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28/04/2016

Une initiative (pas trop) de saison (J-1)

A Paris, dès la semaine prochaine, deux changements, très dans l'air (bobo) du temps. D'une part, les Champs-Elysées qui, un dimanche par mois à compter du 8 mai, seront intégralement dédiés aux piétons (voir ). D'autre part, les week-ends à partir de la même date, l'ouverture ininterrompue, y compris donc en nocturne, de neuf grands parcs et jardins. La mesure vise à «adapter les horaires des espaces verts aux usages des Parisiens, notamment pour ceux qui ne partent pas en vacances, mais aussi à renforcer l'accès aux îlots de fraîcheur que représentent les grands parcs et jardins en cas de canicule».

Lors des pics de chaleur de l'été dernier, déjà (relire ici ou ), des parcs parisiens avaient ouvert en continu. L'initiative avait remporté un franc succès. Un an plus tard, en revanche, et avant même d'entrer en vigueur, elle suscite des récriminations.

Des élus (par exemple ici) et des comités de riverains () maugréent. La mairie a annoncé des «moyens de nettoiement renforcés», l'installation de «bacs à déchet de grande capacité» dans les espaces verts concernés, et «des rondes régulières d’équipes de sécurité», chargées de surveiller l'opération jusqu'au petit matin. Cela ne calme toutefois pas les opposants. Ils jugent de telles mesures d'encadrement «totalement insuffisantes». Et redoutent de subir trois types de désagréments. Des nuisances sonores, des dégradations de ces parcs et jardins, et une hausse de l'insécurité globale.

On verra cet été si leurs appréhensions étaient fondées, ou pas. En attendant, en tout cas, nulle nuisance à redouter. La météo du moment à Paris – digne d'un mois de novembre, donc pas du tout de saison – n'incite aucunement à passer ses soirées, et encore moins ses nuits, dans les parcs.

10/07/2015

Une gratification supplémentaire

Une prime de 150 euros par mois. Ou d'un peu plus de 200 euros pour six semaines. C'est ce qu'a annoncé le ministre de la Défense hier aux 7000 soldats de l'opération "Sentinelle", qui, depuis les attentats, sont déployés dans tout le pays, pour sécuriser l'espace public – plus de la moitié de ces militaires (4000) sont affectés en région parisienne. Cette "indemnité pour sujétion spéciale d’alerte opérationnelle" sera versée avec effet rétroactif au 7 janvier, et bénéficiera à tous les grades, jusqu'à celui de capitaine. Le gouvernement justifie cette «gratification supplémentaire» par «l’effort et les sujétions particulières» qui sont demandés à ces militaires, «dans la durée et en dépit de conditions encore souvent difficiles».

Des conditions qui vont (un peu) s'améliorer. Le déploiement d’infrastructures légères d'hébergement y contribuera, de même que «la réévaluation des standards d’alimentation». En outre, la Défense a signé des accords avec la SNCF, pour que ses hommes et leurs familles bénéficient de tarifs avantageux. Des conventions analogues ont été conclues avec des parcs de loisirs (relire ) et des salles de cinémas. Toutes ces mesures ont un coût global de 94 millions d'euros.

En revanche, en termes de confort de travail de ces militaires, personne ne semble avoir pensé à une chose: à leur tenue.

C'était frappant ces derniers jours, quand on a frisé les 40°. Il fallait voir ces soldats en train de dégouliner en plein soleil, forcés de se coltiner, outre une bonne quinzaine de kilos d'armement et d'équipement (gilet pare-balles, etc.), un uniforme à la Robocop, pas du tout de saison. Il n'est bien sûr pas question de les faire patrouiller dans les rues en tongs. Mais des alternatives existent. Par exemple, les militaires français déployés dans le cadre d'opérations militaires extérieures se déroulant dans les pays chauds (Sahel, etc.) bénéficient d'un uniforme beaucoup plus adapté (shorts, etc.). De même pour les gendarmes et policiers qui sont affectés dans les départements français d'outre-mer, si on a bonne mémoire – longtemps qu'on n'a plus eu la chance d'aller là.

Mais, qui sait, le sujet va-t-il venir de lui-même sur la table, cet été: si le thermomètre, en juillet en en août, recommence à s'envoler.

07/07/2015

Une étourderie rafraîchissante

paris,météoUn dysfonctionnement administratif qui est applaudi par la population, c'est trop rare pour ne pas le signaler.

Il s'est produit samedi dans la nuit, à Paris. Dans un des parcs qui – ce blog l'évoquait, l'autre jour – sont ouverts exceptionnellement au public jusqu'au petit matin, afin de permettre aux riverains de venir s'y rafraîchir de la canicule.

Tout se passait très bien ce soir-là, dans des Buttes-Chaumont bondées de familles venues nombreuses se reposer et s'aérer après une journée torride. Quand subitement, vers 23h30, s'est déclenché... le système d'arrosage automatique des pelouses. Personne semble-t-il, à la Ville, n'avait pensé à le déprogrammer.

Pique-niques noyés, dormeurs réveillés dans leur sommeil, hamacs et chaises longues détrempés: la "pluie" diluvienne a été telle qu'elle a créé une jolie pagaille, dans le parc. Mais, passé le premier moment de surprise, pas grand monde n'a protesté. Au contraire: cette douche froide, fût-ce un peu tardive, fit le bonheur de nombreux riverains – et en premier lieu, bien sûr, des enfants.

L'histoire ne dit pas si un fonctionnaire du service des espaces verts a, ou non, été tancé pour cette étourderie.

06/07/2015

Un si «beau voyage»

Près de six trains sur dix (59%) qui circulent en région parisienne sont dépourvus de système de climatisation ou de réfrigération. C'est valable aussi pour à peu près la même proportion de RER. Du coup, évidemment, en ces temps où, à Paris et en banlieue, la température extérieure oscille entre 30° (aujourd'hui) et 40° (certains jours de la semaine dernière), c'est peu dire que les usagers dégustent.

Une association d'utilisateurs de la ligne L a invité les voyageurs à se munir d'un thermomètre, afin de mesurer la température dans la rame qu'ils utilisent, puis de diffuser leurs mesures. Résultat? Là aussi, très souvent, on a dépassé les 35° voire approché les 40°. Cela a donné lieu, sur les réseaux sociaux (voir par exemple ), à pas mal de coups de gueule.

Contre cette «chaleur suffocante», qui «liquéfie» des «usagers à bout». Et contre ce mode de déplacement décidément «pas humain», qui leur est imposé. «Quel beau voyage, digne des Indes de Kipling», a ironisé un voyageur. «Merci pour ce moment», a renchéri un autre. Le sommet du cri du coeur, entre exaspération et suffocation, allant à ce «PUTAIN, DÉMARREZ CE PUTAIN DE TRAIN QUI NOUS SERT DE SAUNA, LES GARS!»

C'est dans ces moments qu'on se sent vraiment ultra-privilégié d'habiter dans l'hyper-centre de Paris, et donc de ne pas avoir à se coltiner chaque jour un enfer pareil.

03/07/2015

Un air de Midi méditerranéen

Paris, Banlieues, Environnement, Météo, Médias Cela ne se passe pas dans le Midi méditerranéen, mais aux portes de Paris. Dans des localités de ses départements limitrophes, situées à quelques dizaines de kilomètres à peine de la «Ville lumière».

Plusieurs hectares de forêts et de cultures partis en fumées depuis le week-end dernier, en Seine et Marne. Pas plus tard qu'hier encore, des feux de chaume et de récolte sur pied dans l'Essonne. Dans ce seul département, complètement à sec – les dernières grandes pluies remontent à début avril –, une centaine de départs de feu rien que ces dernières semaines. Les pompiers en état d'alerte, à cause d'un «risque élevé» de propagation des incendies vers les zones habitées. Feux qui, selon l'Office national des forêts, ont déjà dévasté 13 hectares boisés en région parisienne, cet été.

A Paris même, la nuit dernière et cette nuit, cinq grands parcs (Monceau, Buttes-Chaumont, Martin-Luther-King, Montsouris et André-Citroën) ne ferment désormais plus leurs portes. Ils sont accessibles y compris la nuit, pour permettre aux riverains d'«accéder à des espaces de fraîcheur, indispensables en période de canicule». De mémoire de Parisien, on n'avait jamais vu cela. Selon les écolos, à l'origine de la mesure, dans ces espaces verts, il n'est pas rare que la température soit «inférieure en moyenne de 2 ou 3°», ce qui «compense l'effet d'îlot de chaleur urbain à Paris».

Paris, Banlieues, Environnement, Météo, Médias Sinon, en boucle sur toutes les chaînes de radio et de télé, à la demande du Conseil supérieur de l’audiovisuel et du ministère des Affaires sociales et de la Santé, sont diffusés des messages de prévention sanitaire, qui recommandent de prendre garde aux fortes chaleurs et d'être attentif à autrui. Ils sont notamment destinés aux millions d'automobilistes et d'usagers des transports publics qui, dès ce soir, premier week-end de juillet oblige, prendront le chemin des vacances.

On ne va bien sûr pas trop plaindre ces chanceux qui partent à la plage, mais enfin, c'est peu dire qu'ils vont avoir chaud, très chaud, avant d'y arriver: sur les autoroutes et dans les gares et trains bondés.

01/07/2015

Une troisième peine

Paris, Banlieues, Transports, Météo, TerrorismeLa pollution atmosphérique, la canicule, et... les problèmes de RER. C'est la troisième plaie de la semaine, pour les Parisiens et les banlieusards.

Le réseau a été perturbé hier, et le sera jusqu'à la fin de la semaine. C'est dû à la météo. Quand la température dépasse les 45° au niveau des voies de chemin de fer, les rails courent le risque de se dilater. Sous peine que les voies dévient de leur tracé originel, ces rails doivent donc être régulièrement inspectés, mais aussi ménagés. Raison pour laquelle, dès hier, le flux du trafic a dû être adapté et la vitesse de circulation des trains réduite – à 40 ou 100 km/h, selon le tronçon et le train concernés. Cela occasionne des retards pouvant aller jusqu'à 15 minutes.

Les usagers du RER n'avaient sans doute pas besoin de cela. A fortiori vu la chaleur épouvantable qui règne dans tant de stations et de rames de ce réseau – qui n'est pas marginalement vétuste, donc pas climatisé.

Dans leur malchance, toutefois, ces usagers rendront grâce (un peu) au hasard du calendrier. En effet, ces perturbations seraient-elles survenues il y a quinze jours qu'elles se seraient encore plus mal passées. En revanche, en cette première semaine de juillet, une partie de la ville a déjà commencé à se vider: direction la plage. La pression du nombre des usagers est donc (un peu) moindre.

Ce matin, d'ailleurs, et sans attendre le grand exode d'août, le changement de physionomie de la ville était frappant, par rapport à hier 30 juin. Déjà (un peu) moins de monde, de trafic, de bruit et d'agitation. Nul sans doute ne s'en plaindra, vu la température ambiante.

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PS: Rien à voir, mais tout de même. Un petit air de vacances également pour le dispositif de vigilance anti-terroriste, en tout cas dans notre quartier du onzième arrondissement. Pour preuve, ce matin, pas le moindre policier, gendarme ou militaire n'était de faction devant l'ex-rédaction de "Charlie Hebdo", rue Nicolas Appert. C'est la première fois que cela arrive depuis le meurtrier attentat qui y a été perpétré, le 7 janvier.

30/06/2015

Une double peine

Les petits vieux et les personnes fragiles vont doublement déguster, à Paris. Une canicule: 40° en journée, et pas moins de 25° la nuit. Et, en plus, un épisode de pollution atmosphérique. Les particules fines ne sont, cette fois, pas en cause: c'est une pollution à l'ozone. Comme déjà vendredi et comme encore demain mercredi, les seuils d'alerte devraient être atteints, voire dépassés, ce mardi, dans la capitale française.

Les autorités sont évidemment sur les dents. Nul n'a oublié la conséquence sanitaire de la canicule historique de l'été 2003: 19.000 décès prématurés. Depuis, des mesures ont été prises, tant en termes d'organisation des pouvoirs publics que de sensibilisation de l'opinion et d'équipement des maisons de repos. Mais c'est peu dire que la situation ne s'est pas vraiment améliorée aux services des urgences des hôpitaux. «On est au bord de la rupture!», s'alarmait le dirigeant du syndicat des médecins urgentistes, ce matin sur une radio.

C'est donc là encore et toujours que, ces jours prochains, cela pourrait à nouveau coincer. Avec, comme il y a douze ans, des conséquences dramatiques?

23/10/2014

Un impact sanitaire insoupçonné

C'est une petite info qui, vue depuis l'univers bétonné et bitumisé de Paris, paraît délicieusement campagnarde et bucolique. Mais, à l'échelle du pays, elle n'est tout de même pas si anecdotique. Cela n'a échappé à personne: la France a connu un été particulièrement pluvieux et un mois de septembre très doux. Cette météo atypique a un impact sanitaire particulier, auquel, on l'avoue, on n'aurait pas tout pensé, en tant que citadin 100% urbanisé. Figurez-vous que... «la saison des champignons a commencé plus précocement». Du coup, le nombre d'intoxications et d'hospitalisations qui leur sont dues est en explosion.

Les indicateurs – mais oui, il existe en France des indicateurs pour cela: voir – sont formels. Ils sont basés sur les données qui remontent des centres antipoison et de toxicovigilance, ainsi que des urgences hospitalières. Ces trois derniers mois, 460 cas d’intoxication par des champignons ont été enregistrés. Elles ont donné lieu à 188 passages aux urgences. C'est beaucoup plus que l'an dernier, à la même époque (265 intoxications, 103 interventions hospitalières). Pendant huit semaines consécutives, ces derniers mois, de 35 à 75 intoxications ont été dénombrées chaque semaine. Si les passages aux urgences pour ce motif ont été plus fréquents dans des zones comme Midi-Pyrénées, Pays de la Loire et Rhône-Alpes, «toutes les régions géographiques (du pays) sont concernées» par le phénomène.

Depuis le début de la surveillance saisonnière en la matière, seize cas graves d'intoxication ont été enregistrés. Pour treize de ces cas, «un syndrome phalloïdien» a été constaté. A savoir, un syndrome qui «peut être à risque de complications sévères, voire mortelles, pouvant nécessiter une prise en charge en réanimation, et une greffe hépatique». Et un décès a été déploré.

15/09/2014

Un prix à payer

25 degrés attendus aujourd'hui à Paris. Qui, décidément, en ce mois de septembre, jouit d'une météo radieuse. Il y a juste un prix à payer, pour ces beaux jours de fin d'été: la pollution atmosphérique. Ce lundi, dans la capitale française, le taux de particules fines présentes dans l'air pourrait dépasser le seuil déclenchant la procédure d'information et d'alerte de la population. Mardi dernier, déjà, cela avait été le cas.

Pas plus que la semaine dernière, pourtant, les médias ni les autorités n'évoquent beaucoup la chose: on entend peu, en ce moment, les habituelles recommandations à l'attention des personnes les plus fragiles – dissuadées de trop sortir de chez elles, pendant ces épisodes de pollution. Comme si, après ces mois de juillet et d'août où la météo fut si souvent pourrie, il y avait quelque scrupule à demander aux gens de s'abstenir de profiter, enfin, du beau temps.

10/09/2013

Un été assez exceptionnel (confirmé)

environnement, météo, sécurité On l'écrivait dès le jour de rentrée de ce blog (relire ici): cet été 2013 avait des chances de rester dans les annales comme ayant été exceptionnel en matière de feux de forêt – pourtant un grand classique de la saison. Voilà que c'est à présent confirmé.

Selon les chiffres de la Sécurité civile (arrêtés début septembre), seuls 1.050 hectares de forêt ont brûlé en zone Méditerranée, cet été. A titre de comparaison, la moyenne de ces dix dernières années dépassait les 10.000 hectares partis en fumée chaque été. Jamais la France n'avait aussi peu brûlé depuis que, il y a quarante ans, ont été mises en place les données statistiques relatives aux surfaces boisées, de garrigue ou de maquis détruites par les flammes.

Les autorités, c'est de bonne guerre, y voient surtout l'effet de leurs politiques de prévention et de répression. Mais les conditions météorologiques qu'on a connues cet été expliquent sans doute au moins autant ce bon bilan. Ont permis d'éviter que cela brûle trop, à la fois la grosse pluviosité ayant caractérisé le printemps, la rareté de longs épisodes estivaux de grands vents (mistral, tramontane, etc.), et la fréquence de gros orages ayant ré-humidifié la végétation chaque fois que, après de fortes périodes de chaleur, sa sécheresse commençait à devenir alarmante.

Cela dit, l'été n'est pas encore tout à fait fini. En ce mois de septembre, c'est particulièrement vers la Corse que se tournent les regards des services d'incendie. Qui le faisaient remarquer, ce week-end: «La végétation y est très sèche, et le risque est aujourd'hui plus élevé qu'en juillet-août».

19/08/2013

Un été assez exceptionnel

De retour. En cette dernière ligne droite d'un été qui, en France, s'il continue de la sorte pendant les deux, trois, semaines à venir, restera dans les annales comme ayant été exceptionnel sur un point. Car, même si, curieusement, cela a l'air d'avoir échappé aux médias français, qui en ont peu fait écho, cela a exceptionnellement peu brûlé, cet été dans l'Hexagone: très peu de feux de forêt.

Pourtant, l'été 2013 n'a pas du tout été pourri, sur le plan météorologique. Il fut même assez sec et chaud. Pourquoi, donc, cette absence – jusqu'à présent – de feux de forêt gigantesques? Y compris les spécialistes ont l'air de se perdre en conjectures. Le printemps exceptionnellement frais et pluvieux qu'a connu la France a rempli les nappes aquifères comme jamais, et a considérablement humidifié le sol. Cela a pu faire office de retardant, pour les incendies. Mais, d'un autre côté, cette forte pluviosité a aussi beaucoup fait pousser toute la végétation (broussailles, etc.) qui sert habituellement de combustible à ces feux. Pour les autorités, en fait, ce serait surtout le gros travail de prévention et de sensibilisation de l'opinion – de répression des pyromanes, aussi –, accompli ces dernières années, qui porterait enfin ses fruits.

En tout cas, ce bilan très positif – pour l'instant – tranche fameusement avec les derniers précédents en date. Pour rappel, les premiers mois de l'année 2012 avaient vu 2000 hectares de forêt partir en fumée, dans les départements méditerranéens. Deux sapeurs-pompiers avaient même trouvé la mort, dans ces incendies – qui, à ce stade de l'année, n'avaient pas revêtu une telle intensité depuis dix ans. Le bilan de l'année 2011 avait été pareillement mauvais: quelque 4500 hectares de forêt avaient brûlé, dont 1380 pendant la seule période estivale.

20/06/2013

Une prédiction hasardeuse? (encore)

Plusieurs décès, des dizaines de municipalités dont le fonctionnement quotidien est perturbé, des centaines de foyers inondés ou sinistrés par les inondations et les torrents de boue, des millions d'euros de dégâts. Tel est le pénible bilan des précipitations météorologiques particulièrement violentes déplorées en France, ces trois derniers jours.

Météo, MédiasDu coup, ce matin, dans le tumulte médiatique général, on entendait, sur une radio, un prévisionniste qui se hasardait à pronostiquer un été français particulièrement pourri: exceptionnellement frais et pluvieux. Ces dernières semaines, déjà (relire ici), le Français moyen eut droit à quantité de prévisions présentées comme statistiques, tablant sur un été épouvantablement maussade – après, déjà, un printemps si sinistre.

Il faudrait savoir. On avait cru comprendre (, notamment) que, pour le spécialistes de l'institut Météo France, de tels pronostics ont une valeur scientifique inversement proportionnelle à leur audience médiatique. Pour la bonne et simple raison qu'il est «impossible de prévoir (le temps) au-delà de 8 à 10 jours».

De la rigueur, donc. Même si, clairement, c'est moins «vendable», moins médiatisable.

13:00 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : météo, médias

31/05/2013

Une prédiction hasardeuse

Personnalités, Humour, Météo, HollandeUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. D'humour présidentiel, même. Puisque, en ce moment, François Hollande mérite plus que jamais son surnom de «M. Petites Blagues».

Et la météo semble beaucoup inspirer le Président. «Il pleut tout le temps, depuis un an!», a-t-il ironisé, cette semaine. C'est vrai que, depuis ce jour d'investiture de la mi-mai 2012 où le successeur de Nicolas Sarkozy descendit les Champs-Elysées sous des trombes d'eau, on a un peu l'impression que le beau temps a quitté la France. «Gouverner, c'est pleuvoir!», a philosophé, dans la foulée, François Hollande – réinventant à sa manière la maxime «Gouverner, c'est prévoir».

«Vous allez voir: cela va se lever», a-t-il ensuite assuré, poursuivant sa métaphore politico-météorologique. Mais peut-être le chef de l'Etat s'est-il avancé un peu vite, avec une telle prédiction. Cette semaine, en effet, plusieurs prévisionnistes ont, eux, déprimé encore un peu plus les Français: en leur signalant que, statistiquement, après un hiver aussi long et un printemps aussi pourri, il y avait des chances que l'été, à son tour, soit exceptionnellement humide et frais.

Cela promet.

12/03/2013

Une fatalité, visiblement

68.000 foyers privés d'électricité. Des centaines d'automobilistes bloqués sur la route, qui ont été forcés d'y passer la nuit. Des TGV, des RER et des bus pour une bonne partie à l'arrêt. Un réseau routier complètement saturé. Les services de déneigement débordés. Le trafic aérien perturbé. Les transports scolaires suspendus. Comme à chaque «offensive hivernale», comme on dit, une bonne partie de la France est en pleine pagaille, ce mardi.

Météo France, pourtant, il y a plusieurs jours déjà, avait prévenu de cette brusque détérioration du climat, survenant à moins de dix jours du printemps. Et, depuis, n'a cessé de renouveler ses bulletins d'alerte, qui ont été amplement médiatisés. Manifestement, cela n'a pas permis aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires, pour éviter que, ce matin, un bon tiers du territoire national connaisse un chaos assez généralisé. On imagine qu'il faut en déduire que pareille galère relève de la fatalité.

Plutôt que de s'en étonner une énième fois (relire ici ou ), on profite de l'occasion pour saluer ces centaines voire milliers de personnes qui, pendant toute la nuit d'hier et sans doute une bonne partie de la journée aujourd'hui, dans des conditions de travail difficiles, ne ménagent pas leurs efforts, pour tenter d'apporter un peu de réconfort: électriciens, secouristes, pompiers, cheminots, agents des routes, des communes ou des préfectures, et l'on en passe. Leur rendre hommage, d'autant que ce sont eux probablement qui, sur le terrain, et même s'ils ne sont responsables de rien, doivent se coltiner toutes les récriminations des Français dans le pétrin. Légitimement énervés par cette nouvelle et gigantesque démonstration d'inefficacité de l'Etat – immuable et inévitable semble-t-il, hiver après hiver.

22/01/2013

Un grand classique, à Paris aussi

Paris, Economie, Energie, Art de vivre, MétéoUn grand classique de l'hiver, n'en déplaise aux partisans du tout-nucléaire – dans le deuxième pays le plus nucléarisé au monde qu'est la France. Quand les températures plongent, la consommation d'électricité s'envole, et le réseau en vient à vaciller. Cela vaut aussi, parfois, pour Paris

Ainsi, hier, dans notre bon vieux quartier du onzième arrondissement, les premiers signes de faiblesse du réseau ont commencé à se manifester en début de soirée: des lumières à l'intensité par moments vacillante à partir de 19h30, soit à l'heure où les Parisiens commencent à rentrer du boulot et, arrivés chez eux, rallument le chauffage. Cela a continué comme cela pendant un petit temps. Jusqu'au grand noir, vers 20h15. C'est à ce moment que l'on mesure les joies du tout-électrique français: plus d'éclairage ni de chauffage ni le moindre appareil qui fonctionne, bien sûr, mais aussi plus d'eau chaude et y compris plus de digicode pour entrer ou sortir de chez soi – bref, plus rien. Il a fallu attendre plus d'une heure avant que le courant soit rétabli.

En province, l'hiver, à peu près à chaque grosse chute de neige ou à chaque coup de vent un peu important, des milliers de gens se retrouvent privés d'électricité, parfois même pendant des jours entiers. Rien d'inhabituel. Moins fréquent, en revanche, est le fait qu'une partie de la capitale, en son hyper-centre en plus, se retrouve ainsi plongée dans le noir. Par des températures extérieures qui, si elles étaient fraîches, n'étaient tout de même pas non plus exceptionnelles pour la saison.

Qui sait cela jette-t-il un froid – au propre comme au figuré –, sur l'image de ce pays, censé être la cinquième puissance économique mondiale.

21/01/2013

Une jolie pagaille

Week-end blanc, à Paris. Joli. Pagailleux, aussi. Dans la capitale, hier, pas un bus n'a circulé, le tramway n'a guère mieux fonctionné, et les acheminements vers Roissy et Orly ont été quasi inexistants. Une panne spectaculaire a même frappé le métro: panne en plein ciel, deuxième du genre en quelques semaines seulement.

Elle a frappé la ligne 5, sur le pont enjambant la Seine entre le quai de la Rapée et la gare d'Austerlitz. Le gel d'un câble électrique a entraîné l'arrêt d'une rame au beau milieu du viaduc. Une bonne centaine de passagers ont dû être évacués: ont dû gagner la gare en marchant sur la voie pendant 200 à 300 mètres. Pendant ce temps, vingt mètres plus bas, les gros moyens nautiques avaient été mobilisés. Les sapeurs pompiers, en effet, craignaient que des passagers glissent sur le pont gelé, puis tombent à l'eau. Des hommes-grenouille avaient donc été positionnés sur le fleuve, de manière à pouvoir leur porter secours. L'évacuation, cependant, s'est déroulée sans encombre.

Début décembre, déjà, une rame avait été immobilisée en plein ciel au-dessus de la Seine. Cette fois, c'était sur le pont de Bercy, qu'emprunte la ligne 6. Un «accident grave de voyageurs» avait entraîné une coupure d'alimentation électrique et stoppé un métro au moment précis où il franchissait le fleuve. Là aussi, les passagers avaient fini par être débarqués, et priés de cheminer en plein ciel jusqu'à la station suivante.

Sur le moment, dans un cas comme dans l'autre, pas sûr que beaucoup aient profité du clou du spectacle: la vue que l'on a sur Paris, depuis ces deux ponts. Panorama sublime, se dit-on chaque fois qu'on y passe en métro – époustouflant même, dès la nuit tombée: une des plus belles vues qui soient sur la ville et le fleuve illuminés.

10/02/2012

Une façon de voir les choses

Huit morts en France, depuis le début de la vague de froid. Soit, en gros, un décès par jour. A Paris y compris, parmi les sans-abri: parmi notamment ceux qui vivent à l'année dans le Bois de Vincennes.

Huit morts, tout de même. C'est ce qu'on s'est dit ce matin, en prenant connaissance de ce macabre décompte. Huit morts, seulement. C'est ce que ne cessent d'insinuer les médias français ces derniers temps. Radios et télés surtout passent en boucle le bilan bien bien plus grave déploré dans d'autres pays: plusieurs dizaines de morts en Italie, plusieurs centaines en ex-Europe de l'Est, etc.

Huit morts de froid seulement, donc, en France. C'est une façon de voir les choses. A laquelle, décidément, un hiver après l'autre, on ne s'habitue pas.

28/06/2011

Une scène d'été

fontaine.jpgC'était hier en début d'après-midi, sur le terre-plein central du boulevard Richard Lenoir, aux pieds du bureau, dans notre onzième arrondissement parisien. Au thermomètre, l'on frisait déjà la quarantaine de degrés à l'ombre. N'en pouvant plus, une demi-douzaine de gamines du quartier, 15 ans d'âge à première vue, venaient de prendre d'assaut quelques jets d'eau verticaux et s'y rafraîchissaient à grands cris. Leurs hurlements de joie, hystériques au point d'être cocasses, donnaient au quartier une atmosphère juvénile et estivale adorable. Aurait-on fermé les yeux qu'on se serait cru à la plage en plein mois d'août, et non plus au coeur d'un arrondissement si densément peuplé et rendu encore plus pollué que d'habitude par cette météo soudainement caniculaire.

Aurait-on fermé les yeux, ... mais ils avaient les yeux bien ouverts, en revanche, les mâles du quartier: jeunes et vieux qui, à ce moment, trônaient sur les bancs publics aux alentours de ladite scène aquatique. Ils ne perdaient pas une miette du spectacle de ces ondines aux silhouettes rendues bien apparentes par les jets d'eau collant leurs vêtements à leur peau.

Autant on a trouvé charmante l'insouciance de ces ébats aquatiques, autant on a été gêné par l'insistance de ces regards masculins..

Cela nous a refait penser à ce grand classique des étés et des campings français que sont les concours «Miss t-shirt mouillé», etc. Qui, puisqu'on parlait hier du sexisme dans ce pays, nous ont toujours paru le sommet du machisme beauf le plus primaire  –  si tant est qu'un machisme beauf puisse ne pas être primaire.

Mais ce n'est que notre humble avis.

11:22 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : météo, paris, femmes

16/06/2011

Une «sécheresse sans précédent»

pochoirCIEL.jpg«Regarde le ciel», nous conseillait ce matin, sur le chemin du bureau, un pochoir aperçu sur le bitume, dans notre quartier du onzième arrondissement. On se disait que l'auteur de ce slogan avait bien raison. On a toujours trouvé incomparablement déstressant de s'octroyer une petite pause pour contempler le ciel, qu'il soit uniformément azur ou rempli de nuages. Les Parisiens, souvent si énervés, devraient faire cela plus souvent.

Ciel changeant voire un peu morose cela dit sur Paris, ces derniers jours. En le constatant ce matin, on se prenait à déjà regretter le printemps si sublimement estival auquel on a eu droit. Puis, on s'est ravisé: pensant à tous ces gens qui, dans cette région aussi, ont été très heureux qu'il pleuve un peu.

Car, oui, la région parisienne – en dépit de la caricature qu'on s'en fait souvent à l'étranger (en gros: la «Ville lumière» entourée de banlieues horribles et délinquantes) –, a elle aussi son agriculture. Et donc des gens qui, actuellement, sont touchés de plein fouet par la sécheresse. Très exactement 228.000 hectares du territoire de la région-capitale sont consacrés à l'agriculture: pour 60% à la culture des céréales. Ce paysage risque de ne pas perdurer éternellement. Selon la chambre régionale de l'agriculture (ici), «100.000 hectares de terres fertiles ont disparu en l’espace de 50 ans au profit de l’expansion parisienne. Ces dernières années, ce sont 1 300 hectares de terres agricoles qui sont transformées chaque année en espaces urbains».

Et, cette année, ces agriculteurs parisiens souffrent eux aussi de la sécheresse. Sécheresse qui ne date pas d'hier, du reste: cela fait plusieurs années (relire ici, par exemple) que sont mal en point les nappes phréatiques de la grande banlieue Est de Paris, qui alimentent la capitale en eau. Mais cette année, les céréaliers de l'Essonne, des Yvelines et du Val d'Oise trinquent plus que jamais. Ils estiment que le manque d'eau leur a déjà fait perdre... 40% de leur production! L'autre jour, la majorité de gauche qui gouverne la région parisienne a été sommée par la droite de réagir de manière «immédiate et adaptée» à cette «sécheresse sans précédent», en étant «aux côtés des agriculteurs». L'UMP demande au Conseil régional «de mettre en place une aide au transport et à l'achat de fourrage, d'intervenir auprès des banques pour bonifier les prêts aux agriculteurs, et de participer financièrement à la création de bassins de stockage des écoulements d'eau».

nuagesencore.jpgEn guise de chute à cette note, quelques précisions qu'en bon Parisien moyen, donc indécrottablement urbain, on trouve délicieusement bucoliques. L'agriculture de la région parisienne est la première productrice nationale de cresson, de persil et d'azalées, et la deuxième pour ce qui concerne les plantes en pot. Elle produit aussi d'énormes quantités de «pois protéagineux» et de «féverole» – on ne voit pas même ce que c'est, donc rien que ces noms nous semblent furieusement exotiques.

13/01/2011

Une solution?

neigedansparis.jpgDes tracteurs dans les rues de Paris et de sa région. Pour, en hiver, les déneiger et sortir les voitures des fossés. Et donc éviter que le moindre épisode neigeux ne provoque à nouveau une immense pagaille. Comme cela avait été le cas fin décembre, quand 10 cm de flocons avaient suffi à paralyser la circulation dans une bonne partie de la capitale et de sa région. Des tracteurs dans Paris? Ce serait très bucolique. Voire carrément exotique. Inimaginable? Non: le projet existe. Qui sait sera-t-il même évoqué en fin de journée à l'Elysée, où, à 18 heures ce jeudi, Nicolas Sarkozy reçoit le nouveau dirigeant du premier syndicat agricole, la FNSEA.

 

«Neige: les agriculteurs ont la solution!», avait claironné, la semaine dernière, la chambre d'agriculture de la région parisienne. Pour qui cette nouvelle mission de déneigement qui serait confiée aux agriculteurs constituerait utilement, pour ces derniers, «un complément de revenus, compensant des cours des matières premières fluctuants et difficilement prévisibles». L'utilisation de tracteurs comme chasse-neige, en fait, ne serait pas vraiment une première. Dans les années 90, en effet, certains départements avaient eu ponctuellement recours à des agriculteurs pour dégager des routes enneigées – en échange d'une indemnisation moyenne de 1000€ par jour. Et, depuis l’hiver dernier, le département de l'Eure et Loir (Région Centre) a équipé les tracteurs d'agriculteurs de lames leur permettant de mener à bien cette tâche. La chambre d'agriculture vient donc de proposer aux préfets et aux présidents de départements de la région parisienne «de réfléchir ensemble à la façon dont pourrait être décliné un tel projet» dans la capitale et sa banlieue.

 

Deux problèmes, tout de même. D'abord, ce serait rémunérer des particuliers pour des tâches qu'on leur confierait alors qu'elles sont censées incomber aux pouvoirs publics et être déjà financées par les contribuables. Ensuite, ce serait transférer de l'Etat aux départements la charge financière du dégagement des routes en cas d'épisodes neigeux importants.

 

Mais sans doute les automobilistes qui, l'autre jour, ont passé une nuit blanche à se geler dans leur voiture jugeront-ils que ces deux problèmes ne sont que des détails technocratiques sans importance. Et, sans doute, si on avait été à leur place lors de cette nuit infernale, serait-on de cet avis aussi.