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31/08/2015

«Un nouveau pas», un peu lent

Paris, Education, Informatique, Communication, JeunesseRentrée demain en France, pour quelque 12 millions d'élèves. Dont près de 200.000 scolarisés dans les établissements de la Ville de Paris. Ces derniers bénéficieront notamment d'«un plan précurseur du numérique à l'école», dont la mairie est très fière.

Depuis plusieurs années, déjà, des tableaux numériques interactifs sont installés dans les salles informatiques des établissements parisiens. A la faveur de cette rentrée, «un nouveau pas» va être franchi. Dans les classes de 12 collèges de la capitale, les élèves de cinquième auront des tablettes à leur disposition, utilisées à des fins pédagogiques. Et leurs jeunes camarades de fin de primaire qui sont scolarisés dans 24 écoles situées en zone d’éducation prioritaire bénéficieront «de nouvelles classes mobiles avec des tablettes numériques». Au total, se félicite la mairie, «1.500 tablettes seront déployées» dans les établissements parisiens, à partir de cette rentrée.

Très bien. Mais tout de même un peu faiblard. Ainsi, pour s'en tenir à l'innovation relative aux collèges, en bénéficieront donc les élèves de cinquième de 12 de ces établissements. A titre de comparaison, au total très exactement 56.935 élèves sont scolarisés dans les collèges de la Ville.

Dès lors, dans les faits, la masse des collégiens parisiens scolarisés dans le public continuera à n'avoir accès à ces outils pédagogiques que dans les «espaces numériques de travail» de leur école – et encore, si leur établissement est équipé d'un tel espace. Et non en classe, dans le cadre de leur apprentissage quotidien.

09/03/2015

Une attaque, si improbable

On avoue que, quand l'info nous est parvenue, ce week-end, on a d'abord cru à un gag. Cela paraissait si improbable. Et puis non, finalement. Le groupe Etat islamique s'est bel et bien attaqué à... Velib.

Samedi, sur le blog du système de location de vélos en libre service de la ville de Paris, en lieu et place des informations habituelles, on trouvait le drapeau noir de Daech, la mention «Hacked by Islamic State» (piraté par l'Etat islamique) et un poème en langue arabe chanté a capella. Manifestement, il ne s'agit pas d'un petit piratage, mais d'une opération d'envergure, qui donne du fil à retordre aux informaticiens de la mairie. Pour preuve, tout au long de la journée, de la soirée puis de la nuit de samedi à dimanche, le blog a affiché «Site en maintenance» comme seul message. Dimanche, il s'est contenté d'un «Le Blog Velib revient lundi. Merci pour votre compréhension». Mais, ce lundi matin, il n'avait toujours pas été remis en état: le même message continuait à s'y afficher.

Ces dernières semaines, déjà, des centaines de sites web français ont été hackés par les égorgeurs d'Irak et de Syrie.

On ignore si, en paralysant cette fois le site de Velib, ils ont l'impression d'avoir fait avancer leur cause de manière décisive. Pour notre part, en tout cas, on peine un peu à comprendre à la fois l'intérêt jihadiste de cette action, pour ses auteurs, et l'importance stratégique de cette cible en particulier.

30/10/2012

Une «expérience unique», jusqu'au «désastre»?

Piquante coïncidence. L'armée française, en ce moment, se débat, comme l'an dernier, avec un énorme problème de logiciel informatique. Il entraîne des retards et des erreurs dans le paiement des soldes, qui plongent d'innombrables militaires et leurs familles dans de grandes difficultés financières. Ce matin encore, sur une radio, on entendait le ministre de la Défense pester contre ce bug «invraisemblable» et «stupéfiant». De son propre aveu, «le désastre est grand». C'est néanmoins ce moment qu'a choisi l'armée pour, ce mardi, lancer... une grande campagne nationale de recrutement.

Sans doute les hauts gradés se disent-ils que, de toute manière, les 15-24 ans, «cœur de cible de cette campagne», ne suivent pas trop les infos dans les médias, et ne sont donc pas au courant de cette pénible actualité – qui ne doit pas vraiment donner envie de s'engager.

Ce recrutement 2012 est moins tapageur que celui de 2010, qui avait fait grand bruit (relire notamment ici). Il promet toutefois de faire vivre «une expérience interactive et unique» aux jeunes. En participant à un jeu vidéo baptisé «À l'épreuve de l'air», ils pourront «passer à l'action»: prendre part «à une série de missions aériennes virtuelles directement inspirées de la réalité des militaires de l'Armée de l'air».

Jeudi, sera lancée aussi une websérie, dont les ses six épisodes seront diffusés pendant tout le mois de novembre sur la chaîne MSN Divertissement. Et l'armée, qui, mais oui, est branchée, précise qu'il s'agira d'un «dispositif relayé par un plan média sur MSN®, Windows Live® et Xbox LIVE®».

Les protagonistes de cette télé-réalité kaki? Deux internautes, recrutés par casting. «Amandine et Paul ont été sélectionnés pour vivre les métiers des aviateurs en immersion totale sur une base aérienne de l’armée de l’air. Les deux candidats incarnent tour à tour un contrôleur aérien, un pompier de l’air, un mécanicien armurier ou encore un commando de l’air dans leur vie quotidienne».

On ne sait si les concepteurs de cette campagne ont poussé le souci du réalisme jusqu'à faire vivre aux participants «l'expérience unique»... des fin de mois difficiles, dues au «désastre» de l'informatique militaire: les comptes bancaires en découvert, les crédits qu'on ne peut plus rembourser, les coups de fil énervés du banquier, les coûteux agios que, bien entendu, il ne manque pas de prélever, etc.

Encore bravo.

30/05/2012

Un fameux toupet

A dix jours du premier tour des législatives, on s'étonne un peu de ne pas encore avoir reçu, comme lors de précédentes campagnes électorales, de coups de fil intempestifs à la maison, émanant de politiques faisant leur promo par téléphone. Via des automates, qui invitent à taper sur la touche X ou Y pour entendre le message prétendument personnel laissé par tel ou tel candidat à tel ou tel mandat. A l'époque, on n'avait pas trop bien pris cette intrusion politique dans notre brave petite vie quotidienne. Et on avait raccroché, illico.

Pas encore subi de démarchage électoral par téléphone, mais, visiblement, affluent les plaintes d'électeurs relatives à des mails indésirables de ce type.

C'est qu'a annoncé la Commission de l'informatique et des libertés (CNIL), hier. Elle a adressé une «recommandation» aux candidats députés et à leurs partis, pour que soient mieux respectés les droits des personnes en matière de communication électronique. Cet organe dit avoir enregistré «de fortes réactions» d'électeurs ayant reçu des messages politiques non sollicités. Ainsi, tout particulièrement, «les Français de l'étranger, dont les adresses électroniques figurent sur les listes électorales consulaires librement consultables par les partis politiques, ont adressé de nombreux témoignages» irrités à la CNIL.

Qui a donc sommé les partis de rappeler deux règles à leurs candidats. La nécessité d'un consentement préalable de la part des destinataires des messages de sollicitation à caractère politique. Et le droit de toute personne à «s'opposer, sans frais, à la collecte ou à l'utilisation de son identité et de ses coordonnées», électroniques y compris.

Cela paraît le bon sens même, mais ce n'est manifestement pas toujours mis en pratique par les candidats. En témoignent les exemples assez effarants cités (ici) par la la CNIL. Et qui montrent bien le toupet, fameux, dont sont capables certains politiciens, pour parvenir à leurs fins.

03/02/2012

Un vrai scandale

paris,logement,social,vie privée,santé,pauvreté,informatiqueLocataire «alcoolique», qui «n'est pas de nationalité française», ou est «ancien SDF addiction boisson». Habitant «séropositif», «cancer», «personne cardiaque», «sous chimiothérapie», ou «alzeimer aveugle». «Fils cancer Mme malade des poumons», ou «violence conjugale». «Personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier», «dépression hôpital psychiatrique», «maladie de parkinson», ou «cancer des intestins opération du cerveau».

Telles sont quelques-unes parmi les innombrables mentions concernant la vie privée des habitants des HLM de la ville de Paris, qui figurent dans le système informatique de l'organisme gérant ces logements sociaux: «Paris Habitat». L'existence de ce gigantesque fichage a été révélée hier par la Commission de l'informatique et des libertés (CNIL): l'organisme qui veille à la compatibilité entre les fichiers électroniques et le respect de la vie privée. Toutes ces informations avaient été collectées par les gardiens d'immeubles de ces HLM, puis illégalement rassemblées et stockées dans les fichiers informatiques de «Paris Habitat». Des associations de locataires, indignées, ont saisi la CNIL. Hier, dans une démarche exceptionnelle (ici), vu la gravité des faits, cet organisme a publiquement mis l'Office des HLM en demeure de détruire ce fichier dans les deux mois, sous peine de poursuites judiciaires.

Dans les médias hier, les dirigeants de cette société ont paru à peine gênés. On a même entendu des propos du genre, en substance: les gardiens d'immeubles ayant commis ce flicage ne pensaient pas à mal, c'était pour mieux connaître et donc mieux venir en aide à ces locataires, etc.

paris,logement,social,vie privée,santé,pauvreté,informatiqueUn tel scandale, dans n'importe quelle autre grande capitale internationale, entraînerait probablement le limogeage sur le champ du patron de l'Office des HLM, et des excuses publiques du maire en personne. A Paris: rien. Aux dernières nouvelles, la hiérarchie de «Paris Habitat» est toujours en place. Et Bertrand Delanoë, pourtant habituellement si prompt à communiquer, ne s'est même pas exprimé sur le sujet.

Encore bravo.

02/03/2011

Un chiffre qui tombe à point nommé

Moins d'un Français sur quatre (22%) utilisant internet n'a pas connu de problèmes avec ce média au cours des douze derniers mois. On a trouvé ce chiffre dans une étude que l'Insee publie ce mercredi. Etude qui indique que plus des trois quarts des internautes français se sont, dans l'année écoulée, pris la tête avec ce média: soucis de spams, de virus, ou atteinte à leur vie privée. 22% d'utilisateurs d'internet ayant eu des problèmes avec lui, donc. Ce chiffre tombe au lendemain du énième gros bug ayant frappé des dizaines de milliers de détenteurs d'une adresse électronique gmail.

Parmi tous ces infortunés privés de leur correspondance, combien de Parisiens? On ne le sait. Si d'aventure il y en a, sûr que ne les aura pas consolés l'annonce, il y a quelques jours, des grands projets immobiliers de Google dans la Ville lumière. L'entreprise avait déjà quelques bureaux dans le quartier Opéra. D'ici à la fin de l'année, c'est carrément un immense et très bel ensemble immobilier du 19ème siècle qu'elle investira, dans le quartier de la gare Saint-Lazare. «Il s’agit d’un signal fort pour l’attractivité et le dynamisme économique de Paris, capitale de l'innovation», a applaudi la mairie. En juillet dernier déjà, les «geeks» parisiens avaient été aux anges, avec l'ouverture de l'«Apple Store Opéra» dans le quartier du même nom. Un magasin en permanence très fréquenté, situé il est vrai juste à côté du blockbuster du shopping parisien qu'est devenue la boutique Uniqlo.

Tout cela, alors que les Français sont chaque année de plus en plus branchés électronique et informatique. «En dix ans, la proportion de ménages disposant d’un accès internet à la maison est passée de 12% à 64%», note l'Insee. Si l’ordinateur reste à ce jour le support le plus utilisé pour accéder à internet, il n'en a plus l'apanage. «L’internet mobile, par exemple, fait une percée notable: 24% des internautes ont déjà surfé en 2010 sur internet via leur téléphone portable, contre seulement 9% en 2008».

«La fracture numérique tend donc à se réduire», se félicite l'étude. Qui rappelle toutefois que «des différences selon le diplôme et la catégorie sociale demeurent», en ce qui concerne aussi l'accès aux technologies de communication les plus modernes. Ainsi, le chômeur est moins souvent relié à la toile (74%) que la personne ayant un emploi (83%). Et c'est aussi le cas de l'ouvrier (73%) par rapport au cadre (96%).

Internet ou pas, donc, on ne vit toujours pas au pays des Bisounours. Mais nul, sans doute, ne s'y attendait.

29/06/2009

Une “amitié” (suite)

L’autre jour, peu avant les élections européennes (relire ici), on disait notre ravissement d’avoir reçu à la maison un courrier d’une personnalité tête de liste pour ce scrutin: une candidate qu’on ne connaissait absolument pas, mais qui nous assurait néanmoins de toute son «amitié». Et on s'était dit que, décidément, les fichiers circulaient pas mal, en période électorale, dans les états-majors politiques. Manifestement, on n’a pas été le seul à penser cela.

 

Ainsi, la Commission informatique et libertés (CNIL) a-t-elle annoncé récemment avoir été «saisie par de nombreuses communes préoccupées par l’augmentation des demandes de communication des listes électorales informatisées». Confrontés à «des demandes récurrentes de certains particuliers ou de dirigeants de sociétés privées», ces élus, «au nom de la protection de la vie privée de leurs administrés», s’inquiétaient de l’utilisation qui pouvait être faite des informations personnelles contenues dans ces listes électorales.

 

La CNIL a donc effectué des contrôles auprès de divers «organismes identifiés comme utilisateurs des fichiers électoraux»: sociétés commerciales de généalogie, cabinets d’enquêtes ou de recouvrement de créances, associations, etc. Résultat? «Des bases de données de plusieurs millions de personnes sont constituées à partir des fichiers électoraux obtenus auprès de villes de la France entière». Or, pour le gendarme de l’informatique et des libertés publiques en France, ce pays se distingue par son «cadre juridique insatisfaisant» en la matière. En effet, le code électoral se borne à autoriser la communication des listes électorales à tout candidat, parti, groupement politique, ainsi qu’à tout électeur quel que soit le lieu où il est inscrit, à la seule condition qu’il s’engage à ne pas en faire un «usage purement commercial». Mais «cet engagement pris par le demandeur ne constitue pas une garantie suffisante, puisque aucune procédure de contrôle ni de sanction n’est prévue. Par ailleurs, la notion d'usage purement commercial est peu claire». La CNIL et la Commission d’accès aux documents administratifs ont donc prié les autorités de clarifier ce cadre juridique.

 

Le prochain scrutin en France aura lieu l’an prochain: ce sont les élections régionales. Des mesures auront-elles été prises? Ou, en 2010, recevra-t-on toujours des courriers de personnalités candidates nous assurant de leur «amitié»? Les paris sont ouverts.

21/04/2009

Un ancêtre

La France se met aux nouvelles technologies, écrivait-on ici hier. Pour évoquer un autre paradoxe, dans ce pays, les technologies les plus vieilles et les plus typiquement hexagonales n'en continuent pas moins leur petit bonhomme de chemin. C’est spectaculairement le cas d’un des symboles de la France techno des années 70 et 80, dont on annonce la mort depuis plus de dix ans mais qui, bon an mal an, même si son heure de gloire est désormais passée, existe toujours. On veut bien sûr parler du bon vieux Minitel (*), qui, a déjà bien un quart de siècle d’existence.

 

Au milieu des années 90, lorsque l’Hexagone à son tour succomba à la révolution mondiale d'internet, France Telecom revendiquait un parc de 9 millions de terminaux Minitel et de près de 25 millions d'utilisateurs de cette technologie. Plus de dix ans plus tard, le Minitel dégage encore un chiffre d’affaires annuel de plus de 100 millions d’euros. Et l’on dénombre encore plus d’1 million de terminaux en circulation. Les utilisateurs principaux des 3615 et autres 3614 sont les personnes âgées (séduites par sa simplicité d’utilisation), les PME (fans notamment de ces terminaux si robustes qu’ils peuvent sans crainte être laissés dans les ateliers, contrairement aux PC et Mac si fragiles), ou les bas revenus (absence d’abonnement payant, etc.). Et, globalement, tous les gens qui raffolent de ces terminaux familiers, sans chichi, qui ne tombent jamais en panne, ignorent les virus, les retards à l’allumage comme les problèmes de réseau, et assurent une confidentialité totale. Résultat des courses, selon la direction des Pages Jaunes, «en 2008, le 3611 a encore enregistré plus de 19 millions de connexions».

 

Et si, du coup, ce vénérable ancêtre qu’est le Minitel devenait «vintage» et donc si tendance?

 

 

 

(*) Minitel dont on parle, avouons-le platement, sans en avoir la moindre expertise ni d’ailleurs la moindre expérience, vu qu’on n’a... jamais eu l’occasion d’utiliser cette technologie. En effet, à notre arrivée à Paris, au début des années 2000, elle était déjà devenue très très confidentielle. Finalement, le seul souvenir que l’on en garde sont des spots publicitaires qu’en Belgique, alors qu’on était gamin, on entendait sur les radios commerciales françaises du type RTL, écoutées sur les longues ondes. Ces spots qu’on trouvait (un peu) troublants, vantant les services de messageries roses genre 3615 ULLA  –  Madame Ulla: un grand nom des années 70 et 80 devenu depuis, paraît-il, mythique.

14/11/2008

Une misère

pubsurcouf.jpgInformatique et technologie, suite. Mais côté pub cette fois, avec son cortège continuel de misères affligeantes. Ainsi, à Paris, la chaîne de grands magasins d’informatique Surcouf, repaire de geeks, devrait définitivement changer la boîte de pub avec laquelle elle est en contrat – ou, au choix, virer ses pubards maison. On se l’était déjà dit dans le métro cet été (ici). C’est devenu encore plus évident avec l’incident la concernant qui a eu lieu dernièrement.

 

Fin du mois dernier, pour promouvoir sa carte de fidélité, Surcouf avait produit une publicité particulièrement débile – et qui plus est, comme à son habitude, très moche sur la forme. Elle montrait un ado niais entouré de deux pin-ups peu habillées, le tout accompagné de la promesse d’une remise de 10% et du slogan «Résisterez-vous à autant d’avantages?» Dans le magasin, sur le site web et sur un dépliant, figuraient d'autres images de ces deux femmes, ou d'une seule, dans la même tenue, avec en travers du corps un identique pourcentage de rabais proposé au client. L’association féministe «La Meute-Les Chiennes de garde» a protesté contre cette énième chosification du corps féminin. Marchandisation à laquelle recourent habituellement les camelots, mais qui n’en demeure pas moins sexiste puisque les corps que ces pubards exhibent comme des accessoires de vente sont invariablement quasi toujours exclusivement féminins. Surcouf aurait-il jamais envisagé la même pub avec deux hommes très dénudés et aguicheurs entourant une adolescente elle habillée et surmontée du même slogan?

 

La direction de la chaîne a d’abord invoqué un regard «ludique» et «décalé». Sentant cette argumentation assez minable, elle a ensuite fait retirer illico tous les visuels de cette campagne pour éviter que le scandale se propage – et ce, avant même la tenue de la manifestation appelée par le mouvement féministe devant les magasins Surcouf. C’est dire la gêne que cette société devait éprouver elle aussi à l’égard de cette misère publicitaire.

12/02/2008

Un progrès

Poursuivons à propos des textos. Comme on n’arrête pas le progrès, ce moyen de communication si populaire n’a plus de secret pour les autorités non plus. Même si, dans cette affaire du fameux texto présidentiel présumé à Cécilia Sarkozy, un gros problème juridique risque de se poser – comment donc vérifier que ledit SMS a bel et bien été envoyé du portable du chef de l’Etat alors que ce dernier, constitutionnellement, ne peut faire l’objet du moindre acte d’instruction pendant toute la durée de son mandat? Bonne question.

 

Mais sinon, au-delà de ce cas d’espèce un peu particulier, les textos, les magistrats et les policiers connaissent bien cela. Ainsi, début mai 2007, dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, le ministère de l’Intérieur a discrètement mis en place une «plate-forme technique d’interception des données de connexion aux systèmes de communication». Derrière cette appellation barbare, se cache une grosse machine sophistiquée qui (moyennant diverses autorisations, évidemment) permet aux forces de l’ordre de tracer en temps réel, outre les mails envoyés ainsi que les adresses IP et forums fréquentés, tous les appels vocaux et messages SMS passés par téléphone mobile. Cette plate-forme est aujourd’hui amplement utilisée – à raison de 300 requêtes par semaine, dit-on –  dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Physiquement, elle est localisée dans les locaux ultrasécurisés des services de renseignement de la police nationale, à Levallois-Perret, en banlieue parisienne.

 

La justice, de son côté, depuis cet été, est en train d’expérimenter son propre système d’interception et de surveillance des SMS pour répondre aux réquisitions des juges d’instruction et des procureurs. A terme (et là aussi moyennant bien sûr diverses autorisations), via l’opérateur téléphonique réquisitionné pour la cause, il suffira d’un simple clic pour faire basculer les textos de n’importe quel téléphone portable d'un particulier vers l’ordinateur d’un magistrat, et ce pour une durée maximale d’un mois. Seront concernés, surveillés et conservés à la fois les identités de l’émetteur et du récepteur de ces textos ainsi que le contenu intégral des messages.

05/02/2008

Un pays

5bd07fc8cfc5631312ba10d93016e3ee.jpgC’était hier soir. Sur le coup de 20h30, on avait rendez-vous à la maison avec notre «agent recenseur», l’agent qui procède donc au recensement de la population. Au lieu d’être effectuées une fois tous les sept ans dans tout le pays, ces enquêtes sont désormais menées en continu chaque année auprès d’une partie de la population. Le onzième arrondissement de Paris ayant été sélectionné pour l’enquête 2008, on ne pouvait pas y échapper.

 

L’agent devait nous remettre en mains propres les documents à remplir, qu’il viendrait rechercher dans trois jours. C’était un jeune gars charmant, dynamique et souriant, qui, allant d’appartement en appartement, déambulait avec énergie dans tout l’immeuble. Aussitôt salué, on lui dit qu’en tant qu’étranger, on n’était pas trop sûr de devoir remplir ses formulaires. Le recensement portait-il sur toutes les personnes vivant en France ou uniquement sur les Français? Question toute bête, mais à laquelle on n’avait étrangement trouvé nulle réponse sur les affiches annonçant le passage de notre agent. Celui-ci nous répondait que oui, oui, même les non-Français étaient recensés. Et d’ajouter: «Je vous l’assure, Monsieur: les étrangers sont les bienvenus dans ce pays».

 

C’était dit de façon très gentille. Avec un sourire à la fois bienveillant et réconfortant. Sans même un rictus sardonique ou un ton sarcastique. Dans la bouche d’un jeune homme lui-même d’origine visiblement étrangère, c’était vraiment touchant. C’est bien simple, l’assurance calme et posée d’une telle assertion faisait immédiatement se dissiper dans les limbes toutes les autres images de la France qu’on pouvait éventuellement avoir à l’esprit: le pays de l’identité nationale, des grèves de la faim et des défenestrations de clandestins, des 25 000 expulsions annuelles de sans-papiers, des manifestations quasi hebdomadaires en faveur de leur régularisation, des rapports accablants des organisations internationales de défense des droits de l’homme sur les centres de rétention, et tout cela. Tout d’un coup, par la grâce de ce jeune homme, comme s’il avait vraiment voulu qu’on passe une merveilleuse soirée, la France était un peu devenue... le pays de Candy.

 

 

6812c831378c786c122b0e8bfc8fc4c1.jpgAprès cela, même le caractère très intrusif des six pages du questionnaire de recensement passait très bien. Sans coup férir, sur des documents même pas anonymisés, on s’apprêtait de bonne grâce à tout dire de notre vie: du nombre d’enfants jusqu’à au nombre de mètres carrés de l’appartement, de la manière dont on se rend chaque jour au travail jusqu’à notre état matrimonial légal. Tout cela allait immédiatement être ingurgité et conservé à vie dans les grandes machines des ministères? Mais les statistiques finales, assurait le questionnaire, ne comporteraient ni noms, ni adresses. Et puis, était-il écrit en tout petit, le «Conseil national de l’information statistique» avait donné un «avis favorable» à cette enquête. Et enfin, l’on disposait évidemment d’«un droit d’accès et de rectification» pour les données nous concernant.  En lisant tout cela, on se disait qu’on avait vraiment de la chance d’habiter ici. Que tout allait bien et rien n’était jamais fondamentalement préoccupant, dans le pays de Candy.

05/12/2007

Un service

fe0c0740e6a1c7028ccf6cb6ad5cb33f.jpgComme les Français sont les champions du monde des blogs, on avait à l’esprit qu’ils étaient également les premiers de la classe européenne en matière d’internet. On avait tout faux.

 

Si l’on en croit la dernière étude d’Eurostat, sortie hier, près d’un Français sur deux seulement (49%) a accès à Internet et un peu plus de quatre Français sur dix (43%) disposent d’une connexion à large bande. En ce qui concerne l’accès des ménages à cette technologie, l’Hexagone est donc loin derrière d’autres pays comme la Belgique, l’Allemagne, les pays scandinaves voire certains Etats de l’ex-Europe de l’Est.

 

En revanche, les Français sont les champions européens dans une activité effectuée sur internet: les appels téléphoniques. Il est vrai que, par rapport aux autres pays européens, la France se distingue par le faible coût des offres multimédias (forfaits ADSL, téléphone, décodeur télé, etc.) proposées par les opérateurs aux particuliers – mais pour une qualité de service souvent pitoyable, nuancent les associations de consommateurs.

 

 

4acd2c74d61d898f9884bd02dfa8d934.jpgAu fond, parlant d’Internet, cette nouvelle qui peut intéresser les lecteurs de ce blog voyageant souvent entre Paris et Bruxelles. Peut-être l’ont-ils remarqué: depuis la mi-novembre, le Thalys est devenu le premier train international à grande vitesse proposant à bord un accès internet à large bande, et ce y compris lors du passage du train en zones couvertes (gares, tunnels, etc.). Le dispositif est testé actuellement, à titre expérimental, dans une rame. Deux rames supplémentaires seront équipées d’ici à la fin décembre. Les 26 rames du réseau Thalys bénéficieront de cette technologie d’ici à l’été.

Jusqu’à la fin des tests, en février, l’accès à internet sera gratuit dans ces trains. Ensuite, a-t-il été confirmé en début de semaine, la gratuité sera maintenue pour les voyageurs de première classe, mais le service deviendra payant en seconde. Ce sera 6€50 l’heure de connexion ou 13€ le forfait de 4 heures.

A terme, cette connexion Wifi à haut débit sera également proposée progressivement sur l’ensemble du réseau de grandes lignes SNCF, en commençant par le TGV-Est.

02/10/2007

Une résolution

84c472961af8bb0ee5a5effcf4c1ea8f.jpgDepuis ce week-end à Paris, on peut surfer à l’aise et à l’œil sur internet depuis la plupart des parcs, jardins et lieux publics (bibliothèques, musées, mairies d’arrondissement, maisons des associations, etc.).

Déjà amorcé en juin, le projet «Paris Wifi» qui a été finalisé samedi offre aux Parisiens 400 points de connexion Wifi disséminés dans 260 lieux différents (voir la carte ici).

On a illico essayé ce nouveau dispositif. Cela marche! Mais la capacité de la ligne n’est que de 6 Mo. La durée de connexion est limitée  à 2 heures au maximum. Elle n’est possible que pendant les heures d’ouverture des lieux concernés. Il ne s’agit pas d’un réseau de longue portée (la ligne se perd donc dès que l’on s’écarte des bornes délimitées). Enfin, certains sites web (pour adultes) sont interdits d’accès. Toutes ces restrictions ont été mises en place à la fois pour ne pas enfreindre la législation sur la concurrence et pour ne pas énerver France Telecom, qui hurlait d’autant plus à la concurrence déloyale contre cet internet public et gratuit que cet opérateur a vu le marché du projet lui échapper au profit de SFR.

Plus précisément, on a essayé «Paris Wifi» place des Vosges, à deux pas du bureau. Cela marchait tellement bien qu’on s’est dit que, pourquoi pas, aux beaux jours, on pourrait de temps à autres, quand on ne serait pas trop à la bourre, venir rédiger des articles ici. L’idée de travailler dans un cadre aussi sublime que cette place, ou dans des espaces verts tout proches qu’on adore comme le square du Temple, était vraiment très excitante.

c67d84d9b54f56d5820072d5c4556ed1.jpgPuis, on a levé les yeux de l’écran pour profiter du panorama, et cette perspective théoriquement séduisante s’est écroulée tout d’un coup.

«Paris Wifi» vient à peine d’être lancé. Place des Vosges hier pourtant, pendant la pause déjeuner, on y comptait déjà une bonne demi-douzaine d’internautes rivés à leur ordinateur portable. Le cachet de l’endroit et l’esprit de détente des lieux, s’est-on dit, ne survivraient pas à la présence constante de dizaines d’employés de bureau affairés sur leurs claviers, sans doute hurlant en même temps dans leur téléphone.

On a donc pris une bonne résolution: on ne reviendra plus jamais avec un ordinateur dans un jardin de Paris.

10/07/2007

Un objectif, ou l'autre

ca7b703e703e1b1a3d917c12d7abd6b4.jpgLe Président Sarkozy vient donc de fixer comme objectif à Martin Hirsch de réduire la pauvreté d’au moins un tiers en cinq ans. Cet objectif chiffré figure dans la lettre de mission que le chef de l’Etat a adressée hier à l’ex-patron d’Emmaüs, reconverti Haut commissaire aux Solidarités actives.

La petite main du service de presse de l’Elysée qui a transmis cette lettre aux journalistes a oublié de désactiver, avant l’envoi, la fonction «Suivi des modifications» figurant sous l’onglet «Outils» du document en format Word. Cette étourderie informatique permet, du coup, de suivre les derniers cheminements de la pensée élyséenne.

Ce n’est pas inintéressant. Ainsi, on s’aperçoit qu’il arrive au Président de succomber au politiquement/lexicalement correct. Dans la dernière version de son texte, les pauvres sont rebaptisés «personnes en situation de pauvreté». Un peu comme Christine Boutin parle des «personnes homosexuelles» ou comme les balayeurs de rues sont appelés «techniciens de surface».

On voit aussi que Nicolas Sarkozy sait faire preuve de modestie: une phrase particulièrement ambitieuse («Nous souhaitons qu’aux yeux du monde, la France renoue avec son idéal de réussite au service de la solidarité») a été prudemment supprimée.

On voit surtout que le cœur même de son texte a fait l’objet d’une dernière modification. L’avant-dernière version de sa lettre de mission, en effet, parlait de réduire la pauvreté non d’un tiers mais «de moitié en cinq ans».

Un tiers ou une moitié? On croyait naïvement que ce genre d’arbitrage politique majeur se réglait à l’issue d’une négociation-marathon en bonne et due forme, dans un bureau, entre deux hommes, en présence de nombreux experts et sur base d'innombrables rapports. Mais non, l’activation d’une simple fonction informatique suffit semble-t-il à régler l’affaire.

La France compte aujourd’hui 7 millions de pauvres. Ce nombre aurait-il été réduit de moitié, il en serait resté 3,5 millions en 2012. Mais non: après le passage de la touche «Delete» et le rabaissement de cet objectif à un tiers, il en restera finalement, en gros, 5 millions.

Un simple trait de plume informatique, une seule ligne rouge bien propre sur l’écran de l’ordinateur précédée d’un «Supprimé» en grasses a donc condamné 1,5 million de personnes à vivre 5 années de plus dans la rue. L’informatique, si désincarnée, c’est décidément merveilleux.

16/02/2007

Un embouteillage

C’est un des effets de l’«affaire Rebelle», du nom de ce conseiller de Ségolène Royal qui était fiché par les Renseignements généraux et qui a obtenu en un temps record la communication de sa fiche.
A l’occasion, les médias ont abondamment rappelé que chaque citoyen disposait, via la Commission Informatique et Libertés (CNIL), d’un droit légal d’accès aux données informatiques le concernant. Du coup, depuis cette affaire, la CNIL est submergée de demandes de consultation de ces fichiers provenant de quidams par milliers – dont un grand nombre de journalistes, paraît-il.
Avant même cet afflux, la CNIL, qui dispose de quatre fois moins de personnel que son homologue allemande, était déjà passablement débordée. Cette semaine, son patron a carrément lancé un appel à l’aide au gouvernement pour qu’il lui octroie des moyens supplémentaires. Cet appel n’a visiblement pas été entendu: pour résoudre les problèmes posés par cet embouteillage, un décret se bornerait à étendre de quatre à sept mois le délai octroyé à la CNIL pour traiter les requêtes individuelles (*).
Les citoyens assiégeant la CNIL ne risquent pas, en tout cas, de le faire pour rien. Selon certaines estimations, on dénombrerait 100 millions de fiches de police et de gendarmerie en France, soit presque deux fiches par habitant.
Ces citoyens inquiets sont-ils un brin paranoïaques? Pas sûr. Le très officiel Observatoire national de la délinquance a reconnu récemment que ces fichiers contenaient jusqu’à 30 pc de noms répertoriés par erreur.
B.DL.

(*) Il faut manifestement faire partie de l'entourage d'un présidentiable pour obtenir sa fiche en 24 heures.

11/12/2006

Un virus

On a appris son existence samedi matin par la radio. Et pendant tout le week-end visiblement, les gens en ont pas mal parlé sur les chats et dans les blogs.
On l’évoque beaucoup, mais pas grand monde ne semble l’avoir reçu. Donc, on n’est pas vraiment sûr qu’il ne s’agit pas d’un gag, d’un ragot, d’un coup de com, voire d’un coup tordu de Françoise de Panafieu.
Il s’agit d’un virus informatique, semble-t-il aussi redoutable que vorace. Il se transmet par courriel d’une boîte électronique à l’autre. Il se dénomme «Ségolène». Il essaie de contaminer les internautes chez qui il s'incruste en leur promettant (faussement bien sûr) en pièce jointe... des photos en petite tenue de la candidate du PS à l’Elysée.
C’est trop nul.
B.DL.

02/11/2006

Un progrès, on disait

Les journalistes qui écrivent dans «La Libre» utilisent un correcteur orthographique automatique, baptisé «Prolexis». Depuis la dernière réforme informatique, ils ont même l’obligation, avant d’envoyer tout papier en parution, d’en scanner le texte avec ce correcteur.
Généralement, c’est plutôt une bonne chose. La machine permet en effet de repérer les inévitables coquilles commises quand on écrit trop rapidement. Or, dans un quotidien, vu les impératifs horaires de bouclage, on écrit souvent très (trop) rapidement.
Evidemment, ce correcteur n’a que deux neurones. Quand donc le journaliste s'écarte de la classique structure de phrase sujet-verbe-complément ou quand il utilise un terme ne figurant pas dans le vocabulaire de base, il se braque. Se met en colère. Fait n’importe quoi. Propose des corrections totalement ineptes.
Un moment d’inattention, un clic de souris un peu précipité et c’est la catastrophe: au lieu de corriger une erreur dans un texte, le correcteur en introduit une. Ainsi, le reportage sur Laurent Fabius publié ce matin a été gratifié de plusieurs idioties grammaticales: des accords verbaux réellement grotesques.
Un outil informatique qui ne fonctionne pas trop bien, passe encore. Un outil censé constituer un progrès mais qui en vient de facto à desservir ses utilisateurs, cela devient si absurde que, ce matin, on a pris le parti d'en rire. Rien n'est grave, après tout.
B.DL.

23/10/2006

Un avertissement

C’est un rappel à l’ordre qui tombe à point nommé, alors que la pré-campagne pour les élections présidentielles de 2007 bat son plein. La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) vient d’adresser à tous les partis une série de recommandations relatives à la prospection politique via les nouveaux médias électroniques.
Désormais, les partis se voient explicitement interdire toute utilisation de certaines bases de données (fichiers de gestion et de paie des personnels, fichiers des administrations, etc.) à des fins de prospection politique. L’utilisation de fichiers commerciaux leur est rendue possible mais moyennant «une information claire et transparente» des personnes démarchées, afin qu’elles n’aient pas «l’impression d’être fichées par le parti ou l’élu à l’origine du message». Ainsi par exemple, la prospection politique par courrier électronique ne pourra concerner que les personnes qui y ont consenti. Enfin, les partis se voient recommander de ne pas utiliser des moyens de prospection soit «particulièrement intrusifs» (appels téléphoniques automatiques avec message préenregistré, télécopieurs, etc.), soit qui «ne permettent pas de délivrer une information complète» (comme les SMS, qui sont limités à 160 caractères).
La CNIL ne le dit pas, mais la chose est claire: son avertissement vise notamment et particulièrement l’UMP. En septembre 2005, en effet, pour la première fois en France, plusieurs centaines de milliers d’internautes avaient reçu des «Sarkospam»: des courriels les invitant à soutenir Nicolas Sarkozy en 2007. A la suite de cette campagne, la CNIL avait reçu une centaine de plaintes d’internautes furieux que leur adresse e-mail ait été utilisée à des fins de marketing politique.
B.DL.

22/09/2006

Un changement

medium_33830.jpgDeux jours de formation informatique à la rédaction de Bruxelles. «La Libre», en effet, change le système qui permet à ses journalistes de visualiser les pages du quotidien du lendemain sur l’écran de leur ordinateur, de rédiger leur article à l’endroit ad hoc, de légender les photos, de consulter les dépêches d’agences de presse, etc.
Le précédent système s’appelait «Hermès». Le prochain se dénommera «Méthode».
Si l’on en croit l’ami «Robert», rien que dans la dénomination, on abandonne donc un programme dédié au «Dieu grec, messager des Olympiens, guide des voyageurs et conducteur des âmes des morts, patron des orateurs». Et on lui préfère un autre, baptisé, on l’imagine, en l’honneur du célèbre Discours de Descartes – et qui devrait donc être très cartésien. Il y a aussi un Méthode «apôtre des Slaves» (825-855) et un Méthode d’Olympe, «évêque en Lycie (IIIème siècle), auteur du «Banquet des dix vierges», mais on suppose qu’en l’occurrence, ce ne sont pas eux qui sont honorés ici.
«Méthode», donc. Soit. Il en faudra un peu dans les mois pré-électoraux à venir, qui seront chauds en actualité.
Et au moins, sans «Hermès», devrait-on échapper au soupçon portant sur une de ses multiples attributions: le dieu du mensonge.
B.DL.