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08/10/2013

Un bonheur, pas flagrant

Paris, Social, Economie, Art de vivre, Personnalités, Kosciuko-MorizetLes habitants de Paris et de sa région sont plus heureux que la moyenne des Français.

Ce n'est pas flagrant, vu la tête qu'ils tirent dans les transports en commun? Et/ou, vu leur amabilité en général? Peut-être. Mais cela ressort d'une étude divulguée hier, patronnée par la Fondation pour l'innovation politique et la Fondation Jean-Jaurès – merveilleux oeucuménisme politique, cela dit: le premier de cet organisme est proche de l'UMP, et le second est lié au PS.

Donc, les Parisiens et les banlieusards gardent le moral, malgré la crise. Et ils sont plus optimistes que la moyenne des Français. Ils sont 84% à convenir que le monde contemporain ne va pas bien, mais 79% jugent qu'eux-mêmes, personnellement, parviendront à s'en sortir – contre 67%, pour la moyenne nationale. Comme le disait hier une analyste de l'institut TNS Sofres, recourant à un mot si à la mode depuis quelques années: il y a chez les Parisiens «une aptitude à la résilience» qui est plus forte qu'ailleurs. Cela se voit notamment dans le fait qu'ils sont moins préoccupés par le chômage que le reste des concitoyens. Les sociologues attribuent ce différentiel d'attitude entre Paris et le reste du pays au fait que la population parisienne (comme, la plupart du temps, les population des capitales, dans les pays en général) est proportionnellement plus jeune, plus diplômée, et d'un niveau socio-professionnel un peu plus élevé que la moyenne des Français. Ce qui est censé aider pour affronter les difficultés de la vie.

Néanmoins, comme quoi tout n'est pas rose dans la capitale et sa banlieue, deux habitants sur trois ont des difficultés à finir le mois, le pouvoir d'achat étant la préoccupation n°1 – normal: dans une ville où le coût de la vie est plus élevé qu'ailleurs. Le niveau d'imposition figure aussi dans le peloton de tête des préoccupations, bien plus que dans le reste du pays: le souci classique des gens un peu plus aisés que la moyenne, et donc qui ont le douloureux privilège d'être imposables.

Paris, Social, Economie, Art de vivre, Personnalités, Kosciuko-MorizetSinon, au passage, notons un enseignement de cette étude qui pourrait bien intéresser plus particulièrement les stratèges de Nathalie Kosciuko-Morizet: la candidate de la droite UMP à la mairie de Paris, pour les élections municipales de mars prochain.

Ainsi, cans la capitale et sa région, l'insécurité et l'immigration préoccuperaient beaucoup moins que dans le reste du pays. C'est vraiment pas de chance pour la candidate sarkozyste. Qui, jusqu'à présent, a axé l'essentiel de sa campagne sur, précisément, ces deux thèmes (les Roms, etc.).

24/09/2013

Un homme comme les autres

Paris, Personnalités, Elections municipales, Femmes, Kosciuko-Morizet, HidalgoFinalement, c'est la déclinaison à l'envers, et appliquée à la politique, du mémorable titre de ce vieux film français «L'homme est une femme comme les autres» (avec Antoine de Caunes, Elsa Zylberstein, etc.)

C'est ce qu'a conclu ce matin, en mode doux-amer, entre déception et ironie, le journaliste Guillaume Durand. L'animateur de la tranche matinale de «Radio Classique» parlait du duel féminin en cours à Paris, en vue des élections municipales de mars prochain – qu'on évoquait hier, dans ce blog. En substance, cela donnait ceci: «A droite, on caricature Anne Hidalgo en doublure amoindrie (du maire sortant, Bertrand Delanoë). A gauche, on réduit Nathalie Kosciuko-Morizet à une Marie-Antoinette ambitieuse. En fait, ce duel de femmes dont on nous promettait monts et merveilles, il ne vole pas beaucoup plus haut que si cela avait été un duel d'hommes». En politique, la femme est un homme comme les autres.

C'est aussi cela, l'égalité hommes-femmes. Les deux genres au même niveau. Ni plus, ni moins. Donc ni moins, bien sûr. Mais ni forcément plus. Car, outre qu'elles sont femmes, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciuko-Morizet sont surtout des professionnelles de la politique. Et donc, à ce titre, elles reproduisent tous les codes de ce métier, y compris, parfois, les moins glorieux: attaques ad hominem (si l'on ose dire), petites phrases ne volant pas très haut, etc.

Du reste, si l'on peut se permettre, exiger l'exemplarité totale de deux femmes pour la seule raison de leur appartenance à ce genre, cela paraît pour le moins sexiste, non?

23/09/2013

Une cible, si facile

Elle présente son programme ce lundi: Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la mairie de Paris, pour les élections municipales de mars prochain. La dauphine du maire sortant, Bertrand Delanoë, doit d'autant plus marquer le coup qu'elle n'est plus loin d'être talonnée par sa rivale UMP: Nathalie Kosciuko-Morizet, porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle.

L'autre jour, la candidate de la droite a fait grand bruit avec cette petite phrase: «Les Roms harcèlent beaucoup les Parisiens». Hier soir encore, lors d'une émission politique à la radio, l'ex-ministre a longuement tapé sur le clou de ces «bandes» d'immigrés qui «dépouillent» les habitants de la capitale et les touristes de passage ici.

Du coup, au saut du lit ce matin, passant une fois encore devant toute une famille Rom (avec femme, enfants et bébés) en train de se réveiller – entre crottes de chiens et vapeurs de pots d'échappement – après une nuit passée sur le trottoir du boulevard, on se demandait si cette communauté avait vraiment besoin d'un stigmate de plus, d'un opprobre supplémentaire, qui plus est si lourdement appuyé.