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18/03/2016

Un niveau qui ne s'améliore pas

 Langue française, Personnalités, FemmesNe pas partir en week-end sans le signaler: la semaine qui s'achève a été celle de la langue française. Dimanche, elle culminera avec la Journée internationale de la Francophonie. En l'honneur des 274 millions de personnes qui, dans le monde, parlent la langue de Voltaire. Le français, qui, comme le quai d'Orsay n'a pas manqué de le rappeler, est «la cinquième langue la plus parlée sur la planète, mais la seule, avec l'anglais, à l'être sur les cinq continents».

Peut-être, mais en France en tout cas, le niveau décline, visiblement. Pour preuve, les mots qui, à Paris cette semaine, ont marqué le débat politico-médiatique: «chiottes», «couilles» et «salope».

Interrogée par une radio sur les rumeurs de démission de Manuel Valls, la ministre Najat Vallaud-Belkacem, pourtant en charge de l'Education, a carrément qualifié ces ragots de «bruits de chiottes». Quant à l'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, sur un plateau de télé, elle s'est laborieusement expliquée sur le langage fleuri que des échos lui attribuent. Elle qui serait «en mode greffage de couilles», et qui «laisserait aux mecs le concours de taille du zizis». Tandis que, sur un autre plateau, le député sarkozyste Claude Goasguen n'a pu s'empêcher de pouffer de rire, en se remémorant que la maire de Paris, Anne Hidalgo, cette semaine, s'est fait traiter de «salope».

Vu un tel florilège, alors qu'on était précisément dans la Semaine de la langue française, on n'ose imaginer les mots auxquels on aura droit, la semaine prochaine.

Encore bravo à tou(te)s.

19/02/2016

Une façon de parler

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et un peu de langue française, en l'occurrence.

«Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement», etc. On a repensé à cet adage, l'autre jour. Lorsque, en suivant les débats à l'Assemblée nationale, on s'est dit que, au moins, on n'avait pas perdu notre journée. Puisqu'on venait d'apprendre un nouveau mot.

Scissiparité. Le terme a surgi au hasard du débat relatif au fameux projet de révision constitutionnelle (la déchéance de la nationalité pour les terroristes, etc.). La phrase disait ceci: «Monsieur le Premier ministre, vous voulez l’union nationale sur votre projet de révision. C’est très bien. Mais pouvez-vous l’obtenir avec le soutien de la moitié de la majorité et de la moitié de l’opposition? L’addition de deux scissiparités ne constitue pas un gain numérique».

Manuel Valls étant resté de marbre, on ignore s'il a compris, ou non, le sens de l'apostrophe. Dans la négative et/ou à l'attention des lecteurs de ce blog pour qui, comme nous, cette scissiparité relèverait du mystère, sa définition, vue dans le dictionnaire: «Mode de division des êtres unicellulaires consistant à doubler de longueur, puis à se partager en deux cellules identiques qui peuvent se séparer, comme le font de nombreuses bactéries (S'oppose à gemmiparité). Mode de division comparable observé chez les pluricellulaires vermiformes tels que les annélides polychètes».

Merci et bravo au député radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg – qui, on le voit, n'est pas professeur d'université pour rien de relever ainsi le niveau lexical des débats parlementaires. On n'est pas trop sûr, cela dit, qu'une telle façon de parler rapproche vraiment la politique des citoyens (du moins, des quidams qui ne sont pas d'un niveau Bac +19).

10/02/2016

Une «hauteur» de vues, vraiment ?

Institutions, Langue française, Gouvernement, Parlement«Etre à la hauteur». C'est ce que Manuel Valls ne cesse de réclamer à la classe politique, depuis les attentats du 13 novembre. Il le fit encore en boucle tout au long du débat parlementaire qui, ce mercredi, se conclut (provisoirement) par le vote des députés (en première lecture, seulement) sur le projet de révision constitutionnelle (déchéance de la nationalité pour les condamnés pour terrorisme, etc.) . Mais, dans le camp même du Premier ministre, on n'est pas toujours «à la hauteur». Deux exemples, issus des échanges que les députés ont eus cette semaine, à propos de ce cette réforme.

D'abord, les quolibets, dignes d'une cour d'école, que deux députés socialistes ont lancés à un de leur collègue sarkozyste. Qui venait de nuancer de la sorte «l'état de guerre» sans cesse invoqué par Manuel Valls, pour justifier ce texte: «La guerre étrangère désigne les conflits entre États-nations, auxquels nous ne sommes pas confrontés actuellement, grâce à Dieu». Sacrilège: invoquer le divin (fût-ce en une tournure de phrase très commune en langue française) dans le temple républicain de la laïcité qu'est l'Assemblée. Cela lui a valu des «Calotin!» et autres «À bas la calotte!».

Ensuite, la réplique qui a été faite à un autre député de droite, qui, lui, faisait l'analogie entre ce texte de loi et «un mauvais film, dont le titre est "Il faut sauver le soldat Hollande"». Puis prévenait le chef du gouvernement: «Ne comptez pas sur moi ni sur un nombre important de parlementaires de droite et de gauche pour être les figurants de ce film». Le chef de file des députés PS, piqué au vif, lui a lancé: «Il y a les soldats et les planqués, Monsieur!», «Planqué!».

Réduire ses contradicteurs à des tire-au-flanc. A des déserteurs, en somme. A des traîtres à la patrie, donc – alors même que l'on parle de déchéance de la nationalité. Outre que ce n'est pas «à la hauteur», le recours à de tels arguments d'autorité a un nom, et il est particulièrement malvenu, dans le contexte. Puisque ce n'est rien d'autre que du terrorisme intellectuel.

Encore bravo.

14/01/2016

«Un impact concurrentiel négatif»

Les langues régionales, oui. Mais le flamand, non. C'est, en substance, la position du gouvernement Valls, qui vient d'être rappelée () à l'Assemblée nationale. N'en déplaise aux éventuels lecteurs nordistes de ce blog. Ainsi qu'aux quelque 30.000 locuteurs estimés de cette langue régionale de la Flandre française, recensés dans la zone de Dunkerque-Armentières, en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

A ce jour, cet idiome n'est enseigné que dans trois collèges privés et six écoles de France. C'est beaucoup trop peu, pour le député du coin, Jean-Pierre Decool (droite souverainiste). Selon qui, «au-delà de l’outil éducatif et culturel, la connaissance du flamand est un outil de développement économique et de valorisation du territoire», ainsi qu'«un pont vers l’apprentissage de toutes les langues qui entourent le Nord: l’anglais, le néerlandais et l’allemand».

Oui, mais non, vient de lui répondre le gouvernement. Dixit le ministre en charge de la réforme territoriale, c’est «avec discernement» que l'Education nationale «conduit l’examen de la situation» de cette langue. Car «accepter son intégration dans un cursus classique pourrait créer un impact concurrentiel négatif avec le néerlandais, langue véhiculaire et de communication avec la Flandre belge et les Pays-Bas, dont il est un dialecte».

Pas cool, pour le député Decool. Selon qui cette position réaffirmée de l'exécutif Hollande-Valls «apportera de la tristesse dans la Flandre». Et s'explique par la méconnaissance qu'on a de ce dossier, à Paris: on y «confond flamand et flamingant», les régionalistes rabiques, or «le flamand occidental est une langue régionale sans connotation régionaliste».

Line Renaud et Dany Boon, les icônes de la région d'Armentières, n'ont pas encore réagi.

27/02/2015

Un (si) léger embarras

Comme une gêne, cette semaine, à un des briefings de presse quotidiens du porte-parole du ministère des Affaires étrangères. A propos de l'Egypte. Pays avec lequel Paris vient de signer un très gros contrat de vente d'armements: 24 avions Rafale et leurs équipements, une frégate, et des missiles de défense anti-aérienne, soit une commande à 5,2 milliards d'euros. Mais pays qui, aussi, est gouverné d'une main de fer par le maréchal al-Sissi, qui réprime et emprisonne à tout-va.

«Quelle est la réaction des autorités françaises suite aux condamnations prononcées par un tribunal égyptien contre Alaa Abdel Fattah, une des principales figures de la révolution de 2011, condamné à cinq ans de prison, et vingt-quatre autres co-accusés, condamnés à des peines de trois à quinze ans de prison?» C'est la (bonne) question qui a été posée, l'autre jour, au porte-parole du quai d'Orsay. Réponse: «Nous avons pris connaissance avec préoccupation des lourdes condamnations prononcées. Ces décisions sont susceptibles d'appel. Nous souhaitons que les prévenus puissent bénéficier, à cette occasion, d'un procès équitable et respectueux des droits de la défense, conformément aux dispositions de la Constitution et aux engagements pris par l'Égypte sur le plan international».

Quelle merveille de novlangue accommodante.

Se serait-il agi de n'importe quel autre Etat, avec lequel donc Paris ne vient pas de signer le contrat du siècle, le quai d'Orsay aurait pas dit simplement sa «préoccupation». Il aurait fait part de sa «désapprobation». Et le «pays des droits de l'homme» ne se serait pas borné à «souhaiter» un procès équitable, pour les infortunés intéressés. Il aurait «insisté» pour que ce soit le cas. Ou, à tout le moins, l'aurait «recommandé».

Mais non. Sans doute est-ce le charme de la «diplomatie économique» si chère à Laurent Fabius. Les 500 entreprises françaises (dont les géants Dassault, Thales et Snecma) qui sont engagées dans le programme Rafale emploient plus de 7000 personnes.

13/11/2014

Une sanction confirmée

Ce sont les «Immortels» qui vont grimacer. Il y a peu (relire ici), dans un avis comiquement énervé, les honorables membres de l'Académie française avaient fait la leçon à la classe politique, sur la question de la féminisation des noms de fonction. Cette «mise au point» avait fait suite à la sanction infligée à un député UMP. Un soir de débats, à l'Assemblée nationale (relire ), invoquant les règles du bon français, il avait persisté à refuser de donner du «Mme la présidente» à sa collègue qui présidait la séance. Hier, en dépit du soutien implicite que lui a accordé l'Académie, et malgré une pétition signée par plus d'une centaine de députés sarkozystes, la sanction frappant ce parlementaire a été confirmée.

La décision a été prise par la plus haute instance collégiale de l'Assemblée. Elle réunit, outre le président, tous les vice-présidents, questeurs et secrétaires de cette chambre. Par 11 voix contre 6, elle a validé, en dernier recours, l'amputation, pendant un mois, du quart de l'indemnité parlementaire de l'intéressé. Soit une perte sèche de 1.378 euros, ce qui n'est tout de même pas rien pour un écart de langage.

Qui sait ce député s'en consolera-t-il en constatant que la polémique qu'il a suscitée n'a pas peu contribué à renforcer sa notoriété, le sortant du quasi anonymat dans lequel il était, en dehors de sa propre circonscription électorale, avant cet incident. Sans doute cet accès à la célébrité (linguistique, en tout cas) n'a-t-il pas de prix.

17/10/2014

Une «mise au point», si prévisible

Langue française, Institutions, FemmesTremblez, mortels: les «Immortels» s'en mêlent. Cette semaine, «fidèle à la mission que lui assignent ses statuts depuis 1635», l'Académie française a donc pris position () dans le fameux contentieux lexical sur la question de savoir s'il est correct, ou non, de dire «Mme la présidente» (relire ici). Et cela n'a rien d'étonnant, s'agissant d'une institution ultra-conservatrice, elle s'est rangée dans le camp des opposants.

Sur la forme, «aucun texte ne donne au gouvernement le pouvoir de modifier de sa seule autorité le vocabulaire et la grammaire du français», s'énervent les «Immortels». «La langue n'est pas un outil qui se modèle au gré des désirs et des projets politiques». De son usage, «seule l’Académie française a été instituée la gardienne». Autrement dit, rompez: vils manants.

Sur le fond, «l'usage générique du masculin est une règle simple, à laquelle il ne doit pas être dérogé». Et cela doit valoir aussi bien pour les décrets, les instructions, les arrêtés et avis de concours, que pour les fonctions officielles et leur dénomination, ou les désignations honorifiques exprimant une distinction de rang. Car, «pour que la continuité des fonctions à laquelle renvoient ces appellations soit assurée par-delà la singularité des personnes, il ne faut pas que la terminologie signale l’individu qui occupe ces fonctions». Passe encore que «l’usage féminise aisément les (noms de) métiers». Mais, pour les noms de fonctions officielles et les titres correspondants, «les particularités de la personne ne doivent pas empiéter sur le caractère abstrait de la fonction dont elle est investie, mais au contraire s’effacer derrière lui». Sinon? Féminiser systématiquement, c'est risquer de «nombreuses incohérences linguistiques». «Brusquer et forcer l’usage», cela «revient à porter atteinte au génie même de la langue française et à ouvrir une période d’incertitude linguistique».

Langue française, Institutions, FemmesBigre. On n'avait pas compris que c'était aussi grave. On suppose que, devant un tel argument d'autorité, et s'il est question en plus, carrément, d'un génie qui est menacé, il n'y a plus qu'à s'incliner.

Non sans rappeler au passage, tout de même, que l'institution adressant cette «mise au point» compte, parmi ses quarante honorables membres (voir ), en tout et pour tout six femmes seulement.

08/10/2014

Une double curiosité

Beaucoup d'agitation dans les médias pendant toute la journée d'hier. A propos de ce député UMP qui s'est vu imposer une pénalité financière pour avoir, lundi soir à l'Assemblée, refusé de donner du «Mme la présidente» à sa collègue socialiste qui présidait la séance (lire et voir ici, si par extraordinaire cela vous avait échappé). Au début de l'année, déjà, ce même élu, donc désormais récidiviste, s'était illustré sur le même thème (relire ). Ce matin encore, soit deux jours après cet incident de séance, l'UMP en particulier et la «France de droite» en général («Le Figaro», etc.) continuent de s'agiter. Ils voient dans le règlement parlementaire ayant fondé la sanction de cet élu l'illustration de la «police de la pensée» et de «la novlangue» d'une gauche qu'ils accusent plus que jamais d'être «politiquement correcte» et «bien pensante».

Sans consacrer plus de temps qu'il n'en mérite à cet individu, remarquons juste une double curiosité, piquante, dans son attitude et celle de son camp.

Curieux, d'abord, pour une famille politique qui à longueur de journées rappelle la nécessité du respect de la règle et de l'autorité, de subitement s'indigner qu'un de ses élus soit sanctionné pour, précisément, avoir récidivé dans l'infraction aux règles s'imposant à lui ainsi qu'à toute la communauté des députés. A savoir, le règlement de l'Assemblée.

Curieux, ensuite, pour une famille politique qui prône en boucle la rupture et la réforme, qui fustige en permanence les conservatismes et le refus de l'adaptation à la modernité, de subitement défendre son député en brandissant les règles si poussiéreuses de l'Académie française. A savoir, l'institution qui, vu le rythme où elle fait évoluer la langue, incarne le sommet d'un certain conservatisme à la française – jusqu'à la caricature, même.

Encore bravo pour la cohérence.

23/09/2014

Un concours de vacheries

C'était comique, hier, de voir Alain Juppé, sourire ironique aux lèvres, se dire «sensible aux paroles aimables à (son) égard» prononcées la veille au soir, à la télé, par Nicolas Sarkozy. L'ex-Président avait eu ces mots, le concernant: «Alain Juppé, je l'ai connu quand j'avais 20 ans. C'est un partenaire, c'est un ami, c'est un compagnon, c'est quelqu'un pour qui j'ai même de l'admiration. Et j'aurai besoin de lui». Sauf que ces échanges amicaux cachent évidemment un vrai concours de vacheries.

Ainsi, ce «Je l'ai connu quand j'avais 20 ans». C'est bien sûr une façon, pour Nicolas Sarkozy, de taper sur le clou du grand âge du maire de Bordeaux (69 ans), une ancienneté qu'en privé, les sarkozystes n'arrêtent pas de dénigrer. Quand on est soi-même quasi sexagénaire et qu'on précise, comme si de rien n'était, avoir fait la connaissance de quelqu'un il y a quarante ans, cela renvoie implicitement cette personne à un âge canonique.

De même, ce «J'aurai besoin de lui» sarkozyste: derrière son vernis amical, c'est d'une grande condescendance envers Alain Juppé. En effet, cela connote une relation hiérarchique: il a besoin de lui, comme l'on a besoin d'un collaborateur ou d'un adjoint. C'est d'ailleurs bien pour cela que le Bordelais, hier, sourire crispé, a rétorqué par un plus égalitaire «Nous aurons tous besoin les uns des autres», histoire de tenter de remettre les deux rivaux sur le même pied.

En tout cas, vu comme c'est d'emblée parti entre eux deux, cela promet d'ici à la présidentielle de 2017.

03/07/2014

Un étonnement ou l'autre

Personnalités, Sarkozy, Valls, Langue française, Justice, Communication«Dans les yeux». Le grand retour radiotélé de Nicolas Sarkozy, hier soir, nous a fait sursauter au moins sur un point. Quand, regardant ses intervieweurs bien droit «dans les yeux», il leur a assuré qu'il n'avait rien à se reprocher. On aurait été lui qu'on se serait bien gardé d'utiliser une telle expression. Si connotée en politique française, depuis que, «les yeux dans les yeux» de toute la classe politique et médiatique, pendant des mois, l'ex-ministre PS Jérôme Cahuzac assura ne pas détenir un compte bancaire non-déclaré à l'étranger. Avant de finir par devoir reconnaître les faits, mettant piteusement son mensonge sur sa «part d'ombre». Pas sûr, dès lors, que Nicolas Sarkozy avait vraiment intérêt à proclamer son innocence «dans les yeux» de ses interlocuteurs, et à travers eux dans ceux des Français

Le matin même, déjà, on avait au moins autant sursauté, à l'écoute cette fois de Manuel Valls. En entendant le Premier ministre lâcher, à propos de Nicolas Sarkozy: «Les faits sont graves». Or, à ce stade, il n'y a pas de «faits»: juste des présomptions pesant sur l'ex-Président, des indices graves et concordants. Ce dérapage faisait furieusement penser à celui qu'avait commis, en juillet 2003, un certain... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Quand il avait annoncé «l'arrestation de l'assassin» en cavale du préfet de Corse, Claude Erignac. Alors qu'Yvan Colonna, à ce moment-là et par la force des choses, n'avait pas encore été jugé et encore moins condamné, donc était présumé innocent. Manuels Valls a beau détester être comparé à Nicolas Sarkozy, là, pour le coup, il lui a fameusement ressemblé, dans son écart de langage.

A la fin de cette journée, d'ailleurs, il était assez stupéfiant de constater que ces deux étrangetés de communication avaient été le fait de deux hommes politiques qui sont pareillement censés être de très grands experts en com', et qui sont à longueur de journées entourés et conseillés par des hauts communicants supposés de choc.

C'est à n'y plus rien comprendre.

21/03/2014

Un signe patent d'agitation

Huit. On les a comptés: il y a huit points d'exclamation, dans la tribune au vitriol – au bazooka, même – que Nicolas Sarkozy publie ce matin, dans «Le Figaro». Ce fameux texte où il compare les procédés des magistrats l'ayant mis sur écoutes (dans le cadre des enquêtes judiciaires le concernant) aux agissements de la Stasi: la sinistre police politique de l'ex-Allemagne de l'Est.

Passons vite sur cette analogie, tant elle est excessive. Et indigne envers les victimes de la Stasi. Cette comparaison à l'emporte-pièce ne fait sans doute que traduire l'état de confusion et d'agitation du signataire du texte.

Un texte qui donc, sur ses quelques milliers de caractères, comprend huit points d'exclamation. Un signe de ponctuation qui, auparavant, n'était pas du tout fréquent, dans le langage écrit des hommes politiques. Ceux-ci, pour paraître posés et sereins, responsables donc, ont toujours privilégié l'assertion à l'exclamation. Les seuls à faire exception à cette règle implicite, ce sont les partis d'extrême droite et d'extrême gauche: leurs communiqués, par nature vindicatifs, ont toujours regorgé de points d'exclamation. Depuis un petit temps maintenant, l'UMP sarkozyste y a aussi un ample recours, dans sa communication. Vendredi, donc, son mentor a montré qu'il était parfaitement au diapason de cette évolution stylistique. Au risque que cela soit pris par le lecteur comme révélateur surtout du fait que, décidément, l'intéressé n'a pas changé: il peine toujours autant à se tempérer.

C'était Laurent Fabius, croit-on se souvenir, qui, lors d'une campagne présidentielle, avait dit cela, concernant Nicolas Sarkozy: «Avant de vouloir présider, il faut se présider». Par son texte, et rien que sur la forme – sans même s'occuper de son fond –, le peut-être futur candidat de la droite à la présidentielle de 2017 montre qu'en la matière, il a encore une marge de progression.

22/01/2014

Un vieux débat de langue française

Un débat houleux hier soir, à l'Assemblée. A propos du toilettage de la loi Veil de 1975, sur l'avortement. Les députés, survoltés, en ont même profité pour s'étriper sur un vieux sujet d'affrontement relatif à la langue française. A savoir, l'appellation qu'il convient de donner à une femme ministre. Cfr la chiraquienne Michèle Alliot-Marie. Quand elle était à la Défense et aux Affaires étrangères, elle interdisait qu'on lui donne du «Mme la ministre», imposant le «Mme le ministre». Un quinquennat plus tard, la droite sarkozyste, visiblement, n'en démord toujours pas.

«En français, la fonction prime sur le genre!», a, ainsi, argumenté un député UMP. Fâché qu'un de ses collègues, qui dit systématiquement «Mme le ministre», ait été rappelé à l'ordre: au nom de la circulaire qui, depuis 1994, recommande la féminisation des titres. «Nous sommes des hommes et des femmes libres: personne ne peut imposer à l’autre un vocabulaire qu’il ne souhaite pas! Les députés de la nation ont le devoir de défendre la langue et de ne pas céder aux diktats de la modernité». Ce à quoi l'ex-ministre communiste Marie-George Buffet a rétorqué: «Essayez de prononcer "Mme le ministre est enceinte". Vous verrez: c’est difficile». Et la présidente de la délégation aux droits des femmes de renchérir: «Ce qui ne se nomme pas est invisible. En utilisant le masculin dans la totalité des titres, vous voulez rendre les femmes invisibles».

Mais rien n'y a fait. Les députés UMP ont continué à interpeller au masculin «Mme le ministre» des Droits des femmes. Puis, ont donné du «Mme le président» à la députée socialiste qui présidait la séance. L'intéressée, énervée, a fini par s'adresser à un député sarkozyste... en le féminisant. Le pauvre: il en a été tout retourné.

Virilité outragée, contre féminité niée. Qui sait est-ce cela, l'égalité.

03/12/2013

Un Parisien sur trois, quasiment

La publication, ce mardi matin, de l'enquête internationale PISA, réalisée par l'OCDE, sur les connaissances et compétences des jeunes de 15 ans, notamment en matière de lecture. La France perd deux places, chutant au 25e rang. Rien de très surprenant: c'est peu dire qu'il ne date pas d'hier, le constat du caractère très perfectible du système éducatif français.

Ses failles se retrouvent d'ailleurs dans la société. Vient encore d'en témoigner une étude, aux résultats assez effarants, consacrée aux difficultés qu'éprouvent les habitants de Paris et de sa région face notamment à l'écrit et à l'oral.

On y découvre que c'est dans la capitale et sa banlieue que l'on trouve les habitants «parmi les plus touchés en France métropolitaine par les difficultés à l’écrit en langue française». 13% de ces habitants sont «en difficulté importante dans un des trois fondamentaux de l’écrit en langue française: lire, écrire ou comprendre un texte simple». Et 29% (donc une personne sur trois, quasiment) «sont en difficulté importante dans au moins un des trois domaines de compétence» à l’écrit, à l’oral ou en calcul. Plus de la moitié (54%) de ces Parisiens en difficulté face à l’écrit exerçant une activité professionnelle, on estime que la lecture pose problème à 570 000 actifs, à Paris et dans sa région. Ainsi, par exemple, 44% des ouvriers, essentiellement dans le secteur de la construction, sont en difficulté importante face à l’écrit.

Mais ces difficultés causent de l'embarras au-delà du cadre professionnel: elles sont sources de gêne y compris dans les activités courantes de la vie quotidienne. Ainsi, toujours selon cette étude officielle, 43% des habitants de Paris et sa banlieue ayant des difficultés avec l'écrit en sont au point de ne pas parvenir à rédiger une lettre. Pour 29%, pose des difficultés le fait de faire ses courses. Et 21% ne parviennent pas à lire une carte routière ou un plan de ville.

19/11/2013

Un ton, inutile

Malgré plusieurs centaines de témoignages reçus par les autorités et une nouvelle photo de lui diffusée, il n'a donc pas encore été arrêté – pas à l'heure où ces lignes sont écrites, en tout cas. L'auteur présumé de deux fusillades et d'une prise d'otages, hier à Paris et dans sa banlieue. En attendant, sa cavale n'est pas relatée d'une manière toujours très heureuse, trouve-t-on.

A la limite peut-on trouver de bonne guerre que, pour traiter de cette actualité, les médias usent et abusent de termes très physiques, comme «chasse à l'homme» et «traque», ou d'expressions toutes faites comme «toutes les polices sont sur les dents». On peut, à la rigueur, présenter comme purement explicative, et nullement sensationnaliste/anxiogène, l'explication donnée en boucle depuis lundi, selon laquelle retrouver un homme agissant sans logique apparente dans une ville de deux millions d'habitants et une agglomération de dix millions, c'est vraiment «rechercher une aiguille dans une botte de foin».

Pour autant, est-il vraiment nécessaire, comme on l'a lu, entendu et vu dans la presse, à la radio ou à la télé, de parler d'un individu «qui sème l'effroi et la panique dans la capitale»? N'est-il pas journalistiquement léger de balancer au mode conditionnel l'info (non-confirmée) selon laquelle il «serait armé d'explosifs»? De même, étant donné qu'on ignore tout de son état psychologique, est-il pertinent, à ce stade, de le présenter comme «le tireur fou» (et non «tireur», tout court)? Pourquoi François Hollande a-t-il cru bon d'insister aussi explicitement et lourdement sur le fait que cet individu ayant tenté de tuer «peut demain, tout à l'heure, tuer encore»? Un tel «story-telling», comme on dit (processus de narration médiatico-politique), relève-t-il vraiment de l'information? Ou, là, tombe-t-on dans la mise en scène, racoleuse, de l'info?

Les confrères de «Libé» l'ont bien dit, hier: face à un événement de ce type, souvent la sobriété est de mise. Dans ce genre d'actualité, l'on peut présumer que le grand public est déjà suffisamment alarmé pour ne pas avoir besoin d'en rajouter encore un peu plus dans la dramatisation.

21/10/2013

Un mot qui fâche

A propos de cette «affaire Leonarda» qui agite la France depuis bientôt une semaine – du nom de cette jeune fille sans-papiers, expulsée vers le Kosovo –, ces subtilités lexicales qui, si elles ne concernent que la forme, en disent long, trouve-t-on.

Ainsi, cette tournure de phrase particulière utilisée par François Hollande, samedi: «Si elle en fait la demande et veut poursuivre sa scolarité en France, un accueil lui sera réservé». Le chef de l'Etat se serait exprimé en langage courant qu'il aurait dit quelque chose du genre: «Elle sera accueillie en France», ou «La France l'accueillera». Non. Les communicants de l'Elysée ont sans doute jugé que ces dernières tournures étaient trop connotées affectivement – comme quand on se fait une joie d'accueillir un visiteur, etc. La jeune Leonarda a donc eu droit à une formule beaucoup plus désincarnée, comme administrative et donc abstraite, dénotée de la moindre connotation affective: «Un accueil lui sera réservé». On a déjà vu invitation plus cordiale, bristol plus chaleureux.

Mais ce n'est rien par rapport aux circonvolutions des dirigeants pour ne jamais, au grand jamais, devoir utiliser le grand mot qui fâche: le terme "expulsion". De longue date, la France n'expulse plus les sans-papiers. En langage administratif, les clandestins ont longtemps été «refoulés», voire, plus rarement, «renvoyés» dans leurs pays d'origine. Sous Nicolas Sarkozy, l'on parlait de «reconduites à la frontière». Comme quand on reconduit une personne après avoir passé une chouette soirée avec elle. A présent, sous François Hollande, on parle d'«éloignement» des sans-papiers. Comme quand un souci se dissipe, un tracas s'égare.

On pourrait appeler cela de la couardise lexicale.

02/10/2013

Une étrangeté, politico-littéraire

Culture, Littérature, Histoire, Langue française, PersonnalitésRacine était-il ... d'extrême droite? Aurait-il disserté sur, par exemple, des concepts comme la «préférence nationale», le «protectionnisme raisonné» ou le «racisme anti-Blancs»? Autant de questions très anachroniques, mais que l'on s'est posées hier. A la réception d'un communiqué de presse du Front national.

Il invitait au lancement, samedi prochain à Paris, du «Collectif Racine»: «le collectif des enseignants avec Marine Le Pen». Lors de ces festivités, une poignée d'agrégés en lettres, profs de philo ou autres enseignants en droit vont présenter «le dispositif de réflexion et de propositions des enseignants du Rassemblement Bleu Marine».

La récupération de son nom, qui plus est par une telle formation, a-t-il fait se retourner dans sa tombe l'auteur d'«Andromaque» ou de «Britannicus»? Hier, sans y passer des heures, on a cherché dans des oeuvres et dans la biographie de l'intéressé ce qui pouvait bien éclairer cette appropriation lepéniste. En vain. L'homme est, bien sûr, l'archétype d'un certain classicisme à la française, mais cela suffit-il pour que le FN se sente proche de lui? Mystère. A moins que les lepénistes aient baptisé de la sorte leur nouveau collectif uniquement en raison du patronyme de l'écrivain, eux qui ne cessent de renvoyer aux «racines de la France»?

Bref, comme on n'en sortait pas dans tout ce fatras, on a été ravi de soudain tomber, dans un recueil électronique de citations, sur une phrase racinienne qui permet de passer en beauté à autre chose, sans davantage perdre de temps sur cette étrangeté politico-littéraire: «Toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien».

04/09/2013

Une communication hasardeuse

Langue française, Personnalités, Médias, CommunicationQuand la vitesse d'utilisation des nouveaux médias amène à faire des erreurs nuisant complètement au sens du message communiqué. L'association «Les Amis de Nicolas Sarkozy», le fan club de l'ancien Président, vient d'en faire l'amère expérience.

C'était l'autre jour, en plein «live-tweet» – comme on dit en bon français – d'un des discours prononcés à l'occasion des festivités de rentrée de ce mouvement. Quand un de ses communicants a envoyé ce tweet à la ponctuation si malencontreuse: «Ils veulent casser tout ce que Nicolas Sarkozy a fait au détriment des Français». Ce qui aurait dû être tweeté est évidemment: «Ils veulent casser tout ce que Nicolas Sarkozy a fait, au détriment des Français». Une seule virgule vous manque, et voilà un fâcheux contresens. Les réseaux sociaux ont beaucoup ri, paraît-il, de ce pataquès.

Début août, déjà, un tweet bourré de fautes d'orthographe, de syntaxe et de ponctuation avait fait jaser, venant lui de la ministre de Culture Aurélie Filippetti. Son français approximatif avait d'autant plus surpris que l'intéressée est agrégée en lettres. La ministre avait tenté de se tirer de ce mauvais pas avec un tweet rejetant la faute sur son cabinet: «Merci à tous les amoureux de la langue française de leur vigilance vis-à-vis de mes collaborateurs». Mais ce message lui-même, à son tour, avait été pas mal décrié sur les réseaux sociaux, bon nombre de gens trouvant la défausse un peu minable.

Rien décidément n'est jamais simple, en communication. A fortiori lorsqu'on prend le risque de vouloir qu'elle se déroule en permanence et en temps réel: sans donc avoir vraiment pris le temps de réfléchir à la forme du message communiqué, voire à son fond.

03/09/2013

Un mot très malheureux

Un mot très malheureux dans la bouche de l'ex-ministre sarkozyste Bruno Le Maire: hier soir, sur une télé. Alors qu'il disait son hostilité à l'entrée en guerre de la France en Syrie, à ce stade et dans ces conditions. Pour montrer que sa position ne relevait ni de l'anti-hollandisme primaire, ni du pacifisme de principe, il rappelait qu'en début d'année, il avait soutenu «Serval»: l'envoi des troupes françaises au Mali. Mais là selon lui, à l'inverse des bombardements annoncés de la Syrie, il s'agissait d'«une belle opération».

La guerre est «belle», donc. La fleur au fusil, en somme. Comme ce concept de «guerre propre», de «guerre zéro mort» qui avait été inventé il y a quelques années. On doute que partagent ce point de vue les familles des soldats français qui furent tués au Mali. Sans parler des civils de ce pays qui laissèrent la vie dans cette guerre – car cela se saurait si «Serval» avait été la première opération militaire de l'Histoire dépourvue du moindre dégât collatéral.

Passe encore que l'on évalue, froidement, un engagement militaire à la seule aune de son efficacité – et là, effectivement, à ce stade en tout cas, «Serval» semble couronnée de succès: des islamistes mis en déroute, une élection présidentielle réussie, etc. A la limite, également, la guerre peut parfois, hélas, avoir une certaine légitimité. Mais associer, si légèrement, les notions de conflit armé et de beauté, non. Et c'est d'autant plus effarant dans la bouche d'un ancien ministre.

La guerre n'est jamais belle.

28/08/2013

Une merveille de novlangue

Magnifique enchaînement d'euphémismes et de litotes, hier soir: dans la bouche de Jean-Marc Ayrault. Quand le Premier ministre a présenté (ici) sa réforme des retraites. Qu'on en juge:

-«Ce sont les cotisations sociales qui seront sollicitées, à un faible niveau et progressivement». En clair? Les cotisations payées par les employeurs et par les travailleurs vont augmenter, et cela va durer plusieurs années.

-«Un mécanisme de pilotage (de la réforme) sera mis en place. Il permettra notamment de corriger la trajectoire, si les besoins de financement se révèlent plus importants que prévu». Traduction, en langage non-technocratique? Au gouvernement y compris, on n'est pas trop sûr que les efforts demandés dans le cadre de cette réforme suffiront à limiter les déficits. De nouveaux sacrifices pourront donc devoir être demandés.

-A propos du «compte personnel de prévention de la pénibilité», qui permettra aux travailleurs ayant exercé des professions physiquement pénibles de ne pas devoir trop attendre avant de prendre leur retraite: «Je souhaite que ce compte puisse être mis en place en 2015. Nous aurons le souci qu’il ne soit pas complexe en gestion, pour les entreprises comme pour les salariés». Qu'est-ce à dire, en français qui ne soit pas de la novlangue? Le gouvernement n'a, à ce stade, aucune idée de la manière dont il va concrétiser cette idée, mais il s'attend à ce que ce soit fameusement lourd et bureaucratiquement compliqué.

-La concertation avec les partenaires sociaux, préalable à cette réforme, «a été intense» Lire: on a dû palabrer pendant d'interminables mois, pour arriver à ce résultat.

Encore bravo pour cette si belle créativité linguistique.

02/07/2013

Un tweet, ou un twitt?

Les leçons de langue française du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA): on les adore – relire ici ou . Cette fois, le «gendarme» du PAF se penche (là) sur la «question complexe» de l'«orthographe variable» qui a cours, concernant la plateforme de microblogging Twitter. Ce réseau social «est à l’origine de tout un nouveau vocabulaire», mais, à ce jour, ces mots récents n'ont «pas encore d’équivalents français officiellement recommandés». Quant aux dictionnaires, ils hésitent entre "twitt" ou "tweet". Et «les "twittos" (utilisateurs de Twitter) ou "tweetos" et "twittosphère" (univers de Twitter) ou "tweetosphère" attendent aussi une reconnaissance».

Du coup, comment écrit-on, en bon français? De l'avis des linguistes du CSA, «Twitter (le site web) s’écrit avec i et deux t. Il paraît donc beaucoup plus logique d’écrire twitt et ses dérivés avec i et deux t, car la marque déposée fige le mot. Toutefois, l’entreprise Twitter Inc. a récupéré la marque déposée Tweet (pour le court message), ce qui impliquerait qu’on l’écrivît avec deux e, ce que fait le Petit Robert 1. Si l’on veut minimiser les risques, c’est ce que l’on peut recommander actuellement. Et, si l’on considère que le nom est devenu commun, car extrêmement répandu, il n’est pas nécessaire de garder la majuscule».

Au-delà de ces conseils, le CSA juge que «la création de mots français officiellement recommandés par une Commission de terminologie s’impose. Il faudra choisir entre l’orthographe de la marque déposée Tweet et la forme twitt; qui se répand rapidement à cause du site web Twitter. À moins qu’on ne trouve une appellation plus française, mais "cuicui", "gazouillis" ou une autre création lexicale – si originale soit-elle – aura bien des difficultés à s’implanter, au vu de la fréquence d’emploi et de l’omniprésence actuelles de l’anglicisme "tweet"».

Bref, si l'on peut se permettre, après cette intervention du CSA dans le débat, on n'est pas vraiment beaucoup plus avancés.