Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

10/05/2013

Un mot, plutôt qu'un autre

Comme chaque 10 mai depuis l'année 2001, ce vendredi est, en France, la Journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Qui sait François Hollande en profitera-t-il pour houspiller la droite et/ou lui reprocher de ne pas vouloir l'épauler dans l'accomplissement d'une de ses promesses électorales. Il s'agit de sa volonté de supprimer le mot "race" de la Constitution française – on en a déjà parlé, dernièrement: relire ici. Cette réforme nécessite un vote à la majorité des trois cinquièmes, au Congrès de Versailles. Dès lors, sans les voix de la droite, la gauche n'est numériquement pas en mesure de la faire passer.

Au sujet des mots qui fâchent et de cette page si douloureuse de l'Histoire, il est un autre terme qui est dans le collimateur de la gauche. D'ailleurs, la ministre de la Justice Christiane Taubira – qui est à l'origine de la loi de 2001 sur cette journée commémorative du 10 mai – a demandé à ses services de ne plus recourir à ce mot, dans les circulaires et documents officiels.

Il s'agit, pour distinguer la France continentale de celle d'outre-mer, du terme "métropole". Ses détracteurs veulent qu'il soit proscrit dans les usages officiels, car ils lui voient une connotation coloniale. Ce que confirme, du reste, «Le Robert»: il définit la métropole comme étant, dans cette acception, un «Etat, territoire d'Etat, considéré par rapport à ses colonies, aux territoires extérieurs». En ce sens, il serait nettement préférable de dénommer la France continentale en utilisant le terme "Hexagone" – lui complètement neutre, historiquement.

Pourquoi pas.

Si ce n'est que, bien sûr, la droite va une fois de plus se gausser du «politiquement correct de la gauche bien-pensante», selon son expression désormais consacrée.

26/04/2013

Un changement, pour tous

La loi sur le «mariage gay» comporte une nouveauté qui est passée assez inaperçue. Etonnamment, vu qu'elle s'applique à tous: homosexuels comme hétérosexuels. Elle concerne les noms de famille. Auparavant, en France, quand deux parents divergeaient sur le patronyme à donner à leur nouveau-né ou à un enfant adopté (Celui du père? Celui de la mère?), c’était le nom de l'homme qui était d'office donné à l'enfant. Et la femme avait juste le droit de s'écraser. En revanche, quand la loi Taubira entrera en application, ce ne sera plus le cas. En effet, quand il y aura désaccord, l'enfant aura automatiquement pour patronyme les noms de famille de ses deux parents, accolés dans l’ordre alphabétique. Dès lors, pour les couples hétérosexuels, le masculin cessera de l'emporter sur le féminin.

Bien.

Mais, pour l'anecdote, remarquez que, dans un tout autre domaine, cela continuera à ne pas être le cas. Sans que cela ait l'air de gêner quiconque.

Ainsi, des générations entières d'écoliers français ont sagement appris – et continueront probablement encore longtemps à le faire – que, selon l'expression consacrée, «le masculin l'emporte sur le féminin». Quand un adjectif, qu’il soit épithète ou attribut, doit être accordé à deux noms de genres différents. Du coup, on n'écrit pas «Les hommes et les femmes sont belles», mais «sont beaux».

La France ayant mis dix ans (par rapport à des pays comme la Belgique) pour accorder son régime matrimonial à l'évolution des moeurs, on va être réaliste et lui donner, disons, dix siècles, pour se pencher sur cette inégalité-là.

10/04/2013

Un si joli mot

Après le bon mot d'hier, un joli mot aujourd'hui. Car, oui, les actualités les plus pénibles donnent parfois lieu aux mots les plus jolis. C'est ce qu'on s'est dit en entendant, l'autre jour, l'avocat du ministre déchu Jérôme Cahuzac. Qui commentait les allégations de médias, ce week-end, selon lesquelles son client aurait tenté d'exfiltrer 15 millions d'euros en Suisse et, en plus, aurait produit un faux pour les 600.000 euros dont il a avoué la fraude.

Pour la défense de l'ex-ministre, bien sûr, tout cela n'est qu'inventions, inepties, sornettes, balivernes, sottises. Carabistouilles, en somme: pour reprendre un de ces vieux mots en désuétude pour la survie desquels Bernard Pivot se mobilisa, il y a quelques années.

Mais l'avocat Jean Veil, lui, pour qualifier ces dires, parla de «calembredaines». Un mot que l'on trouve ravissant. Qui ne date pas d'hier: 1798, selon notre «Robert». Et désigne des propos vains et extravagants.

Vivement de nouvelles révélations concernant Jérôme Cahuzac. Que son avocat puisse les dénigrer en utilisant un terme encore plus ancien (1534), et nous plaisant tout aussi bien: qu'il puisse dénoncer des «coquecigrues».

14/03/2013

Un mot maintenu, finalement

Le mot "race" restera, pour l'instant en tout cas, dans la Constitution française. Où il apparaît aussi bien dans le corps du texte que dans ses préambules: «Tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés», «La France forme avec les peuples d'outre-mer une Union fondée sur l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion». Ce terme y sera maintenu, puisque, cela a été confirmé hier, François Hollande ne soumettra pas au Congrès de Versailles la proposition de révision constitutionnelle qui aurait ôté ce mot de la Constitution, un engagement qu'il avait pourtant pris pendant sa campagne présidentielle.

Tout comme l'octroi du droit de vote aux élections municipales pour les étrangers non-européens, ce projet de modification ne fait pas partie «des réformes susceptibles de recueillir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès», a justifié le communiqué officiel diffusé à l'issue du Conseil des ministres, hier.

La droite est ravie de ce renoncement. Pendant la campagne présidentielle, les sarkozystes, les lepénistes et les polémistes de tout poil (Eric Zemmour, etc.) avaient vilipendé «le politiquement correct» de ce projet de François Hollande. «Le ridicule dépasse les bornes», avait raillé Nicolas Sarkozy en personne.

L'opposition est aux anges, mais c'est la consternation, voire l'abattement, au sein des organisations antiracistes, et y compris chez certains ministres – ainsi, George Pau-Langevin a ouvertement dit sa déception, hier. Pour ces opposants au mot "race" (ici, par exemple), ce concept est «historiquement périmé et scientifiquement inopérant». En plus, outre qu'«'il a été introduit dans la législation française en 1939, puis installé par les lois antisémites du régime de Vichy», il «a servi de support aux discours qui ont précédé les pires actes criminels» du siècle passé.

Hier, tentant de les amadouer, la porte-parole du gouvernement a assuré que ce projet de réforme restait «un engagement symbolique et attendu», engagement qui, a-t-elle sous-entendu, finira par être concrétisé: en temps utile.

On verra cela, d'ici à 2017. On le verra, ou pas?

05/03/2013

Une grande et belle cause

Société, Education, Langue française, Culture, Gouvernement, MédiasL'info est passée complètement inaperçue. Et c'est bien dommage, trouve-t-on. Depuis quelques jours, la France a une «Grande cause nationale». Ce label, en effet, vient d'être attribué par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Concrètement, il permet par exemple à des associations de diffuser gratuitement, sur les chaînes de radio-télé publiques, des campagnes de sensibilisation, appels à dons, etc. Le label «Grande Cause Nationale pour 2013» a été décerné à la lutte contre l’illettrisme.

On évalue à 2,5 millions le nombre d'adultes qui, en France aujourd'hui, sont illettrés. A savoir, des personnes qui ont été scolarisées mais qui, malgré tout, ne maîtrisent pas assez la lecture, l'écriture et le calcul pour être autonomes dans des situations de la vie courante. 2,5 millions de personnes, cela fait 7% de la population. Ce taux monte à 18% si, au-delà de cet illettrisme au sens strict, on englobe les personnes qui éprouvent de «graves ou fortes difficultés» quotidiennes dans au moins un des quatre domaines que sont la lecture, la compréhension, l'écriture et le calcul.

Quelque 9% des 18-25 ans sont considérés comme illettrés. Ce n'est pas rien, dans un pays dont le Président a, pour rappel, fixé deux priorités majeures à son quinquennat: la jeunesse et l'éducation.

Société, Education, Langue française, Culture, Gouvernement, Médias«L’illettrisme est un obstacle dans toutes les sphères de la vie familiale, citoyenne et professionnelle», a estimé le chef du gouvernement. Qui a émis le souhait que «chacun puisse acquérir les compétences fondamentales nécessaires pour accéder au savoir, à la culture, à l’emploi, à la formation professionnelle, et pour participer pleinement à la vie démocratique».

Y contribuerait déjà le fait que, tout au long de l'année 2013, les médias français daignent accorder à ce sujet de fond une place plus importante que les si maigres entrefilets ou brèves qu'ils lui ont consacrés, ces derniers jours. A peine quelques secondes d'attention à 2,5 millions de personnes, dans le tumulte en permanence hystérisé de l'actualité.

15/02/2013

Une candidature désormais officielle

Paris, Personnalités, Langue française, FemmesA Paris, aux prochaines élections municipales (en 2014), deux femmes pourraient donc se disputer la mairie. Puisque, c'est officiel depuis hier soir, Nathalie Kosciusko-Morizet se voit bien mener la droite à ce scrutin. L'ex-ministre et porte-parole de Nicolas Sarkozy ambitionne de battre celle que le maire actuel, Bertrand Delanoë (qui ne briguera pas un troisième mandat) a adoubée pour sa succession: sa première adjointe, la socialiste Anne Hidalgo. Un duel entre ces deux femmes, donc, à moins qu'une troisième vienne perturber cette prévision: l'ex-ministre Rachida Dati est également candidate à l'investiture de l'UMP.

Cette échéance électorale est encore lointaine, la droite n'est absolument pas sûre de l'emporter dans la capitale, mais la perspective d'un duel Kosciusko-Hidalgo excite déjà visiblement beaucoup les médias français. «Un choc de femmes», «un duel de dames», etc.: depuis hier soir, on a droit à un florilège d'expressions guerrières. Et, bien sûr, certains commentateurs ou chroniqueurs en sont rapidement venus à parler d'un «crêpage de chignons».

Se serait-il agi, dans le cas d'espèce, d'un affrontement entre deux personnalités mâles se disputant le même siège de maire, on aurait parlé de «combat des chefs» ou de «choc des titans». Mais, là, non: c'est donc un «crêpage de chignons».

Le sexisme et la misogynie ont l'air d'avoir encore de beaux jours devant eux: dans ce pays, comme dans sa langue.

06/02/2013

Un climat tendu, un mot malvenu

Les médias français ont fait grand cas, hier soir, d'un fou rire de la ministre Christiane Taubira, lors du débat, à l'Assemblée nationale, sur le projet d'ouverture à tous du mariage et de l'adoption. Il ne faudrait pas croire, pour autant, que cette discussion parlementaire se passe dans un climat détendu. Par rarement, elle est émaillée d'incidents. On en a encore eu une illustration ce week-end.

Quand un député UMP, opposé donc à cette réforme, n'a rien trouvé de mieux que d'entamer une de ses interventions par ces mots: «Je fais partie des Français normaux, et ils sont aujourd’hui très inquiets». Immédiatement, ce fut le tollé. «Normal? Ca veut dire quoi?», «Scandaleux!», ont hurlé des députés socialistes. «Lorsqu’on se présente comme un citoyen ou un homme normal dans un débat tel que celui-ci, cela signifie-t-il qu’il y en a un certain nombre qui sont anormaux? Le sous-entendre est inacceptable!» Ce à quoi, sur les bancs sarkozystes, on a réagi de la sorte: «Et le Président normal?» Allusion à la façon dont, au printemps, François Hollande, alors candidat à l'Elysée, avait, un temps, présenté le style présidentiel qui serait le sien, s'il était élu.

Ledit député UMP n'en a pas moins fini par se corriger: «Je suis un député classique, si cela vous convient mieux. C’est-à-dire un député normal. Et, comme nombre d’autres Français, je fais partie de ceux qui sont inquiets aujourd’hui».

"Normal". D'un point de vue lexical, il n'y a rien à redire à l'utilisation de ce mot si on le prend dans son acception qui est relative à la norme: à un comportement majoritaire, donc. En revanche, évidemment, il est une autre acception du terme "normal" qui pose problème, quand on emploie ce mot dans un tel débat. L'acception que notre «Robert» définit comme suit: «Qui n'est affecté d'aucune modification pathologique».

Dès lors, clairement, parler de «Français normaux», dans un tel contexte, est très malvenu. Au minimum.

23/01/2013

Une suggestion lexicale

"Hashtag". Mot très disgracieux, a-t-on toujours trouvé – mais, les goûts et les couleurs... Terme qui, si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, s'utilise, s'agissant de la plateforme de microblogging Twitter, pour regrouper tous les messages parlant d'un même sujet. Dans son édition de ce matin, le très sérieux Journal officiel recommande (ici) de préférer, à ce "hashtag", un terme français.

A savoir, non pas "mot-clé", comme il serait immédiatement venu à l'idée, mais le plus subtil "mot-dièse". En référence au signe # ou dièse, qu'un hashtag d'office comporte.

"Dièse". Mot si musical, et qui nous a toujours semblé délicieusement hexagonal. Quitte à le prendre en grippe, quand un automate l'ânonne en boucle dans des formules pré-enregistrées du type «Pour revenir à tout moment au menu de départ, appuyez sur la touche dièse», etc.

"Mot-dièse". On aime plutôt bien. Mais les férus de médias électroniques ne risquent-ils pas de trouver ce terme trop peu techno, voir un rien suranné?

11/12/2012

Une escapade langagière

Langue française, Télévision, RadioLes journalistes français/francophones sont parfois impayables, dans leur façon d'utiliser la langue française. Et le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) ne l'est pas moins, dans la manière qu'il a, pas loin d'être scolaire, de faire la leçon aux médias. L'autre jour (relire ici), le gendarme de l'audiovisuel s'était irrité notamment du mélange entre "près de" et "prêt". A présent, c'est une autre confusion langagière médiatique qu'il dénonce (là).

Sur la base de deux incorrections qu'il a relevées, assure-t-il, dans la bouche de journalistes. Des erreurs qu'on trouve, nous, énormes au point d'être cocasses, voire charmantes; mais, comme quoi, tout est toujours possible dans les médias de France, en termes de mésusage de la langue française.

Cela concerne des réformes qui sont remises à plus tard. Des médias – des noms! des noms! – les ont présentées comme ayant été reportées... «aux calanques», ou «aux calendes». Or, rappelle le CSA, la tournure correcte est évidemment "renvoyer aux calendes grecques", soit «à un temps qui ne viendra jamais». L'expression vient de loin: «Pour les Romains, le jour des calendes (d’où vient le mot "calendrier") était le premier jour du mois. Ils ne numérotaient pas les jours séquentiellement, mais comptaient le nombre de jours qui les séparaient de trois points fixes dans le mois: les calendes, les nones (9 jours avant les ides) et les ides (13e ou 15e jour selon les mois). Aux calendes, les débiteurs devaient rembourser leurs dettes. "Payer aux calendes grecques" signifiait qu’ils ne paieraient jamais, les calendes n’existant pas dans le calendrier grec». CQFD.

En revanche, Sormiou, Sugiton, En-Vau, ou Port-Miou, cela constitue certes souvent un joli «souvenir de vacances passées sur la côte», mais cela n'a rien à voir. On ne peut donc parler des calanques de Marseille, dans un tel contexte.

Merci au CSA pour cette escapade lexicale méditerranéenne: si réchauffante, en plein hiver.

08/11/2012

Un rappel à l'ordre (linguistique)

Veiller au bon usage de la langue française: on ignorait que cela faisait partie des missions du CSA, le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Mais oui, visiblement. Pour preuve, ce rappel à l'ordre énervé que l'organe régulateur de la radio-télé vient d'adresser aux chaînes, relatif à «deux incorrections fréquentes sur les antennes».

La première concerne un «accord sylleptique» incorrect: celui du mot "personne". «La faute d’accord qui consiste à considérer ce substantif comme un nom masculin se généralise à la télévision». Exemples relevés par le CSA: «Ces personnes aimeraient que le regard sur eux change», «5 000 personnes sont morts», ou «Plus de cent personnes étaient présents». Citant La Bruyère («Les personnes d’esprit ont en eux les semences de toutes les vérités et de tous les sentiments»), les lettrés du gendarme de la télé admettent qu'une telle incorrection ne date pas d'hier. Mais la condamnent: «Cet accord ne se fait pas en français contemporain».

Deuxième remarque: «"Près de" ou "prêt": il faut choisir». Le CSA a constaté que, dans les médias français, quand la locution "près de" indique la proximité dans le temps et devient synonyme de "sur le point de", «elle est souvent confondue avec la locution adjectivale "prêt à", qui signifie "disposé à, ayant l’intention de, apprêté pour"». «Non seulement les mots, mais aussi les deux constructions, sont confondus et donnent naissance à une locution hybride, "prêt de", dont il est parfois impossible de saisir le sens». Exemples? «La situation n’est pas prête de changer» (au lieu de «La situation n’est pas près de changer»), ou «La pluie n’est pas prête de s’arrêter» (pour «La pluie n’est pas près de s’arrêter»).

A en croire le CSA, ces deux fautes se retrouvent «plus souvent dans les médias audiovisuels, mais également dans la presse» écrite.  

On en prend bonne note – on promet d'essayer, du moins. 

15/10/2012

Une prononciation hésitante

On s'est dit cela ce week-end et ce matin encore, en suivant la couverture, par les médias français, des élections communales en Belgique. Les journalistes, ici, hésitent visiblement sur la manière de prononcer le nom de la ville d'Anvers. Souligner le S final, comme on le fait en français de Belgique? Ou l'omettre – la ville flamande étant alors prononcée comme dans l'expression «envers et contre tout»?

Traditionnellement, c'était plutôt cette dernière prononciation qui avait cours, en France. Mais les choses ont l'air d'évoluer. En effet, on a souvent entendu, ces dernières heures, Anvers prononcé «à la belge». Et, a-t-on pu remarquer, cette prononciation était surtout le fait (outre, bien sûr, de journalistes français basés en Belgique) de confrères plutôt jeunes – l'ancienne génération de journalistes semblant, elle, en rester à Anvers sans S.

«Comment prononcer Anvers», «Anvers prononciation»: Google-France référence des centaines de pages sur cette question – comme quoi, on n'est pas le seul à se la poser. Le même débat a longtemps concerné l'appellation de la capitale belge, selon que le X central de Bruxelles était, ou non, prononcé. Mais là, l'usage nous semble s'être plus rapidement stabilisé: le X prononcé est devenu assez rare en France.

Anvers, sans le S final: chaque fois que, ce week-end, on a entendu ce nom dit de la sorte, on s'est dit que c'était peut-être assez logique, finalement: prononcer Anvers comme on dit Nevers – au passage, une pensée pour le, de mémoire, «Il n'y a rien à Nevers» dit par Emmanuelle Riva, sublime, dans l'inoubliable «Hiroshima mon amour» adapté de Duras par Alain Resnais; un S final aurait tant écorché les oreilles.

25/09/2012

Une tradition de... «pigallerie»

Paris, Sécurité, Police, Transports, Métro, Langue françaiseContinuons sur le sujet de l'insécurité, qu'on évoquait hier. Sans, du tout, vouloir noircir le tableau – dix ans qu'on habite à Paris, et on n'y a jamais eu le moindre problème de cet ordre. Continuons, mais dans un registre de délinquance cette fois moins sanglant, même s'il doit être, évidemment, pénible pour les gens qui en sont victimes.

On avait parlé d'eux, avant les vacances d'été (relire ici): parlé de ces détrousseurs du métro, qui sévissent au petit matin sur le réseau de la RATP. Manifestement, le phénomène prend de l'ampleur. Pour preuve, la préfecture de police de Paris vient de lui consacrer (là) une bonne part de son dernier bulletin d'information.

Au passage, cela a renseigné sur la manière dont les pandores dénomment ce genre d'agissements. En jargon policier, on les appelle... des «pigalleries». Car «ce phénomène des détrousseurs du métro est ancien: il a toujours existé autour du monde de la fête et des quartiers animés nocturnes de la capitale (quartier de Pigalle, Grands Boulevards, République, Bastille…)».

Rien que le week-end dernier, cinq détrousseurs du métro ont successivement été interpellés par les policiers. Raconté par la préfécture, cela donne ceci.

Paris, Sécurité, Police, Transports, Métro, Langue française«Samedi, 7 heures 35, quai du RER A à "Châtelet-les-Halles", les policiers stoppent un homme de 24 ans qui, profitant du sommeil d’un passager endormi sur un banc, s’apprêtait à lui voler son téléphone. Dimanche, 7 heures 20, station "Nation", un voleur malhabile est surpris par sa victime qui ne dormait que d’un œil. Alors qu’il tente de prendre la fuite, l’homme de 20 ans est interpellé par des policiers en surveillance. Même jour, même heure, station "Père Lachaise", les policiers arrêtent un trio de détrousseurs, âgés de 22, 23 et 25 ans, commettant des vols au préjudice d’usagers en état d’ébriété».

Moralité: apprécier très sobrement et peu tardivement la «nightlife» de la «Ville lumière», si l'on veut ne pas avoir à faire aux «pigalleurs». Trop chouette, comme perspective.

20/07/2012

Une occasion manquée

international,défense,justice,communication,langue françaiseComme un malaise, cette semaine, aux Affaires étrangères françaises. Il fait suite à la condamnation à mort, en Afghanistan, du soldat afghan qui, en janvier, tua cinq militaires français alors qu'ils étaient en train de faire un footing. La peine capitale, donc. Or, comme chacun sait, la France y est, par principe, farouchement opposée.

Que pense le quai d'Orsay de cette condamnation à mort? Interrogé lors d'un de ses briefings de presse quotidiens, cette semaine, le porte-parole des Affaires étrangères a biaisé. En résumé – le verbatim est ici – : «Nous prenons note du verdict. S'agissant de la position de la France sur la peine de mort, vous connaissez notre position, en tous lieux et en toutes circonstances».

 

Dans cette affaire, donc, Paris n'a qu'implicitement condamné le recours à la peine de mort. C'est très exceptionnel. Habituellement, en effet, lorsque des condamnations de ce type surgissent dans l’actualité et que le quai d'Orsay est invité à les commenter, il s'astreint systématiquement à un double rappel, explicite. Un: l'«engagement constant» de la France en faveur de «l'abolition de la peine de mort, quels que soient les lieux et les circonstances». Deux: l'appel de Paris «à un moratoire universel, comme première étape vers l'abolition définitive de la peine de mort».

 

Une communication différente a donc été choisie, dans ce cas précis. Parce que les victimes du condamné à mort sont Françaises. Et parce que, comme l’a dit le porte-parole du quai d’Orsay, «nous pensons aujourd'hui non seulement à nos soldats, mais également à leurs familles, toujours dans le deuil».

 

La compassion est parfaitement louable: en général, et dans ce cas particulier plus que jamais. On trouve très dommage, toutefois, que l’occasion n’ait pas été saisie, en haut lieu, de montrer qu’il est possible d’être sensible au sort des victimes et, dans le même temps, indigné par la mise à mort de leur assassin. Depuis quand la compassion exonère-t-elle du courage? En vertu de quoi contraindrait-elle d’office à l’incohérence?

 

D’autant que la langue française est riche, et que l’on sait infinies les subtilités caractérisant par nature le langage diplomatique. Sans trop d'efforts, dès lors, la France aurait parfaitement pu, dans son commentaire officiel de cette actualité, faire preuve d’une cohérence politique qui ne soit pas humainement insultante.

05/07/2012

Une ambiance de potaches

Ces cinq prochaines années à l'Assemblée nationale, la droite sera aussi pugnace, frondeuse voire chahuteuse que l'a été la gauche entre 2002 et 2012: ces dix années pendant lesquelles ses députés siégèrent sur les bancs de l'opposition. On a eu un aperçu de cet état d'esprit vindicatif dès mardi, à l'occasion de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Le spectacle fut bien plus souvent dans l'hémicycle qu'à la tribune – la sobriété de Jean-Marc Ayrault ayant rendu son discours passablement terne. Le compte-rendu officiel de cette séance (ici), plutôt drôle, dépeint assez bien cette ambiance de potaches.

«Bla-bla-bla!», «C’est pathétique!», «Lamentable!», «On rêve!», «Quelle honte!», «Baratin!» Dès les premières phrases prononcées par le chef du gouvernement, ces interpellations fusèrent, des bancs de la droite. Elles furent suivies d'une kyrielle d'autres, tout au long de la bonne heure et demie que dura l'allocution du Premier ministre. «C’est creux!», «N’importe quoi!», «Ben voyons!», «Démago!», et ainsi de suite. On eut même droit à un «Irresponsables!», à un «C’est pitoyable!», et à un «Ça suffit! C’est minable!»

Si l'ensemble de session parlementaire est de cet acabit, au moins l'ambiance sera au rendez-vous au Palais Bourbon, jusqu'en 2017.

02/07/2012

Un chiffre, une ouverture, une allégresse

Hollande, Gouvernement, Folklore, Institutions, Langue françaiseUne allégresse très perceptible samedi, dans Paris. Parmi les dizaines de milliers de participants à la Pride – la «Marche des fiertés», dit-on désormais. Or, par contraste, ces dernières années particulièrement, dans ce cortège, l'humeur dominante n'était pas rarement à la rancoeur et à l'acrimonie: à l'égard du pouvoir en place. Cet été, en revanche, nombre de participants affichaient – en sticker, en badge, etc. – le chiffre à l'origine de leur contentement.

31. Comme le 31ème des 60 engagements de l'ex-candidat devenu Président, François Hollande. Cette 31ème promesse prévoit l'ouverture à tous les couples du mariage et de la parentalité. L'égalité des droits, donc. Le «mariage homosexuel», autrement dit, pour employer une expression usuelle, mais si incongrue –lire ici.

C'était assez drôle à voir: cette allégresse collective a plus énervé que jamais la poignée de militants d'extrême droite qui, chaque année, tentent de perturber la Marche: barricadés derrière les grilles de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, la paroisse des traditionalistes catholiques, dans le cinquième arrondissement, devant laquelle passent chaque année les marcheurs. Cet été, sous la protection d'innombrables CRS, ils ont vociféré de plus belle leurs quolibets homophobes. Mais sont passés largement inaperçus, dans la liesse ambiante. Et ne sont jamais parvenus à gâcher l'ambiance.

24/05/2012

Un dénigrement, oui. Une dérision, non

Elections législatives, Elections présidentielles, Communication, Médias, Audiovisuel, Télévision, Langue françaiseA peine en a-t-on fini avec les spots de la campagne officielle pour l'élection présidentielle que voilà les clips pour les législatives. Dans un récent règlement, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) fixe les modalités de cette communication, jusqu'au moindre détail – par exemple, le minutage de ces clips, à la seconde près. Dans ce texte, on trouve aussi la réponse à une question que l'on s'était posée, pendant la campagne présidentielle.

A plusieurs reprises, à la vue des spots électoraux – ou des tracts imprimés – vantant tel ou tel candidat à l'Elysée, on s'était dit que cette propagande allait tout de même assez loin. Assez loin dans le dénigrement de l'adversaire: à coups d'arguments de mauvaise foi, de raccourcis, et de caricatures. La pub électorale comparative et mensongère est-elle donc permise, en France? C'était la question que l'on s'était posée.

La réponse? Oui et non, si l'on décrypte bien la note du CSA.

Oui? Ce règlement n'interdit aucunement aux candidats de dénigrer leurs adversaires. Non? Il leur interdit de les «tourner en dérision». Nuance.

Cette nuance, tentons de la cerner à l'aide des synonymes que donne «Le Robert» pour les termes dénigrement et dérision. Pas de dérision permise? Dès lors, les clips électoraux ne peuvent donner dans le dédain, l'ironie, le mépris, le persiflage, la raillerie, la risée ou le sarcasme. Pas de dénigrement explicitement interdit? Du coup, ces spots peuvent parfaitement être dans le registre de l'attaque, la dépréciation, la critique, la médisance ou la calomnie.

Aux partis politiques de louvoyer dans ces subtilités de la langue française. Et au téléspectateur-électeur de se débrouiller avec elles, puis de voter en citoyen supposé éclairé.

28/03/2012

Une déclaration puérile

Langue française, Gouvernement, Personnalités, Institutions, Sarkozy, Juppé, Police, SécuritéHier matin, on croyait que cela allait passer, donc on avait parlé d'autre chose, dans ce blog. Mais non: 24 heures plus tard, elle ne passe toujours pas, cette petite phrase d'Alain Juppé. Donc parlons-en.

Le ministre des Affaires étrangères était interrogé à propos de Mohammed Benalel Merah, le père du tueur de Toulouse et Montauban, qui a dit vouloir porter plainte contre la France «pour avoir tué» son fils lors de l'opération menée contre lui par le Raid. Dixit donc Alain Juppé: «Si j’étais le père d’un tel monstre, je me tairais, dans la honte». Variantes, pendant toute la journée d'hier: le socialiste François Hollande, qui lui aussi trouve que le père de l'assassin aurait mieux fait de «se taire», ou Nicolas Sarkozy, qui a dit son «indignation» qu'une telle plainte contre l'Etat français puisse être envisagée, de la part du père d'un individu aussi abject et auteur de crimes aussi nauséeux.

Sur la forme, d'abord, les mots ont un sens. Soyons donc «précis», comme Nicolas Sarkozy n'arrête pas de le réclamer de la part des journalistes. Mohammed Merah n'est pas «un monstre». Ni «un diable», comme on l'a aussi entendu, hier. Les «monstres» et les «diables», laissons cela aux contes pour enfants. Dans un langage non puéril mais adulte, ce tueur était, en termes idéologiques, un extrémiste fanatisé. Et, en termes psychiatriques, un psychopathe. Ce qui, bien entendu, n'enlève rien au caractère monstrueux de ses crimes.

Sur le fond, rendre un père responsable des actes de son fils quand ces actes dépassent à ce point l'entendement, relèvent du fanatisme illuminé et/ou du désordre mental, on trouve cela péniblement puéril. De la part de responsables politiques, on est en droit d'attendre des réflexions dépassant le niveau de propos du café du commerce (les «enfants bien élevés», etc.).

Langue française, Gouvernement, Personnalités, Institutions, Sarkozy, Juppé, Police, SécuritéEt puis, qu'est-ce donc ce 2 poids, 2 mesures? D'un côté, à Paris depuis une semaine, la classe politico-médiatique s'interroge sur le déroulement de l'opération du Raid à l'issue de laquelle Mohammed Merah a été tué. On parle même d'une mission parlementaire d'information. Mais, d'un autre côté, à Alger, le père de l'intéressé, lui, aurait juste le droit de «se taire»? De ne pas poser de questions? De ne pas demander d'éclaircissements?

N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, on trouve que ce ne n'est pas insulter la République que de demander des comptes sur les actes posés par ses corps d'élite: c'est à l'honneur de toute démocratie. Ce n'est pas douter a priori du professionnalisme du Raid que d'accepter que ses opérations fassent l'objet d'une enquête a posteriori. Ce n'est pas minimiser les crimes de Mohammed Merah ni souiller la mémoire de ses victimes que d'estimer que la France a tout à gagner à ce que les conditions de la mort du tueur soient éclaircies. En revanche, oui, refuser que la justice, en toute indépendance et impartialité, enquête sur cette mort-là, c'est prendre le risque de nourrir le soupçon qu'il y aurait des choses à cacher.

Ce qui n'empêche qu'on a parfaitement le droit, bien entendu, d'éprouver de «l'indignation» en constatant que le père du tueur, hier, n'a, que l'on sache, pas condamné les crimes de son fils. Pour cela, oui, il devrait avoir «honte».

Mais ne mélangeons pas tout. Même à moins d'un mois des présidentielles.

27/03/2012

Un slogan revisité

Elections présidentielles, Personnalités, Paris, Jeunes, Education, Langue françaiseJean-Luc Mélenchon, encore lui, à nouveau en vedette, ce mardi. Car, dans le dernier sondage Ipsos-Logica, publié ce matin, le tribun populiste progresse encore. Il est désormais crédité de 13% des voix (+1,5%). Sans doute est-ce notamment l'effet du succès de son grand rassemblement à Bastille, dimanche dernier.

Mélenchon, tiens. L'autre jour, dans notre onzième arrondissement, passant devant une ribambelle d'affiches vantant le candidat du Front de gauche, on tombe sur deux ados en arrêt devant sa bobine, et qui se grattent la tête. «Heu... Le verbe prendre, avec tu et à l'impératif, t'écris ça comment? Avec d ou ds, à la fin»?, entend-on l'un des deux demander à son copain. «Ds, je dirais. Mais pas sûr», hésite le deuxième. «Ds», leur confirme-t-on charitablement en passant, avant de poursuivre notre chemin. Vingt minutes plus tard, on repasse devant les affiches. Les deux gamins ont disparu. Le slogan emblématique du Mélenchon, «Prenez le pouvoir», a été rebaptisé au gros marqueur noir. Cela donne: «Prends DU FRIC!» Et ses affiches ont été maculées d'un énorme A en lettre capitale et entouré d'un cercle: la signature des anarchistes.

Les anars recrutent décidément bien jeunes, cette année – ces deux gamins n'avaient même pas l'âge d'être lycéens: tout juste collégiens. Et, au vu de leur maîtrise de la conjugaison, ils n'avaient pas encore tout lu de Bakounine ou de Proudhon.

Mais, qui sait, l'adage sur la valeur qui n'attend pas le nombre des années vaut-il aussi pour l'activisme.

15/02/2012

Un terme inutilement violent

Presse, Médias, Journalisme, Elections présidentielles, Langue française Le jour J de Nicolas Sarkozy, donc, ce mercredi. Ou comment, certainement, transformer en incroyable show médiatique et buzz frénétique ce qui, sur le fond, constitue tout de même un non-événement: la confirmation de sa candidature à un second mandat élyséen. On verra cela ce soir, au 20 Heures de TF1.

En attendant, on est tombé en arrêt, ce matin. Tombé en arrêt devant ces colonnes Morris où, dans notre onzième arrondissement comme dans tout Paris, apparaît notamment la couv' du numéro de cette semaine de l'hebdo «Marianne». Avec ce titre: «Le casse-tête de la droite: comment abattre Hollande».

Abattre, donc. Démolir, supprimer, détruire, anéantir, tuer, en somme. D'accord, ce verbe est souvent utilisé au sens figuré: abattre ses cartes, etc. Mais, en l'occurrence, dans un tel contexte, était-il vraiment nécessaire d'y avoir recours? «Comment battre Hollande» n'aurait-il pas suffi? Ou comment «l'emporter sur», «vaincre», «défaire» l'intéressé, etc.?

Cette campagne présidentielle (comme les précédentes) ne s'annonce-t-elle pas déjà suffisamment violente, pour que la presse doive encore rajouter de l'huile sur le feu? En recourant à des titres de «Une» aussi inutilement guerriers, à des accroches aussi pathétiquement viriles? Tout ça, pour mieux vendre.

On n'achètera ni ne lira «Marianne», cette semaine.

04/01/2012

Une communication déconcertante

Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, on a été (un peu) déconcerté par la manière dont les autorités ont communiqué, depuis dimanche, à propos du bilan sécuritaire du réveillon du Nouvel An. Déconcerté doublement.

Déconcerté, d'abord, par les cocoricos du ministère de l'Intérieur, dus au fait que deux fois moins d'interpellations, et globalement de dégradations, ont été déplorées par rapport à l'an dernier. Certes. Mais, ce sur quoi le gouvernement se garde bien d'insister, c'est sur le fait que, pour en arriver là, il a fallu, pour la deuxième année consécutive, déployer des moyens policiers considérables: 60.000 hommes, dont 10.000 rien qu'à Paris et dans sa région. C'est une réelle inflation, en termes de mobilisation. Pour mémoire (relire ici ou ), quelque 7000 et 4000 hommes avaient respectivement été déployés à Paris les 31 décembre 2009 et 2008. Ce résultat correct, donc, apparaît tout de même comme la moindre des choses.

Déconcerté, ensuite, par cette même question de vocabulaire gouvernemental qu'on avait déjà soulevée l'an dernier à cette époque (ici). «Pas d'incidents notables»: c'est ce qu'a répété en boucle le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, ces deux derniers jours. Mais 250 personnes ont tout de même été interpellées par les policiers en une seule nuit, dont 171 rien qu'à Paris et dans sa banlieue. Or, de deux choses l'une.

Soit toutes ces personnes ont été interpellées pour avoir bel et bien été été mêlées à des «incidents notables». Auquel cas de tels incidents ont bien eu lieu, donc le gouvernement, dans sa com', enjolive la réalité.

Soit, effectivement, comme le dit le gouvernement, aucun «incident notable» n'a été déploré samedi soir. Mais alors, si ces 250 personnes ont été interpellées pour moins qu'un incident, et encore moins un incident notable, pour quoi/pourquoi l'ont-elles été? En France en 2012, on interpellerait donc pour moins qu'un incident? Pour une bricole, alors? Pour une broutille? Pour trois fois rien? Là, pour le coup, il n'y aurait pas trop lieu de s'en réjouir.

Mais ce n'est que notre avis.