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12/06/2013

Une contrefaçon, pas banale

Police, Sécurité, Economie, Gastronomie, Art de vivreUn fameux «effet madeleine de Proust», ce matin. A la lecture d'un communiqué du ministère des Finances qui, pourtant, s'annonçait très anodin. Et bien non, puisqu'il a fait resurgir des (très) vieux souvenirs gustatifs: ceux de goûters d'enfance.

Car, dernièrement, ce ne sont pas moins de 10.000 paquets de biscuits contrefaisant la marque «BN» qui ont été saisis par les Douanes françaises. Précisément, «le 15 mai dernier, suite à un ciblage par la brigade maritime des douanes de Marseille, un poids lourds a été contrôlé à sa sortie du port de Marseille. A l’intérieur, les agents ont découvert 20. 000 paquets de biscuits fabriqués par une société alimentaire tunisienne et destinés à une société basée à Lyon. Après retenue douanière, la moitié du chargement, soit 10.000 paquets de 16 biscuits, a été reconnue comme contrefaisant la marque BN, en raison du visage souriant sur le biscuit».

L'histoire ne dit pas si ces imitations du fleuron de la Biscuiterie nantaise sont moins bonnes que les originales. Ni si ces contrefaçons seront détruites, ou plutôt données aux associations distribuant de l'aide alimentaire aux plus démunis. Ces associations qui, d'ailleurs, au passage, sont en train de recevoir, ces jours-ci, des kilos de «lasagne de cheval». Au moins cette vaste fraude à la consommation aura-t-elle servi à cela...

03/05/2013

Une goutte d'eau dans la mer

On vit bien, décidément, à l'Elysée. Puisque, dans la cave à vins du palais présidentiel français, figurent des bouteilles dont la valeur souvent dépasse celle d'un salaire minimum – ainsi, ce Petrus de 1990 évalué à 2 200 €.

Si l'on peut se faire une idée de la richesse du patrimoine oenologique de l'Elysée, c'est parce que François Hollande a décidé de mettre en vente aux enchères (ici) une partie de la cave présidentielle: 1200 bouteilles, soit un dixième de la collection élyséenne. Cette vente, qui a été annoncée cette semaine, permettra le renouvellement de la cave, et en l'occurrence le réinvestissement «dans des vins plus modestes». Ce qui restera du produit des enchères «sera reversé au budget de l'État».

C'est sans doute de bonne guerre, en ces temps d'austérité budgétaire extrême.

Mais c'est peu dire que les quelques milliers ou dizaines de milliers d'euros qui retourneront ainsi dans les caisses de la Nation n'y pèseront que de peu de poids, face à l'ampleur de son déficit actuel (pour rappel: 87,2 milliards d'euros, en 2012). Une goutte d'eau – et non de grand cru, pour le coup –, dérisoire somme toute, dans la mer déficitaire budgétaire.

27/03/2013

Un bilan «mi figue-mi raisin»

Education, Santé, Jeunes, Art de vivre, GastronomiePuisqu'on parlait de cuisine hier, il semble que la France ait encore des progrès à faire en ce qui concerne la qualité de la nourriture servie dans les cantines scolaires. C'est en tout cas l'avis de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Qui, dans 606 communes et établissements scolaires du pays, a analysé la manière dont était respectée «l'obligation de qualité nutritionnelle» faite à ces établissements. Résultat? «Un bilan mi figue-mi raisin».

Côté pile: des progrès en ce qui concerne certains aliments: légumes, produits laitiers ou féculents. Et «une impressionnante montée en régime de la qualité» des repas servis à la cantine des écoles élémentaires. Côté face: la qualité n'est toujours pas au rendez-vous pour les ingrédients de menus tels que la viande rouge, le poisson, les crudités et les fruits frais. Et, autant les écoliers mangent désormais mieux, autant les collégiens et lycéens en sont souvent restés au stade de la malbouffe. «En cause, les menus avec choix, qui laissent les élèves consommer certains aliments à des fréquences très inférieures à la norme». Et le fait que, pas rarement,«la cantine traditionnelle se trouve en concurrence avec des stands de type cafétéria, fast-food ou sandwicherie, avec, en guise d’aliments, des produits fortement déséquilibrés».

Le gouvernement est donc invité à renforcer la réglementation. Par exemple, en interdisant, dans les écoles, «tout mode de restauration alternatif» aux cantines réglementées, et/ou en instaurant un «choix dirigé» quand les élèves ont la possibilité de «menus à choix multiples».

Les syndicats de lycéens, dont on doute a priori qu'ils soient d'office ravis, n'ont pas encore réagi...

26/03/2013

Un corvée, à force

Habiter à Paris et dans sa région, c'est vivre dans un univers ultra-urbanisé et donc, comme tout citadin de grande ville, être censé ouvert à la modernité. Dans certains domaines d'activités, pourtant, le Parisien ou banlieusard moyen reproduit des schémas on ne peut plus traditionnels. C'est le cas en ce qui concerne l'activité culinaire, à en croire une recherche en sciences sociales que vient de publier l'Institut français de la recherche agronomique.

Elle concerne les modalités de préparation du repas du soir, et a été réalisée auprès de 818 ménages vivant dans la région-capitale. Il en ressort que, à Paris et dans sa région tout autant qu'ailleurs, Monsieur remplace très peu fréquemment Madame aux fourneaux, après la journée de boulot: «Avec plus des deux tiers (68%) de femmes chargées de la cuisine quotidienne au sein des ménages interrogés, ces dernières occupent toujours une place centrale en cuisine».

Les femmes en cuisine, donc, à Paris aussi. Pour le plaisir des intéressées? Pas franchement. L'étude confirme que la répétition lasse, que la routine d'une tâche en soi pas désagréable au départ peut la rendre assommante, à force d'être trop fréquemment accomplie. A cet égard, le clivage hommes-femmes est frappant. Au sein des couples parisiens, les hommes qui mettent la main à la pâte «sont 8 sur 10 à déclarer aimer faire la cuisine au quotidien». En revanche, «la moitié des femmes qui cuisinent n’apprécient pas cette activité».

Elle n'en ont que plus de mérite de se la coltiner.

28/02/2013

Une préférence nationale

Faisons écho tout de même à cette petite nouvelle agro-alimentaire tombée en début de semaine, qui a été un peu éclipsée par tout le buzz autour des tribulations politico-judiciaires de ce petit cochon littéraire, qu'on évoquait dans ce blog hier et avant-hier. Une nouvelle qui concerne la France, mais aussi la Belgique. Et qui n'est pas trop bonne pour l'agriculture de ce dernier pays.

Puisque McDonald's-France vient d'annoncer que, d'ici à la fin 2013, dans ses 1 260 fast-food de l'Hexagone, on ne servirait plus que des frites 100% françaises. Aujourd'hui, 70% seulement de ces frites viennent de France, les 30% restants provenant de Belgique.

Ce changement entraînera la plantation en France – principalement dans les départements du Nord et du Pas de Calais – de 4 000 hectares supplémentaires de cultures dévolus à la pomme terre. Et fera passer de 250 à 350 le nombre d'agriculteurs français sous contrat avec Mc Cain: le groupe qui fournit les frites surgelées à la filiale française du géant américain du burger. En revanche, ce sera une perte sèche pour les cultivateurs belges concernés.

A moins que cela nous ait échappé, l'ambassadeur de France à Bruxelles n'a pas été convoqué au ministère belge des Affaires étrangères, pour y être sermonné.

24/10/2012

Une autorisation, bucolique

Puisqu'on évoquait l'Assemblée nationale dans ce blog hier, cette autorisation qu'a donnée son nouveau président, le socialiste Claude Bartolone. Un feu vert certes infiniment anecdotique, mais néanmoins joliment bucolique. L'accord que, sur le toit du Parlement, l'on installe... des ruches.

La demande avait été faite par un député UMP, dont le suppléant est lui-même apiculteur. Pour ce parlementaire, ce faisant, «la représentation nationale, montrant comme il se doit l’exemple, participerait concrètement à la protection d’une espèce en difficulté et pourtant essentielle à la conservation de la biodiversité»: les abeilles. Ce sera donc chose faite.

L'histoire ne dit pas si ce miel provenant d'un Parlement désormais majoritairement à gauche sera, ou non, accessible à toutes les bourses. S'il sera, par exemple, plus abordable qu'un autre nectar issu lui aussi de toits parisiens fameux: le miel de l'Opéra Garnier.

Qui, à 15€ les 125 grammes, doit être le miel le plus cher et le plus chic du monde. A ce prix-là, il peut bien être bon.

17/10/2012

Un menu appétissant (suite)

Santé, Art de vivre, Gastronomie, Institutions, Histoire, Personnalités, Mitterrand, Giscard, Chirac, Hollande, Sarkozy7 millions de Français sont obèses. Et 15 millions sont en surpoids. Si l'on en croit une étude publiée hier, on continue à manger trop et/ou mal dans l'Hexagone. Même si l'obésité y est comparativement moindre qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, et même si sa progression, en France, semble ralentir – mais pas chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Malgré ces chiffres pas réjouissants, reparlons gastronomie, aujourd'hui. Et partons à nouveau dans les coulisses de l'Elysée, côté cuisines – qu'on évoquait l'autre jour (relire ici). Car, depuis la rédaction de cette note, on a retrouvé, dans le fin fond de nos archives, un long papier qu'on avait jadis rédigé sur la petite histoire du palais présidentiel: il y dix ans, à l'occasion des élections présidentielles de 2002. On y a trouvé quelques détails complétant utilement ce sujet aussi prestigieux qu'appétissant.

Ainsi, l'Elysée a beau avoir toujours compté parmi les meilleures tables de France, y travailler comme cuisinier doit être stressant. En effet, les exigences du protocole sont souveraines. L'une d'elles, par exemple, impose qu'un dîner d'Etat soit obligatoirement servi en 55 minutes chrono: pas une minute de plus.

En outre, bien évidemment, les chefs travaillant au palais doivent satisfaire les caprices culinaires du locataire des lieux. Nicolas Sarkozy, par exemple, soucieux de sa ligne – ce qui ne l'empêchait pas d'avoir toujours du chocolat sur son bureau –, avait banni le fromage de la table présidentielle. Fromage qui, paraît-il, a fait sa réapparition dans les menus de l'Elysée depuis que François Hollande y a été élu, en mai. Un quart de siècle plus tôt, François Mitterrand avait l'habitude, dit-on, de commander du homard à ses cuisiniers, à toute heure du jour voire de la nuit. Jacques Chirac, lui, c'est bien connu, carburait plus modestement: aux plats régionaux – la fameuse tête de veau – arrosés de bière mexicaine. Quant à Valéry Giscard d'Estaing, la légende élyséenne assure qu'il avait fait interdire les décorations de gâteaux et de pâtisseries en forme de roses, qui lui rappelaient trop l'emblème du Parti socialiste.

Deux anecdotes encore, issues elles du livre «L'Elysée – Histoire secrète et indiscrète des origines à nos jours», de l'historienne Claude Pasteur (Editions Tallandier, 2002).

santé,art de vivre,gastronomie,institutions,histoire,personnalités,mitterrand,giscard,chirac,hollande,sarkozyD'un point de vue culinaire, Valéry Giscard d'Estaing «se démarquait de ses prédécesseurs, en n'attachant pas la même importance aux plaisirs de la table. En dehors des repas officiels, il se contentait volontiers de fruits et de légumes». Quant à François Mitterrand, il fit «moderniser les grandes cuisines de l'Elysée, sans que cette modernisation ait fait disparaître les cuivres traditionnels, gravés du monogramme de Louis-Philippe ou de l'aigle impériale de Napoléon III».

La pompe, le faste, et le respect de la tradition, jusque dans les moindres détails.

18/09/2012

Un menu appétissant

Culture, Cinéma, Radio, Gastronomie, Art de vivre, Institutions, Mitterrand Sortie en salles dans l'Hexagone, demain mercredi, du film «Les saveurs du Palais», qui s'annonce assez appétissant. Avec Catherine Frot, qu'on a toujours adorée. Et l'ineffable Jean D'Ormesson, qui débute sa carrière cinématographique en campant rien de moins qu'un Président de la République inspiré de François Mitterrand. Le film raconte l'histoire d'une dénommée Hortense Laborie: Périgourdine au caractère bien trempé, qui, du jour au lendemain, est bombardée cuisinière particulière du chef de l'Etat.

Son personnage est directement inspiré de celui de Danièle Mazet-Delpeuch, qui fut la cuisinière personnelle de François Mitterrand de 1988 à 1990. L'autre jour, elle racontait son expérience à la radio, et sa description des coulisses de l'Elysée côté cuisines était passionnante. Si vous avez une heure de libre et voulez entendre cela, c'est podcastable ici.

C'est l'occasion d'évoquer «On va déguster»: l'émission gastronomique dominicale de France Inter. L'impeccable François-Régis Gaudry, l'épatante chroniqueuse Elvira Masson, le malicieux oenophile Dominique Hutin: le dimanche matin, on ne raterait pour rien au monde leur exploration du monde de la cuisine. Ici, pas de nappe blanche ni de chichis, pas non plus de ton cocardier énervé à la Jean-Pierre Coffe, ni parisianisme ni provincialisme: semaine après semaine, on trouve décidément impeccable le ton de cette émission. A découvrir, donc, si vous ne la connaissez pas: c'est une exquise mise en bouche, pour un beau début de dimanche.

30/04/2012

Un différence de traitement (culinaire)

On n'a pas gardé de souvenir de cela pour la campagne présidentielle de 2002. Mais, par contre, on se souvient bien qu'on s'était déjà fait la réflexion pendant celle de 2007. Côté coulisses, dans le genre donc très anecdotique, il y a une nette différence dans la manière dont les journalistes sont traités par les présidentiables. Une différence de traitement... culinaire.

Tous les candidats à l'Elysée ont l'habitude de garnir les salles de presse de leurs meetings de victuailles diverses et variées. Destinées sans doute à éviter que des journalistes y tombent d'inanition (ces meetings terminent souvent tard), ou qu'ils soient affamés/assoiffés au point que leurs compte-rendus de meeting s'en ressentent négativement. Or, entre les buffets de presse de Nicolas Sarkozy et ceux de François Hollande, il y a un monde de différence. Comme les buffets sarkozystes de 2007 n'avaient rien à voir avec ceux de Ségolène Royal.

Côté Sarkozy: les petits plats dans les grands. Petits fours et zakouskis. Miniardises et canapés garnis. Petites salades diététiques très chics. Macarons et viennoiseries venus des plus grandes pâtisseries. Cela sent la qualité comme l'opulence à plein nez. Et c'est servi par du personnel en livrée.

Rien de tel côté Hollande. Là, c'est la bonne franquette. Des sodas, du café, de l'eau, des jus de fruits, des chips, des biscuits standards: petits beurres, barquettes aux fraises, ou madeleines industrielles. L'essentiel y est, mais on ne passe pas des heures au buffet: on se sert son coca et, basta, on s'en va.

D'un strict point de vue culinaire (rien de politique là dedans), on préfère nettement la seconde formule. Lors des meetings sarkozystes, on n'ose à peine approcher le buffet des journalistes. Impression désagréable de jouer les pique-assiettes. Sensation dérangeante de se laisser cajoler. A la limite de la culpabilité.

Mais on ne jurerait pas que tel est aussi l'avis d'une majorité des journalistes couvrant cette présidentielle.

09/02/2012

Une pagaille d'anthologie (suite)

Economie, Gouvernement, Gastronomie, Art de vivreC'est certainement très anecdotique par rapport à la marche du monde et de la France, par ailleurs. Mais parlons tout de même de ce dernier rebondissement en date survenu dans la grande pagaille qui régit les taux de TVA en France, depuis leur modification en janvier. Parlons-en, parce qu'on trouve que cette anecdote illustre assez joliment la pesanteur, dans ce pays, d'une certaine technocratie.

On avait donc vu cela le mois dernier (relire ici): des taux de TVA différents s'appliquent désormais à un sandwich et à un panini, à un cornet de glace artisanale et à un cône glacé industriel, à un sandwich garni avec ou sans mayonnaise, ou à une quiche consommée chez le boulanger ou achetée à emporter. Encore plus fort: bientôt, existeront deux taux de TVA différents pour le chocolat, selon le type de chocolat.

On a entendu cela hier, sur une radio (là): «C'est une situation saugrenue: un taux de TVA différent pour le chocolat au lait et le chocolat noir. En effet, la hausse de la TVA ne concerne pas les produits alimentaires de base, qui eux, bénéficient d'un taux réduit de 5.5%. Sauf le chocolat au lait! Le prix de la tablette de chocolat au lait devrait donc augmenter en octobre. Le projet de loi de finances rectificative doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Il prévoit notamment une hausse du taux de TVA de 19,6% à 21,2%».

Le chocolat au lait étant notoirement plus gras et plus sucré que le chocolat noir, donc le premier faisant davantage grossir que le second, au moins les nutritionnistes de France se réjouiront-ils de cette nouvelle trouvaille de l'administration. Sans doute est-ce déjà cela.

13/01/2012

Une double palme

S'il y avait une palme hebdomadaire de la déclaration à l'emporte-pièce, le député-maire UMP de Nice (et ex-ministre) Christian Estrosi la remporterait haut la main, cette semaine. L'autre jour, sur une radio, ce sarkozyste de choc n'a rien trouvé de mieux que de s'emporter de la sorte, revenant sur un certain dimanche soir de mai 2007: «C'est indigne de reprocher au Président de la République d'être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées, ce soir-là!»

Populaire, donc, le «Fouquet's». Vu l'énormité de cette assertion, nombre de médias ont pris un malin plaisir, ces derniers jours, à se pencher sur la carte de cet établissement. Cela donne «28€ le saumon fumé de Norvège en entrée», «54€ le ris de veau braisé», ou «des menus à 80€». A l'UMP, semble-t-il, on n'a pas la même notion que dans le reste du pays de ce qui est, ou pas, accessible au peuple.

La socialiste Martine Aubry, elle aussi, a cru bon d'évoquer la brasserie parisienne préférée des sarkozystes, cette semaine. En vilipendant les «maux» d'un «quinquennat Fouquet's».

Il nous semblait que, depuis une certaine affaire Strauss-Kahn (la Porsche place des Vosges, la suite la plus chère du Sofitel, les pâtes aux truffes dans un resto chic de Manhattan, etc.), le PS n'était définitivement plus le mieux placé pour faire la leçon à la droite, question train de vie. Depuis le cas DSK, le parti à la rose a compris l'image désastreuse qu'un tel affichage de luxe a pu donner, dans l'électorat «populaire» par exemple? Les barons de ce parti la jouent modeste, à présent? Et bien pas tous, semble-t-il; on en a eu confirmation (ici) cette semaine.

Aux prochains scrutins, l'électorat «populaire» va adorer cela: la «droite-Rolex» contre la «gauche-Porsche».

Encore bravo.

06/01/2012

Une pagaille d'anthologie

Difficile d'achever la semaine sans évoquer l'incroyable pagaille qui, depuis le 1er janvier, règne dans nombre de magasins – à Paris comme en province. Pagaille due au changement intervenu dans les taux de TVA, dans le cadre du dernier plan de rigueur gouvernemental. Le relèvement (de 5,5% à 7%) du taux de la TVA réduite pour toute une série de produits, mais pas pour toute une série d'autres, a plongé nombre de commerces dans une confusion considérable. A Paris ces derniers jours, c'était parfaitement notable dans les boulangeries, par exemple.

Le client doit désormais se voir facturer un taux de TVA distinct selon notamment que les aliments achetés sont destinés soit à être emportés, soit à être consommés sur place. Déjà pas trop simple à gérer au moment du passage en caisse. Exemple? La quiche emportée froide est frappée d'une TVA à 5,5%. Mais, si elle est réchauffée dans le micro-ondes de la boulangerie, sa TVA passe à 7%. Même différence entre le sandwich et le panini. Mais les chocolats ou macarons vendus dans la même boulangerie continuent, eux, à être taxés à 19,6%. «Nous sommes totalement perdus. En terme de complexité, je crois qu'on ne peut pas mieux faire», s'est énervé, dès le début de la semaine, le patron de la confédération de la boulangerie-pâtisserie française.

En milieu de semaine, constatant la pagaille, le ministère de l'Economie a sorti une note explicative (30 pages!) censée simplifier le casse-tête. Il en résulte que le cornet de glace acheté chez le glacier et le cône industriel Igloo ou Ola acheté au supermarché seraient frappés de deux taux de TVA différents. Idem pour le sandwich s'il est garni ou non de mayonnaise. Idem pour une boisson selon qu'elle est vendue dans un gobelet en carton ou en canette. En revanche, les chips et viennoiseries auraient toujours le même taux de TVA, qu'ils soient achetés ici ou là.

Tout cela au conditionnel, parce que la note de Bercy a eu l'effet exactement inverse de celui qu'elle recherchait: dans les petites commerces (ceux de notre quartier, en tout cas), le fouillis est tel que plus personne ne s'y retrouve: ni le commerçant, ni le client.

Encore bravo.

08/12/2011

Un bon goût discutable

Léger mouvement de recul en prenant connaissance de la dernière initiative en date d'«Action contre la Faim» (ACF). Ce n'est pas le travail de cette ONG qui est en cause, ni bien sûr l'enjeu global de l'aide aux pays du Sud. C'est le coup de com' qu'elle a monté pour sa prochaine manifestation caritative.

Il s'agit... d'«un dîner gastronomique haut de gamme». D'un dîner autour de «menus exclusifs» concoctés par ... les deux chefs finalistes de l'émission de télé à succès «Top Chef», sur M6. Les fonds récoltés à cette occasion seront reversés à l'association.

On ne la sent pas trop, cette mise en relation entre la futilité des concours culinaires télévisés et l'horreur des famines meurtrières. On le trouve d'un goût très discutable, en fait, ce cousinage entre, d'une part, des gourmets tentant de gagner la notoriété à coups de menus caloriques, télégéniques et chics, et, d'autre part, des populations dénutries au point d'en crever.

On a d'ailleurs eu un mouvement de recul assez similaire le week-end dernier. Quand, leurs défilés achevés sur TF1, les Miss France 2011 ont été appelées en renfort par les animateurs du Téléthon, sur France Télévisions. La plastique si parfaite de ces dames mise au service du buzz au profit de ces enfants au physique souvent si difficile que sont ceux du Téléthon... Là encore, le rapprochement était très bien intentionné, et il se faisait au profit d'un objectif caritatif très louable. Mais on était, comment dire..., un peu mal à l'aise.

02/08/2011

Un joli coup de com'

C'est LA grosse nouvelle de cet été 2011 en France, à en juger à l'incroyable écho qu'elle a eu ces quinze derniers jours dans les médias, ici. On veut parler du passage de 11 à 17 euros du montant de l'amende pour stationnement impayé ou irrégulier. Cette majoration est entrée en vigueur lundi; cela faisait un quart de siècle que la contredanse n'avait pas augmenté. Cette mauvaise nouvelle pour des millions d'automobilistes a donné une idée assez farce de campagne de com' aux... producteurs de prunes!

Car, il fallait y penser: dans le langage courant, en français de France en tout cas – en français de Belgique, on ne se souvient plus trop, mais on ne croit pas –, les amendes de stationnement sont rebaptisées des «prunes». Du coup, les producteurs de ces fruits ont sauté sur l'occasion pour faire la pub de leurs produits. Comment? Jusqu'au 30 septembre, ils proposent tout simplement... le remboursement des PV de stationnement! Il suffit d'aller sur la page dédiée de leur site web, qui proclame d'ailleurs fièrement: «Chaque jour, la Prune de nos terroirs rembourse 3 PV». Là, l'automobiliste verbalisé répond à un petit quizz sur ces fruits. S'il obtient cinq bonnes réponses et est tiré au sort, les producteurs français de Reine-Claude, de Quetsche ou de mirabelles lui envoient un virement correspondant au montant de son amende.

Bravo aux pubards qui ont conçu cette campagne de com': rien qu'au vu du retentissement médiatique qu'elle a eu ces derniers jours, elle est un succès. Qui sait la popularité probable d'une telle initiative auprès des automobilistes se répercutera-t-elle même, cet été, sur les chiffres de vente de cette filière agricole – l'Hexagone produit chaque année, singulièrement dans le Sud-Ouest, 75 000 tonnes de prunes, ce qui n'est tout de même pas rien.

05/07/2011

Un menu toujours aussi débattu

Gros embarras, hier soir sur une radio. A l'issue d'une interview assez ronron, un lieutenant de DSK, Jean-Christophe Cambadélis, était soudain titillé par des auditeurs-internautes, là de manière un peu plus musclée, sur... les fameuses pâtes aux truffes dégustées ce week-end par son mentor – ce dont on parlait hier. «Il avait faim...», répliqua-t-il, d'une petite voix. «Oui mais quand même: des truffes!», insistait en substance un deuxième auditeur. «C'est bien, les pâtes: ce sont des sucres lents, cela donne de l'énergie», poursuivait le strauss-khanien. «Donc, après la gauche-caviar, la gauche-truffe?», assénait un troisième auditeur. «Dominique dînait avec un ami qui avait les moyens de lui payer cela», botta en touche le lieutenant de DSK. Qui, sans doute, avec de tels arguments, n'aura convaincu que ceux qui l'étaient déjà.

Autre réflexion sur le même sujet gastronomico-politique, hier encore: celle de Jérôme Fourquet, directeur adjoint de l'institut de sondages Ifop. A ses yeux, le rapport de DSK à l'argent peut vraiment, politiquement, être «problématique, surtout pour un possible candidat de la gauche». Car «on a en France un rapport ambigu à l'argent et à la réussite sociale; c'est notre vieux fond catholique et révolutionnaire». Et car «on a vu que DSK avait des moyens financiers qui n'ont rien à voir avec ceux des Français moyens». Et le sondeur de s'effarer: «Ses ennuis avaient commencé avec la Porsche et le prix de ses costumes. Et voilà qu'à peine sorti, il recommence: ses premiers pas de liberté sont pour aller manger des pâtes aux truffes à 100$ l'assiette! S'il revient en politique, la question de son train de vie sera l'une des grilles de lecture (de sa popularité)».

C'est aussi cette sortie si médiatisée du couple Strauss-Kahn-Sinclair dans l'Upper East Side qui a été invoquée, hier toujours, par Tristane Banon. Ce mardi, cette jeune femme poursuit DSK devant la justice française, pour tentative de viol en 2003. «Voir Strauss-Kahn libéré puis aussitôt dîner dans un restaurant de luxe entre amis, ça me rend malade», a-t-elle déclaré hier.

L'addition, là, pour DSK, pourrait être vraiment salée, voire indigeste. Si d'aventure il était jugé aux assises puis reconnu coupable et condamné, c'est carrément de... 15 ans de prison qu'il pourrait écoper.

04/07/2011

Un menu (révélateur?)

patesauxtruffes.jpgMelon au jamon serrano, pâtes aux truffes noires, Pinot gris: tel a donc été le menu des époux Strauss-Kahn pour leur première sortie resto samedi soir, dans l'Upper East Side new-yorkais. Avec les papparazzi dans les jambes, mais, pour Monsieur, sans bracelet électronique à la cheville. Juste deux remarques, en passant.

 

Un: sans être le moins du monde nutritionniste, juste journaliste, pareil menu nous semble tout de même exagérément calorique, riche et gras. Mais sans doute la ligne n'est-elle pas une priorité quand on a croupi à Rikers Island et été menacé de 74 années de prison...

 

Deux: au prix de la truffe melanosporum, un tel menu est très politiquement incorrect. Pour une personnalité dont, d'après un sondage ce week-end, 60% des Français de gauche espèrent le retour en politique. Selon la presse – qui, en ce moment, n'a visiblement rien de mieux à faire –, le couple Strauss-Kahn s'en est tiré avec une addition entre 600 et 700$. Et le resto qu'il ont choisi est pour le moins bling: fréquenté par des stars comme Rihanna, Madonna, etc.

 

Pour de fins analystes politiques, la truffe, après la Porsche Panamera et la prison dorée de Manhattan louée à 50.000$ par mois: tout cela montre bien que DSK n'en a plus rien à faire de la présidentielle de 2012. Sinon, il dépenserait sa fortune avec moins d'ostentation, histoire de ne pas choquer l'électeur socialiste qui, comme beaucoup de Français en ce moment, a du mal à nouer les deux bouts.

 

Juste: s'attendait-on vraiment à ce que DSK et Anne Sinclair aillent fêter cette libération sur parole au kebab du coin? Et que n'aurait-on dit s'ils l'avaient fait?

20/04/2011

Une «usurpation»

camembert.jpgLe diable se niche dans les détails, assure l'adage. En France, pays de la bonne bouffe, il semble que l'on retrouve le démon également dans le moindre recoin d'... emballage de fromage. C'est l'association de consommateurs «UFC-Que choisir» qui a récemment alerté sur cette diablerie gastronomique (ici). Qu'elle juge d'autant plus préoccupante qu'elle affecte «le fleuron de notre identité nationale: le camembert».

Votre camembert préféré est-il «de Normandie» ou «fabriqué en Normandie»? Là est toute la question. Pour l'organisme qui défend les producteurs de camembert d'appellation et d'origine contrôlée, la mention «fabriqué en Normandie» est illégale, et devrait être interdite. Car elle est trompeuse: «elle est source de confusion dans l’esprit de 90% des consommateurs». Explication? «Contrairement au «camembert de Normandie», dont la fabrication est régie par un cahier des charges draconien, la mention «camembert fabriqué en Normandie» n’a aucune valeur légale. Elle signifie uniquement que l’usine de production du fromage est située dans cette région, sans garantie quant à l’origine de ses composants : lait pasteurisé, lait en poudre ou lait importé des quatre coins de la planète en fonction des cours du marché». L'UFC accuse donc les géants de l'industrie laitière française, le groupe Lactalis singulièrement, de se livrer à de la «concurrence déloyale», voire à de l'«usurpation». Selon elle, le gros business de l'agroalimentaire tente sans vergogne de «profiter de la réputation de la dénomination protégée, pour induire le public en erreur».

L'heure doit être grave. Et, en haut lieu, on doit être très ennuyé. Car, en cette ère de pré-campagne électorale, voilà, somme toute, une insécurité de plus – gustative, voire gastronomique – à mettre au débit de sa politique de lutte contre la délinquance.

10/01/2011

Une occasion

Un happening politico-gastronomique à grand succès médiatique, ce week-end dans les beaux quartiers de Paris. Samedi, l'écologiste Eva Joly est allée rendre visite aux «galériens du logement» du collectif «Jeudi noir». Ces militants, après avoir squatté un splendide hôtel de maître inoccupé de la place des Vosges (c'était ici) puis en avoir été expulsés après une longue saga judiciaire, ont investi cette fois un vaste immeuble de bureaux vide de l'assureur Axa, situé à un jet de pierre du palais de l'Elysée. L'eurodéputée écologiste n'est pas arrivée les mains vides chez les squatteurs. Elle leur a apporté une galette des rois, qu'ils ont dégustée tous ensemble: à la bonne franquette et sous les objectifs d'une nuée de caméras.

Une galette des rois, donc. C'est bien de saison. Nous, on n'a pas le souvenir d'en avoir jamais mangé à Paris, depuis qu'on s'y est installé. Parce que, comme toutes les pâtisseries et viennoiseries, exagérément grasses et sucrées comme chacun sait, cela n'a pas un grand intérêt nutritionnel. Et parce que les boulangers-pâtissiers parisiens ont fait un véritable business de cette tradition de l'Epiphanie, ce qui les amène à vendre ces gâteaux à des prix ridiculement prohibitifs – on l'avait d'ailleurs déjà signalé l'an dernier dans ce blog, à la même époque (ici). Mais, cet hiver, c'est peut-être l'occasion ou jamais de goûter une de ces fameuses galettes.

Puisque, cela tombe à merveille, c'est dans notre cher onzième arrondissement que l'on trouve «les meilleures galettes des rois de Paris»! L'atteste le palmarès de la dernière édition du grand concours de la meilleure galette de la région parisienne – oui, oui: cela existe. Parmi 300 candidats, le jury de l’Ecole de Paris des métiers de la table a couronné, derrière le trio de tête constitué par trois boulangers-pâtissiers de la banlieue, deux de leurs confrères établis dans notre quartier: aux boulevards Beaumarchais et Voltaire. C'est donc peut-être l'occasion ou jamais de se laisser tenter.

Les lecteurs qui habiteraient trop loin de ces boulangeries parisiennes distinguées pour pouvoir y faire un saut et/ou qui voudraient mettre la main à la pâte découvriront ici «comment réussir la galette des rois» à la française (résumons: pâte feuilletée de qualité, assez épaisse, et frangipane légère) ainsi que des liens vers les recettes de ces deux ingrédients. Bon appétit.

23/12/2010

Une double hérésie

tepakap.jpgUne note bien de saison aujourd'hui, puisque 60 millions de Français s'apprêtent à se faire plaisir/à se goinfrer/à l'occasion du réveillon de Noël. En France, l'industrie agro-alimentaire n'a pas attendu le jour J pour innover. Et, cette année, c'est le secteur de la restauration rapide qui s'est distingué. En effet, il a proposé à ses consommateurs ce qui constitue assurément une double et effarante hérésie nutritionnelle: encore plus insensée que la nourriture proposée le restant de l'année par la restauration rapide.

On a d'abord le «Tepakap», proposé par l'enseigne Speedburger. Une horreur calorique. Ses quatre steaks hachés, soit 420 grammes de viande, en font un sandwich de plus de 10 cm de hauteur. «Pour l'hiver c'est idéal, car on a besoin de manger plus», assurent ses inventeurs. C'est bien sûr un argument commercial grotesquement fallacieux. N'importe quel étudiant de première année en diététique vous confirmera qu'autant les paysans du Moyen-Age qui, à longueur d'années, ne mangeaient pas toujours à leur faim et travaillaient dur dehors, avaient effectivement besoin de se nourrir davantage en hiver, autant ce n'est absolument plus le cas, dans nos pays riches en tout cas, pour les consommateurs d'aujourd'hui, qui sont loin d'être dénutris. Selon les calculs des nutritionnistes, ce «Tepakap» est «un pur délire»: il pèserait à lui tout seul plus de 1500 calories.

On a eu ensuite, ces dernières semaines chez Quick cette fois, le burger au... foie gras. Ce qui, au passage, a valu à cette enseigne une manifestation des défenseurs des animaux. L'autre jour, une quinzaine de militants de la fondation Bardot notamment ont protesté devant le Quick de la rue de Rivoli, en plein coeur de Paris, dénonçant l'élevage de canards en batterie. Selon eux, «Quick ne propose pas de la gastronomie, mais de la barbarie à bas prix».

burgerfoiegraasquick.jpgD'un point de vue gastronomique, cette innovation ne fait pas l'unanimité. Si certains (ici) louent le côté «fondant» et «généreux» de ce burger au foie gras, d'autres (là), au Périgord, le trouvent «trop sucré». Mais ce qui est sûr, c'est que d''un point de vue nutritif, l'ajout, à un burger déjà très calorique, de cet aliment extrêmement riche qu'est le foie gras n'arrange évidemment pas les choses.

On estime qu'un Français sur trois (31%) est atteint de surcharge pondérale. Un grand bravo donc au secteur de la restauration rapide pour cette double innovation de poids.

PS: Sinon, en ce qui concerne plus précisément la capitale et le voisinage de notre quartier, une pétition circule en ce moment contre l'ouverture d'un maxi fast-food au métro Saint-Paul, pas loin de Bastille. Heu... Paris ne compte pas déjà assez de Quicks, McDo et autres KFC?

06/12/2010

Une futilité

«Saint Nicolas a déposé une boîte de friandises sur votre bureau». C'est ce mèl qu'ont trouvé dans leur messagerie les collègues journalistes de «La Libre» à Bruxelles, en arrivant à la rédaction ce matin. Ce lundi, en effet, nous sommes le 6 décembre: le jour où, en Belgique, on fête le saint patron des écoliers et des enfants. Enfin, le patron «des enfants sages» si l'on se souvient bien – déjà à l'époque, cette discrimination gnangnan nous énervait au plus haut point : chacun n'est-il pas forcément sage, ou pas sage, par rapport à quelqu'un d'autre? Quelques décennies plus tard et malgré toutes ces années en France, c'est toujours aux alentours de cette période de l'année, et particulièrement le 6 décembre, qu'on a des fringales de la friandise habituellement apportée par l'ancêtre du Père Noël aux petits Belges méritants: le massepain (comme on dit en français de Belgique), la pâte d'amandes (en français de France). Le massepain, cela doit être notre madeleine (belge) de Proust à nous.

Saint Nicolas: c'est un sujet complètement futile, mais, parfois en France, même les sujets les plus dérisoires donnent lieu à controverses. Et c'est le cas en ce moment avec ce vénérable vieillard barbu qui, chaque 6 décembre, débarque dans les chaumières avec sa hotte remplie de cadeaux et de friandises. Il n'est que peu fêté dans l'Hexagone, qui lui préfère le Père Noël. A l'exception toutefois des zones frontalières avec le plat pays (Nord-Pas de Calais, etc.) ou de régions comme la Picardie, l'Alsace ou la Lorraine, qui eux aussi, ce lundi, mettent les «enfants sages» à l'honneur. Et c'est précisément dans ces deux dernières régions que l'affaire fait débat.

massepain.jpgEn effet, les villes lorraines de Nancy et St-Nicolas de Port ont, l'été dernier, déposé la marque Saint Nicolas à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). Objectif? Se «prémunir des petits malins qui auraient eu l'idée de déposer cette marque à notre place et qui auraient pu attaquer les produits utilisant des appellations comme «marché de Saint Nicolas» ou «pain d'épices de Saint Nicolas», que nos artisans locaux commercialisent à cette époque de l'année». Problème? Dans le département du Haut-Rhin (Alsace), se déroulent chaque début décembre une trentaine de marchés, foires et autres fêtes de la Saint Nicolas. Les Alsaciens craignent donc que les Lorrains obtiennent de facto le monopole de la Saint Nicolas et en arrivent à accuser de contrefaçons les festivités et produits gastronomiques sur le même thème émanant d'autres départements. La chose est futile? Non, elle est sérieuse visiblement, puisque le député (UMP) local menace rien moins que de saisir la justice si, d'ici à février, la Lorraine ne fait pas marche arrière à l'INPI. Un recours a d'ores et déjà été préparé devant le tribunal de Nancy.

Ce week-end, les médias français ont énormément tartiné sur cette affaire (ici, par exemple). Comme si eux-mêmes étaient étonnés qu'une telle futilité folklorique puisse dégénérer en guerre ouverte entre deux départements. Apparemment, rien n'est jamais simple en France, y compris en ce qui concerne les sujets a priori les plus innocents.