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05/05/2015

Un grand n'importe quoi

Partis, Personnalités, Le Pen, Droit, Famille, FemmesPuisque, vu l'actualité d'hier soir, ce blog peut aujourd'hui difficilement parler d'autre chose que de la famille Le Pen – décidément, et plus que jamais, la famille Addams de la politique française –, peut-être quelqu'un devrait-il signaler deux choses à Jean-Marie Le Pen.

D'abord, puisqu'il veut «répudier» sa fille Marine et faire en sorte qu'elle ne puisse plus porter son patronyme, l'informer que la répudiation des femmes (qu'elles soient épouses ou filles) n'est pas permise, en droit français. S'agissant du mariage, cette façon de le dissoudre qui découle de la volonté unilatérale du mari, donc est par essence inégalitaire, ne peut jamais avoir cours en France, en tout cas entre époux Français "de souche" (pour prendre un terme bien lepéniste), les choses étant moins claires (voir par exemple ici) quand il s'agit de statuer sur la reconnaissance ou non, par la justice française, d'une mesure de répudiation prononcée à l'étranger.

Du reste, il est assez piquant de voir le chef historique d'une formation d'extrême droite en arriver à prôner une sanction relevant du droit musulman, alors que son parti dénonce en boucle «l'islamisation» de l'Hexagone.

Ensuite, signaler à Jean-Marie Le Pen que, s'il ne peut répudier sa fille, il peut, éventuellement, la déshériter. La procédure, cela dit, n'est pas simple, le Code civil français imposant traditionnellement, lors d'une succession, une part réservataire pour chacun des enfants – mais le processus d'harmonisation européenne pourrait bientôt nuancer cela (lire par exemple ).

Du reste, il serait assez piquant de voir Jean-Marie Le Pen en arriver à faire le malin sur la question de son héritage. Alors que lui-même est soupçonné d'avoir planqué en Suisse des millions d'euros, notamment en pièces d'or et en lingots – ses explications sur le sujet tardent à venir, d'ailleurs.

09/04/2015

Une ambiance assurément glaciale

Le communiqué restera dans les annales de la communication partisane française, pour sa brièveté. Une quinzaine de mots. Diffusé ce matin par le FN, il informe que «la rumeur d'un bureau exécutif (du parti) qui se déroulerait cet après-midi est totalement infondée». Ce ne sera donc pas dès ce jeudi que Marine Le Pen et son paternel, depuis hier officiellement en «rupture», laveront leur linge sale en famille.

L'ambiance doit assurément être glaciale en ce moment, au siège du parti – situé à Nanterre, en banlieue parisienne. Sans doute que chaque camp y compte les siens, et que le moindre cadre ou même simple employé se sent obligé de faire allégeance à l'un ou l'autre duelliste.

Dans tout cela, les communicants du FN essaient de sauver la face. Quitte à devoir jouer les mercenaires. Pour preuve hier, c'est le même directeur de la communication, Alain Vizier (originellement plus proche de Jean-Marie Le Pen que de sa fille), qui a envoyé aux médias les deux communiqués fatidiques de la journée. Celui du matin, dans lequel Marine Le Pen rompt avec un «Jean-Marie Le Pen (qui) semble être entré dans une véritable spirale, entre stratégie de la terre brûlée et suicide politique». Puis, en fin d'après-midi, le communiqué dans lequel le paternel reproche à sa fille et à son clan d'avoir «ouvert au Front National une crise qui pourrait être grave de conséquences». Et annonce à «la Présidente du Front National» qu'il entend bien rester jusqu'au bout «un homme politique responsable, libre, qui a toujours marché tête haute et mains propres».

On ignore si le processus frontiste de validation des communiqués officiels du parti prévoient ou non, avant leur envoi aux médias, leur relecture systématique par la présidente et sa garde rapprochée, y compris lorsqu'il s'agit des communiqués paternels. Si une telle règle existe, son application éventuelle a dû être glaciale, hier. Tant, en l'occurrence ici, «le drame familial rejoint le drame politique. C'est à la fois le Roi Lear et Dallas» – comme l'a assez bien résumé le documentariste Serge Moati, hier.

09/07/2014

Un exemple de bonne gestion

Partis, UMP, PersonnalitésEtre endetté jusqu'au cou. Mais, malgré tout, donner à autrui, à longueur de journées, des leçons de bonne gouvernance. C'est le paradoxe qu'incarne l'UMP. Puisque, hier soir, l'audit mené sur ses finances a confirmé que le parti sarkozyste était endetté à hauteur de plus de 70 millions d'euros. Après cela, chacun jugera si la première formation de l'opposition est vraiment bien qualifiée pour critiquer à tout bout de champ le gouvernement sur sa gestion des déficits et la réduction des dépenses publiques.

Le plan financier qu'a approuvé l'UMP hier prévoit «un pilotage resserré» de ses dépenses. Toutefois, le «début du désendettement du parti» n'est pas attendu avant la fin 2017. Avec une double réserve. D'abord, à cette période, l'UMP sera encore dans le rouge de 55 millions, ce qui n'est tout de même pas rien. Ensuite, admet-il lui-même, ces «projections s'appuient sur une hypothèse où les perspectives de recettes (adhésions, dons) demeurent incertaines».

C'est le moins que l'on puisse dire. Donner de l'argent, en tant que mécène ou simple adhérent, à une organisation qui, visiblement, le jette par les fenêtres, il faut vraiment avoir envie.

08/07/2013

Un succès fulgurant

Plus de deux millions d'euros. A quelques euros près, c'est la somme que l'UMP, en quelques jours seulement, a déjà réussi à récolter, auprès de ses adhérents et sympathisants. Car, on l'évoquait dans la note précédente, le grand parti sarkozyste, bien loin de sa splendeur d'avant l'alternance de 2012, en est réduit à faire la quête, pour éviter la faillite.

Il ne lui manque donc plus que neuf gros millions pour compenser le manque à gagner financier dû au rejet du compte de campagne de Nicolas Sarkozy. Et une quarantaine d'autres millions pour apurer totalement son déficit.

Avez-vous remarqué combien, depuis ce week-end, les responsables UMP prennent bien soin de dire et de répéter, dans tous les médias, qu'ils reçoivent énormément de dons venant y compris de gens de condition extrêmement modeste: des dons de quelques euros à peine. Qu'un tel «élément de langage» médiatique soit répété avec autant d'insistance ne doit évidemment rien au hasard. Cela vise à contrer le possible effet pervers du succès fulgurant de ce «Sarkothon», ainsi que des médias ont rebaptisé cette souscription: vise à éviter que cet afflux si spectaculaire d'une telle masse d'argent, en ces temps pourtant de crise, consolide l'image du grand parti de droite comme étant avant tout celui des «classes possédantes» – comme diraient Arlette Laguiller ou Olivier Besancenot.

05/07/2013

Un appel à dons, ou l'autre

Partis, Economie, Médias«La voix de l'opposition ne s'éteindra pas. L'UMP a besoin de vous! Votre don est vital!» Le parti sarkozyste n'a pas lésiné dans le pathos pour, dès hier soir, appeler ses adhérents et sympathisants à la rescousse financière. Lui qui est purement et simplement menacé de faillite. Faisant preuve d'une belle réactivité, dès l'annonce du rejet du compte de la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, l'UMP a lancé une «grande souscription nationale», et mis en ligne (là) un appel à dons.

Cela commence à 30€, ce qui n'est tout de même pas rien. Mais, en cliquant sur «Autre montant», il est possible de donner moins. A partir de 35€, on devient membre adhérent du grand parti sarkozyste – trop chouette. Selon des calculs qu'auraient faits les comptables de l'UMP, pour que ce mouvement sorte du rouge, il suffirait que 35 centimes soient donnés par chacun des 16 860 685 électeurs, qui, en mai 2012, au second tour de la présidentielle, glissèrent dans l'urne un bulletin au nom de l'ancien Président.

35 centimes: cela ne paraît pas mission impossible.

Sinon, si l'on peut se permettre, celles et ceux qui auraient à la fois de l'argent et des envies de générosité, mais qui, de l'autre bord politique, n'envisageraient pas le moins du monde de donner le moindre centime au «grand parti de la droite et du centre» (de moins en moins au centre, cela dit, d'une année à l'autre), une autre souscription, moins tapageuse, est en cours depuis quelques semaines, présentée elle aussi comme visant à défendre le pluralisme. Il s'agit, là, d'éviter la mort financière et donc la disparition... du quotidien communiste «L'Humanité», lui aussi au bord du dépôt de bilan.

Au moins, comme cela, il y en a pour tous les goûts.

22/11/2012

Une comparaison

L'UMP, en ce moment – son effarante saga électorale, pour la désignation de son président –, c'est ... «Tintin et les Picaros». La comparaison, qu'on a trouvée assez farce, a été faite hier soir sur l'antenne de TF1, devant François Fillon et en direct pendant le JT de 20 Heures: par Gilles Bouleau, son présentateur – qu'on n'imaginait pas si comique.

«Tintin et les Picaros», donc. François Fillon en général Alcazar. Jean-François Copé en général Tapioca. A moins que ce ne soit l'inverse. Et tout ce qui caractérise les guérillas entre caudillos de Républiques bananières: des allégations réciproques de tripatouillages électoraux, des accusations mutuelles de putsch, des trahisons à n'en plus finir, et des lieutenants avec le couteau entre les dents.

Pour poursuivre dans la métaphore, l'avenir du grand parti sarkozyste, vu son état désormais si avancé de déréliction, c'est vraiment «L'étoile mystérieuse». Même «Les sept boules de cristal» de la meilleure voyante de France n'y suffiraient pas, pour oser lui présager des lendemains glorieux.

21/11/2012

Un préféré, à Paris en tout cas

Politique, Paris, Partis, Personnalités, FillonIl a été battu dimanche soir, à l'échelle du pays, François Fillon. Dans sa bagarre avec Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP. Mais, à Paris au moins, il n'y a pas photo: c'est lui le chouchou, lui le préféré des sarkozystes.

Dans la capitale, en effet, l'ex-Premier ministre a recueilli 58% des suffrages des adhérents UMP, loin devant son rival. C'était assez prévisible: la plupart des barons de la droite parisienne le supportaient. Jean-François Copé ne l'a dépassé que dans trois des vingt arrondissements.

Du coup, les fillonistes les plus optimistes se remettent à rêver à une éventuelle candidature de leur mentor à Paris, aux élections municipales de 2014.

François Fillon, maire de la «Ville lumière»? Dans un premier temps, l'UMP aurait surtout intérêt à y étoffer son réseau de militants, indispensables à toute campagne. Or, le scrutin de dimanche a montré combien le grand parti de droite comptait très peu de forces vives, à Paris: quelque 12.000 adhérents UMP seulement ont participé au vote.

12.000. Sur une population de 2 millions de Parisiens. A moins de deux ans d'une échéance électorale, c'est vraiment un support militant très très maigrichon, sur lequel bâtir une éventuelle campagne.

19/11/2012

Une inquiétante inaptitude

Politique, Partis, Personnalités, Fillon, CopéLes sarkozystes pas vraiment plus fortiches que les socialistes. Hier soir donc, si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, l'UMP a vécu une nuit d'anthologie. Le scrutin interne que ce parti a tenu dimanche n'a pas réussi à départager de manière incontestable François Fillon et Jean-François Copé, qui prétendaient tous deux à succéder à Nicolas Sarkozy. Ce matin, chacun revendique la victoire. Et dénonce les fraudes ayant, dans plusieurs fédérations, émaillé le scrutin.

En 2008, pareil pataquès avait été vécu par le Parti socialiste. Un identique résultat très serré et d'analogues suspicions d'irrégularités avaient rendu impossible la proclamation, le soir même, de la victoire de Martine Aubry sur Ségolène Royal. Il avait fallu attendre deux jours avant qu'elle soit officialisée, à la grande fureur des ségolénistes.

Elle est assez inquiétante, cette inaptitude dont ont successivement fait preuve les deux plus grands partis politiques de France à tenir des scrutins internes à la validité incontestable.

Au passage, le fiasco électoral d'hier et son avatar socialiste de 2008 auraient-ils eu lieu non en France mais en Belgique, on imagine déjà les railleries méprisantes qu'on aurait entendues, ici: «une histoire belge», etc.

21/05/2012

Un air penaud

La parité au sein du nouveau gouvernement: on en parlait vendredi. En revanche, l'UMP inaugure sa période d'opposition en se distinguant, une fois encore, par son non-respect des obligations légales en termes de parité hommes-femmes, pour les élections législatives de juin. Sur ses listes, ne figurent que 28% de femmes.

«Je plaide coupable avec regret», «Ce n'est pas de gaité de coeur»: le n°1 du parti sarkozyste, Jean-François Copé, était moins sûr et fier de lui que d'habitude ce lundi, alors qu'une matinale radio-télé l'interrogeait sur ce point. «C'est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile», a-t-il tenté de justifier, penaud. L'ex-parti majoritaire craint de perdre des dizaines de sièges, à l'Assemblée. Dès lors, dans nombre de circonscriptions, plutôt que de faire de la place à des femmes sur ses listes, il a réinvesti des candidats (mâles) sortants. «Il était extrêmement difficile de les sacrifier. Chacun doit comprendre que, dans la période qui est la nôtre, il nous faut absolument avoir le maximum de députés et que cela passe par le poids, l'ancrage local de beaucoup d'entre nous», dixit Jean-François Copé. Dont le parti, pour ne pas avoir respecté la loi, devra payer plusieurs millions d'euros de pénalités.

Globalement, les autres formations respectent mieux l'obligation légale de parité. Il n'empêche, selon le ministère de l'Intérieur, on ne compte que 40% de femmes parmi les 6.591 candidats en lice au premier tour. C'est moins qu'aux législatives de 2007, où elles avaient été 41,6%.

27/01/2012

Une logorrhée

24. On n'invente rien: on les a comptés et même recomptés ce matin, pour en être bien certain. Hier, l'UMP a diffusé... 24 communiqués de presse successifs. Chacun signé par un dirigeant différent, mais tous consacrés à une seule et même actu: le projet présidentiel du socialiste François Hollande. Un premier communiqué à 10h56, le deuxième à 11h01, ensuite un autre à 11h34, à 11h59, 12h28, 13h12, 13h15, etc. Jusqu'à 23h33 précisément: heure du dernier communiqué de l'UMP sur le sujet.

A force, cette logorrhée devenait (un peu) comique. Car, le fond de cette communication ne variant bien sûr pas – en gros: l'intéressé, son programme et son partis sont nuls –, cela donnait l'impression qu'au service de presse de l'UMP, on passait sa journée à éplucher, heure après heure et page par page, le dictionnaire des synonymes. Pour trouver des variantes lexicales à cette nullité socialiste alléguée: François Hollande est irresponsable, inconséquent, pas crédible, déraisonnable, dangereux, contradictoire, bancal, etc.

On n'a toujours pas compris l'avantage d'une telle stratégie de com'. A moins bien sûr de considérer que la presse est sourde et l'électorat débile (ou inversement), quel est l'intérêt de répéter 24 fois le même message en une seule et même journée? Cela a surtout donné de l'UMP l'image d'une armée mexicaine de cadres et dirigeants, chacun à l'ego si boursouflé qu'il voulait absolument dire lui aussi son petit mot sur le sujet, pour tenter d'exister médiatiquement. Espoir le plus souvent déçu. La plupart des journalistes, en effet, pour répercuter le point de vue sarkozyste, ont juste relayé la parole de Jean-François Copé, le n°1 du parti, et/ou de ses ministres les plus importants: François Baroin (Finances) ou Valérie Pécresse (Budget).

Donc au total, pour ce parti hier, tant de temps perdu, tant d'énergie gâchée, tant de mots, de papier et d'électricité en pure perte dépensés.

Mais que ne ferait-on pas en campagne électorale, à moins de cent jours de l'échéance?

24/01/2012

Une propagande impressionnante

Partis, Elections présidentiellesLes boîtes aux lettres vont déborder en France, ces prochaines semaines. En effet, à désormais moins de trois mois du premier tour des présidentielles (le 22 avril), les deux partis dominants viennent d'annoncer coup sur coup qu'ils allaient écrire au Français moyen.

Les chiffres ont de quoi donner le tournis. Le PS va imprimer 15 millions d'exemplaires (15 millions!) du projet que son candidat à l'Elysée, François Hollande, a ébauché en meeting au Bourget dimanche, et qu'il détaillera ce jeudi à Paris. L'UMP ne sera pas en reste. Le grand parti sarkozyste a confirmé hier qu'il allait tirer à 6 millions d'exemplaires un argumentaire pour «rétablir la vérité» sur le bilan du Président sortant, bilan qui, selon la droite, est en permanence injustement voire ignoblement critiqué.

Toute cette pub électorale – cette propagande, en somme – qui va bientôt débarquer dans les boîtes aux lettres, constituera-t-elle autant de lectures passionnantes? On jugera sur pièces. En tout cas, ces deux mailings gigantesques auront au moins un avantage: ils donneront du travail à pas mal de gens (postiers, imprimeurs, etc.). En termes de chômage, la situation en France en ce moment n'ayant jamais été aussi mauvaise depuis douze ans, sans doute est-ce déjà cela.