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18/04/2016

Un écolier sur deux

Histoire de commencer la semaine en fanfare, une nouvelle entendue dernièrement sur une radio locale () et qu'on continue à trouver décidément effarante, malgré les jours passant. Cela concerne les enfants de Seine-Saint-Denis, le grand département populaire du Nord de Paris. Et, singulièrement, leurs aptitudes sportives.

Dans ce département, une piscine olympique sera construite, si Paris obtient l'organisation les JO de 2024. En attendant, pour le moment, un écolier sur deux... ne sait pas nager.

C'est beaucoup dû au manque criant d'équipements: on ne compte que 35 piscines dans le "9-3". Pour une population de plus d'un million et demi d'habitants. Ajoutons que la pénurie chronique d'enseignants qui affecte ce département, et fait se mobiliser les parents d'élèves (voir ), ne contribue probablement pas à l'éducation sportive des enfants.

Heureusement que François Hollande avait demandé à être jugé sur le critère de la jeunesse, à l'issue de son quinquennat. Sur la question de savoir si les jeunes seront en meilleure situation à la fin de son mandat par rapport à ce qu'était leur sort en 2012. Jugerait-on l'hôte de l'Elysée sur l'état, non de la jeunesse en général, mais de l'enfance en particulier, et singulièrement à l'aune du sort qui est réservé aux gosses des quartiers urbains les plus déshérités, que cette évaluation ferait mal.

Encore bravo.

 

PS: En revanche, s'il est besoin de le souligner, aucune carence en piscines à Paris même. Et a fortiori dans les quartiers bobos de la capitale, comme notre onzième arrondissement. Là, au contraire, l'évolution a été spectaculaire, ces dernières années. L'amplitude des heures d'ouverture des piscines est désormais telle qu'on peut sans problème s'y rendre dès très tôt le matin, et jusque tard après la nuit tombée.

Sans doute a-t-on les priorités que l'on se donne.

28/10/2015

Un changement si lent

Banlieues, Jeunesse, Histoire, Police, Sécurité, TransportsOn serait bien allé à Clichy-sous-Bois, hier. Ville de la banlieue de Paris qui a commémoré la mort, il y a dix ans, de Zyed Benna et Bouna Traoré. Les deux ados qui ont péri électrocutés dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005, à l'issue d'une course-poursuite avec des policiers – le drame déclencha une vague mémorable d'émeutes urbaines, dans toute la France. On serait bien allé relater les cérémonies commémoratives de cet événement marquant, mais l'actualité par ailleurs en a décidé autrement.

Aurait-on eu le temps d'aller à Clichy qu'on aurait pu à nouveau remarquer combien, dix ans plus tard, tous les problèmes soulevés par cette crise des banlieues n'ont pas encore été réglés – loin s'en faut.

Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple – mais bien concret, et qu'on trouve assez parlant – , l'enclavement de cette ville. Qui est dénoncé depuis des lustres par ses habitants, et qui les préjudicie fortement: pas simple, quand on vit dans une municipalité très mal desservie par les transports publics, de trouver un emploi, un stage, une formation, une crèche, une bonne école, ou tout le reste. C'était déjà le cas en 2005, et cela n'a pas changé en 2015. Il faut toujours compter au moins 1h30 de trajet si l'on veut se rendre en transports en commun à Paris, au départ de Clichy. Ville pourtant distante d'une vingtaine de kilomètres à peine de la capitale. Dix ans plus tard, on attend toujours que se concrétise le projet d'extension de la ligne de tramway T4 jusqu'aux villes de Livry-Gargan, Clichy-sous-Bois et Montfermeil. Ce tramway prolongé ne sera pas opérationnel avant 2018, au mieux.

Un délai si long. Un changement si lent. Il ne faut dès lors pas s'étonner que subsiste un sentiment très fort de relégation, chez ces habitants.

31/08/2015

«Un nouveau pas», un peu lent

Paris, Education, Informatique, Communication, JeunesseRentrée demain en France, pour quelque 12 millions d'élèves. Dont près de 200.000 scolarisés dans les établissements de la Ville de Paris. Ces derniers bénéficieront notamment d'«un plan précurseur du numérique à l'école», dont la mairie est très fière.

Depuis plusieurs années, déjà, des tableaux numériques interactifs sont installés dans les salles informatiques des établissements parisiens. A la faveur de cette rentrée, «un nouveau pas» va être franchi. Dans les classes de 12 collèges de la capitale, les élèves de cinquième auront des tablettes à leur disposition, utilisées à des fins pédagogiques. Et leurs jeunes camarades de fin de primaire qui sont scolarisés dans 24 écoles situées en zone d’éducation prioritaire bénéficieront «de nouvelles classes mobiles avec des tablettes numériques». Au total, se félicite la mairie, «1.500 tablettes seront déployées» dans les établissements parisiens, à partir de cette rentrée.

Très bien. Mais tout de même un peu faiblard. Ainsi, pour s'en tenir à l'innovation relative aux collèges, en bénéficieront donc les élèves de cinquième de 12 de ces établissements. A titre de comparaison, au total très exactement 56.935 élèves sont scolarisés dans les collèges de la Ville.

Dès lors, dans les faits, la masse des collégiens parisiens scolarisés dans le public continuera à n'avoir accès à ces outils pédagogiques que dans les «espaces numériques de travail» de leur école – et encore, si leur établissement est équipé d'un tel espace. Et non en classe, dans le cadre de leur apprentissage quotidien.

02/12/2014

Un texte dangereux?

La fin de l'après-midi et la soirée pourraient être chaudes, ce mardi à Paris. Quelques heures après le vote, par les députés, de la résolution invitant l'exécutif à reconnaître la Palestine. Au moins 130 pays dans le monde ont déjà approuvé un tel texte, mais la chose prend une dimension particulière en France. Et pour cause: l'Hexagone accueille à la fois la population de confession musulmane la plus nombreuse d'Europe, et la troisième plus importante communauté juive au monde (après Israël et les Etats-Unis).

Selon certaines sources, le vote des députés pourrait être rapidement suivi par des rassemblements inopinés – donc interdits, car pas déclarés préalablement aux autorités. Ces attroupements seraient notamment le fait d'organisations de jeunesse sionistes ultras (Ligue de défense juive, Betar, etc.). La semaine dernière, déjà, à l'appel notamment de ces groupuscules, une manifestation tendue s'était déroulée à proximité du Parlement. Drapeaux israéliens noués autour du cou, les manifestants avaient brandi des pancartes hostiles à «une résolution qui encourage les terroristes». Plusieurs journalistes et photographes, pris à partie, insultés et menacés par des manifestants, avaient été contraints de quitter les lieux. Le même jour, dans le camp adverse cette fois, un rassemblement s'était tenu en faveur d'«un Etat palestinien dans tous ses droits». «Palestine vivra, Palestine vaincra», «Nous sommes tous des Palestiniens», avaient scandé les manifestants.

Ce texte va «jeter de l'huile sur le feu» entre les communautés, en France même: c'est le cri d'alarme qu'a lancé, ce matin, un dirigeant d'une association de lutte contre l'antisémitisme. Cela a aussi fait partie des arguments qu'ont dit et répété les opposants au texte, lors du débat parlementaire. Cet après-midi, les députés n'en approuveront pas moins la résolution, et très largement. Il faudra donc rester attentif à ses éventuelles répercussions sur le terrain, et notamment sur le terrain parisien. En effet, dans certains quartiers de la capitale française (du côté du 19e arrondissement, par exemple), les relations intercommunautaires sont déjà extrêmement tendues.

22/02/2013

Une ville où l'on se marie peu

Puisqu'on a tant et tant parlé du mariage en France, ces derniers mois, cette spécificité parisienne, que vient de rappeler (ici) l'Institut national de la statistique (Insee). A Paris, en dépit de son cliché de ville ultra-romantique, on se marie beaucoup moins qu'ailleurs: moins que dans sa banlieue – et, par extension, qu'en province.

A Paris intra muros, 61% des gens vivant ensemble sont mariés; ils sont 71% dans ce cas en région parisienne. Dans la capitale, un couple sur trois (33%) vit en union libre, contre seulement 24% en banlieue et 22% en province.

Pourquoi donc le mariage a-t-il moins la cote dans la «Ville lumière»? L'Insee explique cela par deux caractéristiques de la population parisienne. D'abord, elle est proportionnellement plus jeune que celle de banlieue et de province: les 18-34 ans sont plus nombreux dans la capitale que partout ailleurs, et plus d'un Parisien sur trois (35%) a moins de 35 ans, contre 30% en banlieue et 25% en province. Ensuite, parmi ces nombreux jeunes qui habitent Paris, on compte beaucoup plus d'étudiants qu'ailleurs: 73% des Parisiens de 18 à 24 ans sont scolarisés, contre seulement 57% des banlieusards et 49% des provinciaux.

Cela confirme donc que le mariage demeure une institution majoritairement vue/vécue comme étant destinée avant tout aux couples qui se sentent prêts à entrer dans la vie active: ont atteint un certain âge, et achevé leur formation.

Frigide Barjot n'a pas encore réagi.

04/08/2011

Un danger permanent

Il s'en est fallu de peu. Mardi après-midi, une vedette-rapide et un remorqueur de la brigade fluviale de Paris ont dû intervenir en urgence sur la Seine, pour secourir un bateau fluvial et ses 130 passagers. L'embarcation, qu'une panne électrique privait de moteurs et de gouvernail, dérivait en se rapprochant dangereusement des piles du pont Bir Hakeim. Les hommes de «la Fluv'» (comme on surnomme cette brigade, paraît-il, en jargon policier) ont sécurisé le navire, dont aucun passager n'a été blessé.

Des bateaux en difficulté sur la Seine, cela arrive assez souvent. Selon les chiffres de la brigade, au cours des six premiers mois de 2011, 101 bateaux ont dû être assistés: victimes d'avaries moteur ou, plus gravement, menacés de naufrage – et oui, on fait parfois naufrage à Paris aussi: relire ici . Du reste, dans ce fleuve qui a l'air si paisible, pas mal de gens manquent en fait, chaque année, de périr – voire y trépassent. Ainsi, dans l’agglomération parisienne ces six derniers mois, 87 personnes, ce qui n'est tout de même pas rien, y ont été repêchées vivantes: candidats au suicide, promeneurs ou plaisanciers tombés à l'eau, etc. Sans compter les fêtards qui, en fin de soirée arrosée, ne trouvent rien de mieux que de se baigner dans le fleuve: entre janvier et juin, 21 personnes dans ce cas ont été verbalisées.

Parfois, ce genre de plan alcoolisé de fin de nuit ne pardonne pas. On l'a encore vu en juillet dernier.

Aux abords du quai de Montebello (cinquième arrondissement), à 4 h du mat', un jeune banlieusard de 23 ans a péri, noyé. Selon les policiers, il avait parié 20€ avec ses potes qu'il parviendrait sans peine à traverser le fleuve. Il n'a jamais rejoint l'autre rive: surpris par le fort courant, victime d'épuisement, il a coulé à pic.

Mourir à 23 ans. Pour un pari. Pour 20€.

19/07/2011

Un grand classique (pour la forme)

CANAL1erpanneau.jpgChaque été cela revient: c'est un grand classique de la saison. Un grand classique de l'été parisien mais pas seulement: de l'été français, plus largement. On veut parler des arrêtés interdisant la vente d'alcool après une certaine heure de la soirée: mesures destinées à limiter les libations nocturnes et alcoolisées en plein air, et donc à calmer un peu la colère des riverains des quartiers noctambules qui, à cette saison, ne ferment plus l'oeil.

Ces derniers jours, les médias français ont énormément parlé d'une telle prohibition que vient de décréter la mairie de Lyon. Ils ont moins dit que, depuis plusieurs semaines déjà, à Paris, des panneaux interdisant la consommation d'alcool après 21 heures ont fait leur apparition sur les rives de notre bon vieux Canal Saint-Martin. Canal qui, chaque été, est un haut lieu parisien de pique-nique, de musique et de convivialité, jusqu'à pas d'heure. Dans la foulée, a-t-il été confirmé hier, la préfecture de police de Paris a étendu cette interdiction en amont: autour du bassin de La Villette.

Pour La Villette on ne sait pas (on n'y est pas allé ces derniers soirs), mais pour le Canal Saint-Martin et le boulevard Richard Lenoir, son prolongement jusqu'à Bastille, pas de doute: cette prohibition n'est absolument pas respectée. Jusque tard le soir, des groupes de joyeux fêtards continuent d'y refaire le monde au coin de bouteilles de vin et de canettes de bière ou de faire des parties de pétanque aussi disputées que sonores.

Ah oui, aussi, ce témoignage lu avant-hier, dans un journal du dimanche, du gérant d'un bar fameux du quai de Loire: le «Bar Ourcq». C'est là où nombre d'usagers nocturnes du Canal ont l'habitude d'aller se réapprovisionner en alcool, avant de retourner continuer à faire la fête au bord de l'eau. «C'est le flou total autour de cet arrêté» préfectoral estival, selon l'intéressé. «Il est écrit noir sur blanc que l'on ne peut plus vendre d'alcool à emporter en soirée, mais les autorités nous assurent que ce texte ne sera pas appliqué».

CANAL2ndpanneau.jpgDe qui se moque-t-on?

PS. Sinon, Canal Saint-Martin toujours, on a remarqué que, cet été, avaient été installés des urinoirs provisoires, en plein air. Bien: cela réduira les puanteurs matinales insupportables. Juste: et les demoiselles, elles font comment? Pas le moindre lieu d'aisance, comme on disait jadis, ne semble prévu pour elles. Encore bravo, Messieurs de l'Hôtel de Ville.

20/06/2011

Un avis de recherche (bidon)

VESPAperdue.jpgOn l'aimait bien, Romain. Il avait une bonne bouille de jeune Parisien rigolard, voire facétieux. On avait fait sa connaissance il y a quelques jours, en apercevant les affichettes qu'il avait placardées un peu partout dans les rues du quartier Bastille. Elle le montrait juché sur son scooter; avec, en légende, cet avis de recherche: «J'ai perdu mon irremplaçable Vespa PX et ça me rend bien triste. Aidez-moi à la retrouver. Forte récompense: je suis prêt à vous offrir une Vespa neuve. Merci. Romain».

 

La première fois qu'on avait vu cet appel, on s'était dit que, le pauvre Romain, il ne la reverrait jamais, sa Vespa. Clair qu'elle n'était pas perdue mais qu'elle lui avait été volée. Et puis, jour après jour, on avait observé cet avis de recherche placardé également dans des tas d'autres quartiers de Paris. Son scoot perdu, décidément, il l'aime bien, notre pauvre Romain, s'était-on dit. Même réflexion ce week-end, quand, devant une aire de stationnement pour scooters de notre boulevard Richard Lenoir, on aperçut l'avis de recherche de Romain sous la forme carrément d'un grand pochoir peinturluré directement sur le macadam du trottoir.

 

Amusé par les tribulations de ce jeune Parisien rendu inconsolable par la perte de son scoot, on a fini par aller faire un tour sur la page web à laquelle ses avis de recherche renvoyaient: une page intitulée "ouestmavespapx.fr". C'est là qu'on a pigé qu'en fait, Romain... n'avait jamais existé.

 

Ce n'est qu'une créature, un concept, publicitaire.

Ledit lien, en effet, aboutit à la page Facebook de la filiale française de Piaggio, la marque de scooters bien connue. Y est faite la promo d'une nouvelle Vespa qui vient d'être mise sur le marché, en l'honneur du 65ème anniversaire du lancement de la première Vespa. Romain n'est qu'une accroche imaginée par des pubards pour susciter un peu de buzz urbain autour du retour d'«une légende vivante»: le retour d'«un style inimitable, fonctionnel, une solidité légendaire grâce à sa carrosserie en acier, la fiabilité d'un moteur simple et indestructible et sa célèbre roue de secours dissimulée sous l'aile gauche. Une pièce unique. Des lignes simples et minimalistes». En cliquant sur «J'aime» (ce matin, plus de 600 personnes l'avaient déjà fait), les internautes s'inscrivent à une «chasse au trésor» qui leur permettra peut-être de gagner la récompense que promettait Romain, sur ses affichettes: un scooter de ce nouveau modèle.

VESPAtrottoir.jpgOn a (très peu) hésité, mais, finalement, on n'a pas cliqué.

Subitement, on trouvait ce coup de pub certes pas mal pensé et plutôt réussi (car visible et accrocheur), mais aussi, comment dire, un peu minable. Un peu comme la fin d'une belle petite histoire urbaine. Un peu comme la récupération, par les camelots de la pub, d'un petit bout de la vie (rêvée?) de notre quartier.

22/02/2011

Une (double) couardise

soldatclément.jpgGouverner et communiquer, cela va de soi. Gouverner et assumer, c'est moins évident. On vient d'en avoir un double exemple en France. L'exemple d'une pudeur qui confine à la couardise.

Premier exemple? Il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas dire à l'opinion, pensent sans doute les grands communicants qui entourent les hauts dirigeants français. Ainsi, quel était l'âge du chasseur de première classe Clément Chamarier, qui a été tué en Afghanistan samedi? (Au passage, c'est le 54ème Français mort dans ce pays depuis que les troupes françaises y sont déployées, en 2001) Son âge n'est mentionné ni dans le communiqué du Président Sarkozy, ni dans celui du Premier ministre François Fillon, ni dans celui du ministre de la Défense Alain Juppé, tous trois diffusés ce week-end pour lui rendre hommage. Les télés françaises, samedi soir, ont en majorité parlé d'un soldat «âgé d'une vingtaine d'années». C'est faux. Comme l'armée de terre, elle, a le cran de le préciser (ici), Clément Chamarier était «âgé de 18 ans». Il était donc plus jeune encore que ce soldat français âgé de 20 ans tué il y a quasiment un an jour pour jour dans ce même pays, dont on avait parlé (là) dans ce blog à l'époque.

Pour clore ce premier exemple, on se contentera de reprendre textuellement (à deux chiffres près, relatifs à l'âge de l'intéressé) ce qu'on écrivait alors. «18 ans. Sans doute n’y a-t-il pas d’âge idéal pour mourir. Probablement ne faut-il pas réduire à ce genre de détail le débat sur l’engagement militaire français en Afghanistan, autrement plus complexe. Mais tout de même. 18 ans!»

Deuxième exemple? Il y a des choses qu'il vaut mieux que l'opinion oublie, pensent sans doute les grands communicants qui entourent les hauts dirigeants français. Oublier par exemple, au moment où le sang coule en Libye, le tapis rouge qui, en décembre 2007, avait été déployé à Paris en l'honneur du colonel Kadhafi. .

sarkozykadhaf.jpgAinsi, sur le site web de l'Elysée – sauf erreur: on n'a pas eu le temps, ce matin, d'y passer des heures –, on ne trouve plus trace de cette visite. Ni photo, ni vidéo, ni discours, ni la moindre déclaration. Une petite main du service de com' de l'Elysée aurait-elle donc, cette nuit, été chargée d'effacer tout cela? La Présidence a démenti, jurant que ces documents n'avaient jamais figuré sur le site. Y figure toujours, en revanche, une déclaration de janvier 2008: Nicolas Sarkozy y raille «le charivari un peu ridicule» provoqué par cette visite.

Si cet émoi était «ridicule», c'était que, de l'avis de l'Elysée, cette grande pompe franco-libyenne était justifiable. Mais pas sûr qu'en haut lieu, beaucoup de gens le répéteront, trois ans plus tard.

14/01/2011

Une condamnation

Depuis le début de l'année, on a beaucoup parlé, dans ce blog, de la vague de vols de téléphones portables dans les transports publics parisiens. La recrudescence des vols à l'arraché de ce type occupe aussi beaucoup la justice, en ce moment. On vient encore d'en avoir un exemple.

En effet, le tribunal correctionnel de Bobigny (banlieue de Paris) vient de juger un délit de ce type. Les faits s'étaient produits le 4 janvier sur la ligne du RER C. Une femme y était en train d'innocemment manipuler son smartphone, sous le regard attentif d'un jeune homme de 23 ans qui voyageait dans la même rame qu'elle. Selon un modus operandi désormais bien connu, lorsque le train fut sur le point de s'arrêter en gare de Saint-Ouen, le jeune homme se jeta sur sa victime, la bouscula, lui arracha violemment son appareil des mains, puis se précipita hors du train. Manque de pot: des agents en civil de la police des transports étaient en mission précisément ce jour-là, à cette heure-là, dans cette rame-là. Et l'avaient à l'oeil. Le malandrin fut donc interpellé illico. En flagrant délit, avec le fruit de son larcin en main.

Le jeune homme dort désormais à la prison de Villepinte. Le tribunal, devant lequel il vient de comparaître pour vol avec violences, l'a condamné à 8 mois de prison ferme. Le fait que sa victime n'ait pas été blessée lors de son vol lui a évité une peine plus lourde. Huit mois tout de même, car le Code pénal retient comme circonstance aggravante le fait de commettre un vol «dans un véhicule affecté au transport collectif de voyageurs ou dans un lieu destiné à l'accès» à ce moyen de transport.

Huit mois derrière les barreaux. A 23 ans. Et toute une vie probablement handicapée par un casier judiciaire. Tout cela, juste pour avoir voulu un téléphone à la mode mais qui, à la vitesse où se démodent ces appareils, ne l'aurait sans doute plus été dans six mois. Il y a des choses que, décidément, dans ce monde hystériquement modeux et consumériste, on ne comprend pas.

PS: Remarquez qu'une fois de plus, dans ce cas de figure comme dans les autres agressions de ce type qu'on a évoquées dans ce blog dernièrement, c'est une femme qui a été visée. Evidemment. Il faut autrement plus de cran – si tant est que le courage puisse être invoqué dans ce genre d'actes – pour s'attaquer à des balaises d'1,90m.

11/01/2011

Un âge

lemétroengris.jpg18 ans. C'est l'âge du jeune homme arrêté hier par les enquêteurs de la brigade des réseaux ferrés de Paris. Il est fortement soupçonné d'être responsable de la mort d'une jeune femme de 27 ans dans le métro: à la station 'Etienne Marcel' fin décembre – on évoquait ce drame l'autre jour, dans ce blog. Selon de nombreux témoins, les faits se seraient déroulé comme suit. Dans la rame du métro, le jeune homme tente d'abord de dérober le smartphone d'une voyageuse. Puis descend à 'Etienne Marcel' et prend ses jambes à son cou. Mais, dans l'escalier de sortie de la station, il bouscule une jeune femme qui se trouve sur son passage, et la repousse violemment. Elle tombe par terre. Dans sa chute, sa tête heurte une marche. Elle décède peu après à l'hôpital Henri-Mondor.

Aux dernières nouvelles, le jeune homme n'était pas passé aux aveux. Mais les images des caméras de vidéosurveillance ayant permis hier son interpellation l'accablent: son visage y apparaît on ne peut plus distinctement. Il n'était pas connu des services de police, ni pour des vols avec violence, ni pour le moindre méfait. Le 27 décembre, sa tentative de vol du smartphone, qui a tout déclenché, semble avoir été sa première.

18 ans. S'il est jugé et reconnu coupable, ce jeune homme de 18 ans passera vraisemblablement une bonne partie de sa vie en prison. Pour ces quelques minutes pendant lesquelles sa cupidité, son désir irrépressible de détenir lui aussi un smartphone si à la mode parmi les jeunes Parisiens, a entraîné l'irréparable. Et a coûté la vie à quelqu'un de très jeune également: 27 ans.

Sans doute n'est-ce qu'un fait divers parmi tant et tant d'autres. Mais il est décidément des jours où, à Paris, l'actualité, par sa sauvagerie et sa bêtise inouïes, a quelque chose de profondément déprimant.

19/07/2010

Un rejet

kfc.jpgEn cette période de départ assez généralisé à la plage, au-delà d'actualités plus fondamentales, un des sujets de préoccupation du Français moyen doit sans doute être la silhouette et, pour tout dire, les kilos superflus. Reparlons donc aujourd'hui de la lutte contre l'obésité et plus précisément des fast-foods. Car, l'autre jour, est passé assez inaperçu le rejet par le Parlement d'une proposition de restriction qui aurait pu concerner ce type de restauration

Deux députés du Nouveau Centre (l'appendice centriste de l'UMP) voulaient «instaurer une mesure très concrète pour lutter contre l’obésité, véritable pandémie du 21ème siècle». Cela concernait les écoles. Dans le prolongement de l'interdiction des distributeurs de friandises et de boissons sucrées en milieu scolaire, en vigueur depuis 2005, il s'agissait cette fois interdire l’implantation de fast-foods dans un rayon de 200 mètres autour des lieux de scolarisation. Dans les Etats américains où pareille restriction existe, elle donnerait des résultats: «le nombre des enfants obèses (y) est inférieur de 5 %» par rapport aux Etats où les fast-foods sont autorisés à proximité des écoles.

Mais cette proposition a fait l'objet d'un tir de barrage de l'UMP, et a donc été rejetée.

Ces fast-foods «s’installeront à 201 mètres» des écoles, a soupiré une députée sarkozyste . Et «la liberté d’entreprendre»?, s'est épouvanté un de ses collègues. Pour qui, de toute manière, s'agissant d'obésité, au lieu de «désigner des boucs émissaires», on ferait mieux d'«arrêter de stigmatiser» les fast-foods, «la cause principale des problèmes alimentaires de notre pays ne résidant pas là». Car en France, «notre mode de consommation n’a rien à voir avec le mode de consommation américain. Nous ne grignotons pas. Nous n’allons dans les fast-foods qu’une fois par mois. Et, lorsque nous y allons, c’est pour consommer un repas complet». De même, a assuré un député – qui avait visiblement été briefé par les lobbyistes de McDo ou de Quick –, «les fast-foods distribuent une fois par semaine des sachets de fruits!». Enfin, si une telle restriction s'appliquait aux abords des écoles, on en arriverait à terme à «interdire les fast-foods à proximité des édifices publics, des églises, etc.  Les choses pourraient devenir bien compliquées!»

mcdonalds.jpgLe ministre de l'Agriculture a applaudi à toutes ces critiques. Et fait rire l'Assemblée en relevant que, si une telle interdiction était votée, les fast-foods seraient mis sur le même pied que... les sex-shops, eux déjà prohibés aux abords des écoles. Et de conclure: «Je n’imaginais pas que (nous allions être) amenés à faire des comparaisons entre McDonald’s et sex-shops! Tout d’un coup, j’en viens à voir différemment l’enseigne «M» du McDonald’s, mais peut-être ai-je l’esprit mal tourné...»

Ha ha ha.

10/02/2010

Un âge

soldatfrançais.jpgHier en quittant le boulot, on avait prévu de parler de tout à fait autre chose dans ce blog, ce matin. Et puis, quelques heures plus tard, en écoutant une dernière fois les actus à la radio avant de sombrer dans le sommeil, on a appris une nouvelle qui, ce matin encore, au réveil, occupait notre esprit. Comme on pouvait difficilement se concentrer sur autre chose, on s’est dit qu’on allait traiter de cela aujourd’hui ici, même si c’est assez loin de Paris. Cette nouvelle, elle concernait l’âge du soldat français qui, a-t-il été annoncé hier, a trouvé la mort en Afghanistan. Ce quarantième soldat français tué dans ce pays depuis que Paris y a déployé ses forces avait… 20 ans.

 

20 ans. Sans doute n’y a-t-il pas d’âge idéal pour mourir. Probablement ne faut-il pas réduire à ce genre de détail le débat sur l’engagement militaire français en Afghanistan, autrement plus complexe. Mais tout de même. 20 ans! Avec toutes ces années de journalisme, on est devenu plutôt blindé par rapport au côté tragique de certaines actualités. Mais là, en entendant ce détail hier avant de s’endormir, on était tout retourné.

 

Au point qu’au réveil ce matin, on voulait ne serait-ce que connaître le nom et le visage de ce jeune homme, dont on savait juste qu’il appartenait au bataillon de chasseurs alpins de Chambéry. Mais, s’est-on alors rendu compte, ni le communiqué de l’Elysée,  ni celui du ministre de la Défense diffusés hier ne le précisaient. Sont-ce donc des détails humains sur lesquels, vis-à-vis de l’opinion, il n’est pas bon, pour les autorités, de s’étendre?

 

Ce n’est pas davantage dans la presse écrite qu’on a trouvé l’information. Rien dans «Libé» ce matin à propos de ce décès. Quelques lignes anodines dans «Le Figaro». Quant au «Parisien», on n’a même pas voulu l’acheter au kiosque ce matin. Après avoir vu sa Une («Marre de cet hiver!») qui, par rapport à cette actualité dramatique, nous semblait tellement anodine, décalée, débile. Finalement, c’est sur sur un blog spécialisé qu’on a trouvé le visage du jeune homme ainsi que son nom. Il s’appelait Enguerrand Libaert. Il était «enthousiaste, agréable à commander, unanimement apprécié de ses camarades», précise le confrère. Et est donc décédé à l’âge de 20 ans.

 

Hier, Nicolas Sarkozy a rendu hommage à ce soldat, qui «a payé de sa vie l’engagement de la France au service de la paix et de la sécurité du peuple afghan». D’après le dernier sondage en date, conforme à tous les précédents consacrés à ce sujet ces dernières années, une nette majorité de Français (56%) réclame que leurs soldats quittent l’Afghanistan. Et 85% des sondés jugent que la situation dans ce pays est en train de se détériorer.

24/12/2009

Une campagne

tagfille.jpgPuisque c’est la période des cadeaux offerts aux enfants, qui ont été sages ou même pas sages espérons-nous avec une pensée affectueuse pour ces derniers, parlons un peu aujourd'hui de cette campagne de sensibilisation qu’ont menée dans les grands magasins de Paris, ces derniers jours, des activistes contre le sexisme. Pas plus tard que samedi dernier, ils s’étaient encore joyeusement donné rendez-vous place du Châtelet en début d’après-midi. Avant de partir, tracts à la main, faire la tournée des commerces parisiens évidemment pleins à craquer de gens en train d’y acheter, dans la cohue comme il se doit, leurs derniers cadeaux de Noël.

 

Ces militants ont tenté de convaincre les consommateurs de ne pas acheter de «jouets sexistes» en guise de cadeaux de Noël. Car, selon eux, les rayons de jouets des magasins illustrent bien «l'ampleur de la discrimination sexiste que subissent les enfants». Des exemples? «Aux petites filles, les dînettes, les poupons, les Barbies, les robes de princesses et les machines à laver miniatures... Comme maman! Aux petits garçons, les ateliers de bricolage, les personnages musclés et guerriers, les jeux de conquête... Comme papa ? Non, plus viril que papa!» Vu sous cet angle, les parents, quand ils offrent systématiquement certains jouets à leurs enfants, contribuent à reproduire des stéréotypes sexistes et à enfermer leur progéniture dans un monde inégalitaire. «Pourquoi les petits garçons s'imaginent-ils journalistes, pilotes de course, cosmonautes ou aviateurs, tandis que les petites filles disent simplement rêver... d'une maison?», s’interroge ainsi le Collectif contre le publisexisme. Pourquoi? Parce que, selon ses militants, dès le plus jeune âge, «le masculin et le féminin se construisent au travers des jouets et de leurs usages». Dans cette optique, offrir systématiquement un landeau à poupées, un mini fer à repasser ou une Barbie à une petite fille, offrir à tous les coups un Big Jim musclé, un pistolet à eau ou un Mecano à un petit garçon, c’est, quelque part, participer au conditionnement sociétal qui enferme ces futurs femmes et hommes dans des rôles stéréotypés.

 

taggarçon.jpgSamedi, une vingtaine de ces militants ont fait irruption, pacifiquement, dans les magasins. Aux slogans de «Princesse un jour, boniche toujours!» ou «Garçons violents, filles gnangnan!», ils ont sensibilisé les clients à cet impact de leurs actes de consommation. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant qu'ils soient évacués par les vigiles de ces supermarchés. Voire que les directions des grands magasins fassent appel à la police.

 

La police! Bigre. Ces militants troublant (un peu) le rituel consumériste des fêtes de fin d’année et/ou leurs arguments sont-ils donc si gênants?

26/09/2007

Un comble

137dac7ce19cfe411284c9b00a5690f8.jpgC’est vraiment un comble, cela. La même semaine où une étude montre que les Français mangent de moins en moins de fruits, de légumes et de poissons – parce qu’ils trouvent que ces produits sont devenus trop chers –, on apprend qu’ont fait leur apparition en France… les distributeurs automatiques de frites!

 

Des distributeurs de ce type ont récemment été installés dans le Nord-Pas de Calais (dans les villes de Valenciennes, Cambrai et Anzin particulièrement) ainsi que dans le Gard (au Grau-du-Roi). Fabriquées en Espagne et commercialisées en France par une société bretonne, ces machines proposent des barquettes de 150 grammes de frites cuites en 120 secondes dans de l’huile chauffée en continu. La barquette, évidemment, est livrée avec la dose ad hoc de mayonnaise.

 

Selon les statistiques officielles, plus de 20 millions de personnes en France sont actuellement en situation de surpoids, dont 6 millions peuvent être considérées comme obèses. La situation française est particulièrement préoccupante en ce qui concerne l’obésité infantile. En la matière, estiment les plus grands spécialistes, l'Hexagone pourrait avoir rejoint le niveau des Etats-Unis en 2020.

 

Ah oui, ce détail encore. Les statistiques en matière d’obésité montrent des disparités régionales: des zones comme le Nord et le Languedoc sont plus touchées par ce fléau que d’autres. Tiens, quel merveilleux hasard, il s’agit précisément des régions où ces distributeurs automatiques de frites ont vu le jour.

 

Que fait Roselyne Bachelot, ministre de la Santé paraît-il?

03/07/2007

Un modèle?

En boucle pendant toute la journée et sur tous les médias de France donc hier (journée de proclamation des résultats du bac), ces sempiternels sujets (tout de même journalistiquement un peu paresseux) sur des adolescents en pleine crise d’hystérie ou de désespoir au moment de découvrir leur note fatidique.

Au téléphone hier soir avec un copain un brin déprimé: pour la deuxième année consécutive, son gamin a une moyenne un fifrelin en dessous de 10/20, ce qui le contraint à l’oral de rattrapage.

Il y a une bonne trentaine d’années, un autre élève avait été décrit par son correcteur du bac comme «pas brillant, plutôt le profil du dilettante». 9/20 en philo, 8/20 en maths, à peine 11/20 en éco: ses notes n'étaient vraiment pas terribles. Il n’avait dû son salut qu’à l’oral de rattrapage, et ses médiocres résultats au bac lui avaient ensuite fermé la porte de l’ENA.

Du coup, il s’était rabattu sur la carrière d’avocat. Avec un certain succès. Ce bachelier très moyen s’appelait... Nicolas Sarkozy. Comme quoi...