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15/09/2015

Une cordialité dénoncée

Etrangers, Immigration, Personalités, Hidalgo, Le Pen, ParisLa maire de Paris, Anne Hidalgo, devrait porter le voile musulman. C'est la tenue que Marine Le Pen lui a conseillé d'arborer, hier soir, lors d'un meeting électoral tenu en banlieue de Paris. La patronne du FN ne décolère pas, après le tweet que la maire a envoyé, dans lequel elle souhaite la bienvenue aux candidats réfugiés politiques venus du Moyen-Orient, hébergés dans la capitale. Message de bienvenue rédigé en trois langues: français, anglais et arabe.

Depuis ce tweet, Anne Hidalgo est copieusement insultée par la mouvance d'extrême droite. «Collabo», pactisant avec «les envahisseurs» et «l'occupant», lui est-il même lancé. Non sans que, bien sûr, soient renvoyées à la figure de la maire ses propres origines étrangères (elle est issue de l'immigration espagnole), comme s'il s'agissait d'un stigmate infamant.

Ce matin, Marine Le Pen en a rajouté une couche. Sur une radio, elle a considéré qu'Anne Hidalgo incarnait «le summum des élus immigrationnistes», qui prêchent «l'intégration à l'envers». A savoir, si on a bien compris, qui se plient aux usages (linguistiques, ici) des nouveaux arrivants, alors que ce sont ces derniers qui devraient avant tout ce faire, pour s'intégrer à leur pays d'accueil.

On peut aussi considérer, sans en faire tout un plat comme ça, qu'accueillir des visiteurs dans leur langue est une simple marque de courtoisie. Une illustration de la chaleur et de la cordialité de l'accueil qu'on réserve à ces arrivants.

Bienvenue, donc, en effet. Et, pourquoi pas, dans toutes les langues.

 

PS: «J'ai même fait un an d'arabe dialectal, à la fac. J'aggrave mon cas...» La réponse ce matin, à cette attaque de Marine Le Pen, d'Anne Hidalgo. Qui, visiblement, n'est pas du genre à se laisser impressionner, ni à courber l'échine.

11/09/2015

Une tension, à gauche aussi

La maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), a annoncé hier la création de 540 places d'hébergement supplémentaires à l'attention des réfugiés. Elles seront aménagées dans six centres répartis dans la capitale. En juin, déjà, 1450 de ces migrants avaient été pris en charge par la ville, après l'évacuation par la police de plusieurs campements qu'ils avaient aménagés sur la voie publique – à Stalingrad, notamment.

Un bon millier de ces étrangers, toutefois, étaient restés sur le carreau. Ils campent depuis trois mois quai d'Austerlitz, et même sur le parvis de la mairie du 18e arrondissement, depuis quelques jours. Eux ne sont ni Syriens, ni Irakiens, mais Africains pour la plupart: essentiellement venus du Soudan, de Somalie ou d'Erythrée. Les laisser à la rue, alors que d'autres sont pris en charge? Délicat, politiquement et en termes d'image. Dès lors, ces étrangers-là y compris bénéficieront eux aussi des nouvelles capacités d'hébergement déployées à l'occasion de l'arrivée des déplacés du Moyen-Orient. «C'est une question de morale» qu'une telle égalité de traitement, a justifié la maire.

Qui, hier, n'a pas lésiné sur les grands couplets humanistes. Est-ce lié? Mardi soir, elle avait été prise à partie, sur sa gauche, concernant ce dossier.

Cela s'est passé dans notre onzième arrondissement, au Cirque d'Hiver précisément. Le PS y tenait un grand meeting consacré à ce thème des réfugiés – en compagnie, comme il se doit, de quelques people: Virginie Ledoyen, Jamel Debbouze ou Jane Birkin. A trois reprises, et notamment quand Anne Hidalgo discourait à la tribune, la réunion a été perturbée. Par des interventions d'activistes de collectifs associatifs venant en aide aux migrants parisiens regroupés dans ces campements de fortune (ici, notamment). Les trublions, avant d'être évacués sans ménagement par le service d'ordre du parti, ont eu le temps de brandir des banderoles et de scander des slogans hostiles au PS, auquel ils reprochent une «hypocrisie» et un réveil très tardif, sur ce dossier. «Hidalgo ne fait rien!», «Honte au PS!», «Ça suffit, ça suffit! Préfecture et mairie, tenez vos promesses!», «Ceci est un cirque!», a-t-on, ainsi, pu entendre.

Cela a évidemment jeté un froid, dans l'assemblée. Et a confirmé, si besoin, que la droite n'était pas la seule famille politique où cette question des migrants suscite des tensions et des divisions internes: c'est le cas à gauche également.

29/05/2015

Un fameux désaveu

Elle peine, décidément, dans les grands dossiers d'urbanisme: Anne Hidalgo.

La maire PS de Paris vient de se faire mettre en minorité, concernant le projet très controversé d'agrandissement du stade de Roland Garros (relire , par exemple). Malgré son avis défavorable, les élus parisiens ont voté deux textes des Verts (voir ici), réclamant qu'on ne passe pas en force, sur ce dossier. C'est une fameuse gifle, pour la maire de Paris.

Une de plus. Elle qui, pareillement, avait déjà subi un identique désaveu à propos du projet de l'immense Tour Triangle. Et qui s'était pris un camouflet de la Justice dans le dossier emblématique de la nouvelle Samaritaine.

Anne Hidalgo fait semblant de rien. Pour preuve, comme si de rien n'était, le site web de la mairie, dès sa page d'accueil, fait toujours une pub faramineuse pour ce futur nouveau Roland Garros. Et, sur ce site, il faut vraiment bien chercher avant de trouver trace de ce vote en forme de camouflet. La maire compte sur Manuel Valls pour, malgré cette hostilité, délivrer les permis de bâtir. Les opposants au projet, eux, espèrent toujours que la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, sorte de son silence, sur ce dossier: monte au filet, en somme.

Pendant ce temps, jeu set et match, le tournoi de tennis bat son plein.

18/11/2014

Un vieux réflexe, si primaire

Les hommes, décidément, ne changent pas. Les mâles, veut-on dire. On a pu le remarquer une nouvelle fois dans les commentaires médiatiques consacrés à la séance agitée qu'a vécue le Conseil de Paris, hier midi. Si par extraordinaire cela vous avait échappé, le fameux projet de Tour Triangle, que ce blog a déjà beaucoup évoqué, a été rejeté, par 83 voix contre 78. Mais la maire, Anne Hidalgo, a introduit un recours contre ce vote. Car, alors que le scrutin avait été déclaré secret, les opposants à la tour (dont la sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet), protestant contre cette procédure opaque, ont exhibé leurs bulletins de vote devant les caméras. Du coup, aux yeux d'Anne Hidalgo, le scrutin est entaché d'irrégularité et son résultat doit être annulé.

Beaucoup d'agitation sur le sujet dans les médias pendant toute l'après-midi hier, et pendant toute la soirée, et ce matin encore. Avec, tel un réflexe pavlovien, à nouveau ces mêmes ricanements à connotation sexiste, dans la bouche de commentateurs masculins.

Ces railleries à propos de «ce duel de femmes impitoyable» Morizet vs Hidalgo. Un «crêpage de chignons» mâlement analysé avec des sourires en coin, sur le mode «Ca chauffe, décidément», quand la politique est faite par des femmes. On a même eu droit, dans ces doctes éditoriaux, à un «C'est une Espagnole!». Lancé par un commentateur goguenard faisant référence aux origines ibères de la maire, donc bien dans la lignée des clichés les plus éculés sur les Espagnols par nature au sang chaud.

Tout au long de la campagne pour les élections municipales, déjà (relire ), la lutte de ces deux femmes pour le fauteuil de maire avait eu droit à une abondance de commentaires et de réflexions machistes.

Rien ne change, somme toute.

31/03/2014

Une victoire, sans euphorie

Paris, Elections municipales, Personnalités, Hidalgo, Kosciusco-MorizetCela nous a peut-être échappé – vu qu'on est resté coincé au bureau, à travailler jusqu'a minuit –, mais, a priori, dans les rues de Paris hier soir, l'annonce de la victoire de la socialiste Anne Hidalgo n'a suscité aucune euphorie. Dans notre onzième arrondissement, en tout cas, nul concert de klaxons ni mouvement de foules, et encore moins de feux d'artifice d'extase populaire. Ce qui a fameusement tranché avec la mémorable nuit qui, à Bastille, avait suivi l'élection de François Hollande à l'Elysée, il y a moins de deux ans (relire ).

Il faut dire que le petit peuple de gauche avait de quoi être KO, avec la claque magistrale qu'ont prise les socialistes dans le reste du pays.

Hier soir, la victoire de la gauche parisienne a été assez nette. Au prochain Conseil municipal de la capitale, elle disposera de vingt sièges de plus que la droite. Cette dernière n'a réussi à conquérir ni le douzième arrondissement, ni le quatorzième, qui lui étaient indispensables pour décrocher la mairie. A 500 voix près (sur 23.000 votants), elle a même failli perdre son fief du cinquième arrondissement, le Quartier latin. Elle ne l'a conservé qu'au prix d'une alliance avec le sulfureux clan Tiberi, du nom de l'ex-maire de Paris, Jean Tiberi (1995-2001). L'UMP peut néanmoins doublement se consoler. Avec la prise du neuvième (en gros, les quartiers Opéra, Cadet, Chateaudun). Et avec l'humiliation qu'elle a infligée aux socialistes dans le quatrième (Beaubourg, Saint-Paul, place des Vosges): ils n'ont conservé cet arrondissement qu'avec une misérable avance de 55 voix (sur 10.000 votants).

Mine de rien, c'est tout de même la troisième fois consécutive qu'une personnalité de droite est mise en déroute, dans la capitale. Nathalie Kosciusko-Morizet en 2014, comme Françoise de Panafieu en 2008, comme Philippe Séguin en 2001.

Rétrospectivement, il y en a un qui, ce matin, doit se dire qu'il a bien fait d'être prudent: l'ex-Premier ministre François Fillon, qui, un temps, avait pensé à briguer l'Hôtel de Ville.

12/03/2014

Un gadget, dérisoire

Elections municipales, Personnalités, Hidalgo, TechnologiesEn marge des «affaires d'Etat» qui plongent la classe politico-médiatique dans l'effervescence, la campagne pour les élections municipales de la fin du mois poursuit son petit train-train. Complètement décalée par rapport à ces agitations, et sans visiblement passionner les foules.

Aussi, les candidats tentent comme ils peuvent de capter l'attention de l'électeur moyen, au besoin avec des gadgets improbables.

Ainsi, cet «AnneStagram» () qu'Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la mairie de Paris, vient de lancer. «Plus fort qu'Instagram, l'application AnneStagram est désormais disponible pour votre smartphone Android!», a exulté son équipe de campagne, très fière d'avoir trouvé cette forme «fun et décalée» de propagande politique. «La première application pour smartphone de la campagne permet de poser virtuellement en photo avec Anne Hidalgo, de personnaliser un message de soutien, ou de prendre ses amis en photo avec un bandeau de soutien. Ces messages peuvent ensuite être partagés sur les réseaux sociaux!» Et les sympathisants socialistes d'êtres houspillés: «Diffusez un maximum, pour mobiliser vos amis, votre famille, et vos followers!»

En découvrant cela, on a ressenti le même agacement que celui éprouvé dimanche soir, à l'écoute d'un passage de l'intervention de l'intéressée à une grande émission politique radio-télé. Parmi ses arguments, elle s'extasiait que la météo du jour ait été aussi radieuse, rappelait aux électeurs que c'était grâce aux socialistes qu'ils avaient pu profiter d'une journée de flâneries au soleil sur les voies sur berges débarrassées de leur trafic automobile, et mettait en garde contre, en cas de victoire de la droite, la remise en cause de cette «merveilleuse» invention.

En entendant cela, on s'est dit qu'on avait dû louper un épisode. Vu qu'on en était resté au fait que ce que le Parisien moyen trouverait «merveilleux», c'est surtout d'avoir un boulot, un logement pas trop cher, une ville propre et sûre, un air moins perpétuellement pollué, des places en crèche, des emplacements de stationnement, et des transports publics fonctionnant bien. Tout le reste (faire joujou avec le smartphone, se balader au soleil le long de la Seine, etc.) passe après, et n'est que très accessoire. Voire si dérisoire.

17/01/2014

Un sujet doublement sensible

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetVif agacement à la mairie de Paris, hier. A la constatation du grand écho donné par les médias à une note de l'office du tourisme britannique, publiée le matin même par «Le Figaro». Elle indique que Londres pourrait bientôt détrôner Paris, au rang de ville la plus visitée au monde, par les touristes. Une allégation que la mairie a nuancée, hier soir: dans un communiqué un peu énervé.

Enervé, parce que ce sujet est doublement sensible, ici.

D'abord, pour une raison psychologique. La capitale française n'a jamais digéré l'affront d'avoir été battue, et sèchement, par son homologue britannique, pour l'attribution des derniers JO. Or, ce sont précisément ces Jeux, et l'afflux de visiteurs qu'ils occasionnèrent à Londres, qui pourraient permettre à cette ville de battre Paris, en termes de fréquentation touristique. Cela retourne donc, et douloureusement, le couteau dans une plaie jamais cicatrisée.

Sensible aussi, parce que le sujet a clairement une dimension politique. Dans le sens où ce nouvel épisode dans la vieille guerre Londres-Paris survient dans un contexte politique parisien bien particulier: celui de la campagne, musclée, en vue des élections municipales de mars.

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetHier, dans les couloirs de la mairie, on n'a cessé de pester contre Nathalie Kosciusko-Morizet. La candidate de la droite à la mairie est accusée d'avoir, avec la complicité du très sarkozyste «Figaro», été à l'origine de ce buzz médiatique. Qui, en boucle et pendant toute la journée, a tapé sur le clou des points faibles touristiques de la «Ville lumière», face à Londres: magasins ouvrant peu le dimanche, ville «bonnet de nuit» avec ses bars fermant à 2 heures du matin, insécurité, saleté, etc. Or, ce sont autant de thèmes de campagne de NKM, et d'arguments qu'elle utilise pour descendre en flammes le bilan de la municipalité sortante.

Mais sa rivale socialiste, Anne Hidalgo, n'a pas tardé à réagir. Ce matin, son équipe de campagne a frontalement accusé NKM d'avoir minablement basculé dans un «Paris bashing» déloyal et très peu patriote, motivé par de basses considérations électoralistes.

Cela promet, pour le ton du reste de cette campagne, dans la capitale. Pendant les 64 jours qui séparent encore du premier tour.

08/01/2014

Une agitation, assez artificielle

J – 2. Plus que deux jours avant l'entrée en vigueur d'une mesure qui était dans les cartons depuis au moins dix ans, à Paris. Vendredi, en effet, entre en application la réduction de 80 à 70km/h de la vitesse maximale autorisée sur le périphérique: le boulevard le plus fréquenté de France (1,3 million de véhicules par jour), et aussi un des plus denses d'Europe. C'est en 1993 que la vitesse maximale y avait été fixée à 80 km/h. Ces jours-ci, l'on s'active donc pour changer les 150 panneaux de limitation de vitesse équipant la rocade parisienne.

La réforme suscite quantité de débats et d'agitation, dans les milieux politiques parisiens. On a un peu de mal à prendre vraiment au sérieux tous ces échanges.

D'abord, nombre d'arguments ne sont que des postures. Ainsi, quand la candidate de la droite à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, promet qu'elle remettra le périph' à 80km, si elle remporte les élections municipales de mars. Une telle décision ne dépend même pas de la mairie: ce boulevard ayant le statut de voie d'intérêt national, il est de la compétence de l'Etat. Ainsi, aussi, quand la candidate du PS, Anne Hidalgo, se lance dans de grands trémolos écolos, comme quoi cette réduction de vitesse réduira fondamentalement la pollution atmosphérique et acoustique subie par les riverains du périph'. C'est faux. Toutes les études montrent que cela ne jouera qu'à la marge.

En outre, et surtout, ce débat est vraiment très virtuel. Car, comme on l'a déjà écrit dans ce blog (relire ici), la vitesse moyenne de circulation sur le périph' n'atteint pas, en journée, ... 39 km/h. Dès lors, que l'on puisse y rouler jusqu'à 80km/h ou au contraire seulement jusqu'à 70, ce n'est qu'un aimable et très théorique sujet de réflexion. Pour automobiliste coincé dans les embouteillages, et en mal d'occupations.

05/12/2013

Un satisfecit, et sa conséquence

Neuf Parisiens sur dix aiment leur ville, à en croire un sondage publié ce jeudi. Pour 56% des habitants interrogés, vivre à Paris leur semble même «une évidence»: ils ne pourraient «pas vivre ailleurs».

Certes, fidèles à leur réputation/leur caricature, les Parisiens râlent beaucoup. Et principalement contre la circulation et les problèmes de stationnement, contre l'exiguïté et le coût des logements, et contre la pollution de l'air ambiant. Ils s'inquiètent aussi de la montée du nombre de cambriolages. Mais ils sont enchantés de l’offre et des équipements culturels, de l'abondance et de la variété des commerces, et de l'animation régnant en ville. De même, les projets d'extension et de déclinaison de Vélib', le développement du tramway, ou l'énorme chantier de réaménagement des Halles: tous ces projets de la municipalité trouvent majoritairement grâce aux yeux des sondés.

Assez logiquement, dès lors qu'ils apprécient leur cadre de vie et ses perspectives d'évolution, les Parisiens ont «plutôt une bonne opinion» de la majorité sortante. 45% des sondés voient d'un bon oeil Anne Hidalgo: bras droit du maire socialiste, Bertrand Delanoë, et qui ambitionne de lui succéder. Le score de sa rivale de droite, l'ex-ministre sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet, est moindre (41% de bonnes opinions).

Cela dit, cet écart 45%-41% n'est tout de même pas énorme. Et, vu la si laborieuse campagne électorale que mène NKM, ces 41% constituent plutôt une bonne surprise, pour elle. Dès lors, serait-on Anne Hidalgo qu'on ne dormirait pas sur nos deux oreilles.

Verdict de ces élections municipales en mars prochain.

06/11/2013

Une marque de soutien

Anne Hidalgo se lève tôt. A moins que, hier soir, la candidate socialiste à la mairie de Paris ait prié les petites mains animant sa campagne de veiller toute la nuit. Pour preuve: c'est très précisément à... 6h13 que, ce matin, est parvenu aux journalistes le communiqué de presse dans lequel Anne Hidalgo adresse ses félicitations à Bill de Blasio: élu maire de New York cette nuit (heure de Paris).

«Par ce vote, les New-Yorkais ont manifesté leur attachement à un projet profondément social, attentif aux plus modestes, ainsi qu'aux minorités», écrit celle qui ambitionne de succéder à Bertrand Delanoë. «J'adresse tous mes encouragements et mes vœux de réussite à Bill de Blasio. Si les Parisiens m'accordent leur confiance en mars prochain, j'aurai à cœur de renforcer la coopération fructueuse entre Paris et New York».

Sûr que Bill de Blasio, quand il a vu arriver ce message d'Anne Hidalgo, s'est précipité pour en prendre connaissance. Certain qu'il a apprécié à sa juste valeur le poids politique considérable de cette marque de soutien parisienne.

24/09/2013

Un homme comme les autres

Paris, Personnalités, Elections municipales, Femmes, Kosciuko-Morizet, HidalgoFinalement, c'est la déclinaison à l'envers, et appliquée à la politique, du mémorable titre de ce vieux film français «L'homme est une femme comme les autres» (avec Antoine de Caunes, Elsa Zylberstein, etc.)

C'est ce qu'a conclu ce matin, en mode doux-amer, entre déception et ironie, le journaliste Guillaume Durand. L'animateur de la tranche matinale de «Radio Classique» parlait du duel féminin en cours à Paris, en vue des élections municipales de mars prochain – qu'on évoquait hier, dans ce blog. En substance, cela donnait ceci: «A droite, on caricature Anne Hidalgo en doublure amoindrie (du maire sortant, Bertrand Delanoë). A gauche, on réduit Nathalie Kosciuko-Morizet à une Marie-Antoinette ambitieuse. En fait, ce duel de femmes dont on nous promettait monts et merveilles, il ne vole pas beaucoup plus haut que si cela avait été un duel d'hommes». En politique, la femme est un homme comme les autres.

C'est aussi cela, l'égalité hommes-femmes. Les deux genres au même niveau. Ni plus, ni moins. Donc ni moins, bien sûr. Mais ni forcément plus. Car, outre qu'elles sont femmes, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciuko-Morizet sont surtout des professionnelles de la politique. Et donc, à ce titre, elles reproduisent tous les codes de ce métier, y compris, parfois, les moins glorieux: attaques ad hominem (si l'on ose dire), petites phrases ne volant pas très haut, etc.

Du reste, si l'on peut se permettre, exiger l'exemplarité totale de deux femmes pour la seule raison de leur appartenance à ce genre, cela paraît pour le moins sexiste, non?

23/09/2013

Une cible, si facile

Elle présente son programme ce lundi: Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la mairie de Paris, pour les élections municipales de mars prochain. La dauphine du maire sortant, Bertrand Delanoë, doit d'autant plus marquer le coup qu'elle n'est plus loin d'être talonnée par sa rivale UMP: Nathalie Kosciuko-Morizet, porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle.

L'autre jour, la candidate de la droite a fait grand bruit avec cette petite phrase: «Les Roms harcèlent beaucoup les Parisiens». Hier soir encore, lors d'une émission politique à la radio, l'ex-ministre a longuement tapé sur le clou de ces «bandes» d'immigrés qui «dépouillent» les habitants de la capitale et les touristes de passage ici.

Du coup, au saut du lit ce matin, passant une fois encore devant toute une famille Rom (avec femme, enfants et bébés) en train de se réveiller – entre crottes de chiens et vapeurs de pots d'échappement – après une nuit passée sur le trottoir du boulevard, on se demandait si cette communauté avait vraiment besoin d'un stigmate de plus, d'un opprobre supplémentaire, qui plus est si lourdement appuyé.