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10/06/2015

Une (autre) idée reçue, contredite

Le petit commerce se porte mal. C'est ce qu'on entend dire et répéter depuis des années, à Paris en particulier. Singulièrement dans notre onzième arrondissement, où, dans certains quartiers (Saint-Ambroise, Chemin vert, etc.), le commerce de proximité a beaucoup souffert de l'extension de la mono-activité du textile de gros. Et bien non, il ne se porte pas si mal, ce petit commerce, dans Paris et sa région en tout cas.

C'est ce que montre une étude, publiée dernièrement. Elle indique que, depuis 2002, le nombre de commerces de proximité n'a pas baissé à Paris et dans les trois départements de la petite couronne, mais a légèrement augmenté (+2%). La région totalise précisément 107.825 boutiques, ce qui n'est pas rien, le pompon de la densité commerciale revenant bien sûr à la capitale (31,1 commerces pour 1000 habitants: près du double qu'en banlieue).

Alors, évidemment, tout n'est pas uniformément rose. Certains types de commerces ont flambé: les supérettes alimentaires (+148%!), les services à la personne (écoles de conduite, aide aux personnes âgées, coaching scolaire, etc.), la restauration rapide, ou les commerces des soins du corps. A contrario, a régressé le nombre de boutiques dédiées au jardinage, à l'équipement de la maison, au secteur automobile et deux roues, ou à la culture et aux loisirs. Dans ce dernier secteur, cette baisse (de 12%) du commerce de proximité (petites librairies, etc.) est due à la fois au développement des grandes enseignes et à la concurrence d'internet (vente de musique et de livres en ligne, etc.)

Cela dit, les retournements de situation peuvent être très rapides, voire brutaux.

On l'a bien vu avec les boutiques de téléphonie mobile. Dans les années 2000, leur nombre a explosé, à Paris: +24,7%. Cela a été très frappant notamment dans notre 11e arrondissement. Mais, depuis un an ou deux, la suroffre a conduit nombre de ces boutiques à fermer. Ou à se reconvertir dans le dernier eldorado en date du petit commerce urbain de proximité: la cigarette électronique et ses produits dérivés.

27/04/2015

Une pingrerie assez misérable

Euro Disney moins généreux que la mairie de Paris. C'est ce qu'on peut déduire de l'annonce faite par la ville, l'autre jour, relative aux militaires qui sont mobilisés dans la capitale et sa région en vertu du plan de vigilance antiterroriste "Vigipirate".

Pendant leur temps libre, ces militaires auront accès gratuitement aux établissements culturels et de loisirs municipaux. Ils seront quelque 4.000 à se voir donc proposer «des laissez-passer pour visiter les expositions temporaires dans les musées de la Ville de Paris, des places pour les matchs du Stade Français, et des invitations pour la Foire de Paris, la Tour Eiffel ou encore le Parc zoologique de Paris».

En revanche, un tel «geste de reconnaissance envers nos soldats» (dixit la maire de Paris, Anne Hidalgo), EuroDisney n'a pas souhaité le faire. Le mois dernier, une centaine de militaires mobilisés dans le cadre de "Vigipirate" avaient sollicité un tarif réduit pour visiter Disneyland Paris, lors d'un jour de permission. La direction du parc d'attractions les a envoyés sur les roses. Non parce que l'attraction touristique la plus fréquentée d'Europe (14 millions de visiteurs annuels) revendiquerait une avarice digne du célèbre Oncle Picsou, mais parce qu'elle n'a «pas d'accords particuliers» avec la Défense, qui permettraient à ses hommes de bénéficier d'un tel geste commercial.

L'armée étant une Grande muette, l'histoire ne dit pas si ce refus cinglant a été apprécié à sa juste valeur par les soldats qui, depuis janvier, renforcent la sécurisation même du site de Marne-la-Vallée. Histoire de ne tout de même pas trop se faire mal voir par la troupe, le parc a assorti son refus de ses «remerciements» pour «l'investissement» des militaires déployés en région parisienne, «dans le cadre de (leur) mission difficile».

Sans doute est-ce déjà cela.