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17.01.2012

Un bilan assez éclairant

18. C'est, depuis la mi-avril, le nombre de femmes qui, à Paris et dans sa proche banlieue, ont été verbalisées par les policiers pour infraction à la fameuse loi qui, depuis le printemps, interdit le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) sur la voie publique. «Au total, il a été procédé à 28 contrôles» dans cette région, lit-on dans le dernier point qu'a fait la préfecture de police sur la question: «douze contrôles à Paris, dont six verbalisations, cinq dans les Hauts-de-Seine et autant de verbalisations, onze contrôles en Seine-Saint-Denis dont sept verbalisations, aucun contrôle ni verbalisation dans le Val-de-Marne».

18 femmes verbalisées, donc. En 10 mois d'application de la loi.

Cela relativise assez bien, trouve-t-on, les cris d'orfraie qu'avaient poussés certains ministres et parlementaires sarkozystes l'an dernier, selon lesquels le port du niqab était en train de prendre des proportions affolantes en France, et y menaçait l'ordre public.

Dommage, cela dit, que la préfecture n'informe pas davantage sur les circonstances ayant donné lieu, à Paris, à ces six verbalisations. Cela permettrait de vérifier si, parmi ces femmes verbalisées, ont figuré, ou pas, ces très riches et respectables touristes intégralement voilées venues des Emirats ou autres, qui sont les hôtes de marque réguliers des palaces multi-étoilés de la capitale ainsi que des maroquineries, joailleries et boutiques de haute couture de l'avenue Montaigne ou de la place Vendôme.

Juste pour savoir si le rétablissement de l'autorité républicaine dans les «zones de non-droit» – ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat ont jadis désigné les banlieues difficiles – a concerné également, et équitablement, les quartiers les plus chics du pays.

13.01.2012

Une double palme

S'il y avait une palme hebdomadaire de la déclaration à l'emporte-pièce, le député-maire UMP de Nice (et ex-ministre) Christian Estrosi la remporterait haut la main, cette semaine. L'autre jour, sur une radio, ce sarkozyste de choc n'a rien trouvé de mieux que de s'emporter de la sorte, revenant sur un certain dimanche soir de mai 2007: «C'est indigne de reprocher au Président de la République d'être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées, ce soir-là!»

Populaire, donc, le «Fouquet's». Vu l'énormité de cette assertion, nombre de médias ont pris un malin plaisir, ces derniers jours, à se pencher sur la carte de cet établissement. Cela donne «28€ le saumon fumé de Norvège en entrée», «54€ le ris de veau braisé», ou «des menus à 80€». A l'UMP, semble-t-il, on n'a pas la même notion que dans le reste du pays de ce qui est, ou pas, accessible au peuple.

La socialiste Martine Aubry, elle aussi, a cru bon d'évoquer la brasserie parisienne préférée des sarkozystes, cette semaine. En vilipendant les «maux» d'un «quinquennat Fouquet's».

Il nous semblait que, depuis une certaine affaire Strauss-Kahn (la Porsche place des Vosges, la suite la plus chère du Sofitel, les pâtes aux truffes dans un resto chic de Manhattan, etc.), le PS n'était définitivement plus le mieux placé pour faire la leçon à la droite, question train de vie. Depuis le cas DSK, le parti à la rose a compris l'image désastreuse qu'un tel affichage de luxe a pu donner, dans l'électorat «populaire» par exemple? Les barons de ce parti la jouent modeste, à présent? Et bien pas tous, semble-t-il; on en a eu confirmation (ici) cette semaine.

Aux prochains scrutins, l'électorat «populaire» va adorer cela: la «droite-Rolex» contre la «gauche-Porsche».

Encore bravo.

15.11.2011

Une mansuétude (assez curieuse)

luxe,tourisme,economie,gouvernement,art de vivreEn ces temps de plans de rigueur successifs et de mesures d'austérité en cascade, mentionnons ce geste particulier de mansuétude fait dernièrement, en toute discrétion, par le gouvernement. Un geste en faveur du secteur du grand luxe.

Il bénéficie aux établissements hôteliers facturant plus de 200 euros la nuitée à leurs clients. En septembre, le gouvernement, soucieux d'accroître ses recettes fiscales, avait décidé de frapper chacune de ces nuitées d'une taxe supplémentaire, de 2 %. Cette taxe devait s'appliquer dès le début novembre. En fait, elle n'a vécu... qu'une semaine. En effet, le syndicat des hôteliers et des restaurateurs a obtenu (ici) la promesse de son abrogation. Le gouvernement considère que l'hôtellerie sera déjà assez touchée par la hausse (de 5,5 à 7%) du taux réduit de TVA, qui a été décidée entre-temps.

Alors, on peut parfaitement partager le souci des autorités de veiller à la bonne santé du secteur du tourisme. Puisque, d'après les chiffres du gouvernement, ce secteur «emploie directement en France un million de personnes, dans 235.000 entreprises, et un autre million indirectement».

On peut néanmoins douter que cette petite (ex-)taxe de 2% allait vraiment menacer la compétitivité de la France en la matière, l'Hexagone étant depuis belle lurette la première destination touristique mondiale. On peut douter aussi que cette contribution supplémentaire allait mener le secteur de l'hôtellerie de grand luxe à la faillite: à Paris ou à la côte d'Azur, et à longueur d'années, il affiche des taux d'occupation insolents.

Enfin, vu les tarifs que pratiquent ces palaces – en gros, plusieurs centaines d'euros la nuitée – et vu donc les moyens qu'il faut avoir pour y séjourner, on peut douter que 2% en plus ou en moins, sur le montant final de l'addition ou de la réservation, cela allait fondamentalement mettre sur la paille leurs richissimes clients, et donc les faire hésiter à la dépense.

Mais ce n'est que notre avis.

22.09.2011

Une idée farce

paris,patrimoine,histoire,luxe,jolyOn la trouve drôle, parfois, Eva Joly. Dans «Le Monde» d’hier soir, la candidate écologiste à la présidentielle de 2012 y est allée d'une petite idée révolutionnaire assez farce, concernant un des lieux emblématiques du patrimoine parisien. A savoir, l'Hôtel de la Marine: l’imposant bâtiment à colonnade qui borde tout le côté nord de la place de la Concorde.

 

A l'horizon 2014, l'édifice sera vidé par la Défense nationale. Aux projets de réaffectation chics, chocs, voire snobs circulant dans le tout-Paris en ce moment, Eva Joly préfère, carrément, ... un Musée de la Révolution. A ses yeux, ce serait une manière, «en accord avec les idéaux des Lumières, (de) retrouver l'esprit de fête de la Révolution, pour créer un nouvel espoir d'émancipation et un nouvel horizon pour notre pays». A ses yeux, pourraient notamment y être transférées les «25 000 pièces relatives à cette époque, qui se trouvent conservées, loin des yeux du public, dans les réserves du Musée Carnavalet».

 

Iconoclaste? Pas du tout, selon Eva Joly. Pour qui, ce qui relèverait de «l'outrage» et «du mauvais goût», ce serait, au contraire, de faire de cet Hôtel de la Marine «un palace pour privilégiés». Etant donné que ce bâtiment «regarde la place de la Concorde, ancienne place Royale, qui fut l'un des hauts lieux de la Révolution française: symbole tout à la fois des excès de la Terreur et de la rupture fondatrice que constitua 1789 dans l'histoire nationale».

 

paris,patrimoine,histoire,luxe,jolyTout de même. Célébrer l'esprit révolutionnaire dans ce haut lieu du grand luxe qu'est la place de la Concorde – où se situe aussi, faut-il le rappeler, le si select l'Hôtel de Crillon, un des palaces les plus chers de Paris –; rien que l'idée risque de faire tousser, en haut lieu.

 

Vénérer les sans-culottes dans cet Hôtel de la Marine qui, jadis, fut le garde-meuble de la Couronne; le Premier ministre François Fillon risque encore d'accuser l'écologiste franco-norvégienne de n'être qu'une espèce de sous-Française manquant totalement de culture et d'identité nationales.

14.09.2011

Un slogan assez gonflé

publicité,luxe,art de vivre,banlieuesOn la trouve gonflée, la maison de haute couture Chanel. On se le dit chaque fois qu'on tombe sur un des nombreux panneaux publicitaires qui, à Paris en ce moment, relaient sa dernière campagne de pub. On y voit une jeune femme au saut du lit, look rebelle-cool: la chemise de son homme, pas maquillée ni coiffée, et ce slogan peinturluré au feutre sur son visage: «Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue!»

 

Chanel-rebelle descend dans la rue, donc. C'est vraiment se moquer du monde.

 

D'abord, vu les prix pratiqués par cette marque, on peut sérieusement douter que ses créations soient accessibles à «l'homme/la femme de la rue», comme on dit. A fortiori en ces temps de crise, faut-il le préciser.

 

Ensuite, il faut rappeler que cette grande maison ne descend tout de même pas dans n'importe quelle rue. On l'avait vu il y a quelques mois, à l'occasion d'une affaire qui avait fait un certain bruit dans la banlieue de Paris. Du jour au lendemain, les produits Chanel avaient purement et simplement disparu des rayons des parfumeries de plusieurs villes pas vraiment symboliques de luxe et de glamour: Bobigny, Meaux ou Chilly-Mazarin. Le porte-parole de la marque avait invoqué la «qualité insuffisante» de ces boutiques, et le non-respect de ses «critères d’exigence, en termes de présentation et d’environnement». «Nous sommes un produit de luxe. Nous avons un cahier des charges très précis avec nos distributeurs», avait-elle argumenté. A Bobigny, des responsables d'associations, «particulièrement choqués», avaient dénoncé cette décision: «Ce départ signifie que Bobigny n’est pas assez bien pour Chanel, que nous sommes des clients de seconde zone». Tentant de couper court à cette délicate polémique, l'enseigne avait assuré que, dans son esprit, il n'avait, bien sûr, «jamais été question de discriminer» quiconque.

 

Quelques mois plus tard, voici donc Chanel qui se la joue rebelle et descend dans la rue. Ceux et celles qui se demandent dans quelles rues et de quelles villes ont sans doute le droit d'écrire à Karl Lagerfeld pour lui poser la question.

05.07.2011

Un menu toujours aussi débattu

Gros embarras, hier soir sur une radio. A l'issue d'une interview assez ronron, un lieutenant de DSK, Jean-Christophe Cambadélis, était soudain titillé par des auditeurs-internautes, là de manière un peu plus musclée, sur... les fameuses pâtes aux truffes dégustées ce week-end par son mentor – ce dont on parlait hier. «Il avait faim...», répliqua-t-il, d'une petite voix. «Oui mais quand même: des truffes!», insistait en substance un deuxième auditeur. «C'est bien, les pâtes: ce sont des sucres lents, cela donne de l'énergie», poursuivait le strauss-khanien. «Donc, après la gauche-caviar, la gauche-truffe?», assénait un troisième auditeur. «Dominique dînait avec un ami qui avait les moyens de lui payer cela», botta en touche le lieutenant de DSK. Qui, sans doute, avec de tels arguments, n'aura convaincu que ceux qui l'étaient déjà.

Autre réflexion sur le même sujet gastronomico-politique, hier encore: celle de Jérôme Fourquet, directeur adjoint de l'institut de sondages Ifop. A ses yeux, le rapport de DSK à l'argent peut vraiment, politiquement, être «problématique, surtout pour un possible candidat de la gauche». Car «on a en France un rapport ambigu à l'argent et à la réussite sociale; c'est notre vieux fond catholique et révolutionnaire». Et car «on a vu que DSK avait des moyens financiers qui n'ont rien à voir avec ceux des Français moyens». Et le sondeur de s'effarer: «Ses ennuis avaient commencé avec la Porsche et le prix de ses costumes. Et voilà qu'à peine sorti, il recommence: ses premiers pas de liberté sont pour aller manger des pâtes aux truffes à 100$ l'assiette! S'il revient en politique, la question de son train de vie sera l'une des grilles de lecture (de sa popularité)».

C'est aussi cette sortie si médiatisée du couple Strauss-Kahn-Sinclair dans l'Upper East Side qui a été invoquée, hier toujours, par Tristane Banon. Ce mardi, cette jeune femme poursuit DSK devant la justice française, pour tentative de viol en 2003. «Voir Strauss-Kahn libéré puis aussitôt dîner dans un restaurant de luxe entre amis, ça me rend malade», a-t-elle déclaré hier.

L'addition, là, pour DSK, pourrait être vraiment salée, voire indigeste. Si d'aventure il était jugé aux assises puis reconnu coupable et condamné, c'est carrément de... 15 ans de prison qu'il pourrait écoper.

04.07.2011

Un menu (révélateur?)

patesauxtruffes.jpgMelon au jamon serrano, pâtes aux truffes noires, Pinot gris: tel a donc été le menu des époux Strauss-Kahn pour leur première sortie resto samedi soir, dans l'Upper East Side new-yorkais. Avec les papparazzi dans les jambes, mais, pour Monsieur, sans bracelet électronique à la cheville. Juste deux remarques, en passant.

 

Un: sans être le moins du monde nutritionniste, juste journaliste, pareil menu nous semble tout de même exagérément calorique, riche et gras. Mais sans doute la ligne n'est-elle pas une priorité quand on a croupi à Rikers Island et été menacé de 74 années de prison...

 

Deux: au prix de la truffe melanosporum, un tel menu est très politiquement incorrect. Pour une personnalité dont, d'après un sondage ce week-end, 60% des Français de gauche espèrent le retour en politique. Selon la presse – qui, en ce moment, n'a visiblement rien de mieux à faire –, le couple Strauss-Kahn s'en est tiré avec une addition entre 600 et 700$. Et le resto qu'il ont choisi est pour le moins bling: fréquenté par des stars comme Rihanna, Madonna, etc.

 

Pour de fins analystes politiques, la truffe, après la Porsche Panamera et la prison dorée de Manhattan louée à 50.000$ par mois: tout cela montre bien que DSK n'en a plus rien à faire de la présidentielle de 2012. Sinon, il dépenserait sa fortune avec moins d'ostentation, histoire de ne pas choquer l'électeur socialiste qui, comme beaucoup de Français en ce moment, a du mal à nouer les deux bouts.

 

Juste: s'attendait-on vraiment à ce que DSK et Anne Sinclair aillent fêter cette libération sur parole au kebab du coin? Et que n'aurait-on dit s'ils l'avaient fait?

30.05.2011

Un souvenir embarrassant

paparrazzi.jpgTerrible, la vacuité informative de tous ces reportages que continuent de réaliser, en boucle, tous ces pauvres confrères qui doivent se coltiner le pied de grue devant la résidence new-yorkaise des Strauss-Kahn. C'est ce qu'on s'est dit tout le week-end, en les voyant et en les écoutant tenter de meubler, vaille que vaille, cette si évidente vacuité. Faute d'infos significatives – ils avaient même si peu d'allées et venues des intéressés à se mettre sous la dent – , et le filon des «micro-trottoirs» (interviews de voisins, etc.) ayant été épuisé depuis bien longtemps, certains en étaient réduits, pour occuper leur temps d'antenne, à relayer les ragots et/ou gros mots de la presse tabloïd new-yorkaise la plus trash.

Pour, tout de même, compenser un peu cette vacuité journalistique, certains médias français ont pris le parti de se replonger dans leurs archives. Dans l'espoir d'y exhumer un élément susceptible d'alimenter un peu le feuilleton, le temps que survienne un rebondissement. C'est ainsi que, les premiers, RTL et le «Le Figaro» (pas vraiment des médias proches du PS, remarquerez-vous...) ont déniché de quoi pimenter un peu la controverse autour du montant du loyer de la fameuse maison de Tribeca occupée par les Strauss-Kahn-Sinclair: loyer évalué à quelque 35.000 € par mois.

L'anecdote remonte à 2005. Alors que le ministre de l'Economie de l'époque, un certain Hervé Gaymard, était empêtré dans une controverse relative au faste de son logement de fonction parisien (600 m2 dans les beaux quartiers, loués 14.000€ par mois), qui allait finir par lui coûter son maroquin. Mais, avant qu'il soit contraint à la démission, il avait eu droit, un soir à la télé, à un fameux sermon. Et c'était... un certain DSK qui s'était permis de lui faire la leçon.

euros.jpg«Comment se fait-il que vous ne vous soyez pas rendu compte que le fait de louer un appartement qui valait dix fois le salaire minimum était quelque chose d'inacceptable?», lui avait lancé DSK. «Je ne comprends pas que vous n'ayez pas été du tout choqué par le fait de payer un loyer de 14.000 € par mois pour un logement de fonction. Il y a un problème d'éthique personnelle!»

Six ans plus tard, même si les choses ne sont bien sûr pas exactement comparables – les 35.000€ de loyer de la prison dorée de DSK ne sont pas payés par le contribuable –, ces propos ont bien sûr quelque chose d'embarrassant, pour le donneur de leçons d'hier.

09.05.2011

Un coup de théâtre

Restons un jour encore dans cet univers du très grand luxe que l'on évoquait la semaine dernière. Pour, tout de même, mentionner le tremblement de terre que vient de vivre ce petit monde si exclusif, à Paris. En effet, rien moins que le «George V» (tout comme d'ailleurs le «Ritz») vient de se faire recaler par le jury qui, la semaine dernière, a officiellement octroyé le label et l'appellation «palace» à huit hôtels de grand luxe en France. Dont quatre sont situés à Paris: le «Meurice», le «Bristol», le «Plaza-Athénée» et le «Park Hyatt Paris-Vendôme» (le «Crillon» n'était pas candidat, devant bientôt subir de lourds travaux de rénovation).

Que le si classe « George V » ait loupé le coche a visiblement laissé pantois tout le beau monde, dans la Ville lumière. «Je ne comprends pas, je suis très surpris: depuis des années, nous sommes régulièrement classé premier hôtel du monde», a réagi son directeur général. Qui a eu cette comparaison on ne peut plus chic: « Dans le classement des vins de Bordeaux de 1855, Yquem et Petrus ont aussi été oubliés, et ce sont pourtant les plus prestigieux... » Comme s'il s'agissait de ne pas tirer sur l'ambulance, Didier Le Calvez, le PDG du «Bristol» (et qui, précédemment, dirigea pendant neuf ans le «George V») s'est bien gardé de narguer le recalé. «Peut-être y a-t-il eu l'une ou l'autre petite défaillance au moment de l'inspection», a-t-il commenté, si charitable, en début du week-end. «Mais je ne doute pas que, d'ici à la prochaine session, le «George V» aura rectifié cela et aura toute sa place parmi les palaces».

Au passage, à la même source, la précision du prix de la chambre la plus chère du «Bristol», dénommée «suite impériale»: 17.000€, la nuit. Et la confirmation que, malgré son tarif, cette suite est très demandée: son taux d'occupation à l'année dépasse les 80%.

Comme on le disait l'autre jour, ce n'est décidément pas la crise pour tout le monde.

PS: Que ne se désespèrent pas tous ceux qui n'auraient pas 17.000 € à claquer en une seule nuit, mais qui voudraient tout de même s'offrir un grand frisson passager en expérimentant les draps (de soie, on imagine) du «Bristol». Le tarif de la chambre la moins chère de ce palace est beaucoup plus abordable: 700€. Mais on ne sait si, pour ce prix-là, on a droit à davantage qu'une chambre de bonne.

06.05.2011

Un peu de détente (encore)

ferrari.jpgC'était à prévoir: «La Porsche tranquille» de DSK n'en finit pas de faire jaser, au Parti socialiste. «Hollande, lui, dans Paris, il roule en scooter!» C'est ce qu'a souligné hier, fielleusement, un député soutenant l'ex-n°1 du PS, François Hollande. Qui est candidat à l'investiture socialiste à l'Elysée, et sera donc le concurrent à DSK à la primaire si, comme c'est probable, le patron du FMI se décide à y aller.

Autre petite phrase, émanant cette fois d'un soutien de DSK: «Dominique Strauss-Kahn a toujours roulé dans des voitures françaises».  En entendant cette contre-attaque, on l'a trouvée complètement à côté de la plaque. A moins qu'on n'ait rien compris, le problème ici est moins «l'identité nationale» (hexagonale ou pas) de la voiture, que son coût exorbitant. Et donc l'image symbolique désastreuse qu'il véhicule quand est concerné un socialiste: hiérarque – fût-il officiellement en congé – d'un parti largement coupé de l'électorat populaire.

Sinon, quitte à parler bagnoles – on aura décidément tout fait, dans ce blog ;-)... – , hier toujours, à Paris, un autre bolide a fait le buzz. Concerné, cette fois? Le bon vieux Johnny. «Un panier percé», paraît-il. Flambeur à n'en plus finir. Menant un tel train de vie que, parfois, son banquier en grimace. Le rockeur, entendait-on sur une radio, s'est même arrangé pour se faire payer une... Ferrari Testarossa par son producteur. Rouge, la Testarossa (*), comme il se doit.

Le bling-bling automobile serait-il tendance, en France en ce moment? C'est ce qu'on se demandait hier encore. Dans la soirée, à Saint-Germain des Prés. On patientait sagement à un passage piétons, rue Bonaparte, quand le hasard voulut qu'y passe une voiture sur laquelle tous les passants, comme en seul homme, se retournèrent. Une... Ferrari rouge. Décapotée, vrombissante, étincelante. Pas de Johnny au volant, mais deux minets jeunes Parisiens de bonne famille. Très jeunes: ils n'avaient pas 25 ans.

Et, décidément, c'était la journée bling, hier. Deux heures plus tard, place de la Bastille, rentrant à la maison en passant devant un lounge-bar bondé, on remarquait que la foule en terrasse n'avait d'yeux que... pour une Porsche, stationnée devant l'établissement On n'a pas poussé le zèle journalistique jusqu'à l'inspecter pour vérifier s'il s'agissait bien, ou non, d'une Panamera S. On s'est juste dit que sa présence à Bastille était finalement assez logique, s'agissant d'un quartier sociologiquement très bobo et donc politiquement très strauss-kahnien. On s'est dit aussi que, dans la capitale française, visiblement, ce n'était pas la crise pour tout le monde, en ce moment.

(*) Testarossa. Peut-être, ce printemps radieux aidant, est-on exagérément hormonisé, en ce moment, mais, quand on entend ça, on pense illico... à testostérone. Une bagnole de macho?

05.05.2011

Un peu de détente

dskporsche.jpgLes politiques et les journalistes s'amusent, en ce moment. Histoire d'un peu relâcher la pression. En cette période déjà si nerveuse de précampagne électorale présidentielle, où ils ont si peu l'occasion de se détendre – et cela ne fait que commencer: on en a encore pour un an. On a donc été bien amusé, nous aussi, ce matin, au saut du lit. En entendant, sur une radio, le dernier pastiche en date de slogan de campagne électorale suggéré par les facétieux à Dominique Strauss-Kahn.

Ce slogan détourne le fameux et mémorable «La Force tranquille», de François Mitterrand. Appliqué à DSK, il devient... «La Porsche tranquille». Si d'aventure cela vous avait échappé: lors de son dernier passage à Paris, le probable candidat à l'investiture socialiste à l'Elysée s'est fait paparazzier, avec Anne Sinclair, en train de sortir d'une rutilante Porsche. Pour les connaisseurs, une Panamera S: «une voiture à 10 plaques!», paraît-il. Ledit bolide n'appartient pas au patron du FMI, mais à un de ses amis, a précisé l'entourage de DSK. Il n'empêche, ce cliché volé tombe vraiment mal, pour un politique qui peine à se défaire d'une certaine image bling-bling: le ryad à Marrakech, l'appartement place des Vosges, l'immense fortune de son épouse, etc. C'est même une erreur de com' de béotien, qui n'a pas fini de faire jaser, venant d'un DSK pourtant censé coaché en permanence par une escouade de communicants de haute volée.

Dans le camp DSK toujours, un autre slogan fait fureur, paraît-il. L'inspiration, cette fois, n'est pas mitterandienne mais nord-américaine. Comme Obama a conquis l'Amérique avec son «Yes we can», certains strauss-kahniens s'encouragent en scandant des... «Yes we khan»...

kitesurf.jpgPour l'anecdote, il se raconte aussi que, dernièrement, a vu le jour, dans un autre état-major de présidentiable, une autre déclinaison hexagonale du fameux slogan d'Obama. Il s'agit cette fois de Nicolas Hulot. Dernièrement, ses collaborateurs lui ont offert un tee-shirt. Sur lequel figurait le slogan... «Yes I kite». En référence à la passion de l'animateur télé pour le kite-surf...

On a gardé le meilleur pour la fin: la perle langagière de la semaine. Elle émane d'un ponte de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse. Mardi, soit très fatigué, soit lui aussi très facétieux, ce cacique du grand parti sarkozyste a commis un gros lapsus. Il concernait à nouveau DSK. On vous le donne tel quel: «Nicolas Sarkozy a bien fait de proposer Nicolas Strauss-Kahn comme président du FMI, à l'époque». Merveilleux.

21.04.2011

Un «service de prestige»

Une escapade à Roissy et Orly, aujourd'hui – bien de saison, avec cette météo digne d'un mois d'août. D'autant qu'un nouveau service, dont la société Aéroports de Paris (ADP) avait annoncé le lancement en février, est en train, ces jours-ci, de vraiment y démarrer. Mais ne vous réjouissez pas trop vite: il n'est pas précisément destiné à l'usager lambda de ces deux aéroports.

Car il s'agit d'un «service de prestige», dixit ADP. D'un «service sur mesure». D'une «nouvelle panoplie de services d'accueil hautement personnalisée, mise à disposition d'une clientèle d'affaires ou VIP». C'est «La Conciergerie». Elle vous accueille comme une star à votre arrivée à l'aéroport: à votre descente d'avion ou de voiture. Porte vos bagages. S'assure que vous bénéficiez d'«un accès prioritaire aux postes d’inspection filtrage». Met à votre disposition un «personal shopper» pour vos achats en zone détaxée. Court acheter à la pharmacie le médicament que vous avez oublié à la maison. Se charge des livraisons de fleurs et de cadeaux que vous n'avez pas eu le temps de faire avant votre décollage. S'occupe de votre animal domestique, etc.

Les tarifs de ce service 5 étoiles sont si surfaits qu'ils en deviennent drôles. Une cravate de rechange? 60€. Un détachage express de votre chemisier en soie? 12 € . Un fax urgent à envoyer avant de décoller? 1€ (la page). L'accès à une borne internet quand toutes celles qui sont mises à disposition du public sont occupées? 8€ (par tranche de 10 minutes). Un trousseau de clés à garder précieusement pendant votre périple? 45€ (la journée). Un bouquet de fleurs à livrer à Paris? 120€ (+ le «prix de la composition florale», bien sûr). Une révision express de votre voiture pendant votre voyage? (forfait de 250€: hors pièces et main-d'oeuvre, cela va de soi).

Bienvenue dans la vraie vie parisienne. Pour certains, du moins.

12.01.2011

Une fermeture

L'ouverture des hostilités en France ce mercredi: le lancement des soldes d'hiver. Et donc le début de la saison de l'hystérie voire des empoignades dans les grands magasins de Paris, une des capitales mondiales du shopping comme chacun sait. Une de ces collisions de l'actualité comme on les aime veut que, sur la plus chère artère commerciale de Paris et de France, ce jour d'ouverture coïncide avec... une fermeture.

Ce soir à 19 heures, ferme le seul et unique bureau de poste des Champs-Elysées. Hier midi, à l'appel d'un syndicat, des salariés de La Poste ont déposé une gerbe devant l'immeuble et prononcé une oraison funèbre, en hommage à ce service public bientôt disparu de «la plus belle avenue du monde». L'entreprise justifie sa décision de quitter les lieux par la flambée des loyers commerciaux dans ce quartier. Ils dépassent désormais les 10.000€ le m2; La Poste ne peut plus suivre. Le propriétaire de ses locaux, désireux de tirer lui aussi profit de la frénésie immobilière, avait décidé de faire passer le loyer mensuel de 15.000 à... 108.000€.

L'an dernier déjà, la seule et unique pharmacie des Champs avait dû fermer ses portes, après l'annonce du doublement du montant de son loyer. Plus haut sur la même avenue, le géant McDonald's y compris est aux prises avec la folie immobilière: il a engagé une procédure judiciaire contre son bailleur, qui veut lui aussi doubler son loyer.

«La plus belle avenue du monde ne comptait déjà pas la moindre librairie», remarquait, amère, une habitante des Champs, entendue à la radio locale ce matin. «Voilà maintenant qu'elle n'aura même plus de bureau de poste. Bientôt, il n'y aura plus que des magasins de fringues ici...» Sans doute, oui. Mais les fashionistas, eux, sont ravis: les enseignes Abercrombie, Banana Republic ou Levi's sont d'ores et déjà annoncées. Sans doute est-ce un grand progrès pour la ville.

PS: Sinon, puisque l'on parle de folie, on a vu ce week-end, en vitrine d'une boutique pour dames – c'était à Nice, mais on aurait très bien pu voir cela à Paris –, une paire de bottes vendue... 2499€. Très bling: pleines de dorures et de broderies. 2499€. Par comparaison, le montant du salaire minimum en France, que touchent quelque 2,5 millions de salariés et qui a été (très) légèrement rehaussé début janvier, est, net, de 1.073€.

18.03.2009

Un imbroglio

Pas simple de s’y retrouver, sur les Champs-Elysées. Et plus spécifiquement sur la question si délicate de l’autorisation ou non du travail du dimanche en France. La célèbre avenue parisienne, en son édifice portant le n°101, illustre bien toutes les cacophonies actuelles sur le sujet, exacerbées par la décision de la majorité UMP, vu ses divisions, de reporter aux calendes grecques tout débat clair et franc au Parlement sur cette question.

 

Au 101 Champs-Elysées, la confusion a probablement atteint son comble dimanche dernier, et ce sera sans doute à nouveau le cas ce dimanche. A ce numéro de la célèbre allée, on  trouve le plus grand magasin au monde de la marque de luxe française Louis Vuitton. Cette enseigne bénéficiait depuis plusieurs années d’une autorisation préfectorale d’ouverture le dimanche. Mais, il y a quelques jours, tranchant un imbroglio juridique de plusieurs années, le Conseil d’Etat annula cette autorisation d’ouverture. Pour autant, dimanche sur les Champs, la boutique Vuitton était… bel et bien ouverte. En effet, cette enseigne estime être dans son bon droit puisque, d’après elle, l’autorisation préfectorale annulée n’était plus en vigueur et puisque, depuis, elle a été remplacée par une autre, lui permettant d'ouvrir le dimanche pendant trois ans et elle «pas concernée par ce jugement». Vuitton a donc ouvert ses portes.

 

Résultat des courses, le syndicat CFTC crie à «la mauvaise foi» et somme le préfet de retirer son autorisation à Vuitton. A l’UMP locale, en revanche, on estime «dommage d’obliger une enseigne qui porte le savoir-faire français à fermer le dimanche». Mais, à l’Assemblée, ce même parti peut difficilement confirmer légalement cela, tiraillé qu’il est, en son sein, entre libéraux en faveur de l’ouverture des magasins le dimanche et opposants réclamant le respect de la pause dominicale. Et, pendant ce temps, la préfecture et le ministère des Affaires sociales, qui ont vraisemblablement d’autres chats à fouetter en cette veille de grande journée de grève générale, se taisent dans toutes les langues.

 

Résultat, sur les Champs, plus grand monde ne comprend grand-chose. Seuls les touristes étrangers fortunés, grands consommateurs des célèbres sacs griffés français, trouvent peut-être cocasse cette confusion administrative si courtelinienne, et donc à cet égard si hexagonale. Les autres passent leur chemin, plutôt indifférents. Se disant probablement que, de toute manière, vu la crise actuelle, ce genre d’achats leur est hors de portée.

 

 

 

PS : Quand on écrivait hier, dans ce blog, que le climat de convivialité en ce moment à Paris, et dans le reste de la France, n’était pas terrible: cette nuit encore, dans le quartier Montmartre, des heurts ont opposé des CRS en tenue anti-émeute à des jeunes, en marge d’une manifestation étudiante. Actes de vandalisme, bris de verre, bombes lacrymo, vitrines brisées, insultes: un avant-goût de la grande journée de mobilisation de demain?

19.11.2008

Un gaspillage?

champs%20elysees.jpgCela se passe ce soir, vers 18 heures: c'est le coup d’envoi donné aux grandes illuminations de Noël des Champs-Elysées, en compagnie d’un aréopage d’officiels et de people – cet hiver, c’est l’actrice Marion Cotillard qui officiera en tant que maîtresse de cérémonie. Une fois encore, on imagine que la scénographie sera grandiose. Sur les 2,4 km de «la plus belle avenue du monde», de la Concorde à l’Arc de Triomphe, 400 arbres seront décorés d’un million de points lumineux. Leurs troncs seront parés de brillants de couleur bleue pour rappeler la présidence française de l'Union européenne, qui s'achève à la fin de l'année.

 

Comme chaque année, cette animation de Noël suscite la controverse. La mairie et les commerçants des Champs mettent en avant le recours aux ampoules à basse consommation, qui réduirait le coût énergétique de cette opération à la consommation moyenne d’électricité d’une famille de quatre personnes pendant un mois. Plusieurs associations de défense de l’environnement (le Réseau action climat, Sortir du nucléaire, etc.) n’en dénoncent pas moins «un grand gaspillage». Et avancent , elles, un bilan carbone de 600 à 700 grammes de CO2 par kilowattheure consommé. Au total, la surfacturation d’électricité générée par ce dispositif engloutirait à elle seule les économies découlant du passage à l’heure d’hiver. Ces opposants n’exigent pas l’arrêt des illuminations de Noël mais au moins leur limitation tant dans leur durée que dans leur ampleur.

 

Pendant les fêtes de fin d'année, les grands magasins parisiens – qui réalisent 25% de leur chiffre d’affaires annuel lors de cette seule période  –, déploient eux aussi la grosse artillerie lumineuse. Ainsi, au Printemps, rien que pour les décors extérieurs, ont été mobilisés «2500 boules jaunes noires pailletées argent ou encore à facettes, 85.760 diodes électroluminescentes, 5000 grosses ampoules led, 3000 ampoules flash reliées par 2800 mètres de câbles de fête foraine, 48 étoiles de 2 à 4 mètres, 2000 guirlandes lumineuses soit 100.000 points lumineux, 3,5 kilomètres de tube de lumière». A cela, il faut ajouter, pour les décors intérieurs, «50.000 mètres de guirlandes lumineuses soit 1.670.000 ampoules, 15.000 étoiles, 3750 m2 de moucharabiehs et 90.000 sequins». Sans oublier les vitrines animées, dont le montage prend à lui seul 200 heures de travail. 80 personnages animés et 1000 objets sont utilisés pour ce décor. Pendant la durée de leur exposition, soit deux mois, ces personnages animés «effectueront 5 millions de fois le même geste et parcourront l'équivalent d'un aller-retour Paris-Strasbourg».

 

printemps.jpgTrès joli tout cela, mais, ici aussi, très très énergivore, non? «Pas du tout!», assurait-on hier, avec un bel enthousiasme, à la direction du grand magasin. Le recours notamment aux ampoules led permettrait de «réduire au minimum les nuisances et l’impact sur l’environnement». L’enseigne se refuse toutefois à communiquer le moindre chiffre concernant le coût financier et énergétique de ce dispositif de Noël: «Vous comprenez: cela tuerait le rêve». On comprend.

 

Tiens, au fond, en cette période de crise économique mondiale, au moment où en France tant de ménages se désespèrent de leur pouvoir d’achat voire craignent pour leur logement ou pour leur emploi, toutes ces dépenses si somptuaires sont-elles vraiment à propos? Cette année, un peu plus de sobriété, un peu moins d’étalage donc, n’aurait-il pas été bienvenu, voire de bon goût? «Aucun client ne nous a jamais fait de remarque allant dans ce sens», assure-t-on au Printemps. «Ici, on est dans le rêve le plus absolu, dans la magie de Noël. Cela n’a rien d’indécent».

 

 

30.10.2008

Une fortune

Aujourd’hui, direction le septième arrondissement. Pour les lecteurs qui n’habiteraient pas Paris, le septième, c’est le quartier de la rive gauche autour de la tour Eiffel, du Champ de Mars, des Invalides, de la rue du Bac, et tout cela. Pourquoi s’intéresser à ce quartier? Parce que la réputation dont il jouit de longue date – celle d’être un des plus cossus de Paris – vient d’être très officiellement confirmée, par la direction des impôts en l’occurrence.

 

En effet, les dernières statistiques, portant sur l’exercice 2007, indiquent qu’à Paris, c’est dans ce septième arrondissement que l’on compte le plus grand nombre de foyers assujettis à l’impôt sur la fortune (ISF). Sur les quelque 57.000 habitants dénombrés dans cet arrondissement, très exactement 6.943 contribuables sont taxés spécialement pour leur fortune. Ils déclarent un patrimoine moyen de 3,3 millions d’euros. Et s’acquittent d’un ISF d’un montant annuel moyen de 24.936 euros. Par rapport à 2006, on dénombre dans ce quartier 481 assujettis de plus à l’ISF. Et, en un an, la valeur moyenne du patrimoine qui y est déclaré a augmenté de 200.000 euros. Ce n'est pas la crise pour tout le monde.

 

Dans nul autre arrondissement parisien, pas même dans les très chics seizième et sixième, on ne trouve autant de gens fortunés ni de patrimoines d’une telle valeur. La composition sociologique du quartier l’explique. Selon les propres chiffres de la mairie de Rachida Dati, 40% de la population de cet arrondissement est constituée de cadres et de professions supérieures, contre 30% dans l’ensemble de la capitale. En revanche, seuls 7% des habitants du septième sont ouvriers: c’est deux fois moins que la moyenne parisienne (14,5%).

 

Cela dit, quand on habite aux pieds de la tour Eiffel, on atteint très rapidement le seuil des 760.000 euros de patrimoine: le fameux seuil à partir duquel le fisc considère un contribuable comme fortuné et dès lors l’assujettit à l’ISF. L’immobilier, en effet, s’il est hors de prix en général à Paris, atteint ici des niveaux astronomiques. Faites comme nous hier l’expérience et allez jeter un coup d’œil sur les vitrines des agences immobilières de ce quartier. Vous y verrez des studios de 20 m2 à… 250.000 euros et des trois pièces même pas trop grands, disons 60 m2, à… 700.000 euros!

 

Du coup, et sans pour autant plaindre les intéressés  – il est des sorts tout de même plus scandaleux –, cela veut dire que, quand on vit dans un tel quartier, il ne faut pas spécialement posséder une limousine, des chevaux de course, des beaux bijoux, un bateau de plaisance ou un mas en Provence pour payer l’ISF. Il suffit d’avoir... un trois pièces et, disons, une voiture et l’un ou l’autre compte en banque.

25.07.2008

Un bruit chic

Cela nous éloigne un peu de Paris. Mais c’est une nouvelle parfaite puisque très de saison et qui nous rapproche géographiquement de la route de la plage: il y a des bruits ploucs et des bruits chics.

A Paris par exemple, les habitants se prennent la tête pour des nuisances sonores très peu glamour: le trafic automobile un peu partout, les coups de klaxon inévitables aux carrefours,  les marteaux-piqueurs des chantiers en rue à longueur de journées, et, à la maison, le vacarme des bricoleurs, surtout le samedi matin – les marteaux-piqueurs et les bricoleurs, on prévient: on les déteste vraiment. A Saint-Tropez en ce moment, c’est une nuisance sonore en revanche un brin plus chic qui exaspère les riverains: le ballet incessant des hélicoptères qui transportent la cohorte des people, stars, jet-setteurs et autres paparazzi en villégiature dans la célèbre presqu’île.

 

Le golfe de Saint-Trop’ compte une cinquantaine d’«hélisurfaces», comme semble-t-il on appelle cela. Ce sont des aires d’atterrissage et de décollage privées aménagées dans les vignobles ou à proximité des résidences de luxe. Elles sont très pratiques pour les estivants fortunés, car on les rejoint en une vingtaine de minutes à peine depuis les aéroports de Nice, Toulon ou Monaco. Tellement pratiques que, selon les comités anti-bruit des communes de Ramatuelle, Grimaud ou Cogolin, l’été à Saint-Tropez, c’est chaque jour et pendant deux mois l’ambiance défilé aérien du 14 juillet. Les jours les plus fous, les habitants ont comptabilisé un vol d’hélico toutes les 7 minutes et ce de 7h30 à 21 heures: de quoi devenir fou.

La réglementation n’est donc, de toute évidence, pas respectée. Théoriquement, elle limite le nombre de vols quotidiens, les restreint à certaines plages horaires, et impose le respect d’une hauteur minimale de vol. Du coup, les protestataires ont menacé de faire du grabuge: rien moins que de bloquer la route des vacances menant à Saint-Tropez. L’Etat s’est aussitôt exécuté. Après avoir constaté une kyrielle d’infractions, il a imposé cette semaine la fermeture de l’hélisurface du fameux Château de Pampelonne, à Ramatuelle. Et d’autres sanctions du même type sont d’ores et déjà promises si les nuisances ne diminuent pas.

Même les plus fortunés impitoyablement sanctionnés: les gendarmes de Saint-Tropez, décidément, sont à féliciter.

PS: A propos de gendarmes et de Saint-Tropez, en ce moment la télévision M6, décidément la chaîne des daubes, programme tous les jeudis un épisode de la célèbre série des Louis de Funès – a-t-on constaté avec effarement hier soir. Un de Funès tous les dix ans, quand on est nerveusement très fatigué, soit et même volontiers. Mais chaque été la même série des «Gendarmes» invariablement reprogrammée par et sur la même chaîne: il devrait y avoir des procédures d’avertissement du Conseil supérieur de l’audiovisuel pour ce genre de fonctionnement si paresseux.

19.06.2008

Une étoile

620cee73eef70ca9a08f353f5e8777c5.jpgRévolution (de velours, comme il se doit) dans le monde feutré des palaces. La nouvelle ne concernera sans doute que peu de lecteurs de ce blog, dans leur vie quotidienne. Car qui donc de normalement constitué peut se permettre de passer la nuit dans une chambre d’hôtel à 730 euros (le premier prix au «Ritz» de Paris: on a vérifié ce matin)? Mais enfin, on la donne quand même. Les palaces de France vont enfin avoir leur cinquième étoile: le ministre français du Tourisme l’a confirmé hier.

 

Jusqu’à présent, l’Hexagone faisait exception dans le paysage touristique international. En effet, la limite la plus haute du classement hôtelier y est fixée à «4 étoiles luxe», alors que dans la plupart des pays, elle est de 5 étoiles. Cette incongruité explique pourquoi un Sofitel à Bangkok est cinq fois étoilé alors que le même à Paris ne l’est pas. Les touristes étrangers s’y perdaient; on va donc remédier à cela et du coup rendre l’offre hôtelière hexagonale plus lisible.

 

Autre décision, concernant quantitativement plus de monde, annoncée aux Assises nationales du tourisme, qui se déroulent en ce moment à Paris: un fonds d'investissement doté de 8 milliards d’euros va être mis en place pour la rénovation des hôtels en France. Ce n’est pas du luxe, au propre comme au figuré. En effet, sur 18.000 hôtels classés que compte ce pays, 5.000 sont considérés comme vétustes. Ces établissements sont pour l’essentiel situés dans les zones les moins touristiques du pays, et leur construction remonte pour la plupart aux années 80. C’est d’ailleurs de cette époque (1986, pour être précis) que date le système de classification hôtelière en vigueur en France. C’est la raison pour laquelle lui aussi va être remis au goût du jour. Certains critères, en effet, sont complètement dépassés. Ainsi, le fait par exemple d’avoir une cabine téléphonique dans le hall de l’hôtel est pris en compte pour l’attribution de la deuxième étoile. A l’heure du portable et du Wifi, c’est un brin désuet.

 

Tiens, parlant tourisme, les résultats d’une étude à nouveau catastrophiques pour la France sont tombés dernièrement. Menée par un grand nom du voyage en ligne, elle a porté sur les habitudes et les comportements des voyageurs en vacances. Quelque 4.000 hôteliers dans le monde entier ont été interrogés sur la nationalité des touristes qu’ils préfèrent, en fonction de critères comme le savoir-vivre, la politesse, la connaissance des langues étrangères ou la curiosité pour la vie locale. Comme en 2007, les Français terminent bons derniers du classement européen. Parce qu’ils passent leurs journées à se plaindre, parce que la politesse leur fait souvent défaut, ou parce que ce sont les plus réfractaires aux langues étrangères.

03.06.2008

Un symbole

e1e722f2ddc8910eac64150c4095b8f7.jpgUne armée de poings levés. La plupart très militairement alignés dans le même axe. Tous peints en quelques heures à peine sur la chaussée, avec une peinture blanche aux reflets argentés. Hier après-midi, à la suite sans doute d’une opération de commando rondement menée, ces poings sont apparus par dizaines sur le bitume du onzième arrondissement, entre Bastille et République notamment.

Bigre, s’est-on dit en les découvrant. L’heure doit être grave pour que Boboland soit ainsi submergé par une telle déferlante activiste. Et puis finalement, sans doute que non: même pas, en fait.

En effet, sur l’avant-bras de tous ces poings levés, comme un tatouage, apparaît une forme familière, qui rappelle le symbole félin d’un célèbre équipementier sportif. Ces pochoirs, du coup, ne doivent probablement que faire partie d’une opération de teasing publicitaire, n'être qu'une sorte de gadget conçu par quelques commerciaux en mal de marketing viral et de buzz urbain.

Quarante ans après mai 68, le symbole révolutionnaire du poing levé est donc recyclé par une grande marque commerciale, fleuron de l’empire mondial du luxe que constitue le groupe PPR. Cela en dit pas mal sur le chemin parcouru.

28.05.2008

Une addiction

e4d9bfe5c794c2b6e8341ec3ee471a87.jpgDes semaines que son visage s’étale en grand format sur les panneaux publicitaires des couloirs du métro de Paris. Cette fois, ça y est, elle est là. Ce mercredi, Carrie Bradshaw, alias Sarah Jessica Parker, débarque dans 500 salles de cinéma de Paris et de France avec ses copines Samantha, Miranda et Charlotte pour l’adaptation en long métrage de la cultissime série télé «Sex and the City». Le film devrait faire un tabac. L’autre jour déjà, venue à Paris présenter et dédicacer la nouvelle (et très chère) gamme de parfums qu’elle vient de lancer, Sarah Jessica Parker a bien failli provoquer une émeute tant ses fans étaient nombreux.

N’importe qui ayant regardé ne serait-ce qu’un seul épisode de «Sex and the City» pourra le confirmer: Carrie Bradshaw est une passionnée de chaussures. En vraie «fashion addict», elle ferait n’importe quoi pour une paire de Manolo Blahnik. Du coup, l’institut de sondages TNS-Sofres profite de l’arrivée sur les grands écrans français de l’icône new-yorkaise de la mode pour rendre publics les résultats d’une enquête d’opinion essentielle, réalisée il y a quelques mois, sur… les Françaises et les chaussures.

Ce sondage indique qu’un peu plus de 4 femmes sur 10 (42%), contre à peine 2 hommes sur 10 (17%), aiment s'arrêter pour regarder les vitrines des magasins de chaussures, voire ont du mal à résister à la tentation de rentrer dans ce magasin quand elles ont aperçu un modèle qui leur plaît. Seules 20% des femmes disent ne pas faire attention aux devantures des magasins de chaussures.

 

efc0f5c5c9c9f002584e4ad8714cea3e.jpgEn moyenne, les Françaises possèdent 9 paires de chaussures (contre 6 pour les hommes). La moitié d'entre elles (50%) en possèdent 7 paires ou plus, contre 28% des hommes seulement qui sont dans ce cas. Les femmes détenant plus de 9 paires de chaussures font partie des catégories aisées (avec un record de 14 paires en moyenne) mais appartiennent aussi aux catégories moyennes supérieures (11). Onze, c’est le nombre moyen de paires de chaussures que l’on retrouve dans la garde-robe des Parisiennes.

Seules 13% des Françaises admettent posséder un grand nombre de chaussures, voire avouent, comme Carrie Bradshaw, les collectionner. Six Françaises sur dix considèrent détenir un nombre raisonnable de chaussures. Cette notion de raison, toutefois, est éminemment variable. Pour preuve, 33% des Françaises possédant plus de 20 paires de chaussures trouvent cette quantité raisonnable…