Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

01/04/2016

Un humour potache

Pour bien achever la semaine, et parce que les occasions de sourire ne sont pas si fréquentes en ce moment, en France, évoquer cette petite initiative facétieuse prise par la RATP. Qui, en l'honneur de ce premier jour d'avril, rebaptise () treize de ses stations de métro et de RER.

Ainsi, ce vendredi, la station "Pyrénées" est appelée "Alpes", «dans un souci d’équilibre dans la promotion des chaînes de montagne françaises». Plus tard, elle deviendra "Jura". Quant à la station "Télégraphe", sur la même ligne 11, «dans un souci de modernisation», il faut désormais l'appeler "#Tweet". Etc, etc.

Dans ce style d'humour potache, on aime particulièrement la gare du RER A "Joinville-le-Pont" qui devient "Joinville-le-Pont Pon! Pon!". La station de métro "Saint-Jacques" à laquelle est ajouté le terme "Coquille". "Parmentier" qui est renommée "Pomme de Terre", parce que c'est plus clair: «personne ne se souvient d’Antoine Parmentier, connu pour son action de promotion en faveur de la consommation de la pomme de terre». Et "Opéra" qui se transforme en "Apéro", «pour une ville plus festive».

L'histoire ne dit pas si, en ce jour supposé comique, les usagers de la RATP auront l'occasion d'un peu plus sourire qu'à l'habitude, parce que les métros et les RER seront particulièrement ponctuels.

08/03/2016

Une beauferie ordinaire

Comme tous les 8 mars, la Journée internationale pour les droits des femmes, ce mardi. A Marseille, c'est l'occasion qu'a choisie un festival «d'art et d'humour au féminin» pour organiser un spectacle de... Jean-Marie Bigard. L'humoriste bien connu pour ses sketches toujours si infiniment délicats envers les femmes – notamment pour son hélas célèbre «lâcher de salopes».

Cette invitation sidère une grande partie de la mouvance féministe . Selon ces opposantes (, notamment), «mettre en lumière un humoriste qui a fait des blagues sexistes sa marque de fabrique et qui insulte constamment les femmes dans ses sketches nous semble consternant. Le sexisme ne nous fait pas rire et contribue à banaliser les violences machistes». L'organisatrice du festival, elle, se justifie. «Dans son (dernier) spectacle, "Nous les femmes", il se met justement dans la peau d’une femme pour les défendre et leur rendre hommage pour leur courage et leur volonté… Quoi de mieux pour honorer cette journée de la femme?»

Chacun(e) jugera.

Sinon, toujours dans le registre de la beauferie ordinaire, "Les Chiennes de garde" ont remis, dernièrement, leur prix annuel récompensant le macho de l'année. C'est un sénateur de la droite sarkozyste qui a été primé. L'an dernier, dissertant sur la pénurie de médecins qui frappe de nombreuses régions rurales françaises, il l'avait expliquée notamment par la féminisation de la profession médicale, «puisque 75% des nouveaux diplômés sont des femmes. Or, nonobstant l’égalité, elles sont quand même là pour faire des enfants».

Cela dit, la misogynie n'a jamais empêché d'aller loin et haut, dans ce pays – dans d'autres pays non plus, du reste.

Pour preuve, ce même mardi est aussi le jour de la prestation de serment de Laurent Fabius, en tant que nouveau président du Conseil constitutionnel, la juridiction suprême française. Le même Fabius qui, en 2006, lorsque Ségolène Royal avait annoncé sa candidature à la présidentielle de 2007, avait eu cette répartie si fine, en allusion au couple que l'intéressée formait alors avec François Hollande: «Ségolène Royale candidate? Mais qui va garder les enfants?».

Encore bravo à tous.

30/09/2014

Un homme si drôle

Comme quoi, tout arrive. Alain Juppé a beau n'avoir jamais eu la réputation d'être l'homme politique le plus comique de France, hier soir, il a néanmoins remporté le prix Humour & Politique 2014 (*). Grâce à cette répartie, il est vraie pleine de délicieuse autodérision venant de qui eut une carrière parsemée de tant de traversées du désert:«En politique, on n'est jamais fini. Regardez-moi!»

On peut d'ailleurs remarquer un changement d'attitude chez lui, depuis un petit moment. Depuis, précisément, qu'il a fait son coming-out présidentiable, à la fin août. Désormais, il prend soin de ponctuer chacune de ses interventions télévisuelles d'une petite phrase (un peu) rigolote. Histoire de bien montrer que, non, décidément, il n'est pas si austère.

Lui-même, du reste, avait un jour théorisé sur la nécessité qu'il avait de paraître moins techno, sévère, cassant, droit dans ses bottes. «C'est plus facile de sourire que de réformer. Mais puisqu'on me dit qu'il faut être aimable...», avait-il lancé. Avec un sourire un rien crispé.

 

(*) Prix dont plusieurs nominés méritent, trouve-t-on, les félicitations. Le ministre Michel Sapin, pour cette désarmante tentative de minimiser les manques gouvernementaux: «Quand on ne va pas assez loin, c'est déjà qu'on va quelque part». Son ex-collègue Arnaud Montebourg, que rien décidément n'arrête, pour son culot: «Je crois à un retour de Nicolas Sarkozy, mais menotté». Et le député UMP Henri Guaino, groupie sarkozyste, pour le comique involontaire de sa dévotion fayotte: «Si Nicolas Sarkozy n’avait pas été là, il n’y aurait plus de démocratie en France, en Europe et dans le monde».

26/09/2014

Une tentative d'en rire (jaune)

Les musulmans de France descendent dans la rue (ici), ce vendredi. A Paris en début d'après-midi, ainsi que dans plusieurs villes de province, des appels à manifester ayant également été lancés à Limoges, Bordeaux, Marseille, Valence ou Montpellier. Par ces cortèges, les Français musulmans diront la colère que leur inspirent les crimes perpétrés par les islamistes au Moyen-Orient. Et s'élèveront contre les amalgames et la stigmatisation qui, dernièrement, ont insinué qu'ils seraient complaisants à l'égard de ces horreurs, voire complices avec elles. Alors pourtant qu'ils les ont explicitement et fermement condamnées (, par exemple).

 

Visiblement, on n'est pas le seul à trouver effarante cette pression qui, depuis l'assassinat de mercredi a fortiori, s'exerce sur les musulmans de France. Pression pour qu'ils manifestent ostensiblement leur condamnation de ces crimes. Comme si le fait que ces Français soient musulmans les rendait d'office suspects, comme si cela faisait que, par nature, leur condamnation de cette barbarie n'allait pas forcément de soi. Ainsi, hier, un hashtag a été lancé (voir par exemple ici), sur le thème «On ne leur pas demandé de se désolidariser de».

 

En référence à d'autres faits historiques, cela donne, par exemple: «On n’a pas demandé aux chrétiens de se désolidariser du Ku Klux Klan», ou «On n’a pas demandé aux Basques de se désolidariser des actions terroristes de l’ETA». Sur le mode parodique, pour illustrer le côté débile de ce préjugé et de ce stigmate pesant sur les musulmans de France, cela donne: «On n’a pas demandé aux sandales de se désolidariser des Crocs» ou «On n’a pas demandé aux poupées de se désolidariser de Chucky».

 

Peut-être, en effet, mieux vaut-il en rire (jaune).

22/05/2014

«Une petite phrase, au gré du débat politicien»

Incidents en série à l'Assemblée nationale, hier. Où toute la journée ainsi que la soirée ont été tendues, vu l'animosité de la droite à l'égard du projet de réforme de l'autorité parentale.

Entre deux altercations, un député UMP, qui, dans le civil, exerce la profession de psychiatre, s'en est pris à une ministre qu'il jugeait trop peu locace: «Après nous avoir répondu avec une perplexité anxieuse, vous êtes désormais dans un repli autistique particulièrement inquiétant, avec un relatif évitement du regard associé, signe d'un diagnostic assez grave». L'intéressée n'a pas apprécié. «Quand vous dites cela, je pense aux 100.000 familles qui, en France aujourd’hui, élèvent un enfant autiste. Je pense à leur souffrance. Je pense au mépris que vous exprimez à leur égard, en laissant entendre que la maladie de leur enfant peut être un quolibet, un nom d’oiseau, une petite phrase jetée au gré du débat politicien». Et la ministre de présenter ses excuses à tous ces parents, au nom du gouvernement – «parce que vous, M. le député, ne le ferez sans doute pas».

Le parlementaire sarkozyste a tenté de s'en sortir en jouant sur les mots. «Votre cabinet, Mme, aurait dû vous apprendre la différence entre un trouble envahissant du développement, syndrome autistique décrit par Kanner, et le repli autistique, qui concerne les psychoses de l’adulte. C’est une différence fondamentale, qu’il vous faudrait apprendre. Mon terme ne concernait en rien les enfants: ça, c’est une manipulation de votre part, à laquelle vous recourez parce que, depuis plusieurs heures, vous êtes en difficulté» dans ce débat parlementaire.

Cette anicroche politico-psychiatrique n'apaisant pas l'atmosphère, les débats ont continué à s'enflammer et à s'étirer. Au point que, vers 1h30 du matin, 361 amendements étaient encore à examiner. Le gouvernement a alors compris que, dans de telles conditions, ce texte ne pourrait jamais être voté mercredi prochain, comme il était prévu. Dès lors, il a dû faire suspendre le débat, et reporter sine die l'adoption de la réforme.

09/04/2014

Un «humour décomplexé»

«Voler des poules, c’est cool». «Une petite pièce, pour ma Mercedes». «Plutôt voleur que travailleur». «Des bidonvilles pour tous». «+ d'enfants = +d'argent».

Quelques-uns parmi les slogans entendus place de la République, hier midi. A l'occasion d'un «happening militant» organisé à la faveur de la Journée internationale des Roms. Ce sont des jeunes Roms eux-mêmes qui ont scandé ces slogans. Car, aux yeux d'un responsable des «Enfants du Canal», l'association à l’origine de la manifestation, le fait que les intéressés eux-mêmes reprennent de façon ironique les accusations dont ils sont si souvent l'objet «est le meilleur moyen pour tordre le cou aux préjugés qui circulent à l’égard des Roms». Des préjugés qui ont la vie dure: «A chaque publication dans les médias au sujet de cette population, nous retrouvons toujours ces mêmes clichés, dans les commentaires des internautes: les Roms ont de belles voitures, les Roms sont des voleurs de poules… Ce midi, nous avons également prouvé que les Roms savent manier l’humour, être décomplexés, et qu’ils ont la volonté de s’intégrer».

Moins drôle: lundi, un habitant de Paris a été jugé en correctionnelle, pour avoir agressé un couple de Roms qui campait sur le trottoir en bas de chez lui. Non loin, d'ailleurs, de cette même place de la République. L'individu était poursuivi pour violences volontaires. En janvier, il avait aspergé le matelas de ces Roms d'un produit corrosif à base d'eau de Javel, qu'il avait fabriqué lui-même. A la barre, sa défense a certifié qu'il ne fallait pas voir la moindre connotation raciste à son geste. Juste l'exaspération, qui serait légitime, d'un riverain confronté trop souvent à ce type de cohabitation avec des SDF. Trois mois de prison avec sursis n'en ont pas moins été requis contre lui, ainsi qu'une amende de 1500€.

20/03/2014

Une «désinvolture outrancière»

radio,médias,humour,personnalités,internationalPuisqu'on parlait d'Europe1 hier, cette radio vient d'être sèchement rappelée à l'ordre par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). En cause, son humoriste et imitateur star: Nicolas Canteloup.

Début février, dans sa chronique quotidienne matinale «La revue de presque», avait été évoqué le génocide au Rwanda, en 1994. Le CSA a considéré que dans ce cadre, et malgré «la visée humoristique de cette émission», «certains propos ont été marqués par une désinvolture outrancière telle qu’elle pouvait être perçue comme une complaisance à l’égard d’un génocide». Le Conseil est donc «intervenu fermement» auprès de la chaîne, pour lui faire connaître sa désapprobation. Il l'a également sommée «de prendre toutes les mesures nécessaires afin que cette séquence ne soit plus mise à disposition du public sur l’ensemble de ses services, notamment sur son site internet».

Cela nous a peut-être échappé, mais on n'a pas constaté que la radio avait très amplement diffusé cette nouvelle, sur ses ondes.

C'est la deuxième fois consécutive (relire ) qu'un média français se fait sermonner pour une évocation supposément comique d'une tragédie ayant fait 800.000 morts.

07/02/2014

Un si mauvais goût

Ne pas achever la semaine, marquée notamment par le premier procès organisé en France d'un présumé génocidaire rwandais, sans mentionner cette effarante faute de goût. Cet humour si péniblement douteux, qui a valu à Canal+ une remontrance du Conseil supérieur de l'audiovisuel.

Cela s'est passé dans une émission parodique. La séquence incriminée mettait en scène une émission de télé fictive se déroulant au Rwanda, au cours de laquelle des célébrités rencontraient un jeune Rwandais présenté comme rescapé du génocide de 1994. Entre autres horreurs supposément comiques, on voyait interprétée une chanson présentée comme étant de tradition rwandaise, inspirée de la comptine enfantine «Fais dodo, Colas mon petit frère». Cela donnait: «Maman est en haut, coupée en morceaux, Papa est en bas, il lui manque les bras». Allusion aux victimes du génocide, démembrées à coups de machette.

Pour le CSA, «en dépit du genre humoristique» allégué, cette séquence a porté «atteinte à la dignité de la personne humaine». Dès lors, la chaîne a été mise en demeure de respecter ses obligations déontologiques.

C'est la moindre des choses. Un génocide ainsi tourné en dérision, on ne pouvait pas laisser passer cela. D'autant moins après tout le tumulte qu'on a récemment fait (et à raison) autour de Dieudonné. Parce que, notamment, il moque la Shoah, avec des paroles de «Chaud Cacao», d'Annie Cordy, transformées en «Shoah Ananas».

Il y a des choses avec lesquelles, non, on ne plaisante pas. En tout cas, pas sans tact, talent et finesse.

16/01/2014

Une coïncidence, pas flatteuse

On est là, bien sûr, dans un registre très anecdotique: celui du folklore à vocation touristique. Mais c'est une coïncidence de deux annonces, tombées quasi au même moment hier, qui n'est pas forcément valorisante, pour la France et pour Paris.

La première annonce: la confirmation (, par exemple) que le Musée Grévin va bientôt honorer, par une statue de cire à son effigie, l'animateur de télé Patrick Sébastien. La seconde: son homologue à Rome, le Museo delle Cere, a choisi, lui, de rendre hommage au Sud-Africain Nelson Mandela, qui s'apprête donc à rejoindre sa galerie de personnalités statufiées.

Certes, il en faut pour tous les goûts. Mais, tout de même: on a donc, mis en valeur, d'un côté un bienfaiteur de l'humanité, et de l'autre le symbole du comique troupier télévisé.

Vive l'exception culturelle française.

12/11/2013

Un détournement

Paris, Humour, Histoire, PersonnalitésIl doit se retourner dans sa tombe, le pauvre Antoine-Jean Amelot de Chaillou (1732-1795). Dans une indifférence générale, sans qu'aucun redresseur de torts n'ait fait rectifier cela, la plaque de rue qui, dans notre onzième arrondissement, porte le nom de cet homme d'Etat français, continue d'être rebaptisée... «Rue Camelot».

Qui sait les auteurs de ce détournement patronymique sont-ils les mêmes que ces petits plaisantins qui, l'autre jour, dans le même arrondissement, s'étaient attaqués à la rue Saint-Sébastien (relire ici).

Au moins ont-ils eu la charité d'épargner au marquis le changement également de la notice figurant sur sa plaque – aux dernières nouvelles, il y est toujours présenté comme ayant été ministre, et non sinistre, de Louis XVI.

22/10/2013

Un martyr pour un autre

Paris, Histoire, Humour, Art de vivreUne petite curiosité, dans notre quartier du onzième arrondissement. Qui a fait sourire pas mal d'habitants. Notre bonne vieille rue Saint-Sébastien a été rebaptisée par des petits plaisantins. Qui y ont apposé de fausses plaques en l'honneur de Thérèse d'Avila. Avec la mention «Jouissons en extase».

Dans le quartier, nul ne comprend pourquoi donc le saint agonisant, au très mâle corps transpercé de flèches, soudain s'est ainsi fait évincer par la mystique Espagnole. Celle qui, de mémoire, était à ce point exaltée qu'elle arrivait à écrire «Je meurs parce que je ne meurs pas; je ne meurs pas parce que je meurs». La désespérance de ne pas succomber suffit à me faire trépasser; le plaisir si intense que me procure la perspective de mourir me revitalise tant qu'il m'en devient impossible d'en finir.

Un martyr pour un autre, dans le onzième. Qui sait les gais lurons à l'origine de cette substitution ont-ils voulu, par cette exhortation de rue à la jouissive extase, adresser un message à tous les partisans contemporains du retour à l'ordre moral.

Les catholiques ultras, en tout cas, n'ont pas encore réagi à cette cocasse apparition de «la folle de Dieu», sur les murs de Paris.

16/09/2013

Une prise de guerre

Personnalités, Télévision, HumourSon nom ne dit rien aux moins de trente ans, mais c'est tout de même une belle prise de guerre, pour Marine Le Pen. Ce week-end, à son université d'été, le Front national a ostensiblement mis en valeur la présence de l'humoriste et imitateur Jean Roucas. Star de la télé dans les années 80, il était de la bande du «Bébête show», qui représentait les hommes politiques en marionnettes d'animaux affublées de noms mémorables: la grenouille Kermitterrand, l'ours Barzy, etc. A l'époque, ce programme télé connaissait un succès phénoménal.

«Je n'ai pas voté Marine Le Pen en 2012, mais la prochaine fois je le ferai. C'est tardif, mais je me réveille», a notamment déclaré Jean Roucas.

Tardif, en effet: ce coming out lepéniste. Et qui, rétrospectivement, donne comme une autre dimension à la tonalité qui était celle du «Bébête show»: très moqueuse envers la classe politique, que ce programme tournait continuellement en dérision.

10/06/2013

Une sortie assez mémorable

Humour, PersonnalitésUn peu de légèreté, pour bien commencer la semaine. Vient d'être dévoilée la troisième sélection de l'année des petites phrases nominées pour l'édition 2013 du «Prix Humour et politique» – distinction à laquelle on fait écho à peu près chaque année: relire par exemple ici, ou.

Du coup, voilà un peu relevé le niveau du millésime, qui, jusqu'à présent, ne volait pas très haut, trouve-t-on. En effet sont moins dans le registre désopilant que grinçant, voire dénigrant, les nominés tels Bernadette Chirac («Rendez-vous compte: dans ma famille, ils ont tous voté Hollande. Sauf Jacques; mais il ne le sait pas»), ou l'ex-ministre et très anti-mariage gay Gérard Longuet («Hollande est pour le mariage pour tous…. Sauf pour lui!»).

La livraison du dernier trimestre, en revanche, est un peu plus drôle. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a toutes les chances de figurer au palmarès. Lui qui, en réponse à la «part d'ombre» confessée par son ministre déchu Jérôme Cahuzac, après son aveu d'évasion fiscale, eut cette sortie assez mémorable: «Moi, ma part d’ombre, c’est mon combi Volkswagen». On trouve pas mal aussi la sortie vacharde du sénateur Charles Pasqua, à propos de l’activité de l'ex-ministre Michèle Alliot-Marie: «Elle ne fait rien; mais elle le fait avec ténacité».

Le palmarès, le 24 juin prochain.

31/05/2013

Une prédiction hasardeuse

Personnalités, Humour, Météo, HollandeUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. D'humour présidentiel, même. Puisque, en ce moment, François Hollande mérite plus que jamais son surnom de «M. Petites Blagues».

Et la météo semble beaucoup inspirer le Président. «Il pleut tout le temps, depuis un an!», a-t-il ironisé, cette semaine. C'est vrai que, depuis ce jour d'investiture de la mi-mai 2012 où le successeur de Nicolas Sarkozy descendit les Champs-Elysées sous des trombes d'eau, on a un peu l'impression que le beau temps a quitté la France. «Gouverner, c'est pleuvoir!», a philosophé, dans la foulée, François Hollande – réinventant à sa manière la maxime «Gouverner, c'est prévoir».

«Vous allez voir: cela va se lever», a-t-il ensuite assuré, poursuivant sa métaphore politico-météorologique. Mais peut-être le chef de l'Etat s'est-il avancé un peu vite, avec une telle prédiction. Cette semaine, en effet, plusieurs prévisionnistes ont, eux, déprimé encore un peu plus les Français: en leur signalant que, statistiquement, après un hiver aussi long et un printemps aussi pourri, il y avait des chances que l'été, à son tour, soit exceptionnellement humide et frais.

Cela promet.

05/04/2013

Une cruauté/créativité

Personnalités, Humour, Médias, InternetUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Dont l'actualité française principale a évidemment été reprise, détournée et parodiée, sitôt qu'elle est survenue: sur le net, et dans les réseaux sociaux. On veut bien sûr parler de l'«affaire Cahuzac».

Le ministre déchu de François Hollande, en aveu d'évasion fiscale, a visiblement beaucoup inspiré les plaisantins. Ces derniers jours, on a vu son visage apparaître dans des fausses pubs détournant des campagnes en faveur, par exemple, d'une eau minérale («Cahuzac, source d'emmerdes») ou d'une banque privée en ligne («Mon banquier, c'est moi»). On son image être recyclée dans des pastiches d'affiches de films de cinéma. Des films venant de sortir en salles: ainsi, le biopic du braqueur-convoyeur de fonds Tony Musulin, désormais réalisé par Renaud Van Ruymbeke, un des deux juges instruisant le dossier Cahuzac. Ou des films cultes du septième art français – voir ce détournement du fameux «L'Aveu», de Costa Gavras. Le gros défoulement, donc.

Les gens sont cruels, tout de même. Ou créatifs, c'est selon.

13/03/2013

«Une charge nationale»

Personnalités, Humour, HollandeFrançois Hollande n'est pas le moins drôle des hommes politiques français – on l'a déjà écrit (ici, notamment). Il l'a encore montré hier. Dans la campagne bourguignonne, où il était de passage.

Le chef de l'Etat était en train de discourir sur les problèmes du moment: nationaux et locaux. Et insistait notamment sur la nécessité, en milieu rural, d'éradiquer la tuberculose bovine. «Et éradiquer le blaireau!», lui a alors lancé un habitant du coin. Le blaireau: l'animal qui dévaste les cultures, bien sûr. Et non ceux que, en langage familier, l'on surnomme de la sorte: les beaufs, ou les bourrins. «Oui les blaireaux aussi... Mais ça, il n'y a pas qu'ici... C'est une charge nationale!», a rétorqué le Président, suscitant les rires de l'assemblée. Au moins aussi cocasse que ce trait d'esprit est le très court instant (visible ici, par exemple) pendant lequel François Hollande a hésité avant de poursuivre sa répartie. Une ou deux secondes pendant lesquelles il a sans doute pensé à ce que la droite dirait à nouveau de lui («M. Petites blagues», etc.) s'il se laissait une fois de plus aller à son penchant naturel. Puis, le Président n'a pu s'en empêcher, et a lâché sa petite plaisanterie.

L'histoire ne dit pas s'il avait à l'esprit l'un ou l'autre «blaireau» en particulier, qu'il conviendrait selon lui d'«éradiquer» de la classe politique.

14/02/2013

Une décontraction, si bienvenue

La Saint-Valentin, ce 14 février. C'est l'occasion qu'a choisie l'humoriste Muriel Robin pour annoncer, dans un grand quotidien, qu'elle ferait son «coming out» le jour où elle se découvrirait et s'assumerait... hétérosexuelle.

On trouve cela très bien envoyé. Délicieusement provoc', même, dans le chamboulement des repères habituels/majoritaires qu'une telle déclaration amène. Finalement, qui, dans sa vie, est dans la norme et qui ne l'est pas, où une société doit-elle placer le curseur de la différence, etc. – vaste débat.

Surtout, au-delà du côté farce de ce trait d'humour, on la juge vraiment bienvenue, cette décontraction ainsi affichée. Alors que, en ce moment en France, le thème de l'orientation sexuelle est si péniblement dramatisé/hystérisé.

12/02/2013

Un avis de disparition

Cet après-midi, donc, le vote solennel du «mariage pour tous»: par l'Assemblée, en première lecture. Au cours des 110 heures de débats que les députés ont consacrées à ce texte, par moments, il y avait de quoi se demander si on n'assistait pas plutôt au tournage d'une séance de la caméra cachée.

Ainsi, lorsque la droite a – le sourire en coin, tout de même – mis la majorité en garde contre une des conséquences que pourrait avoir, selon elle, cette réforme. A savoir, la création en France d'une nouvelle espèce (humaine) en voie de disparition: les... belles-mères.

Car, pour l'UMP, «ce texte a pour effet de supprimer les belles-mères (du Code civil), en les remplaçant par des beaux-parents 1 et 2». Aussi, convoquant «les mânes de Courteline, Feydeau, Labiche et Guitry», un député sarkozyste a imploré la gauche de ne «pas porter un coup terrible au théâtre de boulevard». Le verbatim des débats en atteste: à ce moment-là, une clameur s'est élevée des bancs de l'UMP: «Vive les belles-mères!» Ensuite, ce parti a tenté de réclamer la convocation illico en séance de la ministre de la Culture, pour qu'elle s'exlique sur «le préjudice que cela représentait pour tout le théâtre de boulevard: que serait-il sans belles-mères?»

La gauche a peu apprécié la plaisanterie. «Nous tombons dans le mauvais théâtre de boulevard!», s'est énervée la communiste Marie-George Buffet: «Sans doute votre prochaine intervention portera-t-elle sur l’adultère et les amants dans le placard!» Sans état d'âme, l'amendement ad hoc qu'avait présenté l'UMP a été rejeté.

RIP, donc, les belles-mères.

04/02/2013

Un présent un rien encombrant

La petite phrase la plus farce du week-end, elle a été signée François Hollande – qui n'est décidément pas le moins drôle des hommes politiques français. C'était à son arrivée au Mali, samedi. La délégation présidentielle était accueillie en grandes pompes sur le tarmac de l'aéroport. Et se voyait offrir, en guise de présent de bienvenue: un... dromadaire. «Je l'utiliserai autant que je le pourrai comme moyen de transport (à Paris), mais...», lâcha alors François Hollande, hilare. Sa boutade, dite d'un ton aussi aimable que taquin, fit illico éclater de rire les officiels maliens. Le déplacement présidentiel commençait donc bien, et il allait se dérouler à merveille pour le chef d'Etat français.

L'histoire ne dit pas si les services de l'Elysée ont réussi à trouver une place pour l'animal dans la soute de l'avion présidentiel. Auquel cas, il coulera des jours heureux à la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris: où ont déjà abouti nombre de cadeaux présidentiels de cet acabit.

Plus vraisemblablement, et de manière plus pratique, l'entourage de François Hollande a pu aussi, sitôt après avoir reçu cet encombrant présent, avoir chargé les services de l'ambassade de France au Mali de lui trouver, dans ce pays, une famille et un lieu d'accueil plus appropriés. Où il pourra servir de «moyen de transport» plus aisément tout de même qu'à Paris.

22/11/2012

Une comparaison

L'UMP, en ce moment – son effarante saga électorale, pour la désignation de son président –, c'est ... «Tintin et les Picaros». La comparaison, qu'on a trouvée assez farce, a été faite hier soir sur l'antenne de TF1, devant François Fillon et en direct pendant le JT de 20 Heures: par Gilles Bouleau, son présentateur – qu'on n'imaginait pas si comique.

«Tintin et les Picaros», donc. François Fillon en général Alcazar. Jean-François Copé en général Tapioca. A moins que ce ne soit l'inverse. Et tout ce qui caractérise les guérillas entre caudillos de Républiques bananières: des allégations réciproques de tripatouillages électoraux, des accusations mutuelles de putsch, des trahisons à n'en plus finir, et des lieutenants avec le couteau entre les dents.

Pour poursuivre dans la métaphore, l'avenir du grand parti sarkozyste, vu son état désormais si avancé de déréliction, c'est vraiment «L'étoile mystérieuse». Même «Les sept boules de cristal» de la meilleure voyante de France n'y suffiraient pas, pour oser lui présager des lendemains glorieux.