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16/03/2016

«Une iniquité à réparer»

Deux jours déjà qu'il a eu lieu, mais on continue à ne parler que de cela, à Paris. Parler du chahut si rugueux qui, lundi soir, a secoué l'habituellement si chic et paisible 16e arrondissement. A propos du projet d'y implanter, d'ici à l'été, un centre d'hébergement d'urgence de 200 places, pour les SDF.

«Une Jungle de Calais dans le bois de Boulogne», comme le dénoncent les riverains. Ils sont si remontés que, lundi soir, une réunion publique d'information sur le sujet a dû être interrompue, car elle manquait de tourner au pugilat général. Les orateurs et défenseurs du projet, dont la préfète (qui a signé le permis de construire), se sont notamment pris une nuée de quolibets et d'insultes tout sauf classe et distingués.

La chose a fait tant de bruit qu'elle a été évoquée à l'Assemblée nationale, hier (lire ici ou voir ). Manuel Valls s'est dit «profondément choqué». Il a jugé injustifiable «les insultes et les menaces dont la représentante de l’État a été l’objet», et intolérable «que le débat public soit manipulé» par les détracteurs du projet. Le Premier ministre a redit la détermination de l'Etat à mener ce projet à bien.  Et de conclure: «Il n’est pas possible, il n’est pas juste, que certains souhaitent se dérober à l’effort. En matière de solidarité et de lutte contre la pauvreté, chacun doit assumer ses responsabilités». Même tonalité à la mairie de Paris. Où l'on annonce qu'on ira «jusqu'au bout» pour «réparer une iniquité»: le 16e est «le seul arrondissement qui ne compte aucun centre d’hébergement d’urgence».

Des recours en justice sont annoncés. Donc, on n'a pas fini d'entendre parler de ce dossier. En attendant, il ne faudrait pas tomber dans la caricature: croire que tous les habitants du 16e d'office et sans exception sont aussi en pointe contre ce projet que leur maire d'arrondissement, le député sarkozyste Claude Goasguen – auteur d'une pétition à succès, sur le sujet. Il existe aussi des riverains qui sont profondément gênés par l'image désastreuse que ce chahut donne de leur quartier.

L'image d'un îlot d'aisance et d'égoïsme, indécrottablement replié sur lui-même et sur ses seuls petits privilèges. Insupportablement insensible à la détresse d'autrui.

06/11/2015

Une «réaction forte» espérée

Grosse agitation hier en matinée, et même jusqu'en début d'après-midi, aux portes de Paris. Une portion de l'autoroute A1 ainsi que toute la partie nord du périph' ont dû être interdites à la circulation. En cause, une violent incendie survenu dans un campement Rom situé en contrebas du boulevard, porte de la Chapelle. S'il n'a pas fait de victimes, le brasier a mobilisé une trentaine de pompiers pendant près de deux heures, et a produit un dégagement de fumées tel que la circulation a dû être coupée dans les deux sens entre les portes de Clignancourt et d'Aubervilliers.

Hasard de l'actualité, pas très loin de là, est en train de se jouer le sort d'un autre campement Rom, que ce blog avait récemment évoqué (). Lui s'est établi sur les voies de chemin de fer désaffectées de la Peinte ceinture. Le tribunal de grande instance de Paris, saisi par le propriétaire des lieux (une filiale de SNCF), a ordonné son évacuation. Le jugement a été signifié par huissier aux habitants.

Où vont aller ces gens sinistrés ou expulsés? Bonne question. Cette semaine, une trentaine d'associations d'aide aux plus démunis viennent à nouveau d'alerter les autorités sur l'état d'«extrême saturation» des centres d'hébergement. Et, se référant aux milliers de places qui, ces dernières semaines, ont été trouvées en urgence pour les réfugiés, ces ONG jugent «indispensable de tout faire pour éviter les sentiments d'injustice et d'iniquité qui se répandent parmi les publics démunis».

Elles ont demandé un rendez-vous à Manuel Valls. Et disent attendre de lui «une réaction forte, renforçant l’ambition et les moyens mis en œuvre par la nation pour améliorer l’accès au logement et la protection des plus fragiles», tous deux aujourd'hui « fortement malmenés». Le chef du gouvernement n'a pas réagi.

22/10/2015

Une ségrégation résidentielle (suite)

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa région parisienne concentre à elle seule près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France, écrivait ce blog, l'autre jour (), sur foi du dernier rapport en date de la Fondation Abbé Pierre. Selon la préfecture de région, qui vient de faire le point sur la question, il serait plus juste de parler d'un tiers des bidonvilles du pays qui se situent en banlieue et à Paris. Les autorités ont d'ailleurs quantifié de manière assez fine la population Rom qui (sur)vit dans la région-capitale.

7144 personnes, très précisément, dont un tiers d'enfants. Soit un chiffre à peine moins élevé que celui de l'an dernier, malgré les opérations d'évacuation forcée et de démantèlement ayant visé de très nombreux campements, ces derniers mois – mais ils se reforment aussitôt, à un autre endroit.

Ces Roms sont de nationalité roumaine ou bulgare principalement, donc bénéficient d'un titre de séjour en règle. Ils s'amassent dans 132 campements qui, eux, sont pour la plupart illégaux: 80% font l'objet d'une procédure judiciaire d'expulsion. Le plus vaste de ces bidonvilles Roms parisiens se trouve à Saint-Denis: il regroupe 880 personnes. Viennent ensuite les campements de Wissous (680 occupants), Champs-sur-Marne (372), Montreuil (347) et Grigny (213).

La "Ville lumière" elle même compte un bidonville Rom sur son territoire, depuis le printemps. Il est situé dans le 18e arrondissement, porte des Poissonniers, sur les voies de chemin de fer désaffectées de la Petite ceinture. Quelque 70 familles y résident, si l'on ose dire, soit 400 personnes environ. Le tribunal de grande instance a été saisi par SNCF Réseau, propriétaire de la parcelle, pour qu'il ordonne l’évacuation des lieux.

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa préfecture vient de charger deux groupes de travail de lui remettre des propositions d'ici à la fin de l'année, concernant à la fois les possibilités d'insertion de ces populations et les solutions qui permettraient de leur assurer un logement pérenne. Une fois rendu, ce document sera soumis aux autorités européennes, afin que les actions qui en découlent puissent être financées (en partie) par l'Union.

On attend de voir cela.

20/10/2015

Une «saturation extrême et inquiétante»

Pauvreté, Social, Logement, GouvernementLe thermomètre remonte un peu à Paris, depuis ce week-end, mais, la semaine dernière, il y a fait inhabituellement froid. Aussi, un collectif de 870 associations de solidarité venant en aide notamment aux SDF et aux mal-logés vient de demander au gouvernement () de se bouger.

Car, «dans de nombreuses villes» du pays, lors de ce coup de froid, la situation de ces miséreux a vraiment été «critique». Quelques chiffres témoignent bien de la «saturation extrême et inquiétante des centres d’hébergement, à la veille de l’hiver». Un soir, rien qu' «à Paris et en Seine-Saint-Denis, 700 personnes à la rue, dont la moitié d’enfants, ont appelé le (numéro de téléphone) 115 sans obtenir d’hébergement. Dans le Rhône, 1950 personnes ont sollicité en vain un hébergement ces 15 derniers jours. Et en Haute- Garonne, ce sont 200 personnes qui sont sans solution chaque nuit».

Voilà donc l'Etat sommé de «mobiliser les capacités d’hébergement hivernales dès à présent, sans attendre le démarrage officiel du plan hiver et les températures négatives». Ne pas patienter jusqu'en novembre pour mettre ces gens à l'abri, d'autant que «des capacités inexploitées d’hébergement et de relogement existent, sur l’ensemble du territoire». Pour preuve, la crise des réfugiés a fait subitement découvrir à l'Etat l'existence de milliers de places d'hébergement disponibles, notamment dans autant de bâtiments publics et parapublics inoccupés.

L'équipe Valls a peu apprécié d'être ainsi houspillée. L'entourage de la ministre du Logement a sèchement fait savoir qu'elle avait donné instruction aux préfets d'ouvrir les places d'hébergement «en fonction de la demande, et non en fonction des températures».

pauvreté,social,logement,gouvernementLa réduction, ou non, de la grande misère: ce sera un des critères à l'aune duquel, dans moins de deux ans maintenant, on pourra juger l'action de François Hollande et des siens. A ce stade, le bilan ne paraît pas fameux.

Pour ne prendre que ce seul indicateur – mais il en vaut bien d'autres –, à en croire le collectif qui tient chaque année ce macabre décompte, au moins 480 personnes sont mortes dans la rue en France, en 2014. Soit encore plus qu'en 2013 (453).

02/10/2015

Une «ségrégation résidentielle»

950.000. Le chiffre a été donné hier, par la Fondation Abbé Pierre (). Au moins 950.000 personnes, en région parisienne, sont en situation de mal-logement. Parmi elles, de 60.000 à 70.000 utilisateurs quotidiens du réseau d'hébergement d'urgence ou d'insertion, 79.000 personnes qui n'ont d'autre choix que de loger chez des tiers, 460.000 qui vivent dans des habitations surpeuplées, et 404.000 habitant un logement privé de confort.

Ce mal-logement découle notamment de la pénurie d’offres de logements accessibles ainsi que de la flambée des prix et des loyers. A cet égard, la Fondation a calculé que, sur une période dix ans, les loyers avaient augmenté de 40 à 60%, en région parisienne.

La capitale et sa banlieue constituent la région la plus riche du pays? Elle concentrent néanmoins «entre 30 et 44% des logements repérés comme potentiellement indignes en France». De même, «près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France» réside en région parisienne. Ces campements de fortune ne se développent plus seulement en périphérie, dans des terrains vagues, des friches industrielles ou sous des échangeurs autoroutiers, mais également au cœur des villes (à Saint-Denis, par exemple). Dans le même temps, autre illustration concrète et très visible du mal-logement, les squats, «phénomène autrefois épisodique, constituent dorénavant une forme de mal-logement pour de nombreux ménages, avec un déploiement sensible sur certains départements. Centrés auparavant majoritairement sur l’habitat ancien inconfortable, ce phénomène touche dorénavant l’habitat social (logement en cours de réfection entre deux locataires, etc.)».

Un peu comme Manuel Valls avait dénoncé «un apartheid» territorial régnant en France, la Fondation fait le constat d'une «ségrégation résidentielle» frappant la région parisienne. Une ségrégation qu'elle juge «porteuse de lourdes conséquences sur la capacité à "faire société" et à donner à chacun une place digne». Elle exhorte donc les autorités à mettre en place, dans la région capitale, une politique du logement «plus attentive aux plus défavorisés».

02/06/2015

Une idée reçue, contredite

Voilà une étude qui tord le cou à un cliché que l'on applique souvent à la France. Pays dont on a coutume de dire qu'il concentrerait ses pauvres en périphérie – dans les banlieues, pour parler clair –, les centres urbains étant, eux, plus favorisés. Pays qui, donc, serait dans une situation exactement inverse de celle de la Belgique. Où les centres urbains sont fréquemment plus dégradés que les banlieues, elles pas rarement vertes et aisées.

Concernant la France, en tout cas, cette idée reçue est très largement à relativiser.

Ainsi, les dernières données en date de l'Institut de la Statistique (Insee) sur le niveau de vie des Français attestent que la pauvreté est également «très présente dans les villes-centres des grands pôles urbains». En effet, ces zones concentrent des catégories de population qui sont souvent les plus rapidement frappées par la crise et par le déclassement social: familles monoparentales, familles nombreuses et ménages jeunes. En termes de chiffres, voilà le tableau: «C'est généralement dans les villes-centres des grands pôles urbains, ainsi que dans les moyens et petits pôles, que la pauvreté pour ces catégories de ménages est la plus fréquente. Elle y concerne en moyenne autour de 27% des personnes parmi les ménages jeunes, 35% parmi les familles monoparentales, et, parmi les ménages de cinq personnes ou plus, respectivement 37% des personnes dans les villes-centres et autour de 27% dans les moyens et petits pôles» urbains.

C'est notamment en région parisienne que les disparités de niveaux de vie sont les plus marquées. C'est là que «se trouvent à la fois les départements ayant le plus fort et le plus faible taux de pauvreté». Paris, bien sûr, n'échappe pas à cette très grande dualité. Dans la «Ville lumière», «le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10% de personnes les plus aisées est en moyenne près de 6,7 fois supérieur à celui en dessous duquel se trouvent les 10% les moins aisés, contre un rapport de 3,5 en moyenne sur l'ensemble de la population» nationale.

Au passage, lors des élections régionales de décembre, il sera intéressant de voir comment la gauche va se débrouiller pour tenter de défendre un si piètre bilan, en termes de dualisation sociale de la région parisienne. Puisque ce sont les socialistes et leurs alliés qui gèrent cette région, depuis maintenant près de vingt ans (1998).

26/12/2014

Un manque de mise en perspective

L'actualité de Noël assez curieusement relatée par les médias français, ces dernières vingt-quatre heures. Avec un manque évident de mise en perspective.

Ainsi, ce tohu-bohu suscité par l'initiative de la mairie (UMP) d'Angoulême (Charente). Elle a grillagé une dizaine de bancs publics, afin qu'ils ne soient plus squattés par les SDF – non, par «les dealers», assure la mairie, qui dit n'avoir rien contre les sans-logis. Cela fait bien dix ans qu'à Paris, dans une indifférence médiatique assez générale, les dispositifs anti-SDF de cet acabit se multiplient, un peu partout. Devant les magasins ou les résidences privées, ou même dans l'espace public. Pour preuve, depuis des années, la RATP profite des travaux de rénovation des stations de métro pour y supprimer systématiquement les vieilles banquettes, où s'avachissaient les SDF. Elles sont remplacées par des sièges individuels ou par des bancs munis d'accoudoirs, où donc l'on ne peut s'allonger. Jamais cela n'a fait la Une d'un JT. Mais c'est vrai que ce n'est pas Noël tous les jours.

Ainsi, aussi, tous ces reportages vus, lus et entendus depuis deux jours, consacrés aux bénévoles d'associations caritatives ayant passé la nuit de Noël auprès des plus pauvres – aux côtés des SDF, singulièrement. Très bien. Juste, journalistiquement, ces sujets auraient pu signaler au passage que, la nuit de Noël y compris, le dispositif d'hébergement d'urgence des SDF est plus que jamais totalement inopérant. Selon des chiffres récemment publiés (voir ), cet hiver par rapport à l'hiver 2013, a carrément doublé le nombre de personnes qui, à l'échelle du pays, ont téléphoné au 115, mais à qui aucune solution d'hébergement n'a pu être proposée, faute de places disponibles. Pour ce qui concerne Paris spécifiquement, les demandes non pourvues ont progressé de 43%, en un an. C'est désormais plus d'un appel à l'aide sur deux (52%) auquel il n'est pas répondu.

A longueur d'années, donc, et malgré ces attentions si médiatisées d'une soirée, ce n'est vraiment pas Noël, pour tous ces gens. Il n'aurait pas été inutile de le rappeler.

 

NB: Ceci étant dit, ce blog va faire une petite pause, pour recharger ses batteries. Il reprendra son cours normal en janvier. Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous, et merci d'être passé par «Paris Libre» en 2014.

23/12/2014

Un rapport très inégal

En cette période de fêtes de fin d'année où les Français, comme tous les peuples de la terre, vont manger et boire plus qu'à l'accoutumée, ces données récemment publiées, qui confirment l'inégalité du rapport à l'alcool, selon la catégorie socio-professionnelle à laquelle on appartient.

Ainsi – et c'est l'Institut de la Statistique (Insee) qui le dit (ici) – , les Français les plus modestes consomment davantage d'alcool (51 litres par an et par personne, en moyenne) que leurs concitoyens plus aisés (41 litres). Mais ils lui consacrent un budget moindre. C'est évidemment dû au type de boissons alcoolisées consommées. Ainsi, «30% des dépenses de boissons des ménages les plus aisés concernent les boissons alcoolisées les plus chères (champagne et autres apéritifs) contre seulement 13% pour les ménages les plus modestes». Tous les Français se rejoignent, cela dit, sur les boissons alcoolisées qu'ils préfèrent. «Le vin et le cidre sont le premier poste de dépenses de boissons alcoolisées, quel que soit le niveau de vie des ménages».

L'alcool est donc davantage consommé dans les foyers les plus modestes, où l'on se distingue également «par une consommation plus importante de boissons non alcoolisées (respectivement 10% des dépenses alimentaires, contre 7%)». Encore qu'il faille nuancer: ces ménages boivent moins d’eaux minérales que les consommateurs plus aisés, mais davantage de boissons sucrées (boissons gazeuses, jus de fruits, sirops).

Davantage de boissons sucrées, donc celles qui, globalement, font grossir. Et moins d'eau minérale, les boissons les meilleures pour la santé. Cela renvoie à une autre inégalité qui, elle, est depuis longtemps documentée (relire , par exemple). A savoir, le rapport inégal, en fonction de la catégorie socio-professionnelle, avec les affections liées à la malbouffe. A savoir, le surpoids, l'obésité et les maladies associées (diabète, hypertension, etc.), qui, s'il est encore nécessaire de le rappeler, touchent en premier lieu les populations les moins aisées.

Bons réveillons à toutes et tous, néanmoins. Avec ou sans modération, c'est selon.

20/11/2014

Une évidence confirmée

Le chiffre a été rendu public hier, et il n'a sans doute étonné aucun Français. Depuis le début des années 2000, le nombre de sans-domicile fixe recensés dans ce pays a crû de 44%.

La quantification de cette tendance lourde – si visible quotidiennement, dans les rues de Paris et d'ailleurs – est issue de la dernière édition en date du «Portrait social» de l'Hexagone, que dresse chaque année l'Institut de la statistique (Insee). Il chiffre à 81.000 adultes et 31.000 enfants le nombre de SDF (sur)vivant en France métropolitaine en 2012, dans les agglomérations d'au moins 20.000 habitants. Nul doute que cette estimation se situe dans la fourchette la plus basse, et que le nombre de SDF a continué à croître entre 2012 et 2014.

A ce propos, l'association ATD Quart Monde a réalisé dernièrement un sondage assez éclairant sur les préjugés qu'ont les Français à l'égard de la pauvreté. Il confirme combien les idées reçues sur le sujet ont la vie dure.

Ainsi, pour ne prendre que deux chiffres issus de cette enquête d'opinion, 71% des sondés sont convaincus que les pauvres ne paient pas d'impôts. Alors que, comme tout le monde, ils doivent acquitter la TVA – qui frappe y compris, fût-ce à des taux réduits, les produits et services de première nécessité (nourriture, transports, etc.). Et sept Français sur dix considèrent qu'il est facile d'obtenir des aides sociales, en France. Alors que le poids et la complexité de la machinerie bureaucratique qui caractérise ce pays, déjà pénibles à gérer pour le Français moyen, deviennent des obstacles souvent insurmontables pour les plus exclus et les plus précarisés. Ce qu'illustre sans doute la part importante de Français qui ne sollicitent pas les aides sociales auxquelles ils auraient pourtant droit – ATD situe ce taux de non recours entre 29 et 70%, selon les prestations et les droits concernés.

11:57 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : social, pauvreté

11/09/2014

Une indignité quotidienne

Cela ne s'arrange décidément pas, le mal-logement à Paris. Cette semaine, a comparu en justice un locataire qui était poursuivi par ses propriétaires pour quatre mois d'impayés de loyer. Il habite dans les environs du très chic parc Monceau, dans le 17e arrondissement. Rien que de très banal? A un détail, la surface de son logement: 6 m². Avec notamment une douche dans laquelle il n'y a pas d'autre solution que de se tenir accroupi. Loyer mensuel de cet espace de vie si minuscule? 410 euros.

Un expert, mandaté par la préfecture, a dûment constaté qu'un tel logement ne permettait «pas un hébergement des personnes conforme à la dignité humaine», et était même «susceptible de nuire à la santé» de ses occupants. La loi, du reste, prohibe la location d'un logement d'une surface inférieure à 9 m². Ce locataire n'en a pas moins été traîné devant le tribunal par ses propriétaires. Les magistrats se prononceront à la fin octobre.

L'an dernier déjà, à peu près à la même époque (relire ), avait comparu en justice un propriétaire ayant loué (330 euros) un logement d'une surface... d'1,56 m².

Il y a vraiment des gens que rien n'indigne.

23/06/2014

Un enracinement dans la misère

Paris, Social, PauvretéLe nombre de SDF à Paris et dans sa région a augmenté de 84%, depuis 2001. C'est le chiffre choc d'une étude qui a récemment été publiée, sur la question. A titre de comparaison, en province, pendant la même période, le nombre de sans-domicile n'a crû que de 11%. Plus que jamais, donc, l’agglomération-capitale concentre la misère sur son territoire. A elle seule, elle accueille – si l'on ose dire – «43% des sans-domicile francophones de toutes les villes de France de plus de 20 000 habitants et même 60% des sans-domicile étrangers, alors que son poids dans la population nationale est de 27%».

Autre enseignement retentissant: les années ont beau passer et les dispositifs d'accueil et d'insertion se développer et être censés devenus plus efficaces, les SDF continuent de s'enraciner dans la misère. Ainsi, «dans l’agglomération parisienne, la moitié des sans-domicile sont sans domicile depuis au moins un an».

L'étude confirme également un autre aspect des choses, que ne peut que constater le Parisien un minimum attentif, dans sa vie quotidienne, à son environnement urbain. A savoir, la part croissante des femmes dans la population SDF, depuis 2001. Certes, celle-ci reste composée majoritairement (59%) d'hommes. Mais «la part des femmes sans domicile est plus importante dans l’agglomération parisienne, où leur nombre a plus que doublé depuis 2001, que dans les autres agglomérations de plus de 200 000 habitants (41% contre 36%)».

11:08 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, social, pauvreté

20/05/2014

Une relaxe

On avait évoqué le cas de cet individu, il n'y a pas si longtemps (relire ). Parisien, habitant le quartier de la place de la République, il avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel, accusé d'avoir aspergé de produit corrosif des Roms dont il était incommodé par la présence: ils campaient sur le trottoir, en bas de chez lui. A son encontre, le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis et 1500€ d'amende. Hier, l'homme a été fixé sur son sort judiciaire. Il a été relaxé.

Lors de son procès, il avait assuré avoir, le soir de l'incident, voulu uniquement nettoyer le trottoir, sans jamais avoir ni touché ni visé les Roms. Il s'était dit «absolument désolé pour le symbole» du procédé employé pour ce faire, dont il n'aurait «pas mesuré la portée». Et son avocate avait convenu que ce procédé était «désagréable». Le tribunal a entendu ces arguments. Il a aussi estimé que la préméditation du jet de liquide n'était pas établie. Et les expertises dudit produit ont montré qu'il ne s'était agi que d'un mélange artisanal d'eau de Javel et de savon noir. Autant d'éléments qui, selon les magistrats, justifient la relaxe.

Sans avoir eu accès au dossier complet, on se gardera bien de faire un commentaire définitif sur un tel jugement. On se bornera juste à espérer qu'une telle jurisprudence ne va pas inciter tous les Parisiens incommodés par la présence de Roms en bas de chez eux à faire eux-mêmes le ménage, et de la sorte: à coups d'eau de Javel. Sinon, dans certains quartiers de Paris – et particulièrement dans notre onzième arrondissement –, l'atmosphère risque de rapidement devenir assez irrespirable.

09/04/2014

Un «humour décomplexé»

«Voler des poules, c’est cool». «Une petite pièce, pour ma Mercedes». «Plutôt voleur que travailleur». «Des bidonvilles pour tous». «+ d'enfants = +d'argent».

Quelques-uns parmi les slogans entendus place de la République, hier midi. A l'occasion d'un «happening militant» organisé à la faveur de la Journée internationale des Roms. Ce sont des jeunes Roms eux-mêmes qui ont scandé ces slogans. Car, aux yeux d'un responsable des «Enfants du Canal», l'association à l’origine de la manifestation, le fait que les intéressés eux-mêmes reprennent de façon ironique les accusations dont ils sont si souvent l'objet «est le meilleur moyen pour tordre le cou aux préjugés qui circulent à l’égard des Roms». Des préjugés qui ont la vie dure: «A chaque publication dans les médias au sujet de cette population, nous retrouvons toujours ces mêmes clichés, dans les commentaires des internautes: les Roms ont de belles voitures, les Roms sont des voleurs de poules… Ce midi, nous avons également prouvé que les Roms savent manier l’humour, être décomplexés, et qu’ils ont la volonté de s’intégrer».

Moins drôle: lundi, un habitant de Paris a été jugé en correctionnelle, pour avoir agressé un couple de Roms qui campait sur le trottoir en bas de chez lui. Non loin, d'ailleurs, de cette même place de la République. L'individu était poursuivi pour violences volontaires. En janvier, il avait aspergé le matelas de ces Roms d'un produit corrosif à base d'eau de Javel, qu'il avait fabriqué lui-même. A la barre, sa défense a certifié qu'il ne fallait pas voir la moindre connotation raciste à son geste. Juste l'exaspération, qui serait légitime, d'un riverain confronté trop souvent à ce type de cohabitation avec des SDF. Trois mois de prison avec sursis n'en ont pas moins été requis contre lui, ainsi qu'une amende de 1500€.

06/03/2014

«Une forme inquiétante d'abandon»

Social, Pauvreté, Economie80% des maires de France considèrent que, ces dernières années, la pauvreté et l’exclusion se sont étendues, dans leur commune. En 2008, ils n'étaient que 51% de cet avis. Six ans plus tard, ce constat d’une progression de la pauvreté et de l'exclusion est généralisé, quelle que soit la taille de la municipalité concernée. C'est ce qu'il ressort d'un sondage TNS-Sofres publié cette semaine. Il a été réalisé pour le Secours catholique, qui lance une campagne baptisée «Ne laissons pas disparaître la fraternité». 

Plus de neuf maires sur dix (91%) considèrent qu'au cours de leur mandat, ils se sont bougés pour renforcer le lien social dans leur commune. Pour l'ONG, cela «montre que le lien social reste une priorité pour les maires, et donc que la bataille pour la fraternité n’est pas perdue».

C'est une façon positive et optimiste de voir les choses.

Il est vrai que, pour garder le moral, mieux vaut ne pas s'étendre sur deux autres constats faits (là) par l'association.

social,pauvreté,economieD'une part, la plupart du temps, les actions anti-pauvreté des maires ne sont que «ponctuelles ou ciblées», et non précédées par une réelle «analyse des besoins sociaux» locaux. D'autre part, il y a «une disparité très forte, selon les communes, dans la prise en compte des pauvretés et leur traitement». En clair? Souvent «les communes riches sont moins investies contre la précarité». Elles pratiquent «une forme inquiétante d’abandon» de la gestion des «personnes pauvres en errance»: à savoir, les pauvres qui n'ont pas d'attache géographique particulière (demandeurs d’asile, migrants, etc.). La gestion de cette exclusion-là, ces communes aisées la relèguent aux «municipalités déjà les plus en prise avec la misère».

C'est lamentable. Mais sans doute n'est-ce pas propre à la France.

24/10/2013

Une espérance de vie

Paris, Social, Pauvreté, Logement, SécuritéGros émoi, hier, dans le quartier voisin: le Haut Marais. Un homme âgé d'une vingtaime d'années a été retrouvé mort au square du Temple: découvert au petit matin par le gardien, au moment où il ouvrait le parc. Il gisait dans une mare de sang, le crâne fracassé. Une enquête pour homicide a été ouverte par la police judiciaire. Qui investigue notamment auprès des SDF du quartier.

Peut-être qu'une autre piste s'imposera, mais, si d'aventure il se confirme que la victime était effectivement sans-abri, cela illustrera la violence à laquelle est quotidiennement confrontée ce type de population. Et qui a un impact très concret et dramatique: sur son espérance de vie.

Ainsi, en France, pour la population générale, cette espérance de vie est de 78 ans pour les hommes et de 84 ans pour les femmes (voir ici). En revanche, en ce qui concerne les SDF, elle n'est que de .. 44 ans pour les femmes, et 55 ans pour les hommes, selon Médecins du Monde. «L’âge moyen au décès des personnes sans chez soi est de 55 ans en région parisienne, 47 ans en province», confirme-t-on au collectif «Les Morts de la Rue» (CMDR).

En gros, donc, et quitte à résumer les choses un peu brutalement, en France, cinquième puissance économique mondiale, ne pas avoir de toit a un prix: cela coûte 25 ans d'espérance de vie.

Paris, Social, Pauvreté, Logement, Sécurité«La mortalité des personnes sans chez soi reste encore un phénomène méconnu», rappelle-t-on au CMDR: «Beaucoup de choses restent à faire, avant de comprendre les causes de mortalité et les parcours de ces personnes».

L'on sait bien, néanmoins, que la part de décès de SDF par «cause externe» est beaucoup plus importante que dans la population générale. Par «cause externe», l'on entend les agressions, les suicides, et les accidents: noyades, expositions au feu, collisions avec un véhicule ou chutes. En région parisienne, «les causes externes de mortalité représentent environ un quart des décès» de SDF, indique un rapport du Collectif.

C'est donc énormément plus que les décès par hypothermie (2,6%). Qui, pourtant, est souvent vue, par les médias et donc par le grand public, comme la menace n°1 pesant sur les sans-abri – voir l'habituelle litanie médiatico-politique, chaque hiver, sur les SDF «morts de froid», etc.

15/10/2013

Une surface habitable, mais oui

Les joies de la vie à Paris. Ville où le logement a atteint un tel niveau de prix que certains doivent s'endetter quasi toute une vie pour acquérir un minuscule studio sous les toits. Et où d'autres en sont réduits à louer ce qu'on n'est même pas sûr de pouvoir appeler une cage à poules – pas sûr que les défenseurs des animaux accepteraient que des gallinacés aient de telles conditions d'habitat. Encore un exemple, ce mardi, de cette belle vie parisienne, dans ce domaine. Et cela concerne notre cher (dans les deux sens du terme) onzième arrondissement.

Ce matin, devant le tribunal d’instance du onzième, comparaît un propriétaire ayant loué un logement d'une surface... d’1,56 mètre carré. Mais oui, c'est possible. Pour preuve, la photo dudit logement, qu'a publiée ce matin le confrère ayant révélé l'affaire. Et qui ajoute: «Un matelas, un robinet et une plaque de cuisson. Voilà les seuls biens (du locataire) qui pouvaient rentrer dans cette surface habitable». Surface qui lui était louée 330 euros. Ce qui fait 211,5 euros le mètre carré.

A part cela, depuis plus de dix ans en France (depuis un décret ministériel du 30 janvier 2002, précisément), un logement, pour pouvoir être loué, doit disposer «au moins d'une pièce principale ayant soit une surface habitable au moins égale à 9 mètres carrés et une hauteur sous plafond au moins égale à 2,20 mètres, soit un volume habitable au moins égal à 20 mètres cubes».

Dans ce pays, décidément, pas grand-chose ne change jamais. Qu'il soit gouverné par la droite ou par la gauche, des tas de lois demeurent, dans les faits, inappliquées.

07/10/2013

Une «mobilisation pour la dignité»

Passé un peu par hasard, hier après-midi, place de la Bastille, au moment où s'y déroulait le volet parisien de la «Roma Pride»: troisième journée européenne annuelle de «mobilisation pour la dignité du monde du voyage». Des Roms qui, en France particulièrement – cela n'étonnera personne –, n'en peuvent plus. «Stigmatisations, expulsions, discours haineux, violences: de nouveau, ces populations malmenées et discriminées, cibles de stéréotypes éculés et de représentations stigmatisantes, sont instrumentalisées à des fins politiques».

Pas énormément de monde pour s'en indigner, cela dit, hier à Bastille – à l'heure où on y est passé, en tout cas. Quelques dizaines de personnes, guère plus, venues applaudir jongleurs, chanteurs, danseurs de flamenco, slammeurs ou musiciens. Dans une ambiance festive et bon enfant qui, a-t-on trouvé, contrastait bizarrement avec la gravité de la situation de cette communauté en France et la violence des attaques qu'elle subit.

Une bonhommie qui avait tout de même une cible privilégiée: le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Il en a fameusement pris pour son grade, pendant toute l'après-midi. Plusieurs pancartes et des slogans l'ont nommément épinglé.

Et pas toujours très judicieusement, s'est-on dit. Ainsi, ce slogan comparant sa politique à celle jadis menée par le dictateur espagnol Franco – alors que Manuel Valls lui-même est issu d'une famille espagnole ayant, à l'époque, fui la répression franquiste. Le parallèle historique est tellement incongru (la France n'est tout de même pas devenue dictatoriale, que l'on sache) que cela en devient idiot. N'y a-t-il pas des arguments plus étayés à brandir contre l'intéressé?

23/09/2013

Une cible, si facile

Elle présente son programme ce lundi: Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la mairie de Paris, pour les élections municipales de mars prochain. La dauphine du maire sortant, Bertrand Delanoë, doit d'autant plus marquer le coup qu'elle n'est plus loin d'être talonnée par sa rivale UMP: Nathalie Kosciuko-Morizet, porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle.

L'autre jour, la candidate de la droite a fait grand bruit avec cette petite phrase: «Les Roms harcèlent beaucoup les Parisiens». Hier soir encore, lors d'une émission politique à la radio, l'ex-ministre a longuement tapé sur le clou de ces «bandes» d'immigrés qui «dépouillent» les habitants de la capitale et les touristes de passage ici.

Du coup, au saut du lit ce matin, passant une fois encore devant toute une famille Rom (avec femme, enfants et bébés) en train de se réveiller – entre crottes de chiens et vapeurs de pots d'échappement – après une nuit passée sur le trottoir du boulevard, on se demandait si cette communauté avait vraiment besoin d'un stigmate de plus, d'un opprobre supplémentaire, qui plus est si lourdement appuyé.

20/09/2013

Une forme de solidarité, commode

Paris, Economie, Social, PauvretéC'est l'innovation sociale de la semaine, à Paris. Une grande enseigne de supermarchés a lancé l'opération caritative baptisée «L'Arrondi». Le principe est simple. Le client volontaire, au moment de passer en caisse, demande que sa note soit arrondie à l'euro supérieur, et les centimes de différence sont reversés par le magasin à une association caritative. Vous sortez donc du Franprix avec une note, disons, de 12€49 mais vous avez payé 13€, les 51 centimes restants étant allés au Secours populaire ou à la Croix Rouge.

C'est une entreprise d'économie sociale (ici) qui a développé cela, sur base d'exemples dans des pays étrangers. A Paris, l'expérience, lancée dans plusieurs supermarchés à titre de test, a l'air de très bien marcher. «Des centimes plus des centimes, à force, cela peut faire des millions qui vont être dirigés vers des associations qui touchent directement les Français», a commenté le ministre de l'Economie solidaire, Benoît Hamon, qui soutient l'initiative.

Pourquoi pas. Quelques centimes donnés en vitesse à des assocs au moment du passage en caisse, c'est assurément le degré zéro de l'engagement caritatif, mais, en effet, ça ne peux pas faire de mal. Accessoirement, cette forme de solidarité déculpabilisera les nombreux Parisiens qui, n'en pouvant plus d'être sollicités à longueur de journées, ont fini par ne plus donner de «petite pièce», selon l'expression consacrée, aux quêteurs: SDF, musiciens de métro, etc.

Juste, comme le remarquait l'autre jour un client lambda de supermarché, interrogé dans le cadre d'un «micro-trottoir» pour une télé, cet «Arrondi», l'enseigne de distribution pourrait le faire elle-même. Ou, au minimum, le faire elle aussi: en accompagnement de ses clients qui y ont recours. Cela multiplierait les montants récoltés. Sans pour autant mettre financièrement sur la paille les grands groupes de supermarchés. Mais sans doute ne faut-il pas trop en demander.

29/03/2013

Une inexorable progression

Pauvreté, Social, Santé, Art de vivre130 millions. C'est le chiffre de la semaine, et de la saison. Lors de leur campagne d'hiver, qui vient de s'achever, Les Restos du Coeur ont servi un total de 130 millions de repas, dans toute la France. Chaque jour de cet hiver, ce sont 960.000 personnes qui ont été aidées par l’association. Soit 11% de plus que l'an dernier. «Depuis l’hiver 2008 et le début de la crise, les Restos ont été amenés à soutenir 40% de personnes de plus», s'alarme l'association. Qui, durant l'hiver 2013-2014 à nouveau, devra sans doute venir en aide à encore plus de gens.

Et ainsi de suite, année après année. Un hiver après l'autre, donc, rien ne change: toujours plus de précarité, en France.

Rien ne change, si ce n'est, tout de même, une petite chose. De tous temps, c'est chez les personnes démunies qu'on trouve la plus porte prévalence de surpoids, d'obésité et des maladies associées (diabète, hypertension, etc.). Non pas, évidemment, parce qu'elles mangent davantage que les classes moyennes ou les personnes aisées. Mais parce que la nourriture de pauvres, puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom, fait plus grossir. Or, la situation a l'air d'évoluer (un peu), en la matière. Si l'on en croit une étude publiée cette semaine, relative à l'état nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimentaire, en France.

Ce document note que, dans ce domaine, «de légères améliorations ont été observées, depuis 2004-2005». Pas d'euphorie: «l’état de santé des usagers de l’aide alimentaire demeure préoccupant». Mais l'examen clinique et biologique de 422 de ces personnes a permis de constater «l’évolution favorable de certains marqueurs biologiques de l’état nutritionnel, comme la baisse de l’anémie par carence en fer».

On va prendre cela comme la petite bonne nouvelle de la semaine. Ce pays a bien besoin de bonnes nouvelles, en ce moment.