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21/04/2016

«Une formidable vitrine»

Paris, Sports, Transports, Patrimoine, EnvironnementDernier jour de circulation à peu près normal, ce jeudi, sur et autour de la prestigieuse esplanade des Invalides. Puisque, à partir de demain 14 heures, il faudra montrer patte blanche pour accéder au secteur, même si on est simple piéton ou riverain. Et il ne sera pas possible d'y circuler en véhicule motorisé, ni a fortiori d'y stationner. Tout cela pour que, le lendemain après-midi, une vingtaine de bolides puissent y évoluer à... plus de 220 km/h.

C'est le Grand prix de Formule E. Depuis des mois (relire ici), cet événement suscite la polémique. Sur son principe même: ses détracteurs y voient une ode à la voiture et à la vitesse, très paradoxale dans une capitale dont les dirigeants affirment à longueur de journées vouloir à tout prix privilégier les «circulations douces». Ces derniers jours, les débats ont redoublé. Relatifs, là, aux aménagements urbains rendus nécessaires par cette compétition, sur lesquels on s'affaire depuis deux semaines.

Pour assurer la sécurisation du périmètre de la course, un millier de blocs de béton ont dû être déposés, ainsi que 400 tonnes de grilles de protection. Et tous les pavés de la place Vauban ont dû être recouverts d'une couche provisoire de bitume, spécialement posée pour l'occasion. L'ensemble du secteur étant classé comme site historique et culturel protégé, ce revêtement de goudron devra être enlevé dès le lendemain de l'événement.

Que les écolos résument à un vrai «désastre écologique». La mairie, elle, balaie ces critiques. A son estime, cette compétition «contribuera au rayonnement de la capitale, et montrera que les voitures électriques ont toute leur place dans le centre de la cité». Même enthousiasme du côté du gouvernement. Pour le ministre des Sports, qui assistera à la course, cette «première (urbaine) en Europe» sera «un véritable accélérateur d’innovations en faveur de la mobilité électrique et de sa promotion». Et «une formidable vitrine du patrimoine et du savoir-faire français».

C'est merveilleux.

14/01/2016

«Un impact concurrentiel négatif»

Les langues régionales, oui. Mais le flamand, non. C'est, en substance, la position du gouvernement Valls, qui vient d'être rappelée () à l'Assemblée nationale. N'en déplaise aux éventuels lecteurs nordistes de ce blog. Ainsi qu'aux quelque 30.000 locuteurs estimés de cette langue régionale de la Flandre française, recensés dans la zone de Dunkerque-Armentières, en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

A ce jour, cet idiome n'est enseigné que dans trois collèges privés et six écoles de France. C'est beaucoup trop peu, pour le député du coin, Jean-Pierre Decool (droite souverainiste). Selon qui, «au-delà de l’outil éducatif et culturel, la connaissance du flamand est un outil de développement économique et de valorisation du territoire», ainsi qu'«un pont vers l’apprentissage de toutes les langues qui entourent le Nord: l’anglais, le néerlandais et l’allemand».

Oui, mais non, vient de lui répondre le gouvernement. Dixit le ministre en charge de la réforme territoriale, c’est «avec discernement» que l'Education nationale «conduit l’examen de la situation» de cette langue. Car «accepter son intégration dans un cursus classique pourrait créer un impact concurrentiel négatif avec le néerlandais, langue véhiculaire et de communication avec la Flandre belge et les Pays-Bas, dont il est un dialecte».

Pas cool, pour le député Decool. Selon qui cette position réaffirmée de l'exécutif Hollande-Valls «apportera de la tristesse dans la Flandre». Et s'explique par la méconnaissance qu'on a de ce dossier, à Paris: on y «confond flamand et flamingant», les régionalistes rabiques, or «le flamand occidental est une langue régionale sans connotation régionaliste».

Line Renaud et Dany Boon, les icônes de la région d'Armentières, n'ont pas encore réagi.

18/09/2015

Un succès pas garanti

Cela fait rêver. Un concours dont les lauréats gagneront... une photo dédicacée par François Hollande.

Ses communicants l'ont annoncé (ici) ce matin, à la veille des Journées du patrimoine. Ce week-end, les visiteurs de l'Elysée seront invités à partager les photos de leur visite du palais présidentiel, les partager via Instagram et Twitter, à l'aide du hashtag #ElyseeJEP. «Une sélection de ces photos sera affichée sur le site jep.elysee.fr. Cinq d’entre elles seront choisies pour être imprimées par le service photo de l’Elysée et dédicacées par le Président de la République». Cerise sur le gâteau, «le public pourra participer à l'opération "Ma photo à l’Elysée", qui permettra de se faire prendre en photo par les photographes officiels de la Présidence, dans la cour d’honneur du Palais de l'Elysée».

Quel merveilleux week-end en perspective.

L'histoire ne dit pas si les Français, dont les trois quarts sont mécontents de leur Président (voir , par exemple), vont se bousculer pour avoir son autographe.

05/06/2015

Un patrimoine parisien séculaire

Economie, Patrimoine, Histoire, Paris, Gouvernement Ne pas achever la semaine sans faire écho à ce qui est une bonne nouvelle, pour notre quartier Bastille. Un de ses savoir-faire séculaires pourrait se voir reconnu à sa juste valeur, et protégé en conséquence.

Le gouvernement, en effet, vient de faire paraître un décret qui étend le dispositif de reconnaissance régissant les Appellations d'origine contrôlée (AOC): le label qui distingue et protège les spécialités gastronomiques régionales (le chabichou du Poitou, la noix du Périgord, le brie de Meaux, etc.). Désormais, cette démarche compte une déclinaison appelée les «Indications géographiques». Celles-ci reconnaissent et protègent les produits manufacturés et ressources naturelles «liés à un territoire par des caractéristiques, un savoir-faire ou un procédé de fabrication». La porcelaine de Limoges, par exemple, ou le savon de Marseille, ou encore la dentelle de Calais.

Le rapport avec notre bon vieux quartier Bastille? Ce label pourrait s'appliquer au Faubourg Saint-Antoine. En l'occurrence, aux meubles et produits d'ébénisterie traditionnelle créés par les artisans qui travaillent dans les ateliers situés dans les cours et passages donnant sur la rue du Faubourg Saint-Antoine: le boulevard qui relie les places de la Bastille et de la Nation.

Pour la petite histoire, la tradition de ces artisans parisiens remonte à très longtemps. Dès 1657, autorisés à ce faire par Colbert, ils adaptèrent les créations des ateliers royaux et, s'écartant du seul recours à l'essence de chêne, innovèrent en recourant également à l'acajou, à l'ébène et même au bronze et à la marqueterie. La production de la corporation des ébénistes du Faubourg Saint-Antoine atteint son apogée à la fin du XVIIIe, puis survécut vaille que vaille, au fil des siècles.

Economie, Patrimoine, Histoire, Paris, Gouvernement Aujourd'hui encore, dans les vieux passages du XIe arrondissement (passages du Chantier, des Trois frères, de la Bonne graine, etc.), ces artisans perpétuent cette si vieille tradition.

Leurs ateliers donnent une idée pittoresque de ce qu'était le XIe populaire avant sa boboïsation et son invasion par le commerce mondialisé: les Nike, Gap, Zara, H&M, Starbucks, etc.

Alors, sûr que, pour continuer à survivre, les vieilles corporations comme celle des ébénistes du Faubourg Saint-Antoine ont besoin de bien d'autres choses encore que juste d'un label: une politique globale en faveur de l'artisanat, par exemple, davantage de formations pour les jeunes désireux de se lancer dans ces métiers, etc. Mais sans doute est-ce déjà cela.

04/06/2015

Une validation, comme prévisible

Ségolène Royal s'incline. Ce matin, comme c'était très largement prévisible, la ministre de l'Ecologie a confirmé qu'elle ne s'opposerait pas – si tant est qu'elle en avait le pouvoir – à la délivrance prochaine, par l'Etat, des permis de construire relatifs au projet controversé d'extension du stade de Roland Garros. Délivrance à laquelle, hier soir, Manuel Valls s'est engagé pour «d'ici à la fin de la semaine».

«Je suis membre du gouvernement, donc je ne vais pas faire de polémiques, je ne vais pas en rajouter. Je respecte la discipline gouvernementale», a expliqué la ministre. Qui, à la télé (), n'est même pas apparue trop gênée de sa propre reculade. Pour la forme, elle a taclé (un peu) la Fédération française de tennis pour n'avoir «pas voulu examiner sérieusement les solutions alternatives» à son projet, qui auraient permis de préserver le jardin botanique des Serres d'Auteuil. Les associations de défense de l'environnement, elles, promettent de ne pas se laisser faire: elles tenteront de recourir en justice contre ce feu vert gouvernemental.

Bien sûr, l'exécutif a attendu que ledit tournoi parisien batte son plein, pour confirmer son arbitrage final le concernant. Au-delà des grands arguments à long terme qu'il avance (la candidature de Paris aux JO de 2024, etc.), sans doute se dit-il que cette décision-là au moins sera populaire, auprès des aficionados de tennis et des millions de téléspectateurs qui, chaque jour, suivent les matchs à la télé. La stratégie et le timing décisionnels sont un peu gros, mais, effectivement, ils devraient marcher.

03/04/2015

Une page qui se tourne?

Paris, Propreté, Patrimoine, TerrorismeOn n'oserait reléguer cela à un grand nettoyage de printemps, même si cette saison est enfin arrivée, mais cela y ressemble un peu. Alors que, mardi, cela fera trois mois jour pour jour que débutait la vague d'attentats qui, en janvier, ensanglanta la France.

Trois mois plus tard, la mairie de Paris semble avoir enfin pris la décision, politiquement un peu délicate (relire ), de commencer à nettoyer les traces de cette sinistre période.

On avait commencé à le remarquer, il y a dix jours. Quand, dans les rues adjacentes à la rédaction de «Charlie Hebdo», plusieurs "mausolées" de fleurs, de dessins, de crayons et de bougies, en hommage aux victimes, avaient été discrètement évacués: un soir, tout avait disparu, mis dans des sacs poubelle. Tout sauf, tout de même, les dessins et les pages du magazine endeuillé que des quidams avaient placardés sur les murs, et qui y demeurent toujours.

Hier jeudi, nouvelle étape dans ce processus de nettoyage. Les services municipaux de la propreté ont entamé le décrassage de la statue centrale de la place de la République, qui était devenue le plus grand mémorial de la capitale consacré aux tueries.

Paris, Propreté, Patrimoine, TerrorismeTous les témoignages déposés par les citoyens ont été emmenés, pour être temporairement stockés à la mairie du onzième arrondissement, en attendant de savoir ce qu'il en sera fait. Et la fontaine de la statue de Marianne a été nettoyée au karcher. L'initiative a suscité un certain émoi (lire par exemple ) parmi les habitants qui se chargeaient de l'entretien de ce mémorial.

Aux dernières nouvelles (= hier soir), nul n'a encore touché aux milliers de fleurs, dessins et stylos qui, ces trois derniers mois, ont été déposés rue Appert: ce lieu si symbolique, puisque c'était là que se trouvait la rédaction de «Charlie».

18/03/2015

Un match au sommet

Paris, Environnement, Patrimoine, Sports, GouvernementC'est un dossier urbanistique dont on parle depuis plus de cinq ans, qui n'a jamais abouti depuis, mais qui va sans doute tourner à la grosse polémique de l'année 2015, dans la capitale. Dès ce samedi, d'ailleurs, il donnera lieu à une manifestation. Et certains, au sein de l'UMP sarkozyste, en sont déjà à imaginer qu'il pourrait conduire à la création, en plein Paris, d'une «Zone à défendre» (ZAD). Mais oui: un campement d'activistes occupant en permanence le site, pour éviter que le chantier y soit mené à bien. Comme ce fut le cas, en province, pour les projets de l'aéroport de Notre-Dame des Landes ou du barrage de Sivens.

Ce projet, c'est l'agrandissement de Roland Garros. Depuis des années, la Fédération française de tennis rêve (ici) de redimensionner ce célèbre site, situé en bordure du Bois de Boulogne. Son méga projet (350 millions d'euros de budget) se ferait au détriment d'un joyau patrimonial et naturel de la capitale: le jardin botanique et les serres d’Auteuil, qui datent de la fin du XIXe siècle (voir ).

Ce dossier donne lieu à un bras de fer, au sommet de l'Etat. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, n'y est notoirement pas favorable. Elle pousse autant qu'elle peut une proposition alternative, moins dévastatrice pour le patrimoine. Elle consisterait notamment à construire les nouveaux courts de tennis en surplomb de l'autoroute A13 contiguë, qui serait donc en partie recouverte pour l'occasion. Mais la ministre a été spectaculairement désavouée par Manuel Valls lui-même. Dernièrement, le Premier ministre l'a martelé: «L'État donnera son accord à l'ensemble des procédures relevant de sa compétence dans les prochaines semaines, afin de permettre rapidement un début des travaux d'agrandissement» sur le site des serres et du jardin d'Auteuil.

La ministre laisse passer l'orage. Nul ne sait, à ce stade, si elle va s'incliner ou si elle va faire de ce dossier un casus belli. Les défenseurs de l'environnement sont consternés. Les élus Verts au Conseil de Paris ont déjà promis qu'ils batailleraient devant la justice administrative, si les permis de construire (et de démolir, en l'occurrence) étaient accordés.

Paris, Environnement, Patrimoine, Sports, GouvernementEn début de semaine, c'est la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), qui s'est jetée dans la bagarre. Partisane de longue date du projet, elle a taclé Ségolène Royal – dont elle n'a jamais été proche. Avec ces mots, pleins de fiel: «Elle voulait que le tournoi de Roland Garros se joue sur les pelouses (des stades) de Jean Bouin ou du Parc des Princes. Pour un tournoi de tennis de terre battue, je lui ai dit que c'était un peu farfelu...»

Le match, assurément, ne fait que commencer.

17/03/2015

Une disparition, si symbolique

La nouvelle avait été éventée à la fin février, et elle vient d'être confirmée: Saint-Germain des Prés va définitivement perdre ce qui a toujours été la librairie le plus célèbre de ce quartier.

La Hune avait été fondée en 1949, par des intellectuels issus de la Résistance. Longtemps située Boulevard Saint-Germain, entre les fameux cafés de "Flore" et des "Deux Magots", elle incarna, pendant des décennies, l'esprit originel de la rive gauche. Ce Paris de la culture et des lettres, renommé dans le monde entier. Ce Saint-Germain mythique, avant que, dès les années 2000, il soit grignoté puis quasi intégralement phagocyté par le business de la fripe mondialisée (les H&M, Zara, etc.).

Rachetée par Flammarion en 1976, La Hune avait quitté son siège historique en 2012, pour s'établir quelques artères plus loin: au coin de la rue de l'Abbaye. Ce qui permit à Madrigall (le groupe né du rachat de Flammarion par Gallimard) de louer à prix d'or (à Vuitton) sa surface du Boulevard. Mais la clientèle de la librairie n'a jamais vraiment suivi. L'évolution des habitudes de consommation culturelle (succès des librairies en ligne, etc.) a achevé de faire plonger le chiffre d'affaires. La direction a alors tenté de redresser les comptes, en réduisant les effectifs. Cela n'a pas suffi. Dès cet été, donc, La Hune devrait fermer ses portes. Et céder la place, possiblement, à une galerie qui vend de la photo bon marché.

Les habitants du quartier et les amateurs de littérature sont, évidemment, consternés. Comme tous ceux qui se faisaient encore une idée (passéiste?) d'un certain Paris. La maire et son équipe ont été saisies par l'opposition de gauche, houspillées pour que la Ville (propriétaire des locaux de la rue de l'Abbaye) se bouge, sur ce dossier. S'arrange pour, au minimum, «garantir la présence pérenne d'une librairie à l'emplacement de La Hune».

C'est encore loin d'être acquis. Mais sans doute serait-ce déjà cela.

15/12/2014

Une si longue attente

Sept ans. Il aura donc fallu sept ans pour que le Musée de l'Histoire de l'Immigration soit inauguré: ce soir, par François Hollande. Il est ouvert depuis la fin 2007, mais jamais il n'avait eu droit à la moindre consécration officielle. Avant lui, aucune autre grande institution culturelle parisienne n'avait bien sûr jamais été traitée de la sorte.

Le si long délai avant cette reconnaissance s'explique par la thématique du musée, qui entend souligner les apports des migrants à la société française. C'était le projet qu'avait lancé jadis Jacques Chirac. Mais il aboutit alors que, à l'Elysée, venait d'être élu un Nicolas Sarkozy qui mit d'emblée la barre à droite toute, sur les questions d'immigration (l'époque Eric Besson, ministre «de l'Immigration et de l'Identité nationale», etc.). Dès lors, jamais il ne voulut inaugurer ce musée. Il faut dire que le comité scientifique qui l'encadre a connu pas mal de dissensions, notamment d'ordre politique. Enfin, pendant plusieurs semaines, l'immeuble fut occupé par des centaines d'étrangers sans-papiers y revendiquant leur régularisation, ce qui acheva de le rendre définitivement infréquentable, aux yeux des gouvernants.

Sept ans plus tard, donc, ce lundi, l'institution est enfin honorée officiellement. Qui sait cela attirera-t-il l'attention du grand public sur ce musée, qui, trouve-t-on, le mérite bien.

Pour son contenu, d'abord. On y a déjà vu l'une ou l'autre exposition thématique bien intéressante. Pour le contenant, ensuite. Le Palais de la Porte Dorée, qui l'accueille, est une splendeur de l'Art déco (notamment son bas-relief, sublime, de plus de 1000 m2). Et il a été si bien restauré qu'il fait désormais partie, à notre avis, des plus beaux édifices monumentaux de la capitale.

04/12/2014

Un lifting bien nécessaire

Cela fait très longtemps qu'à Paris l'on parlait de ce chantier, mais c'est hier seulement qu'il a été officiellement confirmé. Il ne sera pas mince, puisqu'il engloutira la bagatelle de 192 millions d'euros de budget, et s'étalera sur 27 mois. Et il concernera un des édifices les plus emblématiques de la "Ville lumière", connu même dans le monde entier.

A savoir, la Grande Arche de la Défense. Qui, vingt-cinq ans après son inauguration, a mal vieilli. Cela fait plusieurs années déjà que son toit est inaccessible, à cause d'un accident survenu dans un des ascenseurs y menant. Les dalles de marbre qui décorent l'extérieur de l'édifice sont branlantes. Certains de leurs éléments se décrochent même, parfois – on en a été témoin, la dernière fois qu'on a pique-niqué d'un sandwich, sur l'esplanade... – , ce qui a nécessité la pose de filets de sécurité. Sans parler de l'amiante qu'on trouve dans le bâtiment. Enfin, ce colosse est particulièrement énergivore et donc pas du tout environnementalement correct. Alors que, paradoxe, il héberge notamment une partie des services... du ministère de l'Ecologie.

Bref, la Grande Arche va être complètement remise à neuf, et l'on promet même monts et merveilles: la création d’une promenade "Entre ciel et Terre" sur son toit, etc. (voire ).

Au passage, l'ampleur des moyens qu'il faut consacrer à ce chantier confirme que, décidément, on n'a jamais fini de payer la facture des grands travaux parisiens de l'ère Mitterrand. Ce qu'avait déjà montré le dépérissement pitoyable, toutes ces dernières années, de l'Opéra Bastille. Qui lui aussi a terriblement mal vieilli, et dont le chantier de rénovation (relire ici ou ) a coûté un fameux paquet de millions.

17/11/2014

Une première en vue, à Paris

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLa décision a été prise sans tambours ni trompettes, il y a peu, mais elle pourrait bien faire date, dans la petite histoire de Paris. Dès l'an prochain, en effet, c'est tout un arrondissement qui pourrait basculer en zone 30, ce qui serait une première pour la capitale française.

En plus, ce n'est pas le moindre des vingt arrondissements, puisqu'il fait partie du centre historique de la «Ville lumière». Le troisième, en l'occurrence. Le Haut Marais, autrement dit, soit toute la zone allant des Arts & Métiers à la Place des Vosges. Une zone très densément peuplée, ses quelque 35.000 habitants se pressant sur une superficie d'à peine un peu plus d'1 km², et traversée par des voies de circulation souvent très étroites.

L'autre jour, prenant notamment en compte ces deux spécificités, les élus parisiens ont acquiescé au voeu de leurs homologues du troisième, prônant la mise à l'étude du passage de l'ensemble de l'arrondissement en zone 30. L'expérimentation sera doublée par l'autorisation du double sens de circulation pour les vélos. Aux yeux des promoteurs du projet, cette réduction de 50 à 30 km/h de la vitesse maximale autorisée – hormis sur les grands axes – permettra de «sécuriser les circulations douces» (piétons et cyclistes) et sera «un levier» dans la lutte contre la pollution atmosphérique, au bénéfice de la population mais aussi du patrimoine bâti.

Paris, Transports, Environnement, Santé, Sécurité, Patrimoine, Art de vivreLes élus socialistes et écologistes ont voté avec enthousiasme cette décision, qui a été saluée par les associations de lutte contre la délinquance et l'insécurité routières.

En revanche, la droite UMP s'y est opposée, et les groupements d'automobilistes ont hurlé. Ainsi, selon l'Automobile Club de France, si Paris continue à gérer de la sorte les circulations motorisées, elle «risque de devenir bientôt une ville où il sera devenu complètement impossible de rouler» en voiture.

Un «Bobo-land» en somme, et plus que jamais – pour reprendre le sobriquet par lequel est si souvent surnommé le Haut Marais.

12/11/2014

Un geste fort, un site impressionnant

Histoire, Architecture, PatrimoineOn ne manquera pas, à l'occasion, d'aller jeter un oeil, in situ, au monument qu'a inauguré François Hollande hier, dans le cadre des cérémonies du 11 novembre. «L'Anneau de la mémoire». Il est signé par l'architecte Philippe Prost. Et est situé aux confins du Pas de Calais, à Ablain-Saint Nazaire: entre Arras, Liévin et Béthune.

Architecturalement, le geste est spectaculaire. Un immense anneau de 345 mètres de périmètre, constitué de plaques de métal hautes de trois mètres. Il s'étend sur une parcelle de deux hectares, et se déploie par moments entre ciel et terre, littéralement: suspendu dans les airs, se jouant des déclivités du terrain. Sur les flancs de cet anneau, ont été gravés les noms des quelque 579.000 soldats qui, pendant la Première guerre mondiale, sont tombés dans les régions de l'Artois et de la Flandre française.

Politiquement, le monument a pris le parti de ne pas faire de tri entre les nationalités de ces morts. «L'Anneau de la mémoire», dès lors, rend hommage également à des soldats allemands. Cette démarche réconciliatrice, trans-frontières, si elle a été couramment utilisée à l'étranger, dans nombre de monuments aux morts, est assez nouvelle s'agissant de la France.

Cet édifice, en tout cas, conférera encore plus d'intérêt et de valeur au site, plus vaste encore, qui l'accueille: la Nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette. Depuis près de cent ans, 45.000 militaires y reposent.

Histoire, Architecture, PatrimoineOn en a éprouvé la sensation chaque fois qu'on s'y est rendu: c'est un lieu vraiment impressionnant.

Par la thématique douloureuse qu'il incarne, bien sûr. Mais aussi par le silence, inouï, qui y règne.

Et par son immensité, au coeur de plaines surgies de nulle part, à longueur d'années battues par les vents. Et qui exsudent une infinie désolation, parfaitement à l'image de ce que fut cette fracture sanglante de l'Histoire.

19/09/2014

Un grand «retour», un gros défi

Dans l'attente de l'officialisation du grand «retour» de Nicolas Sarkozy en politique. Retour écrit entre guillemets, puisque, dans les faits, depuis sa défaite de mai 2012, il n'avait évidemment jamais quitté la politique. Si le coming out de l'ex-Président n'intervient pas dès ce vendredi, ce devrait être fait ce week-end.

Week-end qui, en France, est aussi celui... des Journées du patrimoine. C'est balot, les grands communicants sarkozystes n'avaient pas pensé à cette conjonction d'actualités. Or, c'est précisément un des gros défis qui attend leur mentor. Ne pas paraître fossilisé dans le patrimoine républicain. Faire en sorte que son retour ne soit pas réduit à juste de la redite d'une histoire politique qui balbutie. Essayer donc d'apporter un peu de sang neuf, voire un coup de jeune, à sa personne, à ses idées et à ses troupes. Sous peine de donner une impression, si peu emballante, de déjà-vu.

Des Journées du patrimoine qui, en plus, cette année, auront la culture pour thème. C'est piquant. Alors que, le même week-end donc, officialiserait son come-back celui qui, à l'Elysée, n'a cessé d'être brocardé comme un être particulièrement inculte – Roland Barthes confondu avec le footeux Fabien Barthez, «La princesse de Clèves» dénommée «Clévês», etc., etc. Là aussi, il ne lui sera pas inutile de donner une impression de nouveauté.

 

02/07/2014

Une fermeture définitive

Nicolas Sarkozy pourrait donc un jour être jugé pour corruption et trafic d'influence actifs, ainsi que recel de violation du secret professionnel: les trois chefs de la mise en examen qui lui a été notifiée, dans la nuit. Pour l'anecdote, si d'aventure et par extraordinaire l'ex-Président venait effectivement à être renvoyé en correctionnelle et à comparaître au Palais de justice de Paris, il ne pourra y bénéficier d'une commodité, dont la fermeture définitive vient d'être confirmée.

On veut parler de ce qui fait figure d'institution, dans le petit monde judiciaire parisien: la buvette du Palais de Justice, de manière plus chic officiellement dénommée le «Buffet du Palais». Depuis 1894, dans un joyeux brouhaha, s'y côtoyaient prévenus, avocats, greffiers, policiers, chroniqueurs judiciaires et magistrats. En mars, l'exploitant avait averti qu'il risquait de devoir bientôt jeter l'éponge, faute de rentabilité suffisante de l'établissement. Ces jours-ci, la fermeture définitive de la buvette a été confirmée. Les lieux seront remis à la disposition du tribunal, en attendant le déménagement de celui-ci, dans quelques années.

Cette buvette n'était pas qu'un endroit de détente, c'était aussi un lieu chargé d'Histoire. En effet, ce local était autrefois affecté à la Conciergerie voisine: la célèbre prison parisienne, aux si illustres pensionnaires – Marie-Antoinette et les Girondins, notamment. Précisément, l'actuel «Buffet du Palais» servait à l'époque de greffe de la Conciergerie. C'était donc là que les quelque 2700 hôtes de la Conciergerie condamnés à mort sont venus signer le registre officiel de leur levée d'écrou, avant de partir pour l'échafaud.

Une page de la petite histoire de la capitale se tourne. Nicolas Sarkozy, s'il est un jour jugé au Palais de Justice de Paris, ne pourra, entre deux audiences, aller refaire le monde à la buvette. Cette perspective ne doit pas exagérément le chagriner. Outre qu'il a d'autres chats, autrement moins anecdotiques, à fouetter, il ne boit jamais d'alcool.

16/05/2014

Une réouverture, printanière

Ce n'est pas cela d'office qui va fondamentalement remonter le moral des Français, mais cela ne pourra non plus lui faire de mal. Et, au moins, cela concrétise le printemps...

Hier soir, François Hollande a annoncé la réouverture au public des jardins de l'Elysée, chaque premier dimanche du mois à partir de juin. L'an dernier (relire ), cette ouverture avait été suspendue, par mesure de sécurité. Au moins les Français verront-ils dans ce changement l'illustration d'un climat sécuritaire, anti-terroriste, qui se détend.

Dans ces jardins bientôt de nouveau accessibles, il faudra savoir se tenir. Comme l'a indiqué le communiqué de l'Elysée, pas question d'y promener son chien, d'y casser la croûte, d'y improviser un footing, d'y faire une partie de foot, ou d'y jouer d'un instrument de musique. Le public sera juste autorisé à contempler, et à s'imprégner de l'atmosphère solennelle des lieux. Tout en conservant, bien sûr, «une tenue et un comportement décents». Pas d'amoureux des bancs publics, donc, n'en déplaise à Brassens, dans ce parc-là. On ignore si les vigiles de l'Elysée vont recevoir des instructions au millimètre, pour évaluer la longueur et donc la décence, ou non, de ces petites robes d'été qu'aiment tant les Parisiennes.

Cela dit, si d'aventure c'est moins l'intérêt patrimonial pour le lieu que l'adhésion politique à son hôte qui motive les futurs visiteurs, il risque de ne pas y avoir grand monde, dans ce jardin, dès juin – François Hollande n'étant désormais soutenu que par 2 Français sur 10.

14/05/2014

Une gifle, qui fait grand bruit

C'est la victoire du pot de terre contre le pot de fer. Victoire à laquelle pas grand monde ne s'attendait, et donc qui a fait grand bruit à Paris, hier après-midi. Le tribunal administratif a annulé l'un des permis de construire de l'immense chantier de réaffectation des anciens grands magasins de La Samaritaine, projet dont on avait encore parlé dernièrement (relire ici).

Ce sont deux associations de défense du patrimoine (ici et ) qui avaient introduit le recours accepté mardi. Il concernait la partie du chantier jouxtant la rue de Rivoli, que les requérants trouvait «dénaturée» par une spectaculaire façade ondulante de verre (visible ), prévue dans le projet. Or, le plan local d'urbanisme interdit formellement toute «rupture» architecturale avec le tissu urbain environnant. Les concepteurs du projet, eux, vantaient, une «enveloppe (qui) réinterprète, avec son mouvement ondulatoire, le rythme vertical des façades parisiennes», et «réfléchit allégoriquement la pierre haussmannienne des immeubles alentour». Les juges, s'ils ont salué les qualités architecturales de l'ensemble envisagé, ont considéré que cette façade ondulante était bel et bien «dissonante» par rapport aux édifices voisins, majoritairement en pierre de taille.

Les plaignants, aux anges, voient dans ce jugement «une grande victoire pour l'avenir de Paris, dont les nouvelles constructions devront s'intégrer dans le tissu urbain». La mairie, qui s'opposait à ces recours, va faire appel de la décision. Qui est une fameuse gifle pour elle, tout comme pour le groupe de luxe LVMH: propriétaire des lieux, et qui finance à grands frais (460 millions d'euros) le projet.

La partie concernée du chantier est à l'arrêt, l'appel du jugement n'étant pas suspensif. Tout comme n'était pas suspensif le recours qu'avaient introduit les opposants au projet. Ce qui, ces dernières semaines, a permis... la démolition d'une bonne partie des bâtiments du XIXe siècle, aux façades préhaussmanniennes, dont la sauvegarde était précisément demandée.

06/05/2014

Une réaction, enfin

Publicité, Paris, Patrimoine, Architecture, CultureIl était grand temps. Le ministère de la Culture commence enfin à se bouger. Contre les publicités géantes qui, y compris en plein coeur du Paris historique, défigurent le patrimoine monumental classé. Alors que nombre d'exemples (relire ici, ou ) ont montré que les autorités ont été très permissives, en la matière.

C'est notamment le cas place des Vosges, une des plus belles places de Paris. Depuis 2012, une bâche publicitaire géante (110 m² de surface) vante une célèbre multinationale de l'électronique. Elle est apposée sur un hôtel particulier qui est en cours de rénovation. La régie gérant cet emplacement publicitaire très en vue espérait obtenir une nouvelle autorisation, lui permettant de conserver cette bâche jusqu'à la fin juin, voire en juillet et en août aussi. Hier soir, le ministère de la Culture a fait savoir qu'il n'en était pas question.

A en croire un fonctionnaire de la Culture cité par le quotidien «Le Parisien», «la ministre s'est penchée sur le dossier, et nous a dit: il faut la retirer, elle n'est absolument pas nécessaire. La bâche est restée suffisamment longtemps pour financer les travaux, qui ont pris du retard». La réclame devrait donc être démontée dès demain mercredi.

Il était temps.

Pas de quoi pavoiser, cela dit, pour les autorités. Elles n'ont laissé que trop longtemps ce dossier, et d'autres de cet acabit, traîner.

14/04/2014

Une si maigre consolation

Paris, Tourisme, Social, Economie, PatrimoineUne adresse de grand luxe en moins à Paris, dès aujourd'hui. Puisque c'est ce lundi que le Lutetia, le célèbre hôtel de la rive gauche, ferme ses portes. Pour trois années de gros travaux – l'installation d'une piscine, en sous-sol, est notamment prévue.

On l'avait relaté, à l'époque (relire ): cette fermeture a fait l'objet d'un véritable bras de fer social. Qui a débouché sur plusieurs manifestations dans et aux abords du si sélect établissement – du jamais vu, auparavant. Le contentieux n'est d'ailleurs toujours pas réglé. A la mi-mai, le comité d'entreprise et le syndicat CGT traîneront en justice la direction de l'établissement (un grand groupe isréalien). Ils ne décolèrent pas contre «le dilemme» devant lequel, selon eux, a été placé le personnel de l'hôtel. A savoir, «accepter une baisse dramatique des salaires pendant les travaux, avec l’acceptation du chômage partiel de longue durée. Ou accepter le plan de départ "volontaire", sans certitude d’être réintégré».

En attendant, les quelque 200 employés de l'hôtel auront la consolation de pouvoir acheter à prix préférentiel... des peignoirs de bain siglés Lutetia ainsi que d'autres articles à l'effigie du célèbre établissement, avant que le tout soit mis en vente publique.

Un peignoir siglé. Quelle belle attention. Quel merveilleux signe de générosité. On croit rêver.

14/03/2014

Un état très perfectible

Institutions, Justice, Paris, PatrimoineDans l'attente, au Palais de Justice de Paris, ce vendredi. Vraisemblablement pour une bonne partie de la journée, voire de la soirée – mais pas de la nuit, on l'espère. Puisque doit tomber, à une heure indéterminée, le verdict du procès du premier Rwandais jugé en France pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité. La Cour d'assises s'est retirée à 10 heures, pour délibérer.

C'est très anecdotique par rapport à l'enjeu de ce procès historique, mais ce fut néanmoins assez parlant d'aller et venir dans ce Palais de justice, tout au long des six semaines d'audiences qu'a durées ce procès. En effet, si l'on considère que l'état de ce noble bâtiment parisien est représentatif de la condition dans laquelle se trouve l'institution judiciaire française, on se rend compte qu'elle a des progrès à faire.

Certes, la vitrine est belle. Avec leurs dorures et leur marbre, elles en imposent, la cour d'honneur du Palais et les grandes galeries de l'édifice – ainsi, cette «Galerie marchande» qui fait face à l'entrée, dont l'intitulé nous a toujours fait sourire. En revanche, quand on s'éloigne un peu des lieux de passage les plus fréquentés, cela devient vite moins glorieux.

Institutions, Justice, Paris, PatrimoineDes bâtiments préfabriqués hideux, juste à côté de la vénérable Sainte Chapelle. Des murs léprosés, rongés par humidité. Des fenêtres qui sont maintenues fermées grâce à du papier inséré dans leurs vieilles jointures, pour les caler. Du matériel informatique ou de bureau (photocopieuses, etc.) et du mobilier déclassés qui traînent dans les couloirs, en attente d'un hypothétique enlèvement pour la déchetterie. Des cendriers et des poubelles qui débordent. Des machines à café ou distributeurs automatiques de boissons qui oublient de rendre la monnaie. Des vieux tags sur les murs, qu'on ne prend même plus la peine d'effacer. Des papiers gras, des cannettes et des mégots par terre, pas rarement. Des toilettes où règne parfois une odeur repoussante, et dont les portes ne ferment plus à clef depuis longtemps.

Dans l'une de ces toilettes, les murs sont maculés d'un grand tag, rageur. «PLUTOT TAGUEUR QUE PROCUREUR!», proclame-t-il, en lettres capitales. Tel un crachat envoyé à la face de l'institution: ces WC sont situés juste à côté des chambres correctionnelles où, chaque jour, sont jugés et sanctionnés les incivilités et autres petits délits urbains, dont les tags ou les graffitis.

25/02/2014

Une opposition qui ne désarme pas

Cela fait des années qu'on parle du réaménagement des anciens grands magasins La Samaritaine, dans le quartier Rivoli. Il s'agit d'un énorme projet urbanistique: un des plus gros concernant le centre de Paris – avec, bien sûr, le chantier du Forum des Halles. Mais, visiblement, les opposants à ce projet ne désarment pas. Pour preuve, hier, pendant une bonne partie de la journée, le Conseil d'Etat a examiné les recours qu'ils ont introduits contre le permis de construire délivré en 2012. Et les débats furent chauds.

Ces opposants (comités de quartier et associations de défense du patrimoine) ont remporté une manche, purement formelle. Mais l'on risque de devoir encore attendre un bon mois avant de connaître l'épilogue de ce feuilleton juridique.

De toute manière, la messe est-elle dite? Ces recours ne sont pas suspensifs. Dès lors, en attendant, ils se poursuivent, ces travaux pudiquement dissimulés par des grandes bâches. Les opposants craignent la démolition de plusieurs immeubles du XIXe siècle, et même de deux maisons du XVIIIe. Le groupe de luxe LVMH, auteur du projet, assure que toutes les mesures nécessaires à la conservation du patrimoine ont été prises. Si non, alertent les opposants, «ce serait la première fois depuis la démolition des Halles», sous Georges Pompidou, que l'on détruirait «un îlot entier au coeur de Paris. Il y a comme une malédiction dans ce secteur...»