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02/04/2014

Une mode socialiste?

Paris, Personnalités, ModeSystématiquement de travers, sur ses affiches de campagne électorale: la cravate du nouveau maire de notre onzième arrondissement de Paris, François Vauglin. Qui sait ce détail vestimentaire ne doit-il rien au hasard, mais traduit-il une mode, chez les socialistes français. François Hollande lui-même, si par extraordinaire cela vous avait échappé, est visiblement incapable de faire un noeud correctement. Lui qui, depuis le début de son mandat, s'affiche régulièrement avec une cravate complètement de travers.

Pas sûr, cela dit, que le tropisme vestimentaire «hollandais» de notre nouveau maire le rende populaire aux yeux de celui qui est désormais le plus célèbre des habitants de son arrondissement: le nouveau Premier ministre Manuel Valls.

Ce dernier, en effet, pendant la campagne présidentielle de 2012, alors qu'il était en charge de la com' et de l'image du candidat Hollande, passait ses journées à lui redresser la cravate. Avec, si souvent, un haussement de sourcils irrité.

21/03/2013

Un détail qui tue

Publicité, Mode, Activisme, Environnement, InternationalC'est une affiche que l'on voit énormément sur les panneaux publicitaires de Paris, en ce moment. Un «Beau mâle» posant nu et alangui sur la banquise, pour le parfum éponyme de Jean-Paul Gaultier. La créature est très photoshopée, mais elle enjolive plutôt pas mal la grisaille de la ville. A un détail près, un détail qui tue. Elle est allongée sur une dépouille d'ours blanc.

Ce qui énerve souverainement l'association environnementaliste française «Robin des Bois». «L’authenticité de ces parties d’ours polaire à usage publicitaire n’est pas garantie, mais l’image véhicule la croyance dans les vertus du charme et de la virilité des parures animales», selon elle. Or, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction vient justement de refuser de faire figurer ce plantigrade dans sa liste des espèces particulièrement en danger. Dès lors, pour l'ONG, «cette publicité est particulièrement mal venue»; «c’est du mauvais goût total et une erreur de communication».

«C’est de l’humour au 1.000ème degré», se défendraient les communicants du couturier. Mais les Robins ne trouvent pas cela drôle. Pour eux, le styliste et tous les distributeurs de son parfum «se font les promoteurs de la chasse et du commerce international d’animaux menacés d’extinction». Et le concept de masculinité mis de telle manière en avant par cette campagne de pub est d'autant plus malvenu que, s'agissant de l'ours polaire, «la chasse vise en priorité les mâles». L'assoc appelle donc au boycott de ce produit et de cette marque.

En revanche, pas d'appel de sa part au boycott de la célèbre marinière rayée Gaultier, qui fait figure d'emblème de cette griffe. Sans doute en haut lieu aurait-on trouvé un tel appel très anti-patriotique, le ministre Arnaud Montebourg s'étant réapproprié ce vêtement si hexagonal pour sa politique de promo du «made in France».

07/10/2011

Une descente inattendue

Comme le diable se niche parfois dans le moindre détail, la politique sarkozyste de tolérance zéro à l'égard de l'insécurité s'applique parfois y compris à des domaines où, a priori, on ne l'attendait tout de même pas trop. Ainsi, ces derniers jours à Paris, les pandores ont-ils semé une fameuse pagaille parmi... les beautiful people. Dans le milieu si mondain des défilés de mode de la «Fashion week».

 

Raconté par la préfecture de police, cela donne ceci. «Le groupe des taxis et transports de personnes de la direction de l’ordre public et de la circulation a organisé des opérations de contrôle et de répression visant les véhicules assurant le transport de personnes, notamment des mannequins. Parmi les quelque 860 véhicules contrôlés, ont été relevées 148 infractions, principalement liées aux différentes réglementations s’appliquant au transport de personnes à titre onéreux. Près de la moitié d’entre elles sont des délits (39) – dont 26 procédures pour travail dissimulé – et des contraventions de 5e classe (33) – dont 14 défauts de carte professionnelle et 11 non-présentations de la copie conforme de la licence de transport».

 

Bigre.

 

L'histoire ne dit pas si les Uma Thurman, Sean Lennon ou autres Inès de la Fressange, quelques-unes des personnalités ayant assisté, par exemple, au défilé Chanel, ont été privées de limousines qui auraient été irrégulières, et donc ont dû rentrer chez elles en métro, comme le vulgum pecus. On ne sait non plus si Karl Lagerfeld, qui n'a pas l'air commode, a piqué une crise de nerfs outragée à la vue d'un tel déploiement policier dans un milieu aussi privilégié.

 

On espère juste que Bernadette Chirac, habituée des défilés, n'a pas été placée en garde à vue pour complicité de travail dissimulé.

12/01/2011

Une fermeture

L'ouverture des hostilités en France ce mercredi: le lancement des soldes d'hiver. Et donc le début de la saison de l'hystérie voire des empoignades dans les grands magasins de Paris, une des capitales mondiales du shopping comme chacun sait. Une de ces collisions de l'actualité comme on les aime veut que, sur la plus chère artère commerciale de Paris et de France, ce jour d'ouverture coïncide avec... une fermeture.

Ce soir à 19 heures, ferme le seul et unique bureau de poste des Champs-Elysées. Hier midi, à l'appel d'un syndicat, des salariés de La Poste ont déposé une gerbe devant l'immeuble et prononcé une oraison funèbre, en hommage à ce service public bientôt disparu de «la plus belle avenue du monde». L'entreprise justifie sa décision de quitter les lieux par la flambée des loyers commerciaux dans ce quartier. Ils dépassent désormais les 10.000€ le m2; La Poste ne peut plus suivre. Le propriétaire de ses locaux, désireux de tirer lui aussi profit de la frénésie immobilière, avait décidé de faire passer le loyer mensuel de 15.000 à... 108.000€.

L'an dernier déjà, la seule et unique pharmacie des Champs avait dû fermer ses portes, après l'annonce du doublement du montant de son loyer. Plus haut sur la même avenue, le géant McDonald's y compris est aux prises avec la folie immobilière: il a engagé une procédure judiciaire contre son bailleur, qui veut lui aussi doubler son loyer.

«La plus belle avenue du monde ne comptait déjà pas la moindre librairie», remarquait, amère, une habitante des Champs, entendue à la radio locale ce matin. «Voilà maintenant qu'elle n'aura même plus de bureau de poste. Bientôt, il n'y aura plus que des magasins de fringues ici...» Sans doute, oui. Mais les fashionistas, eux, sont ravis: les enseignes Abercrombie, Banana Republic ou Levi's sont d'ores et déjà annoncées. Sans doute est-ce un grand progrès pour la ville.

PS: Sinon, puisque l'on parle de folie, on a vu ce week-end, en vitrine d'une boutique pour dames – c'était à Nice, mais on aurait très bien pu voir cela à Paris –, une paire de bottes vendue... 2499€. Très bling: pleines de dorures et de broderies. 2499€. Par comparaison, le montant du salaire minimum en France, que touchent quelque 2,5 millions de salariés et qui a été (très) légèrement rehaussé début janvier, est, net, de 1.073€.

06/10/2010

Une ouverture

pubH&M.jpgLe Parisien moyen ne peut pas l'ignorer, tant la campagne de pub faite autour de cet événement a été massive ces dernières semaines sur les panneaux d'affichage en ville comme dans le métro. Ce 6 octobre donc, H&M ouvre sa grande boutique des Champs-Elysées, après deux ans d'une féroce bataille juridique et politique dont on a déjà beaucoup parlé dans ce blog (relire ici ou , par exemple). La mairie, en effet, a freiné des quatre fers contre l'arrivée, sur «la plus belle avenue du monde», de l'enseigne emblématique du prêt-à-porter mondialisé et bas de gamme populaire. Selon elle, cette «textilisation» à outrance d'une avenue qui, d'année en année, est de plus en plus phagocytée par les boutiques de fringues nuira, à terme, à sa réputation, à son cachet et à sa qualité de vie (supposés). Pour mieux faire passer la pilule de cette implantation auprès de tous ses opposants, la grande marque suédoise a cassé sa tirelire en faisant appel à Jean Nouvel – l'architecte français si à la mode depuis vingt ans – pour relooker l'ex-immeuble du Club Med où est désormais installée l'enseigne.

La «textilisation» nuirait donc aux Champs, selon la mairie. Notez que c'est exactement l'argument inverse qu'ont brandi les courtiers immobiliers cet été. Quand a été confirmée la nouvelle de la dégradation des Champs, qui a perdu son titre de la rue commerçante la plus chère d'Europe (au profit de New Bond Street, à Londres). Du coup, ils régressent également au niveau mondial: l'avenue parisienne ne figure plus qu'au cinquième rang du palmarès des rues commerçantes les plus chères de la planète, loin derrière la Cinquième Avenue à New York ou Causeway à Hong Kong. Or, selon le courtier international à l'origine de ce palmarès, Cushman & Wakefield, c'est la mairie de Paris qui, en limitant sans cesse l'ouverture de magasins de prêt-à-porter sur l'avenue parisienne, a contribué à la dégringolade de sa cote immobilière internationale.

Puisque l'on parle de «textilisation» à outrance, il est un autre quartier de Paris dont la mairie ferait bien de s'occuper un peu plus activement: le Marais.

pubH&Mmétro.jpgOn en convenait ce samedi soir encore, avec les copains en compagnie desquels on passait dans ce quartier à l'occasion de la Nuit Blanche: le Marais est vraiment en train de se «saint-germainisé» à une vitesse affolante. Bientôt, comme à Saint-Germain des Prés, il faudra vraiment beaucoup chercher pour y trouver une épicerie, une librairie, un bistrot, un fleuriste, un resto, une pharmacie ou une boulangerie. Bientôt, il n'y aura plus là que des boutiques de fringues. Et des nuées perpétuelles de touristes débarqués par exemple des Champs Elysées – ravis d'avoir ainsi un quartier parisien supplémentaire entièrement dédié à leur shopping et à la fringue mondialisée: Gap, Zarra, H&M, etc.

13/04/2010

Une cohérence?

champselysees.jpgDirection les Champs, aujourd’hui. Où le vieux débat sur la mutation de «la plus belle avenue du monde» a repris. Et notamment la controverse sur l’invasion que subirait cette artère de la part du prêt-à-porter bas de gamme: vieille récrimination du maire (UMP) de l’arrondissement (relire ici). Cette argumentation commencerait-elle à porter ses fruits? Une grande marque de jeans, en tout cas, vient d’en faire les frais.

 

La décision a été prise à la fin du mois dernier. Elle porte précisément le numéro de dossier 75-2010-18. Et émane de la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) de la capitale: l’organe de la préfecture qui statue sur les demandes de création ou d’extension de magasins de vente au détail. Cette requête concernait la galerie dite des “Arcades des Champs Elysées”, et précisément l’emplacement qu’occupait le resto “Planet Hollywood”. Etait demandée l’«extension de l’ensemble commercial par la création d’un magasin spécialisé en équipement de la personne, pour une surface de vente de 895 m²». En clair? Une boutique de fringues. Le demandeur? La marque de jeans américaine Levi’s. Le verdict des autorités? Il figure en toutes lettres et en capitales dans le PV de la Commission: «DÉFAVORABLE».

 

Levi’s n’est donc pas la bienvenue sur les Champs. Soit. Mais cette décision est-elle bien cohérente, si l’on se souvient que des enseignes comme H&M et A&F (Abercrombie) ont, elles été autorisées l’an dernier à ouvrir des boutiques sur cette même avenue? En outre, si une marque comme Gap est présente depuis des années sur les Champs, pourquoi une autre comme Levi’s en serait-elle absente?

 

Ici, la logique cède probablement le pas à la politique. En effet, le refus opposé à Levi’s est sans doute censé mettre en lumière la volonté de la mairie de Paris de désormais s’opposer au grignotage des Champs par le secteur du textile, au détriment d’autres secteurs d’activités (bars-restaurants, cinémas, etc.). De tenter enfin d’enrayer la tendance qui, ces dernières années, a vu plusieurs quartiers de Paris à grande tradition culturelle (Saint-Germain des Prés, le Quartier Latin et à présent le Marais juif) progressivement colonisés par les boutiques de fringues.

 

levi's.jpgReste à voir si, juridiquement, sur les Champs, cela tiendra. Les avocats de Levi’s sont sans doute en train de se dire qu’ils ne partent pas perdants. En effet, la commission départementale avait jadis pareillement dit non à l’implantation d’A&F, avant d'être désavouée par la commission nationale la chapeautant. Quant à H&M, qui avait essuyé un refus tant à l’échelon départemental que national, elle avait fini par obtenir gain de cause au Conseil d’Etat. Du coup, la marque de jeans pourrait tenter de faire valoir en justice ces deux précédents. Sur les Champs-Elysées donc, on n’a pas fini d’entendre parler de ce dossier.

25/08/2009

Un accoutrement

enveloàparis.jpgC’est la dernière mode à Paris quand il y fait très chaud: faire du vélo, et du Vélib’ en particulier, … torse nu! On a beaucoup vu cela dans la capitale, cet été. Des corps trempés de sueur haletant sur les pistes cyclables. Des chairs rougeaudes, et le plus souvent molles, profitant des temps d’attente aux feux rouges pour s’éponger. Des vélibeurs se mettant à l’aise aux stations avant d’enfourcher leur bécane et de partir, à demi nus et visiblement radieux, à la découverte de la Ville lumière.

 

Des hommes, exclusivement. On n’a jamais vu de femmes pédaler en haut de bikini dans les rues de Paris. Des touristes peu au fait des habitudes vestimentaires de la capitale? Ou des autochtones ayant oublié la proverbiale élégance parisienne? On ne sait pas trop. Mais, en tout cas, c’était flagrant au mois d’août, ici: le vélo à Paris désormais, quand il fait chaud, cela se fait torse nu.

 

Alors, bon, on l’avoue, nous même cet été, en soirée après des journées particulièrement torrides, au Bois de Vincennes en train de faire de la course à pied, on n’a pas toujours résisté au plaisir (réel) de courir torse nu. Mais uniquement quand on foulait les allées du fin fond du Bois, là où ne croise guère que d’autres coureurs ayant pareillement laissé tomber le tee-shirt. Par contre, en fin d’entraînement, dès qu’on se rapprochait de Paris, qu’on croisait à nouveau voitures, promeneurs, familles et autres pique-niqueurs, on se rhabillait illico.

 

Il ne nous viendrait jamais à l’idée de courir torse nu sur la Promenade plantée. Comme on ne ferait jamais de vélo dans la même tenue sur les Champs-Elysées. Comme on ne ferait jamais du shopping torse nu dans les boutiques du Marais.

 

Il y a quelques étés, on s’en souvient bien, on avait levé les yeux au ciel lorsque l’une ou l’autre municipalité de stations balnéaires du Midi méditerranéen s’était distinguée en interdisant par arrêté aux estivants de déambuler torses nus en dehors du strict espace de la plage. Levé les yeux au ciel car, même si on n’a jamais été du genre à prendre un verre à moitié à poil en terrasse, on avait tout de même trouvé ces réglements un peu exagérés. Cet été à Paris, on y a repensé en voyant tous ces vélibeurs torses nus. Ont-ils été rappelés à l’ordre par les pandores? Cela n’en avait pas l’air, en tout cas. Et on ne le souhaiterait pas spécialement: le bon sens et le savoir-vivre ne doivent-ils pas primer sur la répression?

 

Il n’empêche, cet été, en contemplant cet étalage jovial de chairs dans les rues de notre belle capitale, on doit le reconnaître: on était assez effaré. Deviendrait-on (un peu) coincé? 

26/03/2009

Un air

montrevilles20.jpgQuand on écrivait dans ce blog avant-hier, un peu intuitivement, qu’à Paris «s’accumulent les alertes aux pollutions de l’air», on n’avait pas tort. Ainsi, a-t-il été confirmé depuis, en région parisienne, pas moins de six alertes à la pollution ont déjà été déclenchées depuis le début de l’année, alertes dues à un niveau trop élevé de particules fines dans l’air. Ces micro-poussières en suspension sont causées par le chauffage urbain, la combustion industrielle et la pollution automobile. C’est d’autant plus préoccupant que dans un récent avis (ici), l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a encore tiré la sonnette d’alarme sur les «effets indésirables des particules dans l’air ambiant sur la santé de l’homme, qu’il s’agisse d’exposition de court terme ou d’exposition chronique».

 

A Paris, ce problème est important. Le gendarme de la qualité de l’air dans la capitale française (Airparif) le reconnaît lui-même: «la qualité de l'air quotidienne reste toujours insatisfaisante, et plus particulièrement au coeur de l'agglomération parisienne à proximité du trafic. Quatre polluants sont toujours problématiques: le dioxyde d'azote, les particules, et l'ozone, qui ne respectent pas les valeurs limites, ainsi que le benzène». Cette question de la pollution par les particules fines préoccupe d’ailleurs la RATP puisque, sur ce point précis, la qualité de l’air respiré par les usagers du métro est souvent mauvaise. Ce n’est pas pour rien si une campagne de test de la qualité de l’air a eu lieu dernièrement dans une station comme ‘Faidherbe-Chaligny’, pas loin de notre quartier Bastille.

 

Très bientôt, du reste, en mai ou au plus tard en juin, on verra en rue des Parisiens affublés d’un drôle de truc au poignet. Une montre-bracelet du troisième type. Une «citypulse» dit-on exactement.

 

Ce prototype a été imaginé dans le cadre du programme «Villes 2.0», qui planche sur l’avenir du mode de vie urbain. L’objectif est, via ce joujou qui a un petit air de «Star Trek»,  de «multiplier par 1000 le nombre de capteurs environnementaux dans la ville et, en faisant participer les citoyens à la mesure environnementale, de les associer d'une manière directe à la construction d'une ville durable». Le côté participatif du projet est d'autant plus intéressant dans une ville comme Paris qu'elle ne compte que dix capteurs publics de qualité de l'air. Chaque «citypulse» sera équipée de deux capteurs environnementaux (CO2 et bruit,) ainsi que d’une puce GPS. Les données sur les pollutions, qu’elle captera et enverra en temps réel, seront évidemment totalement anonymisées, afin qu’on ne puisse tracer les déplacements et donc attenter à la vie privée des particuliers participant à ce programme. Quelque 200 exemplaires de ces montres vertes seront prochainement distribués à des Parisiens.

 

Qui sait, dans cette ville qui a le chic pour intégrer, digérer puis recréer en permanence les tendances, cette «citypulse», dont le look se veut design et branché, deviendra-t-elle bientôt aussi un accessoire de mode prisé par les Parisiens.

04/03/2009

Une expo

marinetiennedaho.jpgAmbiance modeuse  –  modasse, diront ceux qui trouvent cela insupportablement futile, a fortiori vu la crise actuelle et tout cela  –  ce mercredi à Paris. Aujourd'hui, en effet, est donné le coup d'envoi de la semaine des défilés parisiens des collections automne-hiver pour le prêt-à-porter. C’est donc le moment ou jamais de faire un saut à une expo sympa qui a été inaugurée récemment au palais de Chaillot, au Musée national de la marine précisément. Assez glamoureusement sous-titrée «Sailor chic in Paris», en français «Les marins font la mode», cette rétrospective revisite très agréablement un grand classique de la mode française et internationale: le style marin.

 

Dès la fin du dix-neuvième siècle, en effet, les uniformes de la Marine essaimèrent dans la garde-robe de la société civile parisienne d’abord, hexagonale dans son ensemble ensuite. Ce furent les canotiers des bords de Seine et de Marne, immortalisés par tant de peintres impressionnistes dans des tableaux mémorables. Les pantalons larges et les chapeaux à rubans flottants qui, à la belle époque, firent fureur dans les bals travestis et masqués sur les Grands boulevards. Les cols marins et les bérets qui déferlèrent en bord de mer, à Deauville et Trouville. Les marinières portées sur les plages de la Côte d’azur par les élégantes des années 30. Gabrielle Chanel qui, en recourant au style marin notamment, bouleversa la mode en ouvrant aux femmes les tenues androgynes très déroutantes pour la bonne société de l’époque. La mode marine était lancée, et n’allait plus s’arrêter. Aujourd’hui encore, elle est une référence récurrente dans nombre de disciplines artistiques.

 

C’est ce que, de tous côtés, l’on peut constater au Musée de la marine. Tendez l’oreille, et vous réaliserez que la thématique marine est un incontournable de la chanson – mention spéciale pour, dans le fond sonore de l’expo, cette sublime reprise du «Port d’Amsterdam» par Bowie. Ouvrez les yeux, et sur les écrans géants, se succéderont des scènes mythiques du septième art se déroulant dans l’univers marin. L’inoubliable «Dédée d’Anvers» d’Allégret, la divine Anouk Aimée-«Lola» de Jacques Demy, le fascinant Brad Davis-«Querelle de Brest» de Fassbinder, le Frank Sinatra jeune matelot virevoltant dans les vieilles comédies musicales hollywoodiennes.

 

marinpierretgilles.jpgPlus loin, sur papier glacé, en couverture des magazines «Vogue» ou «Elle», des mannequins et des stars rendent elles aussi hommage au style marin. Sans oublier le plus célèbre gars de la marine dans le neuvième art: Corto Maltese évidemment. Et des marins encore, toujours et partout. Dans le look d’Etienne Daho jeune, époque «Week-end à Rome» et «La notte, la notte». Dans les clips de Duran Duran, tellement années 80. Dans les tableaux kitschissimes de Pierre & Gilles. Dans la vogue actuelle pour les tatouages. Ou dans les pubs sexys pour les parfums de Jean Paul Gaultier. Décidément, la mer n’a pas fini d’inspirer et de faire fantasmer.

 

Le clou de l’expo est l’immense podium sur lequel sont alignées les créations de grands couturiers rendant hommage au monde de la marine. Robes de cocktail de Thierry Mugler, créations éblouissantes de Yohji Yamamoto, cabans de Martin Margiela ou d’Yves Saint Laurent, cirés jaunes de Castelbajac, tricots rayés d’Agnès b., délires de John Galiano. Attention les yeux: ici, il n’y a rien que du beau.

21/01/2009

Un «gang»

Ces derniers jours à la télé, dans les rétrospectives des meilleures images du règne de George W Bush, on a beaucoup revu ce mémorable jet de chaussures que le désormais ex-Président américain a récemment essuyé de la part d’un journaliste irakien en colère. En région parisienne, en ce moment, il est d’autres chaussures volantes qui, certes beaucoup plus anecdotiquement, intriguent les habitants. Elles pourraient bien, elles aussi, avoir un lien avec les Etats-Unis.

 

Cela ressemble fort, en tout cas, à ce que l’on appelle en Amérique le «shoe tossing». A savoir le lancer de chaussures entrelacées sur des câbles ou des fils électriques, de préférence surplombant des routes ou des lieux de passage afin que la présence incongrue de ces chaussures, suspendues là bien en évidence, suscite le questionnement des automobilistes et des passants. Ces dernières semaines, des paires de chaussures de sport accrochées à des câbles EDF ont été découvertes dans plusieurs localités de Seine et Marne (banlieue Est de Paris). Au point que l’édition départementale du quotidien «Le Parisien» ait parlé d’un «gang des baskets» qui sévirait en banlieue parisienne.

 

A ce jour, en tout cas, les motivations et les identités de ces «terroristes de la pompe» demeurent totalement mystérieuses. S’agit-il, comme dans les ghettos américains, de bandes de caïds voire de dealers qui marquent de la sorte leur territoire? D’un gag de potaches? D’une opération de teasing imaginée par des pubards? Certains y voient en fait une allusion... au plus populaire des feuilletons de la télévision française. En effet, des baskets suspendus à un câble apparaissent, une fraction de seconde, dans le générique de début de «Plus belle la vie».

 

Tiens, dans le même registre, mais au cœur de Paris cette fois, on est tombé à plusieurs reprises, ces derniers temps, sur des paires de baskets entrelacées abandonnées sur le trottoir, aux pieds de bancs publics ou dans des squares. La première fois qu’on a vu cela, on s’est dit que ce n’était qu’un oubli. La deuxième fois, on a pensé que ces chaussures avaient été jetées là par quelqu’un qui voulait s’en débarrasser mais avait eu la flemme d’aller jusqu’à la prochaine poubelle. Et puis, à force de continuer à tomber sur ces paires de baskets abandonnées, on a fini par se demander s’il ne s’agissait pas d’une nouvelle mode. D’une espèce de jeu urbain pour initiés. Voire d’une variante du «book dropping», ce phénomène urbain en vogue il y a un an ou deux ans, qui consistait à abandonner sciemment des livres dans des lieux publics afin que des inconnus de passage puissent à leur tour partager le plaisir de leur lecture. Tant de chaussures abandonnées par leurs propriétaires au même moment, de manière si ostensible qui plus est: voilà qui dépasse probablement la simple coïcincidence. Mais ni sur internet, ni dans la blogosphère, ni nulle part on n’a trouvé la moindre trace d’une vague de «shoe dropping» qui se serait abattue sur Paris.

 

La ville, décidément, recèle parfois d’insondables mystères.

28/11/2008

Un cadeau de Noël

parfum.jpgSi l’on en juge aux nombreux paquets dont ils sont affublés en rue ou dans le métro, les Parisiens ont déjà commencé à sacrifier au rite annuel des courses pour les fêtes de fin d’année. Il est donc plus que temps de les informer de la sortie ces jours-ci d’un cadeau qui pourrait bien devenir un must dans certains milieux parisiens. On veut parler de la nouvelle game de produits de beauté et de cosmétique aux couleurs du Paris-Saint-Germain – le parfum du footballeur, en somme. Commercialisé par une société au nom merveilleux de «Brume de Rêve».

 

Alors, on entend déjà d’ici les rires moqueurs: les sarcasmes des anti-footeux primaires se demandant quel peut bien être l’intérêt de se parfumer avec des senteurs de sueur, des odeurs de vestiaires, des effluves de gazon mouillé ou des relents de merguès grillés. Mais non, pas du tout. "L’eau de sport" du PSG permet «aux fervents supporteurs de partager l’intimité de leur équipe préférée». C’est même carrément un parfum «magique». En effet,  «une touche de cette fragrance transforme les soirées parisiennes en une fête avec les plus jolies filles de la capitale. Cela sent déjà bon au Parc ou sur les Champs».

 

Parce que c’est Noël, dans "la trousse supporter", on trouve aussi un shampooing: «une vraie fraîcheur matinale aux couleurs de PARIS. Testé et approuvé par les joueurs du club après tous les matchs, pour mieux vivre ton club au quotidien». Il y a encore un gel coiffant: «un gel fruité plein de vigueur et de force pour mieux ressembler à Jérôme ROTHEN!»

 

rothenlabonne.jpgEt puis, tant qu’on y est et parce qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien, c’est l’occasion rêvée d’aller refaire un tour dans la si splendide e-boutique du PSG. Plein de très belles choses nous y attendent, idéales pour déposer aux pieds du sapin de Noël et qui feront le bonheur des petits et des grands. Une vénéneuse «nuisette PSG Sport blanc rouge-Femme-PSG 13 euros». Un très chouette «lot 2 paires chaussettes PSG blanc bleu-Junior-PSG 4euros50». Et bien sûr la «médaille PSG logo argent-PSG 40 euros». D’accord, 40 euros, ce n’est pas donné. Mais, c’est «l’indispensable!» 

20/11/2008

Un gag?

C'est annoncé pour demain soir dans le Marais, dans un lieu encore tenu secret mais proche de Bastille. C’est tellement curieux comme événement qu’à ce stade, on ne sait pas trop s’il aura vraiment lieu ou s’il ne s’agit que d’un gag propagé par le net,  voire d’une trouvaille de marketing et de promo à des fins donc bassement mercantiles. C’est une course à pied. Mais une course un peu spéciale. Réservée aux femmes, elle se court exclusivement… en escarpins.

 

Sur la ligne de départ, sont annoncées 32 équipes composées chacune de trois filles. Ces dames s’affronteront dans un relais de 3x60 mètres. Le règlement stipule qu’elles devront impérativement être chaussées d’escarpins dont les talons ont au moins 8 centimètres de haut. Les équipes engagées portent des noms aussi olé-olé que «Les follasses sur échasses», «Les Shoes Addiiiict», «Les piqueuses de talons» ou les «S.H.O.E.S», pour «Satyres hautement obsédées par les escarpins sophistiqués». Sur le site web de la course, des coaches recommandent aux participantes de s’entraîner en courant les magasins et les apéros mondains chaussées d'escarpins. «Cette course folle est avant tout un bon moyen de fuir la sinistrose ambiante», précisent les organisateurs.

 

A première vue, quand on a découvert l’existence de cette course à pied décidément pas comme les autres, on trouvait cela plutôt farce. Une touche de légèreté, de dérision et d’esprit ludique bienvenue dans un monde de la compétition sportive qui se prend si au sérieux. Une féminisation salutaire de l’univers souvent si péniblement macho qu’est le sport. Et puis, en y repensant, on n‘est plus trop sûr que ce genre d’événement (s’il ne s’agit pas d’un gag, encore une fois) grandirait vraiment l’image de la femme. On n’a jamais essayé cela, mais, en tant qu’adepte de la course à pied, on ne l’imagine que trop bien: rien que par la posture du corps, piquer un sprint en hauts talons ne peut que donner lieu à un spectacle hautement ridicule. Avec probablement à la clé de spectaculaires gadins – la Croix Rouge sera d’ailleurs présente à l'événement. Du coup, on frémit d’avance à l’idée de demoiselles chaussées sur des escarpins effilés qui se rétament en masse et misérablement sur le bitume, sous les rires bien gras d’un public évidemment majoritairement mâle.

 

Dans ce cas de figure, cette course à pied se rapprocherait des matchs de catch féminin et de leurs variations les plus glauques (combats de femmes dans la boue, etc.). Qui, avec leurs déclinaisons light estivales (genre, les concours miss tee-shirt mouillé),  constituent tout de même le sommet de la beauferie sexiste ordinaire.

11:40 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : femmes, sports, mode, paris

13/11/2008

Une innovation

Paris est la capitale mondiale du shopping, avec une densité de boutiques exceptionnelle: 29 pour 1000 habitants, contre 18 à Londres ou 16 à Milan. Ce statut autorise toutes les audaces. Ainsi, dernière innovation en date, annoncée hier: les fashionistas parisiens auront bientôt à leur disposition… un GPS spécialement programmé pour les aider à faire flamber la carte bleue.

 

L’appareil les guidera dans la capitale française tout au long de «cinq parcours dédiés aux serial-shoppeurs». Un parcours «classique» (les grandes enseignes de luxe de l’avenue Montaigne, des Champs, de la Place Vendôme, etc.), un parcours «trendy» (Marais, Saint-Germain des Prés ou Etienne Marcel), un «bobo-chic» (Charonne et Canal Saint-Martin), un «créatif» (Abbesses ou Bir Hakeim) et un «FusionFashionWorld» (Belleville, Ledru-Rollin ou Opéra). Ce GPS «pour fashion geeks», comme d’autres initiatives (des bureaux d’accueil pour les touristes, un partenariat avec " Google map street view", etc.), fait partie de l’opération "Soldes by Paris" lancée hier. Cette énorme opération internationale de promotion du shopping dans la Ville lumière est l’œuvre de la Chambre de commerce et de l’Office du tourisme de Paris. Elle coïncidera avec le lancement de la période des soldes d’hiver, en janvier. Et sera dotée d’un budget d’une ampleur sans précédent: un million d'euros.

 

Contraste saisissant: hier, le jour même où était annoncée cette opération de promotion et de valorisation de la dépense chic et glamour dans les boutiques parisiennes, une étude confirmait que les Français, durement touchés par la crise, allaient se serrer la ceinture pour leurs achats à venir. Plus d’un Français sur deux (53%) prévoit d'acheter moins de cadeaux que l'an dernier. Le budget global qu’ils dépenseront pour les fêtes de fin d’année va baisser de 5%, à 527 euros: 291 euros pour les cadeaux, 159 euros pour la table et 77 euros pour les divertissements.

 

527 euros, cela dit, c’est tout de même un chiffre qui paraît énorme. Dans les faits et loin des savants calculs des experts du cabinet Deloitte, combien de ménages rattrapés par la crise ne pourront-ils dépenser un tel montant, qui équivaut à la moitié d’un salaire minimum? Dans ce contexte morose, évidemment, la futilité dérisoire de ce nouveau GPS «pour fashion geeks» n’en saute que plus aux yeux. A moins que, au contraire, cette pénible situation générale rende encore plus utile ce genre d’innovation. A Paris, «la plus grande boutique du monde à ciel ouvert», quand le client français trinque, il faut d’autant plus s’efforcer d’attirer le client étranger, pour compenser.  

10/11/2008

Une évolution

champselysees.jpg«La plus belle avenue du monde»: c’est l’appellation habituellement donnée aux Champs-Elysées. Est-ce un cliché? En tout cas, la célèbre allée percée par Le Nôtre en 1667 évolue de jour en jour, et visiblement pas toujours en bien. Ainsi, une récente étude internationale menée sur les plus grandes avenues commerciales de la planète ne ménage pas les Champs. Les critères retenus étaient notamment l’accueil des clients, la propreté et la sécurité des lieux. Les Champs-Elysées n’arrivent qu’en seizième et dernière position de ce classement, précédés y compris par l’avenue Louise, à Bruxelles. Désagréables, froids, peu souriants et peu attentifs à la satisfaction du client: tels sont, selon les enquêteurs, les vendeurs des boutiques des Champs.

 

Des boutiques et des enseignes commerciales qui, cela dit, connaissent une forte rotation. Ces dernières années, l’UGC Triomphe, le Club Med et le Planet Hollywood ont fermé leurs portes.  Le voisin de ce dernier établissement, la boîte de nuit très paillettes VIP Room, a lui aussi déménagé, chassé par la flambée des loyers qui frappe la troisième rue commerciale la plus chère du monde. Une autre boîte fameuse, le Queen, et même le McDo du coin, sont donnés partants.

 

Ces dernières années, les nouveaux arrivés n’ont pas fait l’unanimité dans ce quartier huppé. Et pour cause: il s’agissait de marques moyen voire bas de gamme comme Promod, Celio, Gap, Zara ou Benetton, dont la clientèle détonne quelque peu par rapport à celle des Chanel et autres Fouquet’s. Ainsi, il fallut une saga juridique de plusieurs années avant que, fin septembre, H&M obtienne du Conseil d’Etat l’autorisation d’ouvrir une boutique de près de 3000 m2 de surface au n°90. Au grand dam des détracteurs de la marque suédoise, selon qui cette décision va contribuer à «transformer la plus belle avenue du monde en simple galerie commerciale».

 

abercrombie.jpgCes protestations, cependant, n’arrêtent pas le mouvement. Pour preuve, la dernière autorisation d’installation et d’ouverture en date accordée pour les Champs a, une nouvelle fois, profité à une multinationale du textile présente sur les cinq continents: Abercrombie & Fitch, la marque américaine mythique des années 80 et 90 qui, depuis, semble tout de même s’être un peu décotée (à moins que ce soit simplement nous qui ayons vieilli… ;-). A&F s’installera au numéro 23 de la prestigieuse avenue, à l’emplacement du siège de la compagnie américaine Thaï Airways. Ici encore, l’installation de cette enseigne a donné lieu à un véritable bras de fer, l’instance départementale de l’équipement commercial voyant son veto outrepassé par la commission nationale adhoc.

 

Selon les plus pessimistes, cette uniformisation des enseignes commerciales sur les Champs, en portant un coup fatal au cachet de cette avenue, menace à terme sa survie. Ainsi, aux yeux du maire du huitième arrondissement, «dans dix ou vingt ans, il n’y aura plus que des magasins de vêtements, qui sont les mêmes partout dans le monde, à la place de nos cinémas et de nos cafés, qui créent l’ambiance unique de ce lieu. Les Champs-Elysées, c’est mythique. Si les touristes y retrouvent les mêmes enseignes qu’à l’autre bout du monde, ils y viendront moins; c’est l’image de la France qui est en jeu».

05/11/2008

Une récup'

robeobama.jpgEn France, un peu comme lors de la course à l’Elysée en 2007, mais évidemment à une moindre échelle, l’élection présidentielle américaine n’a pas laissé indifférent les camelots: opportunistes de la récup’, spécialistes du merchandising ou créateurs de tout poil avides de surfer sur les nouvelles tendances. Ainsi à Paris, l’une des capitales mondiales de la mode, cela s’est vu aussi bien dans le streetwear que chez les grands couturiers.

 

Ainsi, au Forum des Halles ces derniers temps, les tee-shirts à l’effigie de Barack Obama se sont, paraît-il, vendus comme des petits pains dans les boutiques de fringues pour jeunes, très fréquentées par les gamins de banlieue. On écrit «paraît-il» car on est bien incapable d’en témoigner personnellement. En effet, malgré ce succès de vente présumé, on doit bien admettre qu’on n’a jamais aperçu le moindre tee-shirt Obama porté dans les rues de Paris ces dernières semaines – ni dans le métro, ni même dans les environs de Châtelet. Peut-être est-ce parce qu’on fuit comme la peste le centre commercial des Halles et ses alentours: des endroits qu’on a toujours détestés…

 

Mode toujours mais côté bobo cette fois, la marque Zadig & Voltaire a revisité son classique tee-shirt tunisien à l`effigie du candidat démocrate et désormais Président élu. Le modèle, disponible uniquement sur internet, remporterait un tel succès qu’il y aurait une liste d'attente pour se le procurer. A 80 € le tee-shirt, pourtant, ce n’est pas donné.

 

robama2.jpgUn cran plus haut, rayon haute couture cette fois, lors de la dernière «Fashion Week» de Paris, en octobre, la figure de Barack Obama a été reprise par plusieurs créateurs français. Ainsi, dans le défilé de la collection printemps/été 2009 de Jean-Charles de Castelbajac, on a retrouvé le visage du Démocrate imprimé en grand sur une robe jaune et noir pailletée, arborant en son dos un de ses slogans emblématiques, repris de Martin Luther King.

Une autre spécialité française mondialement reconnue, la gastronomie, s’est mise à l’heure de l’élection américaine. Ainsi, jusqu’à hier soir au bar de l’hôtel “Concorde Lafayette”, près des Champs-Elysées, les clients avaient le choix entre l’“O’Burger” dédié à Obama et l’“Elephant Burger” façon McCain. Le burger démocrate, rappelant les origines hawaïennes du Président élu, était garni de gambas grillées, de tomate fraîche, de sauce curry, de carpaccio d’ananas et de poivrons. A déguster accompagné de chips poivrés et d’une salade de jeunes pousses de mesclun.Le burger républicain était lui nettement plus sudiste, voire un brin «redneck»: agneau grillé, concassé de tomates salsa et de sauce guacamole, assortiment de de nachos. Républicains ou démocrates, ces burgers du “Concorde Lafayette” se vendaient 22 €… soit trois fois le prix d’un burger au McDo. Il n’y a pas de petit profit.

burger.jpgPour arroser la victoire ou noyer le chagrin des défaites hier, Paris avait également tout prévu. Ainsi au “Harry’s bar”, le bistrot américain le plus connu de la capitale française, selon que vous affichiez votre soutien à John McCain ou à Barack Obama, vous sirotiez un cocktail différent: whisky soda, liqueur de figue et jus de citron pour le premier, whisky jus d’ananas et liqueur de cerise pour le second.

Même les alcooliers ont sorti le grand jeu pour cette élection. Ainsi, Pommery a profité du scrutin américain pour relooker son quart de bouteille de champagne “Pop”, très en vogue dans la jeune bourgeoisie dorée parisienne, et en sortir une série limitée aux couleurs de la bannière étoilée. 13€ le quart de champ’. A Paris quand on aime et/ou quand on veut être à la page, on ne compte pas.

01/07/2008

Un mandarin

La France occupe donc, depuis ce matin 0 heure, la présidence de l’Union européenne. Cette présidence avait été annoncée en haut lieu comme «modeste». Elle n’en bénéficiera pas moins des services d’un «directeur artistique» et non des moindres puisqu’il s’agit de Philippe Starck.

 

Pour vendre la France à l’Europe, l’Elysée a donc choisi de faire appel au Johnny Hallyday du design français. Qui a bâti sa fortune et sa renommée internationale en relookant des nouilles pour Panzani, en dessinant des couteaux pour Laguiole, en vendant des maisons dans le catalogue 3 Suisses, ou en affublant tous les restaurants qu’il a décorés de par le monde de lustres, de dorures et de verroteries versaillaises. Ce choix convient parfaitement à Nicolas Sarkozy: Philippe Starck n’est-il pas le plus bling-bling des créateurs français?

 

On se le demandait ce matin encore, en l’entendant dégouliner de suffisance et d’affectation à la radio. Où il était complaisamment interrogé sur les 22 maisons qu’il possède de par le monde. «Non, non, ce ne sont que des petites cabanes», minaudait le multimillionnaire. Vulgaire comme avant-hier, lorsqu'il avait frétillé d’excitation en imaginant dans la poche d’un jean la pièce de 2 euros qu’il a créée pour cette présidence.

 

Un Christian Lacroix ou une Andrée Putman, par exemple, auraient fait des ambassadeurs de France un peu plus intéressants, se disait-on ce matin. Mieux encore: au lieu de promouvoir un mandarin qui n’en a vraiment plus besoin, on aurait pu profiter de ce tremplin international pour populariser des créateurs moins connus, pour valoriser des jeunes talents – dans le design notamment, la France en découvre tant (ici, notamment).

Vue sous cet angle, et en attendant de voir ce qu’il va faire de ce poste, la désignation de Starck comme directeur artistique de la présidence européenne apparaît comme une belle occasion ratée.

03/06/2008

Un symbole

e1e722f2ddc8910eac64150c4095b8f7.jpgUne armée de poings levés. La plupart très militairement alignés dans le même axe. Tous peints en quelques heures à peine sur la chaussée, avec une peinture blanche aux reflets argentés. Hier après-midi, à la suite sans doute d’une opération de commando rondement menée, ces poings sont apparus par dizaines sur le bitume du onzième arrondissement, entre Bastille et République notamment.

Bigre, s’est-on dit en les découvrant. L’heure doit être grave pour que Boboland soit ainsi submergé par une telle déferlante activiste. Et puis finalement, sans doute que non: même pas, en fait.

En effet, sur l’avant-bras de tous ces poings levés, comme un tatouage, apparaît une forme familière, qui rappelle le symbole félin d’un célèbre équipementier sportif. Ces pochoirs, du coup, ne doivent probablement que faire partie d’une opération de teasing publicitaire, n'être qu'une sorte de gadget conçu par quelques commerciaux en mal de marketing viral et de buzz urbain.

Quarante ans après mai 68, le symbole révolutionnaire du poing levé est donc recyclé par une grande marque commerciale, fleuron de l’empire mondial du luxe que constitue le groupe PPR. Cela en dit pas mal sur le chemin parcouru.

28/05/2008

Une addiction

e4d9bfe5c794c2b6e8341ec3ee471a87.jpgDes semaines que son visage s’étale en grand format sur les panneaux publicitaires des couloirs du métro de Paris. Cette fois, ça y est, elle est là. Ce mercredi, Carrie Bradshaw, alias Sarah Jessica Parker, débarque dans 500 salles de cinéma de Paris et de France avec ses copines Samantha, Miranda et Charlotte pour l’adaptation en long métrage de la cultissime série télé «Sex and the City». Le film devrait faire un tabac. L’autre jour déjà, venue à Paris présenter et dédicacer la nouvelle (et très chère) gamme de parfums qu’elle vient de lancer, Sarah Jessica Parker a bien failli provoquer une émeute tant ses fans étaient nombreux.

N’importe qui ayant regardé ne serait-ce qu’un seul épisode de «Sex and the City» pourra le confirmer: Carrie Bradshaw est une passionnée de chaussures. En vraie «fashion addict», elle ferait n’importe quoi pour une paire de Manolo Blahnik. Du coup, l’institut de sondages TNS-Sofres profite de l’arrivée sur les grands écrans français de l’icône new-yorkaise de la mode pour rendre publics les résultats d’une enquête d’opinion essentielle, réalisée il y a quelques mois, sur… les Françaises et les chaussures.

Ce sondage indique qu’un peu plus de 4 femmes sur 10 (42%), contre à peine 2 hommes sur 10 (17%), aiment s'arrêter pour regarder les vitrines des magasins de chaussures, voire ont du mal à résister à la tentation de rentrer dans ce magasin quand elles ont aperçu un modèle qui leur plaît. Seules 20% des femmes disent ne pas faire attention aux devantures des magasins de chaussures.

 

efc0f5c5c9c9f002584e4ad8714cea3e.jpgEn moyenne, les Françaises possèdent 9 paires de chaussures (contre 6 pour les hommes). La moitié d'entre elles (50%) en possèdent 7 paires ou plus, contre 28% des hommes seulement qui sont dans ce cas. Les femmes détenant plus de 9 paires de chaussures font partie des catégories aisées (avec un record de 14 paires en moyenne) mais appartiennent aussi aux catégories moyennes supérieures (11). Onze, c’est le nombre moyen de paires de chaussures que l’on retrouve dans la garde-robe des Parisiennes.

Seules 13% des Françaises admettent posséder un grand nombre de chaussures, voire avouent, comme Carrie Bradshaw, les collectionner. Six Françaises sur dix considèrent détenir un nombre raisonnable de chaussures. Cette notion de raison, toutefois, est éminemment variable. Pour preuve, 33% des Françaises possédant plus de 20 paires de chaussures trouvent cette quantité raisonnable…

06/12/2007

Un soupir

On s’était pourtant  réveillé de relativement bonne humeur ce matin. Mais on n’a pas pu s’empêcher de pousser un long soupir, entre lassitude et agacement.

 

C’était à la radio. On ne se souvient plus trop sur quelle chaîne – le niveau général des tranches d’infos matinales est tel, en ce moment, qu’on zappe sans ménagement. Un animateur racontait une anecdote survenue à Paris récemment. Johnny Hallyday allait essayer des costumes chez Dior. Dans cette même boutique de l’avenue Montaigne que Nicolas Sarkozy a l’habitude de privatiser pour ses essayages personnels les soirs de semaine, après 21 heures. Là, le chanteur tombait sur Rachida Dati elle-même en plein essayage. Trouvant cela trop drôle, Hallyday appelait Nicolas Sarkozy sur son portable pour lui narrer la scène. Le Président, à son tour, faisait se marrer l’idole des jeunes en lui révélant qu’il était précisément en train de déjeuner avec la chanteuse pour ados Chimène Badi, dont il est fan. C’était donc l’anecdote politique-pipol du jour. Et, en studio, tout le monde avait l’air de trouver follement épatante cette proximité entre hauts dirigeants de l’Etat et artistes de variété.

 

Dans la foulée, sur une autre chaîne, on feuilletait, visiblement avec ravissement, le dernier numéro de «Match» sorti ce matin. Où, une fois de plus, Rachida Dati minaude comme une top-model, photographiée dans un palace parisien en robes de haute couture. «La Garde des Sceaux ressemble vraiment à Eva Longoria», l'héroïne de sit-com américaines, s’enthousiasmait le confrère au micro.

 

La veille, on avait eu droit à Andrée «Dadou» Sarkozy, la mère du Président, qui, dans un autre illustré de papier glacé, «Point de Vue», avait révélé à la France entière combien elle trouvait ses deux petites-filles «très distantes, très froides, comme leur maman» Cécilia Sarkozy. Imaginez ce que vous ressentiriez si votre propre grand-mère pensait cela de vous et le disait tout haut dans les médias, devant des millions de gens…

 

La veille encore, lundi donc, on avait ressenti ce même sentiment de gêne effarée – ou d’effarement gêné, comme on veut –  en lisant en embargo l’ouvrage de Ségolène Royal, sorti en librairie mardi. La candidate socialiste à l’Elysée y révélait que son ex-compagnon François Hollande avait «récemment parlé de revenir» à la maison. Mais qu’elle lui avait «dit que ce n’était pas une bonne idée». Du coup, ce matin, toutes les critiques de fond faites par le patron des socialistes à l’ancienne candidate (sur son tropisme bayrouïste, son inaptitude à l’autocritique, etc.) étaient rabaissées par les commentateurs à de vulgaires règlements de comptes post-conjugaux.

 

Un soupir, donc. Devant ces déballages d’états d’âme sur la place publique. Cet étalage permanent d’une jouissance si parvenue du pouvoir. Cette mise en scène en direct et en temps réel d’égos surdimensionnés, de caprices d’enfants gâtés. Tout cela manque cruellement de pudeur et d’élégance. Tout cela commence vraiment à friser la vulgarité.

04/12/2007

Un style

84ce446891e0496d4b03e15cf1add0d6.jpgOn trouve ces indiscrétions délicieuses dans le dernier numéro du mensuel économique «Capital», qui consacre un excellent dossier aux «nouveaux fournisseurs de l’Elysée» - Dior, Mont Blanc ou Ralph Lauren, on ne va pas s’étendre: on connaît cela.

-Nicolas Sarkozy, qui collectionne et adore les montres de grand luxe, jusqu’à les porter façon racaille (au-dessus de sa chemise), possède notamment une «Rolex Daytona en acier sur fond noir à 6300 euros», une «Breitling Navitimer à 3640 euros» et un «Réveil du Tsar de Breguet à 28000 euros»;

-Alors que son prédécesseur Jacques Chirac se goinfrait de tête de veau, d’agneau rosé aux fines herbes ou d’escargots à l’ail, Nicolas Sarkozy, lui, picore «des copeaux de mimolette à 48 euros le kilos», des oeufs à la coque, des yaourts et du fromage blanc à l’aspartame;

-Sa directrice de cabinet à l’Elysée, Elisabeth Mignon, «se déplace en trottinette électrique sous les lambris»;

-L’hôte de l’Elysée va tous les quinze jours chez le coiffeur. Sa coiffeuse s’appelle Salima, elle s’occupe de lui  depuis dix ans, travaille au salon Alexandre Zouari («qui compte Deneuve et Adjani dans sa clientèle»), et «se déplace à l’Elysée pour 300 euros en semaine, 500 le week-end»;

fade323ff055021aedbcaf0f77cba132.jpg-Le Président effectue son jogging chaussé de «Nike Air Requin, modèle dernier cri à 150 euros, qu’il doit changer quatre fois par an s’il ne veut pas se tasser les vertèbres». Mais «les Asics à 80 euros seraient bien mieux pour son dos», si l’on en croit le conseil d’un vendeur de Décathlon cité par le magazine;

-Nicolas Sarkozy «n’a qu’un péché mignon: le cacao». Il en pince pour le chocolat. Sur son bureau, il y a toujours ouverte une boîte de 500 grammes de ganaches, que ses intendants lui achètent à «La Maison du chocolat».

Nicolas Sarkozy est donc un fou de chocolat. Cela ne nous étonne pas. Quelque part, on a toujours été convaincu que cet homme avait un bon fond.