Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

18/11/2014

Un vieux réflexe, si primaire

Les hommes, décidément, ne changent pas. Les mâles, veut-on dire. On a pu le remarquer une nouvelle fois dans les commentaires médiatiques consacrés à la séance agitée qu'a vécue le Conseil de Paris, hier midi. Si par extraordinaire cela vous avait échappé, le fameux projet de Tour Triangle, que ce blog a déjà beaucoup évoqué, a été rejeté, par 83 voix contre 78. Mais la maire, Anne Hidalgo, a introduit un recours contre ce vote. Car, alors que le scrutin avait été déclaré secret, les opposants à la tour (dont la sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet), protestant contre cette procédure opaque, ont exhibé leurs bulletins de vote devant les caméras. Du coup, aux yeux d'Anne Hidalgo, le scrutin est entaché d'irrégularité et son résultat doit être annulé.

Beaucoup d'agitation sur le sujet dans les médias pendant toute l'après-midi hier, et pendant toute la soirée, et ce matin encore. Avec, tel un réflexe pavlovien, à nouveau ces mêmes ricanements à connotation sexiste, dans la bouche de commentateurs masculins.

Ces railleries à propos de «ce duel de femmes impitoyable» Morizet vs Hidalgo. Un «crêpage de chignons» mâlement analysé avec des sourires en coin, sur le mode «Ca chauffe, décidément», quand la politique est faite par des femmes. On a même eu droit, dans ces doctes éditoriaux, à un «C'est une Espagnole!». Lancé par un commentateur goguenard faisant référence aux origines ibères de la maire, donc bien dans la lignée des clichés les plus éculés sur les Espagnols par nature au sang chaud.

Tout au long de la campagne pour les élections municipales, déjà (relire ), la lutte de ces deux femmes pour le fauteuil de maire avait eu droit à une abondance de commentaires et de réflexions machistes.

Rien ne change, somme toute.

18/03/2014

Un slogan, peu dans l'air du temps

Paris, Environnement, Santé, Transports, Personnalités, Kosciusko-Morizet«Un nouveau souffle» pour Paris. A en croire les myriades d'affiches qui viennent d'être placardées par les militants UMP dans notre onzième arrondissement, c'est ce que promet la candidate de la droite sarkozyste à la mairie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le slogan a de quoi faire sourire.

En effet, le hasard de la météo printanière vient d'infliger dix jours de pollution atmosphérique d'anthologie à la «Ville lumière». Ce qui a fameusement contrasté avec ce «nouveau souffle» vanté par ces affiches. D'autant que, tout en promettant de l'air frais, l'ex-ministre de l'Environnement a fait la fine bouche devant les mesures anti-pollution. Rien qu'un «cache-misère» électoraliste, selon elle.

Tout de même, on doute un peu que NKM, dans le très hypothétique cas de figure où elle devenait maire, pousserait son «nouveau souffle» promis jusqu'à prendre séance tenante des mesures contre les véhicules ou les carburants polluants. On n'a pas le souvenir que, quand elle était au gouvernement, elle bataillait contre le diesel.

Sinon, a-t-il été précisé hier, la gratuité des transports publics parisiens (en vigueur ces derniers jours, dans le cadre des mesures anti-pollution) a coûté 4 millions d'euros par jour aux sociétés de transports. Dont 2,5 millions à la seule RATP. Ces sociétés, dès lors, comptent sur «un geste» de l'Etat, pour compenser ce manque à gagner.

Paris, Environnement, Santé, Transports, Personnalités, Kosciusko-MorizetDu coup, c'est le contribuable qui risque bien, au bout du compte, de devoir payer. A moins que ce soit l'usager lui-même, à la prochaine hausse des tarifs. Au moment de passer à la caisse, ils pourront utilement se souvenir que la RATP a vu son bénéfice net bondir de 14,3% ( à plus de 300 millions d'euros), l'an dernier.

17/01/2014

Un sujet doublement sensible

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetVif agacement à la mairie de Paris, hier. A la constatation du grand écho donné par les médias à une note de l'office du tourisme britannique, publiée le matin même par «Le Figaro». Elle indique que Londres pourrait bientôt détrôner Paris, au rang de ville la plus visitée au monde, par les touristes. Une allégation que la mairie a nuancée, hier soir: dans un communiqué un peu énervé.

Enervé, parce que ce sujet est doublement sensible, ici.

D'abord, pour une raison psychologique. La capitale française n'a jamais digéré l'affront d'avoir été battue, et sèchement, par son homologue britannique, pour l'attribution des derniers JO. Or, ce sont précisément ces Jeux, et l'afflux de visiteurs qu'ils occasionnèrent à Londres, qui pourraient permettre à cette ville de battre Paris, en termes de fréquentation touristique. Cela retourne donc, et douloureusement, le couteau dans une plaie jamais cicatrisée.

Sensible aussi, parce que le sujet a clairement une dimension politique. Dans le sens où ce nouvel épisode dans la vieille guerre Londres-Paris survient dans un contexte politique parisien bien particulier: celui de la campagne, musclée, en vue des élections municipales de mars.

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetHier, dans les couloirs de la mairie, on n'a cessé de pester contre Nathalie Kosciusko-Morizet. La candidate de la droite à la mairie est accusée d'avoir, avec la complicité du très sarkozyste «Figaro», été à l'origine de ce buzz médiatique. Qui, en boucle et pendant toute la journée, a tapé sur le clou des points faibles touristiques de la «Ville lumière», face à Londres: magasins ouvrant peu le dimanche, ville «bonnet de nuit» avec ses bars fermant à 2 heures du matin, insécurité, saleté, etc. Or, ce sont autant de thèmes de campagne de NKM, et d'arguments qu'elle utilise pour descendre en flammes le bilan de la municipalité sortante.

Mais sa rivale socialiste, Anne Hidalgo, n'a pas tardé à réagir. Ce matin, son équipe de campagne a frontalement accusé NKM d'avoir minablement basculé dans un «Paris bashing» déloyal et très peu patriote, motivé par de basses considérations électoralistes.

Cela promet, pour le ton du reste de cette campagne, dans la capitale. Pendant les 64 jours qui séparent encore du premier tour.

08/01/2014

Une agitation, assez artificielle

J – 2. Plus que deux jours avant l'entrée en vigueur d'une mesure qui était dans les cartons depuis au moins dix ans, à Paris. Vendredi, en effet, entre en application la réduction de 80 à 70km/h de la vitesse maximale autorisée sur le périphérique: le boulevard le plus fréquenté de France (1,3 million de véhicules par jour), et aussi un des plus denses d'Europe. C'est en 1993 que la vitesse maximale y avait été fixée à 80 km/h. Ces jours-ci, l'on s'active donc pour changer les 150 panneaux de limitation de vitesse équipant la rocade parisienne.

La réforme suscite quantité de débats et d'agitation, dans les milieux politiques parisiens. On a un peu de mal à prendre vraiment au sérieux tous ces échanges.

D'abord, nombre d'arguments ne sont que des postures. Ainsi, quand la candidate de la droite à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, promet qu'elle remettra le périph' à 80km, si elle remporte les élections municipales de mars. Une telle décision ne dépend même pas de la mairie: ce boulevard ayant le statut de voie d'intérêt national, il est de la compétence de l'Etat. Ainsi, aussi, quand la candidate du PS, Anne Hidalgo, se lance dans de grands trémolos écolos, comme quoi cette réduction de vitesse réduira fondamentalement la pollution atmosphérique et acoustique subie par les riverains du périph'. C'est faux. Toutes les études montrent que cela ne jouera qu'à la marge.

En outre, et surtout, ce débat est vraiment très virtuel. Car, comme on l'a déjà écrit dans ce blog (relire ici), la vitesse moyenne de circulation sur le périph' n'atteint pas, en journée, ... 39 km/h. Dès lors, que l'on puisse y rouler jusqu'à 80km/h ou au contraire seulement jusqu'à 70, ce n'est qu'un aimable et très théorique sujet de réflexion. Pour automobiliste coincé dans les embouteillages, et en mal d'occupations.

05/12/2013

Un satisfecit, et sa conséquence

Neuf Parisiens sur dix aiment leur ville, à en croire un sondage publié ce jeudi. Pour 56% des habitants interrogés, vivre à Paris leur semble même «une évidence»: ils ne pourraient «pas vivre ailleurs».

Certes, fidèles à leur réputation/leur caricature, les Parisiens râlent beaucoup. Et principalement contre la circulation et les problèmes de stationnement, contre l'exiguïté et le coût des logements, et contre la pollution de l'air ambiant. Ils s'inquiètent aussi de la montée du nombre de cambriolages. Mais ils sont enchantés de l’offre et des équipements culturels, de l'abondance et de la variété des commerces, et de l'animation régnant en ville. De même, les projets d'extension et de déclinaison de Vélib', le développement du tramway, ou l'énorme chantier de réaménagement des Halles: tous ces projets de la municipalité trouvent majoritairement grâce aux yeux des sondés.

Assez logiquement, dès lors qu'ils apprécient leur cadre de vie et ses perspectives d'évolution, les Parisiens ont «plutôt une bonne opinion» de la majorité sortante. 45% des sondés voient d'un bon oeil Anne Hidalgo: bras droit du maire socialiste, Bertrand Delanoë, et qui ambitionne de lui succéder. Le score de sa rivale de droite, l'ex-ministre sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet, est moindre (41% de bonnes opinions).

Cela dit, cet écart 45%-41% n'est tout de même pas énorme. Et, vu la si laborieuse campagne électorale que mène NKM, ces 41% constituent plutôt une bonne surprise, pour elle. Dès lors, serait-on Anne Hidalgo qu'on ne dormirait pas sur nos deux oreilles.

Verdict de ces élections municipales en mars prochain.