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22/04/2016

Une échéance qui se précise (suite)

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. RIP Prince. Mais Peter Doherty, lui, «la dernière authentique rock star anglaise» (sic), sera en live dans notre onzième arrondissement de Paris. Puisque, cela a été annoncé la semaine dernière (), c'est lui qui sera sur scène au Bataclan, à la mi-novembre, pour sa réouverture. Il a donc été préféré aux autres stars international du rock dont le nom avait circulé (relire ).

Sinon, en attendant, et dans le même registre rock, cette initiative de Metallica. L'autre jour, le groupe californien a annoncé avoir conclu un accord avec une marque de prêt-à-porter française. Pour créer un tee-shirt rendant hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Le produit de sa vente (23 euros) ira à "Ensemble face au terrorisme": le programme de la Fondation de France qui vient en aide aux victimes des tueries et à leurs proches, et soutient des projets visant à prévenir les processus de radicalisation chez les adolescents. Le tee-shirt est assorti d'un cliché pris lors du concert que ce groupe donna jadis au même Bataclan. L'enregistrement de ce concert est d'ailleurs réédité, dans un album spécial intitulé "Liberté, égalité, fraternité, Metallica!".

Un tee-shirt qu'on ne verra pas forcément beaucoup porté dans les rues de notre onzième. Il n'a été édité qu'à 350 exemplaires. Pas mal d'amateurs, dès lors, risquent de ne pouvoir acheter ce «collector» – à supposer qu'il ne soit pas d'ores et déjà épuisé. De même, le concert de Peter Doherty pourrait bien être complet. Les réservations semblent ouvertes, mais, ce matin en tout cas, sur le site web de la salle de spectacles, quand on tentait de réserver un billet pour le soir où la star est annoncée, s'affichait le message «Il n'y a aucune place en vente sur cette séance».

Un succès de foule, cela dit, un Bataclan plein à craquer, ce serait une belle réponse donnée, un an après la si dramatique actualité qui l'a endeuillé. Et une si bonne nouvelle, pour le quartier.

25/02/2016

Une échéance qui se précise

Visiblement, les bonnes vieilles gloires du rock international se mobilisent pour notre bon vieux Bataclan. Dont la date de réouverture se précise, depuis la dernière fois que ce blog a évoqué () cette échéance. Ce pourrait être le 14 novembre. Soit quasiment un an jour pour jour après la tragédie du 13 novembre dernier (89 morts et des dizaines de blessés – dont plusieurs sont, à ce jour, toujours hospitalisés).

Ainsi, hier soir, le groupe de heavy metal Metallica a annoncé qu'il allait rééditer un album live qu'il avait enregistré dans la salle de concert du boulevard Voltaire, en 2003. "Liberté, Egalité, Fraternité, Metallica!", ainsi que ce disque sera rebaptisé, sera vendu au profit de "Give for France". Cette collecte de fonds internationale a été lancée par la Fondation de France. Elle vise à la fois à venir en aide financièrement aux familles des victimes et aux blessés du 13 novembre, et à «prévenir le terrorisme», via le soutien d'«actions d'éducation, de lutte contre le racisme et d'apprentissage de la citoyenneté».

Ainsi, encore, hier toujours, a fuité l'info () selon laquelle The Cure, rien de moins, pourrait être programmé au Bataclan le soir où il rouvrira ses portes. Quitte, bien sûr, à y partager la scène avec les Eagles of Death Metal. Au même moment, le groupe culte de la new wave des années 90 sera en tournée dans l'Hexagone. Il pourrait donc faire un arrêt symbolique dans la salle endeuillée du onzième arrondissement. Là même où, se souviennent les mémorialistes du rock, les Cure avaient donné «leur premier concert français, le 17 décembre 1979, quelques mois après la sortie de leur premier album: "Three Imaginary Boys"».

16/02/2016

Un an à attendre

Paris, Musique, Culture, Economie, TerrorismeLes "Eagles of Death Metal" de retour sur scène à Paris, ce mardi soir. A l'Olympia. près de trois mois jour pour jour après leur concert endeuillé du Bataclan, le 13 novembre.

A propos de la salle de spectacles du onzième arrondissement, précisément, on en sait un peu plus sur le moment où elle pourrait rouvrir ses portes. «Nous ferons tout notre possible pour accueillir à nouveau des spectacles avant la fin de l'année 2016», ont annoncé, ainsi, l'autre jour, ses directeurs et le propriétaire des lieux: le groupe Lagardère.

Le délai de la fin novembre a été évoqué (, par exemple). Les travaux de rénovation – lourds –, cela dit, n'ont pas encore débuté. Le site web officiel (en sommeil) du Bataclan n'en confirme pas moins cette décision de principe de rouvrir ses portes au public.

Le jour venu, ce sera assurément tout bénéfice pour l'animation de cette partie de l'arrondissement – qui peine un peu, depuis le 13 novembre. En outre, cela fera un grand bien à la vie économique locale, lourdement impactée par la fermeture de ce lieu où, chaque soir ou presque, convergeaient des centaines de personnes et travaillaient des dizaines d'autres (relire ).

15/01/2016

Une diversification bienvenue

Paris, Culture, Musique, BanlieuesUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et, en l'occurrence, le constat du succès remporté par la Philharmonie de Paris, qui fête son premier anniversaire cette semaine. Et qui, visiblement, a remporté un pari pourtant pas gagné d'avance. Celui d'élargir un peu les origines sociologiques du public de la culture musicale de haute volée.

La Philharmonie a succédé à la salle Pleyel. Celle-ci, située dans les beaux quartiers parisiens, fonctionnait beaucoup dans l'entre-soi. Le pari a été de faire rentre l'institution dans une zone nettement plus populaire de la capitale: porte de la Villette, en bordure du périphérique. Coup de poker gagnant. En un an, confirmant ses débuts fulgurants, le nouveau temple parisien de la musique classique a accueilli 1,2 million de visiteurs, soit bien davantage que les 800.000 escomptés au départ. Près de la moitié (42%) de ces visiteurs vient des arrondissements du Nord et de l'Est parisiens: pas les plus aisés de la capitale. Surtout, alors que 60% des spectateurs de Pleyel étaient des Parisiens, les habitants de la capitale sont désormais minoritaires (48%) à la Philharmonie. Le public en provenance de l'étranger (21%) a doublé. Et près d'un spectateur sur trois (31%) vient de banlieue. Dont 19% de la Seine-Saint-Denis: le département le plus défavorisé de la région capitale.

La nouvelle institution, malgré sa naissance dans la douleur (relire ici, notamment), a donc fini par remplir sa promesse de diversification et d'ouverture de son horizon. C'est sans doute le plus bel hommage posthume qu'elle pouvait rendre à son père spirituel: Pierre Boulez, qui vient de disparaître.

22/06/2015

Une fête, malgré le contexte

Hier, comme chaque 21 juin, la Fête de la Musique. C'est peut-être/sans doute la moindre des choses, mais on peut tout de même saluer qu'elle ait été maintenue. Alors qu'en région parisienne (mais aussi dans les Alpes maritimes), "Vigipirate", le plan de vigilance antiterroriste, est à son degré d'alerte maximum.

A Paris, singulièrement, ce n'était pas gagné d'avance de laisser ainsi les foules se réunir sur la voie publique et de faire en sorte que tout se passe bien, d'un point de vue sécuritaire. Alors que les forces de l'ordre sont sur les dents voire sont à bout, elles qui ont été tant sollicitées depuis les attentats de janvier. Et pourtant, tout s'est globalement bien passé: aucun incident majeur n'a été déploré. Même François Hollande s'est offert un bain de foule sans encombre – ni enthousiasme exagéré du public... –, dans les jardins du Palais royal.

Que ce rite musical annuel ait été maintenu en dépit de ce contexte si tendu, et que cette mauvaise ambiance n'ait apparemment pas nui aux découvertes culturelles, ce doit être la bonne nouvelle de ce début de semaine.

 

PS. Légère agitation ce matin, dans notre 11e arrondissement. Rue Nicolas Appert, sur le coup de 10 heures, une escouade d'experts de la police scientifique a débarqué sur les lieux de l'attentat du 7 janvier: dans l'immeuble où était établie la rédaction de "Charlie Hebdo". Pour encadrer leur arrivée, d'innombrables cerbères, lourdement armés, avaient été déployés. L'histoire ne dit pas quelles investigations et constatations doivent encore être menées sur la scène de crime, près de six mois après qu'il a été commis.

21/05/2015

Un démarrage fulgurant

Paris, Musique, CultureEnfin une bonne nouvelle, pour La Philarmonie. Cet immense temple parisien de la musique, qui a été inauguré en janvier à La Villette. Jusqu'à présent, ce paquebot culturel avait surtout fait parler de lui pour l'envolée de son coût et de ses délais de construction (relire ici, par exemple). Mais là, il semble susciter l'engouement.

550.000, c'est le nombre de visiteurs que La Philarmonie a accueillis, en quatre mois. C'est plus que prévu, et cela lui permet d'afficher un taux de remplissage de 96% pour ses concerts. Surtout, un quart du public des concerts provient des quatre arrondissements populaires du Nord-Est de Paris, et 10% rien que du 19e, où l'institution s'est établie. Dans le même temps, le public d'origine – celui de la Salle Pleyel, donc majoritairement issu des beaux quartiers de l'ouest parisien – a visiblement suivi, lui aussi. Il a pris sans heurts ses nouvelles habitudes dans ce grand ensemble situé pourtant dans un environnement sociologique moins favorisé et dans un cadre urbain plus ingrat: en contrebas du périphérique.

Les finances de l'institution seront stabilisées si, à l'avenir, ce succès se confirme. Mais ce n'est pas gagné d'avance. Car, si La Philarmonie n'a pas désempli dès son ouverture, c'est aussi et surtout parce qu'elle a eu le nez fin. Parce que, d'entrée de jeu, elle a programmé une exposition thématique très populaire, et qui avait déjà remporté un grand succès à l'étranger: la rétrospective consacrée à David Bowie. Il faudra donc voir si, par la suite, des choix de programmation moins immédiatement consensuels remporteront tout autant l'adhésion du public.

11:59 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, musique, culture

03/12/2014

Une petite musique

personnalités,institutions,musique,hollande,internationalOn aura décidément tout vu à l'Elysée, sous François Hollande. Tout vu et même tout entendu, en l'occurrence.

Hier soir, en effet, dans les salons du palais présidentiel, le prestigieux orchestre de la Garde républicaine a carrément joué... du ABBA. Les valeureux militaires mélomanes y sont notamment allés d'un «Fernando» endiablé, qui, paraît-il, restera dans les annales des soirées élyséennes. C'était à l'occasion du dîner d'Etat donné en l'honneur du roi Carl XVI Gustaf et de la reine Silvia, en visite cette semaine en France. Le dîner a réuni quelque 200 convives, qui donc ont festoyé en se trémoussant (un peu) sur ABBA.

Cela change fameusement par rapport aux notes d'Albéniz, le célèbre pianiste et compositeur espagnol, qui, il y a sept ans, avaient retenti dans le palais présidentiel. Lors de la cérémonie d'investiture du prédécesseur de François Hollande, un Nicolas Sarkozy à l'époque époux de Cécilia Attias, arrière-petite fille d'Isaak Albéniz.

La Garde républicaine jouant du ABBA à un dîner d'Etat: on imagine sans peine la moue des déclinologues et autres contempteurs de François Hollande. Sans doute auraient-il préféré qu'en lieu et place du groupe kitsch-pop des années 70, l'Elysée opte pour les vocalises de la grande mezzo-soprano suédoise Anne Sofie von Otter.

Auquel cas, cela aurait permis à François Hollande de vanter, au passage, le «made in France». Puisqu'un des derniers disques de l'artiste, intitulé précisément «Douce France», rend hommage à la mélodie et à la chanson tricolores, de Saint-Saëns à Debussy en passant par Barbara, Ferré, Trénet ou Moustaki.

Mais sans doute aucun haut communicant de l'Elysée n'y avait-il pensé.

03/11/2014

Un engouement, dans l'entre-soi

Arts, Culture, Musique, Belgique, Paris, SocialUn peu de culture, pour bien débuter la semaine. Constater que, décidément, les années ont beau passer, une certaine culture belge reste tout de même furieusement à la mode, à Paris. Hier soir encore, c'est ce qu'on s'est dit.

A Garnier. Au vu de la ferveur, impressionnante, de l'ovation qui a salué – comme tous les soirs, paraît-il – «Rain»:  le spectacle que la danseuse et chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker avait jadis créé à La Monnaie de Bruxelles, et que l'Opéra de Paris reprend, en ce moment. Un talent fou, une maestria technique hallucinante, une vitalité époustouflante, et une beauté totale (musique de Steve Reich, costumes signés Dries Van Noten, etc.). L'engouement parisien pour cette chorégraphie est tel qu'il n'y a évidemment plus une place de libre, et ce malgré des tarifs absolument prohibitifs.

A ce sujet, sans doute est-ce enfoncer une porte ouverte que d'en faire le constat, mais cela ne fait jamais de mal non plus de le souligner: à l'Opéra de Paris, cela continue à fonctionner terriblement dans l'entre-soi. A Garnier, en tout cas (c'est moins forcément systématique à Bastille), comme si souvent dans les grandes institutions culturelles parisiennes (Théâtre des Champs-Elysées, etc.).

arts,culture,musique,belgique,paris,socialOn n'a pas pu, hier, observer tous les visages de tout le public, mais, d'après ce qu'on en a vu, outre qu'il y avait très peu de jeunes (quelques trentenaires, tout au plus), il n'y avait... que des blancs. Sur un bon millier de spectateurs, à moins que cela nous ait échappé, pas un black, pas un beur. Quelques touristes asiatiques, oui, mais, pour le reste, tous des blancs.

Cela aussi, c'était assez saisissant.

19/06/2014

Une cible de choix

Paris, Culture, Musique, Social, Architecture, ActivismeNouveau coup d'éclat des intermittents du spectacle, à Paris hier. Après avoir occupé, l'autre jour, l'Opéra Bastille, ils ont envahi le chantier de La Philarmonie: l'immense temple de la musique symphonique en cours de construction, portes de Pantin et de La Villette. Ils y ont notamment déployé des banderoles en son sommet, qui ont été vues par des dizaines de milliers d'automobilistes circulant sur le boulevard périphérique situé en contrebas. Et, perchés sur le toit du petit matin jusqu'à la fin de l'après-midi, ils ont nargué les CRS.

Le choix de cette cible ne doit sans doute rien au hasard. On reproche aux intermittents leur régime spécifique d'assurance chômage, déficitaire et donc ruineux pour le contribuable? Mais La Philarmonie elle-même, projet financé par l'Etat et la Ville de Paris, est «un vrai florilège de tout ce qu'il ne faut pas faire, dans la conduite d'un grand équipement public».

Ainsi l'avait qualifié l'auteur du rapport que la commission des finances du Sénat lui avait consacré, en 2012. Pour preuve, son budget prévisionnel est passé de 150 millions d'euros, au début des années 2000, à... plus de 380 millions, aujourd'hui. Soit «une inflation des coûts exorbitante», dixit la Cour des comptes. Pour qui «on pouvait tout aussi bien défendre le principe d'un projet plus sobre, plus économe, limité à la construction d'une grande salle de concerts et jouant en synergie avec les autres espaces du parc de La Villette», la Cité de la Musique singulièrement.

Paris, Culture, Musique, Social, Architecture, ActivismeMais non, on a préféré un «chantier pharaonique» (un bâtiment de plus de 50 mètres de hauteur, etc.), comme le qualifient les intermittents du spectacle. Qui, dans ces conditions, l'ont un peu mauvaise qu'on vienne leur donner des leçons de bonne gestion des deniers publics.

En prime, à en croire ces manifestants, hier, sur ce chantier, ils ont découvert «de nombreux travailleurs roumains, slovaques, polonais, espagnols, portugais, allemands, belges, avec ou sans papiers, intérimaires pour beaucoup d'entre eux». Qui leur «ont fait part de leurs conditions de travail proches de l'esclavage, comme des ouvriers polonais payés 4€ de l'heure».

L'histoire ne dit pas si c'est à un tel tarif horaire que les opposants au régime des intermittents voudraient que ceux-ci soient rémunérés.

13/06/2013

Une «atonie générale»

Inondé de musique, le téléspectateur français moyen? On pourrait le penser, au vu du tapage des émissions de télé-crochet comme «The Voice». Et bien non. Un volumineux rapport montre que, en fait, la musique peine à trouver sa place sur le petit écran, dans l'Hexagone.

Seize chaînes télévisées (numériques hertziennes et câble-satellite) ont été passées au crible, pendant toute l'année 2012. Résultat? La «faiblesse de la programmation de concerts et «live plateau» sur les chaînes numériques hertziennes, avec une forte tendance à la diffusion sur la tranche horaire 0h-6h» – la tranche la moins regardée. Pareillement, les clips musicaux sont souvent «considérés comme une programmation nocturne». Et la présence à l'écran de musiciens en promotion, elle aussi, est «en fort recul». Quelques chiffres? Le volume d’heures de diffusion télévisée de «live plateau», en 2012: -45% par rapport à 2011. Le nombre de musiciens différents diffusés sur le petit écran: -8%. La musique à l'antenne: -7%. Le nombre d'émissions musicales différentes: -13%. Et cela fait plusieurs années que cela dure, s'inquiète le rapport: «Depuis le début de notre dispositif, en 2009, tous les indicateurs (nombre d’artistes, nombre de programmes et nombre de passages musicaux) sont à la baisse».

Les chaînes câblées et satellitaires ne sauvent pas, globalement, la mise, elles qui, sur ce créneau musical, souffrent de la concurrence du net et des sites de streaming. Dans ce secteur-là du PAF, c'est donc également «l'atonie générale» en matière de diffusion musicale. Hormis l'une ou l'autre exception – le groupe NRJ, note le rapport, se distingue par l'augmentation du nombre à la fois d'heures de programmes musicaux diffusés et de titres et artistes mis à l'écran.

Sinon, si l'on examine quel type de label musical est diffusé sur quelle télé, on remarque, évidemment, que ce média sert souvent d'outil de promo pour les productions musicales-maison. Ainsi, «les labels media obtiennent la part la plus forte sur TF1, avec 18,3% de part en diffusion, notamment la diffusion des vidéomusiques des Stentors, de Vincent Nicol et des Prêtres: tous édités sur le label TF1 Musique». De même, les titres sortis par M6 Music Label sont très diffusés sur les chaînes M6, W9 et MCM.

Plus que jamais, donc, la télé – et y compris la culture à la télé –, c'est aussi (surtout?) un business.

21/05/2013

Un cas de figure envisagé

Remue-ménage, place de la Bastille. Où, depuis hier, une armada de gros bras s'affaire à monter la scène où, ce soir, se produiront le chanteur Mika et les autres artistes participant au «Concert pour tous». Qui est organisé par les pro-«mariage pour tous», pour fêter le vote définitif de cette réforme par le Parlement – ce week-end, le texte a été promulgué et publié au Journal officiel.

La manifestation festive pourrait bien se dérouler sous haute protection policière. Les autorités, en effet, n'écartent pas la possibilité de raids d'anti-mariage gay sur Bastille, en cours de soirée. Certains scénarios policiers ont même envisagé un autre cas de figure que celui d'incidents isolés. A savoir, un grabuge généralisé, qui pourrait prendre les mêmes proportions... que la soirée de saccage ayant dévasté le quartier du Trocadéro, l'autre jour. En marge d'une manifestation qui, elle aussi, était censée purement festive: la célébration du titre de champion de foot, remporté par le PSG.

Que ne soit pas écartée la possibilité de batailles rangées sur le sujet en dit long sur l'état du débat politique, dans ce pays. Tout comme le fait que, depuis dix jours, dans le Marais gay – a-t-on remarqué en y passant, ce week-end –, des cars de police sont désormais stationnés en permanence. Veillant au grain. Dans le cadre sans doute de ce que l'on appelle le principe de précaution.

Sale ambiance, décidément.

04/10/2012

Un rappel si bienvenu

«Un campement de gens du voyage, en bordure de Paris: porte de Choisy». Ce sont les premiers mots de la journée qu'on a entendus: au radio-réveil, ce matin. Pas bien réveillé, on en a déduit qu'une fois de plus, un camp de Roms avait été évacué à l'aube par les autorités, en banlieue parisienne. Et bien non: pas du tout.

Cela rappelait ce que furent les conditions de vie d'un gamin, qui, néanmoins, devint un des plus grands noms de la musique française du siècle dernier.

Django Reinhardt, en l'occurrence. Qui, dans les années 20, après sa naissance à l’arrière de la roulotte familiale, dans la campagne belge, passa son enfance dans un bidonville de «La Zone», ainsi qu'étaient dénommés, à l'époque, les taudis squattant l'aire des anciennes fortifications de Paris, avant qu'on y construise le périph'. La (décidément épatante) Cité de la Musique consacre une expo à ce grand musicien. Outre qu'elle a l'air passionnante, elle tombe à merveille, se disait-on ce matin.

Car, honorer la mémoire de celui qui joua sur scène avec Duke Ellington ou Dizzy Gillespie, c'est rappeler aux Français, de manière si bienvenue, que la culture et le monde des gens du voyage, cela ne peut se résumer à l'image, si stigmatisante et dégradante, qu'en donne l'actualité dans ce pays, ces dernières années: la misère, la délinquance, la crasse.

14/09/2012

Une disparition

Radio, Culture, Musique, PersonnalitésJean Garretto est décédé, a-t-on appris ce midi. Il était âgé de 80 ans. Ce nom ne dira sans doute rien aux lecteurs les plus jeunes, mais c’était vraiment une personnalité très marquante du monde français de la radio.

 

Avec son complice de toujours, Pierre Codou, il avait découvert un très grand nombre de jeunes talents, qui, depuis, sont devenus de grandes voix des ondes. L’émission mythique qu’il créa, «L’Oreille en coin», sur France Inter, qui n’a jamais été vraiment remplacée, fut un espace de liberté et de créativité très innovant, pour l’époque. Et l’on doit à ce duo la station FIP Radio, qu’il créa il y a quarante ans – et dont on a déjà eu l’occasion (ici) de dire tout le bien qu’on en pense.

 

Pendant toute la journée, cette radio musicale rendra sans doute de nombreux hommages à son co-fondateur. Une occasion de plus d’y aller laisser traîner ses oreilles.

29/06/2012

Un hommage, une réparation

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Cela s’est passé le jour de la Fête de la musique, à Paris. Dans le 18ème arrondissement, a été inauguré un square au nom d’Alain Bashung. Avant sa mort, en mars 2009, l’auteur d’«Osez Joséphine» et de «Ma petite entreprise» habitait une ruelle pas loin du quartier populaire de la Goutte d'Or. Cet espace vert de 1500 m2 honore donc, désormais, sa mémoire.

 

C’est un hommage que Paris lui fait, mais on peut aussi le voir comme une sorte de réparation. En 2009, en effet, un pénible sort avait été réservé à la sépulture du chanteur, au Père Lachaise.

 

A l’époque, la mairie de Paris a moins communiqué sur cette question-là, mais, après l’enterrement fastueux, qui avait été retransmis sur écran géant, le caveau du défunt s’était réduit, pendant des semaines, à de vulgaires et très anonymes plaques de béton. Chloé Bashung, sa veuve, avait dû saisir le Tribunal de grande instance pour que l’entrepreneur de pompes funèbres consente à poser, sur la  sépulture, la stèle qui lui avait été commandée et payée. Auparavant, toutes les mises en demeure que lui avait adressées la famille étaient restées sans réponse. Chloé Bashung, «atterrée et attristée» que «la mémoire d'Alain (soit) bafouée, trahie», n’avait eu d’autre choix que d’alerter les médias et de saisir la justice, pour que le différend soit réglé.

 

Ce n’est dorénavant plus qu’un mauvais souvenir. Outre une sépulture digne, l’artiste disparu a désormais un lieu qui rappelle à tous son talent.

15:03 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, musique, paris

08/05/2012

Un défoulement

Elections présidentielles, Paris, Personnalités, Chanson française, Musique, SarkozyGros défoulement, à Paris depuis dimanche soir: sur les affiches électorales de l'ex-candidat Président. Et particulièrement dans des arrondissements comme le 11ème, où «La France forte» n'a vraiment pas fait recette, dans les isoloirs.

Le «TCHAO PANTIN» aperçu boulevard Richard Lenoir est encore le commentaire le moins désagréable de tous ceux qu'on a vus en rue. Les déclinaisons du «Casse-toi, pauv'con», du karsher, et de la racaille à nettoyer sont, bien sûr, légion. Beaucoup d'insanités, aussi. Le défoulement post-électoral passe visiblement par un langage en dessous de la ceinture.

Vu pas mal d'obscénités, aussi, sur d'autres affiches n'ayant, elles, aucun caractère électoral. C'est particulièrement frappant dans les couloirs et stations de métro, ces derniers temps. La personnalité qui en fait les frais est une vedette du show-bizz. Il s'agit de ... Johnny Hallyday.

Notre bon vieux Jean-Philippe Smet, l'autre jour, a fait savoir qu'il ne se mêlerait plus jamais de politique. Malgré ce revirement, cet ex-sarkozyste de choc semble toujours, dans l'esprit des gens, assimilé au Président sortant. Nombre de ses affiches annonçant ses prochains concerts sont maculées de slogans. Qui l'invitent à aller se faire voir – pour édulcorer... – par, chez, ou avec Nicolas Sarkozy.

L'histoire ne dit pas (encore) si elles subiront le même sort, les affiches faisant la promo d'autres artistes ayant soutenu, en 2007 ou en 2012, le candidat Sarkozy: les Faudel, Stéphane Freiss, Enrico Macias, Véronique Julie Lescaut Genest, Charlotte Rampling, ou autres Mireille Mathieu.

02/01/2012

Un traitement de faveur

Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, dans le «Top 50 Ifop-JDD» des personnalités préférées des Français, publié hier, Yannick Noah arrive en tête. Sur le fond, ce hit-parade de la popularité n'est pas la plus intéressante des enquêtes d'opinion. Car, comme des pommes et des poires, elle fait se côtoyer, au titre de nominés, aussi bien des personnalités de la politique que des vedettes des médias, du sport ou du show-bizz. Car le critère pour arbitrer ce match très inégal (le fait que les Français les «aiment» et qu'ils ou elles «comptent» pour eux) est plus affectif que rationnel. Et car c'est typiquement le genre de classement sur lequel influent les engouements du moment – voir la percée, cette année, du comédien Omar Sy, due au succès du film «Intouchables».

Il n'empêche, en ce début d'année présidentielle qu'est 2012, on peut y remarquer que les deux favoris pour l'Elysée, François Hollande et Nicolas Sarkozy, occupent deux des trois dernières places du classement...

Sinon, Yannick Noah, donc. Symbole sans doute, aux yeux de l'opinion, d'une certaine coolitude métissée, de bon aloi.

Ce statut de chouchou des Français lui vaut un traitement de faveur de la part des médias. Chacune de ses prestations médiatiques, télévisuelles surtout, est un comble de complaisance doucereuse et aimable. Ainsi, dans leur écrasante majorité – hormis l'un ou l'autre titre, comme «Le Canard Enchaîné» –, les médias français ont toujours fait l'impasse sur le gros contentieux qui, depuis des années, oppose l'ex-tennisman au fisc: une vieille histoire de redressement fiscal contesté datant des années 90, lorsque la star s'était fiscalement exilée en Suisse.

Alors, comme tout contribuable, Yannick Noah a parfaitement le droit de tenter de faire valoir ses droits face à l'administration. Mais tout journaliste digne de ce nom a aussi le droit de s'interroger sur le professionnalisme, ou non, de tous ces intervieweurs qui, face à lui, n'ont jamais évoqué cette si délicate question. Et, à la lecture de ce top 50, l'on est en droit de se demander l'impact qu'aurait, ou non, cette affaire sur la popularité du chanteur, si les Français en avaient connaissance.

29/07/2011

Un appel à la censure

Prenant prétexte de la dramatique actualité de vendredi dernier en Norvège – on ne voit pas très bien le rapport, mais bon, passons – , un député UMP a donc demandé (voir ici) au gouvernement de prendre «des mesures» pour «censurer» les chansons de «certains groupes de musique rap issus de l'immigration». Groupes qui, selon lui, «sous couvert de la liberté d'expression», «se livrent à de véritables appels à la haine raciale et religieuse en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes». Hier, l'intéressé a fait le tour des médias, évidemment très interloqués par son initiative. Il y a étendu son appel à la censure à toute forme d'expression artistique qui inciterait à «la violence» et à «la remise en cause des institutions».

Il y aurait beaucoup à dire sur pareille préconisation, tout comme sur le contenu, parfois effectivement problématique, de certaines créations artistiques. On se contentera ici de suggérer à ce parlementaire de ne pas s'arrêter en si bon chemin. Et de se replonger dans le répertoire artistique de ces dernières décennies. Où il pourra, très utilement, utiliser ses ciseaux de censeur.

Car, si on suit son raisonnement, Johnny Hallyday aurait dû voir son si populaire «Allumer le feu!» frappé d'interdiction de diffusion, puisqu'il peut être compris comme une incitation à la révolte. Boris Vian n'aurait pu publier «J'irai cracher sur vos tombes»: rien que le titre de cette oeuvre est si peu respectueux. Renaud, dans les années 80, n'aurait pu chanter «Votre République, moi j'la tringle (...) Plus de slogans face aux flicards, mais des fusils, des pavés, des grenades». Idem pour Brassens, qui, trente ans plus tôt, n'aurait pu rigoler à l'idée de gendarmes tués «à grands coups de mamelle», ni confesser adorer voir des «braves pandores sous la forme de macchabées». Et sans doute peut-on multiplier les exemples à l'infini.

Bref, notre ami député sarkozyste a du pain sur la planche. Très bien: cela lui laissera moins le temps de proférer des âneries.

05/01/2011

Un anniversaire

logoFIP.jpgCa c'est Paris. C'est le Paris qu'on aime, en tout cas. Comme le Paris des paysages de toits de zinc hérissés d'antennes de télé, qu'on trouve si poétiques chaque fois qu'on les regarde par les fenêtres de la maison. Le Paris des trottoirs luisants et bondés des grands boulevards, les soirs d'automne. Le Paris des après-midis ensoleillées d'été à bouquiner dans les jardins du Palais royal ou du parc de Belleville. Le Paris roboratif des marrons chauds l'hiver et des macarons de Ladurée, toute l'année. Celui des vieilles cours industrielles et des concierges édentées de notre onzième, qui essaient de résister à l'invasion des bobos. Le Paris des quartiers festifs, qui part en vrille vers 2 h du mat': quand les bars ferment et que les noctambules protestent – c'est qu'on referait le monde jusqu'à pas d'heure, à Paris. Le Paris des footings nocturnes d'hiver, si revigorants hier soir encore, le long des berges du canal Saint-Martin. Le Paris des petites galeries d'art de la rive gauche. Celui, aussi, si dépaysant, de ses quartiers ethniques: «Little India» dans le dixième ou «Little Tokyo» près d'Opéra.

 

C'est le Paris de FIP, qui, ce mercredi, fête ses quarante ans. FIP, comme «France Inter Paris», comme on appelait cette chaîne du groupe public Radio France quand Jean Garretto et Pierre Codou la lancèrent, le 5 janvier 1971. FIP qui, pour fêter cela, diffuse toute la journée de ce mercredi une programmation spéciale 1971.

 

FIP, c'est un monde, c'est un univers. A l'origine, ce n'était qu'une radio musicale chargée, par ses flashs de radioguidage, d'accompagner les automobilistes parisiens coincés dans les embouteillages. Mais c'est devenu beaucoup plus. Une programmation qui, assez justement, se targue d'être «la plus musicale et la plus éclectique de la bande FM». Certes: moins branchée que Radio Nova, moins pointue que France Musiques, moins passionnante que France Culture, moins répétitive et commerciale que celles de tant de radios ados. Mais sur FIP, a-t-on toujours trouvé, il y en a vraiment pour tous les goûts. Et c'est souvent de bon goût. Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter, le soir, l'émission «Jazz à FIP».

 

FIP, c'est un ton. Celui des «fipettes» (surnom donné aux animatrices de cette radio) à la voix suave et malicieuse. Qui n'ont pas leur pareil pour annoncer calmement des mauvaises nouvelles à leurs auditeurs automobilistes coincés dans d'épouvantables embouteillages. Qui, grâce à leur ton si particulier, n'ont pas leur pareil pour rendre poétiques y compris les noms des portes du périph': Porte des Lilas, etc.

 

Kriss.jpgFIP, c'est tellement Paris que, quand on est à l'étranger et que la Ville lumière commence à nous manquer, on écoute un moment cette radio sur le web, et l'on s'en trouve réchauffé. FIP, c'est aussi une politique de partenariat culturel exigeante et de choix: toutes ces années passées à Paris, on n'a jamais été déçu en assistant à un concert, à un spectacle ou à une expo dans la capitale qui étaient recommandés par FIP.

 

FIP, enfin, c'est un souvenir. Kriss: son animatrice fétiche, qui fit aussi les grandes heures de «L'Oreille en coin» sur Inter. Décédée l'an dernier, Kriss était vraiment une voix et une personnalité très attachantes de la radio française. Elle nous manque.

18/11/2010

Un défoulement

Loin de l'actualité politique si agitée en haut lieu dernièrement, autour du fameux remaniement, l'atmosphère est propice au défoulement, à Paris en ce moment. Imaginez cela: écouter les meilleurs DJ mixer dans les couloirs d'habitude si gris de la station de métro Châtelet, s'éclater sur un «dancefloor roulant» aménagé dans un «autocar night-club» sillonnant la ville la nuit, ou voguer sur la Seine des décibels plein la tête, grâce à une «croisière électro» sur les Bateaux parisiens. Tout cela, et quantité d'autres défoulements, c'est ce que proposent les «Nuits capitales»: «cinq nuits dédiées à la musique live et au clubbing dans de très nombreux lieux emblématiques de la scène parisienne» nocturne: «La Flèche d'Or», le «Batofar», le «Rex Club», etc.

Cette manifestation sautillante est l'occasion de revenir sur ces «Etats généraux de la Nuit» qui ont eu lieu le week-end dernier à Paris: une foule de débats sur l'animation nocturne dans la capitale française, qui ont réuni plus d'un millier de participants. Ils avaient été mis sur pied à la suite du succès (16.000 signatures) remporté par la pétition «Quand la nuit meurt en silence» (relire ici ou ), qui avait été lancée l'hiver dernier. Plein d'idées ont émergé de ces discussions, qui ambitionnent de redynamiser la vie nocturne tout en amoindrissant les nombreux problèmes de cohabitation qu'elle pose.

Parmi ces idées: la mise sur pied d'équipes de médiateurs chargés de patrouiller la nuit dans les quartiers animés, pour inciter les fêtards à faire moins de bruit, le renforcement de l'offre de transports publics la nuit (les bus du réseau «Noctilien»), la réduction des tarifs des parkings après minuit, ou l'installation de sonomètres dans plusieurs quartiers branchés et donc bruyants. Evoqués également: l'octroi d'aides publiques pour l'installation de fumoirs dans les établissements de nuit (pour éviter que les fumeurs fassent du bruit à l'extérieur), le renforcement de la médiation avec les riverains (particulièrement remontés contre les fêtards), ou l'expérimentation d'ouvertures tardives de certains parcs. Pour la mairie de Paris, la fête, la musique et la nuit «ont toujours fait partie de l'identité de la capitale». Pas question donc qu'en matière d'animation nocturne, Paris devienne une ville assoupie, voire morte, en comparaison de cités internationales elles si noctambules et festives comme Barcelone ou Berlin.

Reste à mettre toutes ces idées en pratique. Et si possible avant le printemps: la saison où, avec le retour des beaux jours, les hordes de fêtards reviendront envahir les trottoirs jusqu'à pas d'heure, empêchant de dormir d'innombrables Parisiens. De la mise en pratique, ou non, de ces bonnes résolutions dépendra aussi l'avenir de tout un secteur d'activité, le business de la nuit, dont le poids économique est non négligeable: Paris, ce sont 1000 débits de boisson disposant d'une autorisation d'ouverture la nuit et plus de 100 discothèques.

15/07/2010

Une fatwa

diams.jpgCes jours-ci, la France fête le vingtième anniversaire de la loi réprimant les propos à caractère raciste, antisémite ou xénophobe. C'est le moment qu'a choisi le Front national pour jeter l'opprobre sur une artiste qui, dernièrement, a fait parler d'elle en se convertissant à la religion musulmane, en vertu de quoi elle n'apparaît plus en public que coiffée d'un couvre-chef. On veut parler de Diam's. Ce soir, la rappeuse doit se produire à un festival de musique, dans une bourgade du Var (Provence). Mais son concert pourrait bien être perturbé par des agitateurs du parti de Jean-Marie Le Pen, le FN  ayant réclamé (ici) en vain l'interdiction de cette prestation. Pour les frontistes, en effet, Diam's est une «personnalité néfaste», «médiocre». Qui, dans ses chansons (proférées qui plus est «dans un français approximatif») «vomit toute la haine qu’elle porte en elle contre la France et envers les Autorités et la République». Le FN  a donc prévenu: la venue ce soir d'une telle artiste sur des terres où l'extrême droite est si bien implantée ne peut qu'«engendrer désordre civil et insécurité».

Le FN en veut notamment à Diam's pour sa chanson «Ma France à moi». Dans laquelle la rappeuse dit notamment: «Ma France à moi, c'est pas la leur, celle qui vote extrême/ Celle qui bannit les jeunes, anti-rap sur la FM/ Celle qui s'croit au Texas, celle qui a peur de nos bandes/ Celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante/ Celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des Choristes/ Qui laisse crever les pauvres, et met ses propres parents à l'hospice». Ou encore: «Non, ma France à moi c'est pas la leur qui fête le Beaujolais/ Et qui prétend s'être fait baiser par l'arrivée des immigrés/ Celle qui pue le racisme mais qui fait semblant d'être ouverte/ Cette France hypocrite qui est peut-être sous ma fenêtre». Pour le FN, de tels textes sont évidemment insupportables. En outre, sans doute le parti de Jean-Marie Le Pen n'a-t-il pas encore pardonné à Diam's sa chanson intitulée «Marine», en référence à la fille du patron du FN. Cela donnait notamment ceci: «Marine/ Regarde-nous/ On est beau/ On vient des 4 coins du monde/ Mais pour toi on est trop/ Ma haine est immense quand je pense à ton père/ (...). T'as fait la même connerie que lui/ Penser que le blanc ne se mélange pas à autrui/ Marine/ On ne s'ra jamais copines parce que je suis une métisse/ Et que je traîne avec Ali».

Les organisateurs du festival et la mairie concernée ont évidemment catégoriquement rejeté la fatwa du Front national: «Diam's viendra bien. C'est de la musique et elle a le droit de s'exprimer, comme tout le monde». Puisque le parti de Jean-Marie Le Pen a, paraît-il, de nouveau le vent en poupe en France en ce moment, rappelons que, dans les villes qu'il dirigea jadis (Vitrolles, Marignane, Orange, Dreux etc.), en matière culturelle, le FN n'a pas rarement pris des mesures clairement excluantes: déprogrammation de spectacles, refus d'autorisation d'expositions, purges, dans les bibliothèques publiques, des livres jugés immoraux, diminution voire arrêt de subventions aux théâtres pas assez dans la norme, etc, etc. Depuis, de toute évidence, l'extrême droite n'a pas évolué d'un iota.