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28/04/2016

Une initiative (pas trop) de saison (J-1)

A Paris, dès la semaine prochaine, deux changements, très dans l'air (bobo) du temps. D'une part, les Champs-Elysées qui, un dimanche par mois à compter du 8 mai, seront intégralement dédiés aux piétons (voir ). D'autre part, les week-ends à partir de la même date, l'ouverture ininterrompue, y compris donc en nocturne, de neuf grands parcs et jardins. La mesure vise à «adapter les horaires des espaces verts aux usages des Parisiens, notamment pour ceux qui ne partent pas en vacances, mais aussi à renforcer l'accès aux îlots de fraîcheur que représentent les grands parcs et jardins en cas de canicule».

Lors des pics de chaleur de l'été dernier, déjà (relire ici ou ), des parcs parisiens avaient ouvert en continu. L'initiative avait remporté un franc succès. Un an plus tard, en revanche, et avant même d'entrer en vigueur, elle suscite des récriminations.

Des élus (par exemple ici) et des comités de riverains () maugréent. La mairie a annoncé des «moyens de nettoiement renforcés», l'installation de «bacs à déchet de grande capacité» dans les espaces verts concernés, et «des rondes régulières d’équipes de sécurité», chargées de surveiller l'opération jusqu'au petit matin. Cela ne calme toutefois pas les opposants. Ils jugent de telles mesures d'encadrement «totalement insuffisantes». Et redoutent de subir trois types de désagréments. Des nuisances sonores, des dégradations de ces parcs et jardins, et une hausse de l'insécurité globale.

On verra cet été si leurs appréhensions étaient fondées, ou pas. En attendant, en tout cas, nulle nuisance à redouter. La météo du moment à Paris – digne d'un mois de novembre, donc pas du tout de saison – n'incite aucunement à passer ses soirées, et encore moins ses nuits, dans les parcs.

26/04/2016

Une alliance de circonstance, piquante (J-3)

Paris qui, sur le plan sportif, serait sauvée par Marseille. Ce serait pour le moins piquant. Dans un pays qui, sportivement, a toujours été dominé par la féroce et séculaire rivalité footballistique entre le PSG et l'OM.

Cette improbable alliance de circonstance pourrait bien, néanmoins, devenir réalité, et fameusement servir la "Ville lumière". Dans 17 mois. Quand, en septembre 2017, le Comité international olympique désignera la ville hôte des JO d'été de 2024.

Hier, en tout cas, la maire de Paris, Anne Hidalgo, en a fait des tonnes en termes de com' (comme ici, par exemple) en faveur de Marseille. Puisque la Cité phocéenne pourrait contribuer à la victoire de la capitale française sur les trois autres villes qui sont elles aussi candidates à l'organisation de cet événement: Los Angeles, Budapest et Rome. En effet, dans le cadre de ces JO qui se tiendraient à Paris, les épreuves de voile s'y dérouleraient... à près de 800 kilomètres de distance. Dans le grand bleu méditerranéen. Une tribune de 5.000 places serait notamment érigée sur la corniche de Marseille, d'où les spectateurs suivraient les joutes nautiques. Jusqu'à présent, dans la promo de son dossier, le comité Paris 2024 a surtout vanté la scénographie spectaculaire qui bénéficierait aux épreuves de sports équestres (prévues au Château de Versailles), de beach volley (au pied de la Tour Eiffel) ou de tir à l’arc (sur l’esplanade des Invalides). Incontestablement, les compétitions de voile vues depuis la Corniche offriraient un panorama tout aussi grandiose.

Marseille est un «atout incommensurable pour la candidature de la ville de Paris!», en a déduit Anne Hidalgo, hier. Quitte à faire grimacer les si nombreux Parisiens footeux et un peu à cheval sur les traditions antagonistes, qui donc ne peuvent pas encadrer tout ce qui, de près ou de loin, concerne la Cité phocéenne.

25/04/2016

Une tension qui s'enracine (J-4)

Social, Paris, Activisme, GouvernementNuits décidément agitées en ce moment, dans notre 11e arrondissement. En marge de la mobilisation citoyenne "Nuit Debout", qui continue place de la République.

Ce week-end, pour tenter de calmer un peu les choses, les autorités ont été jusqu'à interdire la vente de boissons alcoolisées en soirée, aux alentours de l'esplanade. Cela n'a pas empêché de nouveaux heurts entre casseurs et forces de l'ordre, échauffourées qui sont monnaie courante dans le quartier, depuis trois semaines. Cette fois, en plus, des véhicules (de police, singulièrement) ont été brûlés.

La permanence du PS dans le 11e, rue Alexandre Dumas, a également été vandalisée. Précédemment déjà, avant même cette mobilisation, des antennes locales de ce parti avaient été victimes de tels agissements, tant en province (voir ici, ou ) que dans la capitale ().

A un an de la fin de son mandat, visiblement, la colère se dirige directement, et plus que jamais, vers François Hollande et tout ce qui le représente. Le maire du 11e a dénoncé cette vague de vandalisme anti-politique, y voyant un phénomène «très inquiétant pour la démocratie».

21/04/2016

«Une formidable vitrine»

Paris, Sports, Transports, Patrimoine, EnvironnementDernier jour de circulation à peu près normal, ce jeudi, sur et autour de la prestigieuse esplanade des Invalides. Puisque, à partir de demain 14 heures, il faudra montrer patte blanche pour accéder au secteur, même si on est simple piéton ou riverain. Et il ne sera pas possible d'y circuler en véhicule motorisé, ni a fortiori d'y stationner. Tout cela pour que, le lendemain après-midi, une vingtaine de bolides puissent y évoluer à... plus de 220 km/h.

C'est le Grand prix de Formule E. Depuis des mois (relire ici), cet événement suscite la polémique. Sur son principe même: ses détracteurs y voient une ode à la voiture et à la vitesse, très paradoxale dans une capitale dont les dirigeants affirment à longueur de journées vouloir à tout prix privilégier les «circulations douces». Ces derniers jours, les débats ont redoublé. Relatifs, là, aux aménagements urbains rendus nécessaires par cette compétition, sur lesquels on s'affaire depuis deux semaines.

Pour assurer la sécurisation du périmètre de la course, un millier de blocs de béton ont dû être déposés, ainsi que 400 tonnes de grilles de protection. Et tous les pavés de la place Vauban ont dû être recouverts d'une couche provisoire de bitume, spécialement posée pour l'occasion. L'ensemble du secteur étant classé comme site historique et culturel protégé, ce revêtement de goudron devra être enlevé dès le lendemain de l'événement.

Que les écolos résument à un vrai «désastre écologique». La mairie, elle, balaie ces critiques. A son estime, cette compétition «contribuera au rayonnement de la capitale, et montrera que les voitures électriques ont toute leur place dans le centre de la cité». Même enthousiasme du côté du gouvernement. Pour le ministre des Sports, qui assistera à la course, cette «première (urbaine) en Europe» sera «un véritable accélérateur d’innovations en faveur de la mobilité électrique et de sa promotion». Et «une formidable vitrine du patrimoine et du savoir-faire français».

C'est merveilleux.

15/04/2016

Un prix à payer

Paris, Banlieues, Economie, Social, Art de vivreParis, ville magnifique. Ville agréable à vivre, aussi, globalement. Mais ville chère, décidément. Une étude vient de quantifier cela de manière précise.

8,8%. Selon les calculs de l'Institut de la statistique (Insee), c'est le surcoût moyen des prix pratiqués en région parisienne, par rapport à la moyenne nationale. C'est dû en grande partie au coût des loyers, qui y sont supérieurs de près de 50% par rapport au reste du pays. Plus largement, les dépenses relatives au logement (eau, entretien, gaz, électricité, etc.) sont plus élevées de 24,7% à Paris et et dans sa banlieue qu'en province. Cet écart vaut aussi pour la santé (des dépassements d'honoraires médicaux plus fréquents dans la capitale qu'ailleurs, par exemple), pour les loisirs, la culture et l’hébergement. Ainsi que, dans une mesure un peu moindre, pour l’alimentation, la restauration, les transports, les meubles et les vêtements.

Ce coût de la vie moins abordable est toutefois pondéré. Par la différence de rémunération: «le salaire horaire net moyen d’un ouvrier ou d’un employé est de l’ordre de 8% à 10% plus élevé» dans la région-capitale qu’en province.

Oui, mais cela ne vaut que pour les Parisiens et les banlieusards qui bénéficient d'une rémunération digne de ce nom. En revanche, pour les exclus, les précaires, les chômeurs en fin de droit, les travailleurs condamnés aux petits boulots à temps partiel, les jeunes peu aidés par leurs parents, les seniors ne touchant que de petites retraites, et pour tous ceux qui peinent à boucler leur fin de mois, le coût de la vie dans la capitale et sa région devient rapidement prohibitif. D'où, sans doute, le succès de la mobilisation actuelle contre la précarité, à Paris. Où, proportionnellement, ce mouvement semble rencontrer davantage d'écho qu'en province – même s'il y a fait tache d'huile.

13/04/2016

Un nouvel arrivant, bienvenu

Paris, Terrorisme, SocialLa (bonne) nouvelle de la semaine n'a échappé à aucun des riverains de notre quartier Saint-Sabin: la partie du onzième arrondissement qui fut si endeuillée et traumatisée par les attentats de l'an dernier. Les anciens locaux de "Charlie Hebdo" ont enfin trouvé de nouveaux locataires.

Au 10, rue Nicolas Appert, précisément. Dans le petit hôtel d'entreprises qui hébergeait la rédaction de l'hebdo satirique. Des locaux qui étaient toujours vides, depuis ce 7 janvier 2015 de sinistre mémoire où les frères Kouachi y semèrent la mort. En effet (relire ), la Ville de Paris, propriétaire des lieux, n'était jamais parvenue à trouver de nouveaux locataires. Malgré d'importants travaux de remise à neuf, on ne se bousculait visiblement pas pour occuper ces 280 m² désormais et à jamais si dramatiquement connotés.

Jusqu'à l'annonce, l'autre jour, de la signature d'un bail en bonne et due forme. Par le groupe SOS: une grosse entreprise d'économie sociale, qui va notamment éditer son magazine à cet endroit. «Il y avait une certaine fierté de redonner vie à ces lieux», a témoigné, dans les médias (par exemple ), un de ses dirigeants. «Il ne faut pas céder à la peur, donner le sentiment que les auteurs de la tuerie ont gagné».

Pour le quartier, en tout cas, c'est une excellente nouvelle. Car ces arrivants vont contribuer à lui redonner un peu de vie, de passage et d'animation. En plus, que rêver de mieux, si l'on veut rester fidèle à l'«esprit du 11 janvier», qu'un organisme dont le travail quotidien consiste précisément à réduire les fractures sociales, à construire des ponts, à recréer des solidarités.

Bienvenue à vous, donc, chers nouveaux voisins!

12/04/2016

Une amélioration qui tarde

Cela ne se dégrade pas vraiment. Mais cela ne s'améliore pas non plus considérablement.

C'est, en gros, la conclusion que l'on peut tirer du dernier rapport annuel en date sur la qualité de l'air à Paris et dans sa banlieue, qui a été rendu public il y a peu. Malgré tous les efforts entrepris, près d'1,5 million d'habitants de cette région restent quotidiennement exposés à une pollution atmosphérique qui excède les normes réglementaires. Il s'agit essentiellement des riverains qui résident à proximité des grands axes de circulation (le périph', etc.).

Si l'on regarde la situation polluant par polluant, cela s'améliore un peu en ce qui concerne le dioxyde d'azote. En revanche, la pollution aux particules fines, à l’ozone et au benzène stagne à des niveaux préoccupants.

Ce n'est évidemment pas un hasard politique: le jour même où ce bilan annuel – très moyen, donc – a été rendu public, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal a fait un peu de com'. Elle a annoncé la publication de l'arrêté qui est censé gérer de manière plus réactive et efficace les épisodes de pollution atmosphérique, dans la capitale imposition moins compliquée qu'avant de la circulation automobile alternée, etc. Et, comme cela semble une habitude désormais, la mairie de Paris (voir ici ou ) a réagi tièdement à cette com' ministérielle. Pour l'Hôtel de ville, en effet, le gouvernement ne va toujours pas assez loin, en la matière.

L'Etat et la Ville qui continuent à se chamailler. Et, en attendant, les Parisiens et les banlieusards qui respirent toujours aussi souvent un air empesté. Pas grand-chose ne change, donc, dans les faits.

11/04/2016

Une cible privilégiée

 Social, Activisme, Economie, Paris Pas toujours facile, depuis dimanche, de retirer de l'argent aux distributeurs de billets de notre quartier du onzième arrondissement. Samedi, en effet, en marge d'une nouvelle journée de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail, nombre de ces automates ont été pris pour cible. Taggués, maculés de peinture ou de stickers, dégradés.

C'est peu dire que, dans le quartier, pas mal d'agences bancaires ont, au-delà des DAB apposés sur leurs façades, subi un mauvais quart d'heure. On ne compte plus les vitrines recouvertes de slogans, endommagées, voire brisées. «Non au retour à Germinal. Vive la grève générale!», «Loi El Khomri -Vie pourrie» ou «Occupy SG» sont quelque-uns de ces slogans qu'on a pu lire. La SG mentionnée étant la banque Société Générale, et la référence à l'occupation faisant allusion aux mouvements du style "Occupy Wall Street".

Parmi les portraits des personnalités qui ont souvent été apposés sur ces banques, affiches gratifiées de commentaires peu agréables pour les intéressés, le visage de Pierre Gattaz revient souvent. Le très libéral "patron des patrons", leader du Medef (première organisation d'employeurs), accusé par les manifestants de prôner «la loi de la jungle» sociale et de s'en prendre aux «sans-dents» aux pauvres, ainsi que François Hollande les dénommerait s'il faut en croire son ex, Valérie Trierweiler.

Dans les stations de métro des arrondissements de l'Est parisien, pareillement, il était difficile, ce matin, de trouver un affichage publicitaire pour une banque qui n'avait pas été badigeonné d'invectives («VOLEURS!», etc.). Là aussi, c'est la Société générale surtout qui a vu ses campagnes de pub prises pour cible.

 Social, Activisme, Economie, Paris Pourquoi elle particulièrement, et non la BNP Paribas ou d'autres grandes banques françaises? C'est sans doute dû à son implication présumée dans le scandale mondial des "Panama Papers", relatif aux paradis fiscaux, qui a été révélé la semaine dernière.

Cela a d'ailleurs valu à une des agences parisiennes de cet établissement bancaire d'être peinturlurée, par les activistes, d'une déco toute en couleurs exotiques et chatoyantes. Qui ressemblait bien à ce que l'on imagine être un coucher de soleil au Panama.

08/04/2016

Un court-circuit, symptomatique

C'était couru d'avance, mais, visiblement, la mairie de Paris n'avait pas anticipé cela. La principale actualité de la semaine, dans la "Ville lumière", a été quelque peu court-circuitée par le climat social et revendicatif agité du moment, en France.

L'inauguration en grandes pompes de la "Canopée". L'immense structure (18.000 écailles de verre, 7.000 tonnes de poutres métalliques) qui recouvre désormais le futur nouveau Forum des Halles, lui toujours en cours de réaménagement. Sitôt ce mastodonte architectural dévoilé au public, il a été investi par les intermittents du spectacle. Eux qui sont chroniquement mobilisés ne jouent pas un petit rôle dans le mouvement actuel de revendication (les "Nuits debout", etc.) parti de Paris et qui, depuis, a fait tache d'huile en province et même en Belgique.

Ces intermittents s'inquiètent notamment de l'avenir de leur régime d'assurance chômage. Il est déficitaire et doit être renégocié, d'ici à l'été – avec, sans doute, de douloureuses économies à la clé. L'occasion était donc trop belle, pour eux, de «prendre possession de cette énième vitrine clinquante de la Ville de Paris: plus d’un milliard d’euros de budget, dont 14% de dépassement» par rapport aux estimations initiales. L'occasion aussi, en ces temps de mobilisation de la jeunesse contre la précarité, de se montrer dans «une immense zone de chalandise qui regroupe nombre d’entreprises et de magasins qui exploitent au quotidien des précaires (étudiants, travailleurs pauvres, personnes sans papiers), obligés d’accepter des boulots pourris pour survivre».

Paris, Architecture, Urbanisme, Social, Activisme, CultureLe coup de force des intermittents, cela dit, s'il a fait grimacer des élus de Paris, n'a globalement pas gâché la fête. Ni n'a empêché les Parisiens d'affluer dans ce centre commercial qui, bientôt, sera complètement relifté.

Une méga opération urbanistique qui, on peut le noter au passage, ne réussit toujours pas à faire l'unanimité. La pompe et les flonflons des discours d'inauguration n'ont pas fait taire les critiques qui, depuis le début, accompagnent ce projet. A propos de son gigantisme, de son coût, de sa physionomie, et des nuisances que le chantier a entraînées, pour le quartier. Chantier débuté dès 2011, et qui ne s'achèvera pas avant 2018 – on n'a donc pas fini d'en parler.

07/04/2016

Une reprise qui se fait attendre

Morose, se confirme-t-il, le climat des affaires dans le secteur du tourisme, à Paris. Alors que, normalement, en cette période pascale, l'affluence étrangère devrait être à son comble.

D'après les chiffres qui circulent, le secteur continue, cinq mois plus tard, d'être touché de plein fouet par l'impact des attentats de la mi-novembre. Les réservations d'hôtels affichent toujours une baisse de 15% depuis le début de l'année, et c'est encore pire pour les établissements de très grand luxe et autres palaces (jusqu'à 20% de manque à gagner, par rapport à l'an dernier). Même le créneau particulier, et habituellement très rentable, du tourisme d'affaires (congrès, salons professionnels, séminaires, etc.) accuse le coup. C'est préoccupant pour la capitale, car ce type de tourisme représente à lui seul 40% des nuitées hôtelières, rapportant chaque année plus de 5 milliards d'euros de retombées économiques à la ville et à sa région.

Pour, toutefois, ne pas dresser un tableau trop sombre, noter l'une ou l'autre éclaircie qui semble se profiler, dans la "Ville lumière". Ainsi (voir par exemple ici), après plusieurs mois qui, là aussi, furent dévastateurs, un rebond de fréquentation paraît se confirmer concernant les salles de spectacle, les cinémas et les restaurants – fût-ce de manière inégale pour ces derniers, notamment en fonction du quartier concerné.

En somme, les touristes étrangers tardent toujours à revenir, mais les Parisiens se sont remis à sortir.

Sans doute est-ce déjà cela.

05/04/2016

«Un plus bas niveau depuis dix ans»

Puisque, la semaine dernière, ce blog évoquait le problème des embouteillages en France, et puisque cela va une fois de plus bouchonner pas mal dans Paris, ce mardi – encore une journée de manifestations prévue, avec son cortège habituel d'embarras de circulation –, des nouvelles du périphérique. Un premier bilan, en l'occurrence, deux ans après l'entrée en vigueur de la limitation à 70km/h de la vitesse maximale de circulation qui y est autorisée.

Cela avait été un fameux changement, à l'époque. Plus de vingt ans que, sur ce boulevard, la rocade périurbaine la plus fréquentée d'Europe (1,3 million de véhicules par jour), la limite était fixée à 80km/h. Il avait donc fallu des années d'intenses débats (relire ici ou ) avant que la réforme soit mise en œuvre.

Deux ans plus tard, l'impact éventuel de ce changement sur la pollution atmosphérique et sonore reste à démontrer. De même, sur la fluidité du trafic. En revanche, en termes d'accidentologie, l'évolution est notable. Le nombre d'accidents y a diminué de 15,5%, pour s'établir «à son plus bas niveau depuis dix ans». 601 blessés corporels par an, précisément. Contre 627, un an plus tôt. Et un seul tué à la suite d'un accident de circulation survenu sur le périph'. Contre sept, un an plus tôt.

Sans doute est-ce déjà cela. Même si la baisse globale de l'intensité de la circulation automobile en France, due au ralentissement de l'économie – que ce blog notait, jeudi dernier – a peut-être aussi joué.

25/03/2016

Un gros impact, mais une renaissance en vue

Ils n'ont échappé à personne, cette semaine, dans notre quartier du onzième arrondissement: celui du Bataclan. Les signes d'une renaissance à venir.

Il y a quelques jours, des échafaudages ont commencé à être montés tout au long de la façade de la salle de spectacles. lls s'élèvent désormais sur plus de trois étages, y compris dans l'allée adjacente. Au passage, cela montre bien l'ampleur des dégâts que la tuerie du 13 novembre y a causés, et donc l'importance des travaux de rénovation qui vont devoir être menés à bien. Afin que l'établissement soit à nouveau accessible au public, ce qui devrait être chose faite à la fin de l'année.

Le Bataclan rouvert, ce sera tout bénéfice pour l'économie du quartier. A cet égard, la préfecture de Paris vient de donner quelques chiffres qui montrent combien les attentats perpétrés il y a quatre mois ont eu de lourdes conséquences, pour le climat des affaires dans la capitale.

Ainsi, pas moins de 325 entreprises situées en région parisienne ont, après le 13 novembre, fait appel à l'Etat, pour lui demander un soutien financier. Dans plus d'un cas sur trois, elles étaient implantées dans les dixième et onzième arrondissements – ceux que les terroristes ont frappé. Les principaux secteurs d'activité qui ont vu leur chiffre d'affaires dégringoler par la baisse de fréquentation due à cette sinistre actualité ont été les commerces de proximité, les hôtels, cafés et restaurants, ainsi que les lieux de spectacle.

La nature des aides qui leur ont été accordées? L'octroi du statut d'entreprise en activités partielles, par exemple. Il autorise les employeurs, «en cas de suspension d'activité due à un sinistre ou à des intempéries provoquant de façon subite l'arrêt de l'activité», de déclarer leur personnel, ou une partie de celui-ci, comme étant en chômage partiel ou technique, indemnisé par l'Etat. Les entreprises mises en difficultés ont aussi bénéficié de facilités et délais de paiement des cotisations sociales ou charges fiscales. La Banque publique d'investissement a également été mobilisée, en cas de reports de prêts bancaires. Ces aides ont été d'autant plus indispensables que, très souvent, les commerces et sociétés impactés par cette tragique actualité n'avaient pas souscrit d'assurances indemnisant la chute de chiffres d'affaires induite par de telles circonstances.

22/03/2016

Une (avant-) dernière réouverture

Parler d'un lieu de plaisir, de détente et de fête est peut-être un peu déplacé, vu l'actualité dramatique du jour, à Bruxelles. Mais c'est cela aussi, la vie qui reprend. Après la sauvagerie.

Signaler donc qu'à Paris, hier, a rouvert le dernier des établissements (hormis le Bataclan) qui avaient été frappés par les attentats du 13 novembre. Le bar-restaurant "La Belle Equipe", rue de Charonne, dans notre 11e arrondissement.

Il y a quatre mois, vingt personnes y avaient été assassinées. Criblées de balles de kalachnikov, tirées en rafales par les terroristes. Plus d'une centaine de douilles y avaient été retrouvées.

Pour renaître, "La Belle Equipe" a choisi le jour du printemps, si symbolique.Les événements de ce mardi, malheureusement, montrent que l'hiver de l'actualité, lui, n'est pas terminé.

Mais l'été, il faut l'espérer, finira par arriver.

12:43 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, terrorisme

17/03/2016

Un "retour d'expérience"

Le Bataclan et ses alentours interdits d'accès par les policiers, ce matin. Sans que, pour autant, ce quartier du onzième arrondissement soit complètement bouclé, comme les médias français le prédisaient en boucle, ces dernières vingt-quatre heures. Pour preuve, la circulation automobile sur le boulevard Voltaire n'a pas été interdite.Les riverains apprécieront certainement ce dispositif policier mesuré, eux qui n'en peuvent plus, depuis quatre mois, de voir leur vie quotidienne perturbée par les suites des attentats.

Cette agitation du jour, au Bataclan, est due à la venue des parlementaires qui composent la commission d'enquête mise en place à l'Assemblée nationale. Leur visite des lieux n'est bien sûr en rien une reconstititution, dans le sens judiciaire du terme: c'est l'apanage de la justice, et non du pouvoir législatif. En revanche, ces élus ont tenu à se rendre physiquement sur le théâtre de la tuerie, pour mieux appréhender ses circonstances ainsi que la manière dont les autorités l'ont gérée, le soir du 13 novembre (intervention des unités d'élite, gestion du périmètre de sécurité, prise en charge des blessés, etc.).

Terrorisme, Paris, Sécurité, Institutions, ParlementLa commission parlementaire, en effet, a pour mission, non d'enquêter sur les faits, leurs auteurs et leurs complices – c'est l'objet des enquêtes pénales en cours –, mais de dresser un "retour d'expérience": de tirer les leçons de ce qui a été bien ou mal fait, en ce terrible soir du 13 novembre (voir , par exemple). Puis, de tout mettre en oeuvre pour que, si de telles tueries se reproduisent, elles soient gérées de la manière la plus optimale possible.

Etant entendu qu'il semble faire peu de doutes que, dans une ville française ou l'autre, à un moment ou à un autre, dans une configuration ou l'autre, des actualités similaires se reproduiront – et la France, en la matière, n'est bien sûr pas le seul pays concerné.

16/03/2016

«Une iniquité à réparer»

Deux jours déjà qu'il a eu lieu, mais on continue à ne parler que de cela, à Paris. Parler du chahut si rugueux qui, lundi soir, a secoué l'habituellement si chic et paisible 16e arrondissement. A propos du projet d'y implanter, d'ici à l'été, un centre d'hébergement d'urgence de 200 places, pour les SDF.

«Une Jungle de Calais dans le bois de Boulogne», comme le dénoncent les riverains. Ils sont si remontés que, lundi soir, une réunion publique d'information sur le sujet a dû être interrompue, car elle manquait de tourner au pugilat général. Les orateurs et défenseurs du projet, dont la préfète (qui a signé le permis de construire), se sont notamment pris une nuée de quolibets et d'insultes tout sauf classe et distingués.

La chose a fait tant de bruit qu'elle a été évoquée à l'Assemblée nationale, hier (lire ici ou voir ). Manuel Valls s'est dit «profondément choqué». Il a jugé injustifiable «les insultes et les menaces dont la représentante de l’État a été l’objet», et intolérable «que le débat public soit manipulé» par les détracteurs du projet. Le Premier ministre a redit la détermination de l'Etat à mener ce projet à bien.  Et de conclure: «Il n’est pas possible, il n’est pas juste, que certains souhaitent se dérober à l’effort. En matière de solidarité et de lutte contre la pauvreté, chacun doit assumer ses responsabilités». Même tonalité à la mairie de Paris. Où l'on annonce qu'on ira «jusqu'au bout» pour «réparer une iniquité»: le 16e est «le seul arrondissement qui ne compte aucun centre d’hébergement d’urgence».

Des recours en justice sont annoncés. Donc, on n'a pas fini d'entendre parler de ce dossier. En attendant, il ne faudrait pas tomber dans la caricature: croire que tous les habitants du 16e d'office et sans exception sont aussi en pointe contre ce projet que leur maire d'arrondissement, le député sarkozyste Claude Goasguen – auteur d'une pétition à succès, sur le sujet. Il existe aussi des riverains qui sont profondément gênés par l'image désastreuse que ce chahut donne de leur quartier.

L'image d'un îlot d'aisance et d'égoïsme, indécrottablement replié sur lui-même et sur ses seuls petits privilèges. Insupportablement insensible à la détresse d'autrui.

14/03/2016

Une agitation infondée

Quatre mois quasiment jour pour jour après les attentats de Paris et Saint-Denis, "Le Petit Cambodge" rouvre ses portes, ce lundi. A la terrasse de ce restaurant du dixième arrondissement, le 13 novembre dernier, quinze personnes avaient été assassinées par les tueurs. Cette réouverture survient après celles de plusieurs autres établissements (relire ici, ou ) pareillement endeuillés, au même moment. En revanche, pour aller de nouveau faire la fête au Bataclan, il faudra encore un peu attendre (voir ici).

Est-ce une coïncidence? Ce week-end, les rumeurs, ragots et échos sur l'imminence présumée d'attentats sur le point d'être commis à Paris ont à nouveau enflammé les réseaux sociaux. Au point que la préfecture de police, en pleine nuit, ait décidé de réagir, pour tenter de calmer cette agitation infondée. «Ne propagez pas les rumeurs. Pour tout renseignement, consultez les sites officiels», a-t-elle tweeté.

Cette tentative d'apaisement, ou sans doute plutôt la tonalité de cette intervention officielle, n'ont pas valu à la préfecture que des commentaires aimables. «Oui, les bons sites officiels qui ont couvert le (scandale du) sang contaminé et (ont prétendu) que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière», lui a-t-il, ainsi, été envoyé. Entre autres tweets acides, comme ce «Bah oui, c'est connu, la police de la nation renseigne objectivement, elle n'est pas du tout sélective!», ou ce «Le Ministère de la Vérité pourrait-il nous communiquer une liste des sites agréés?».

Ambiance.

09/03/2016

Un espace public toujours aussi masculin

 Paris, FemmesCe sont nos confrères de France Télévision qui ont fait le travail hier, à l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme. Ils ont ouvert un plan de Paris, puis ont méthodiquement recensé () les rues de la capitale portant des noms d'hommes et celles dénommées en l'hommage de femmes. Résultat? «Seules 247 femmes sont mises à l'honneur dans les artères de la capitale, quand 3 156 hommes ont donné leur nom à une rue, une impasse, une avenue ou un boulevard. Rapporté au nombre total des rues de Paris, cela signifie que seules 4% d'entre elles portent le nom d'une femme». Piètre résultat, donc. A fortiori pour une ville gouvernée par une femme, la maire Anne Hidalgo.

Le sujet, à dire vrai, est tout sauf neuf. Depuis des lustres, déjà, la masculinité symbolique de la dénomination de l'espace public parisien fait débat, dans la mouvance féministe. Du reste, elle concerne tout autant les stations de métro de cette cité (relire ).

Mais ce chiffre de 4% de lieux de Paris honorant des femmes est encore inférieur à celui de 9% qui, en 2011, était issu d'une étude (relire ici) qui avait porté sur la dénomination de 6.365 rues parisiennes. Seules 166 portaient le nom d'une femme, avait conclu cette enquête, à l'époque.

Sans doute la différence entre ces deux pourcentages est-elle due, non au fait que des rues portant des noms de femmes auraient, entre-temps, été débaptisées, mais aux lieux que ces deux recensements ont respectivement pris en compte (juste les rues et avenues, ou également les squares, jardins, passages et impasses, etc.). Des variations d'ordre méthodologique, mais qui ne font pas oublier qu'on est donc encore très loin de la parité, en la matière.

11:53 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, femmes

04/03/2016

«Une prise de conscience de ses actes»

A Paris, cette semaine, les amateurs de la petite reine en ont beaucoup parlé. Le groupe français JC Decaux, numéro 1 mondial du vélo en libre-service, a dû rappeler 4 600 bécanes. Dans la capitale, mais aussi dans des villes comme Lyon, Toulouse, Nantes ou Marseille. En cause, «un problème de fabrication identifié par un fournisseur et pouvant affecter le bon fonctionnement de certains modèles de freins arrière». La société a pris soin de préciser qu'à ce jour, «aucun incident n'a été signalé». Et que tous les vélos  «qui demeurent accessibles en station ne sont pas concernés».

S'agissant de Vélib, une autre nouvelle est passée, elle, plus inaperçue, dernièrement. A savoir, l'application désormais aux adultes également du principe du «Tu casses, tu répares».

En termes juridiques, cela s'appelle la réparation pénale. Depuis 2013, en vertu d'une convention entre la mairie de Paris, le parquet et la protection de la jeunesse, les mineurs pris à dégrader ou à voler des Vélibs ont une alternative, s'ils veulent éviter de passer devant le juge. Travailler pendant deux jours dans les ateliers de réparation de la société. Ils y sont encadrés par un responsable de l’association qui est chargée d'appliquer cette réparation pénale ainsi que par un chef d’atelier formé au tutorat. Pendant ces deux jours, ils sont formés aux rudiments de la mécanique du vélo, puis prennent part à la réparation des cycles et des pièces endommagés.

«Cette mesure permet au jeune impliqué de prendre conscience de l’impact de ses actes», se réjouit-on, chez Vélib. «Depuis la mise en place du dispositif, aucun des mineurs accueillis en atelier n’a récidivé». Désormais, donc, une convention signée entre Decaux et le ministère de la Justice étend ce système de réparation aux adultes y compris. Toujours, bien sûr, sur base volontaire uniquement (il ne s'agit pas de travaux forcés), et sur le mode des travaux d'intérêt général.

Certaines années, jusqu'à 8 000 Vélib’ sont vandalisés ou volés (87% étant ensuite retrouvés), dans la capitale française.

02/03/2016

Un serpent de mer, ranimé?

Puisque ce blog évoquait hier les projets parisiens qui mettent des années à aboutir, donner des nouvelles de ce qui est vraiment un serpent de mer. Et depuis des décennies, lui, carrément. Mais la tête de la bestiole semble enfin commencer à sortir tout doucement de l'eau.

La liaison CDG-Express, en l'occurrence. Ce train rapide qui, tous les quarts d'heure, relierait directement la "Ville lumière" à l'aéroport de Roissy CDG, pour un coût de réalisation évalué à 1,6 milliard d'euros. Dernièrement, alors qu'un coordinateur interministériel a été nommé, une ordonnance consacrée à ce méga-chantier est parue au Journal Officiel. Elle a attribué à une filiale de la SNCF ainsi qu'à la société Aéroports de Paris une «mission de conception, financement, réalisation et exploitation» du projet. Une «partie minoritaire du capital social de cette société de projet» pourra être ouverte à des tiers: au secteur privé, donc. Sachant que la construction de cette liaison de 32 kilomètres ne donnera lieu à aucune subvention de l'Etat. Vu l'état de la compagnie nationale de chemins de fer – lourdement endettée –, cette ligne pourrait être financée en partie par une taxe sur les billets d'avion, prélevée sur les passagers qui décollent de Roissy ou y atterrissent.

L'horizon est encore loin, puisque cet éventuel CDG-Express pourrait n'être opérationnel qu'en... 2023. Du moins, si le serpent de mer, d'ici là, n'a pas replongé dans les abysses de l'indécision politique.

On va donc encore pendant très longtemps entendre parler de ce projet. Voire se quereller, à son sujet. En effet, les oppositions ne manquent pas à l'encontre de ce CDG-Express qualifié par ses détracteurs (ici, par exemple) d'«inutile et coûteux». Eux lui préférerait une amélioration de la ligne du RER B, qui relie l'aéroport à la capitale – et qui, il est vrai, est dans un piètre état.

01/03/2016

Un changement qui prit tant de temps

 Paris, Transports, Tourisme, EconomieComme quoi, des choses changent tout de même, en France. Pays qui est si souvent critiqué pour son allergie supposée aux réformes. Pour preuve, ce lundi, entre en vigueur une mesure dont la région parisienne parlait depuis des années – peut-être même depuis dix ans, au total.

Finie, l'insécurité tarifaire dont se plaignaient les clients des taxis voyageant entre Paris et ses deux grandes plateformes aéroportuaires: Roissy CDG et Orly. Après d'innombrables hésitations, lenteurs et protestations (relire par exemple ici ou ), c'est désormais acquis: sur ces tronçons, le prix de la course sera forfaitaire.

Pour info aux habitué(e)s de ce blog à qui il arriverait de préférer le taxi au RER entre Paris et Roissy/Orly, ou dans le sens inverse, voici le détail de ces nouveaux tarifs dorénavant fixes. Concernant Orly, 35 de ou vers Paris rive droite et 30 pour Paris rive gauche. S'agissant de Roissy, 50 de ou vers la rive droite et 55 pour la rive gauche.

Cette réforme est supposée contribuer à la dynamisation du tourisme, en région parisienne. L'histoire ne dit pas (encore) si le sourire et l'amabilité du conducteur sont compris dans ces forfaits de taxi.