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22/10/2015

Une ségrégation résidentielle (suite)

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa région parisienne concentre à elle seule près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France, écrivait ce blog, l'autre jour (), sur foi du dernier rapport en date de la Fondation Abbé Pierre. Selon la préfecture de région, qui vient de faire le point sur la question, il serait plus juste de parler d'un tiers des bidonvilles du pays qui se situent en banlieue et à Paris. Les autorités ont d'ailleurs quantifié de manière assez fine la population Rom qui (sur)vit dans la région-capitale.

7144 personnes, très précisément, dont un tiers d'enfants. Soit un chiffre à peine moins élevé que celui de l'an dernier, malgré les opérations d'évacuation forcée et de démantèlement ayant visé de très nombreux campements, ces derniers mois – mais ils se reforment aussitôt, à un autre endroit.

Ces Roms sont de nationalité roumaine ou bulgare principalement, donc bénéficient d'un titre de séjour en règle. Ils s'amassent dans 132 campements qui, eux, sont pour la plupart illégaux: 80% font l'objet d'une procédure judiciaire d'expulsion. Le plus vaste de ces bidonvilles Roms parisiens se trouve à Saint-Denis: il regroupe 880 personnes. Viennent ensuite les campements de Wissous (680 occupants), Champs-sur-Marne (372), Montreuil (347) et Grigny (213).

La "Ville lumière" elle même compte un bidonville Rom sur son territoire, depuis le printemps. Il est situé dans le 18e arrondissement, porte des Poissonniers, sur les voies de chemin de fer désaffectées de la Petite ceinture. Quelque 70 familles y résident, si l'on ose dire, soit 400 personnes environ. Le tribunal de grande instance a été saisi par SNCF Réseau, propriétaire de la parcelle, pour qu'il ordonne l’évacuation des lieux.

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa préfecture vient de charger deux groupes de travail de lui remettre des propositions d'ici à la fin de l'année, concernant à la fois les possibilités d'insertion de ces populations et les solutions qui permettraient de leur assurer un logement pérenne. Une fois rendu, ce document sera soumis aux autorités européennes, afin que les actions qui en découlent puissent être financées (en partie) par l'Union.

On attend de voir cela.

20/10/2015

Une «saturation extrême et inquiétante»

Pauvreté, Social, Logement, GouvernementLe thermomètre remonte un peu à Paris, depuis ce week-end, mais, la semaine dernière, il y a fait inhabituellement froid. Aussi, un collectif de 870 associations de solidarité venant en aide notamment aux SDF et aux mal-logés vient de demander au gouvernement () de se bouger.

Car, «dans de nombreuses villes» du pays, lors de ce coup de froid, la situation de ces miséreux a vraiment été «critique». Quelques chiffres témoignent bien de la «saturation extrême et inquiétante des centres d’hébergement, à la veille de l’hiver». Un soir, rien qu' «à Paris et en Seine-Saint-Denis, 700 personnes à la rue, dont la moitié d’enfants, ont appelé le (numéro de téléphone) 115 sans obtenir d’hébergement. Dans le Rhône, 1950 personnes ont sollicité en vain un hébergement ces 15 derniers jours. Et en Haute- Garonne, ce sont 200 personnes qui sont sans solution chaque nuit».

Voilà donc l'Etat sommé de «mobiliser les capacités d’hébergement hivernales dès à présent, sans attendre le démarrage officiel du plan hiver et les températures négatives». Ne pas patienter jusqu'en novembre pour mettre ces gens à l'abri, d'autant que «des capacités inexploitées d’hébergement et de relogement existent, sur l’ensemble du territoire». Pour preuve, la crise des réfugiés a fait subitement découvrir à l'Etat l'existence de milliers de places d'hébergement disponibles, notamment dans autant de bâtiments publics et parapublics inoccupés.

L'équipe Valls a peu apprécié d'être ainsi houspillée. L'entourage de la ministre du Logement a sèchement fait savoir qu'elle avait donné instruction aux préfets d'ouvrir les places d'hébergement «en fonction de la demande, et non en fonction des températures».

pauvreté,social,logement,gouvernementLa réduction, ou non, de la grande misère: ce sera un des critères à l'aune duquel, dans moins de deux ans maintenant, on pourra juger l'action de François Hollande et des siens. A ce stade, le bilan ne paraît pas fameux.

Pour ne prendre que ce seul indicateur – mais il en vaut bien d'autres –, à en croire le collectif qui tient chaque année ce macabre décompte, au moins 480 personnes sont mortes dans la rue en France, en 2014. Soit encore plus qu'en 2013 (453).

05/10/2015

Une indépendance freinée

logement,jeunes,paris,banlieues,social,economieC'est une des conséquences de la crise du logement à Paris et dans sa région, que ce blog évoquait vendredi. Le "syndrome Tanguy", comme l'on pourrait le dénommer. En référence au film français à succès d'il y a une dizaine d'années.

Dans la capitale et sa banlieue, les jeunes tardent de plus en plus à quitter le domicile parental. Les 20-29 ans subissent de plein fouet l'envolée des loyers des petites surfaces. Ainsi, à en croire l'Observatoire des loyers, entre 2001 à 2011, les loyers des studios ont bondi de 49% à Paris et de 44% en banlieue. Plus globalement, la crise économique de 2008 a «freiné l'indépendance résidentielle» de ces jeunes. C'est ce que confirme une étude qui vient de sortir.

Aujourd’hui, un jeune de plus de 25 ans sur deux vivant et né en région parisienne habite toujours chez ses parents. En moyenne, ces jeunes de la capitale ne quittent papa et maman qu'à l'âge de 24 ans et neuf mois, soit beaucoup plus tardivement que les jeunes de province (22 ans).

Ces "Tanguy" sont, pour beaucoup, des étudiants (76% des étudiants de la région parisienne sont dans ce cas) et des chômeurs (62%, + 10 points par rapport à 1999). Mais beaucoup de jeunes actifs en emploi se retrouvent également dans la situation du héros du film d'Etienne Chatiliez. C'est même le cas de près de quatre de ces jeunes actifs sur dix (39%, +6) .

C'est évidemment dû à la précarité de l'emploi que ces jeunes occupent: difficile, sinon quasi impossible, de voir son dossier de candidat locataire retenu, quand on ne bénéficie pas d'un contrat à durée indéterminée. Pour preuve, deux tiers des jeunes actifs parisiens travaillant en CDI ont leur propre logement, alors qu'un jeune en CDD (contrat à durée déterminée) sur deux habite toujours chez ses parents. C'est aussi le cas de deux jeunes intérimaires, apprentis ou stagiaires sur trois.

02/10/2015

Une «ségrégation résidentielle»

950.000. Le chiffre a été donné hier, par la Fondation Abbé Pierre (). Au moins 950.000 personnes, en région parisienne, sont en situation de mal-logement. Parmi elles, de 60.000 à 70.000 utilisateurs quotidiens du réseau d'hébergement d'urgence ou d'insertion, 79.000 personnes qui n'ont d'autre choix que de loger chez des tiers, 460.000 qui vivent dans des habitations surpeuplées, et 404.000 habitant un logement privé de confort.

Ce mal-logement découle notamment de la pénurie d’offres de logements accessibles ainsi que de la flambée des prix et des loyers. A cet égard, la Fondation a calculé que, sur une période dix ans, les loyers avaient augmenté de 40 à 60%, en région parisienne.

La capitale et sa banlieue constituent la région la plus riche du pays? Elle concentrent néanmoins «entre 30 et 44% des logements repérés comme potentiellement indignes en France». De même, «près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France» réside en région parisienne. Ces campements de fortune ne se développent plus seulement en périphérie, dans des terrains vagues, des friches industrielles ou sous des échangeurs autoroutiers, mais également au cœur des villes (à Saint-Denis, par exemple). Dans le même temps, autre illustration concrète et très visible du mal-logement, les squats, «phénomène autrefois épisodique, constituent dorénavant une forme de mal-logement pour de nombreux ménages, avec un déploiement sensible sur certains départements. Centrés auparavant majoritairement sur l’habitat ancien inconfortable, ce phénomène touche dorénavant l’habitat social (logement en cours de réfection entre deux locataires, etc.)».

Un peu comme Manuel Valls avait dénoncé «un apartheid» territorial régnant en France, la Fondation fait le constat d'une «ségrégation résidentielle» frappant la région parisienne. Une ségrégation qu'elle juge «porteuse de lourdes conséquences sur la capacité à "faire société" et à donner à chacun une place digne». Elle exhorte donc les autorités à mettre en place, dans la région capitale, une politique du logement «plus attentive aux plus défavorisés».

17/09/2015

Un souhait de bonheur

Logement, Personnalités, Paris, JusticeManquait-elle vraiment aux Français? En tout cas, elle fait son retour (par la petite porte) sur la scène médiatique. Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot: l'ineffable égérie du grand mouvement de contestation de 2013 contre le mariage pour tous.

«Je souhaite beaucoup de bonheur à ces cinq étudiants», a-t-elle déclaré, hier. S'adressant aux jeunes gens qui viennent d'être relogés dans le somptueux logement social (un triplex de 173m², près du Champ de Mars) qu'elle occupait avec sa famille, et dont la ville de Paris l'a expulsée, l'an dernier – on avait parlé, à l'époque (), du (petit) chahut que cela avait suscité. Le logement avait servi de QG opérationnel aux anti-mariage gay. Désormais, il héberge une colocation étudiante.

C'est sans doute de bonne guerre – mais un peu facile, a-t-on trouvé – : la mairie vient de faire une grosse opération de com' autour de la réaffectation de cette habitation. Elle a notamment fait savoir qu'il lui avait fallu investir 75.000 euros dans la rénovation de ce logement, «qui n’avait pas été très bien entretenu». Virginie Merle-Tellenne n'a pas apprécié, pas plus que d'être à nouveau présentée comme une fraudeuse. D'ailleurs, elle ne lâche pas le morceau. Elle a fait appel de la mesure d'expulsion l'ayant frappée. La justice examinera le dossier à la fin novembre.

Logement, Personnalités, Paris, JusticeEst-ce à dire que, si d'aventure elle obtient gain de cause, elle ferait à son tour expulser ces cinq braves étudiants à qui elle vient d'adresser ses souhaits de bonheur? Non. Virginie Merle-Tellenne se satisferait de dédommagements qu'elle obtiendrait de la mairie, et laisserait ces jeunes gens profiter à leur tour des lieux. «Ils y sont bien, tant mieux pour eux. J’espère qu’ils auront une vie aussi engagée et active que j’ai eue dans ce logement».

Madame est vraiment trop généreuse.

 

PS: La même Frigide Barjot fait publier, ce jeudi, dans l'hebdomadaire d'ultra-droite "Valeurs Actuelles", un sondage qu'elle a commandé à l'Ifop, sur la loi Taubira. A en croire cette étude d'opinions, seuls 46% des Français souhaiteraient qu'après la présidentielle de 2017, cette loi soit conservée telle quelle. C'est vraiment trop généreux de leur part.

19/05/2015

Un privilège à relativiser

paris,banlieues,logement,social,art de vivreHabiter à Paris et dans sa région: le rêve. C'est souvent l'idée qu'on s'en fait quand on n'y réside pas, et a fortiori quand on voit cela depuis l'étranger. Une étude statistique publiée ce matin vient relativiser ce privilège supposé.

Ainsi, en région parisienne, 19,5% des logements sont considérés comme surpeuplés, soit trois fois plus qu'en province (6%). C'est bien sûr dû au fait que la capitale et sa banlieue se distinguent par l'exiguïté de leurs habitations: elles «accueillent en moyenne 2,3 habitants, soit autant qu’au niveau national, alors que le nombre moyen de pièces et la surface habitable moyenne y sont nettement plus faibles». N'en déplaise au cliché de Paris et ses grands appartements haussmanniens, dans la «Ville lumière», «la part des logements surpeuplés dépasse 25%».

Des logements trop petits, donc. Et, en plus, pas forcément en très bon état. Ou, du moins, pas toujours confortables.

Ainsi, un quart des résidences principales situées en région parisienne ont un problème d’humidité. A Paris intra muros, ce taux monte à 28,6%, «du fait de l’ancienneté et de la vétusté d’une partie du parc» résidentiel. Dans la capitale, 6% des logements connaissent également des soucis d'infiltrations d’eau, soit davantage que dans le reste du pays.

Enfin, en 2013, près d'un Parisien sur quatre (23,4%) a déclaré avoir eu froid dans son logement. Ce n'est pas seulement dû au fait que, cette année-là, la France a connu «l’un des hivers les plus froids depuis vingt ans». Cet inconfort thermique est aussi la conséquence des qualités des logements: en région parisienne, «les deux causes du froid (dans l'habitation) les plus souvent citées par les ménages sont la mauvaise isolation et les installations de chauffage insuffisantes».

Mais à part cela, bien sûr, habiter à Paris est un bonheur permanent.

20/04/2015

Une deuxième condamnation

paris,social,logement,justiceL'affaire avait fait grand bruit, à l'époque (relire ici). Dans notre onzième arrondissement, où elle se déroulait, mais aussi au-delà: à Paris et même dans l'ensemble du pays. C'était à la fin 2013. Devant le tribunal d’instance du onzième, avait comparu un propriétaire ayant loué un logement d'...1,56 mètre carré. Surface louée 330 euros, ce qui donne le mètre carré à 211,5 euros. C'est bien entendu illégal. En effet, un décret ministériel de 2002 interdit la mise en location d'un logement dépourvu d'«au moins une pièce principale ayant soit une surface habitable au moins égale à 9 mètres carrés et une hauteur sous plafond au moins égale à 2,20 mètres, soit un volume habitable au moins égal à 20 mètres cubes». Ce propriétaire s'était donc fait condamner. Dernièrement, il a de nouveau été jugé, en appel cette fois.

Et, à son tour, la cour d'appel de Paris l'a sanctionné. De même que l'agence immobilière qui gérait le logement – si tant est qu'on puisse appeler de la sorte un tel gourbi. Propriétaire et agent immobilier devront solidairement rembourser au locataire les 18 290 euros de loyer qu'il a payés pendant cinq ans, ainsi que lui verser 1 000 euros de préjudice moral et 816 euros en guise de remboursement de ses frais de réinstallation dans un logement digne.

Ce cas n'est pas unique. L'an dernier (), un autre, du même acabit, s'était produit dans le dix-septième arrondissement. Et, dans «Le Monde» de ce week-end, un responsable de la Fondation Abbé Pierre notait qu'en 2014, dans la seule ville de Paris, cette association avait engagé 56 procédures de ce type, visant des Thénardier des temps modernes.

13/03/2015

Un coût de la vie (un peu) amoindri

Tout au long de la semaine, les médias français ont fait un grand écho (voir par exemple ici, ou ), à cette étude qui, il est vrai, a officialisé un tournant, s'agissant de Paris.

Pour la première fois depuis d'innombrables années, les loyers sont en baisse y compris dans la «Ville lumière», qui rejoint donc la tendance générale du reste de la France. Cette baisse est même de 3,5%.

Il faut toutefois nuancer cette bonne nouvelle pour les locataires. D'une part, le niveau moyen du marché immobilier parisien, locatif comme acquisitif, reste prohibitif pour le commun des mortels. D'autre part, cette baisse qui était attendue depuis si longtemps ne signifie pas que le coût de la vie, au global, soit subitement devenu abordable, dans la capitale française.

C'est même plutôt le contraire, s'il faut en croire une autre étude, elle internationale, publiée dernièrement. Elle analyse le coût moyen de quelque 160 produits et services, dans 133 villes du monde. Et là, rien ne change, par rapport à l'année dernière. Paris pointe toujours à la deuxième place de ce classement mondial. Seule Singapour affiche un coût de la vie plus élevé que celui de la capitale française. Celle-ci devance y compris des cités notoirement pas bon marché comme Oslo, Zurich ou Sydney.

Mais bon, les loyers parisiens sont donc en baisse de 3,5%. Sans doute est-ce déjà cela.

06/02/2015

Un indicateur éclairant

Economie, Social, Logement, Paris23,5. C'est le chiffre de la semaine, à Paris. Soit le nombre d'années qu'il faut au salarié parisien moyen pour devenir propriétaire d'un appartement de 75 m², dans la capitale.

En 1984, en revanche, il était possible d'y acquérir un bien d'une même surface en économisant pendant, non 23 ans, mais 13 ans seulement. Ces dix années de différence sont un bon indicateur de l'ampleur de la perte de pouvoir d'achat immobilier qu'ont subie les habitants de la «Ville lumière», ces trente dernières années. D'autant que le salaire net moyen, entre-temps, a bien sûr augmenté. En 1984, il se montait à l'équivalent de 7€ de l'heure et 12.000€ annuels. En 2014, on en est à 16€ et 26.000€, respectivement.

Rien d'étonnant, dès lors, à ce que les ménages aux revenus moyens aient de plus en plus de difficultés à acheter de quoi se loger, dans la capitale. «L’opération n’est plus envisageable pour un primo-accédant, à moins de gagner remarquablement bien sa vie», souligne l'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir, à l'origine de l'étude qui révèle ces données.

On est sans doute prié de se consoler de cette situation en constatant que, en 2014 par rapport à 1984, la part de salaire moyen nécessaire à l'achat de certains produits et services a, elle, diminué – réduction toutefois très théorique, vu que ce même salaire s'est accru, dans le même laps de temps. Ainsi, une bouteille d'huile d'arachide vaut désormais 14 minutes de travail, contre 18 en 1984. Une raquette de tennis, 6 heures au lieu de 15. Et un réfrigérateur, 6 jours et non plus 14.

C'est merveilleux.

04/11/2014

Une «agression psychologique»

Dans la boîte électronique, un courriel assez improbable. Expéditeur? «Les Z'Amis de Frigide Barjot». Le comité de soutien à l'ineffable Virginie Merle-Tellenne, ex-égérie de la croisade contre le «mariage pour tous». Mercredi dernier, elle et sa famille ont été définitivement expulsées du logement social qu'elles occupaient, à Paris. Un (très) vaste appartement, et accessoirement aussi le QG de «La Manif pour Tous» de la fin 2012 au printemps 2013. Un an plus tard, ces «Z'Amis» ne décolèrent pas. Et, au passage, réécrivent l'histoire.

Ainsi, à les en croire, la famille Merle-Tellenne a été expulsée «en raison de son engagement pour la filiation biologique dans le respect de toutes les familles». Ils sont donc des «boucs émissaires» victimes d'«une décision politique». Ce déménagement forcé n'est rien d'autre qu'«une agression psychologique, qui vise à traumatiser, pour mieux la faire taire, le leader historique et avec lui tous les citoyens qui proposent une alternative réaliste, et garante des droits des couples homosexuels, à la loi Taubira». Conclusion enflammée du comité de soutien: «C'est vous tous qui êtes muselés, et derrière la négation du courant que vous formez, c’est le pluralisme de la démocratie qui est bafoué».

C'est, pour le moins, une façon tronquée de présenter les choses. La famille Merle-Tellenne a été expulsée de son logement pour avoir sciemment enfreint les règles du bail social qui le régissait. En effet, une partie de cette habitation était sous-louée à la (florissante) société de production et d'édition du mari de Madame, le dénommé Bruno-«Basile de Koch». En outre, cette décision d'expulsion a fait l'objet d'un très long processus juridique, au cours duquel Frigide Barjot a eu toutes les occasions de faire valoir ses arguments. Processus à l'issue duquel les magistrats ont pleinement validé la mesure la frappant.

Les fans de l'intéressée qui seraient chagrinés par «l'agression psychologique» dont elle serait victime n'en sont pas moins, à présent, invités à donner leur obole () à son mouvement, afin de lui assurer «un nouveau départ». Direction? Les élections prévues en 2017. Motivation? «Soutenir le seul candidat qui s'engagera, dans sa profession de foi et son programme, à réformer la filiation de la loi Taubira, dans le respect de tous les couples».

Cela promet.

11/09/2014

Une indignité quotidienne

Cela ne s'arrange décidément pas, le mal-logement à Paris. Cette semaine, a comparu en justice un locataire qui était poursuivi par ses propriétaires pour quatre mois d'impayés de loyer. Il habite dans les environs du très chic parc Monceau, dans le 17e arrondissement. Rien que de très banal? A un détail, la surface de son logement: 6 m². Avec notamment une douche dans laquelle il n'y a pas d'autre solution que de se tenir accroupi. Loyer mensuel de cet espace de vie si minuscule? 410 euros.

Un expert, mandaté par la préfecture, a dûment constaté qu'un tel logement ne permettait «pas un hébergement des personnes conforme à la dignité humaine», et était même «susceptible de nuire à la santé» de ses occupants. La loi, du reste, prohibe la location d'un logement d'une surface inférieure à 9 m². Ce locataire n'en a pas moins été traîné devant le tribunal par ses propriétaires. Les magistrats se prononceront à la fin octobre.

L'an dernier déjà, à peu près à la même époque (relire ), avait comparu en justice un propriétaire ayant loué (330 euros) un logement d'une surface... d'1,56 m².

Il y a vraiment des gens que rien n'indigne.

24/10/2013

Une espérance de vie

Paris, Social, Pauvreté, Logement, SécuritéGros émoi, hier, dans le quartier voisin: le Haut Marais. Un homme âgé d'une vingtaime d'années a été retrouvé mort au square du Temple: découvert au petit matin par le gardien, au moment où il ouvrait le parc. Il gisait dans une mare de sang, le crâne fracassé. Une enquête pour homicide a été ouverte par la police judiciaire. Qui investigue notamment auprès des SDF du quartier.

Peut-être qu'une autre piste s'imposera, mais, si d'aventure il se confirme que la victime était effectivement sans-abri, cela illustrera la violence à laquelle est quotidiennement confrontée ce type de population. Et qui a un impact très concret et dramatique: sur son espérance de vie.

Ainsi, en France, pour la population générale, cette espérance de vie est de 78 ans pour les hommes et de 84 ans pour les femmes (voir ici). En revanche, en ce qui concerne les SDF, elle n'est que de .. 44 ans pour les femmes, et 55 ans pour les hommes, selon Médecins du Monde. «L’âge moyen au décès des personnes sans chez soi est de 55 ans en région parisienne, 47 ans en province», confirme-t-on au collectif «Les Morts de la Rue» (CMDR).

En gros, donc, et quitte à résumer les choses un peu brutalement, en France, cinquième puissance économique mondiale, ne pas avoir de toit a un prix: cela coûte 25 ans d'espérance de vie.

Paris, Social, Pauvreté, Logement, Sécurité«La mortalité des personnes sans chez soi reste encore un phénomène méconnu», rappelle-t-on au CMDR: «Beaucoup de choses restent à faire, avant de comprendre les causes de mortalité et les parcours de ces personnes».

L'on sait bien, néanmoins, que la part de décès de SDF par «cause externe» est beaucoup plus importante que dans la population générale. Par «cause externe», l'on entend les agressions, les suicides, et les accidents: noyades, expositions au feu, collisions avec un véhicule ou chutes. En région parisienne, «les causes externes de mortalité représentent environ un quart des décès» de SDF, indique un rapport du Collectif.

C'est donc énormément plus que les décès par hypothermie (2,6%). Qui, pourtant, est souvent vue, par les médias et donc par le grand public, comme la menace n°1 pesant sur les sans-abri – voir l'habituelle litanie médiatico-politique, chaque hiver, sur les SDF «morts de froid», etc.

15/10/2013

Une surface habitable, mais oui

Les joies de la vie à Paris. Ville où le logement a atteint un tel niveau de prix que certains doivent s'endetter quasi toute une vie pour acquérir un minuscule studio sous les toits. Et où d'autres en sont réduits à louer ce qu'on n'est même pas sûr de pouvoir appeler une cage à poules – pas sûr que les défenseurs des animaux accepteraient que des gallinacés aient de telles conditions d'habitat. Encore un exemple, ce mardi, de cette belle vie parisienne, dans ce domaine. Et cela concerne notre cher (dans les deux sens du terme) onzième arrondissement.

Ce matin, devant le tribunal d’instance du onzième, comparaît un propriétaire ayant loué un logement d'une surface... d’1,56 mètre carré. Mais oui, c'est possible. Pour preuve, la photo dudit logement, qu'a publiée ce matin le confrère ayant révélé l'affaire. Et qui ajoute: «Un matelas, un robinet et une plaque de cuisson. Voilà les seuls biens (du locataire) qui pouvaient rentrer dans cette surface habitable». Surface qui lui était louée 330 euros. Ce qui fait 211,5 euros le mètre carré.

A part cela, depuis plus de dix ans en France (depuis un décret ministériel du 30 janvier 2002, précisément), un logement, pour pouvoir être loué, doit disposer «au moins d'une pièce principale ayant soit une surface habitable au moins égale à 9 mètres carrés et une hauteur sous plafond au moins égale à 2,20 mètres, soit un volume habitable au moins égal à 20 mètres cubes».

Dans ce pays, décidément, pas grand-chose ne change jamais. Qu'il soit gouverné par la droite ou par la gauche, des tas de lois demeurent, dans les faits, inappliquées.

16/11/2012

Un désir de départ

Paris. Où, ces jours-ci, il fait péniblement froid et gris. Quitter Paris? Année après année, la capitale française a plutôt tendance à gagner (un peu) des habitants. Mais l'idée d'un départ chemine dans l'esprit de nombre de résidents en région parisienne. C'est ce qui ressort d'un sondage récemment publié sur la question.

A l'en croire, plus d'un habitant sur deux (54%) en région parisienne envisage de la quitter. On les retrouve surtout dans la tranche d'âge 25/49 ans. 68% des candidats au départ sont motivés par la volonté de trouver un cadre de vie plus agréable. L'agressivité ambiante est citée comme facteur de motivation dans 30% des cas. Les plus jeunes parmi tous ces volontaires pour quitter Paris invoquent beaucoup plus que les autres, bien sûr, les prix astronomiques du logement.

Les destinations rêvées par les Parisiens? Le Sud et l’Ouest. 25% des habitants de la capitale qui rêvent de s'installer en province choisiraient la Provence, 21% la Bretagne, 19% le Languedoc-Roussillon, et 18% l'Aquitaine.

Le soleil et la mer: décidément un indémodable classique. A fortiori, sans doute, en plein hiver.

05/11/2012

Un jeu, de saison

Paris, Logement, Pauvreté, Social, PoliceDimanche soir agité, dans notre onzième arrondissement. C'est que, comme chaque hiver à Paris, se déroule à nouveau le jeu favori de la saison: celui du chat et de la souris.

Jeu qui oppose les militants contre le mal-logement aux forces de l'ordre: les premiers occupant des immeubles vides, les seconds les en délogeant. En ainsi de suite, jusqu'à l'année suivante. En attendant, sur le fond, rien ou pas grand-chose ne change: en dépit de l'alternance politique qu'a vécue au printemps le pays, il y a l'air d'avoir toujours autant, voire davantage, de miséreux dans Paris – dans le métro, par exemple, c'est assez effarant.

Hier, la partie s'est déroulée dans le quartier Charonne, qui jouxte Bastille. Une cinquantaine de mal-logés – dont 10 enfants –, réclamant un logement social, avaient investi et occupaient un immeuble vétuste et vide, voué à la démolition. Rejoints ensuite par des militants et sympathisants, les squatteurs ont grossi en nombre et en visibilité. Jusqu'à hier soir. Plusieurs escouades de CRS ont été envoyées sur place. Vers 23 heures, les policiers ont forcé l'entrée du squat. Ses occupants, réfugiés au deuxième étage, ont entamé un face-à face, tendu, avec les forces de l'ordre, scandant des «Non, non, non aux expulsions!» Vers minuit, l'immeuble a été entièrement évacué, et ses occupants embarqués manu militari au commissariat. Fin de la partie. Jusqu'à la prochaine fois.

03/10/2012

Un chiffre affolant

Paris, Economie, Logement, SocialIl a l'air assez déprimé, le tagueur qui, ces derniers jours, dans notre quartier du onzième arrondissement, a gratifié les murs de ses humeurs à propos des tristes maux de notre monde contemporain.

Il ou elle se réfère-t-il au climat en France en général? Ou est-il motivé par l'une ou l'autre pénible actualité en particulier? Hier, en tout cas, une nouvelle concernant Paris est tombée, qui nous a rappelé son tag.

Cette nouvelle peut se résumer à un chiffre: 8.410€. Soit, selon les dernières données des notaires de la région parisienne, le prix moyen du mètre carré dans le logement ancien, à Paris. Et on n'en a pas fini: «D’après les dernières projections des prix calculées sur les avant-contrats, les prix de vente à Paris devraient s’inscrire en légère hausse dans les deux prochains mois».

8.410€. Ce n'est qu'une moyenne, pour l'ensemble des arrondissements – à Saint-Germain des Prés, par exemple, des appartements se vendent en ce moment jusqu'à... 13.000€ euros le m2. Et c'est assez abstrait, comme chiffre. Mais cela devenait très concret, ce matin, à la lecture d'un petit entrefilet vu dans les pages locales du quotidien «Le Parisien». Il disait: «Pour un studio de 30 m2, il faut désormais débourser près de 250.000€, et pas moins de 850.000€ pour un quatre-pièces».

Faut-il encore s'étonner, après cela, de l'exode croissant, si triste, des classes moyennes – pour ne pas parler des couches populaires – de la «Ville lumière»?

10/09/2012

Une pénible collision

Paris, Banlieues, Logement, Pauvreté, Social, Luxe, Economie, GouvernementPénible collision d'actualités ce week-end en France, décidément. C'est ce qu'on s'est dit hier dimanche, pendant toute la journée, en bossant sur l'«affaire Arnault» – si vous avez vécu sur une autre planète, ces deux derniers jours: l'homme le plus riche de France, qui a demandé la nationalité belge et est accusé par ses détracteurs de vouloir s'exiler fiscalement dans le plat pays.

Collision de deux actualités qui n'ont pas le moindre rapport l'une avec l'autre, mais qui, survenant au même moment, ont de quoi gêner.

Côté pile, donc, l'extrême richesse. L'homme le plus fortuné de France et d'Europe, patron de l'empire du grand luxe LVMH. Son patrimoine personnel dépasse les 30 milliards d'euros. Soit, comparait le journal «Le Parisien» dimanche, «la moitié du budget de l'Education nationale, les recettes de l'impôt sur les sociétés en 2010, deux fois le déficit de la Sécurité sociale, le PIB de la Lituanie, ou deux fois celui du Portugal». L'extrême richesse, donc.

Côté face, l'extrême pauvreté. Cet incendie d'un immeuble d'habitations à Saint-Denis, dans la proche banlieue Nord de Paris, et dont le bilan, annoncé dimanche, est lourd: deux morts, quatre blessés graves, onze blessés légers, une cinquantaine de rescapés à reloger. Des scènes d'horreur: des gens se défenestrant pour échapper aux flammes. Un bâtiment qui était insalubre et reconnu comme tel depuis des années. Et dans lequel il n'avait ni l'eau, ni l'électricité. En 2012, donc, aux portes de Paris, capitale de la cinquième puissance économique mondiale, des gens vivent sans eau ni électricité. Selon la mairie, à Saint-Denis ces dix dernières années, une trentaine de personnes sont mortes à cause de leur habitat indigne: dans des incendies ou des fuites de gaz ayant dévasté leur logement. L'extrême pauvreté, donc.

L'extrême richesse, l'extrême pauvreté. La collision de deux actualités. Qui, on le répète, hormis leur simultanéité fortuite, n'ont rien à voir entre elles, et n'ont donc probablement pas à être mises en relation.

Mais qui, tout de même, en disent long, trouve-t-on. Sur une certaine cohabitation quotidienne, dans ce pays: entre deux extrêmes.

03/02/2012

Un vrai scandale

paris,logement,social,vie privée,santé,pauvreté,informatiqueLocataire «alcoolique», qui «n'est pas de nationalité française», ou est «ancien SDF addiction boisson». Habitant «séropositif», «cancer», «personne cardiaque», «sous chimiothérapie», ou «alzeimer aveugle». «Fils cancer Mme malade des poumons», ou «violence conjugale». «Personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier», «dépression hôpital psychiatrique», «maladie de parkinson», ou «cancer des intestins opération du cerveau».

Telles sont quelques-unes parmi les innombrables mentions concernant la vie privée des habitants des HLM de la ville de Paris, qui figurent dans le système informatique de l'organisme gérant ces logements sociaux: «Paris Habitat». L'existence de ce gigantesque fichage a été révélée hier par la Commission de l'informatique et des libertés (CNIL): l'organisme qui veille à la compatibilité entre les fichiers électroniques et le respect de la vie privée. Toutes ces informations avaient été collectées par les gardiens d'immeubles de ces HLM, puis illégalement rassemblées et stockées dans les fichiers informatiques de «Paris Habitat». Des associations de locataires, indignées, ont saisi la CNIL. Hier, dans une démarche exceptionnelle (ici), vu la gravité des faits, cet organisme a publiquement mis l'Office des HLM en demeure de détruire ce fichier dans les deux mois, sous peine de poursuites judiciaires.

Dans les médias hier, les dirigeants de cette société ont paru à peine gênés. On a même entendu des propos du genre, en substance: les gardiens d'immeubles ayant commis ce flicage ne pensaient pas à mal, c'était pour mieux connaître et donc mieux venir en aide à ces locataires, etc.

paris,logement,social,vie privée,santé,pauvreté,informatiqueUn tel scandale, dans n'importe quelle autre grande capitale internationale, entraînerait probablement le limogeage sur le champ du patron de l'Office des HLM, et des excuses publiques du maire en personne. A Paris: rien. Aux dernières nouvelles, la hiérarchie de «Paris Habitat» est toujours en place. Et Bertrand Delanoë, pourtant habituellement si prompt à communiquer, ne s'est même pas exprimé sur le sujet.

Encore bravo.

02/02/2012

Une indignité, ou l'autre

0 degré à peine, ce matin, à Paris. Et vers les -10°, cette nuit. ¨La nuit dernière pourtant, comme les précédentes et comme les suivantes, en plein coeur de ce qu'il est convenu d'appeler la «Ville lumière», des gens ont passé la nuit dans un mobil-home, une caravane ou une voiture. On les entendait ce matin, sur une radio. Ils (et elles) avaient dormi sur l'immense parking qui fait face au Château de Vincennes. Au micro, certains avouaient n'avoir cessé de grelotter. D'autres, en revanche, ne s'apitoyaient pas sur leur sort. Disaient que «non, non, ça va: pas de problème!» Plaisantaient, même. A entendre leur bonne humeur matinale, malgré une nuit pareille, on hésitait entre l'effarement et l'admiration.

En France, entre 70.000 et 120.000 personnes habitent sous tente ou en mobil-home: résident au camping à l'année, leurs moyens ne leur donnant pas accès au marché de l'immobilier. Théoriquement, c'est interdit par la loi. Pratiquement, c'est toléré. Parmi ces campeurs malgré eux, pas mal de vieux ne touchant que de petites retraites, et pas mal d'étudiants. A la mi-novembre, l'Assemblée nationale a voté en première lecture une proposition de loi (ici) visant à «mieux encadrer» le secteur des «habitats légers de loisirs» et de «l'hébergement de plein air». Le député (UMP) à son origine invoquait notamment la nécessité d'«éviter les bidonvilles» et de «responsabiliser» les maires sur la question du logement. De facto, avec pareil texte devenu loi, ces dizaines milliers de campeurs à l'année devraient déménager. Direction la rue, donc. Les associations, du coup, s'étaient mobilisées. Avec succès: il y a quelques jours, ledit député a promis de modifier son texte quand il reviendrait à l'Assemblée. Cette centaine de milliers de campeurs malgré eux n'iront donc pas grossir les rangs de la centaine de milliers de SDF qu'on dénombre déjà (au minimum) en France.

Ce matin, en entendant nos campeurs de Vincennes témoigner à la radio, on s'interrogeait. Sous prétexte qu'a été évitée une indignité (les jeter à la rue), est-on prié, ou non, d'en accepter une autre (être obligé de dormir dans sa voiture, en plein Paris)?

20/01/2012

Une flambée

paris,logement,economie,social,gouvernement164%. Le chiffre est sorti hier (ici), et il est saisissant. +164%: c’est l’évolution qu’ont connue les prix de l’immobilier à Paris, ces dix dernières années.

 

Dans la «Ville lumière», l’ère de l’euro aura donc été «particulièrement favorable aux propriétaires», en termes de plus-values en cas de revente de leurs biens, se réjouit l'agence immobilière en ligne Efficity. C’est une façon de voir les choses. Une autre est de prendre le point de vue des candidats-acquéreurs. Vu sous cet angle, «depuis 2000, l'écart entre l'augmentation des prix des logements et celle des revenus des ménages ne cesse de se creuser (+ 86% contre + 25% sur la période 2000-2009). La solvabilité des ménages français s'est donc nettement dégradée. Une famille qui se serait endettée sur 14 ans en 2000 aurait dû s'endetter sur 31 ans en 2008».

 

Avec des prix désormais situés entre, en gros, 6000 et 12000 euros le mètre carré, selon l’arrondissement, faut-il encore se demander pourquoi, en dix ans, Paris est devenue une ville de bobos? Du reste, selon la même étude, cette flambée de l’immobilier n’a pas concerné que la capitale. Ainsi, depuis 2000, «les prix ont progressé de 136% à Lille, 118% à Toulouse et 111% à Marseille».

 

Les sondages, de longue date (voir par exemple ici), indiquent que 65% des Français jugent difficile de trouver un logement. Cette proportion passe à 71% chez les 18-29 ans. 64% des primo-accédants ont rencontré des difficultés pour trouver un logement correspondant à leurs attentes. Ils sont presque aussi nombreux (57%) à avoir peiné à trouver un financement correspondant à leurs besoins, pour acquérir ce logement.

 

paris,logement,economie,social,gouvernementNotez que, malgré cette situation critique, le gouvernement ne compte pas même, en son sein, de ministre du Logement de plein exercice: juste un secrétaire d’Etat. Et, après cela, certains s’étonnent que, dans les sondages, les gens disent que leurs préoccupations premières ne sont pas assez prises en compte par leurs dirigeants...