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01/04/2015

Une «évolution notable», à concrétiser

culture,arts,gouvernement,personnalités,pellerinUn peu de culture, aujourd'hui. Puisque, tout arrive, le ministère de la Culture est à l'origine d'une initiative qui ressemble à un début de reconnaissance officielle d'un art à ce jour peu mis en valeur par les pouvoirs publics – en France, en tout cas – : l'art urbain, ou «street art». Pour preuve, quinze artistes urbains ont reçu carte blanche pour redécorer (temporairement) les façades du siège de ce ministère, rue Saint Honoré. Cette exposition collective, baptisée «Oxymores», présente divers styles d'art urbain (fresque, graffiti, collage, etc.) et est éphémère: elle prend fin le 26 avril.

 

«Quelques années après les arts de la rue, l’art urbain peut trouver une place dans les politiques culturelles», plaident les commissaires de l'exposition. La ministre, Fleur Pellerin, pour sa part, assure de «son attachement à toutes les formes artistiques et à leur diffusion vers le public le plus large, et notamment la jeunesse». Elle dit vouloir «conduire une politique volontariste en faveur de l'art urbain, afin de soutenir les pratiques artistiques dans toute leur diversité». A cet effet, elle promet un «Plan d'action pour l'art urbain», à la fin du mois.

 

Très bien. On lui souhaite toutefois bien du plaisir. Car, au moment où la ministre parle de «soutien aux artistes» et de «reconnaissance de leurs modes d'expression», les interventions des intéressé(e)s, à longueur de journées, à Paris comme ailleurs en France, continuent d'être détruites. Par des services municipaux de la propreté qui les assimilent à des dégradations de l'espace public. Et ces «street artists» ne sont pas rarement poursuivis en justice.

 

Ce paradoxe n'échappe évidemment pas aux commissaires d'«Oxymores». Ils notent que l'invitation faite par le ministère de la Culture à l’art urbain «marque une évolution notable de l’approche de l’État vis-à-vis de ces interventions, sans pour autant modifier le contexte juridique français, dans lequel le fait de peindre dans la rue peut déboucher sur une peine de prison. Les plus hautes distinctions valorisant des artistes renommés contrebalancent péniblement la criminalisation d’un très grand nombre de peintres».

 

Mais le gouvernement Valls va donc régler tout cela. On est curieux de voir comment il va s'y prendre.