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04.05.2012

Une différence, ou l'autre

Elections présidentielles, personnalités, Hollande, Sarkozy, Langue française.Mieux vaut tard que jamais. Reçu ce matin, dans la boîte aux lettres, les «professions de foi» et deux bulletins de vote aux noms des deux finalistes de l'élection présidentielle, dimanche. Ce ne sont sans doute que des détails relevant de l'anecdote, mais, rien que sur la forme de ces dépliants électoraux, sans donc s'attacher à leur fond, on a été frappé par deux, trois petites choses.

François Hollande a choisi une police et un corps de caractère très grands et lisibles. Son texte est très aéré. En une minute ou deux, on en a fait le tour. A-t-il estimé que les dés étaient jetés, jugé qu'il n'y avait donc plus grand-chose à ajouter, hormis les grandes lignes de ses principales idées? Le texte de Nicolas Sarkozy, en revanche, est beaucoup plus serré, il y a beaucoup plus à lire, et, rien que dans la police et la taille des caractères utilisés, l'accès n'est pas aisé. S'est-il dit que ce document était pour lui la dernière occasion qu'il avait d'enfin convaincre, et qu'il lui fallait donc être très complet?

Une autre différence réside dans la manière avec laquelle ces deux candidats entament leur missive. «Mes chers concitoyens», écrit François Hollande. «Mes chers compatriotes», écrit, lui, Nicolas Sarkozy.

«Le Petit Robert», dans lequel on a jeté un oeil ce matin, n'établit pas vraiment la différence entre les deux termes. Concitoyen? «Citoyen du même Etat, d'une même ville (qu'un autre)». Compatriote? «Personne originaire du même pays qu'un autre». Le dictionnaire renvoie ses lecteurs d'un terme à l'autre. Il ne fait pas état de connotations particulières qu'aurait l'un ou l'autre de ces deux mots. Mais on n'a pas été étonné en découvrant cette différence dans l'utilisation des mots. Celui renvoyant à la citoyenneté est utilisé par le candidat de gauche, celui renvoyant à la patrie et au patriotisme l'est par le candidat de droite: c'est assez conforme avec la «coloration» implicite que ces deux termes ont, dans notre esprit.

Une différence, enfin, dans l'écriture entre les deux candidats.

Elections présidentielles, personnalités, Hollande, Sarkozy, Langue française.Nicolas Sarkozy achève son plaidoyer par quelques lignes manuscrites. On n'a aucune compétence en graphologie, mais on a trouvé que son écriture cadrait assez bien avec l'image que dégage son personnage. Ses lettres et la façon dont il les assemble forment un ensemble haché, nerveux.

On ne découvre l'écriture de François Hollande que via sa signature, qui clôt le document. Pour autant qu'on puisse en juger à cette seule signature, on semble là davantage dans le registre de la rondeur.

Mais, on le répète, sans doute ne s'agit-il là que des détails.

16.04.2012

Une façon de voir les choses

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Sarkozy, HollandeUn moment de gêne ce matin, en entendant Marine Le Pen sur une radio. C'était au sujet de cette bataille de chiffonniers que se livrent le PS et l'UMP depuis hier, sur la question de savoir qui, de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, a réussi à réunir le plus de militants à son meeting dominical géant.

Les chiffres avancés de part et d'autre, outre qu'ils sont invérifiables, sont complètement fantaisistes. 120.000 sarkozystes place de la Concorde? Chacun a pu y voir qu'une partie au moins de la place était encore vide quand le Président-candidat a commencé son discours. Et pour cause: il l'a débuté plus tôt que prévu. 100.000 «hollandais» face au château de Vincennes? Le chiffre a été lancé à la tribune dès le début de l'après-midi, alors même qu'un bon tiers de l'esplanade – pouvant contenir 140.000 personnes – était encore vide. Et pour cause: n'étaient pas encore arrivés une bonne vingtaine de cars, sur la centaine qu'avait affrétés le PS pour convoyer à Paris les sympathisants.

Hier soir, de retour de ce dimanche militant, constatant que cette guerre des chiffres faisait plus parler d'elle que les questions de fond, on a trouvé cela puéril. Comme deux bandes rivales d'écoliers qui, dans une cour de récréation, exhibent leurs biceps. Moment de gêne ce matin, donc. En entendant Marine Le Pen, à son tour, trouver cela... «puéril». Hier soir, on aurait dû penser en des termes moins courants, dû qualifier, dans notre tête, ce combat de titans sur les chiffres non de «puéril», mais de «vétilleux». Ce matin à la radio, Marine Le Pen n'aurait jamais pensé à utiliser ce mot-là. Trop tard. Tant pis.

Elections présidentielles, Personnalités, Activisme, Sarkozy, HollandeCela dit, il y a une autre façon de voir les choses, au-delà de ces broutilles d'ego et de mots. Qu'ils aient été 80.000 ou 100.000 à la Concorde et/ou à Vincennes, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont sacrifié un dimanche tranquille et bien au chaud pour, dans le froid et le vent glacial, vivre au plus près la campagne présidentielle. Alors qu'on ne cesse de dire que cette campagne n'intéresse pas et de présenter les Français comme étant complètement désabusés, politiquement.

Du coup, rien qu'en soi et au-delà des chiffres, cette affluence de masse a quelque chose de plutôt positif.

06.04.2012

Un dimanche qui promet

Si vous envisagiez de circuler en voiture dans Paris le dimanche 15 avril, oubliez cela. Ce jour-là, en effet, la capitale va probablement connaître des embouteillages d'anthologie, pour cause notamment de campagne présidentielle.

Le 15 avril, il y avait déjà le marathon de Paris, qui, en temps normal, chaque année entraîne pas mal d'embarras de circulation et de stationnement. Cette année, viendront s'y greffer deux manifestations électorales de masse, car on sera à une semaine du premier tour du scrutin élyséen, le dimanche 22. D'une part, comme l'intéressé l'a confirmé hier, le grand meeting de Nicolas Sarkozy sur la place de la Concorde. D'autre part, le meeting, annoncé comme aussi massif, de son rival socialiste François Hollande, lui sur l'esplanade du château de Vincennes.

Une centaine de milliers de personnes pourraient bien, au total, assister à ces deux événements. Et il faudra leur ajouter les quelques dizaines de milliers de marathoniens du jour. Dès lors, c'est peu dire qu'on va friser la crise de nerfs ce dimanche-là à la préfecture de police de Paris, à qui il reviendra de coordonner, de régenter et de gérer tout cela.

Les Parisiens coincés dans les embouteillages pourront ronger leur frein en méditant sur la connotation tout de même très sanglante de ces deux lieux de meeting choisis par les duellistes pressentis du second tour. Nicolas Sarkozy réunira ses troupes sur une place où, comme chacun sait, Louis XVI et Marie-Antoinette notamment furent guillotinés, en 1793. Quant aux fossés du château de Vincennes, devant lesquels François Hollande réunira ses partisans, Bonaparte y fit fusiller le duc d'Enghien en 1804, après un jugement expéditif et sa condamnation à mort pour conspiration.

Mais, aux dernières nouvelles, la fin de la campagne présidentielle devrait, elle, être plus pacifique.

05.04.2012

Une incrédulité générale

Elections présidentielles, Politique, Personnalités, Sarkozy, Hollande, Bayrou, Le Pen, Joly«Les promesses n'engagent que ceux qui y croient», assure une vieille maxime, cynique, de la vie politique française. Manifestement, ils sont de moins en moins nombreux à y croire, dans l'opinion. C'est ce qu'indique une étude réalisée par l'institut TNS-Sofres.

On y découvre que 88% des Français considèrent que, d'une manière générale, les politiques ne respectent pas les engagements qu'ils prennent en campagne électorale. Parmi ces neuf Français sur dix incrédules, 38% des sondés affirment carrément que les intéressés ont l'habitude de ne pas du tout tenir leurs promesses.

Des dix candidats à l'Elysée, le centriste François Bayrou et le socialiste François Hollande sont perçus comme les plus crédibles dans leurs engagements. Mais, pour l'un comme pour l'autre, les sondés défiants sont plus nombreux que les confiants. La frontiste Marine Le Pen et l'écologiste Eva Joly apparaissent comme les moins fiables. Concernant Nicolas Sarkozy particulièrement – dont le leitmotiv de ses meetings de 2007, était, pour rappel: «Moi, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas, je ne vous mentirai pas», etc. – , il ne s'en sort pas trop mal. En effet, le nombre de Français jugeant qu'il n'a ni mieux, ni moins bien tenu ses engagements que ses prédécesseurs (40%) dépasse, de peu, la proportion de Français considérant, au contraire, qu'il a plutôt moins bien respecté ses promesses qu'eux (36%).

Il n'empêche, globalement, les résultats de cette enquête d'opinions ne sont pas à l'honneur de la classe politique. Qui sait faudra-t-il se souvenir de ce sondage dans une quinzaine de jours: si d'aventure les résultats du premier tour de la présidentielle confirment ce qu'annoncent et prévoient déjà pas mal d'analystes: un très fort taux d'abstention.

13.03.2012

Un «coup de tonnerre»

Elections présidentielles, Personnalités, Hollande, Sarkozy«REVONS, C'EST L'HEURE...», nous invite ce pochoir étoilé, qu'un artiste de rue a apposé sur un mur de notre quartier Bastille. Sans doute doit-il refléter l'état d'esprit régnant ce matin chez les partisans de Nicolas Sarkozy. Puisque, pour la première fois hier soir, un sondage a donné le Président-candidat vainqueur du premier tour de la présidentielle, dans 39 jours. C'est «un coup de tonnerre dans la campagne», selon «Paris Match», qui le publie ce matin. Cette étude Ifop crédite Nicolas Sarkozy de 28,5% des intentions de vote (+1,5%), contre 27% pour François Hollande (-1,5%). Jusqu'à présent, et de manière interrompue depuis son investiture, en octobre 2011, le socialiste avait toujours été donné gagnant du premier tour.

Les sarkozystes auront d'autant plus la tête dans les étoiles que, d'après les enquêtes d'opinion, l'électorat accueille de manière pareillement favorable les propositions contre «l'Europe-passoire» faites par leur mentor dimanche, lors de son monumental meeting de Villepinte.

Sûr, cependant, que les stratèges de campagne du Président, eux, attendront tout de même encore un peu avant de se mettre à rêver. Les autres instituts de sondage, ces prochains jours, seront-ils à l'unisson de l'Ifop? Ce ne serait pas la première fois qu'ils divergent, lors de cette campagne. Du reste, outre le fait que les indications fournies par les enquêtes d'intentions de vote n'ont pas forcément de valeur prédictive sur le résultat le Jour J, Nicolas Sarkozy est toujours donné largement battu au second tour.

08.03.2012

Un manque de panache

Femmes, Activisme, Elections présidentielles, Personnalités, Hollande, Strauss-Kahn, Parti socialisteLe prince de l'esquive. Le roi de l'évitement. Le futur Président de l'accommodement et du renoncement permanents. C'est un des portraits que la droite dresse de François Hollande. Au vu des sondages, l'opinion n'a pas l'air de trop croire à cette description. Mais hier soir, en tout cas, le candidat socialiste à l'Elysée n'a pas saisi l'opportunité qui s'offrait à lui de nuancer ce portrait peu flatteur. En faisant preuve de panache.

C'était à La Cigale: la salle de spectacles du 18ème arrondissement de Paris. On y était, et on a trouvé que c'était assez instructif sur le tempérament de l'intéressé.

En cette veille de la Journée du 8 mars, un collectif d'associations féministes avait invité les présidentiables à venir présenter aux femmes le volet de leur projet les concernant. Le populiste Jean-Luc Mélenchon s'est prêté à l'exercice, comme l'écologiste Eva Joly et l'anticapitaliste Philippe Poutou. Dès que François Hollande ouvrit la bouche, ce fut l'incident. «DSK!», «DSK!», «DSK!» Des féministes radicales, d'un mouvement né dans la foulée des «affaires Strauss-Kahn», tentèrent de déployer une banderole, et balancèrent des brassées de tracts. Tracts où l'on pouvait notamment lire l'une ou l'autre petite phrase prononcée par François Hollande au moment de cette sordide actualité. Son «Tout cela n'est pas une affaire politique, cela n'implique pas le PS», ou son «DSK fait partie des voix que l'on veut entendre».

Le candidat socialiste aurait pu en profiter pour crever l'abcès de cette vilaine affaire. Qui, au PS, donna lieu à tant de remarques déplacées envers les femmes, à tant de commentaires complaisants envers DSK. Mais non, rien. François Hollande fit semblant de n'entendre ni les sifflets, ni les huées, ni les trois initiales fatales. Il fit mine de pas voir que les trublionnes étaient expulsées sans ménagement de la salle. Il continua à discourir, comme si de rien n'était.

femmes,activisme,elections présidentielles,personnalités,hollande,strauss-kahn,parti socialistePolitiquement, dans le chef d'un candidat socialiste dont le propre état-major de campagne comprend nombre de strauss-kahniens, c'était certainement très prudent. Surtout ne pas s'étendre sur le sujet qui fâche, surtout ne pas rouvrir les plaies, surtout faire comme si, oui oui, elles sont désormais cicatrisées.

Cependant, en observant l'homme au moment de cet incident, on trouvait que, humainement, il manquait fameusement de cran.

06.03.2012

Un déguisement

Elections présidentielles, Perosnnalités, Sarkozy, Hollande, HumourA défaut d'être en tête des sondages pour l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy figure au moins en bonne place dans... la vitrine du magasin de farces et attrapes de notre quartier Bastille.

Il y a plusieurs semaines déjà qu'on avait vu cela, dans ce commerce du boulevard Beaumarchais, mais on a remarqué ce matin que cela y figurait toujours. Au milieu des masques de carnaval, des serpentins, des boas et des cotillons, trône une parure d'un personnage intitulé «Mister Bling Bling». Elle comprend, outre un masque à l'effigie de l'hôte de l'Elysée, d'inévitables lunettes solaires imitation Ray-Ban.

Jusqu'à la fin de son quinquennat, décidément, et au-delà des postures électorales du moment (le candidat du «peuple», etc.), le Président sortant aura traîné comme un boulet l'image qu'ont donnée de lui les frasques de son début de mandat: le dîner au «Fouquet's» avec les plus gros revenus du CAC 40, le séjour sur le yacht «Paloma» du milliardaire Vincent Bolloré, etc.

Juste: si les chiffres de vente de ce masque de «Mister Bling Bling» sont à la hauteur de la popularité de l'intéressé, notre commerçant du boulevard Beaumarchais ne fait pas de bonnes affaires.

Elections présidentielles, Perosnnalités, Sarkozy, Hollande, HumourCommerçant qui, pour appâter le client, a aussi mis en vitrine un masque à l'effigie de François Hollande. Parmi les déguisements de carnaval, le candidat socialiste trône, lui, souriant. Et il n'est affublé d'aucun sobriquet dénigrant.

Mais sûr que, s'il est élu en mai, il n'échappera pas davantage que son prédécesseur aux caricatures, dans les magasins de farces et attrapes et partout ailleurs. Sans doute est-ce la rançon de la gloire: le prix à payer pour le pouvoir.

01.03.2012

Un niveau passable, sans plus

François Hollande parle bien l'anglais. Mieux que Nicolas Sarkozy, en tout cas. C'est ce qu'il s'est dit et répété dans le tout-Paris médiatico-politique, ces jours-ci. Dans la perspective du déplacement que le présidentiable socialiste a effectué hier à Londres. Alors, vrai ou pas, ce talent «hollandais» allégué pour la langue de Shakespeare?

Témoignage de première main en même temps qu'avis autorisé d'un confrère et ami britannique: correspondant permanent à Paris du grand quotidien «The Daily Telegraph». De retour de cette journée passée outre-Manche avec le candidat socialiste à l'Elysée, son avis était celui-ci: «Il a dit deux, trois phrases en anglais. Un fort accent franchouille, mais grammaticalement correct. "Finance must be regulated", "We must have regulation", ou "We are not obliged to answer all questions". Et il a eu besoin d'un traducteur avec Miliband»: avec Ed Miliband, le chef du Parti travailliste britannique, que François Hollande a rencontré hier à Londres.

Passable donc, sans plus: le niveau en anglais du favori pour l'Elysée.

En même temps, jamais aucun Président français n'ayant jusqu'à présent brillé par sa parfaite maîtrise des langues étrangères, il serait très étonnant que cette imperfection linguistique soit rédhibitoire pour l'intéressé...

29.02.2012

Une imitation, si drôle

Humour, Femmes, Personnalités, Hollande, Sarkozy, Elections présidentielles«Si on vient me chercher, on me trouve». François Hollande dixit, ce matin sur une radio. Le candidat socialiste à l'Elysée a répété combien Nicolas Sarkozy avait, selon lui, été «inélégant» et «discourtois» en s'en prenant à sa compagne: la journaliste de télé Valérie Trierweiler – on en parlait hier, dans ce blog.

Valérie qui? «Valérie Rottweiler» Ainsi l'intéressée a-t-elle été rebaptisée par... Ségolène Royal.

Mais, précisons tout de suite: pas par la Ségolène Royal dans la vraie vie. Par Ségolène Royal telle qu'elle est imitée par Nicolas Canteloup. L'humoriste prend un plaisir facétieux à camper une Ségolène Royal en marâtre insupportable, d'une mauvaise foi crasse, aigrie comme jamais à l'égard de François Hollande, donc ne manquant pas une occasion d'écorcher le nom de la femme qui, désormais, partage la vie de son ex.

Et cela ne rate jamais: chaque fois qu'on entend cette Ségolène Royal-là, dans la bouche de Nicolas Canteloup, on s'esclaffe. Chaque fois que, dans son imitation, revient cet impayable «Valérie Rottweiler», on pouffe. Chaque fois, ce faisant, on culpabilise (un peu). Le portrait dressé par cette imitation est vraiment odieusement caricatural. C'est très moyen de se moquer ainsi de la vie privée des gens, et a fortiori de leurs chagrins d'amour. Et on est là dans un registre clairement sexiste: ce n'est jamais François Hollande qui est imité en train de pester contre les nouvelles liaisons de son ex. Donc, c'est vraiment très incorrect.

humour,femmes,personnalités,hollande,sarkozy,elections présidentiellesMais on ne peut pas s'en empêcher: on trouve ce surnom canin si bien trouvé et cette voix de Ségolène Royal – son timbre: tellement particulier – si bien imitée que, chaque fois, on est mort de rire.

Dans une autre vie, c'est promis, on expiera ces ricanements si peu charitables.

28.02.2012

Une vision de la femme

Les ex et la campagne présidentielle. Hier soir, sur une télé d'info continue, c'était le thème de l'édito politique quotidien. Cecilia ex-Sarkozy qui, deux fois ces derniers jours, a dit aux médias combien elle croyait aux chances électorales de son ex. Et Ségolène Royal qui, ce mardi pour le deuxième jour consécutif, arpente le Salon de l'agriculture où elle va croiser son ex, François Hollande, dont elle ne manquera pas de faire à nouveau l'éloge. Le confrère éditorialiste en déduisait qu'au moins la course à l'Elysée avait ça de bon de ramener la paix dans des ménages hier brouillés à mort.

En l'entendant, on trouvait tout de même assez macho cette vision utilitariste de la femme, prise comme faire-valoir d'un homme.

Une heure plus tard sur une autre chaîne, François Hollande s'en prenait au «manque d'élégance» de Nicolas Sarkozy. Qui, le matin même, sur une radio, avait ironisé sur l'actuelle compagne du socialiste, Valérie Trierweiler. Parce qu'elle travaille pour une télé de Vincent Bolloré, ce milliardaire qu'on a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy de fréquenter.

Là encore, on avait un mouvement de recul. Devant cette vision de la femme soit punching-ball (s'en prendre à son adversaire en ciblant sa compagne), soit pauvre créature à défendre (Valérie Trierweiler elle-même ayant réagi dès hier matin à la pique sarkozyste, a priori il n'y avait pas besoin d'en rajouter).

On repensait à tous ces «merveilleux!» et autres «fabuleux!» que Carla Bruni avait lancés, il y a dix jours aux micros et aux caméras, en guise de commentaires des prestations de campagne de son mari désormais candidat. Le faire-valoir, à nouveau.

On réalisait alors que, la semaine prochaine comme tous les 8 mars, c'était la Journée internationale des Femmes. On se demandait si, en France, en haut lieu y compris, on n'avait pas encore des progrès à faire, en termes de vision des intéressées.

15.02.2012

Un terme inutilement violent

Presse, Médias, Journalisme, Elections présidentielles, Langue française Le jour J de Nicolas Sarkozy, donc, ce mercredi. Ou comment, certainement, transformer en incroyable show médiatique et buzz frénétique ce qui, sur le fond, constitue tout de même un non-événement: la confirmation de sa candidature à un second mandat élyséen. On verra cela ce soir, au 20 Heures de TF1.

En attendant, on est tombé en arrêt, ce matin. Tombé en arrêt devant ces colonnes Morris où, dans notre onzième arrondissement comme dans tout Paris, apparaît notamment la couv' du numéro de cette semaine de l'hebdo «Marianne». Avec ce titre: «Le casse-tête de la droite: comment abattre Hollande».

Abattre, donc. Démolir, supprimer, détruire, anéantir, tuer, en somme. D'accord, ce verbe est souvent utilisé au sens figuré: abattre ses cartes, etc. Mais, en l'occurrence, dans un tel contexte, était-il vraiment nécessaire d'y avoir recours? «Comment battre Hollande» n'aurait-il pas suffi? Ou comment «l'emporter sur», «vaincre», «défaire» l'intéressé, etc.?

Cette campagne présidentielle (comme les précédentes) ne s'annonce-t-elle pas déjà suffisamment violente, pour que la presse doive encore rajouter de l'huile sur le feu? En recourant à des titres de «Une» aussi inutilement guerriers, à des accroches aussi pathétiquement viriles? Tout ça, pour mieux vendre.

On n'achètera ni ne lira «Marianne», cette semaine.

16.01.2012

Une comparaison (débile)

Personnalités, Gouvernement, Parti socialiste, Copé, HollandeC'était sur une télé d'info continue, ce matin. Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, n'a rien trouvé de mieux que de comparer le candidat socialiste à l'Elysée, François Hollande, au capitaine du bateau de croisière «Costa Concordia», qui a fait naufrage ce week-end en Italie. Pour lui, «il y a des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leurs bateaux sur les récifs. Je trouve que François Hollande côtoie et tutoie les déficits publics avec beaucoup de complaisance».

Comparer le présidentiable du premier parti de l'opposition à un homme qui sera vraisemblablement poursuivi pour homicides involontaires. A un incompétent qui, d'après les témoignages des survivants de la catastrophe, sabrait le champagne avec son second dans un bar VIP alors que leur navire se dirigeait tout droit vers les récifs. A un couard qui, selon ces mêmes sources, a abandonné ses passagers et sauvé sa peau en s'enfuyant dans un des premiers canots de sauvetage.

Alors, on a parfaitement le droit de ne pas apprécier, et même de détester, François Hollande, son parti et son programme. Mais une comparaison de cet acabit est profondément débile. Et, s'il s'agit d'un trait d'humour, il est indigne d'un ministre de la République, sachant que des Français figurent parmi les disparus de la catastrophe.

Précédemment, déjà, des pontes de l'UMP avaient traité le présidentiable socialiste d'«homme dangereux». Comme on dit d'un criminel échappé de prison qu'il est considéré comme un homme dangereux. Et, l'autre jour, le président de l'Assemblée nationale en personne, l'UMP Bernard Accoyer, a estimé que, si François Hollande était élu à l'Elysée, les conséquences économiques et sociales, pour le pays, seraient comparables à celles d'«une guerre».

«Chez nous, c'est massacre à la tronçonneuse!», dans nos critiques envers le PS, s'était amusé, la semaine dernière, le n°1 de l'UMP, Jean-François Copé. Il a tort. Ce n'est même pas un film d'horreur de série B. C'est à la politique ce que Max Pecas doit être au cinéma: du grand n'importe quoi.

Encore bravo.

17.10.2011

Une défaite (parisienne)

Paris, Personnalités, Aubry, Hollande, RoyalFrançois Hollande, donc, pour représenter le PS à la présidentielle de 2012. On a beaucoup vu ses affiches dans notre onzième arrondissement, dernièrement. Car le vainqueur de la primaire avait choisi de faire son ultime meeting, jeudi dernier, au Bataclan: la grande salle de spectacles du boulevard Voltaire. Ce week-end, on a aussi beaucoup vu des «hollandais» tracter en sa faveur, entre Bastille, République et Nation: dans les rues, aux entrées de grands magasins, ou sur les marchés.

Un activisme en pure perte: hier à Paris, leur champion a de nouveau été battu par Martine Aubry. D'un cheveu, certes: 50,38%. Mais ce n'était pas gagné d'avance pour la maire de Lille, les quatre candidats éliminés au premier tour ayant tous rallié son adversaire.

Dimanche dernier également, au premier tour, elle avait battu François Hollande à Paris: 37% contre 32%. Cela avait particulièrement été le cas dans notre quartier. Dans le onzième, avec 42% des voix, la Lilloise avait carrément devancé son concurrent de 13 points. Succès similaire dans le troisième, le Haut Marais: 38% contre 31%. Succès toujours dans le quatrième arrondissement, voisin: 37% contre 30%. Au vu de ces chiffres, les Parisiens de nos quartiers n'ont pas dû spécialement faire la fête hier soir, à l'annonce de l'investiture de François Hollande.

Une chose encore, à propos du comportement électoral des Parisiens. Dimanche dernier, ils ont infligé une véritable gifle à ... Ségolène Royal.

Dans la capitale, en effet, la candidate socialiste aux présidentielles de 2007 n'a terminé qu'au cinquième rang (6%): devancée par Manuel Valls (8%). Et, dans notre onzième arrondissement particulièrement, elle a mordu la poussière, ne récoltant que 5% des suffrages. Soit très exactement 642 petites voix, sur plus de 13000 votes enregistrés.

17.06.2011

Une épreuve, des résultats

«Ressentir l'injustice m'apprend-il ce qui est juste?», «L'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même?», ou «L'art est-il moins nécessaire que la science?» Quelques-unes des questions existentielles qui figuraient donc parmi les sujets de dissertation du bac de philo, hier. Si vous voulez élire votre sujet préféré parmi ceux-ci et d'autres qui ont été proposés ces dernières années, une radio française organise une consultation: ici.

A l'occasion de ce bac 2011, la presse française, qui parfois peut être malicieuse, s'est amusée à aller retrouver les résultats qu'avaient obtenus à l'épreuve de philo les bacheliers qui, aujourd'hui, briguent ou pourraient briguer l'Elysée. Nicolas Sarkozy, décidément peu philosophe, n'a obtenu que 9/20 à cette épreuve. Jean-Louis Borloo, son ex-ministre et futur possible rival à droite pour 2012, a fait deux fois mieux: 18/20. Quant à François Hollande et Martine Aubry, aujourd'hui au coude à coude dans les sondages pour l'investiture socialiste, à l'époque déjà, ils étaient à égalité: 13/20.

Interrogé sur ses performances d'adolescent, le ministre de l'Education, Luc Chatel, a fait sangloter dans les chaumières en révélant qu'il n'avait pu passer cette épreuve de philo en juin, cette année-là. Car, à ce moment, il était hospitalisé pour une méningite foudroyante. Il passa donc le bac de rattrapage en septembre. Avec succès, mais cela ne l'a pas empêché, l'autre soir sur un plateau de télé, de sécher misérablement sur un problème figurant au programme des élèves de CM2 – pour les lecteurs non-français de ce blog: des écoliers âgés de 9 ou 10 ans. Ce n'était pourtant qu'une banale règle de trois.

Au moins ledit ministre sait ce qu'il lui reste à faire si d'aventure en 2012 il était, comme son Président, renvoyé dans l'opposition: un bon petit recyclage.