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18/02/2015

Un pataquès, divertissant

Gouvernement, Communication, Parlement, EconomieGros bug de com', décidément, commis hier par le cabinet du ministre Emmanuel Macron. Si par extraordinaire vous n'en aviez pas entendu parler – l'affaire a fait beaucoup jaser, pendant toute la journée.

Au moment même où, à l'Assemblée nationale, Manuel Valls constatait qu'il n'avait pas de majorité pour voter la grande loi de son ministre de l'Economie, le cabinet de celui-ci envoyait un communiqué de presse à toutes les rédactions, communiqué... se félicitant du vote de ce texte. «Emmanuel Macron salue la qualité et l’intensité du travail parlementaire qui a permis l’adoption du projet de loi», se réjouissait-il.

Ce cocorico si prématuré, factuellement erroné, et politiquement très déplacé est parvenu vers 10h50, dans les boîtes électroniques des journalistes. Il a tout de même fallu plus d'1/2 heure pour que, à Bercy, quelqu'un se rende compte de la bévue, et corrige le tir. Un communiqué «RECTIFICATIF» est parvenu vers 11h30 aux rédactions.

On imagine l'énervement du ministre, l'engueulade qu'il a dû prendre de la part du chef du gouvernement, et, par conséquent, le savon monumental qui été passé à la petite main qui, au service de com' de Bercy, a malencontreusement envoyé cette communication ministérielle intempestive à tous les médias de France.

Tous nos remerciements à l'intéressé(e), néanmoins. Pour ce pataquès de com' qui fut l'unique moment de divertissement d'une journée très laborieuse.

19/12/2014

Un oubli malencontreux

Puisqu'on évoquait hier Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie n'a pas trop fait le fier, cette semaine au Parlement. Lors de son audition consacrée à son fameux projet de loi libéralisant le travail de nuit et du dimanche. Il a dû convenir, assez penaud, d'avoir commis «une erreur».

En effet, l'étude d'impact accompagnant sa loi – pourtant volumineuse: elle compte plusieurs centaines de pages – est muette sur un point. On n'y trouve pas le moindre mot relatif à l'impact de cette loi sur les femmes. Or, bien plus que les hommes, elles sont les premières concernées par ce travail dominical que le gouvernement entend développer. «Rien, c'est carrément le néant!», s'est énervée la députée PS présidant la Délégation aux droits des femmes: la commission qui a pour mission d’informer, et au besoin d'alerter, le Parlement sur l'impact de la politique gouvernementale sur les droits des femmes et l’égalité hommes-femmes. «J'en suis surprise, voire fâchée!», a-t-elle lancé sans ménagement au ministre.

Cette omission est d'autant plus incompréhensible qu'en France – mais cela doit être le cas aussi dans d'autres pays –, 56% des salariés travaillant le dimanche sont des femmes. Dans les zones urbaines sensibles, une jeune femme sur cinq travaille le septième jour. Et le secteur économique du commerce, premier concerné par la Loi Macron, emploie du personnel qui est très majoritairement féminin.

Le ministre a dit ses regrets et présenté ses excuses pour cet oubli malencontreux. Il a promis de le corriger dans les plus brefs délais.

Cela paraît la moindre des choses.

18/12/2014

Une légèreté confondante

Social, Economie, International, Consommation, Gouvernement, Macron Ce serait un comble, mais, visiblement, on ne peut pas l'exclure. La France s'apprête à déréguler le travail du dimanche, notamment pour concurrencer les multinationales de l'e-commerce comme Amazon, qui réalisent un gros chiffre d'affaires dans l'Hexagone le septième jour, mais, grâce à de savants mécanismes d'optimisation fiscale, paient peu ou pas d'impôts dans ce pays. Tant qu'à faire, juge le gouvernement, mieux vaut que les Français adeptes du shopping du dimanche aillent dépenser dans des grands magasins pas virtuels qui, eux, sont fiscalement plus civiques. Pourquoi pas, sur le principe économique. Sauf que, dans les faits, cette libéralisation du travail dominical pourrait bénéficier à des grands magasins qui, comme leurs concurrents sur le net, usent et abusent de l'optimisation fiscale.

Pour preuve, la réponse à une question qui, hier à l'Assemblée nationale, a été posée au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, par la députée de Paris Sandrine Mazetier (PS). «Avez-vous au moins la certitude que les propriétaires du Printemps Haussmann, eux, paient bien des impôts en France?». Question pas idiote. Le fameux grand magasin du Boulevard Haussmann est désormais la propriété du Qatar (*). L'an dernier, il a été racheté par un fonds d'investissements basé au Luxembourg, une coquille vide mystérieuse voire opaque, derrière laquelle on trouve probablement l'émir en personne, le cheik al-Thani, et/ou son clan.

La réponse du ministre a été d'une légèreté confondante. Sourire en coin, il a balayé l'interrogation d'un revers de la main. «Concernant le Printemps Haussmann, n'ayant pas les dernières informations, je me garderais de tenir des propos enregistrés, qui pourraient me retomber dessus. Je prends note de votre point et l'indiquerai à Christian Eckert et Michel Sapin», les ministres du Budget et des Finances.

Social, Economie, International, Consommation, Gouvernement, Macron On croit rêver. Emmanuel Macron ignore donc – puisqu'on ne va pas lui faire le procès d'intention de la dissimulation – quel est le régime fiscal du groupe Printemps et de son vaisseau-amiral, le Printemps Haussmann.

Certes, un ministre de l'Economie ne doit pas forcément être au courant de tout. Mais là, tout de même. Le groupe Printemps, ce sont 16 grands magasins, 3400 employés, et un chiffre d'affaires de plus d'1,5 milliard d'euros. Et le Printemps Haussmann, ce sont 40.000 visiteurs par jour – le double, pendant la période des fêtes de fin d'année. Ce n'est donc pas l'épicerie du coin, dont les affaires n'ont pas d'intérêt pour les gouvernants.

Encore bravo.

 

(*) Le Qatar qui, au passage, depuis l'ère Sarkozy, bénéficie en France d'une convention fiscale particulière, l'exonérant de tout impôt sur les plus-values immobilières.