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09/01/2013

Une certaine confusion

L’argent ne fait pas le bonheur. C'est ce qu'assure l'adage, et c'est que que vient de confirmer le très sérieux Institut français de la statistique. Qui a enquêté (ici) sur la question auprès de 10 000 Français, en leur demandant d'évaluer leur degré et critères de satisfaction par rapport à leur existence quotidienne.

Résultat? Une note moyenne de 6,8 sur 10, pour l'ensemble de la population. Et davantage d'insatisfaits chez les personnes socio-économiquement aisées (23,4%) que chez les moins favorisées (22,5%). L'Insee en déduit que «d'autres aspects de la qualité de vie, comme la faiblesse des liens sociaux ou le stress dans la vie courante, jouent autant voire davantage que les contraintes financières», dans le degré de satisfaction que l'on a envers sa propre existence.

L'argent ne fait pas le bonheur, mais, selon un sondage Ifop publié ce matin, dans «L'Humanité», «à l’heure actuelle, la lutte des classes est une réalité» en France. C'est ce que pensent 64% des Français. «La lutte des classes n’est pas un mythe», se réjouit le quotidien communiste: «malgré les apparences et le discours dominant, ce jugement a pris de l’ampleur depuis les années 1960: en 1964, seuls 40% des Français interrogés jugeaient qu’elle était une réalité, et 44% en 1967».

En somme, si l'on s'autorise à rapprocher ces deux études publiées au même moment, ce pays a le sentiment d'être le théâtre d'une lutte, mais pour un objectif collectif d'ascension sociale vers un niveau socio-économique où, à titre particulier, on n'est pas forcément plus heureux. Une bataille pour quelque chose de pas d'office folichon, pour le dire autrement – cherchez l'erreur.

Décidément, rien n'est jamais simple.

07/01/2013

Une si belle victoire

Impossible de commencer la semaine sans mentionner cette bonne nouvelle, d'une importance capitale, survenue en France ce week-end. L'Hexagone, cinquième puissance économique de la planète, vient de conquérir un titre de champion du monde.

Cela s'est passé à Nantes. La compétition a opposé des sportifs venus de 33 pays, d'horizon aussi divers que la République démocratique du Congo ou la Bulgarie. La Belgique, aussi, cela dit: pays qui, paraît-il, avait été sacré champion, l'an dernier.

Cette année donc, c'est à la France qu'est revenu le titre. Celui de pays champion du monde de... baby-foot: de football de table, autrement dit – oui, il existe une coupe du monde pour cette activité.

Sans doute est-ce déjà cela.

21/02/2011

Une apostrophe

«Ca suffit!» C'est ainsi que les médias français ont, ce week-end, traduit le «Jalas!» qu'a donc osé lancer le nouvel ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon, à une journaliste tunisienne à qui il voulait clouer le bec. Car elle avait la mauvaise idée de l'interroger sur «des trucs débiles» selon lui: la longue complaisance de Paris envers le despote Ben Ali, les vacances à la plage et les voyages en jet privé de la ministre Alliot-Marie, etc. Si d'aventure cela vous avait échappé, ce langage si peu diplomatique, dans la bouche d'un jeune diplomate censé brillantissime, a provoqué un gros buzz sur le net. Il a aussi conduit des centaines de Tunisiens à manifester, pour réclamer le départ de l'«arrogant» jeune homme. Et a contraint ce dernier à présenter ses excuses à la télévision tunisienne.

«Ca suffit!», donc. Contrairement à Boris Boillon, on n'est pas arabophone, donc on peut se tromper. Mais, de nos voyages dans le monde arabe, jadis, on a tout de même gardé un souvenir assez net que ce «Jalas!», dans le langage courant, était un terme beaucoup plus rude que le «Ca suffit!» français. Une apostrophe très méprisante, même. Du genre de celles que l'on lance aux importuns pour les prier de dégager vite fait , d'aller se faire voir (pour rester poli) ailleurs.

Qui sait peut-on traduire ce «Jalas!» par «Casse-toi, pauvre con!» Par «Casse-toi, pauvre conne!», en l'occurrence. Cela tomberait bien, finalement, cette version arabe et féminisée de la célèbre apostrophe agricole sarkozyste, dans la bouche d'un diplomate qui se définit lui-même comme un «Sarko boy».