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15/02/2016

Un menu pas trop ragoûtant

Et de deux. Après, la semaine dernière, une étude ayant montré que la France a finalement assez peu tiré de leçons du mémorable scandale des "lasagnes à la viande de cheval", une autre enquête est rendue publique en ce début de semaine. Et elle ne donnera pas forcément envie aux Parisiens d'aller au resto.

On compte quelque 13.600 restaurants dans la "Ville lumière". Or, s'il faut en croire les résultats des contrôles qu'une association de consommateurs a recensés dans 1.500 de ces établissements pendant six mois, l'an dernier, seuls 34% peuvent s'enorgueillir d''un «bon» niveau global d’hygiène. Un peu plus de la moitié n'ont qu'un niveau «acceptable». Et 8% un niveau «à améliorer». «Dans l’ensemble des arrondissements à l’exception du 7e, moins de la moitié des restaurants ont obtenu le niveau d’hygiène bon, ce qui représente une situation non-satisfaisante, voire préoccupante». Quant aux consommateurs qui, dans ces conditions, décideraient de privilégier des établissements servant plutôt tel type de cuisine ou tel autre, ce serait en pure perte. En effet, «il ne semble pas exister de critères qui permettraient de se méfier d’un type de restaurants plus que d’un autre». Puisque «les restaurants les plus mal notés d’un point de vue de l'hygiène sont de tous types: cuisine française, italienne, asiatique, restauration rapide, etc».

De manière plus générale, dans le pays de la bonne bouffe qu'est la France, la restauration commerciale est le premier lieu (39%) où les toxi-infections alimentaires collectives sont contractées, devant la restauration collective (33%) et le domicile (28%). Les agents pathogènes les plus fréquemment impliqués sont le staphylocoque ou la salmonelle. En 2013, 1.346 foyers d'infections de ce type ont été déclarés. Ils ont affecté 10.602 personnes. Parmi lesquelles 643 ont dû être hospitalisées, et deux ont trouvé la mort.

23/12/2015

Un classique de fin d'année

Art de vivre, Gastronomie, Economie, Sécurité, PoliceLes années passent, mais certaines choses tardent visiblement à s'améliorer, en France. C'est ce qui ressort des résultats de la campagne de contrôles menée en ce moment par la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Chaque hiver, à la période des fêtes de fin d'année – temps de bonne bouffe nationale, s'il en est – , les pandores de cet organisme effectuent des descentes dans les commerces de bouche et les restaurants. Ils y traquent à la fois les défauts d'hygiène alimentaire (vérification des températures de conservation, des dates limite de consommation, de la propreté des locaux, etc.) et les informations déloyales données aux consommateurs (relatives aux appellations d’origine, aux promotions, aux labels etc.). Et cet hiver, une nouvelle fois, un taux pas négligeable d'anomalies ou de manquements a été mis au jour: 26%. Autrement dit, un aliment sur quatre vendu en cette période ne respecte pas les normes – normes qui, il est vrai, en France particulièrement, sont innombrables et tatillonnes. Ce taux de 26% est dans l'étiage de ceux relevés les hivers précédents (relire , par exemple), donc aucun progrès en la matière, visiblement.

Les vérifications ne sont pas inutiles non plus dans un autre secteur, tout aussi de saison: celui des jouets et jeux d'enfants. Là, les inspections ont montré que le taux de produits non conformes et dangereux s’élevait à 10,3%. Ont notamment été épinglées des peluches-bouillottes «qui peuvent occasionner de graves brûlures sur la peau des enfants» et des «planches à roulettes transversales dotées de moteurs électrique type hoverboard» dangereuses (on a un peu de mal à imaginer ce que c'est, mais on prend note).

Malgré ces résultats peu emballants, les Français vont tenter de passer d'excellentes fêtes ils en ont bien besoin, après l'année qu'ils viennent de vivre.



PS: Ceci étant dit/écrit, ce blog lui aussi va prendre ses quartiers d'hiver, et donc faire une petite pause. Il rouvrira ses portes en janvier. Bonnes fêtes à toutes et tous.

01/12/2015

«Un luxe non tapageur»

Art de Vivre, Gastronomie, Personnalités, ParisPas mal de commentaires évidemment, et pas toujours très aimables, à propos du restaurant parisien où Barack Obama, François Hollande et quelques happy few (Manuel Valls, etc) ont dîné, hier soir. "L'Ambroisie", le triple étoilé de la place des Vosges. Il se targue de proposer «une cuisine sans fioriture, d’un luxe non tapageur, d’un respect inconditionnel de la tradition et de l’élégance, qui combine avec brio classicisme et modernité». Une cuisine absolument «divine», si l'on en croit le guide Michelin : «hymne à la tradition revisitée avec grâce, des produits soigneusement choisis, des cuissons d'une précision horlogère, des alliances de goûts sans faille».

Pas mal de commentaires notamment sur les à-côtés de ces agapes. Le lundi, ce restaurant est habituellement fermé. Ses deux patrons et le personnel ont donc été priés de rappliquer fissa, pour accueillir cette si honorable assemblée. L'histoire ne dit pas s'ils ont dû eux-mêmes aller faire leur marché, comme tant de restaurateurs de Paris qui, hier, ont été privés de livraisons – à cause des restrictions de circulation dues à l'ouverture de la COP 21.

La carte de l'établissement ne mentionne aucun tarif. C'est généralement le signe qu'ils sont exorbitants. D'après le Michelin (), il faut compter entre 160 et 360€ le couvert. Hier soir, ils étaient douze à table. Si l'on suppose que les convives ont porté leur choix sur des mets situés dans le niveau médian de ces tarifs, cela nous fait, à la grosse louche, une addition totale d'un montant aux alentours de trois SMIC – mais fallait-il s'attendre à ce que ces convives aillent se sustenter au kebab du coin? On ne sait si c'est l'Elysée ou la Maison Blanche qui a invité.

Art de Vivre, Gastronomie, Personnalités, ParisBarack Obama semble décidément aimer les arrondissement du centre-Est parisien. Puisque, pas plus tard que la veille au soir, il était de l'autre côté du boulevard: devant le Bataclan. Pour sa deuxième venue consécutive, les riverains ont à nouveau eu droit à tout le déploiement sécuritaire habituel aux déplacements de l'Américain, et à tous les désagréments induits (rues bloquées, etc.). L'hélicoptère de police, toutefois, a nettement moins tourné dans le ciel que la veille au soir. Un peu vers 20 heures, puis en fin de soirée, et c'est tout.

Pas trop de tapages, donc. En marge d'un dîner d'«un luxe non tapageur». Sans doute était-ce la moindre des choses.

21/10/2015

Un budget considérable

59 milliards d'euros. C'est le montant que les Français dépensent chaque année dans les restaurants, cafés, brasseries, traiteurs, snacks, sandwicheries, kebabs, fast-food et autres cantines. Le chiffre est cité par une étude publiée cette semaine, relative à l'évolution de la consommation alimentaire dans l'Hexagone. 59 milliards d'euros: cela confirme le poids économique énorme que pèse la consommation dans le secteur de la restauration. Et cela permet de comprendre pourquoi ce secteur a si souvent été cajolé par les gouvernements. Voir, pour ne citer que ce seul exemple, la baisse très controversée (car ruineuse pour les finances publiques) de la TVA sur la restauration, que Nicolas Sarkozy décida en 2009 – avec des effets nettement moindres qu'espéré sur l'emploi.

Ces 59 milliards d'euros dépensés chaque année par les Français dans les snacks et restaurants représentent plus du quart (26%) de leur budget alimentaire. A titre de comparaison, en 1960, cette part du budget n'était que de 14%. Ces cinquante dernières années, le budget resto des Français s'est donc envolé, «sous l'effet des hausses de prix successives». Car, comme tout le monde l'aura sans doute remarqué – et à Paris a fortiori – , «manger à l'extérieur coûte de plus en plus cher. Depuis 1960, les prix y ont augmenté de 5,9% par an en moyenne, soit davantage que les prix de l'alimentation au domicile (+4,0% par an)».

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, l'étude confirme que «de fortes disparités de dépenses existent» évidemment dans ce secteur, en fonction de la catégorie socio-professionnelle à laquelle appartiennent les clients qui le fréquentent. Ceux qui consacrent une plus grande part de leur budget aux repas pris à l'extérieur sont, sans surprise, «les ménages dont la personne de référence est cadre ou exerce une profession libérale, a moins de 35 ans, habite une grande ville ou a un niveau de vie élevé». Et c'est encore plus vrai en période de crise économique et en ces temps de précarisation sociale grandissante. Car «les évolutions annuelles de l'alimentation hors domicile sont très volatiles: plus facilement arbitrable, cette dépense est sensible aux variations de prix et aux fluctuations de revenus».

27/08/2015

Un quart d'«anomalies» estivales

Consommation, Tourisme, Economie, Sécurité, Art de vivre, GastronomiePuisque ce blog évoquait hier la saison touristique, un premier bilan de la grande «Opération Interministérielle Vacances 2015», que fait mener le gouvernement de la mi-juin à la mi-septembre. Elle vise à s'assurer que les vacanciers bénéficient de «prestations commerciales sûres et loyales», ce qui «contribue à la confiance des consommateurs envers les professionnels et à l’attractivité de l’offre touristique française».

Concrètement, il s'agit de vérifier notamment que les règles de sécurité applicables aux produits et aux services sont respectées et que le consommateur est bien informé sur la nature des prestations qui lui sont offertes. Tous les corps de contrôle de l’Etat sont mobilisés: policiers, gendarmes et douaniers bien sûr, mais aussi agents de la répression des fraudes, services vétérinaires, inspecteurs du ministère de la Jeunesse et des Sports (pour les colonies de vacances, par exemple), etc. Cet été, sont particulièrement inspectés les «nouvelles formes de consommation, notamment celles de l’économie collaborative» (hébergement chez l’habitant, location de voitures entre particuliers, etc.) ainsi que, bien sûr, «les commerces soumis à un pic saisonnier d’activité» (restaurants, festivals, événements sportifs ou culturels, etc.).

Résultat? Moyen. Précisément, 21.660 entreprises ont, à ce jour, été inspectées. Dont 6.800 restaurants, 2.200 grandes et moyennes surfaces, 3.700 marchés, 2.600 sites d’hébergements, et un millier de sites de réservation en ligne. Quelque 22% de ces contrôles ont mis au jour des «anomalies», et donc ont donné lieu à des «mesures pédagogiques, correctives ou répressives». C'est dans l'étiage habituel pour ce genre d'opérations de protection des consommateurs (relire par exemple ).

Deux manières de lire ce bilan. Trois quarts de l'offre de produits et de services proposés cet été aux vacanciers en France respectent parfaitement la réglementation. Mais dans quasiment un cas sur quatre, des problèmes se posent. Ce qui n'est tout de même pas rien.

02/07/2015

Un mets très en vogue

Les dernières nouvelles du «pays de l'exception culturelle» que se targue d'être la France, y compris et a fortiori en matière gastronomique. Des nouvelles à propos d'un mets qu'on ne trouve pas trop de saison, par ces temps de canicule, mais, après tout, chacun ses goûts.

A en croire une étude parue dernièrement, en 2014, il s'est vendu 1,07 milliard de burgers dans l'Hexagone. C'est près de 10% de plus qu'en 2013. Analyse des professionnels de la restauration: «Traditionnellement perçus comme emblématiques de la cuisine américaine, les burgers représentent aujourd'hui un marché important de la restauration rapide en France. À l'opposé du phénomène de la malbouffe, les points de vente de burgers se multiplient, appuyés par la création de réseaux de franchise dont certains se démarquent par leurs qualités gustatives haut de gamme et l'efficacité de leur concept».

Populaires, donc, les burgers. Cela n'a pas empêché les élus de Paris, mardi, de se prononcer contre le projet d'installation d'un McDonald's en plein coeur du Boboland parisien: à l'angle des rues Réaumur et des Petits-Carreaux, dans le quartier Montorgueil (2e arrondissement). Pour le maire (écologiste) de cet arrondissement, «avec l'arrivée d'un restaurant de 160 places, c'est tout le travail qui a été fait dans le quartier sur la qualité alimentaire et la protection de l'artisanat qui risque de s'effondrer comme un château de cartes».

Par trois fois, déjà, la Ville a refusé les demandes de permis de construire déposées par McDo pour ce projet. Et, en mai, une centaine de riverains ont manifesté contre son arrivée dans le quartier.

L'histoire ne dit pas si les gamins de ces manifestants, qui passent sans doute leurs journées au MacDo ou au Burger King, faisaient partie, ou non, du cortège.

03/06/2015

Un marketing curieux

Publicité, Commerce, Gastronomie, Etrangers, Immigration, RacismeLes produits, depuis, ont été retirés des rayons des magasins concernés, mais, puisqu'on n'a pas encore eu l'occasion de la signaler, évoquons cette faute de goût commise par l'enseigne Monoprix, dernièrement: Monop', les supermarchés préférés des bobos parisiens.

Dans sa gamme "Monoprix Gourmet", elle n'a rien trouvé de mieux que de commercialiser des tablettes de chocolat dont l'emballage a fait grimacer des associations de lutte contre le racisme. Le paquet de chocolat noir «72% de cacao» était illustré par une photographie d’un jeune homme noir. Le «chocolat au lait fondant» arborait le visage d'une métisse. Et sur l'emballage du «chocolat blanc, morceaux de spéculoos», une belle photo d'un bon petit Français "de souche"? Au visage bien pâle? Non, non: juste la représentation de carrés de chocolat de cette couleur.

Pourquoi donc, de ces trois chocolats Monop', seul le blanc n'est-il pas incarné, sur son packaging, par une personne? Est-ce une façon équitable de présenter les choses, a fortiori pour du chocolat censé issu du commerce équitable? Y a-t-il un message subliminal que ces visuels différenciés cherchent à faire passer? Si oui, lequel et au nom de quoi? Aux internautes et usagers des réseaux sociaux qui posaient toutes ces questions, voire dénonçaient un «racisme ordinaire chez Monoprix», l'enseigne n'a pas répondu précisément. Elle a assuré n'avoir jamais eu «aucune intention de heurter». Et a annoncé qu'elle était «en train de faire évoluer ce pack» controversé.

Cela fait un petit temps déjà que l'engagement a été pris. Depuis, cependant, – on l'a encore vérifié ce matin –, la boutique en ligne Monoprix propose toujours ces chocolats, présentés de la sorte.

L'histoire ne dit pas si les clients et consommateurs trouvent cela appétissant.

02/02/2015

Un business florissant

Gouvernement, Gastronomie, Economie, International, Personnalités, FabiusCe lundi, c'est carrément lors d'une cérémonie au ministère des Affaires étrangères que sont décernées les récompenses gastronomiques annuelles du Guide Michelin. Que les salons lambrissés du quai d'Orsay servent de cadre, si officiel, à une telle manifestation, c'est une première. Mais elle n'est pas si étonnante que cela.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en effet, n'a que les mots «diplomatie économique» à la bouche. Il s'est transformé en super-représentant de commerce de l'Hexagone. Or, la gastronomie et tout ce qui y est lié, en amont et en aval, c'est évidemment un atout de taille, pour le tourisme et le commerce extérieur tricolores. Comme s'en gargarise le quai d'Orsay, «avec190 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2013 et 12.000 entreprises (dont 98% de PME de moins de 250 salariés), l'agriculture et l'agroalimentaire constituent un secteur économique majeur, à l'origine du deuxième excédent de notre balance commerciale après l'aéronautique. Trois secteurs – les vins et spiritueux, les céréales et les produits laitiers – constituent 38% du total des exportations» françaises.

A la mi-janvier, d'ailleurs, en pleine semaine qui avait suivi les attentats de Paris – donc alors que le pays et sa classe politique se trouvaient dans un état d'agitation considérable –, Laurent Fabius s'était éclipsé un moment, histoire de s'offrir une petite pause gastronomique. Malgré le contexte ultra-tendu, il n'avait pas bouleversé son agenda et, comme il était prévu, était allé rehausser de sa présence une réunion... du «Club de la table française», à Paris. Cette escapade culinaire ministérielle était passée largement inaperçue des médias, pourtant elle était assez éclairante: quelles que soient les circonstances – et, en l'occurrence ici, même les plus tragiques –, le business ne s'arrête jamais.

24/12/2014

Un paradoxe culinaire

art de vivre,gastronomie,folkloreUn sujet sur un mets bien de saison, pour aborder comme il se doit le réveillon. Près d'un Français sur deux (47%) serait donc favorable à l'interdiction du gavage des canards et des oies, dans la production de foie gras. C'est ce qu'a assuré, cette semaine, un sondage très médiatisé. Les femmes (56%) et les jeunes (51%) seraient même majoritairement favorables à une telle interdiction. Et près d'un sondé sur trois (29%) refuserait d’acheter du foie gras pour des raisons éthiques, liées à la souffrance animale.

Grand bien leur fasse. Sauf que...

Sauf que les résultats de ce sondage sont tout de même peu compatibles avec d'autres études sur le même thème, qui ont été publiées auparavant.

Ainsi, ces données faisant état () de ce que 63,2% des Français compteraient manger du foie gras en entrée au repas de Noël, loin devant le saumon (43,9%) ou les huîtres (33,9%). La part d'amateurs de palmipèdes monterait même à 80%, selon d'autres sources (ici). A les en croire, ce mets serait très largement considéré par la population comme «festif» (96%) et «de bon goût» (94%). Ajoutons que le leader du marché français du foie gras, le groupe Labeyrie, a tablé cette semaine sur une progression de 5% de ses ventes de ce produit. “Il semble que cette année, les Français aient décidé de ne pas se priver de foie gras”, s'est réjoui, en écho, son concurrent et n°2 du secteur, le groupe Delpeyrat.

Bref, sur ce sujet délicat du foie gras, les Français – sondeurs ou sondés – donnent l'impression de dire à peu près tout et n'importe quoi.

Cela ne devrait probablement pas leur couper l'appétit.

10/12/2014

Une vigueur matinale

Personnalités, Social, Economie, GastronomieL'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, dit l'adage. Nicolas Sarkozy l'avait recyclé en boucle, quand il était à l'Elysée. Il y célébrait à longueur de journées «la France qui se lève tôt». Par opposition subliminale (à peine) aux chômeurs paressant au lit en d'interminables grasses matinées, sûrs de pouvoir bénéficier de «l'assistanat» si généreusement dispensé par l'Etat.

Le «patron des patrons», Pierre Gattaz, doit être fan de Nicolas Sarkozy. Puisque, ce matin, il a annoncé que, vendredi, il se lèverait à l'aube carrément. Ce jour-là, en effet, le président du Medef, première organisation d'employeurs française, va visiter le marché matinal de Rungis, en banlieue parisienne. C'est le plus grand marché de gros au monde. Et, de l'avis du syndicat patronal, le commerce de gros est vraiment une «filière d’excellence»: «Qualité et diversité des produits, TPE et PME travaillant ensemble, forte exposition internationale... autant d’atouts à valoriser et qui montrent que notre pays à tout pour réussir».

Concrètement, le «patron des patrons» débarquera dès 5h00 du matin au «Secteur de la Marée». Puis, il enchaînera avec le «Secteur des produits carnés». Au «Pavillon de la triperie», «une démonstration de découpe de tête de veau» est d'ores et déjà prévue. Viendront ensuite le «Pavillon de la volaille et du gibier», puis les aires du marché qui sont dévolues aux produits laitiers et avicoles, aux fruits et légumes, et enfin à l'horticulture, aux fleurs coupées et à la décoration.

Personnalités, Social, Economie, GastronomieLe Medef a fixé rendez-vous à la presse à... 3h45 tapantes, pour couvrir cette visite. La viande n'étant pas du tout notre fort en général et encore moins la triperie, a fortiori au saut du lit, on hésite quelque peu à s'accréditer.

Mais on est très impressionné par la vigueur et l'appétit matinaux de ce si vénérable héraut de «la France qui se lève tôt».

24/10/2014

Un géant, bienvenu?

Gastronomie, Art de vivre, Santé, ParisNe pas achever la semaine sans mentionner ce qui en a sans doute été l'événement majeur, pour tous les ados de Paris. L'ouverture de ce qui fait figure de temple mondial – ou européen, en tout cas – du whopper.

L'enseigne Burger King, en effet, a inauguré en grandes pompes son vaisseau amiral français: un fast food géant (1000 mètres carrés, 250 places assises) situé à Alésia, dans le quatorzième arrondissement. C'est le plus grand Burger King du continent. Il fait suite au retour en fanfare de cette marque en France, il y a bientôt un an (relire ). Retour couronné de succès: les Burger King de la gare Saint-Lazare et de la Villette ne désemplissent pas, paraît-il.

On vous laisse juges si c'est, ou non, une bonne nouvelle. Au moment où, selon la dernière étude nationale en date (), pour la première fois depuis quinze ans, l'obésité progresse un peu moins qu'avant, en France. Entre 1997 et 2000, elle a augmenté de plus de 18 %. Entre 2006 et 2009, ce fut de 10,7 %. Depuis 2009, on serait plutôt dans la zone des 3% de croissance.

Un Français adulte sur trois (32 %) n'en reste pas moins en surpoids, dont 15 % souffrent d'obésité, soit près de 7 millions de personnes. Ce qui n'est tout de même pas rien.

02/10/2014

Une si magnanime bienveillance

Puisqu'on parlait hier du secteur de la grande distribution, la distinction «Enseigne préférée» des Français vient d'être attribuée, concernant l'année 2014. Pour élaborer ce palmarès des «Enseignes de l'année», 6000 consommateurs ont été interrogés. Ils ont été invités à se prononcer sur l'attractivité d'une centaine d'enseignes, en prenant en compte des critères comme les prix de vente, le service et le choix disponible dans les magasins, etc. Le lauréat pour l'année 2014 est Picard. Le n°1 français du surgelé – plus de 900 magasins dans l'Hexagone – détrône la filiale française du géant américain de la vente en ligne Amazon. En 2010 et en 2011 déjà, Picard avait occupé la première place de ce classement.

On ne ne permettra pas de railler la mémoire courte du consommateur français moyen. Puisqu'il n'a sans doute pas oublié la retentissante affaire des lasagnes supposément de boeuf, mais qui étaient en fait à base de viande de cheval. En 2013, cette vaste fraude alimentaire avait fait grand bruit, en France comme dans nombre de pays européens On remarquera donc juste que ce consommateur est visiblement aussi magnanime que bienveillant. Lui qui, un an après, semble avoir déjà totalement pardonné à une des enseignes qui, à l'époque, avaient été éclaboussées par le scandale – on se souvient bien des écriteaux penauds qui étaient alors affichés dans tous les magasins Picard, se confondant en excuses d'avoir dû retirer des rayons de tels produits alimentaires, aussi improbables mais ayant échappé à tous les contrôles y compris dans une maison se disant pourtant très soucieuse de la qualité de ses produits.

20/06/2014

Un succès confirmé

Une info légère, pour terminer la semaine en douceur. Mais légère uniquement dans son contenu informatif, pas dans son poids calorique.

Cela a été annoncé et confirmé cette semaine: un deuxième «Burger King» va ouvrir à Paris, le mois prochain. Cette enseigne de restauration rapide avait fait son grand retour dans la capitale française il y a six mois (relire ), après y avoir été absente pendant quinze ans. L'accueil fait à son établissement de la gare Saint-Lazare a été si bon que son chiffre d'affaires a dépassé toutes les prévisions. Dès lors, fin juillet, un deuxième ouvrira. Dans le parc de La Villette, cette fois.

Les hasards de l'actualité sont parfois féroces. Cette annonce survient précisément la semaine où ont été présentées les grandes orientations de la prochaine loi sur la santé. Qui envisage notamment que, sur tous les aliments vendus dans les magasins, et a fortiori les produits alimentaires industriels, soit apposée une signalétique informant clairement le consommateur de la qualité de ces produits, ou non, pour la santé.

L'histoire ne dit pas si les whoppers et autres burgers – qui, au minimum, n'ont aucun intérêt nutritionnel – seront concernés, ou pas, par cette réforme annoncée.

27/05/2014

Un grand train de vie

Elections présidentielles, Justice, Economie, Sarkozy, Gastronomie Les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 auraient donc été truqués, et pas qu'un peu. Le but de la manoeuvre? Eviter que ces dépenses électorales n'explosent trop, au risque de dépasser le plafond légal des dépenses maximales autorisées (22 millions d'euros, concernant chacun des deux participants au second tour). Certaines de ces dépenses auraient donc été payées, non sur le budget de campagne du candidat, mais par son parti: l'UMP. Qui, pour ce faire, aurait commis pour une dizaine de millions d'euros de fausses facturations.

Hier soir, dans une mémorable confession télévisée (ici), le directeur adjoint de la campagne du candidat Sarkozy, et en même temps bras droit du patron (démissionnaire) de l'UMP, Jean-François Copé, a personnellement confirmé l'existence d'un tel mécanisme. Et l'a justifié par «les dérives» des dépenses électorales sarkozystes de 2012. En substance, elles partaient tant en vrille qu'il fallait absolument trouver une solution comptable – fût-ce illégale – pour les ramener artificiellement à la baisse.

Le candidat Sarkozy a-t-il donc été exagérément dispendieux, il y a deux ans? A-t-il jeté l'argent par les fenêtres, lors de sa campagne élyséenne? En tout cas, on se souvient qu'à l'époque, on avait été frappé combien cette campagne menait grand train de vie.

Elections présidentielles, Justice, Economie, Sarkozy, Gastronomie Pour ne prendre que ce seul exemple – pas forcément représentatif de l'ensemble –, c'était saisissant pour tout ce qui concernait les dépenses relatives aux réceptions, aux traiteurs, à l'intendance, etc. On l'avait raconté dans ce blog, à l'époque (relire ): côté Sarkozy, c'était petits fours, miniardises et mets fins alors que, côté Hollande, c'était beaucoup plus frugal.

Si le restant du budget de sa campagne a été dépensé à l'avenant, l'ex-Président a du souci à se faire. Et on n'a pas fini d'entendre parler de cette affaire.

20/12/2013

Une fin d'année

Paris, Gastronomie, Art de vivreEst-ce bien raisonnable? Une photo de burger bien gras, alors que toute la France s'apprête à déguster des mets de réveillon autrement plus raffinés? Mais c'est bel et bien ce burger qui, et oui, à Paris, fait l'actualité, en cette période de fêtes de fin d'année.

Pas n'importe quel burger: un whopper, estampillé Burger King. Car c'est cette semaine que l'enseigne américaine de restauration rapide a fait son grand retour dans la «Ville lumière», après quinze ans d'absence. Comme cela avait été annoncé il y a quelques mois (relire ). Et, manifestement, cela a marché du tonnerre. L'établissement n'a pas désempli de toute la semaine: n'a cessé d'être bondé de Parisiens avides de retrouver l'incomparable saveur, paraît-il, de ce fameux whopper.

Le saumon, la dinde, le chapon. Ou le whopper. C'est Noël, donc admettons de bonne grâce qu'il en faut pour tous les goûts. Même et y compris dans la capitale d'un pays qui est réputé dans le monde entier pour la qualité de sa gastronomie.

 

Ces (petites) choses étant dites, ce blog va prendre quelques jours de congé. Il reprendra son cours normal, quotidien, début janvier. En attendant, à toutes et tous, merci pour, cette année encore, votre fidélité. Passez de belles fêtes.

19/12/2013

Un secteur particulièrement surveillé

Une nouvelle bien de saison, à l'heure où toute la France s'hystérise dans les magasins pour le rituel annuel des courses de Noël. Les services chargés de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ont été priés de se bouger: d'intensifier leurs contrôles. Afin d'éviter que, comme on dit (ici) au gouvernement, les consommateurs «soient victimes de négligences ou d’abus, durant cette période d’activité commerciale intense».

La surveillance a été renforcée notamment dans le secteur des produits alimentaires des réveillons de fin d’année. Dans le viseur des contrôleurs, à la fois les fabricants, les grossistes, les importateurs et les distributeurs. Pour les amateurs de chiffres, 13.500 vérifications ont déjà été effectuées sur des foies gras, des huîtres, des bûches, etc. Elles ont porté à la fois sur le respect des règles d’hygiène (dates limites de consommation, températures de conservation ou propreté des locaux) et sur «la loyauté de l’information mise à disposition des consommateurs» (étiquetage, véracité des labels et appellations d’origine, réalité des annonces promotionnelles, etc.). Résultat? 3.000 manquements ont déjà été relevés, soit un «taux d’anomalie» de 22 %.

L'an dernier, à cette époque, il n'était que de 18,5%. L'histoire ne dit toutefois pas (encore) si ce taux cette année plus élevé d'infractions constatées traduit un relâchement des professionnels de la filière alimentaire, ou simplement une plus grande efficacité des opérations de surveillance les concernant.

31/10/2013

Une visite, appétissante?

Avis aux amateurs de sucreries et/ou aux... sympathisants du Font national. Ce jeudi matin à Paris, Porte de Versailles, Marine Le Pen visite... le Salon du Chocolat.
 
Pourquoi pas. Sans doute la présidente du Front national a-t-elle le droit, elle aussi, de tenter de flatter cet électorat-là.
 
L'histoire ne dit pas si les grands communicants du Front ont recommandé à leur patronne de bien veiller, pour son image, à y déguster autant de chocolat noir que de chocolat blanc.

01/10/2013

Une double arrivée, appétissante?

Quelques jours déjà que l'info a été confirmée, mais qu'on n'a pas encore eu l'occasion de l'évoquer, dans ce blog. Il est donc plus que temps. D'autant que la nouvelle est sans doute signifiante, dans ce grand pays d'exception culturelle gastronomique que se targue d'être la France.

Pour la première fois depuis seize ans, Burger King va ouvrir un établissement à Paris. Ce sera dans le centre commercial de la gare Saint-Lazare, et c'est programmé pour décembre. Les fans de whoppers seront aux anges d'apprendre que ce resto sera doté à la fois d'une double ligne d'assemblage, d'une salle intérieure de plus de 160 m², et de six grands écrans numériques sur lesquels seront affichés tous les menus. C'était en 1997 que le géant américain du fast-food, n°2 mondial du secteur derrière McDonald's, avait fermé ses 39 restaurants en France, qu'il estimait pas assez rentables.

Dans le même registre, mais cette fois en dehors de la «Ville lumière», et, lui, nettement plus controversé, les ambitions de Mc Donald’s en grande banlieue verte de Paris n'en finissent plus de faire débat. Ainsi, son projet (voir ici, notamment) d'ouvrir un resto en plein cœur du parc naturel de la Haute Vallée de la Chevreuse, dans les Yvelines, suscite la colère de collectifs de riverains. Une pétition (là) a été lancée, et des recours en justice introduits. Ces opposants craignent que ce poumon vert régional, de grande valeur, s'en trouve souillé par la circulation et la pollution automobiles, les déchets, et les enseignes publicitaires tapageuses. McDo, lui, fait miroiter la création de 50 emplois à temps plein. Ce qui, pour la localité concernée, n'est tout de même pas rien, a fortiori par ces temps de crise et de chômage.

En attendant de savoir qui remportera le bras de fer, prudemment, «pour notre santé, évitons de manger trop gras, trop sucré, trop salé» – selon la formule consacrée.

12/06/2013

Une contrefaçon, pas banale

Police, Sécurité, Economie, Gastronomie, Art de vivreUn fameux «effet madeleine de Proust», ce matin. A la lecture d'un communiqué du ministère des Finances qui, pourtant, s'annonçait très anodin. Et bien non, puisqu'il a fait resurgir des (très) vieux souvenirs gustatifs: ceux de goûters d'enfance.

Car, dernièrement, ce ne sont pas moins de 10.000 paquets de biscuits contrefaisant la marque «BN» qui ont été saisis par les Douanes françaises. Précisément, «le 15 mai dernier, suite à un ciblage par la brigade maritime des douanes de Marseille, un poids lourds a été contrôlé à sa sortie du port de Marseille. A l’intérieur, les agents ont découvert 20. 000 paquets de biscuits fabriqués par une société alimentaire tunisienne et destinés à une société basée à Lyon. Après retenue douanière, la moitié du chargement, soit 10.000 paquets de 16 biscuits, a été reconnue comme contrefaisant la marque BN, en raison du visage souriant sur le biscuit».

L'histoire ne dit pas si ces imitations du fleuron de la Biscuiterie nantaise sont moins bonnes que les originales. Ni si ces contrefaçons seront détruites, ou plutôt données aux associations distribuant de l'aide alimentaire aux plus démunis. Ces associations qui, d'ailleurs, au passage, sont en train de recevoir, ces jours-ci, des kilos de «lasagne de cheval». Au moins cette vaste fraude à la consommation aura-t-elle servi à cela...

03/05/2013

Une goutte d'eau dans la mer

On vit bien, décidément, à l'Elysée. Puisque, dans la cave à vins du palais présidentiel français, figurent des bouteilles dont la valeur souvent dépasse celle d'un salaire minimum – ainsi, ce Petrus de 1990 évalué à 2 200 €.

Si l'on peut se faire une idée de la richesse du patrimoine oenologique de l'Elysée, c'est parce que François Hollande a décidé de mettre en vente aux enchères (ici) une partie de la cave présidentielle: 1200 bouteilles, soit un dixième de la collection élyséenne. Cette vente, qui a été annoncée cette semaine, permettra le renouvellement de la cave, et en l'occurrence le réinvestissement «dans des vins plus modestes». Ce qui restera du produit des enchères «sera reversé au budget de l'État».

C'est sans doute de bonne guerre, en ces temps d'austérité budgétaire extrême.

Mais c'est peu dire que les quelques milliers ou dizaines de milliers d'euros qui retourneront ainsi dans les caisses de la Nation n'y pèseront que de peu de poids, face à l'ampleur de son déficit actuel (pour rappel: 87,2 milliards d'euros, en 2012). Une goutte d'eau – et non de grand cru, pour le coup –, dérisoire somme toute, dans la mer déficitaire budgétaire.