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26/04/2016

Une alliance de circonstance, piquante (J-3)

Paris qui, sur le plan sportif, serait sauvée par Marseille. Ce serait pour le moins piquant. Dans un pays qui, sportivement, a toujours été dominé par la féroce et séculaire rivalité footballistique entre le PSG et l'OM.

Cette improbable alliance de circonstance pourrait bien, néanmoins, devenir réalité, et fameusement servir la "Ville lumière". Dans 17 mois. Quand, en septembre 2017, le Comité international olympique désignera la ville hôte des JO d'été de 2024.

Hier, en tout cas, la maire de Paris, Anne Hidalgo, en a fait des tonnes en termes de com' (comme ici, par exemple) en faveur de Marseille. Puisque la Cité phocéenne pourrait contribuer à la victoire de la capitale française sur les trois autres villes qui sont elles aussi candidates à l'organisation de cet événement: Los Angeles, Budapest et Rome. En effet, dans le cadre de ces JO qui se tiendraient à Paris, les épreuves de voile s'y dérouleraient... à près de 800 kilomètres de distance. Dans le grand bleu méditerranéen. Une tribune de 5.000 places serait notamment érigée sur la corniche de Marseille, d'où les spectateurs suivraient les joutes nautiques. Jusqu'à présent, dans la promo de son dossier, le comité Paris 2024 a surtout vanté la scénographie spectaculaire qui bénéficierait aux épreuves de sports équestres (prévues au Château de Versailles), de beach volley (au pied de la Tour Eiffel) ou de tir à l’arc (sur l’esplanade des Invalides). Incontestablement, les compétitions de voile vues depuis la Corniche offriraient un panorama tout aussi grandiose.

Marseille est un «atout incommensurable pour la candidature de la ville de Paris!», en a déduit Anne Hidalgo, hier. Quitte à faire grimacer les si nombreux Parisiens footeux et un peu à cheval sur les traditions antagonistes, qui donc ne peuvent pas encadrer tout ce qui, de près ou de loin, concerne la Cité phocéenne.

07/04/2016

Une reprise qui se fait attendre

Morose, se confirme-t-il, le climat des affaires dans le secteur du tourisme, à Paris. Alors que, normalement, en cette période pascale, l'affluence étrangère devrait être à son comble.

D'après les chiffres qui circulent, le secteur continue, cinq mois plus tard, d'être touché de plein fouet par l'impact des attentats de la mi-novembre. Les réservations d'hôtels affichent toujours une baisse de 15% depuis le début de l'année, et c'est encore pire pour les établissements de très grand luxe et autres palaces (jusqu'à 20% de manque à gagner, par rapport à l'an dernier). Même le créneau particulier, et habituellement très rentable, du tourisme d'affaires (congrès, salons professionnels, séminaires, etc.) accuse le coup. C'est préoccupant pour la capitale, car ce type de tourisme représente à lui seul 40% des nuitées hôtelières, rapportant chaque année plus de 5 milliards d'euros de retombées économiques à la ville et à sa région.

Pour, toutefois, ne pas dresser un tableau trop sombre, noter l'une ou l'autre éclaircie qui semble se profiler, dans la "Ville lumière". Ainsi (voir par exemple ici), après plusieurs mois qui, là aussi, furent dévastateurs, un rebond de fréquentation paraît se confirmer concernant les salles de spectacle, les cinémas et les restaurants – fût-ce de manière inégale pour ces derniers, notamment en fonction du quartier concerné.

En somme, les touristes étrangers tardent toujours à revenir, mais les Parisiens se sont remis à sortir.

Sans doute est-ce déjà cela.

04/04/2016

Une course aux clichés

Tourisme, InternationalAprès «Les Français parlent aux Français», voici «Les touristes parlent aux touristes».

C'est le gimmick de com' du dernier volet en date de #ParisWeLoveYou, qui a été annoncé ce lundi. Cette vaste campagne internationale de promotion tente de relancer le tourisme dans la capitale française, les attentats de novembre ayant fait dégringoler la fréquentation internationale.

Dès les beaux jours de mai, Paris sera donc le théâtre d'une grande «Selfie Race». Cette «opération digitale et participative» visera à ce que le plus grand nombre possible de Parisiens et de touristes étrangers réalisent des autoportraits photographiques dans des lieux emblématiques de la "Ville lumière", puis partagent ces clichés sur les réseaux sociaux. L'objectif étant que, diffusés en masse dans le monde entier, ces vues personnalisées de Paris incitent les communautés de ces photographes amateurs à venir, à leur tour, visiter la ville et sa région. Une carte interactive recensera l’ensemble des selfies mentionnant le hashtag #ParisWeLoveYou. Histoire de favoriser l'émulation entre les participants à cette course et donc, espère-t-on, d'accroître encore le buzz global qu'elle suscitera, un système de points permettra de suivre en temps réel «les meilleurs contributeurs» à cette opération. Et ceux-ci «seront récompensés pour leur engagement».

Conseil d'ami, du coup, au quidam qui, cet été, visitera Le Louvre, Orsay, Versailles ou la tour Eiffel: plus que jamais, y redoubler de prudence, pour ne pas se prendre un coup de perche à selfie, par inadvertance. Ce n'est pas toujours si simple que cela, vu l'agitation qui règne souvent dans ses attroupements de touristes et le nombre de visiteurs qui utilisent de tels gadgets.

Qui, du reste, sont censés interdits, désormais, dans un grand nombre de sites touristiques parisiens (voir par exemple ici ou ). Mais, d'après ce qu'on a pu constater, cette prohibition reste assez largement théorique.

11/03/2016

Une double image à rehausser

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreAir France a choisi ce jour de vendredi, magnifiquement doux et ensoleillé à Paris, pour divulguer les nouveaux visuels de sa dernière grande campagne de promotion en date. "Air France, France is in the air" (agence BETC), ainsi qu'elle est dénommée.

Une campagne vraiment très réussie, à notre humble avis: drôle, pétillante, dynamique, etc. – elle met même en scène un... "French kiss".

Parmi ces nouveaux visuels, une image d'Epinal de la "Ville lumière": celle de la belle Parisienne attablée en terrasse. Le cliché a été sélectionné «afin d'inviter au voyage à Paris». Il se veut «un témoignage positif, relayant auprès du public mondial une image symbolique de la France».

Cet «esprit French touch» se retrouvera dans les messages qui, à partir d'aujourd'hui en France, seront diffusés dans la presse papier, le digital et sous forme de panneaux publicitaires. Dans le même temps, la campagne de promo se développera dans les médias de six des dix «grands marchés prioritaires» de la compagnie aérienne française: Allemagne, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Singapour.

Air France ne peut pas se rater, avec une telle campagne. Il lui incombe, en effet, de redresser deux images particulièrement dégradées.

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreL'image de Paris, d'abord, après les attentats de janvier et de novembre 2015 – qui ont fait dégringoler la fréquentation touristique internationale.

L'image de la compagnie aérienne elle-même, ensuite. Puisque, l'an dernier, la mésaventure survenue à ses deux infortunés directeurs, poursuivis par une horde de grévistes jusqu'à en perdre leur chemise, a été filmée et diffusée par les télés du monde entier. Et cet incident, de même que son retentissement, n'ont pas peu écorné la conception du "French art de vivre" que l'on a de l'Hexagone, à l'étranger.

02/03/2016

Un serpent de mer, ranimé?

Puisque ce blog évoquait hier les projets parisiens qui mettent des années à aboutir, donner des nouvelles de ce qui est vraiment un serpent de mer. Et depuis des décennies, lui, carrément. Mais la tête de la bestiole semble enfin commencer à sortir tout doucement de l'eau.

La liaison CDG-Express, en l'occurrence. Ce train rapide qui, tous les quarts d'heure, relierait directement la "Ville lumière" à l'aéroport de Roissy CDG, pour un coût de réalisation évalué à 1,6 milliard d'euros. Dernièrement, alors qu'un coordinateur interministériel a été nommé, une ordonnance consacrée à ce méga-chantier est parue au Journal Officiel. Elle a attribué à une filiale de la SNCF ainsi qu'à la société Aéroports de Paris une «mission de conception, financement, réalisation et exploitation» du projet. Une «partie minoritaire du capital social de cette société de projet» pourra être ouverte à des tiers: au secteur privé, donc. Sachant que la construction de cette liaison de 32 kilomètres ne donnera lieu à aucune subvention de l'Etat. Vu l'état de la compagnie nationale de chemins de fer – lourdement endettée –, cette ligne pourrait être financée en partie par une taxe sur les billets d'avion, prélevée sur les passagers qui décollent de Roissy ou y atterrissent.

L'horizon est encore loin, puisque cet éventuel CDG-Express pourrait n'être opérationnel qu'en... 2023. Du moins, si le serpent de mer, d'ici là, n'a pas replongé dans les abysses de l'indécision politique.

On va donc encore pendant très longtemps entendre parler de ce projet. Voire se quereller, à son sujet. En effet, les oppositions ne manquent pas à l'encontre de ce CDG-Express qualifié par ses détracteurs (ici, par exemple) d'«inutile et coûteux». Eux lui préférerait une amélioration de la ligne du RER B, qui relie l'aéroport à la capitale – et qui, il est vrai, est dans un piètre état.

24/02/2016

Un «cap emblématique franchi»

Paris, International, Communication, TechnologiesC'est la conséquence des attentats de janvier et de novembre 2015: Paris dégringole, dans la dernière édition en date du classement annuel des villes les plus agréables du monde, rendue publique hier par l'institut Mercer.

La capitale reste la première ville française classée, mais elle perd dix places en un an, ne pointant plus qu'en 37e position. Loin derrière Vienne, Zurich, Auckland ou Munich. Et devancée même par Bruxelles, qui se hisse au 21e rang (+1).

Sans doute, dans ces conditions, faut-il bien se trouver des motifs de consolation. Hier, la mairie en a fait des tonnes (, notamment) sur la première place qu'elle vient de décrocher dans un autre palmarès international. Celui de la mégapole la plus suivie sur Twitter. Elle est la première capitale à compter plus d'un million d'abonnés, sur cette plateforme de microblogging. Ce matin, on dénombrait très exactement 1.002.437 "followers" du compte officiel de la mairie. A titre de comparaison, la ville de New York en a deux fois moins.

Pour fêter ce «cap emblématique franchi», l'Hôtel de ville a lancé un concours visant à récompenser les plus beaux messages mentionnant le hashtag #1MillionParis. Les lauréats verront leur prose diffusée sur la centaine d'écrans tactiles qui équipent les arrêts de bus. Et, en l'honneur de ce millionième abonné, une vidéo en "timelapse" a été réalisée.

2,06 minutes plutôt pas mal. Très très cliché: visiblement, pour ses concepteurs, Paris se limite aux seuls quartiers Notre-Dame, Louvre-Conciergerie et tour Eiffel – les Parisiens de Belleville, de Ménilmontant, de Saint-Lazare, de la Goutte d'or ou d'ailleurs apprécieront. Mais vidéo sans doute parfaite pour alimenter à l'étranger l'image d'Epinal de la "Ville lumière".

Mise en scène de la sorte, en effet, la capitale française paraît la cité plus agréable du monde. Mais donc, au-delà de ces images formatées et si l'on en croit cette étude internationale, c'est loin d'être le cas.

Chacun jugera.

17/02/2016

Un soutien assez mesuré

A 574 jours du choix de la ville hôte des Jeux olympiques de 2024, 65% des Français se disent favorables à la désignation de Paris. C'est ce qu'a indiqué un sondage rendu public hier soir. Le taux d'adhésion des habitants de la région parisienne (66%) et des Parisiens eux-mêmes (67%) est un peu plus élevé. «Ces résultats confirment que les Français sont en attente de projets fédérateurs, porteurs de sens et de valeurs», a réagi le comité qui porte le projet Paris 2024. «Les Jeux olympiques et paralympiques, c’est une opportunité exceptionnelle pour notre pays de fédérer, de rassembler les Français derrière un projet positif et une ambition collective».

Pourquoi pas. Mais, en l'occurrence et à ce stade, si on peut se permettre, il n'y a tout de même pas lieu de pavoiser.

D'abord, si on regarde d'un peu plus près cette enquête d'opinions, on constate que, parmi ces 65% de Français favorables à Paris 2024, seuls 23% sont «tout à fait» emballés par cette perspective. Les 42% restants y sont juste «plutôt» favorables. On a déjà vu soutien plus enthousiaste.

Ensuite, si on prend la peine de revenir un peu en arrière, il y a six mois, les enquêtes d'opinion (ici, par exemple) donnaient 72% des Parisiens soutenant ce projet, de même que 79% des habitants de la région capitale. Du coup, si ces sondages successifs sont fiables, l'adhésion populaire aux JO à Paris semble en fait... décroître, dans la capitale et sa banlieue. Alors même que, les mois passant, ne cesse de s'amplifier le ramdam fait autour de ce projet, par ses organisateurs et par la mairie.

Les porteurs de Paris 2024 ont donc intérêt à ce que, dans les 574 jours à venir, des chiffres un peu meilleurs soient rendus publics. Pas seulement pour leur moral, mais aussi pour l'avenir du dossier de candidature parisien. Puisque, parmi les éléments que le CIO prend en compte pour attribuer les Jeux à telle ou telle ville candidate, figure précisément l'ampleur – ou non – du soutien populaire à ce projet, dans les pays concernés.

05/02/2016

Une certaine confusion

Heureusement que près de dix ans séparent encore les Français de cette échéance (éventuelle), parce que, visiblement, ils ont encore besoin d'un temps de réflexion pour se faire une idée claire à son sujet. L'exposition universelle de 2025, à laquelle Paris et sa région sont candidates.

81% des sondés (voir ) trouvent que c'est «une bonne chose» que l'Hexagone brigue l'organisation d'un tel événement, lui qui n'a plus accueilli d'Expo universelle depuis 1937. Mais sept sondés sur dix préféreraient qu'il soit réparti dans les grandes villes françaises, et non concentré dans la seule région parisienne. Or, à ce stade, une telle extension n'est pas du tout envisagée. Et, si 89% des Français ont une bonne image de cet événement, ils s'opposeraient à ce qu'il soit financé par les pouvoirs publics, lui voulant un financement uniquement privé. Or, cette éventuelle Expo s'appuierait en partie sur les infrastructures que l'on construirait pour les JO de 2024 (si Paris obtient bel et bien ces Jeux), qui, elles, seront pour une part financées par les pouvoirs publics.

Bref, encore beaucoup de conditionnel pour ce projet, et donc autant de confusion dans les esprits. Qui sait les années passant permettront-elles d'y voir un peu plus clair.

11/01/2016

«Une égalité de traitement» réclamée

Paris, Terrorisme, InternationalPuisque la France a beaucoup parlé de terrorisme tout au long de la semaine dernière, signaler que celle-ci s'est achevée par la tentative de plusieurs milliers de manifestants, hier à Paris, de remettre un dossier en haut de l'agenda. Alors que, depuis trois ans, il ne progresse pas.

L'assassinat en plein Paris, rue La Fayette (dixième arrondissement), de trois militantes kurdes, le 9 janvier 2013. Parmi elles, Sakine Cansiz, une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui était réfugiée politique en France après avoir été emprisonnée pendant onze ans en Turquie. Le tueur présumé (qui nie) est un Turc proche des milieux ultranationalistes et de l'extrême droite des "Loups gris". Il a été renvoyé devant les assises. Ses commanditaires n'ont pu être identifiés. Selon le parquet de Paris, «de nombreux éléments de la procédure permettent de suspecter l’implication du MIT (les services de renseignement turcs) dans l’instigation et la préparation de ces assassinats» – services dirigés par un proche du Président Erdogan.

«Non à l’impunité des crimes politiques!». C'est ce qu'ont scandé hier entre 7000 et 10000 manifestants, venus de toute l'Europe. Et particulièrement déterminés: pendant une bonne partie de l'après-midi, leur sono, poussée à fond, a fait un vacarme considérable, dans tout le quartier Bastille. La manifestation, tendue, a même failli dégénérer: un CRS, tentant de s'interposer dans une rixe, s'est senti menacé et a tiré plusieurs coups de feu en l'air (sans faire de blessés), pour se dégager.

Le cortège a dénoncé l'«absence de volonté des autorités turques et françaises de faire la lumière» sur cet attentat. C'est jugé d'autant plus indigne que ce triple assassinat «a été commis dans le même esprit que ceux de Charlie et, plus récemment, ceux du 13 novembre à Paris: comment ne pas faire le lien entre ces massacres quand on voit la complicité de la Turquie avec Daesh?». Les proches des trois femmes réclament (, par exemple) «l’égalité de traitement avec les autres familles des victimes des actes terroristes».

paris,terrorisme,internationalIls souhaitent particulièrement que cette égalité soit symboliquement actée par une invitation à rencontrer François Hollande, à l'Elysée.

Que l'on sache, hier dimanche, qui était le jour anniversaire de ce triple assassinat, le chef de l'Etat n'a pas donné suite à leur requête – lui qui a pourtant passé une partie de sa journée avec des victimes d'attentats: ceux de janvier et novembre derniers.

21/12/2015

Une première place, évidemment

Paris, Terrorisme, Communication, InternationalC'était couru d'avance, vu cette année si dramatiquement historique que viennent de vivre la France et sa capitale: au total tout de même plus de 150 morts, à la suite d'attentats terroristes (130 tués le 13 novembre + une vingtaine en janvier et depuis).

L'Hexagone et la "Ville lumière" trônent en bonne place dans tous les palmarès de fin d'année qui sont dressés par les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.

Ainsi, "Charlie Hebdo" ont été les termes les plus recherchés dans le monde en 2015, sur le moteur de recherches Google. Et c'est probablement pareil sur les autres moteurs. Jamais auparavant un media français n'avait vu sa notoriété internationale propulsée à de tels niveaux, à la suite d'une actualité si tragique le concernant. Pareillement, sur Twitter, c'est le hashtag #JesuisCharlie qui caracole en tête: il a été partagé cinq millions de fois dans la seule semaine qui a suivi la tuerie du 7 janvier. Et les hashtags #PrayforParis et #JesuisParis ont pris le relais dès le soir du 13 novembre: ce sont eux qui, dans le monde entier, ont été les plus relayés. Quant à Facebook, dans les dix sujets qui ont été les plus discutés sur ce réseau social en 2015, on trouve évidemment, aux côtés de l'élection présidentielle américaine, les attentats parisiens tant de novembre que de janvier.

En espérant que, à la fin de l'an prochain, Paris et le pays ne se retrouveront pas à nouveau, pour une raison aussi sinistre, en tête des palmarès de ce type – et le pire, c'est qu'on ne peut même pas écarter l'éventualité d'emblée.

16/12/2015

Un impact qui se confirme

Un bon mois après les attentats du 13 novembre, on commence à voir un peu plus clair sur leur impact économique. Et il se confirme qu'il est lourd.

Cela a été annoncé hier: les aéroports parisiens ont, en novembre, accueilli 120.000 passagers en moins qu'à la même période de l'an dernier. C'est davantage que le recul de 0,1% du trafic passager qui avait suivi les attentats de janvier. L'hôtellerie française, pour sa part, a vu son son chiffre d'affaires dévisser de 9,3%, depuis le 13 novembre. Ce sont surtout les palaces parisiens qui ont été touchés. Et l'hébergement des dignitaires étrangers et de leurs délégations venus à Paris participer à la grande conférence de l'Onu sur le climat n'a compensé cela qu'à la marge.

Au global, en novembre, la fréquentation touristique de la "Ville lumière" et ses retombées économiques ont chuté de plus de 20%, par rapport à novembre 2014. A en croire le dernier baromètre de conjoncture en date, «74% des professionnels du tourisme interrogés estiment que leur activité est en baisse par rapport au mois de novembre 2014, et même 81% des professionnels parisiens». Le secteur des congrès et de l'événementiel évalue à 5,7 millions d’euros les pertes entraînées par cette sinistre actualité. Et le comité régional du tourisme considère que les perspectives pour le mois de décembre et les fêtes de fin d'année «ne sont pas encourageantes».

Du coup, malgré cette période habituellement si propice aux achats, le secteur du commerce et de la distribution craint le pire, en termes de recettes. D'autant que le contexte sécuritaire l'a contraint à augmenter ses budgets consacrés à la protection et à la sécurisation (vidéosurveillance, détecteurs de métaux, agents de surveillance, etc.). Le Centre national des centres commerciaux chiffre ce surcoût à 50% de plus que l’an dernier, et a calculé qu'il pourrait «atteindre 100 millions d'euros, sur l'année».

Bref, au-delà des pertes humaines qui ont été déplorées, l'économie parisienne et, au-delà, celle de l'ensemble du pays, clairement, n'ont pas fini de payer le prix de la tragédie du mois dernier.

23/11/2015

Un coup de massue

Paris, Terrorisme, Economie, Culture, International, TourismeOn l'avait déjà vu après les attentats de janvier, qui avaient plombé une bonne partie des soldes, et on le voit à nouveau en cette fin novembre: les Parisiens n'ont pas la tête au shopping. D'où, depuis dix jours, une nette chute de la fréquentation et du chiffre d'affaires des commerces de la "Ville lumière".

La semaine dernière, au Printemps et aux Galeries Lafayette, la fréquentation a reculé carrément de 30% et 50% respectivement. Dans certains secteurs particuliers, c'est la dégringolade: 50% de clients en moins dans les commerces du secteur de l'habillement depuis les attentats, et le secteur de la chaussure qui a vu son chiffre d'affaires s'écrouler de 70%. Ce week-end, les choses se sont un peu améliorées. La baisse de fréquentation des grands magasins a été limitée à quelque 15%, et leurs ventes réalisées ont été moindres de 5% par rapport à un week-end normal à cette période de l'année.

Mais un marasme identique est de mise dans le secteur culturel. La semaine dernière, les grands musées nationaux parisiens ont enregistré un recul de 30% de leur fréquentation, dans le même ordre de grandeur qu'en janvier (relire ). Certains musées en particulier ont été particulièrement frappés: -50% à Orsay, par exemple. De même, c'est un vrai coup de massue qui s'est abattu sur le secteur hôtelier. La semaine dernière, 57% des nuitées qui avaient été réservées dans des hôtels parisiens ont été annulées.

Paris, Terrorisme, Economie, Culture, International, TourismeCela dit, le précédent de janvier a montré que cette dégringolade temporaire de la fréquentation touristique de la "Ville lumière" n'avait pas eu d'impact global majeur sur son attractivité internationale, à l'année (relire ). La question est donc de savoir si l'effet de répétition ne va pas, cette fois, jouer contre Paris.

En début d'année, la ville avait vu son tissu économique se relever après avoir été durement frappé. Car, du monde entier, les clients avaient fini par revenir. La voilà à nouveau touchée par d'identiques événements dramatiques, et même d'une ampleur encore pire. Une deuxième fois, l'impact de cette actualité ne sera-t-il que passager? Ou, à force de se répéter, l'image de la capitale et donc son attractivité vont-elles être structurellement sapées?

02/11/2015

Une impunité qui n'en finit pas

Cela s'est passé ce week-end en plein Paris, à Saint-Germain-des-Prés. Pendant quelques heures, la rue du Cherche-Midi a disparu. L'ONG Reporters sans frontières (RSF) l'a symboliquement rebaptisée, en placardant des étiquettes autocollantes sur le plaques de cette rue. A l'occasion de la Journée internationale de la fin de l'impunité des crimes commis contre des journalistes, qui est célébrée ce lundi..

L'ONG a rebaptisé douze rues de la capitale française où sont établies des ambassades de pays dans lesquels des journalistes ont été assassinés ou torturés, ou ont disparu. La rue du Cherche-Midi a été choisie car l'ambassade du Mali y est située. C'est dans le Nord de ce pays que, le 2 novembre 2013, il y a donc deux ans jour pour jour, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été assassinés. Ils étaient les envoyés spéciaux de la radio RFI. Dès lors, RSF a rebaptisé la rue du Cherche-Midi "Rue Ghislaine Dupont-Claude Verlon". Ce lundi, le comité de soutien aux familles des deux journalistes va dénoncer les lenteurs de l'enquête et les carences de la coopération judiciaire franco-malienne.

«Plus de 90% des crimes commis contre les journalistes dans le monde ne sont jamais élucidés», rappelle RSF. Ces dix dernières années, 800 journalistes ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions. Et rien qu'en cette année 2015, depuis le 1er janvier, 86 journalistes ou apparentés ont perdu la vie – la "Ville lumière" elle-même a vécu, si tragiquement, ce sinistre fléau: la tuerie, début janvier, à "Charlie Hebdo".

16/10/2015

Un quart d'heure de travail

Paris, International, Economie, Art de vivre, TechnologiesParis, première ville du monde en termes de qualité de vie et d'accessibilité. C'est, en tout cas, ce qu'atteste une étude internationale publiée hier. Elle se fonde notamment sur la densité des sites culturels, historiques et traditionnels parisiens situés en plein centre-ville et donc rapides et faciles d’accès. Cette étude positionne également la capitale française au troisième rang mondial en termes d'attractivité économique.

Puisqu'on en est aux classements internationaux, cette autre étude, parue dernièrement, qui, elle, compare les prix, les salaires et le pouvoir d’achat dans 71 villes mondiales. Il en ressort que, si l'on prend en compte un panier standardisé de 122 biens et services, Zurich, Genève et New York sont les cités les plus chères de la planète. On y découvre aussi combien de temps il faut travailler, selon que l'on réside dans telle ou telle capitale, pour acheter un kilo de pain et de riz, ou... un Big Mac et un iPhone 6.

Résultat? Trois heures de travail nécessaires à Nairobi pour acheter un burger, contre neuf minutes à peine à Hong Kong. A Paris, c'est 15 minutes. Pour le smartphone à plus de 600 euros de la marque à la pomme, c'est 21 heures de travail à Zurich, trente fois plus à Kiev, et 42 heures à Paris. Ville où il ne faut bosser que 9 minutes pour pouvoir se payer un kilo de riz, à comparer aux 4 minutes nécessaires à Oslo et aux 73 minutes de New Delhi. Quant à un kilo de pain, aliment de base pour 98% des Français, il coûte 10 minutes de travail au Parisien moyen – comme au Lyonnais, d'ailleurs. C'est le double des 5 minutes seulement qu'il requiert à l'habitant de Genève. Mais c'est huit fois moins que les 83 minutes de travail requises à Manille.

L'étude, émanant d'une grande banque suisse – donc par nature pro-consumériste –, ne se hasarde pas à se prononcer sur la question de savoir si, dans ce si merveilleux monde contemporain, un burger de McDo ou un joujou branché d'Apple sont désormais à considérer comme des produits de première nécessité, à l'égal du riz ou du pain.

15/10/2015

Un réchauffement qui sera généralisé

Bigre: «la plus grande conférence diplomatique jamais organisée en France depuis la signature de la déclaration universelle des droits de l’homme, à Paris en 1948». Ainsi le gouvernement Valls a-t-il, hier, à l'issue du Conseil des ministres, présenté la COP21: la conférence internationale sur le climat, qui s'ouvrira à Paris à la fin novembre. Elle réunira 20 000 personnes accréditées, 20 000 visiteurs dans les espaces dédiés à la société civile, et plus de 3 000 journalistes venus du monde entier.

Cet événement supposément parisien se déroulera, en fait, au Bourget, en banlieue nord de la capitale. Le chantier d’aménagement du site a démarré il y a dix jours, et prendra un bon mois. On va y aménager 80 000 m2 de halls déjà construits et ériger 80 000 m2 supplémentaires de «structures temporaires et réutilisables». Soit «un total de 16 hectares de surfaces, dans un souci de responsabilité environnementale». Ce qui n'empêchera pas, cela dit, que l'événement soit sponsorisé par de grandes entreprises privées pas forcément toujours regardantes sur l'impact écologique de leurs activités – mais passons.

Le gouvernement l'a assuré, hier: «Les mesures nécessaires pour renforcer les réseaux de transports en commun existants ont été prises», histoire que ce grand raout ne vienne «pas perturber les trajets des habitants» de la région parisienne. Ce sera un vrai casse-tête. Il faudra assurer à la fois le fonctionnement normal du réseau de transports publics, les trajets sans encombres des délégations de diplomates (dont la plupart des convois devront être ultra-sécurisés), et une relative fluidité du trafic automobile, dans cet environnement autoroutier de l'A1 qui est déjà chroniquement saturé.

Sans oublier le défi sécuritaire à relever, alors que l'on sait que des manifestations potentiellement houleuses (les "black blocks", etc.) se dérouleront. Puisque le gouvernement ne s'est pas étendu sur le sujet hier, signalons qu'il a déjà donné l'ordre que, pendant toute la durée de la conférence, 80% d'effectifs de forces sécurité supplémentaires soient mobilisés.

De toute évidence, le réchauffement ne figurera pas qu'au menu des discussions de la conférence. Dans la rue aussi, ce sera chaud à tous points de vue, dans la capitale voire dans l'ensemble de sa région.

29/09/2015

Un coup de com', de bon aloi

Paris, Transports, Santé, Environnement, International L'interdiction de la circulation automobile, dimanche dans une partie de Paris – que ce blog évoquait, hier – , n'a sans doute pas fait de mal ni à la santé des Parisiens, ni à l'environnement dans la "Ville lumière". Mais elle n'a pas non plus fondamentalement changé grand-chose.

C'est, en substance, l'enseignement que l'on peut tirer du bilan qui a été dressé de l'expérience.

Dans la zone centrale qui était fermée à la circulation, «des niveaux sensiblement plus faibles (de pollution) qu’à l’extérieur de cette zone» ont été relevés – l'inverse eut été un comble, cela dit... Ainsi, en ce qui concerne le dioxyde d’azote, les niveaux étaient plus bas de 30% sur les Champs et de 20% place de l’Opéra, comparés à un dimanche régi par des conditions météorologiques analogues. Même si, de toute manière, dans l'ensemble de la capitale avant-hier, les niveaux généraux de pollution de l’air ont été peu élevés, grâce à un vent modéré qui a éloigné les polluants.

Mais «cet impact significatif» a été «très local». Aucune amélioration notable de la situation n'a été notée dans le reste de la capitale, malgré le fait que les automobilistes avaient été invités à réduire à 20km/h leur vitesse de circulation. Et le périph' a été aussi pollué qu'à l'ordinaire un dimanche comparable.

Paris, Transports, Santé, Environnement, International Certaines zones de Paris intra muros ont même été, ponctuellement, ... davantage polluées que d'habitude. A Bastille, par exemple, en milieu de matinée: juste avant l'entrée en vigueur de la mesure de restriction de la circulation, quand donc le trafic sur la place était particulièrement congestionné.

Il s'est dès lors agi, avant tout, d'une opération symbolique. Pas marginalement un coup de com', même: visant à soigner l'image de Paris, deux mois avant l'ouverture de la grande conférence de l'ONU sur le climat, la COP21, qu'elle accueillera à partir de la fin novembre.

21/09/2015

Un succès public

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Un peu de culture, pour bien commencer la semaine. Et une bonne nouvelle, pour un des grands musées parisiens.

Le musée d'Orsay, en l'occurrence. Pour la deuxième année consécutive, il apparaît à la première place des musées français et européens plébiscités par le "Travellers’ Choice Musées". Ce palmarès est issu des avis laissés depuis douze ans par les utilisateurs du site TripAdvisor, commentaires qu'un algorithme a totalisés en vue de ce classement, en prenant en compte à la fois leur quantité et leur qualité. Orsay devance même Le Louvre, deuxième de ce palmarès français et troisième de son équivalent européen. L'institution de la rive gauche arrive deuxième dans le volet international du classement, derrière le Metropolitan Museum of Art de New York.

Dès demain, ce même musée d'Orsay va à nouveau faire parler de lui. Il inaugure une exposition thématique consacrée... à la représentation de la prostitution dans la peinture. Certaines sections, présentant des tableaux explicites, seront interdites aux mineurs. Précédemment, déjà, le musée avait quelque peu bousculé les convenances en consacrant une exposition au nu masculin. Sa qualité avait été discutée, mais le succès public avait été au rendez-vous.

Ce devrait être à nouveau le cas avec l'exposition qui débute demain, s'agissant d'un sujet aussi affriolant que grand public. Un sujet racoleur, grimacent certains. Pour qui Orsay, dans son but d'attirer les grandes foules, va tout de même un peu loin dans la facilité des thématiques qu'il aborde – on vous laisse juges.

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Sinon, pour la petite histoire, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'ira pas demain soir à Orsay, s'afficher devant des tableaux montrant des filles de joie, leurs clients et leurs maquereaux. Elle assistera plutôt, à la Comédie française, à la représentation du "Père": la pièce d'August Strindberg, mise en scène par Arnaud Desplechin. Sans doute est-ce moins sulfureux. Et plus cohérent avec les vues du gouvernement – qui, pour rappel, soutient la mise à l'amende des clients de la prostitution.

16/09/2015

Un quatuor de concurrents

C'est officiel depuis ce mercredi matin. La candidature de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2024 fait face à quatre dossiers concurrents, présentés par les villes de Rome, Hambourg, Budapest et Los Angeles.

C'est la candidature de la cité américaine (déjà à deux reprises hôte des Jeux) qui, a priori, est la plus dangereuse pour la "Ville lumière". Même si elle fait un peu figure de candidature US par défaut (après le renoncement de Boston à se lancer dans la course) et si, pour 2024, ce serait normalement au tour d'une ville européenne de devoir être choisie (après les JO de Rio en 2016 et de Tokyo en 2020). Le dossier de Budapest, en revanche, paraît moins costaud que ceux de Hambourg et Rome, qui seront toutes deux des adversaires coriaces.

Ce matin, en réagissant à cette officialisation des villes candidates, les porteurs du projet parisien ont une fois de plus montré combien ils avaient tiré les leçons des échecs successifs des précédentes candidatures de la capitale française. Ce sont les sportifs tricolores – avant les politiques – qui ont été mis en avant dans les médias, et ils ont bien pris garde de ne pas afficher la moindre arrogance.

La décision fatidique sera prise en septembre 2017. Ce choix constituera donc, pour le prochain Président français, à peine élu quelques semaines plus tôt, soit un joli cadeau de bienvenue, soit un boulet à traîner pendant tout son quinquennat.

07/09/2015

Une évolution? Pas sûr

«Dignité humaine». «Pas en mon nom». «Ouvrons les frontières». «Tous humains». «Bienvenue». «Welcome refugees». «Je suis Syrien», inscrit sous une photo du petit Aylan: le gosse dont le cadavre a été retrouvé sur une plage de Turquie, la semaine dernière.

Quelques pancartes et slogans aperçus samedi en fin d'après-midi, place de la République. Où une demi-douzaine de milliers de personnes ont réclamé une politique d'accueil plus affirmée de la France envers les réfugiés fuyant les persécutions, en Syrie et ailleurs. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans des villes de province, à Nantes ou à Strasbourg par exemple. Dans le même temps, ces derniers jours, nombre d'initiatives concrètes de solidarité envers ces migrants ont vu le jour, sur les réseaux sociaux ou dans des municipalités.

Du coup, tout au long du week-end, les médias ont glosé sur un changement qui serait en cours, en France. Pour résumer la manière dont ce pays est présenté: jusqu'à la semaine dernière, vu de l'étranger a fortiori, il passait pour en crise, fermé, crispé sur son identité, obsédé par sa sacrosainte laïcité au point d'en faire une lecture excluante envers les étrangers. A présent, il se découvrirait accueillant, ouvert, solidaire, épris de fraternité.

Pourquoi pas. Mais les sondages ne font pas du tout état d'une telle évolution.

Avant le choc suscité par l'affaire Aylan, une majorité solide (56%) de sondés s'opposait () à ce que la France accueille de nouveaux migrants et réfugiés en provenance de Syrie. Une opposition majoritaire dans quasiment toutes les catégories de la population. Les enquêtes d'opinion publiées depuis (voir par exemple ici ou ) confirment cette tendance. 55% des Français restent opposés à ce que leur pays, comme l’Allemagne, assouplisse ses conditions d’accueil des migrants. Six sondés sur dix considèrent que Syriens ne méritent pas un meilleur accueil en tant que réfugiés de guerre. Et 52% ne suivent pas Manuel Valls quand il affirme la nécessité d’accueillir les migrants qui «fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions».

 Il y a donc un réel décalage entre, d'une part, le sentiment majoritaire tel qu'il s'exprime dans les sondages et, d'autre part, celui qui, ces derniers jours, s'est manifesté dans la rue, sur le terrain local ou sur le web, et auquel les médias ont fait écho ce week-end.

26/08/2015

Un attrait confirmé, mais précaire?

C'était loin d'être gagné d'avance (relire par exemple ici ou ), mais il semble qu'en fait, la fréquentation touristique internationale de Paris ne souffre pas des attentats de janvier, ni du climat d'alerte terroriste qui y est de mise depuis. C'est ce qu'indiquent, en tout cas, les dernières statistiques en date, diffusées récemment.

Ainsi, au premier semestre, et en dépit de cette sinistre actualité, la fréquentation touristique a encore augmenté dans la "Ville lumière" et sa région: +1,6%, soit 15,9 millions d’arrivées hôtelières. Certaines clientèles particulières ont même connu un boom spectaculaire (+48,9% pour les touristes chinois). Du coup, les autorités s'attendent à ce que, à l'échelle du pays tout entier, 2015 soit une année exceptionnelle en termes de fréquentation. L'Hexagone devrait confirmer haut la main sa place de première destination touristique au monde. Et même la conforter, avec plus de 85 millions de visiteurs étrangers accueillis.

Ombre au tableau: cet attrait confirmé pour les destinations France et Paris est parfois dû à des facteurs purement conjoncturels. Par exemple, la situation au Maghreb (attentats en Tunisie, etc.) a dissuadé nombre de candidats au voyage dans ces pays à y passer leurs vacances, ce qui a pu bénéficier à la France. Dans ce pays même, c'est la crise économique persistante qui a poussé nombre de Français à privilégier des vacances à domicile plutôt qu'à l'étranger. Dès que la situation globale s'améliore, ils pourraient donc très bien se remettre à bouder la France, au profit de destinations de vacances plus lointaines. Et il faudra mesurer aussi, à terme, l'impact, sur la fréquentation chinoise, du ralentissement de la croissance dans ce pays et des récentes dévaluations de sa monnaie.

En outre, a contrario de l'optimisme suscité à Paris par ces bons chiffres touristiques, certaines études internationales, elles, ont une vision plus sombre de la situation. Témoin, l'édition 2015 du classement de 140 villes qu'a publié le cabinet britannique The Economist Intelligence Unit, dernièrement. Il fait état d'un déclin de la qualité de vie – et donc de l'attractivité potentielle – des villes européennes, dû au climat économique morose qui les affecte et au contexte sécuritaire pesant qui est désormais le leur. Dans ce classement, Paris chute de la 20e à la 29e place, précisément en raison de la dramatique actualité qu'elle a endurée au début de l'année.