Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

24/02/2015

Un contraste, frappant

Paris, Sécurité, Police, Armée, Terrorisme, Personnalités, HollandeFrançois Hollande hier soir, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France. Le chef de l'Etat a () renouvelé son soutien ainsi que celui de toute la nation à la communauté juive. Et il a assuré que les autorités ne baisseraient pas la garde face à la menace terroriste visant le pays en général et cette communauté en particulier.

C'est sans doute le moins que l'on puisse faire et dire. A fortiori alors que, ce week-end, dans une vidéo, les islamistes radicaux des Shebabs somaliens ont appelé à frapper des grands centres commerciaux dont notamment, à Paris, le Forum des Halles et Les Quatre Temps (La Défense).

Juste, cet engagement sécuritaire présidentiel paraît un peu décalé, vu depuis notre onzième arrondissement parisien. En effet, depuis ce même lundi où François Hollande a tenté de rassurer la communauté israélite, le plus grand centre culturel juif du onzième se retrouve... sans le moindre dispositif de protection.

Situé dans une allée parallèle au Boulevard Richard Lenoir, il faisait l'objet d'une surveillance très étroite, depuis les attentats. Une armada de militaires armés jusqu'aux dents étaient postés à ses entrées et patrouillaient sans relâche, nuit et jour, devant ses vingt mètres de façade. Mais, depuis lundi matin, plus rien. Il n'y a plus âme sécuritaire qui vive, devant ces installations. Plus le moindre policier, militaire ou gendarme n'y est en faction.

Curieux.

05/02/2015

Un homme «changé» (?)

On nous a changé François Hollande. Ce matin, le chef de l'Etat tenait sa grande conférence de presse semestrielle. La cinquième, depuis son arrivée à l'Elysée. La première, depuis la dramatique actualité de janvier. «J'ai forcément changé, à la suite de ces événements. Tout comme ces épreuves ont aussi changé notre pays», a-t-il assuré. Et effectivement, sur un point au moins, le changement présidentiel – tel qu'il était affiché, en tout cas – était saisissant, ce matin.

François Hollande? C'est «M. Petites blagues», l'avait un jour dénigré Laurent Fabius. C'est apparemment fini, cela. Raide comme un piquet, martial, surjouant dans la solennité qu'impose la gravité de l'actualité, l'hôte de l'Elysée a attendu près d'une demi-heure avant de desserrer les dents. Avant d'esquisser un (très léger) sourire, qui tenait d'ailleurs davantage du rictus. Ses quatre conférences de presse précédentes avaient été un festival de vannes et de bons mots, d'allusions plutôt drôlatiques et de petites piques très sardoniques. Là, rien, ou quasiment. A peine une ou deux rapides petites boutades, visiblement maîtrisées, puis retour express à une présidentialité tout en gravité.

Bien sûr, nul ne s'attendait à le voir ce matin dans le registre badin. Cela aurait d'ailleurs été très déplacé, étant donné le contexte. Du reste, à en croire tous les sondages depuis le début de son mandat, il partait de très bas en termes d'incarnation de l'autorité présidentielle, telle qu'elle est perçue par l'opinion. Dès lors, il ne pouvait que progresser, en la matière. Mais, pour autant, l'on ne s'attendait pas forcément à ce que l'ampleur de son changement de ton soit aussi frappante.

Derrière tout cela, évidemment, il y a une bonne part de posture et de calcul politique. Une bonne dose de com', autrement dit. Il n'empêche, dans la forme, ce personnage du nouvel Hollande était plutôt bien interprété, ce matin.

Reste à voir s'il va convaincre ses concitoyens.

28/01/2015

Une citation, bienvenue

Beau discours – ton juste, mots forts – de François Hollande, hier à Paris: au Mémorial de la Shoah. On le salue d'autant plus volontiers qu'on n'a pas l'habitude de faire les louanges de l'hôte de l'Elysée. Cela dit, rater un discours prononcé en une telle occasion, si solennelle (la commémoration de la libération d'Auschwitz), et dans un tel contexte, si dramatique (les récents attentats, notamment antisémites), cela aurait été à pleurer.

Une autre intervention officielle a marqué la journée. Celle du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à l'Assemblée. C'est assez rare pour être souligné: à l'issue d'une interpellation d'actualité, il a consacré l'essentiel du temps de réponse qui lui était octroyé à citer un écrivain. Une citation particulièrement bien choisie, en ce jour de commémoration d'une page si sombre de l'Histoire.

Les mots sont de Primo Levi. Ils sont issus de son livre intitulé «La trêve».

«L’heure de la liberté eut une résonance sérieuse et grave, et emplit nos âmes à la fois de joie et d’un douloureux sentiment de pudeur, grâce auquel nous aurions voulu laver nos consciences de la laideur qui y régnait, et de chagrin, car nous sentions que rien ne pouvait arriver d’assez bon et d’assez pur pour effacer notre passé, que les marques de l’offense resteraient en nous pour toujours, dans le souvenir de ceux qui avaient assisté, dans les lieux où cela s’était produit, et dans les récits que nous en ferions, car personne n’a jamais pu, mieux que nous, saisir le caractère indélébile de l’offense qui s’étend comme une épidémie».

15/12/2014

Une si longue attente

Sept ans. Il aura donc fallu sept ans pour que le Musée de l'Histoire de l'Immigration soit inauguré: ce soir, par François Hollande. Il est ouvert depuis la fin 2007, mais jamais il n'avait eu droit à la moindre consécration officielle. Avant lui, aucune autre grande institution culturelle parisienne n'avait bien sûr jamais été traitée de la sorte.

Le si long délai avant cette reconnaissance s'explique par la thématique du musée, qui entend souligner les apports des migrants à la société française. C'était le projet qu'avait lancé jadis Jacques Chirac. Mais il aboutit alors que, à l'Elysée, venait d'être élu un Nicolas Sarkozy qui mit d'emblée la barre à droite toute, sur les questions d'immigration (l'époque Eric Besson, ministre «de l'Immigration et de l'Identité nationale», etc.). Dès lors, jamais il ne voulut inaugurer ce musée. Il faut dire que le comité scientifique qui l'encadre a connu pas mal de dissensions, notamment d'ordre politique. Enfin, pendant plusieurs semaines, l'immeuble fut occupé par des centaines d'étrangers sans-papiers y revendiquant leur régularisation, ce qui acheva de le rendre définitivement infréquentable, aux yeux des gouvernants.

Sept ans plus tard, donc, ce lundi, l'institution est enfin honorée officiellement. Qui sait cela attirera-t-il l'attention du grand public sur ce musée, qui, trouve-t-on, le mérite bien.

Pour son contenu, d'abord. On y a déjà vu l'une ou l'autre exposition thématique bien intéressante. Pour le contenant, ensuite. Le Palais de la Porte Dorée, qui l'accueille, est une splendeur de l'Art déco (notamment son bas-relief, sublime, de plus de 1000 m2). Et il a été si bien restauré qu'il fait désormais partie, à notre avis, des plus beaux édifices monumentaux de la capitale.

03/12/2014

Une petite musique

personnalités,institutions,musique,hollande,internationalOn aura décidément tout vu à l'Elysée, sous François Hollande. Tout vu et même tout entendu, en l'occurrence.

Hier soir, en effet, dans les salons du palais présidentiel, le prestigieux orchestre de la Garde républicaine a carrément joué... du ABBA. Les valeureux militaires mélomanes y sont notamment allés d'un «Fernando» endiablé, qui, paraît-il, restera dans les annales des soirées élyséennes. C'était à l'occasion du dîner d'Etat donné en l'honneur du roi Carl XVI Gustaf et de la reine Silvia, en visite cette semaine en France. Le dîner a réuni quelque 200 convives, qui donc ont festoyé en se trémoussant (un peu) sur ABBA.

Cela change fameusement par rapport aux notes d'Albéniz, le célèbre pianiste et compositeur espagnol, qui, il y a sept ans, avaient retenti dans le palais présidentiel. Lors de la cérémonie d'investiture du prédécesseur de François Hollande, un Nicolas Sarkozy à l'époque époux de Cécilia Attias, arrière-petite fille d'Isaak Albéniz.

La Garde républicaine jouant du ABBA à un dîner d'Etat: on imagine sans peine la moue des déclinologues et autres contempteurs de François Hollande. Sans doute auraient-il préféré qu'en lieu et place du groupe kitsch-pop des années 70, l'Elysée opte pour les vocalises de la grande mezzo-soprano suédoise Anne Sofie von Otter.

Auquel cas, cela aurait permis à François Hollande de vanter, au passage, le «made in France». Puisqu'un des derniers disques de l'artiste, intitulé précisément «Douce France», rend hommage à la mélodie et à la chanson tricolores, de Saint-Saëns à Debussy en passant par Barbara, Ferré, Trénet ou Moustaki.

Mais sans doute aucun haut communicant de l'Elysée n'y avait-il pensé.

06/11/2014

Un désenchantement, un désintérêt?

Le temps passe, et tout s'efface. En mai 2012, François Hollande était «le Président des bisous», comme il s'était lui-même décrit. En novembre 2014, alors qu'il est exactement à la moitié de son quinquennat, il n'est plus que le chef d'Etat le plus impopulaire de toute la Ve République, avec à peine un Français sur dix qui lui fait encore confiance. Et, ce jeudi 6 novembre, sur cette même place de la Bastille qui, il y a trente mois, le 6 mai 2012, avait fêté sa victoire pendant toute la nuit (relire ici), les lycéens manifestent. Contre «les violences policières» selon eux à l'origine de la mort d'un jeune manifestant écologiste, il y a quinze jours dans le Tarn.

Ce soir, à la télé, l'homme de l'Elysée va tenter de rebondir. Essayer de remonter la pente, lui qui a dégringolé dans les abysses de l'impopularité – mais peut-il vraiment tomber encore plus bas? Le désenchantement populaire à son égard est tel qu'il n'est même pas assuré de faire un bon audimat. Nombre de téléspectateurs risquent bien de zapper, de ne même pas s'intéresser à ce qu'il va dire pour se justifier et pour tenter de se relancer.

Au passage, si effectivement les téléspectateurs fuient TF1, ce sera une double perte, pour la chaîne privée. Elle qui, déjà, pour laisser la place à cette soirée présidentielle spéciale, a annulé quatre coupures publicitaires avant, pendant et après l'émission. Soit une perte nette de 2 millions d'euros.

03/09/2014

Un paradoxe ou l'autre

Déjà quasiment plus de «Paris Match» à la librairie du coin, ce matin. Alors qu'il n'était même pas 9h30. Idem au kiosque d'à côté, où la pile était déjà fameusement entamée. Tout indique donc que les Français vont se ruer sur l'hebdomadaire, qui publie les bonnes feuilles du livre que Valérie Trierweiler fait paraître demain, consacré à sa liaison avec François Hollande. Nul doute que cet ouvrage lui-même se vendra comme des petits pains. Tout comme, en janvier, il s'était écoulé plus de 600.000 exemplaires de l'édition du magazine «Closer» ayant publié les fameuses photos volées du Président et de la comédienne Julie Gayet.

Dans le même temps, et malgré ce succès public, les Français continueront probablement, dans les sondages et les médias, à prétendre avec aplomb que, non non, la vie privée de leur Président, et celle des personnalités en général, ne les intéresse pas.

Mais un autre paradoxe est au moins aussi saisissant. Ce déballage sur les secrets d'alcôve d'une liaison amoureuse est commis par la même personne qui, il n'y a pas si longtemps, a intenté des procès – et les a gagnés – pour atteinte à l'intimité de sa vie privée. Alors, certes, sur le principe, chacun a certainement le droit d'écrire sur sa vie, de coucher ses états d'âme sur papier, et de tenter de donner une portée littéraire à une romance. Mais, en l'occurrence, dans ce cas précis, force est de constater que la cohérence de la démarche n'est pas très aisée à cerner.

15/04/2014

Une leçon de morale

«Un mec qui se conduit comme ça avec les femmes, c’est un goujat!» Sophie Marceau, dixit. Dans le numéro du magazine «GQ» qui sort en kiosques ce mardi. La comédienne – qui n'a jamais caché avoir voté pour Nicolas Sarkozy – y tire à boulets rouges sur François Hollande et sur sa vie privée. Entre autres exclamations énervées: «Quel lâche, il a des maîtresses et, quand on le sait, il refuse d’en parler!»

Après Geneviève de Fontenay (relire ), Sophie Marceau, donc.

Sans passer des heures à cela – qui ne le mérite vraiment pas –, comme il est facile de porter des jugements sur l'intimité d'un homme et sur la vie privée d'un couple, sans rien savoir ni connaître du tout: juste sur base d'échos, d'indiscrétions, de ragots.

Et comme il faut soi-même avoir une vie personnelle absolument irréprochable sur tous les plans, pour ainsi s'arroger le droit de donner publiquement des leçons de morale à autrui.

Misérable.

11/03/2014

Un triptyque, inhabituel

Aimer. Boire. Chanter. Hier soir, tel a été le programme, plutôt sympa, de François Hollande. Non pas que des photos volées aient abouti chez «Closer», montrant le Président en train de se livrer à ces trois activités. Plus sagement, le chef de l'Etat s'est rendu à l'«UGC-Normandie», le grand ciné des Champs-Elysées. Où il a assisté à la projection en avant-première d'«Aimer, boire et chanter»: le dernier film d'Alain Resnais, le cinéaste français récemment décédé.

C'était sans doute, pour lui, une occasion de se rattraper et de s'associer à l'hommage national au grand homme, alors qu'il n'avait pu assister à ses funérailles, le matin même. En effet, au moment où elles se déroulaient, à l'église St-Vincent de Paul, dans le dixième arrondissement de Paris, le chef de l'Etat, lui, était en province. Dans le Lot, à Cahors, il assistait aux obsèques de l'ancien ministre Maurice Faure. Il avait donc chargé son chef de gouvernement, Jean-Marc Ayrault, de le représenter aux funérailles du cinéaste.

Aimer, boire, chanter. La romance, les libations, les ritournelles. L'espace d'une soirée, cela a dû fameusement changer François Hollande. De ce qui est son triptyque habituel: l'impopularité, les vaches maigres de la rigueur budgétaire, la complainte de l'austérité.

15/01/2014

Une intrusion, grotesque

Personnalités, Hollande, FemmesPour en terminer, on l'espère, avec cette séquence consacrée aux présumées escapades amoureuses d'un Président en scooter, un mot de l'intrusion qu'on a trouvée la plus grotesque, dans ce crapoteux feuilleton médiatique.

Celle de Geneviève de Fontenay, qui présida pendant 20 ans le comité Miss France. «Révoltée» par «la manière dont est traitée» Valérie Trierweiler («répudiée comme un objet consommable et jetable»), elle a demandé la démission de François Hollande, jugeant qu'il n'avait «plus sa place» à l'Elysée («Qu'il aille s'amuser avec ses compagnes!»).

Qu'est-ce que Geneviève de Fontenay connaît de la situation intime du couple Hollande-Trierweiler? De quoi se mêle-t-elle? En tant que personne, elle a le droit, comme chacun, à avoir une opinion sur la question, mais quelle est sa légitimité pour prendre ainsi une position publique, sur un tel sujet? L'image rétrograde et sexiste de la femme qu'elle a promue pendant vingt ans lui donne-t-elle une expertise, en matière de relations conjugales? Lui octroie-t-elle le droit de donner des leçons de morale? Et, aujourd'hui si «révoltée», démissionna-t-elle, hier: quand de si nombreuses Miss ou ex-Miss finirent en photos scabreuses, dans des magazines guère plus reluisants que «Closer»?

La France, décidément, ne nous épargne pas grand-chose, en ce moment. Dans le registre surréaliste, voire pathétique et grotesque.

14/01/2014

Un permanent mélange des genres, assommant

A l'Elysée cet après-midi, entendra-t-on François Hollande? Ou Gerhard Hollande? Ou François Blair? A Paris, dans les commentaires, ces deux patronymes imaginaires sont souvent affublés au chef de l'Etat, depuis le 31 décembre. Depuis que, dans son allocution télévisée de fin d'année, il a confirmé combien il était loin du socialisme de papa, mais proche du social-libéralisme qu'incarnèrent Tony Blair et Gerhard Schröder.

François Hollande clarifiera donc sa ligne économique, cet après-midi. Du moins, si toute l'attention médiatique ne se focalise pas sur l'agitation du moment, autour de sa vie privée. Cela dit, les deux thèmes se rejoindraient-ils, dans une espèce de soupe de com' indigeste, que ce serait bien dans l'air du temps.

Ainsi, c'est ce que fit l'autre jour, sur une radio pourtant respectable, un commentateur économique. Après avoir fait une savante comparaison des politiques économiques de François Hollande et de Gerhard Schröder, il conclut, hilare, en rappelant que l'ex-chancelier allemand... s'était marié quatre fois, avec quatre femmes différentes. Et, dans un studio mort de rire, de rassurer François Hollande: la vie privée mouvementée n'empêche donc pas forcément l'entrée dans la postérité.

Cela n'apporte vraiment rien à la compréhension des enjeux, s'est-on dit, en entendant ça. Mais cela illustre bien cette si pénible dérive du journalisme contemporain. A savoir, la tentation permanente de l'infotainment: de l'information mélangée au divertissement. C'est la grande mode, à la radio particulièrement. Il n'est désormais plus possible, en France en tout cas, d'y suivre une tranche d'information sans devoir se farcir des journalistes-humoristes revisitant l'actu, dans des chroniques supposées comiques.

C'est vraiment prendre l'auditeur moyen pour un crétin – comme s'il était incapable de suivre ½ heure d'info sans de telles «respirations», ainsi qu'elles sont présentées et justifiées. Cela entretient une confusion des genres permanente: l'actu ressemble à du Nicolas Canteloup, et inversement. Et cela abaisse considérablement le niveau.

Mais, sans doute, ce degré zéro de l'info est-il bon pour l'audimat. Dans ce cas, ...

13/01/2014

Un prétexte, cousu de fil blanc

Presse, Médias, International, Personnalités, Hollande, CopéJean-François Copé à l'attaque, à propos de la vie privée apparemment mouvementée de François Hollande. Hier soir, après s'être retenu pendant 72 heures, le chef de l'opposition a attaqué l'hôte de l'Elysée, dans le prolongement des allégations de presse de vendredi relatives à sa vie privée. Il l'a accusé de dégrader l'image de la fonction présidentielle. Et a invité à davantage d'«humilité» celui qui, lors de sa campagne présidentielle, avait fait la leçon à Nicolas Sarkozy via une mémorable anaphore («Moi, Président de la République», etc.) contenant notamment un engagement de sobriété en termes de vie privée.

Le patron de l'UMP a justifié son attaque par le traitement qu'a réservé la presse étrangère à cette affaire – samedi matin, tout le monde a pu constater combien la presse française était beaucoup plus embarrassée à traiter ce dossier que les médias étrangers. Et Jean-François Copé de se désoler de l'impact déplorable, la semaine dernière, de l'«affaire Gayet», comme de l'«affaire Dieudonné», sur l'image internationale de la France.

C'est assez comique, comme justification: pur prétexte, cousu d'un fil blanc si voyant. En effet, sous Nicolas Sarkozy, la presse étrangère s'effara souvent de la surmédiatisation qu'il faisait lui-même de sa vie privée («Bonne chance mon papa», «Avec Carla, c'est du sérieux», etc.). A l'époque, nul hiérarque sarkozyste ne daigna prendre au sérieux tous ces éditoriaux consternés. Nul ne vit Jean-François Copé brandir le «Herald Tribune» ou le «Daily Telegraph» sous le nez de l'intéressé, pour le sommer à plus de retenue, vu l'image internationale de la France dégradée. Et l'UMP balaya toujours d'un revers de la main cette tonalité très critique des médias étrangers, la réduisant à du «french bashing» minable, mal informé et orienté.

Comme dit l'adage: autres temps, autres mœurs.

10/01/2014

Une hypocrisie, si comique

Il n'était même pas 10 heures, mais on a dû faire plusieurs librairies et kiosques à journaux, ce matin dans Paris. Avant de parvenir à trouver un exemplaire de l'édition spéciale du fameux magazine people qui fait 7 pages sur «L'Amour secret du Président» Hollande. Visiblement, comme il fallait s'y attendre, la revue se vend très bien.

En tout cas, on remercie bien sincèrement sa rédaction. Car en parcourant ces pages, on a deux fois éclaté de rire – ce dont on a peu l'habitude, de grand matin.

D'abord, en constatant que les fins limiers de ce magazine vont jusqu'à identifier le chef de l'Etat (dont le visage n'apparaît pas, sur les photos publiées), ou du moins celui qui a l'air de lui ressembler, notamment en zoomant sur... ses souliers: en comparant ceux qu'il portait tel jour et puis tel autre, etc. Un modèle, décidément, de journalisme d'investigation.

Ensuite, en notant que le magazine justifie cette publication avec un argument d'ordre sécuritaire. A savoir, les dangers que cet «amour secret» ferait peser sur François Hollande, les problèmes qu'il poserait quotidiennement aux agents chargés de sa protection rapprochée, etc. On est là, évidemment, dans la plus pure hypocrisie. Ce qui est recherché avant tout, avec une telle «révélation exclusive», c'est le buzz. Et donc le fric. Point barre.

Mais sans doute la presse people aurait-elle tort de se priver. Puisque ça marche, puisque ça se vend. Quant à savoir si pratiquer ce type de journalisme est possible sans avoir, au fond de soi, quelques scrupules, on laisse les confrères concernés juger. Qui donc serait-on, pour déterminer comme ça, d'autorité, qui aurait le droit, ou pas, à se regarder sans honte dans le miroir?

10/12/2013

Un jugement plus accommodant

International, Armée, Défense, Hollande, CommunicationOn a peut-être la mémoire courte, mais, a priori, on n'a pas le souvenir qu'une opération militaire française à l'étranger ait ainsi été endeuillée aussi rapidement après son lancement. Ce matin, a été confirmée la mort de deux soldats français faisant partie du contingent déployé en Centrafrique depuis vendredi. Ces deux jeunes gens appartenaient au huitième régiment de parachutistes d’infanterie de marine, basé à Castres (Midi-Pyrénées). C'est ce même régiment qui, un jour dramatique d'août 2008, avait vu d'un coup dix de ses hommes tués, en Afghanistan.

Les deux décès de Bangui ont été confirmés vers 9 heures, ce matin, par un communiqué de l'Elysée. Qui, quarante minutes plus tôt, dans un autre communiqué, avait annoncé la visite surprise de François Hollande en Centrafrique, ce mardi en fin de journée. Probablement ce déplacement improvisé a-t-il été décidé dans la nuit: alors que l'info sur ces deux décès n'avait pas encore été rendue publique, mais que le palais présidentiel, lui, la possédait déjà.

François Hollande s'investit beaucoup sur le terrain international, a fortiori ces derniers mois (Centrafrique, crise du nucléaire iranien, libération des otages français détenus au Sahel, etc.). Il ne lui a pas échappé que c'est un des très rares volets de son action présidentielle qui est salué par l'opinion. Dix-neuf mois après son accession à l'Elysée, son bilan en général et sa personnalité en particulier sont conspués par les Français: à peine un sondé sur cinq se déclare satisfait. En revanche, un sondage  vient encore de le montrer, le jugement populaire est plus accommodant sur la politique étrangère du Président.

Sans doute l'intéressé y a-t-il songé, au moment de décider de se rendre au débotté, cet après-midi, aux côtés de ses troupes endeuillées.

09/12/2013

Une concorde, pour la galerie

François Hollande et Nicolas Sarkozy donc côte à côte, demain: aux funérailles de Nelson Mandela. Puisque l'ancien Président a accepté l'invitation que lui a faite son successeur, ce week-end.

Les deux hommes trouvent un intérêt dans cette apparition ensemble. Pour François Hollande, c'est l'occasion de battre (un peu) en brèche le procès en «sectarisme» et en «anti-sarkozysme primaire» que la droite lui fait, depuis qu'il a accédé à l'Elysée. Quant à Nicolas Sarkozy, cela ne peut faire de mal à son image que, pour une fois, il soit vu sur la scène internationale autrement qu'à l'occasion des conférences grassement rémunérées qu'il donne devant le gotha mondial de la finance.

L'impression de concorde nationale que donnera l'apparition ensemble des deux rivaux de la présidentielle de 2012 sera évidemment très factice, voire hypocrite. Et rien ne dit qu'elle durera davantage qu'une journée, y compris sur un sujet aussi consensuel qu'est le grand homme d'Etat africain. Lundi prochain, en tout cas, on aura l'occasion de voir si l'harmonie républicaine est encore de mise.

Quand, au conseil municipal de Paris, le maire socialiste, Bertrand Delanoë, soumettra au vote des élus sa proposition de baptiser du nom de Nelson Mandela le futur jardin des Halles réaménagées. C'est peu dire qu'un éventuel vote unanime gauche-droite sur la question trancherait fameusement avec l'âpreté du climat politique actuel, dans la capitale: alors que la campagne fait rage en vue des élections municipales de mars prochain.

04/12/2013

Un rouleau compresseur

Journalisme, Médias, Santé, Presse, Personnalités, HollandeDeux heures. François Hollande et ses communicants ont donc tenu deux heures, ce mercredi. Face à la pression du «buzz» de l'info, des réseaux sociaux, etc. Deux heures. Entre le moment où, vers 7 heures, de premières radios ont révélé «l'intervention chirurgicale secrète» que l'intéressé a subie à la prostate, au début 2011: soit avant même qu'il soit Président, ou même candidat à la primaire socialiste pour l'investiture à l'Elysée. Et l'instant où, vers 9h, le palais présidentiel a fini par officialiser la chose, via un laconique communiqué de six lignes.

Entre-temps, pendant ces deux heures, l'entourage du chef de l'Etat a vainement argumenté auprès des médias que cela n'avait pas grand sens qu'ils s'agitent sur cela. Et, à gauche comme à droite, des voix se sont élevées, pour s'irriter d'une «dérive» de l'info (Jean-Marc Ayrault), d'un «emballement» médiatique irraisonné (François Bayrou).

Mais rien n'y a fait. Le rouleau compresseur du journalisme contemporain (en gros: toujours plus d'agitation, toujours moins de recul) a, une fois de plus, écrasé tout sur son passage.

L'histoire ne dit pas si, dans quelques années, le prochain Président de la République devra, ou non, confesser avoir, quand il était gamin, subi une opération de l'appendicite. Ou quelques points de suture, après une chute à vélo.

03/07/2013

Un jeu de dupes

Gouvernement, Hollande, Personnalités, Environnement, FemmesMême pas trois lignes de communiqué officiel, une trentaine de mots à peine, et hop: virée. L'ex-ministre PS de l'Ecologie, Delphine Batho, se consolera peut-être du caractère expéditif de son limogeage, hier, en constatant qu'elle est devenue le premier membre du gouvernement dont le licenciement s'est fait en direct sur Twitter.

Beaucoup d'hypocrisie, cela dit, derrière tout cela.

François Hollande a voulu montrer qu'il savait faire preuve d'autorité, en sanctionnant illico une ministre ayant, le matin même sur une radio, jugé «mauvais» son projet de budget 2014. La belle affaire: si le Président a fait preuve d'autant de poigne, c'est surtout parce que cette jeune ministre ne pesait rien: ni dans l'édifice gouvernemental, ni dans les équilibres internes au PS. Les ministres Arnaud Montebourg ou Manuel Valls auraient-ils tenu exactement les mêmes propos qu'elle que, bien sûr, ils n'auraient pas été virés – pas de la sorte, en tout cas.

Les Verts pleurent à chaudes larmes un licenciement, qui, selon eux, consacre le fait que François Hollande n'en a décidément rien à faire de l'écologie. La belle affaire: avant-hier encore, les écologistes étaient les premiers, en public comme en privé, à fustiger une Delphine Batho qu'ils jugeaient trop molle, voire peu compétente, pour défendre les enjeux environnementaux.

La politique, parfois, comme des tas d'autres domaines d'activité, c'est aussi (avant tout?) un jeu de dupes, une affaire de postures.

 

PS: Au fond, si l'on peut se permettre de poser la question: Delphine Batho aurait-elle été congédiée avec si peu d'égards, si elle avait été un homme? On vous laisse juges.

31/05/2013

Une prédiction hasardeuse

Personnalités, Humour, Météo, HollandeUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. D'humour présidentiel, même. Puisque, en ce moment, François Hollande mérite plus que jamais son surnom de «M. Petites Blagues».

Et la météo semble beaucoup inspirer le Président. «Il pleut tout le temps, depuis un an!», a-t-il ironisé, cette semaine. C'est vrai que, depuis ce jour d'investiture de la mi-mai 2012 où le successeur de Nicolas Sarkozy descendit les Champs-Elysées sous des trombes d'eau, on a un peu l'impression que le beau temps a quitté la France. «Gouverner, c'est pleuvoir!», a philosophé, dans la foulée, François Hollande – réinventant à sa manière la maxime «Gouverner, c'est prévoir».

«Vous allez voir: cela va se lever», a-t-il ensuite assuré, poursuivant sa métaphore politico-météorologique. Mais peut-être le chef de l'Etat s'est-il avancé un peu vite, avec une telle prédiction. Cette semaine, en effet, plusieurs prévisionnistes ont, eux, déprimé encore un peu plus les Français: en leur signalant que, statistiquement, après un hiver aussi long et un printemps aussi pourri, il y avait des chances que l'été, à son tour, soit exceptionnellement humide et frais.

Cela promet.

28/05/2013

Un rappel, bienvenu

«Les mots ont un sens». C'est le rappel, utile, qu'a fait François Hollande, hier. A l'adresse des plus excités des anti-mariage gay. Ceux qui manifestent en scandant des slogans hostiles à un Président «dictateur» qui se trouverait à la tête d'un Etat «fasciste», ceux qui tabassent des «journalistes collabos», ceux qui se targuent d'incarner une «Résistance».

«La Résistance, c'était par rapport au nazisme, à l'Occupation. La collaboration, c'était des Français qui étaient avec l'occupant. Et le fascisme, le nazisme, la dictature, c'était une époque qui heureusement est révolue», a rappelé François Hollande. Qui a condamné cette «utilisation des mots de la seconde guerre mondiale et du nazisme à des fins qui n'ont rien à voir avec ce qu'ils ont exprimé», à l'origine.

Encore plus clairement, l'hôte de l'Elysée aurait pu dire que récupérer un tel lexique, réservé à une période historique aussi lourde, n'est pas seulement grotesque. C'est aussi indigne. Car cela insulte les souffrances qu'endurèrent les victimes, à l'époque.

La gauche, cela dit, a peu de leçons à donner à la droite, en la matière. Elle qui, sous Nicolas Sarkozy, qualifiait de «rafles» les opérations policières menées contre les étrangers sans-papiers. Certes, bien souvent, ces coups de filet se déroulaient dans des conditions choquantes. Quand, par exemple, des clandestins étaient arrêtés alors que, affamés, ils faisaient la queue pour la soupe populaire, ou quand ils attendaient leurs enfants à la sortie de l'école, ou étaient en train de se faire soigner dans un dispensaire. Il n'empêche, parler de «rafles», avec l'épouvantable passé que ce terme véhicule (les rafles de Juifs, la rafle du Vel d'Hiv, etc.), n'était pas plus admissible que de prétendre aujourd'hui incarner une «Résistance».

Les mots ont un sens.

08/05/2013

Un soleil moins brûlant

personnalités,hollande,parti socialisteIls ont bien changé, en un an: les slogans à caractère politique, peinturlurés sur les murs du quartier Bastille, dans notre onzième arrondissement parisien. C'est ce qu'on s'est dit, l'autre matin. En tombant nez à nez sur un énorme «LARMES A GAUCHE», écrit en lettres capitales. En mai 2012, en revanche, sur les murs de Paname, on ne lisait guère que des odes au nouveau Président.

A dire vrai, on a été tout sauf étonné en tombant sur ces larmes de peinture. L'un après l'autre, ces derniers jours, les instituts de sondage ont tous et parfaitement confirmé, si besoin en était, l'extraordinaire dégringolade de la popularité de l'hôte de l'Elysée et de sa politique, y compris au sein de l'électorat qui, il y a un an, l'avait supporté.

Des exemples? Selon la Sofres (là), sont mécontents du bilan de François Hollande 56% des électeurs ayant voté pour lui en avril 2012, au premier tour de la présidentielle. Et 70% de ceux qui l'ont choisi au second tour, en mai. Ce que confirme, globalement, l'institut CSA (là). Qui note une «démobilisation sensible de l’électorat de gauche, et plus particulièrement de celui ayant apporté ses suffrages à François Hollande. Seuls 59% des personnes ayant voté pour lui au premier tour de l’élection présidentielle en 2012 voteraient à nouveau pour lui».

Des exemples, encore? A en croire l'Ifop (ici), un an plus tard, 36% des électeurs de gauche n'approuvent pas l’action du Président. Enfin, selon Ipsos (là), «François Hollande bascule dans l’impopularité, même dans son propre camp: seulement 47% des sympathisants de gauche (-6 points par rapport à avril, -12 points en deux mois) lui accordent leur confiance, contre une majorité relative de 49% (+6 points) qui ne le font pas. Auprès des sympathisants PS, c’est à peine mieux : il recueille 58% d’avis favorables (en baisse également, de 5 points), contre 39% de mauvaises opinions».

personnalités,hollande,parti socialisteComme dit la célèbre vieille chanson française, en plus particulièrement de circonstance en ce mercredi parisien si nuageux: «Oh! je voudrais tant que tu te souviennes/ Des jours heureux où nous étions amis./ En ce temps-là la vie était plus belle, /Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui».