Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

19/01/2016

Un simple rappel à la loi

Arts, Culture, Justice, Musées, ActivismeSa garde à vue a été longue, mais, finalement, elle s'est conclue sans aucune suite judiciaire. Hier, la femme qui, ce week-end, devant le tableau "Olympia", s'était exhibée nue au musée d'Orsay – et que ce blog évoquait, hier – ne fera pas l'objet de poursuites. Elle a bénéficié d'un simple rappel à la loi, et a été remise en liberté. «Tout ça pour ça. On a voulu lui faire peur et l'intimider», n'en a pas moins dénoncé son avocat. Selon qui il est «urgent de réformer le texte réprimant l'exhibition sexuelle, pour ne pas confondre le geste d'un pervers sexuel et celui d'un artiste».

Dans l'immédiat, en tout cas, l'intéressée s'en tire bien. Puisque, théoriquement, sa «performance artistique» aurait pu la conduire en prison. Le Code pénal, en effet, punit (ici) d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende toute «exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public».

D'autres femmes, d'ailleurs, n'ont pas eu droit à une telle mansuétude. Ainsi, il y a un peu plus d'un an, la justice a condamné à un mois de prison avec sursis et 2000 euros d'amende une militante du groupe Femen jugée pour exhibition sexuelle. Quelques jours avant la Noël 2013, elle avait fait irruption, seins nus, dans l'église de la Madeleine, à Paris. Pour protester contre les projets de loi anti-IVG alors en préparation en Espagne. Le parquet avait requis jusqu'à quatre mois de prison (avec sursis) à son encontre. L'intéressée, à sa sortie du tribunal, s'était insurgée que son «acte militant féministe» soit qualifié d'exhibition sexuelle.

Arts, Culture, Justice, Musées, ActivismeOnt également été renvoyées en correctionnelle, pour le même motif, ses trois collègues activistes qui avaient fait sensation à l'ouverture du procès de Dominique Strauss-Kahn, en février dernier, à Lille. Elles s'étaient jetées sur sa voiture à son arrivée au palais de Justice, leurs corps maculés de slogans en faveur de la pénalisation des clients et des souteneurs des prostituées.

Rien de tel, donc, aucune poursuite en vue, concernant l'incident de ce week-end au musée d'Orsay.

Musée qui, au passage, avait vu juste. Pour sa fameuse exposition consacrée aux "Images de la prostitution, 1850-1910", celle-là même qui a servi de cadre à la «performance artistique» de samedi. Puisqu'une des affiches de promo de cette expo proclamait...: «Emmenez vos enfants voir des gens tout nus». Prémonitoire.

18/01/2016

Un samedi au musée

Une nouvelle sans doute un peu légère pour un début de semaine, mais elle est si improbable qu'on n'y résiste pas. En pensant à la tête qu'ont dû tirer les visiteurs du musée d'Orsay, ce week-end. A la vue d'une femme qui, samedi, s'est allongée... entièrement nue, devant "Olympia", le célèbre tableau d'Edouard Manet.

Adoptant la même position que le personnage du tableau, elle a revendiqué une performance artistique. «Elle portait une caméra portative, pour pouvoir filmer la réaction du public», a expliqué son avocat. Il y a deux ans, déjà, dans le même musée, l'intéressée s'était exhibée devant "L'origine du monde", de Courbet. Samedi, les agents d'Orsay ont fait évacuer la salle puis l'ont priée de se rhabiller. Devant son refus, ils ont appelé la police, qui l'a amenée et placée en garde à vue pour exhibition sexuelle - elle y est toujours, à cette heure. Son avocat y voit «l'expression d'une pudibonderie judiciaire inquiétante», selon lui de mauvais augure pour «tous les artistes performeurs qui souhaitent s'exprimer de manière trop libre dans l'espace public».

Au moins, dans ce cas présent, aucun dommage n'a été causé à la peinture. Contrairement à ce qui s'était produit à la Fondation Lambert, à Avignon, en 2007. Une jeune femme avait alors embrassé une toile du peintre américain Cy Twombly, invoquant «un acte d’amour et un acte artistique». Les traces de rouge à lèvres qu'elle avait laissées avaient nécessité la restauration du tableau. En instance puis en appel, l'"artiste" avait été condamnée à une amende, des dommages-intérêts, des travaux d’intérêt général et le remboursement des frais de restauration. "J'ai trouvé le tableau encore plus beau", avait-elle avancé, pour sa défense. Le commissaire de l'exposition, lui, avait qualifié son acte de «viol», et l'artiste s'était dit «horrifié».

22/09/2015

Une ouverture «au rabais»

Les musées du Louvre et d'Orsay ainsi que le château de Versailles: trois institutions culturelles parmi les plus fréquentées de Paris et de sa région, qui pourraient bien voir leur fonctionnement perturbé, ces prochains jours. Un préavis de grève reconductible a d'ailleurs été déposé à Orsay pour ce mardi. Des réunions de la dernière chance étaient prévues ce matin, pour tenter d'éviter la fermeture de l'établissement.

Les syndicats protestent contre le projet d'ouverture 7 jours sur 7 de ces trois institutions, ainsi que François Hollande l'a promis. Au lieu d'être habituellement fermés au grand public les lundis ou mardis, Le Louvre, Orsay et Versailles seraient accessibles au public scolaire, ces jours-là. Pour les syndicats, c'est «une idée séduisante, mais qui est incompatible avec la réalité».

Ils argumentent (, notamment) qu'un musée n'est jamais inactif, y compris les jours où il est fermé au grand public. Le lundi ou le mardi, c'est le moment où les chercheurs ont accès aux collections, où on en profite pour procéder à l'entretien des lieux et effectuer des réparations, où on fignole les accrochages, où on organise des visites de presse ou des formations, etc. Accessoirement, ce sont aussi les jours où ces institutions remplissent leurs caisses: en privatisant leurs espaces (pour des réceptions, des cocktails d'entreprise, etc.). Bref, accueillir en plus les scolaires au même moment «ne peut matériellement s'envisager sans dégrader fortement la conservation du patrimoine et les conditions de travail des agents».

En outre, les gamins des écoles n'auraient «aucune garantie de qualité de visite dans de bonnes conditions». François Hollande avait souhaité () que, par cette initiative, soient «offertes à la jeunesse de France toutes les conditions pour apprendre, pour s'émerveiller, pour s'émouvoir». Très bien. Mais concrètement, à en croire ces opposants, dans ces musées ces jours-là, ces jeunes pourraient bien en être réduits à des «parcours en zig-zag, pour éviter les zones balisées en opérations techniques». Etre réduits, en somme, à des visites «au rabais, dans l’ambiance bruyante et parfois poussiéreuse de chantiers divers, de travaux et de circulation d’engins et de techniciens».

C'est évidemment une perspective moins emballante.

29/06/2015

Un tarif qui devient prohibitif

arts,culture,musées,gouvernement,economieUn peu de culture, pour bien débuter la semaine. Mais, en l'occurrence, une mauvaise nouvelle. En provenance du Louvre – qui, décidément, n'en rate pas une (relire ici, ou ). A partir de mercredi, le prix du billet d'entrée y passera à 15€. Contre 12€ aujourd'hui.

L'institution argumente que, de la sorte, les expositions temporaires deviendront, bien plus qu'aujourd'hui, la «porte d'entrée vers le musée». Car ce billet à 15€ donnera accès aussi bien aux collections permanentes qu'aux expositions. Et elle fait valoir que c'est même une diminution de tarifs: aujourd'hui, le billet jumelé (donnant accès aux expos et aux collections) est à 16€. Il n'empêche, dans les faits, la majorité des quelque 9 millions de visiteurs annuels du Louvre choisissant de visiter soit ses collections, soit une expo, la plupart du temps, ils paieront davantage qu'auparavant.

Derrière ces arguments spécieux, se cache en fait une nécessité beaucoup plus prosaïque. Vu les baisses des dotations que lui verse l'Etat, Le Louvre doit, comme les autres musées, accroître sa part d'autofinancement. Et il estime que cela passe notamment par une hausse de ses tarifs.

Ces trois euros de plus n'incommoderont sans doute pas exagérément les touristes étrangers, qui constituent 70% de sa clientèle. En revanche, pour une famille nombreuse venue de province passer quelques jours de vacances dans la capitale, 15€ par personne, cela commence à faire cher – a fortiori que les audioguides, bien sûr, ne sont pas compris dans le tarif.

A part cela, en 2012, le candidat François Hollande avait notamment promis, s'il était élu à l'Elysée, de «soutenir l'accès à la culture et à la création artistique».

Encore bravo.

28/04/2015

Une idée fixe, toujours aussi discutée

Musées, Culture, Arts, Economie, GouvernementAvec le printemps et les beaux jours, c'est aussi, à Paris, le retour d'une idée fixe qui, décidément, d'une année à l'autre, ne passe visiblement pas.

A savoir, la décision prise l'an dernier par Le Louvre (relire ici, par exemple) de mettre entre parenthèses, pendant la haute saison touristique, le système en vigueur depuis 1998, qui veut que l'accès aux collections permanentes de tous les musées soit gratuit chaque premier dimanche du mois. En vertu de cette réforme, ce dimanche 3 mai – puisqu'on est désormais en haute saison –, les visiteurs du plus grand musée du monde devront payer. Il faudra attendre début octobre pour retrouver la gratuité dominicale d'accès à ces collections, une fois par mois.

Pour l'association Louvre pour tous, c'est un «symbole fort et quelque part désespérant». Car, «si les conditions de visite sont ce jour-là parfois pénibles pour les visiteurs et pour les personnels, le premier dimanche du mois gratuit au Louvre est une rare réussite de cette démocratisation culturelle tant recherchée et tant vantée par les politiques de tous bords». Dès lors, une pétition () a été lancée, pour réclamer la levée de cette restriction saisonnière de la gratuité d'accès. Elle a déjà recueilli quelques milliers de signatures.

En revanche, on attend toujours de connaître l'avis sur la chose de la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. Qui, à moins que cela nous ait échappé, ne s'est pas encore prononcée sur cette réforme si discutable. Sans doute a-t-elle d'autres chats à fouetter, qu'elle juge plus prioritaires.

13/04/2015

Un essaimage bienvenu

Un peu de culture, pour bien entamer la semaine. Et une nouvelle qui est passée assez inaperçue quand elle est tombée, le mois dernier, or elle confirme pourtant un mouvement de fond qui paraît assez réussi: l'essaimage des grandes institutions culturelles parisiennes en dehors de la «Ville lumière».

On avait déjà, ces dernières années, l'incroyable succès (relire ) remporté par le Louvre Lens – mais l'antenne du Centre Pompidou à Metz, elle, visiblement, peine à marcher aussi bien. Dans quelques mois, on aura l'inauguration du Louvre Abu Dhabi. En attendant, une autre vitrine muséale française a ouvert ses portes à l'étranger, il y a peu.

En Espagne, en l'occurrence. Et à Malaga, plus précisément. Sur le port de la ville andalouse, désormais, un bâtiment futuriste dénommé «El Cubo» (le cube), assez réussi, accueille le premier «Centre Pompidou provisoire». Pendant cinq ans, il proposera une sélection de près d'une centaine de pièces issues des prestigieuses collections de l'institution de la Place Beaubourg. Parmi elles, des Bacon, des Chagall, des Magritte, des Max Ernst, des Brancusi, et, bien sûr, des Picasso. Cette sélection sera renouvelée régulièrement. Elle sera complétée par des expositions temporaires (d'une durée de de trois à six mois), par des spectacles de danse, des représentations de théâtre, des cycles de cinéma, etc. Et, si elle attire les foules, cette expérience sera suivie d'autres du même style, dans d'autres pays voire sur d'autres continents.

Bien.

26/01/2015

Un impact, là aussi

Comme toujours en janvier, les grandes institutions culturelles parisiennes font leurs comptes: publient leurs chiffres de fréquentation pour l'année écoulée. Et 2014 fut visiblement une bonne année pour la culture, dans la «Ville lumière».

Ainsi, à la Fondation Cartier pour l'Art contemporain, la rétrospective consacrée au sculpteur Ron Mueck, dont les créations sont spectaculaires, il est vrai (voir ), a attiré plus d'un million de visiteurs. Le Muséum d’Histoire naturelle, lui, affiche carrément «3 618 936 billets vendus». Un succès dû à la réouverture du Zoo de Paris (1,5 million de visiteurs en huit mois), mais aussi à la rénovation de la Grande Galerie de l'Evolution (), en l'honneur de ses vingt ans. Du côté des musées dépendant de la Ville de Paris, ils revendiquent eux aussi (ici) plus de 3 millions de visiteurs. Et, à Beaubourg, l'on s'attend à ce que l'expo Jef Koons connaisse une affluence d'une ampleur historique, dépassant même les succès phénoménaux remportés jadis, à Pompidou, par les rétrospectives Dali (840 000 visiteurs), Matisse (735 000), et Soulages (500 000).

2015 sera-t-elle une aussi bonne année que 2014, en matière de fréquentation des grandes institutions culturelles parisiennes? Pas sûr. En effet, ce secteur, lui aussi, souffre de l'impact de l'actualité terroriste de la première quinzaine de janvier – on n'en sort décidément jamais.

Ainsi, depuis le début du mois, la fréquentation des musées de la Ville de Paris a chuté de 38%, par rapport à la même période de 2014. Un repli «très naturel», selon la directrice de l'établissement public des musées de la capitale: «Les gens n'avaient pas la tête à la culture. Ils essayaient de comprendre (l'actualité), ils étaient en détresse».

A voir si le grand public va revenir dès les prochaines semaines dans les musées de la capitale. Ou si la chute de fréquentation sera plus longue, ce qui se répercuterait sur leurs chiffres pour l'ensemble de l'année 2015.

 

08/09/2014

Un tassement, éphémère ou structurel?

Musées, Culture, Tourisme, Paris Si la saison touristique a été très moyenne à Paris – comme on l'évoquait, l'autre jour –, cet été à nouveau, les grands lieux culturels n'ont pas désempli. Les chiffres de 2014 ne sont pas encore tombés, mais, a priori, le classement des sites les plus visités ne devrait pas être bouleversé. Devrait continuer à caracoler en tête l'inévitable duo formé par Notre-Dame (14 millions de visiteurs, en 2013) et le Sacré-Coeur (10,5 millions), puis les suivre Le Louvre (9 millions), la tour Eiffel bien sûr (6), le Centre Pompidou (3) et, plus loin, le Musée d'Orsay, la Cité des sciences, l'Arc de Triomphe, et le Grand palais.

C'est au Louvre que les chiffres de 2014 seront particulièrement attendus. L'an dernier, en effet, s'il est resté le musée le plus visité au monde, il a vu sa fréquentation régresser. Son dernier rapport d'activités en date prend d'ailleurs acte de ce tassement. «La richesse des collections continue d'attirer un public nombreux aux origines très diversifiées», se contente-t-il de noter () sobrement, loin des cocoricos avec lesquels avaient été saluées les hausses de fréquentation en 2012 (+9%) et en 2011 (+6%).

A bon droit, les communicants du Louvre rappellent que, désormais, son activité «ne se limite pas aux seuls murs du Palais, mais s'étend bien au-delà». Cela renvoie notamment au Louvre-Lens, dont le succès de foule nuance largement ce bilan parisien moyen. On ajoutera que, pour les finances de toute institution culturelle, et donc pour Le Louvre aussi, le nombre total de visiteurs importe moins que le nombre d'entrées payantes.

A cet égard, il sera intéressant de voir comment, cet été, le public a réagi à la grande nouveauté qui a été introduite en avril: la suppression de la gratuité de l'accès aux collections chaque premier dimanche du mois (ici). Ces dimanches-là, les visiteurs ont-ils beaucoup moins afflué? Ou ont-ils accepté de payer? Réponse dans quelques mois.

06/02/2014

Une idée fixe

Musées, Culture, Arts, Economie, Tourisme, InternationalC'est la fin d'un système qui existait depuis près de quinze ans. Une remise en cause en catimini, comme embarrassée. Lundi, Le Louvre a confirmé avoir décidé que, pendant la haute saison touristique (d'avril à septembre), le premier dimanche du mois ne serait plus synonyme de gratuité d'accès à ses collections permanentes. Ce changement est formalisé sur la page de son site web détaillant les horaires et tarifs.

Pourquoi revenir sur cette gratuité dominicale mensuelle? Les agences de voyage étrangères auraient abusé. Elles auraient pris l'habitude d'organiser un grand nombre de visites précisément à ces dates-là. Cela aurait conduit à une «hyper-fréquentation» du musée, ces dimanches, au détriment de «la satisfaction des visiteurs» et des «conditions de travail» du personnel.

Les problèmes que poserait la clientèle étrangère: c'est décidément une idée fixe, au Louvre. Un tel argument avait déjà été brandi il y a quelques années, dans un débat tarifaire voisin (relire ici ou ).

Serrer la vis sur les tarifs, parce qu'il y a trop d'étrangers. Il y aurait une autre façon, plus glorieuse, de résoudre le problème présent.

Musées, Culture, Arts, Economie, Tourisme, InternationalLe personnel du musée est surchargé les premiers dimanches de mois? La qualité de la découverte artistique s'en trouve dégradée? Que ce musée prenne ses dispositions. Qu'il augmente ses effectifs ces jours-là, pour encadrer plus efficacement ces visites: les canaliser, via l'ouverture de salles supplémentaires, etc.

Certes, cela lui coûterait plus cher qu'à présent, en termes de nombre de personnels rémunérés au tarif dominical. Mais, quand on accueille plus de 9 millions de visiteurs à l'année, à un tarif payant supérieur à 10 euros par personne, on peut difficilement faire preuve de pingrerie.

31/01/2014

Un énorme succès

musées,culture,artsNe pas partir en week-end sans mentionner ce qui fut la bonne nouvelle de la semaine – il y en a peu, des bonnes nouvelles, en France en ce moment. Le Louvre Lens vient de franchir le cap du million de visiteurs. C'est donc une confirmation: ce qui apparaissait d'emblée (relire ici) comme une excellente idée s'est, de fait, transformé en énorme succès public.

Car un million de visiteurs accueillis en à peine plus d'un an, c'est très largement supérieur aux prévisions initiales. A l'origine, les concepteurs du projet tablaient sur un maximum de 700.000 visiteurs pour la première année, puis sur 500.000 pour les années suivantes: lorsque, passé l'effet de curiosité dû à la nouveauté, le musée adopterait un régime de croisière. Il s'agissait déjà d'objectifs ambitieux. En effet, aucun musée en dehors de Paris n'affiche de tels chiffres de fréquentation. Mais là, après cette première et si excellente année, le chiffre de 500.000 visiteurs annuels devrait être largement atteint, voire allègrement dépassé.

D'autant que, semaine après semaine, le succès ne se dément pas. Pour preuve, déjà plus de 40.000 personnes, soit bien plus qu'attendu, ont visité l'exposition en cours en ce moment (consacrée aux Etrusques), pourtant récemment inaugurée.

Bien.

14:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musées, culture, arts

16/01/2014

Une coïncidence, pas flatteuse

On est là, bien sûr, dans un registre très anecdotique: celui du folklore à vocation touristique. Mais c'est une coïncidence de deux annonces, tombées quasi au même moment hier, qui n'est pas forcément valorisante, pour la France et pour Paris.

La première annonce: la confirmation (, par exemple) que le Musée Grévin va bientôt honorer, par une statue de cire à son effigie, l'animateur de télé Patrick Sébastien. La seconde: son homologue à Rome, le Museo delle Cere, a choisi, lui, de rendre hommage au Sud-Africain Nelson Mandela, qui s'apprête donc à rejoindre sa galerie de personnalités statufiées.

Certes, il en faut pour tous les goûts. Mais, tout de même: on a donc, mis en valeur, d'un côté un bienfaiteur de l'humanité, et de l'autre le symbole du comique troupier télévisé.

Vive l'exception culturelle française.

06/09/2013

Une mesure insuffisante

paris,social,culture,musées,artsUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. Mais, en l'occurrence, pas une bonne nouvelle. Puisqu'il s'agit du constat d'échec d'une des grandes mesures qui étaient censées à accroître l'accès à la culture: la gratuité des musées.

Concernant les quatorze musées de la ville de Paris, cette gratuité est de mise depuis 2001. Or, selon de premières fuites dans des médias, un rapport de chambre régionale de la Cour des comptes qui est attendu en octobre démontre que la composition sociologique du public se rendant au musée n'a pas fondamentalement évolué. Les cadres et représentants des professions intellectuelles (55%) , ainsi que les personnes ayant fait des études supérieures (75%) restent ultra-majoritaires. Les visiteurs à bas revenus et les moins de 25 ans, eux, se rendent toujours aussi peu au musée.

La mairie a réagi au quart de tour (ici), assurant mordicus que «les professions et catégories sociales inférieures et moyennes (fréquentant les musées municipaux) représentaient 42% des visiteurs en 2009, contre 31,4% pour les musées nationaux situés à Paris». Et, pour contester le manque allégué d'attractivité des musées parisiens, elle a brandi les chiffres de leur fréquentation: 1,4 million de visiteurs des collections permanentes en 2012, contre 400.000 en 2001. Dans les couloirs de l'Hôtel de Ville, néanmoins, nul ne disconvient qu'il reste des efforts à faire pour rendre les musées municipaux «plus vivants, plus attirants, plus pédagogiques», la suppression de la barrière tarifaire ne suffisant pas à attirer en masse de nouveaux publics.

Voyons les choses positivement; donc ne nous arrêtons pas à ce constat d'échec: au moins ce sera un très beau chantier que pourra lancer, dès son élection, le nouveau maire de Paris, qui sera issu des élections municipales de mars prochain.

28/06/2013

Un grand vainqueur, un gros business

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Avec le nom du vainqueur de la saison des grandes expositions parisiennes. Qui, de Dali exposé à Beaubourg ou de Edward Hopper célébré au Grand Palais, a le plus déplacé les foules? Les résultats sont tombés (ici) cette semaine. C'est le peintre surréaliste espagnol (790 090 visiteurs) qui l'a emporté, avec 5821 entrées d'avance sur son concurrent américain (784 269).

Ces deux grands événements culturels ont surclassé les autres, en termes de fréquentation. Matisse à Pompidou (encore lui), troisième expo la plus vue de la saison, arrive loin derrière: 494 085 visiteurs. Et la dizaine de grandes manifestations culturelles ayant bien marché à Paris en 2012 ont plutôt tourné autour des 300 000 visiteurs.

Sinon, le palmarès culturel de l'année confirme l'engouement du public pour les grands classiques artistiques (Matisse, Degas, l'impressionnisme, etc.). Mais des expos (un peu) moins «mainstream» ont elles aussi récolté un certain succès: 352 000 visiteurs pour la rétrospective Tim Burton à la Cinémathèque, 286 694 pour «Debussy: la musique et les arts», au Musée de l'Orangerie.

Tous ces chiffres peuvent aussi avoir une lecture économique. Ils confirment le gros business des expositions temporaires: par rapport aux collections permanentes des musées et autres institutions culturelles – qui, elles, connaissent une hausse beaucoup moins marquée de leur fréquentation.

15/04/2013

Un ascenseur social

Arts, Culture, Musées, Personnalités, Social On n'est pas encore au stade où un ancien chauffeur de bus devient chef de l'Etat, comme au Vénézuela. Il n'empêche, c'est un bel exemple de réussite. Qui montre que, parfois en France, il fonctionne tout de même encore bien, cet ascenseur social que l'on décrit depuis des lustres comme étant irrémédiablement en panne.

Ce lundi, Le Louvre voit son nouveau président entrer en fonctions. Et celui qui va diriger le plus grand musée du monde et gérer les 2200 membres de son personnel est un fils d'immigrés espagnols né il y a 49 ans dans un milieu très modeste. La mère de Jean-Luc Martinez, c'est son nom, était concierge d'immeuble, et son père facteur à La Poste. Il a passé toute sa jeunesse de l'autre côté du périph': en banlieue. Ce week-end, dans une interview, il a raconté une anecdote remontant aux années 90, alors qu'il était jeune prof d'histoire-géo à Montreuil. «J'ai emmené mes élèves au Louvre. Comme moi, c'était la première fois qu'ils venaient à Paris. Pourtant, il y a une ligne de métro, mais, quand vous habitez Montreuil, vous ne descendez pas en bas».

Se souvenant de ses origines, dans une sorte de renvoi d'ascenseur ici pour le coup très salutaire, le nouveau patron du Louvre a fixé parmi les priorités de son mandat non pas les projets somptuaires, mais le renforcement de l'accessibilité sociale de ce musée.

Bien.

18/03/2013

Un appel, qui a été entendu

Un peu de culture, pour bien commencer la semaine. Il y a un petit temps (relire ici), on avait évoqué dans ce blog un appel à dons que Le Louvre avait lancé aux particuliers. Pour réunir 800.000€, aux fins d'acquérir deux statuettes en ivoire – une oeuvre (visible) «d'une beauté exceptionnelle» – datant du Moyen-Age. Les résultats de cet appel à dons viennent d'être communiqués.

Et une fois de plus, le mécénat privé a été au rendez-vous. Les deux statuettes, en effet, ont pu être acquises. Ce qui permet au musée d'enfin compléter l’ensemble sculpté auquel elles appartenaient, et qu'il exposait, incomplet, depuis 1896. Cette «Descente de Croix» reconstituée 700 ans après avoir été sculptée est présentée comme un «joyau du XIIIème siècle». «Oeuvre majeure de l'art médiéval», c'est «le seul groupe sculpté complet de cette période parvenu jusqu’à nous dans un tel état de conservation». Il a donc été élevé au rang de «Trésor National» – l'enjeu de la campagne relevait aussi «de la sauvegarde du patrimoine national».

Très exactement 3571 donateurs privés ont pris part à cette collecte de fonds. En ces temps de crise, que des particuliers en si grand nombre contribuent financièrement à cette cause culturelle n'est, en soi, pas inintéressant. Cela dit, le mécénat de tous ces amateurs d'art n'a pas permis à lui seul de récolter les 800.000€. La société des Amis du Louvre a donc été mise à contribution, et une grande compagnie d'assurance (très active dans le domaine de l'assurance des oeuvres d'art...) a signé un gros chèque. L'obole de ces deux grands mécènes a représenté 65% du coût de l'acquisition.

Qui, si cela vous intéresse, sera présentée au grand public à partir du 18 avril – dans la section de l'aile Richelieu du musée qui est consacrée aux objets d'art.

14/12/2012

Un système assez injuste

Chacun jugera si c'est, ou non, paradoxal: au moment où Le Louvre inaugure sa si fameuse et coûteuse extension à Lens – qu'on évoquait l'autre jour – , il lance un appel à dons, à destination du grand public. Pour qu'il l'aide à enrichir ses collections. Il avait déjà fait un tel appel il y a quelques années, avec succès. Cette fois, l'objectif est de récolter 800.000€. Pour acquérir deux statuettes d'ivoire «d'une beauté exceptionnelle», datant du Moyen-Age. A ce stade de la campagne, 60% de la somme recherchée a été récolté.

Le musée remerciera ses mécènes en fonction de la largesse de leur obole. 200€: le droit à une visite privée des collections. 300€: le libre accès pendant un an à l'ensemble du musée. 500€: une invitation à la grande cérémonie de présentation de l'oeuvre acquise. Et ainsi de suite. «Des dispositifs de reconnaissance spécifiques sont proposés pour les dons exceptionnels», a annoncé Le Louvre. Mais sans donner davantage de détails sur la nature de ces gratifications – le peuple n'a sans doute pas à le savoir.

Les mécènes les plus généreux fastueusement mis en avant; les moins fortunés poliment remerciés, mais priés tout de même de rester dans la piétaille des petits donateurs. On trouve peu sympathique – et, pour tout dire, assez injuste – un tel système de renvoi d'ascenseur: basé sur le montant du chèque.

Car, c'est l'évidence: 200€, cela n'a pas la même valeur selon qu'un tel don est fait par un modeste amateur d'art, ou par un nanti assujetti à l'impôt sur la fortune. Nous, on serait président du Louvre qu'on remercierait nos mécènes en fonction non du montant de leur don, mais de la proportion que celui-ci représente par rapport à leurs revenus. Mais bon, on en convient bien volontiers, on ne présidera jamais Le Louvre.

04/12/2012

Une inauguration, réjouissante

Dix ans qu'on l'attendait, et il sera inauguré aujourd'hui, par François Hollande: le Louvre-Lens, l'annexe du plus grand musée du monde, délocalisée dans le pays minier du Nord-Pas de Calais.

L'unanimisme est rarement ce qu'il y a de plus intéressant en politique. Il n'empêche, pour le coup, on n'a rien à redire à ce projet. Sans même avoir encore eu le temps de faire un saut à Lens pour visiter ce nouveau musée, on applaudit des deux mains à sa création. Tout comme on avait trouvé très bien son jumeau: le Centre Pompidou-Metz. On voit même quelque chose de fondamentalement rassurant dans le fait que ces deux projets d'extension en régions d'institutions culturelles nationales aient été lancés à l'époque par le Président Chirac, et soient aujourd'hui assumés par son successeur Hollande. Cela veut dire que, par delà la traditionnelle fracture politique gauche-droite, il y a une double conviction commune.

Celle que, en Culture comme dans tout le reste, il n'y a rien de plus pénible que le parisianisme – et c'est un parigot qui l'admet, bien volontiers. Et la conviction que, oui, la Culture aussi peut servir comme outil de revitalisation économique de territoires longtemps délaissés, et effectivement léprosés. Pour être déjà allé quelque fois à Lens, on connaît un peu cette ville et cette région difficiles, et on ne peut que leur souhaiter de connaître une ascension aussi fulgurante que, par exemple, celle que connut ces dix dernières années l'Espagnole Bilbao, grâce au Guggenheim.

Alors, oui, il y a bien, entendait-on ce matin, sur l'une ou l'autre radio, les réserves qu'émettent quelques esprits chagrins. Qui s'irritent du coût de tels grands projets, en ces temps d'austérité budgétaire extrême. Ou qui s'attendent déjà à ce que le nouveau musée nordiste serve péniblement, ces prochains mois, de faire-valoir à tous les barons socialistes locaux ou régionaux, qui s'y précipiteront dans l'espoir de ramener la couverture politicienne à eux. Peut-être. Sans doute.

Mais, face aux enjeux qu'un tel investissement représente pour ces régions, face à l'importance symbolique que revêt aujourd'hui cette inauguration, ces controverses ne parviennent pas à entamer notre satisfaction.

19/09/2012

Une visite particulière

La présentation cette semaine – aux autorités et aux médias – du nouveau département du musée du Louvre. Consacré aux Arts de l'Islam, il ouvrira samedi au grand public. Pour ne s'attacher qu'au contenant, il est marqué par un spectaculaire geste architectural. Ces collections, en effet, sont abritées sous une vaste verrière ondulante, qui surplombe la Cour Visconti: «voile doré de verre et de métal, qui respecte les façades historiques tout en ornant le bâtiment d'un élément d'une grande originalité». Pour la direction du Louvre, ces 2800 m2 de nouveaux espaces d'exposition et la manière dont on les a agencés représentent «une étape décisive dans l'histoire architecturale du palais et dans le développement du musée, plus de vingt ans après la création de la Grande pyramide» de Ieoh Ming Pei.

C'est l'aboutissement d'un projet vieux de plus de dix ans. Projet que Jacques Chirac, quand il était aux affaires, avait toujours appuyé.

Aujourd'hui, cependant, les médecins et l'entourage de l'ancien Président (1995-2007) l'ont jugé trop affaibli pour qu'il participe aux cérémonies et autres mondanités d'inauguration du nouveau lieu. Aussi, très discrètement, à la fin de la semaine dernière, une visite guidée particulière a été organisée rien qu'à son attention. Il a donc eu tout le loisir de découvrir les lieux à son rythme, en compagnie du grand patron du Louvre ainsi que de la ministre de la Culture. Et loin des caméras.

30/06/2010

Un «pari gagnant»

Un peu de culture, aujourd'hui. Quatre ans après son inauguration, c'est une consécration pour le musée du Quai Branly. Cette institution vient d'être bombardée en tête du classement des 340 musées français, édité chaque année par «Le Journal des Arts». Ce palmarès est établi sur la base de 69 critères concernant par exemple l’accueil du public, le dynamisme de la politique muséale, ou la conservation des oeuvres. C'est la première fois que Branly pointe en tête de ce classement. Ce qui, selon ses concepteurs, consacre le «pari gagnant» de ce musée dédié aux Arts premiers.

 

Dans ce classement, Branly détrône le Centre Pompidou, le Louvre étant stationnaire à sa troisième place. La rétrogradation du Musée d’art moderne de Beaubourg est expliquée par la longue grève qui y a eu lieu l'automne dernier ainsi que par sa politique d’accueil. A Pompidou, en effet, «les aides à la visite (audioguide et téléchargement multimédia) ne sont pas incluses dans le prix d’entrée». A Branly, en revanche, «Le Journal des Arts» a apprécié le fait que cette institution «offre 18 journées de gratuité par an à son public, lequel peut, par ailleurs, visiter l’intégralité de ses espaces d’exposition» – ce qui est loin d'être le cas au Louvre, par exemple. Les confrères se réjouissent aussi que «quatre ans après son ouverture, la fréquentation (de Branly) continue à progresser, avec une hausse de 7,6 % cette année», pour un total cumulé d'une demi-douzaine de millions de visiteurs.

 

En effet. On ne se félicitera jamais assez qu'un jeune musée trouve aussi rapidement et aussi aisément son public. A fortiori lorsqu'il est dédié à une culture et à des arts si lointains de ceux de ses visiteurs, ce qui offre à ces derniers une fantastique ouverture sur le monde.

 

Juste que, sans prétendre remettre en cause le bien-fondé des notes accordées par ces professionnels, nous personnellement, en tant que modeste usager parisien, on a toujours eu un gros problème avec Branly. On trouve ses collections très belles et ses expositions plutôt bien faites. On apprécie assez son grand jardin. Sans en avoir jamais été fan, l'immense vaisseau conçu par l'architecte Jean Nouvel ne nous dérange pas fondamentalement, dans sa physionomie extérieure. En revanche, on a toujours été très désorienté par son agencement intérieur. A chacune de nos visites, on a eu le même problème. Dans ce musée, on ne s'y retrouve jamais. On ne sait jamais où l'on est. On ne repère ni les sorties, ni les cheminements. On ne ressent ni ne comprend ni à la structure de ce vaste bâtiment, ni à l'articulation de ses circulations. Bref, on y ère, on s'y perd, on y flotte, et souvent on s'en agace.

 

Mais, les professionnels de l'art ne semblant pas insister outre mesure sur cet aspect des choses, sans doute a-t-on tout faux: probablement est-on particulièrement et singulièrement déstructuré.

06/10/2009

Une «harmonie»

bigmac.jpgUn McDo au Louvre, suite. Depuis qu’on en a parlé, l’autre jour (ici), le prestigieux musée en a dit un peu plus sur ce projet qui ne fait pas l’unanimité. En réponse cette fois à nos confrères britanniques du «Daily Telegraph» – comme quoi, la presse étrangère s’intéresse visiblement à cette grande première culturelle et gastronomique. En fait, deux «stands» seront ouverts au Louvre: un  Mac café  et un Mc Do. Ils trouveront place dans un vaste «espace de restauration» de 2000 mètres carrés de surface, plus précisément dans «une segmentation (de cet espace) plus à connotation américaine». Le propriétaire des lieux ayant «apporté le plus grand soin à la qualité d’ensemble du projet, tant d’un point de vue culinaire qu’esthétique», ces deux stands bénéficieront d’un «aménagement très qualitatif», assure la direction du Louvre. Ils seront «bien en harmonie avec le reste du Food court». Ils n’en seront pas moins «situés au bout de la zone de restauration». Malgré cette «harmonie» donc, cachez ce McDo que je ne saurais voir?

 

Dans leur argumentaire en faveur de l’implantation du fast-food, les services juridiques du musée rappellent que «les étrangers au Louvre représentent 68 % de la fréquentation, et un million d’entre eux sont Nord américains». Au total, le projet global de l’espace de restauration tel qu’il a été repensé pour la galerie du Carrousel présentera «un niveau de qualité en lien avec l’image du musée et en adéquation avec la demande des visiteurs, par une différenciation de l’offre dans chaque espace de restauration». Conclusion carrément extatique du Louvre: «On ne peut que se réjouir qu’à court terme, l’ensemble des visiteurs et clients, français ou étrangers, puissent trouver, tant dans les espaces du musée que dans ceux de la galerie commerciale, une offre de restauration aussi riche et variée, répondant à leurs goûts et à leurs attentes».

 

Si on comprend bien, l’arrivée du leader mondial du burger sous la Grande pyramide constitue carrément un plus culturel, commercial, esthétique, décoratif, convivial et gastronomique. On n'avait pas précisément saisi la portée de l'événement. Et on se demande toujours si, en décembre prochain, cette «harmonie» évitera aux visiteurs et au personnel du Louvre de devoir baigner à longueur de journées dans les effluves de frites et les relents de graillon.