31/05/2013
Une prédiction hasardeuse
Un peu d'humour, pour bien terminer la semaine. D'humour présidentiel, même. Puisque, en ce moment, François Hollande mérite plus que jamais son surnom de «M. Petites Blagues».
Et la météo semble beaucoup inspirer le Président. «Il pleut tout le temps, depuis un an!», a-t-il ironisé, cette semaine. C'est vrai que, depuis ce jour d'investiture de la mi-mai 2012 où le successeur de Nicolas Sarkozy descendit les Champs-Elysées sous des trombes d'eau, on a un peu l'impression que le beau temps a quitté la France. «Gouverner, c'est pleuvoir!», a philosophé, dans la foulée, François Hollande – réinventant à sa manière la maxime «Gouverner, c'est prévoir».
«Vous allez voir: cela va se lever», a-t-il ensuite assuré, poursuivant sa métaphore politico-météorologique. Mais peut-être le chef de l'Etat s'est-il avancé un peu vite, avec une telle prédiction. Cette semaine, en effet, plusieurs prévisionnistes ont, eux, déprimé encore un peu plus les Français: en leur signalant que, statistiquement, après un hiver aussi long et un printemps aussi pourri, il y avait des chances que l'été, à son tour, soit exceptionnellement humide et frais.
Cela promet.
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28/05/2013
Un rappel, bienvenu
«Les mots ont un sens». C'est le rappel, utile, qu'a fait François Hollande, hier. A l'adresse des plus excités des anti-mariage gay. Ceux qui manifestent en scandant des slogans hostiles à un Président «dictateur» qui se trouverait à la tête d'un Etat «fasciste», ceux qui tabassent des «journalistes collabos», ceux qui se targuent d'incarner une «Résistance».
«La Résistance, c'était par rapport au nazisme, à l'Occupation. La collaboration, c'était des Français qui étaient avec l'occupant. Et le fascisme, le nazisme, la dictature, c'était une époque qui heureusement est révolue», a rappelé François Hollande. Qui a condamné cette «utilisation des mots de la seconde guerre mondiale et du nazisme à des fins qui n'ont rien à voir avec ce qu'ils ont exprimé», à l'origine.
Encore plus clairement, l'hôte de l'Elysée aurait pu dire que récupérer un tel lexique, réservé à une période historique aussi lourde, n'est pas seulement grotesque. C'est aussi indigne. Car cela insulte les souffrances qu'endurèrent les victimes, à l'époque.
La gauche, cela dit, a peu de leçons à donner à la droite, en la matière. Elle qui, sous Nicolas Sarkozy, qualifiait de «rafles» les opérations policières menées contre les étrangers sans-papiers. Certes, bien souvent, ces coups de filet se déroulaient dans des conditions choquantes. Quand, par exemple, des clandestins étaient arrêtés alors que, affamés, ils faisaient la queue pour la soupe populaire, ou quand ils attendaient leurs enfants à la sortie de l'école, ou étaient en train de se faire soigner dans un dispensaire. Il n'empêche, parler de «rafles», avec l'épouvantable passé que ce terme véhicule (les rafles de Juifs, la rafle du Vel d'Hiv, etc.), n'était pas plus admissible que de prétendre aujourd'hui incarner une «Résistance».
Les mots ont un sens.
11:15 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, société, personnalités, hollande, etrangers
08/05/2013
Un soleil moins brûlant
Ils ont bien changé, en un an: les slogans à caractère politique, peinturlurés sur les murs du quartier Bastille, dans notre onzième arrondissement parisien. C'est ce qu'on s'est dit, l'autre matin. En tombant nez à nez sur un énorme «LARMES A GAUCHE», écrit en lettres capitales. En mai 2012, en revanche, sur les murs de Paname, on ne lisait guère que des odes au nouveau Président.
A dire vrai, on a été tout sauf étonné en tombant sur ces larmes de peinture. L'un après l'autre, ces derniers jours, les instituts de sondage ont tous et parfaitement confirmé, si besoin en était, l'extraordinaire dégringolade de la popularité de l'hôte de l'Elysée et de sa politique, y compris au sein de l'électorat qui, il y a un an, l'avait supporté.
Des exemples? Selon la Sofres (là), sont mécontents du bilan de François Hollande 56% des électeurs ayant voté pour lui en avril 2012, au premier tour de la présidentielle. Et 70% de ceux qui l'ont choisi au second tour, en mai. Ce que confirme, globalement, l'institut CSA (là). Qui note une «démobilisation sensible de l’électorat de gauche, et plus particulièrement de celui ayant apporté ses suffrages à François Hollande. Seuls 59% des personnes ayant voté pour lui au premier tour de l’élection présidentielle en 2012 voteraient à nouveau pour lui».
Des exemples, encore? A en croire l'Ifop (ici), un an plus tard, 36% des électeurs de gauche n'approuvent pas l’action du Président. Enfin, selon Ipsos (là), «François Hollande bascule dans l’impopularité, même dans son propre camp: seulement 47% des sympathisants de gauche (-6 points par rapport à avril, -12 points en deux mois) lui accordent leur confiance, contre une majorité relative de 49% (+6 points) qui ne le font pas. Auprès des sympathisants PS, c’est à peine mieux : il recueille 58% d’avis favorables (en baisse également, de 5 points), contre 39% de mauvaises opinions».
Comme dit la célèbre vieille chanson française, en plus particulièrement de circonstance en ce mercredi parisien si nuageux: «Oh! je voudrais tant que tu te souviennes/ Des jours heureux où nous étions amis./ En ce temps-là la vie était plus belle, /Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui».
12:33 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, hollande, parti socialiste
03/05/2013
Une goutte d'eau dans la mer
On vit bien, décidément, à l'Elysée. Puisque, dans la cave à vins du palais présidentiel français, figurent des bouteilles dont la valeur souvent dépasse celle d'un salaire minimum – ainsi, ce Petrus de 1990 évalué à 2 200 €.
Si l'on peut se faire une idée de la richesse du patrimoine oenologique de l'Elysée, c'est parce que François Hollande a décidé de mettre en vente aux enchères (ici) une partie de la cave présidentielle: 1200 bouteilles, soit un dixième de la collection élyséenne. Cette vente, qui a été annoncée cette semaine, permettra le renouvellement de la cave, et en l'occurrence le réinvestissement «dans des vins plus modestes». Ce qui restera du produit des enchères «sera reversé au budget de l'État».
C'est sans doute de bonne guerre, en ces temps d'austérité budgétaire extrême.
Mais c'est peu dire que les quelques milliers ou dizaines de milliers d'euros qui retourneront ainsi dans les caisses de la Nation n'y pèseront que de peu de poids, face à l'ampleur de son déficit actuel (pour rappel: 87,2 milliards d'euros, en 2012). Une goutte d'eau – et non de grand cru, pour le coup –, dérisoire somme toute, dans la mer déficitaire budgétaire.
11:30 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : institutions, gastronomie, luxe, art de vivre, personnalités, economie, hollande
04/04/2013
Un autre aveu, au passage
Il faudrait savoir. François Hollande dixit (ici) hier, à propos de son ministre déchu Jérôme Cahuzac: «Il a quitté le gouvernement, à ma demande». Le même François Hollande le 19 mars dernier (là et là), soit le jour du départ de l'intéressé: «Le président de la République a mis fin aux fonctions de M. Jérôme Cahuzac, à sa demande», et salue «la décision qu’il a prise de remettre sa démission».
En quinze jours, donc, le discours de l'Elysée concernant ce départ gouvernemental a complètement changé: la démission d'abord prétendument volontaire est devenue ensuite officiellement imposée.
Mais sans doute ne s'agit-il que d'un détail, personne à Paris n'ayant évidemment jamais cru à cette fiction (à... ce mensonge?) selon laquelle Jérôme Cahuzac avait quitté ses fonctions de son plein gré.
11:00 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : communication, institutions, personnalités, hollande
14/03/2013
Un mot maintenu, finalement
Le mot "race" restera, pour l'instant en tout cas, dans la Constitution française. Où il apparaît aussi bien dans le corps du texte que dans ses préambules: «Tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés», «La France forme avec les peuples d'outre-mer une Union fondée sur l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion». Ce terme y sera maintenu, puisque, cela a été confirmé hier, François Hollande ne soumettra pas au Congrès de Versailles la proposition de révision constitutionnelle qui aurait ôté ce mot de la Constitution, un engagement qu'il avait pourtant pris pendant sa campagne présidentielle.
Tout comme l'octroi du droit de vote aux élections municipales pour les étrangers non-européens, ce projet de modification ne fait pas partie «des réformes susceptibles de recueillir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès», a justifié le communiqué officiel diffusé à l'issue du Conseil des ministres, hier.
La droite est ravie de ce renoncement. Pendant la campagne présidentielle, les sarkozystes, les lepénistes et les polémistes de tout poil (Eric Zemmour, etc.) avaient vilipendé «le politiquement correct» de ce projet de François Hollande. «Le ridicule dépasse les bornes», avait raillé Nicolas Sarkozy en personne.
L'opposition est aux anges, mais c'est la consternation, voire l'abattement, au sein des organisations antiracistes, et y compris chez certains ministres – ainsi, George Pau-Langevin a ouvertement dit sa déception, hier. Pour ces opposants au mot "race" (ici, par exemple), ce concept est «historiquement périmé et scientifiquement inopérant». En plus, outre qu'«'il a été introduit dans la législation française en 1939, puis installé par les lois antisémites du régime de Vichy», il «a servi de support aux discours qui ont précédé les pires actes criminels» du siècle passé.
Hier, tentant de les amadouer, la porte-parole du gouvernement a assuré que ce projet de réforme restait «un engagement symbolique et attendu», engagement qui, a-t-elle sous-entendu, finira par être concrétisé: en temps utile.
On verra cela, d'ici à 2017. On le verra, ou pas?
11:29 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, hollande, gouvernement, election présidentielle
13/03/2013
«Une charge nationale»
François Hollande n'est pas le moins drôle des hommes politiques français – on l'a déjà écrit (ici, notamment). Il l'a encore montré hier. Dans la campagne bourguignonne, où il était de passage.
Le chef de l'Etat était en train de discourir sur les problèmes du moment: nationaux et locaux. Et insistait notamment sur la nécessité, en milieu rural, d'éradiquer la tuberculose bovine. «Et éradiquer le blaireau!», lui a alors lancé un habitant du coin. Le blaireau: l'animal qui dévaste les cultures, bien sûr. Et non ceux que, en langage familier, l'on surnomme de la sorte: les beaufs, ou les bourrins. «Oui les blaireaux aussi... Mais ça, il n'y a pas qu'ici... C'est une charge nationale!», a rétorqué le Président, suscitant les rires de l'assemblée. Au moins aussi cocasse que ce trait d'esprit est le très court instant (visible ici, par exemple) pendant lequel François Hollande a hésité avant de poursuivre sa répartie. Une ou deux secondes pendant lesquelles il a sans doute pensé à ce que la droite dirait à nouveau de lui («M. Petites blagues», etc.) s'il se laissait une fois de plus aller à son penchant naturel. Puis, le Président n'a pu s'en empêcher, et a lâché sa petite plaisanterie.
L'histoire ne dit pas s'il avait à l'esprit l'un ou l'autre «blaireau» en particulier, qu'il conviendrait selon lui d'«éradiquer» de la classe politique.
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11/03/2013
Une grandeur
Une anecdote sans doute très futile aujourd'hui, mais allons-y vu qu'elle nous a fait sourire, ce matin. Ce matin, au saut du lit – et c'est le cas de le dire. Car cet écho, entendu ce matin sur une radio, concerne un détail relatif à la nuit que va passer François Hollande, ce lundi.
Le Président découche, ce soir. A Dijon, où il inaugure des visites d'immersion de 48 heures en province, sur lesquelles il compte pour redresser un peu sa popularité. A Dijon, le chef de l'Etat passera la nuit à la préfecture. Qui avait hébergé jadis Charles de Gaulle, lors d'un de ses déplacements de terrain l'ayant amené dans cette ville. A donc été resorti des réserves de l'hôtel préfectoral le lit dans lequel avait dormi le grand Charles, à l'époque. Et qui avait été confectionné tout spécialement pour lui, et pour cause: vu la grande taille qui était celle du général. Ledit lit présidentiel dijonnais a... 2m50 de long.
François Hollande pourra vraiment s'y étendre de tout son long, lui qui n'est pas beaucoup plus grand que son prédécesseur Nicolas Sarkozy. L'histoire ne dit pas si l'hôte de l'Elysée y fera des rêves de grandeur.
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04/02/2013
Un présent un rien encombrant
La petite phrase la plus farce du week-end, elle a été signée François Hollande – qui n'est décidément pas le moins drôle des hommes politiques français. C'était à son arrivée au Mali, samedi. La délégation présidentielle était accueillie en grandes pompes sur le tarmac de l'aéroport. Et se voyait offrir, en guise de présent de bienvenue: un... dromadaire. «Je l'utiliserai autant que je le pourrai comme moyen de transport (à Paris), mais...», lâcha alors François Hollande, hilare. Sa boutade, dite d'un ton aussi aimable que taquin, fit illico éclater de rire les officiels maliens. Le déplacement présidentiel commençait donc bien, et il allait se dérouler à merveille pour le chef d'Etat français.
L'histoire ne dit pas si les services de l'Elysée ont réussi à trouver une place pour l'animal dans la soute de l'avion présidentiel. Auquel cas, il coulera des jours heureux à la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris: où ont déjà abouti nombre de cadeaux présidentiels de cet acabit.
Plus vraisemblablement, et de manière plus pratique, l'entourage de François Hollande a pu aussi, sitôt après avoir reçu cet encombrant présent, avoir chargé les services de l'ambassade de France au Mali de lui trouver, dans ce pays, une famille et un lieu d'accueil plus appropriés. Où il pourra servir de «moyen de transport» plus aisément tout de même qu'à Paris.
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28/01/2013
Un mauvais traitement médiatique?
Les journalistes français s'acharnent-ils sur François Hollande? Le traitent-ils plus mal qu'ils avaient traité Nicolas Sarkozy il y a cinq ans, peu après son élection? Ce sont deux parmi les nombreuses questions qui ont été posées aux sondés, pour la dernière édition du «Baromètre de la confiance dans les médias», que réalise chaque année l'institut TNS-Sofres.
Réponses? Pour les Français en majorité (50%), les médias n'ont pas de parti pris particulier – ni favorable, ni défavorable – à l'égard de l'actuel Président. En revanche, oui, pour une forte minorité de répondants (31%), François Hollande est bel et bien maltraité par les journalistes. Alors que, il y a cinq ans, de l'avis de 37% des sondés, les médias en général étaient plutôt favorables à Nicolas Sarkozy. En cinq ans, donc, la corporation journalistique aurait évolué dans sa manière de traiter le chef de l'Etat.
A moins que?
Ce chiffre de 31% de sondés convaincus d'une maltraitance médiatique de François Hollande, il remonte à la première semaine de janvier. Soit avant l'entrée en guerre de la France au Mali. Or, cette actualité a entraîné un changement de ton assez général de la presse française à l'égard du Président. Exit le «Hollande bashing» (ces couvertures de journaux ou de newsmagazines titrées «Pourquoi sont-ils si nuls?», «Les Amateurs», etc.), bonjour le Hollande soudain décrit comme un fier chef de guerre, dont le bras ne tremble pas. Dès lors, referait-on ce sondage demain qu'il n'est pas sûr qu'il donnerait forcément le même résultat, sur cette question-là en tout cas.
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25/01/2013
Une «situation exceptionnelle»
Deuxième conséquence – après celle qu'on évoquait hier – du climat sécuritaire actuel, tendu, pour François Hollande. Il va désormais beaucoup moins la ramener, dans le registre du «Président normal», qui, comme tout le monde, prend le train plutôt que l'avion. C'est, en tout cas, ce que l'on entendait sur une radio, ce matin.
C'est donc en avion, et non en TGV, que l'homme de l'Elysée se rend à Lille, ce vendredi. La présidence assure (ici) qu'il ne s'agit que d'un changement ponctuel, motivé par une «situation exceptionnelle, qui nécessite de la souplesse», et non pas une doctrine nouvelle: «Dans un contexte de conflit international dans lequel sont engagées les troupes françaises, il est indispensable que le président de la République, chef des armées, puisse rentrer plus vite à Paris ou rester plus longtemps en déplacement, sans être dépendant des horaires d'un train».
On peut entendre l'argument. On peut aussi se dire qu'un Président prévoyant y aurait réfléchi à deux fois: avant, il y a neuf mois, d'en faire des tonnes médiatiques sur sa normalité alléguée, pas toujours forcément compatible avec les obligations liées à ses fonctions.
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05/12/2012
Un imbroglio diplomatique
Un peu de politique étrangère, aujourd'hui: une fois n'est pas coutume, dans ce blog. Pour évoquer cet imbroglio diplomatique auquel est confrontée la France, en ce moment. Concernant la Syrie. Un pataquès que le porte-parole des Affaires étrangères a détaillé, lors d'un de ses derniers briefings de presse quotidiens.
A la mi-novembre, le Président Hollande a innové sur la scène internationale. En annonçant (ici) que, pour la France, «le seul représentant légitime du peuple syrien» n'était désormais plus Bachar el-Assad. Mais le chef de l'opposition qui le combat: le président de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Moaz al-Khatib. Conséquence de sa reconnaissance officielle par Paris, «il y aura un ambassadeur de la Syrie en France qui sera désigné par le Président de la Coalition».
Pourquoi pas. Il n'empêche qu'en attendant, le régime officiel syrien est toujours représenté à Paris, par un ambassadeur en titre. Mais alors, quel est donc le statut de ce diplomate? C'était la question, pas idiote, qu'a posée un confrère l'autre jour, au porte-parole du quai d'Orsay. Et ses explications valent leur pesant d'or.
«Nous avons déclaré l'ambassadeur de Syrie à titre bilatéral à Paris persona non grata», a-t-il confirmé. Mais, pour autant, l'Hexagone n'a «pas rompu les relations diplomatiques» avec la Syrie du dictateur. Dès lors, son «ambassade reste ouverte». «Des diplomates accrédités (y) travaillent encore, notamment des personnels consulaires». En outre, ce fameux ambassadeur «persona non grata» est... toujours à Paris. Car, jusqu'à nouvel ordre, il est ambassadeur de son pays auprès de l'Unesco: l'agence onusienne, qui a son siège dans la capitale française. Du coup, ce diplomate indésirable ne peut être expulsé par la France.
Décidément, rien n'est jamais simple.
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03/12/2012
Un espoir à oublier, ou pas
C'est le premier pochoir à l'effigie de François Hollande qui vit le jour dans notre quartier du onzième arrondissement de Paris. Apposé par des sceptiques de l'heureux élu, le soir même de son élection (relire ici), alors qu'il était en train de la fêter, à deux pas: avec ses dizaines de milliers de partisans massés place de la Bastille. Plus de six mois plus tard, ce pochoir est toujours là. Comme si les agents municipaux de la propreté, qui, chaque jour et à longueur de journées, effacent quantité d'illustrations murales, ne voulaient ou n'osaient faire disparaître celle-là. Parce que le visage d'un Président, fût-il censé «normal», est intouchable?
Toujours est-il que, depuis six mois, la physionomie très changeante de ce pochoir hollandiste – qu'on avait déjà évoquée ( relire là) – donne une idée de l'évolution de la popularité de l'homme de l'Elysée, auprès d'un certain petit peuple des rues de Panane. On eut ainsi droit au «Président des bisous»: cet été, alors qu'il n'avait pas encore trop dégringolé dans les enquêtes d'opinion.
Cet hiver, François Hollande voit ses partisans et opposants du onzième continuer à s'affronter par ce pochoir interposé, sur la question de savoir s'il incarne toujours, ou non, l'espoir. Dernièrement, les détracteurs du chef de l'Etat avaient ajouté un «forget» devant le «NO HOPE» du pochoir originel, dont le «NO» avait déjà été raturé par les zélateurs du socialiste. Ceux-ci, si mois plus tard, ont immédiatement et de nouveau réagi: rectifiant à leur tour la rectification, ils ont rajouté un «OR NOT» à la fin du message. Et ainsi de suite?
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13/11/2012
Un prix (pour rien?)
Ce mardi en France, c'est donc la «Journée de la gentillesse» – mais oui, cela existe: les autres jours, on a le droit d'être méchant. Le hasard a voulu que ce mardi soit aussi le jour où François Hollande organise la première des conférences de presse semestrielles que, lors de sa campagne présidentielle, il avait promis de tenir, s'il était élu. Pas sûr que cette coïncidence de dates incitera les journalistes du tout-Paris à être aimables avec lui. A n'être pas trop teigneux envers un Président qui, en plus, vient de se voir décerner le premier... «Prix de la Gentillesse en politique» – mais oui, cela existe.
Nicolas Sarkozy, lui, n'a pas bénéficié de la moindre des voix décernées par les vénérables membres qui composaient le jury de cette distinction (des vedettes du journalisme parisien). Que l'on sache, le prédécesseur de François Hollande à l'Elysée n'a pas prévu, pour autant, d'organiser une conférence de presse ce mardi, pour protester contre ce deuxième échec cuisant essuyé face à son rival de mai 2012. Et pour cause: Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à l'étranger, à Moscou plus précisément, pour y faire un discours probablement très grassement rémunéré.
Sans doute a-t-il parfaitement raison. En matière de gros sous comme de haute politique, la gentillesse, cela n'a jamais rapporté grand-chose. Pour ce qui est de la vie quotidienne, on vous laisse juges.
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17/10/2012
Un menu appétissant (suite)
7 millions de Français sont obèses. Et 15 millions sont en surpoids. Si l'on en croit une étude publiée hier, on continue à manger trop et/ou mal dans l'Hexagone. Même si l'obésité y est comparativement moindre qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, et même si sa progression, en France, semble ralentir – mais pas chez les jeunes de 18 à 24 ans.
Malgré ces chiffres pas réjouissants, reparlons gastronomie, aujourd'hui. Et partons à nouveau dans les coulisses de l'Elysée, côté cuisines – qu'on évoquait l'autre jour (relire ici). Car, depuis la rédaction de cette note, on a retrouvé, dans le fin fond de nos archives, un long papier qu'on avait jadis rédigé sur la petite histoire du palais présidentiel: il y dix ans, à l'occasion des élections présidentielles de 2002. On y a trouvé quelques détails complétant utilement ce sujet aussi prestigieux qu'appétissant.
Ainsi, l'Elysée a beau avoir toujours compté parmi les meilleures tables de France, y travailler comme cuisinier doit être stressant. En effet, les exigences du protocole sont souveraines. L'une d'elles, par exemple, impose qu'un dîner d'Etat soit obligatoirement servi en 55 minutes chrono: pas une minute de plus.
En outre, bien évidemment, les chefs travaillant au palais doivent satisfaire les caprices culinaires du locataire des lieux. Nicolas Sarkozy, par exemple, soucieux de sa ligne – ce qui ne l'empêchait pas d'avoir toujours du chocolat sur son bureau –, avait banni le fromage de la table présidentielle. Fromage qui, paraît-il, a fait sa réapparition dans les menus de l'Elysée depuis que François Hollande y a été élu, en mai. Un quart de siècle plus tôt, François Mitterrand avait l'habitude, dit-on, de commander du homard à ses cuisiniers, à toute heure du jour voire de la nuit. Jacques Chirac, lui, c'est bien connu, carburait plus modestement: aux plats régionaux – la fameuse tête de veau – arrosés de bière mexicaine. Quant à Valéry Giscard d'Estaing, la légende élyséenne assure qu'il avait fait interdire les décorations de gâteaux et de pâtisseries en forme de roses, qui lui rappelaient trop l'emblème du Parti socialiste.
Deux anecdotes encore, issues elles du livre «L'Elysée – Histoire secrète et indiscrète des origines à nos jours», de l'historienne Claude Pasteur (Editions Tallandier, 2002).
D'un point de vue culinaire, Valéry Giscard d'Estaing «se démarquait de ses prédécesseurs, en n'attachant pas la même importance aux plaisirs de la table. En dehors des repas officiels, il se contentait volontiers de fruits et de légumes». Quant à François Mitterrand, il fit «moderniser les grandes cuisines de l'Elysée, sans que cette modernisation ait fait disparaître les cuivres traditionnels, gravés du monogramme de Louis-Philippe ou de l'aigle impériale de Napoléon III».
La pompe, le faste, et le respect de la tradition, jusque dans les moindres détails.
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23/07/2012
Un hommage amplement mérité
Hier, François Hollande a rendu un hommage parfaitement mérité à Jacques Chirac. C'était lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du «Vél’d’Hiv» (l'ancien vélodrome d’hiver, à Paris). Le 16 juillet 1942, elle avait conduit plus de 13000 hommes, femmes et enfants juifs vers, le plus souvent, la mort.
Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac était entré dans l'Histoire de France comme le premier Président à reconnaître officiellement la responsabilité du pays dans cette tragédie. «Ces heures noires souillent à jamais notre Histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions», avait-il, très justement et solennellement, affirmé. «Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par les Français, par l’État français». A l'époque, ses propos avaient fait grand bruit. En effet, à l'instar de ses prédécesseurs, le Président Mitterrand, lui, avait toujours contesté que le gouvernement de Vichy ait représenté la France. «La République n’est pas comptable des actes de Vichy», n'avait-il cessé de soutenir. «La France n’a pas à s’excuser des crimes antisémites perpétrés par les autorités françaises officielles, précisément car le régime de Pétain n’a jamais incarné la France. La France légitime a toujours été celle de la Résistance, celle du général de Gaulle».
Dimanche, François Hollande a spectaculairement pris ses distances avec cette vision si confortable de l'Histoire. Il est donc devenu le premier chef d'Etat socialiste français à le reconnaître publiquement: «La vérité, c’est que la police française s’est chargée d’arrêter des milliers d’enfants et de familles, pris au piège le 16 juillet 1942. La vérité, elle est dure, elle est cruelle, c’est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l’ensemble de cette opération. La vérité, c’est que le crime fut commis en France, par la France».
Depuis dimanche, à droite, toute la mouvance souverainiste et lepéniste s'indigne des propos de François Hollande. Ce matin encore, l'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Henri Guaino, s'en est offusqué, sur une radio. S'agrippant à la conviction qu'«à l'époque, la France, la vraie, elle était à Londres».
Ne leur en déplaise, on trouve que François Hollande dimanche et Jacques Chirac avant lui ont été admirables de lucidité historique et de courage politique.
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02/07/2012
Un chiffre, une ouverture, une allégresse
Une allégresse très perceptible samedi, dans Paris. Parmi les dizaines de milliers de participants à la Pride – la «Marche des fiertés», dit-on désormais. Or, par contraste, ces dernières années particulièrement, dans ce cortège, l'humeur dominante n'était pas rarement à la rancoeur et à l'acrimonie: à l'égard du pouvoir en place. Cet été, en revanche, nombre de participants affichaient – en sticker, en badge, etc. – le chiffre à l'origine de leur contentement.
31. Comme le 31ème des 60 engagements de l'ex-candidat devenu Président, François Hollande. Cette 31ème promesse prévoit l'ouverture à tous les couples du mariage et de la parentalité. L'égalité des droits, donc. Le «mariage homosexuel», autrement dit, pour employer une expression usuelle, mais si incongrue –lire ici.
C'était assez drôle à voir: cette allégresse collective a plus énervé que jamais la poignée de militants d'extrême droite qui, chaque année, tentent de perturber la Marche: barricadés derrière les grilles de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, la paroisse des traditionalistes catholiques, dans le cinquième arrondissement, devant laquelle passent chaque année les marcheurs. Cet été, sous la protection d'innombrables CRS, ils ont vociféré de plus belle leurs quolibets homophobes. Mais sont passés largement inaperçus, dans la liesse ambiante. Et ne sont jamais parvenus à gâcher l'ambiance.
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06/06/2012
Un état «normal»
Cela vaut mieux, pour un Président qui vient à peine d'être intronisé. Et c'est sans doute normal, s'agissant d'un «homme normal». Hier soir, un très bref communiqué du service médical de l'Elysée a indiqué que «l'examen médical et biologique», «clinique et para-clinique», qui avait été réalisé sur François Hollande, à sa demande, s'était «révélé normal».
Anecdotique? Si ce n'est que, précédemment, tous les bulletins de santé concernant un Président socialiste français avaient été... totalement mensongers.
Le 20 mai 1981, dix jours après l'élection de François Mitterrand, le Dr Gubler, ancien externe des hôpitaux de Paris, et son médecin personnel depuis les années 1970, avait signé le premier bilan clinique rendu public, relatif à l'état de santé du nouveau Président. Il disait ceci: «Les différents tests biologiques pratiqués ne montrent aucune anomalie des paramètres habituellement contrôlés au niveau chimique et hématologique. L'état général est tout à fait satisfaisant, et aucune anomalie n'est décelable». Le 7 novembre de la même année, François Mitterrand avait subi une série d'examens à l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce – pour la petite histoire, il y avait été admis sous un nom d'emprunt: Albert Blot. Neuf jours plus tard, le Pr Albert Steg, spécialiste mondial du cancer de la prostate, lui avait annoncé qu'il était atteint d'un cancer: déjà largement diffusé dans les os. Mais l'opinion publique n'en fut pas informée. A peine, le 15 décembre 1981, un communiqué de l'Elysée annonça-t-il que François Mitterrand souffrait d'«arthrose légère au cou». Le mensonge d'Etat perdura plus de dix ans: précisément jusqu'au 16 septembre 1992. Ce jour-là, après cinq jours d'hospitalisation à l'hôpital Cochin, le chef de l'Etat annonça qu'il était atteint d'un cancer de la prostate. Mais là encore, la dissimulation était de mise. Son affection y était qualifiée de «bénigne».
Sinon, et dans un registre moins dramatique, François Hollande innove par rapport à ses deux prédécesseurs. Car, malgré les engagements qu'il avait pris lors de sa campagne, Nicolas Sarkozy cessa rapidement (dès 2010) de communiquer sur son état de santé. Et car Jacques Chirac ne le fit jamais, estimant que ces matières relevaient du secret médical, et avaient donc un caractère confidentiel.
12:18 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, institutions, personnalités, histoire, hollande, sarkozy, chirac
25/05/2012
Une lente progression
Serait-elle pertinente, finalement, cette métaphore animalière beaucoup utilisée dans les médias ces derniers mois, qui compare François Hollande à une tortue? L'homme, en tout cas, semble progresser lentement (et sûrement?), en termes de popularité.
Ainsi, le dernier sondage en date de l'institut CSA, publié ce vendredi, évalue à 58% sa cote de confiance. Jamais le nouveau Président n'avait été évalué aussi haut, dans une enquête d'opinion. Ce score est même proche de celui dont CSA créditait Nicolas Sarkozy en 2007 à la même période, juste après son élection: 59%.
Consolation, pour la droite: autant en 2007, au tout début de son mandat, Nicolas Sarkozy séduisait un part (minoritaire) de l'électorat de gauche, autant son successeur, lui, a une «structure de popularité très clivée politiquement». En clair, il est très populaire à gauche, mais reste impopulaire à droite. En revanche, plus préoccupant pour les sarkozystes: la popularité du nouveau chef de l'Etat «est relativement homogène en termes sociodémographiques». Il est majoritaire aussi bien chez les classes socioprofessionnelles élevées que parmi les classes plus moyennes, les retraités, et les ouvriers. Ces derniers affichent le taux de confiance le plus élevé: 64%.
Mais tout cela va-t-il durer? On ne mettrait pas notre main au feu. L'intéressé non plus, sans doute.
11:46 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, hollande, sarkozy
22/05/2012
Une cote d'amour, très moyenne
53%. Telle est, à en croire le baromètre Ipsos publié lundi, la cote d'amour de François Hollande. 53% de jugements favorables, contre 27% d'avis critiques, et 20% de sondés qui ne se prononcent pas. Un satisfecit légèrement majoritaire, donc. Mais dont l'ampleur ne dépasse guère l'étiage électoral qui fut celui du Président élu le 6 mai (51,6%). Son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, fait encore moins bien: 50% d'opinions positives, 17% d'avis critiques, 33% de non-répondants.
On est donc loin du grand amour. Loin de la foucade de 2007. Il y a cinq ans, Nicolas Sarkozy à peine élu à l'Elysée totalisait 64% d'opinions favorables. Et son chef de gouvernement, François Fillon, faisait presque presque aussi bien (60%).
«Pas d'état de grâce», ni pour le nouveau chef d'Etat, ni pour son chef de gouvernement. C'est ce que déduisent en boucle, depuis hier soir, tous les médias. En fait, on pouvait déjà le deviner depuis plusieurs jours.
Vendredi, en effet, un sondage TNS Sofres a évalué à 51% seulement la part de Français faisant confiance à François Hollande pour présider le pays (contre 40% de défiants). Et à 46% la cote d'amour de son gouvernement (contre 36% d'antipathie). Plus de six sondés sur dix (66%), cependant, jugent cette équipe représentative «de la diversité de la population, que ce soit en termes d'âge, de genre ou d'origine». Le même jour, le baromètre Harris Interactive a chiffré, lui, à 54% la cote de confiance en François Hollande.
Bref, au-delà des chiffres qui varient un peu, toutes ces enquêtes se rejoignent sur la tendance générale de l'opinion française. Comme l'a résumé le sondeur Jean-Daniel Lévy, elle est «plutôt positive» envers ses nouveaux dirigeants, «sans se situer à des niveaux élevés pouvant être assimilés à un état de grâce».
Ne pas s'énamourer, pour ne pas courir le risque d'être déçu: air connu. En politique comme dans la vie.
12:02 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, gouvernement, hollande, ayrault



