infernal, si belliqueusement connoté, ne conférait pas précisément à la capitale cette ambiance légère, insouciante et décontractée qui est le propre de la période estivale.

14/06/2011

Une autre usurpation

savonmarseille.jpgUne note un peu légère, aujourd'hui. Pour bien commencer la semaine, et car cela faisait longtemps, dans ce blog. On a déjà évoqué (relire ici) la mobilisation des défenseurs de l'AOC camembert de Normandie contre le business de l'agroalimentaire, qui appâte le client en présentant ses fromages industriels comme des camemberts «fabriqués en Normandie»: une appellation qui ne correspond à rien. L'autre jour au Parlement, une usurpation du même acabit a été dénoncée. Frappant un autre produit phare d'un certain art de vivre à la française, qui, lui, n'a rien de gastronomique, mais qui s'appuie tout autant sur une vieille tradition. C'est... le savon de Marseille.

Si l'on veut respecter les règles de l'art, ce savon traditionnel doit être fabriqué avec 72 % d’huiles végétales et sans aucune graisse animale, parfum ou colorant. Cette règle remonte à loin: elle figure dans un édit de Colbert datant de 1688. Elle a été précisée en 1812 par Napoléon Bonaparte en personne. Par décret, il a octroyé à Marseille sa propre marque de savons à l’huile d’olive et a décrit la présentation de celle-ci: un pentagone dans lequel apparaît, en son milieu, les mots «huile d’olive», le nom du fabricant et celui de la ville de Marseille.

Mais selon Valérie Boyer, députée (UMP) des Bouches du Rhône, «certaines industries de savon et de détergent utilisent la dénomination «savon de Marseille» sur des savons composés de graisses animales et fabriqués en dehors de la région marseillaise. Cette situation constitue non seulement une concurrence déloyale vis-à-vis des fabricants de l’authentique savon de Marseille, mais également une tromperie à l’égard des consommateurs!»

Prié de se prononcer vite fait sur le sujet, le secrétaire d'Etat au Commerce a fait préciser à l'Assemblée que le savon de Marseille ne bénéficiait d'«aucun des dispositifs protégeant une appellation d’origine ou d’indication géographique». En revanche, «le décret (napoléonien) du 22 décembre 1812 semble toujours en vigueur, bien que les amendes n’aient pas été actualisées». La Direction de la concurrence et de la répression des fraudes a mené l'enquête sur ce sujet en 2007, «afin de vérifier la qualité des savons, en particulier du savon de Marseille, auprès de vingt-huit entreprises de fabrication ou de distribution». Résultat? «Des écarts ont effectivement été constatés entre les caractéristiques du savon de Marseille telles que définies dans le code des usages précité et la plupart des produits contrôlés. Les anomalies les plus graves ont fait l’objet de procès verbaux pour pratique commerciale trompeuse, et des contacts ont été pris avec les professionnels de la filière afin d’appeler leur attention sur les problèmes rencontrés».

savonmarseille2.jpgOuvrons l'oeil, donc.

PS: Pour les lecteurs que passionne le sujet – on ne sait jamais – , cette précision encore, de ladite députée. «Deux arrêts de la cour d’appel d’Aix-en-Provence – celui du 28/12/1927 et celui du 12/11/1928 – disposent que la dénomination savon de Marseille (...) s’applique à un produit fabriqué avec un mélange d’huiles végétales contenant, après la fabrication, approximativement 62% à 64% d’acide gras et de résine, 8% à 8,5% d’alcalis combinés, 1,35% d’alcali libre – soude –, du chlorure de sodium et de la glycérine, 28% à 29 %d’eau».

31/05/2011

Un ministre embarrassé?

Cela manifeste pas mal en ce moment, à Paris. Aujourd'hui, les fonctionnaires. Hier, les travailleurs sans-papiers. Dimanche (à Bastille), les «Indignés». Et samedi après-midi, par le plus grand des hasards, on a assisté à une manif sous les fenêtres d'un ministre.

Dans les jardins du Palais Royal, on était en train de somnoler paisiblement au soleil, quand, tout à coup, retentirent des exclamations. Et les vigiles du ministère de la Culture – le cabinet du ministre Frédéric Mitterrand donne sur la place – de s'agiter dans tous les sens, leur talkie-walkie crachotant. Entre les colonnes de Buren, sous l'oeil médusé des touristes, avait fait irruption une poignée d'activistes visiblement assez énervés. «Mitterrand, dans l'arêne!», «Mitterrand, dans l'arêne!» C'était... des militants anti-corrida, protestant contre l'inscription, en avril, de la tauromachie au «patrimoine culturel immatériel» français. La corrida désormais culturellement assimilée à la tarte tatin, au fest-noz breton, à la tapisserie d'Aubusson, ou aux parfumeurs de Grasse: les défenseurs des animaux sont furax.

Leurs associations revendiquent 700.000 adhérents, tous électeurs potentiellement mécontents. Elles se prévalent du soutien de «people» télégéniques, outre Brigitte Bardot évidemment: de Cabu à Cavanna en passant par Mylène Demongeot, Yves Duteil, Geneviève de Fontenay, Mgr Gaillot, Albert Jacquard ou Tomer Sisley. Et ces anti-corrida comptent bien que, cet été, ce sujet bien de saison et même en or – les enfants y compris peuvent donner leur avis – anime les discussions en famille: à la plage, au camping à l'heure de l'apéro, ou aux terrasses des bistrots.

Difficile à gérer, cette agitation, pour des politiques à moins d'un an d'une élection présidentielle? On a déjà connu Frédéric Mitterrand plus à l'aise. L'autre jour, à la radio (ici), il a assez laborieusement évoqué le sujet. Et, ce matin, sur le site web de son ministère, en tapant «corrida» sur le moteur de recherche, on n'obtenait qu'une seule réponse: «Aucun article n'a été trouvé. Merci de renouveler votre recherche»...

29/04/2011

Une réglementation (théorique?)

muguet.jpgLa Fête du travail, dimanche. La préfecture de police de Paris vient donc de rappeler (ici) qu'était strictement réglementée la vente de muguet en rue: par les particuliers s'improvisant fleuristes d'un jour pour arrondir leurs fins de mois. Ainsi, pas question pour eux de vendre sur la voie publique à moins de 40 mètres de la boutique d'un fleuriste professionnel. Pas question non plus de proposer du muguet en pot ou en préparation florale: ils ne peuvent vendre cette fleur qu'«en l'état», pour ne pas trop concurrencer ces commerçants. «La violation de ces dispositions est passible d’une contravention de 1ère classe». Quant aux petits malins qui voudraient devancer leurs innombrables concurrents en vendant du muguet dans les rues de Paris dès samedi soir, qu'ils y réfléchissent à deux fois. Car, en dehors du jour J, «la vente du muguet sans autorisation municipale constitue une contravention de 4ème classe». Et peut valoir, outre la saisie de la marchandise, jusqu'à 6 mois de prison et 3 750 euros d’amende.

Théoriquement, en tout cas.

A cet égard, on est assez curieux de voir si, ce week-end, les forces de l'ordre vont mettre beaucoup de zèle à verbaliser les éventuels contrevenants à cette réglementation: tous ces «honnêtes pères (ou mères) de famille» (comme on dit ), qui, en ces temps si difficiles pour tant de Français, prendraient un peu leurs aises avec cette réglementation. Histoire de ramener quelques dizaines d'euros supplémentaires à la maison.

Pour le dire plus clairement: il sera intéressant de voir si ces gens vont être aussi sévèrement traités que le sont d'autres vendeurs à la sauvette. Tous ces étrangers qui, à la sortie des stations de métro, dressent des étals de fortune et proposent des fruits exotiques aux usagers de la RATP. Et qui, eux – on a déjà vu si souvent vu cela, relire par exemple ici – ne bénéficient d'aucune mansuétude de la part des policiers.

10/01/2011

Une occasion

Un happening politico-gastronomique à grand succès médiatique, ce week-end dans les beaux quartiers de Paris. Samedi, l'écologiste Eva Joly est allée rendre visite aux «galériens du logement» du collectif «Jeudi noir». Ces militants, après avoir squatté un splendide hôtel de maître inoccupé de la place des Vosges (c'était ici) puis en avoir été expulsés après une longue saga judiciaire, ont investi cette fois un vaste immeuble de bureaux vide de l'assureur Axa, situé à un jet de pierre du palais de l'Elysée. L'eurodéputée écologiste n'est pas arrivée les mains vides chez les squatteurs. Elle leur a apporté une galette des rois, qu'ils ont dégustée tous ensemble: à la bonne franquette et sous les objectifs d'une nuée de caméras.

Une galette des rois, donc. C'est bien de saison. Nous, on n'a pas le souvenir d'en avoir jamais mangé à Paris, depuis qu'on s'y est installé. Parce que, comme toutes les pâtisseries et viennoiseries, exagérément grasses et sucrées comme chacun sait, cela n'a pas un grand intérêt nutritionnel. Et parce que les boulangers-pâtissiers parisiens ont fait un véritable business de cette tradition de l'Epiphanie, ce qui les amène à vendre ces gâteaux à des prix ridiculement prohibitifs – on l'avait d'ailleurs déjà signalé l'an dernier dans ce blog, à la même époque (ici). Mais, cet hiver, c'est peut-être l'occasion ou jamais de goûter une de ces fameuses galettes.

Puisque, cela tombe à merveille, c'est dans notre cher onzième arrondissement que l'on trouve «les meilleures galettes des rois de Paris»! L'atteste le palmarès de la dernière édition du grand concours de la meilleure galette de la région parisienne – oui, oui: cela existe. Parmi 300 candidats, le jury de l’Ecole de Paris des métiers de la table a couronné, derrière le trio de tête constitué par trois boulangers-pâtissiers de la banlieue, deux de leurs confrères établis dans notre quartier: aux boulevards Beaumarchais et Voltaire. C'est donc peut-être l'occasion ou jamais de se laisser tenter.

Les lecteurs qui habiteraient trop loin de ces boulangeries parisiennes distinguées pour pouvoir y faire un saut et/ou qui voudraient mettre la main à la pâte découvriront ici «comment réussir la galette des rois» à la française (résumons: pâte feuilletée de qualité, assez épaisse, et frangipane légère) ainsi que des liens vers les recettes de ces deux ingrédients. Bon appétit.

07/12/2010

Un boulet

saintnicolasfouquets.jpgSaint Nicolas a beau souffrir en France d'un gros déficit de notoriété par rapport au Père Noël, au moment précis où on le rappelait hier midi dans ce blog, le grand saint faisait une apparition remarquée sur... les Champs-Elysées. En effet, encadré d'un Gavroche et d'une République sur des échasses, le barbu préféré des enfants sages y a distribué des cadeaux, des friandises et des clémentines. Sa distribution de présents ne s'est pas déroulée n'importe où sur «la plus belle avenue du monde»: elle a eu lieu précisément devant la célèbre brasserie du «Fouquet's». C'est dans cet établissement, faut-il le rappeler, que Nicolas Sarkozy avait fêté, un beau soir de mai 2007, son élection à l'Elysée. Trois ans plus tard, le Saint Nicolas ayant sévi hier midi sur les Champs était en fait un militant de la CGT. Par cette apparition le 6 décembre, devant le «Fouquet's», de ce saint ainsi prénommé, le syndicat communiste voulait dénoncer la «politique inégalitaire» d'un chef de l'Etat qui, selon lui, «prend aux pauvres pour donner aux riches».

 

Juste deux remarques.

 

Sur la forme et pour l'anecdote, la CGT devrait revoir ses classiques du folklore enfantin. Un Saint Nicolas qui distribue des friandises mais pas de massepain/de pâte d'amandes, ce n'est pas crédible. Et manquait, au saint patron des «enfants sages», son indispensable acolyte: le Père Fouettard/Zwarte Piet, qui lui châtie les enfants «pas sages»  –  à propos, notez la lourde symbolique raciale de cette tradition: le méchant est un Noir...

 

Sur le fond, et s'agissant de Nicolas Sarkozy, on peut donc constater que 41 mois plus tard, ses agapes de mai 2007 au «Fouquet's» lui collent toujours à la peau. Comme le sparadrap au doigt du capitaine Haddock d'Hergé. L'hôte de l'Elysée va-t-il donc traîner ce boulet symbolique jusqu'en 2012? Deux choses sont sûres, en tout cas. Un: à l'époque, le choix de ce restaurant, si connoté sociologiquement, pour fêter son triomphe électoral constitua une erreur de communication de débutant dans le chef d'un responsable politique pourtant obsédé par son image et entouré en permanence de communicants chevronnés. Mais c'est enfoncer des portes ouvertes que de le souligner: sans doute l'intéressé y compris n'en disconvient pas. Deux: si en 2012 Nicolas Sarkozy brigue un second mandat et est réélu, probablement n'ira-t-il pas arroser cela avec ses potes au «Fouquet's». Mais quel établissement parisien l'éventuel Président réélu choisirait-t-il? Les paris gastronomico-politiques sont ouverts.