Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

17/10/2012

Un menu appétissant (suite)

Santé, Art de vivre, Gastronomie, Institutions, Histoire, Personnalités, Mitterrand, Giscard, Chirac, Hollande, Sarkozy7 millions de Français sont obèses. Et 15 millions sont en surpoids. Si l'on en croit une étude publiée hier, on continue à manger trop et/ou mal dans l'Hexagone. Même si l'obésité y est comparativement moindre qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, et même si sa progression, en France, semble ralentir – mais pas chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Malgré ces chiffres pas réjouissants, reparlons gastronomie, aujourd'hui. Et partons à nouveau dans les coulisses de l'Elysée, côté cuisines – qu'on évoquait l'autre jour (relire ici). Car, depuis la rédaction de cette note, on a retrouvé, dans le fin fond de nos archives, un long papier qu'on avait jadis rédigé sur la petite histoire du palais présidentiel: il y dix ans, à l'occasion des élections présidentielles de 2002. On y a trouvé quelques détails complétant utilement ce sujet aussi prestigieux qu'appétissant.

Ainsi, l'Elysée a beau avoir toujours compté parmi les meilleures tables de France, y travailler comme cuisinier doit être stressant. En effet, les exigences du protocole sont souveraines. L'une d'elles, par exemple, impose qu'un dîner d'Etat soit obligatoirement servi en 55 minutes chrono: pas une minute de plus.

En outre, bien évidemment, les chefs travaillant au palais doivent satisfaire les caprices culinaires du locataire des lieux. Nicolas Sarkozy, par exemple, soucieux de sa ligne – ce qui ne l'empêchait pas d'avoir toujours du chocolat sur son bureau –, avait banni le fromage de la table présidentielle. Fromage qui, paraît-il, a fait sa réapparition dans les menus de l'Elysée depuis que François Hollande y a été élu, en mai. Un quart de siècle plus tôt, François Mitterrand avait l'habitude, dit-on, de commander du homard à ses cuisiniers, à toute heure du jour voire de la nuit. Jacques Chirac, lui, c'est bien connu, carburait plus modestement: aux plats régionaux – la fameuse tête de veau – arrosés de bière mexicaine. Quant à Valéry Giscard d'Estaing, la légende élyséenne assure qu'il avait fait interdire les décorations de gâteaux et de pâtisseries en forme de roses, qui lui rappelaient trop l'emblème du Parti socialiste.

Deux anecdotes encore, issues elles du livre «L'Elysée – Histoire secrète et indiscrète des origines à nos jours», de l'historienne Claude Pasteur (Editions Tallandier, 2002).

santé,art de vivre,gastronomie,institutions,histoire,personnalités,mitterrand,giscard,chirac,hollande,sarkozyD'un point de vue culinaire, Valéry Giscard d'Estaing «se démarquait de ses prédécesseurs, en n'attachant pas la même importance aux plaisirs de la table. En dehors des repas officiels, il se contentait volontiers de fruits et de légumes». Quant à François Mitterrand, il fit «moderniser les grandes cuisines de l'Elysée, sans que cette modernisation ait fait disparaître les cuivres traditionnels, gravés du monogramme de Louis-Philippe ou de l'aigle impériale de Napoléon III».

La pompe, le faste, et le respect de la tradition, jusque dans les moindres détails.