23/05/2013
Un rappel à l'ordre
Impossible de ne pas le remarquer, en regardant la télé. Depuis une semaine, les chaînes françaises prennent bien soin de flouter les visages des enfants montrés dans les programmes d'information. Ce n'est pas un mince changement, et c'est le résultat d'un coup de gueule ministériel.
Celui qu'a poussé le ministre de l'Education, Vincent Peillon. Jeudi dernier, quand il s'est rendu compte que nombre de chaînes n'avaient pas garanti l'anonymat des enfants qu'elles interviewaient, à la sortie de cette école parisienne où un homme s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête, après avoir fait irruption dans l'établissement. Furieux de ce manque de «décence» et de «pudeur», le ministre a aussitôt saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Qui a «solennellement» adressé une mise en garde aux médias. «Le recueil du témoignage des enfants placés dans une situation aussi difficile est subordonné à une double condition cumulative: la garantie de leur anonymat, en particulier par le floutage, et l’autorisation explicite des titulaires de l’autorité parentale».
Si, depuis cette réprimande, les télés françaises font beaucoup plus attention, ce n'est pas spécialement qu'elles feraient preuve de servilité envers le «gendarme de l'audiovisuel» et/ou envers le ministre. C'est parce qu'elles n'ont pas le choix: c'est la loi. Le droit de chacun au respect de sa vie privée, en effet, est garanti par le code civil (en son article 9). Et les télés qui, jeudi dernier, ont montré les visages des enfants interviewés auraient pu, théoriquement, être poursuivies en justice. Puis condamnées: à des peines d'un an de prison et de 45000 euros d'amende.
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03/04/2013
Un sourire, consternant
Ce sourire de Jérôme Cahuzac aux caméras, hier après-midi. Alors que l'ex-ministre du Budget venait d'être mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, sortait du bureau de son avocat, et allait faire ses spectaculaires aveux au pays entier: oui, il détient bien un compte bancaire non-déclaré à l'étranger.
Sourire télégénique absolument sidérant, venant d'un homme se disant lui-même «dévasté par le remords». Sans doute y a-t-il deux façons de décrypter ce sourire complètement incongru.
La première n'est pas encore trop accablante pour l'intéressé. Ce n'était qu'un rictus mécanique. Une espèce de réflexe de Pavlov, en somme, comme l'ont toutes ces personnalités qui sont habituées à vivre dans un monde où l'image domine, et donc sont conditionnées par l'habitude de sans cesse veiller au paraître. Dans ce cas de figure, Jérôme Cahuzac ne pensait pas à mal, en souriant hier devant les caméras. Il n'a pas réfléchi plus loin que le bout de son nez ce faisant, et doit maintenant s'en mordre les doigts.
La deuxième lecture est autrement plus affligeante, pour l'ex-ministre. Et c'est évidemment celle qui a primé hier pendant toute la soirée, dans les médias français. C'était le sourire de l'insolence, un sourire plein de morgue. Le «sourire d'une arrogance de fanfaron», comme on l'a entendu sur une télé. Le sourire d'un homme qui, en fait et malgré ses mots, n'était «pas vraiment accablé». Un sourire qui, donc, «donne une image dévastatrice» de l'individu voire, dans l'esprit d'une certaine opinion toujours prompte aux raccourcis, de la classe politique en général.
On vous laisse juges.
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02/04/2013
Une (luxueuse) page qui se tourne
Une page de l'histoire du grand luxe parisien se tourne. Sur la place de la Concorde, en effet, l'«Hôtel de Crillon» a fermé ses portes, ce week-end. Ces deux prochaines années, il subira de lourds travaux de rénovation visant notamment à installer une piscine et un spa en sous-sol. Cela permettra au vénérable établissement 5 étoiles, lorsqu'il rouvrira (au printemps 2015), de prétendre au label officiel de «palace». Samedi soir, le restaurant étoilé de l'hôtel, «Les Ambassadeurs», avait choisi d'immortaliser l'événement avec un menu gastronomique. Caviar, coquilles Saint-Jacques contisées à la truffe noire et autre dacquoise à la mousse chocolat, pour la modique somme de 280€ (hors boissons, cela va de soi).
Ces derniers jours, le propriétaires de l'hôtel (un prince saoudien) et ses communicants ont beaucoup mis en scène les adieux émouvants, si télégéniques, des fidèles clients. Ainsi que tous les à-côtés de cette fermeture, telle cette vente aux enchères de 2.000 des 7.000 bouteilles de la cave à vin de l'établissement. Ils ont peu rappelé, en revanche, un épisode moins glamour de cette saga de fermeture.
Quand, en janvier dernier, la justice française avait ordonné au «Crillon» de revoir le plan social rendu nécessaire par sa fermeture temporaire. Présenté en novembre 2012, ce plan était considéré comme nettement insuffisant par les syndicats. Un nouveau dispositif a donc vu le jour, en février. Il laisse le choix aux 360 membres du personnel de l'hôtel. Soit ils profitent de l'occasion pour rendre leur tablier et vont voir ailleurs, moyennant un chèque de deux mois de salaire par année d'ancienneté. Soit ils voient leur salaire maintenu pendant les travaux, en échange de quoi, pendant deux ans, ils suivent des formations et/ou sont détachés dans d'autres établissements.
Au pire moment de tension entre la direction et les syndicats sur ce dossier, une bruyante manifestation d'employés mécontents avait eu lieu devant l'établissement. Ce qui, avant même la fermeture de cette fin de week-end, était déjà assez historique.
11:39 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luxe, tourisme, art de vivre, social, justice
22/03/2013
Une ligne de défense pas forcément très habile
On se l'est dit dès hier soir, vers 23 heures. En prenant connaissance de la tonalité de certaines parmi les premières réactions de personnalités de droite, à l'annonce de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, pour abus de faiblesse. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous a échappé, des indices graves et concordants pèsent donc sur l'ex-Président – qui demeure, bien sûr, présumé innocent. En 2007, il aurait pu avoir abusé de la faiblesse de la milliardaire Liliane Bettencourt: en lui soutirant des fonds ayant pu frauduleusement financer sa campagne présidentielle de cette année-là.
C'est l'ultra-sarkozyste député-maire de Nice Christian Estrosi, qui, le premier hier soir, a cru bon d'utiliser cet angle de contre-attaque: il a accusé la justice de «méthodes au relent politique évident». Ce matin, plusieurs cadors de l'UMP ont poursuivi dans cette veine, sous-entendant l'existence d'une espèce de complot politique de magistrats, visant l'ex-chef d'Etat.
Ils ont évidemment parfaitement le droit de penser cela. Mais ils auraient peut-être pu/dû y réfléchir à deux fois, avant de lancer une telle charge dans tous les médias. Car cette ligne de défense est exactement la même – y compris jusqu'au recours à certains termes précis – que celle utilisée (cette semaine encore) par une autre personnalité politique ayant des soucis avec la justice, dans un autre pays. La situation de ces deux hommes, bien évidemment, n'est absolument pas comparable. Mais cette similitude de ligne de défense pourrait conduire une partie des Français à faire l'analogie entre eux deux, dans une sorte de rapide raccourci. Auquel cas, ce serait vraiment tout sauf à l'avantage de Nicolas Sarkozy.
Cette autre personnalité à laquelle on a immédiatement pensé hier soir, entendant ses arguments recyclés dans la bouche de Christian Estrosi, c'est un certain... Silvio Berlusconi. Et son éternel refrain sur les juges pourris: agissant davantage à des fins politiques que judiciaires.
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27/02/2013
Un drôle de bestiaire
On risque de croiser pas mal d'huissiers dans les librairies en France, ce mercredi. Puisque, comme en a décidé hier soir le tribunal de grande instance de Paris, le livre «Belle et Bête» ne peut y être vendu sans un encart informant le lecteur qu'il attente à la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.
Les éditions Stock ont lancé l'impression dudit encart dès le prononcé du jugement. Cela risque tout de même d'être un tour de force d'éviter que le moindre exemplaire soit vendu sans l'inséré – sous peine de 50€ d'amende par infraction constatée. Au passage, une astreinte d'un même montant avait été imposée en 2003 aux éditions Arthème Fayard. Quand la cour d’appel de Paris leur avait ordonné l’insertion d’un encart dans tous les exemplaires de «Marie, ma fille»: le livre de Nadine Trintignant, sur la mort de sa fille Marie. Cet encart rappelait le droit à la présomption d'innocence de Bertrand Cantat – qui, à l'époque, n'avait pas encore été jugé ni condamné, mais que le livre traitait à 85 reprises de meurtrier.
Plus spectaculaire avait été le jugement qui, en 2004, avait frappé l'éditeur Michel Lafon/Jean-Claude Gawsevitch. Pour le livre «Mes nuits noires dans la ville rose». Ecrit par une prostituée toulousaine, Florence Khelifi dite «Fanny», il revenait sur la rocambolesque «affaire Baudis». Du nom de l'ex-homme politique et maire de Toulouse Dominique Baudis, qui avait été faussement accusé d'avoir pris part à des ballets roses ayant donné lieu à des actes de torture et de barbarie sur des enfants.
Dans son bouquin, «Fanny» mettait en scène un personnage de magistrat. Qu'elle surnommait «Le Cobra», et accusait d'avoir commis des meurtres et d'être acoquiné avec le grand banditisme. La justice, saisie par un haut magistrat toulousain s'étant senti visé, avait carrément ordonné à l'éditeur le retrait de dix passages entiers du livre.
Le cobra, donc. Qui a indisposé davantage la justice que le «mi-homme-mi cochon» Strauss-Kahn – et «caniche», en prime: imaginez à quoi une telle créature peut ressembler... –, ainsi que le dépeint «Belle et Bête». Tout cela, en tout cas, nous fait un drôle de bestiaire.
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26/02/2013
Un jour oui, l'autre jour non
Grosse surprise et donc grosse bousculade au Palais de Justice de Paris, ce matin. Où Dominique Strauss-Kahn est apparu en personne, pour assister à l'audience qui se déroule en ce moment, au tribunal de grande instance. L'on s'attendait plutôt à ce qu'il laisse ses avocats plaider contre l'éditeur Stock et l'essayiste Marcela Iacub. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, ils vont tenter ce matin d'obtenir au minimum la publication d'un encart dans le livre «Belle et Bête» à paraître demain – qui narre la liaison entre l'auteure et DSK, en 2012 –, voire, au maximum, la saisie de cet ouvrage avant sa parution. Les avocats de DSK vont donc argumenter sur le thème de la liberté éditoriale devant impérativement être limitée par le respect de la vie privée.
Pourquoi pas. Notons tout de même, pour l'anecdote, que l'un de ces ténors du barreau qui défendent aujourd'hui DSK plaida jadis la thèse... exactement inverse. Il y a quelques années, et dans un autre contentieux relatif lui aussi à un livre à paraître.
C'était en 2008. Le livre, publié aux éditions du Cherche-Midi, s'appelait «L'avocat à abattre». Il était signé Karim Achoui: le sulfureux «avocat du milieu», comme on l'a surnommé, en raison de ses fréquentations avec des ténors du grand banditisme. Dans cet ouvrage, l'auteur mettait nommément en cause un commissaire de police, qu'il accusait d'avoir été indirectement mêlé à une tentative de meurtre contre lui, un an plus tôt. Ledit policier réclamait la saisie de l'ouvrage avant sa sortie en librairie. Les avocats de l'auteur, qui obtinrent gain de cause, avaient hurlé contre la «mesure liberticide» que constituerait la «censure» de cet ouvrage. Et un des avocats de DSK qui aujourd'hui bataillent contre Marcela Iacub et son éditeur avait alors défendu, et vigoureusement, le droit inaliénable de tout écrivain, et donc de l'auteur, à livrer «un témoignage personnel» via un livre. Droit passant y compris par celui d'y «émettre des jugements, mêmes excessifs». Cinq ans plus tard, ce mardi, c'est probablement ce genre d'arguments qui va lui être retourné, par les défenseurs de Marcela Iacub.
Sur le même sujet, ou à peu près, un jour pour, et l'autre jour contre. Avec la même éloquence, voire la même emphase. C'est parfaitement le droit des avocats. C'est même la base de leur métier. Et c'est sans doute ce qui en fait le charme.
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13/02/2013
Une «culture de mort»
«Je n'ai aucun doute, cette loi restera comme une des grandes lois de la République, parce qu'elle s’inscrit dans une longue lignée de réformes républicaines pour l’égalité et contre les discriminations». Hier, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a ainsi commenté le vote du «mariage gay» (en première lecture) par l'Assemblée. Pour mesurer le fossé qui sépare les partisans de ce texte de ses opposants, il suffit de se reporter à ce qui fut, le même jour quasiment à la même heure, le commentaire du «Collectif Famille Mariage» (ici). A savoir, «les défenseurs de la civilisation de la Vie doivent s’unir contre les tenants de la culture de mort».
Bigre, l'heure est donc si grave; ce texte a carrément un caractère mortifère – cela nous avait échappé.
Hier, ces opposants ont disputé une partie de bras de fer avec les autorités. Ils avaient prévu d'organiser un «vote symbolique» devant l'Assemblée, pour illustrer le référendum national qu'ils réclament, sur la question. Mais un arrêté préfectoral leur a interdit de se réunir. Raison invoquée par la préfecture: la présence d'un rassemblement de partisans de la réforme dans le même quartier faisait courir un risque de troubles à l'ordre public. Les anti-«mariage gay» ont alors recouru en référé contre cet arrêté, devant le tribunal administratif. Mais leur requête y a été rejetée. Aussi, c'est sur l'esplanade des Invalides qu'ils ont fini par se réunir, en soirée.
Pour fustiger notamment le «pseudo débat», ou «simulacre de débat», auquel, selon eux, cette réforme a donné lieu. Un argument que, pour le coup, on trouve vraiment très spécieux. Au vu, outre des dix jours non stop de discussions que l'Assemblée vient de lui consacrer, des centaines voire des milliers de reportages, d'analyses, de commentaires ou de témoignages que ce sujet de société a inspirés, dans tous les médias de France, ces derniers mois.
12:29 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, police, justice, activisme
23/11/2012
Une (autre) comparaison?

Nicolas Sarkozy qui donc, hier, pendant plus de douze heures d’affilée, a été entendu par les juges d’instruction chargés de l’«affaire Bettencourt». A l’issue de cette audience-marathon, il s’est vu notifier le statut de témoin assisté – il est parvenu à éviter une mise en examen.
Cela signifie que, de l’avis des magistrats, seuls des soupçons pèsent sur l’ex-Président. Et non des indices graves et concordants. Des soupçons d’avoir soutiré des centaines de milliers d’euros à Liliane Bettencourt, en 2007. Pour, possiblement, financer sa campagne électorale présidentielle.
Liliane Bettencourt : héritière de l’empire mondial de cosmétiques L’Oréal, femme la plus riche de France,.multi-milliardaire. A ce stade, Gilles Bouleau, dont on parlait hier, notre tintinophile et éminent confrère du 20 Heures de TF1, n’a pas encore comparé l’«affaire Bettencourt» à l’album «Les bijoux de la Castafiore».
14:10 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, justice, sarkozy, bande dessinée
15/11/2012
Une condamnation, confirmée
A propos des choix journalistiques du moment, dont on parlait hier, on n'a pas été emballé par l'avidité dont, dernièrement, les médias ont fait preuve, concernant l'ex-Garde des sceaux Rachida Dati: la procédure en reconnaissance de paternité qu'elle a engagée, relative à sa fille. On ne s'autoriserait pas à faire la leçon à la corporation, mais on se permet de signaler que, tant comme journaliste que comme citoyen, on n'est pas du tout intéressé de savoir qui est le géniteur de cette enfant. On trouve même que cela ne nous regarde pas. La tyrannie du «buzz» en a décidé autrement, donc la presse en a fait ses choux gras. Au passage, on a remarqué (ici, notamment) qu'on n'était pas le seul journaliste à en être un peu gêné.
Sinon, Rachida Dati a eu une autre actualité qui, elle, a été assez peu répercutée par les médias. Moins racoleuse, même très parisienne, elle n'est pas anodine, pour autant. Puisque l'ex-ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy vient... de se faire une deuxième fois condamner par la justice.
Cela concerne une affaire dont on a déjà parlé (relire ici): le "Mur de la Paix" de Clara et Marek Halter, sur le Champ de Mars: dans ce septième arrondissement dont Rachida Dati est la maire. Lors des nombreuses critiques publiques qu'elle fit de cet édifice, l'ex-ministre attribua à ses auteurs des «méthodes et déclarations mensongères», et leur reprocha de «galvauder l'idée de Paix, en l'associant à une structure qui bafoue les lois de la République». L'an dernier à la même époque, cela lui valut une condamnation, pour diffamation. Un jugement que l'intéressée avait alors dénoncé comme «invraisemblable, fondé ni en fait ni en droit». Cette condamnation n'en vient pas moins d'être confirmée: la semaine dernière, par la Cour d'appel de Paris. Qui a donc, elle aussi, mis à l'amende Rachida Dati.
12:08 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, dati, médias, journalisme, femmes, justice, paris, arts
09/11/2012
Un jugement
Quatre mois de prison ferme, et l'incarcération immédiate. C'est la peine qu'a infligée le tribunal correctionnel de Paris à trois supporteurs de foot croates qu'il a jugés en comparution immédiate, pour avoir été mêlés au grabuge causé dans le quartier Bastille – dont on parlait en début de semaine. Les condamnés ont aussi écopé de cinq ans d'interdiction de séjour à Paris et en région parisienne. Ils étaient jugés pour participation à un groupement armé, formé en vue de commettre des violences et des dégradations.
Tout au long de leur comparution, les trois Croates ont nié appartenir à un groupe de supporteurs: ont prétendu être venus à Paris pour faire du tourisme. Cela n'a pas marché. Le tribunal a jugé qu'ils se trouvaient dans la capitale «pour en découdre, et uniquement pour cela». A joué en leur défaveur le fait d'avoir été arrêtés, sur les lieux de l'affrontement, en possession d'armes «par destination»: une béquille (sans raison médicale valable) ou une matraque télescopique, par exemple. Du côté des supporteurs du PSG, six ont été jugés. Trois ont été condamnés à de simples amendes (de 800 à 1.000€), les trois autres ont été relaxés.
On imagine d'emblée – parce que la France est un Etat de droit – que la disproportion entre ces sanctions, selon qu'elles frappent des hooligans croates ou français, est basée sur des éléments objectifs du dossier: ne doit rien, bien sûr, à la nationalité des intéressés.
Et on ne peut s'empêcher de trouver assez saisissant l'écart entre le nombre de condamnés (six, donc) et la masse de personnes ayant été interpellées par les policiers, dans ce dossier: une bonne centaine. La plupart de ces trublions présumés, après avoir été placés en garde à vue, en ont été quittes pour un simple et très symbolique rappel à la loi.
Au passage, cela illustre bien un grand classique policier. Quand cela commence vraiment à chauffer, on ne fait pas dans le détail: on embarque à peu près tout le monde, sans trop regarder – quitte à ce que la justice ensuite fasse le tri: sépare le bon grain de l'ivraie, comme on dit.
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11/09/2012
Une ambiance pas si feutrée
Restons dans l'univers feutré du grand luxe, que l'on évoquait hier. Un univers feutré mais où, à l'occasion, l'on peut néanmoins fameusement batailler. Et sur des questions très bassement financières, qui plus est.
On en a une illustration aujourd'hui, à Paris. Cela concerne un des fleurons du grand luxe parisien. Le «Ritz», en l'occurrence: le célébrissime palace de la place Vendôme. Cet après-midi, la direction de l'établissement comparaît devant le tribunal de grande instance, à la demande du syndicat CGT.
L'hôtel a fermé, cet été. Pour de gros travaux de rénovation, qui vont durer deux ans. La direction du palace avait songé licencier ses 470 employés pendant la durée du chantier, tout en garantissant leur réembauche à la fin des travaux. Elle a finalement conclu un plan social, en vertu duquel les salariés ont eu à choisir entre un congé sans solde, un départ volontaire, ou un licenciement. Devant le tribunal, cet après-midi, la CGT va plaider la nullité de ce plan. Selon ce syndicat, le «Ritz» aurait dû proposer aux salariés une mesure de chômage pendant une période totale de 224 jours, sans rupture du contrat de travail, puis les indemniser. Le dispositif actuel reviendrait à «faire payer (par et) à la collectivité» les conséquences sociales de travaux menés par un groupe privé. Un groupe qui, pourtant, ne manque pas de moyens: le palace parisien est détenu par le milliardaire égyptien Mohammed Al Fayed.
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20/07/2012
Une occasion manquée
Comme un malaise, cette semaine, aux Affaires étrangères françaises. Il fait suite à la condamnation à mort, en Afghanistan, du soldat afghan qui, en janvier, tua cinq militaires français alors qu'ils étaient en train de faire un footing. La peine capitale, donc. Or, comme chacun sait, la France y est, par principe, farouchement opposée.
Que pense le quai d'Orsay de cette condamnation à mort? Interrogé lors d'un de ses briefings de presse quotidiens, cette semaine, le porte-parole des Affaires étrangères a biaisé. En résumé – le verbatim est ici – : «Nous prenons note du verdict. S'agissant de la position de la France sur la peine de mort, vous connaissez notre position, en tous lieux et en toutes circonstances».
Dans cette affaire, donc, Paris n'a qu'implicitement condamné le recours à la peine de mort. C'est très exceptionnel. Habituellement, en effet, lorsque des condamnations de ce type surgissent dans l’actualité et que le quai d'Orsay est invité à les commenter, il s'astreint systématiquement à un double rappel, explicite. Un: l'«engagement constant» de la France en faveur de «l'abolition de la peine de mort, quels que soient les lieux et les circonstances». Deux: l'appel de Paris «à un moratoire universel, comme première étape vers l'abolition définitive de la peine de mort».
Une communication différente a donc été choisie, dans ce cas précis. Parce que les victimes du condamné à mort sont Françaises. Et parce que, comme l’a dit le porte-parole du quai d’Orsay, «nous pensons aujourd'hui non seulement à nos soldats, mais également à leurs familles, toujours dans le deuil».
La compassion est parfaitement louable: en général, et dans ce cas particulier plus que jamais. On trouve très dommage, toutefois, que l’occasion n’ait pas été saisie, en haut lieu, de montrer qu’il est possible d’être sensible au sort des victimes et, dans le même temps, indigné par la mise à mort de leur assassin. Depuis quand la compassion exonère-t-elle du courage? En vertu de quoi contraindrait-elle d’office à l’incohérence?
D’autant que la langue française est riche, et que l’on sait infinies les subtilités caractérisant par nature le langage diplomatique. Sans trop d'efforts, dès lors, la France aurait parfaitement pu, dans son commentaire officiel de cette actualité, faire preuve d’une cohérence politique qui ne soit pas humainement insultante.
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04/07/2012
Une «contrefaçon»
«What's in a name?», interrogeait Shakespeare. «Pas mal d'embrouilles», doit lui répondre, en ce moment, le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Qui, en effet, pourrait bien devoir rebaptiser «Autolib»: le service public de location de voitures électriques en libre service. D'où, des dizaines de milliers de logos à changer: sur lesdits véhicules, les stations de location, les aires de stationnement, les badges de tous les abonnés, etc. Plus, sans doute, d'innombrables dépliants publicitaires à mettre au pilon. Et toute une communication à refaire.
C'est le loueur de voitures Europcar qui a traîné la mairie en justice. Il estime que l'appellation de ce service relève de la contrefaçon par rapport à «Autoliberté», sa propre marque.
Vendredi dernier, la mairie – qui avait obtenu gain de cause en première instance – a été condamnée par la Cour d'appel de Paris. Elle lui a infligé une amende de 50.000€, et l'a contrainte à arrêter dans le mois d'utiliser une telle marque. Mais, à l'Hôtel de ville, on n'en démord pas: pas question de changer d'appellation, le contentieux est porté en Cassation. Convaincue qu'il n'y a aucune confusion possible entre les deux marques, la mairie se dit déterminée (ici) à ce que «le service public d'Autolib'ne subisse pas d'entraves majeures». Toujours est-il que le groupe privé Bolloré, concessionnaire du service, n'apprécie pas le pataquès. Il a sèchement rappelé que «c'est la Ville de Paris qui a choisi cette marque, et en est donc responsable contractuellement». Elle sera responsable aussi «des conséquences financières pouvant résulter du changement de celle-ci».
«What's in a name?» Pas mal de soucis donc, à Paris ces jours-ci. Que la mairie aurait pu éviter, cela dit. Si, à l'époque, ses grands communicants avaient mieux fait leur travail: s'ils avaient fait preuve d'un peu plus de prudence et/ou de clairvoyance. La marque «Autoliberté» ayant été déposée il y a plus de dix ans déjà, ils auraient pu s'apercevoir de son existence et entrevoir les problèmes qu'était susceptible de poser l'utilisation par eux d'une marque aussi voisine.
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27/06/2012
Un effet d'entraînement?
Le début des soldes d'été, ce mercredi en France. A Paris, cela a été la ruée dans les grands magasins dès... 8 heures du matin.
On l'écrivait hier: décision de justice oblige, il n'y aura pas de nocturnes exceptionnelles cet été, ni au BHV, ni aux Galeries Lafayette-Haussmann. Et pas non plus au Printemps? L'info circule (ici, notamment), depuis 24 heures. Le groupe Galeries Lafayette aurait décidé d'étendre à cette enseigne aussi le jugement rendu par le tribunal. Jugement qui aurait donc un effet d'entraînement. Le groupe aurait également convenu de ne pas faire appel. Cependant, les horaires d'ouverture du Printemps-Haussmann pour cette semaine (là) annoncent toujours des nocturnes ces jours-ci: jusqu'à 21, voire 22 heures.
En tout cas, ce qui est frappant depuis le début de la semaine, c'est la grande discrétion médiatique, sur ce sujet, du géant du commerce français qu'est le groupe Galeries Lafayette.
Qui sait ses communicants ont-ils estimé que faire du bruit dans le médias sur des questions aussi prosaïques que les horaires de travail ou les grilles salariales risquait de faire de l'ombre (un peu) à leur campagne de com' – elle très massive, comme à chaque fois – sur l'ouverture des soldes. Qui sait ont-ils jugé qu'en termes d'image, il valait finalement mieux, pour une société se revendiquant (ici) «éthique, responsable et équitable», de ne pas trop s'étendre sur cette actualité juridico-syndicale.
14:08 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, paris, justice, communication, art de vivre
26/06/2012
Un «coup de pouce», et un «coup d'arrêt»
Cela déménage décidément, en ce moment, dans les grands magasins parisiens. Après l'agitation sociale de ces derniers jours relative aux bas salaires – dont on parlait hier –, la justice vient de prendre une décision qui va faire grimacer les Parisien(ne)s atteints de fièvre acheteuse.
Cela concerne les soldes, dont c'est l'ouverture cette semaine. Ces derniers temps, les grands magasins parisiens avaient tendance à repousser chaque fois un peu plus tard leurs heures de fermeture, pendant cette période. Ce qui permettait aux "shopping addicts" de, par exemple, faire les soldes jusque tard dans la soirée – jusqu'à minuit, parfois. Dans deux des grands magasins les plus fameux de la capitale, ce ne sera pas possible cet été.
Hier, en effet, le tribunal de grande instance de Paris a interdit au BHV-Rivoli et aux Galeries Lafayette-Haussmann d'étendre leurs horaires d'ouverture en soirée. Sous peine d'astreintes astronomiques: pouvant aller jusqu'à 100.000 voire 300000€. Les juges ont fait droit à la requête des syndicats du commerce parisien. Pour qui ces horaires d'ouverture à rallonge constituent «une dérive qui accroît la flexibilité du travail, pose des problèmes insolubles aux salariés, et nuit à leur santé». A leurs yeux, ce «coup d'arrêt pour les nocturnes dans les grands magasins» est particulièrement bienvenu, dans le cadre de l'«offensive des enseignes du commerce pour tenter d'imposer le travail de nuit».
Selon une employée d''un de ces deux grands magasins, qu'on entendait sur une radio ce matin, ces enseignes se livraient à «une concurrence sur le dos des salariés», concernant leurs horaires de fermeture. Ces nocturnes ne fonctionnaient qu'avec du personnel volontaire? «Oui, mais c'était vraiment du volontariat forcé. Quand vous êtes au Smic et que travailler la nuit vous rapporte 200 à 300€ de plus à la fin du mois, vous n'hésitez pas: vous n'avez pas le choix».
Le salaire minimum, on y revient. On l'annonçait hier, le gouvernement l'a officialisé ce matin: il sera revalorisé le 1er juillet: de 2%. Cela porte le «coup de pouce» – comme on dit en langage technocrate à Paris – à 0,6%. Puisque, de ces 2%, il faut déduire 1,4%, correspondant à l'inflation.
Pas sûr, du coup, que les 2,5 millions de travailleurs concernés auront les moyens d'aller faire flamber la carte bleue dans ces deux grands magasins, cet été – soldes ou pas, nocturnes ou non.
12:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, justice, paris, art de vivre, luxe
21/02/2012
Une certaine jubilation
Dominique Strauss-Kahn à la caserne de la gendarmerie de Lille, depuis ce matin. Il y a été placé en garde à vue pour complicité de proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux. Comme il le réclamait depuis octobre, l'ex-grand patron du FMI va donc pouvoir s'expliquer sur ses parties fines (comme on dit...) en compagnie de prostituées.
Dans l'entourage du chef de l'Etat, certains ne semblent pas mécontents du retour de cette affaire bien crapoteuse à la Une de l'actualité, à soixante jours du premier tour de l'élection présidentielle.
Ainsi, l'autre soir à Annecy, en marge du premier meeting de campagne de Nicolas Sarkozy, plusieurs de ses acolytes jubilaient ouvertement – devant la presse, y compris. DSK était même le sujet de plaisanterie du moment. Ces sarkozystes, en effet, faisaient mine de s'interroger sur la présence du mari d'Anne Sinclair ce soir-là, dans la cité savoyarde. Qu'aurait-il donc fait là? Parmi les nombreux hôtels d'Annecy, il y en a un qui, selon ces sarcasmes, a certainement les faveurs de l'ex-n°1 du FMI. Cet établissement est situé sur la place en face de la gare SNCF. Qu'a-t-il donc de spécial? Il s'appelle... le «Carlton». Soit le même nom que le palace lillois dans et autour duquel ont été organisées les agapes qui valent aujourd'hui à DSK d'être gardé à vue. Du coup, bien sûr, clins d'yeux et éclats de rires bien gras, parmi les sarkozystes d'Annecy ce soir-là.
Entendant cette hilarité, on a pensé demander à ces rieurs si, par le plus grand des hasards, la ville savoyarde ne comptait pas aussi une brasserie baptisée «Le Fouquet's». Au dernier moment, on s'est ravisé. Cela aurait cassé l'ambiance.
11:59 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, strauss-kahn, justice, sarkozy, elections présidentielles
10/01/2012
Une année d'énormes travaux (encore)
Il va falloir supporter encore plus le bruit des bétonneuses et des marteaux-piqueurs, à Paris cette année – comme s'il n'y avait pas déjà assez de vacarme dans cette ville...
C'est ce qu'on s'est dit hier soir, en passant place de la République. Où, soit dit en passant, cela va aussi bouchonner, klaxonner, s'énerver et polluer encore un peu plus qu'avant, cette année.
Hier lundi, en effet, ont débuté les travaux de réaménagement de la grande place de l'Est parisien. L'idée est de la transformer en vaste et belle «esplanade piétonne arborée». «De nouveaux arbres, un bassin, un miroir d'eau», et une circulation automobile complètement chamboulée, qui ne fera plus le tour de la place, comme depuis toujours, mais sera reléguée sur un de ses flancs. Pourquoi pas. On verra. C'est au printemps 2013 qu'on jugera cela.
Le vacarme des travaux toujours, et pour encore un sacré bout de temps, au centre-ville cette fois: aux Halles.
L'immense chantier de rénovation et de réaménagement du complexe commercial et de ses alentours n'en est qu'à ses débuts: il ne sera pas achevé avant 2016. La mairie nous promet monts et merveilles. «Un nouveau jardin convivial ; un quartier piéton étendu et des voiries souterraines restructurées; un nouvel édifice inspiré de la nature, La Canopée, qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous; des cheminements simplifiés et plus confortables; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle; un Forum plus lumineux et moderne; des accès au Forum réorganisés… Avec un cœur de la métropole à l’image d’une capitale accueillante, vivante et dynamique, voilà le Paris de demain qui prend forme».
Mais, dans le quartier, il y a aussi des gens (là) pour qui ce projet pharaonique (802 millions de budget) est «absurde», «hideux», «exorbitant» et «interminable»: un vrai «scand'halles», en somme. Du coup, la bagarre se fait aussi devant les tribunaux. Et, s'il fallait donner le score de cet interminable match urbanistico-juridique, on dirait que c'est égalité 1 partout.
Côté pile, le tribunal administratif a rejeté le recours qu'avait introduit le comité de quartier contre le protocole financier, juteux, passé entre la ville de Paris et le consortium privé pilotant le projet: une filiale des groupes Axa et Unibail-Rodamco.
Mais, côté face, la mairie vient de voir annulé en justice l'avenant qu'elle avait conclu avec l'architecte de la Canopée: ce toit de verre géant – péniblement verdâtre, trouve-t-on, mais les goûts et les couleurs... – qui, à 14 mètres de haut, surplombera les futures Halles.
Les juges ont estimé que cet avenant augmentait de façon exagérément importante le montant du contrat initial. Le jugement «n'a nullement pour effet de remettre en cause l'opération des Halles, ni de suspendre ou retarder le chantier de la rénovation, qui se poursuit dans le calendrier prévu», a précisé illico (ici) la mairie.
A Paris, c'est sûr, on n'a pas fini d'en parler, de ce chantier.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, environnement, justice, transports
03/01/2012
Une «tête à claques»
Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, dans l'«étude» (ici) que l'institut Harris Interactive consacre, pour «VSD», aux «personnalités qui agacent les Français», Ségolène Royal arrive en tête. Les larmes qu'a versées l'intéressée en octobre, à l'annonce de l'issue si humiliante pour elle des primaires socialistes, n'y ont donc rien changé.
L'an dernier à cette époque (relire ici), on avait déjà dit toutes les réserves que nous inspirait une telle «étude». Faut-il vraiment un sondage pour déduire que les personnalités qui agacent le plus sont celles qui font le plus parler d'elles? En s'exposant moins, on risque moins de déplaire. C'est évident depuis au moins qu'un vieil adage populaire français assure que, pour être heureux, mieux vaut vivre caché.
Il y a un an quasiment jour pour jour, Ségolène Royal avait fait savoir (là) combien cette initiative sondagière lui déplaisait. Rebelote un an plus tard.
Ainsi, l'autre jour, «Désirs d'avenir» a dénoncé «le caractère moralement très violent du dernier numéro de ''VSD'' en cette période de fêtes familiales, la traitant de ''tête à claques'' de l'année et autres agressions verbales». L'intéressée, du coup, assure qu'elle «se réserve le droit» de saisir la justice. Elle pourrait porter plainte, à la fois «pour harcèlement moral, le même article ayant été publié par ''VSD'' à la même date l'an dernier», pour «atteinte à sa dignité de mère de famille, de tels propos étant particulièrement odieux pour des enfants, même adultes», ainsi que pour «injure publique à l’égard de ses fonctions d’élue, qu’elle exerce avec dignité et honnêteté, ces propos étant de nature à porter atteinte à sa réputation locale et internationale».
«L'appât du gain ne saurait tout justifier, de la part de journaux à sensation en mal de sujets élevant le débat public», sermonnent les ségolénistes. Sans doute. Mais donner des suites judiciaires à cet incident est-il vraiment la meilleure façon d'y réagir? On serait Ségolène Royal qu'à tout prendre, on préférerait encore traiter cela par le silence. Et le mépris.
11:56 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, personnalités, justice, royal
15/12/2011
Une première, «triste»?
Deux ans de prison avec sursis. Le jugement est tombé ce matin, au tribunal correctionnel de Paris. L'ex-Président Chirac (1995-2007) a été reconnu coupable de détournements de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêts, pour des emplois fictifs à la mairie de Paris, dans les années 90.
«Une triste première en France», entendit-on illico sur une radio. «Un jugement très sévère», renchérit une autre. «Une condamnation extrêmement forte», commenta une télé d'info continue. Et ces médias de mettre en avant les 79 ans de l'intéressé, son état de santé affaibli, et les services qu'il rendit à la République pendant ses 43 années de carrière politique.
C'est la première fois en France qu'un ex-chef d'Etat est ainsi jugé et condamné – exception faite des deux cas, historiquement si particuliers, du roi Louis XVI et du maréchal Pétain. «Cette condamnation abîme l'image du pays, de la République»: dès le prononcé du jugement, est revenu, dans la bouche de certains, cet argument. Et il va sans doute être répété tout au long de la journée, par les partisans de l'ex-Président.
Mais que dirait-on de ce pays, lui qui prône et pratique la «tolérance zéro» envers les petits délinquants, si sa Justice avait passé l'éponge, comme si de rien n'était, sur les délits commis par un ex-Président? L'image de la France, à notre sens, en aurait été autrement plus souillée.
11:33 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, justice, chirac, paris
14/12/2011
Une disgrâce
Depuis hier, Renaud Donnedieu de Vabres est donc devenu la première personnalité politique arrêtée puis placée en garde à vue et déférée dans le scandale politico-financier dit du «Karachigate». Si vous n'aviez pas suivi cela, il s'agit de soupçons de financement politique illicite de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, en 1995 – via des commissions occultes versées en marge de la vente de sous-marins français au Pakistan, en 1994.
Ce n'est pas n'importe qui, ce Donnedieu: ex-UDF puis UMP, il fut ministre aux Affaires européennes en 2002, puis ministre de la Culture et de la Communication entre 2004 et 2007. Ce mercredi, il n'en sera probablement pas moins, comme le premier quidam venu, mis en examen.
Si on l'évoque aujourd'hui dans ce blog, ce n'est pas pour ses démêlés judiciaires. C'est pour rappeler le sens de l'humour qui était le sien, à l'occasion. Ainsi, il eut l'insigne honneur d'être nominé à la dernière édition du Prix «Humour et Politique», décerné chaque année par le Press Club de France.
La petite phrase savoureuse qui lui valut cette nomination dit à merveille, trouve-t-on, la disgrâce qui est celle de ces ministres remerciés à l'occasion de remaniements, ces éminences qui, du jour au lendemain, perdent tout: dégringolent des ors et honneurs des palais nationaux à... plus rien. Dixit ce Renaud Donnedieu de Vabres, donc, cela donnait ceci: «Passer de ministre à promeneur de son chien suppose un énorme travail sur soi-même».
On ne sait si, pour autant, l'intéressé a pris avec humour la nuit qu'il vient de passer au cachot – enfin, en garde à vue, mais cela revient à peu près au même.
11:02 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, humour, justice



