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18/03/2016

Un niveau qui ne s'améliore pas

 Langue française, Personnalités, FemmesNe pas partir en week-end sans le signaler: la semaine qui s'achève a été celle de la langue française. Dimanche, elle culminera avec la Journée internationale de la Francophonie. En l'honneur des 274 millions de personnes qui, dans le monde, parlent la langue de Voltaire. Le français, qui, comme le quai d'Orsay n'a pas manqué de le rappeler, est «la cinquième langue la plus parlée sur la planète, mais la seule, avec l'anglais, à l'être sur les cinq continents».

Peut-être, mais en France en tout cas, le niveau décline, visiblement. Pour preuve, les mots qui, à Paris cette semaine, ont marqué le débat politico-médiatique: «chiottes», «couilles» et «salope».

Interrogée par une radio sur les rumeurs de démission de Manuel Valls, la ministre Najat Vallaud-Belkacem, pourtant en charge de l'Education, a carrément qualifié ces ragots de «bruits de chiottes». Quant à l'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, sur un plateau de télé, elle s'est laborieusement expliquée sur le langage fleuri que des échos lui attribuent. Elle qui serait «en mode greffage de couilles», et qui «laisserait aux mecs le concours de taille du zizis». Tandis que, sur un autre plateau, le député sarkozyste Claude Goasguen n'a pu s'empêcher de pouffer de rire, en se remémorant que la maire de Paris, Anne Hidalgo, cette semaine, s'est fait traiter de «salope».

Vu un tel florilège, alors qu'on était précisément dans la Semaine de la langue française, on n'ose imaginer les mots auxquels on aura droit, la semaine prochaine.

Encore bravo à tou(te)s.

08/03/2016

Une beauferie ordinaire

Comme tous les 8 mars, la Journée internationale pour les droits des femmes, ce mardi. A Marseille, c'est l'occasion qu'a choisie un festival «d'art et d'humour au féminin» pour organiser un spectacle de... Jean-Marie Bigard. L'humoriste bien connu pour ses sketches toujours si infiniment délicats envers les femmes – notamment pour son hélas célèbre «lâcher de salopes».

Cette invitation sidère une grande partie de la mouvance féministe . Selon ces opposantes (, notamment), «mettre en lumière un humoriste qui a fait des blagues sexistes sa marque de fabrique et qui insulte constamment les femmes dans ses sketches nous semble consternant. Le sexisme ne nous fait pas rire et contribue à banaliser les violences machistes». L'organisatrice du festival, elle, se justifie. «Dans son (dernier) spectacle, "Nous les femmes", il se met justement dans la peau d’une femme pour les défendre et leur rendre hommage pour leur courage et leur volonté… Quoi de mieux pour honorer cette journée de la femme?»

Chacun(e) jugera.

Sinon, toujours dans le registre de la beauferie ordinaire, "Les Chiennes de garde" ont remis, dernièrement, leur prix annuel récompensant le macho de l'année. C'est un sénateur de la droite sarkozyste qui a été primé. L'an dernier, dissertant sur la pénurie de médecins qui frappe de nombreuses régions rurales françaises, il l'avait expliquée notamment par la féminisation de la profession médicale, «puisque 75% des nouveaux diplômés sont des femmes. Or, nonobstant l’égalité, elles sont quand même là pour faire des enfants».

Cela dit, la misogynie n'a jamais empêché d'aller loin et haut, dans ce pays – dans d'autres pays non plus, du reste.

Pour preuve, ce même mardi est aussi le jour de la prestation de serment de Laurent Fabius, en tant que nouveau président du Conseil constitutionnel, la juridiction suprême française. Le même Fabius qui, en 2006, lorsque Ségolène Royal avait annoncé sa candidature à la présidentielle de 2007, avait eu cette répartie si fine, en allusion au couple que l'intéressée formait alors avec François Hollande: «Ségolène Royale candidate? Mais qui va garder les enfants?».

Encore bravo à tous.

19/02/2016

Une façon de parler

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et un peu de langue française, en l'occurrence.

«Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement», etc. On a repensé à cet adage, l'autre jour. Lorsque, en suivant les débats à l'Assemblée nationale, on s'est dit que, au moins, on n'avait pas perdu notre journée. Puisqu'on venait d'apprendre un nouveau mot.

Scissiparité. Le terme a surgi au hasard du débat relatif au fameux projet de révision constitutionnelle (la déchéance de la nationalité pour les terroristes, etc.). La phrase disait ceci: «Monsieur le Premier ministre, vous voulez l’union nationale sur votre projet de révision. C’est très bien. Mais pouvez-vous l’obtenir avec le soutien de la moitié de la majorité et de la moitié de l’opposition? L’addition de deux scissiparités ne constitue pas un gain numérique».

Manuel Valls étant resté de marbre, on ignore s'il a compris, ou non, le sens de l'apostrophe. Dans la négative et/ou à l'attention des lecteurs de ce blog pour qui, comme nous, cette scissiparité relèverait du mystère, sa définition, vue dans le dictionnaire: «Mode de division des êtres unicellulaires consistant à doubler de longueur, puis à se partager en deux cellules identiques qui peuvent se séparer, comme le font de nombreuses bactéries (S'oppose à gemmiparité). Mode de division comparable observé chez les pluricellulaires vermiformes tels que les annélides polychètes».

Merci et bravo au député radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg – qui, on le voit, n'est pas professeur d'université pour rien de relever ainsi le niveau lexical des débats parlementaires. On n'est pas trop sûr, cela dit, qu'une telle façon de parler rapproche vraiment la politique des citoyens (du moins, des quidams qui ne sont pas d'un niveau Bac +19).

12/02/2016

Une masculinité, plus que jamais (suite)

Femmes, Gouvernement, PersonnalitésGrosse agitation dans la mouvance féministe, depuis hier soir (voir , notamment). Elle a réagi dès les minutes qui ont suivi l'annonce de la composition du nouveau gouvernement Valls. Le secrétariat d’Etat aux Droits des femmes y est désormais intégré au ministère de la Famille et de l’Enfance, et non plus aux Affaires sociales. Selon les protestataires, cela traduit «le mépris» du duo Hollande-Valls pour les femmes.

Y compris les milieux féministes proches du Parti socialiste sont vent debout. «Mettre sous un même ministère la famille, l’enfance et les droits des femmes, n’est-ce pas enfermer les femmes dans le rôle stéréotypé qui leur est assigné depuis des siècles: celui d’épouse et de mère?», a interrogé, ainsi, la présidente (PS) du Haut Conseil à l’Egalité. Et, sur les réseaux sociaux, évidemment, les femmes s'énervent. Imaginant, par exemple, sous un prochain gouvernement socialiste, un ministère «de la Famille, de lEnfance, des Droits des femmes, du Tricot, du Ménage et de la Cuisine».

Sinon, au sein de ce gouvernement, la parité hommes/femmes a été rétablie. Elle qui n'était plus de mise depuis le départ de Christiane Taubira.

Mais, pour donner une idée de la répartition des rôles, les Affaires étrangères, la Défense, la Justice, l'Intérieur, l'Economie ou les Finances sont aux mains d'hommes. En revanche, c'est à des femmes qu'ont été confiés les secrétariats d'Etat en charge, au hasard, de l'Artisanat et de l'Economie sociale, de la Biodiversité, ou de l'«Egalité réelle» (?).

Encore bravo.

11/02/2016

Une collision douloureuse

Le projet de révision constitutionnelle adopté en première lecture hier, par les députés. A une majorité assez large, mais le fameux article relatif à la déchéance de nationalité pour actes terroristes, lui, est passé vraiment ric-rac: avec 14 voix d'avance seulement, sur quelque 300 votants. Cela promet, pour la suite du parcours parlementaire de ce texte.

Dans cette affaire de nationalité, il est frappant de constater combien, dans de nombreux cas, l'histoire personnelle et familiale vient entrer en collision avec l'histoire de la République en train de s'écrire. Un choc douloureux, qu'ont notamment exprimé trois élus, pour ne citer qu'eux, ces derniers jours.

Ainsi, ce député centriste (ici) qui, à la tribune de l'hémicycle, a peiné à retenir ses larmes. A l'évocation de son grand-père. Lui aussi député, qui avait voté contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (grand utilisateur de la déchéance de la nationalité) et qui, parce qu'il était dans la Résistance, était «qualifié de terroriste, par l'occupant nazi». Ou cet autre élu (), lui eurodéputé sarkozyste, qui, sur un plateau de télé, brandit une copie d'un décret publié au Journal officiel en 1941, sous Vichy. Le décret qui priva de sa nationalité son grand-père, amiral dans les Forces françaises libres. Ou encore ce député socialiste (ici), descendant d'une famille ayant, en 1957, «fui l'Egypte parce que juifs». Et dont la propre mère fut longtemps apatride, «avant d'être naturalisée française, comme toute la famille».

Rarement avait-on vu autant d'élus, dans un laps de temps aussi court, évoquer d'une telle manière leur histoire personnelle.

Signe que, au-delà des stratégies parlementaires, des postures politiques et des clivages traditionnels, ce projet de réforme se distingue vraiment des autres. Car il ravive des souvenirs, rouvre des plaies, remue les âmes. Et remet en lumière les complexités de l'histoire nationale.

Ce que François Hollande et Manuel Valls, à l'évidence, n'avaient pas mesuré.

28/01/2016

Un remerciement fleuri

«Afin de remercier Madame Taubira d'avoir défendu avec force, conviction et passion l'égalité pour tous, déposons une rose rouge devant le ministère de la Justice, ce vendredi 29 janvier à partir de 18h».

C'est le message qui, hier, après l'annonce de la démission de la garde des Sceaux, a été posté sur Facebook. L'"event" est organisé par deux hommes; donc probablement deux bénéficiaires de la loi Taubira de 2013, qui a ouvert le mariage à tous les couples.

Ce matin, près de 500 participants à cette initiative s'étaient annoncés. C'est encore loin de représenter la grande popularité de l'ex-ministre, dans le communauté gay – où, il y a deux ans, furent même créés... des tee-shirts "Team Taubira". Mais si, demain, tous ces participants annoncés joignent effectivement le geste à l'engagement virtuel, cela fera tout de même un joli amoncellement de roses, devant son ex-ministère.

D'autres fleurs, cela dit, pourraient bien se joindre à cet hommage. Plus funèbres.

En effet, sur les réseaux sociaux, circule l'idée d'apporter demain plutôt des chrysanthèmes. En témoignage, là, de peine et de regret. Concernant, par exemple, le renoncement de François Hollande à "la PMA pour toutes" (procréation médicalement assistée). Ou les restrictions frappant les mariages de couples gays composés de Français et de ressortissants étrangers.

27/01/2016

Une masculinité, plus que jamais

gouvernement,personnalités,femmes,justiceIls ne perdent pas de temps, décidément, les instituts de sondage. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a démissionné ce matin, et, en fin d'après-midi déjà, une enquête d'opinion est venue donner le sentiment des Français sur cette actualité. Dans le pays du monde qui, avec les Etats-Unis, est le plus grand consommateur de sondages politiques.

81% des personnes interrogées approuvent son départ du gouvernement. Mais, à gauche, ils sont moins nombreux (68%) à s'en féliciter. Sans surprise, pour une ministre aussi clivante, son bilan à la Justice est descendu en flammes par les sondés de droite et salué par ceux de gauche.

Puisque, tout au long de cette journée politiquement agitée, les médias français l'ont assez peu souligné, signalons deux conséquences annexes de cette démission. Un: le gouvernement Valls n'est plus paritaire, vu qu'il compte désormais davantage d'hommes que de femmes. Deux: dorénavant, en attendant un probable remaniement en février, tous les ministères régaliens (la Justice, l'Intérieur, les Affaires étrangères et la Défense) sont au mains d'hommes.

Sans doute est-ce le reflet du très mâle contexte sécuritaire ambiant, de mise depuis les attentats du 13 novembre.

26/01/2016

Une impopularité, et comment

Déjà envolé, le regain de popularité dont le duo Hollande-Valls a bénéficié après les attentats du 13 novembre, dû au durcissement de sa politique sécuritaire. A en croire le dernier sondage en date, publié ce mardi, tant le chef de l'Etat que son Premier ministre perdent à nouveau cinq points. Ils sont désormais redescendus à seulement 22% et 35% d'opinions favorables, respectivement.

Plus grave, le chef du gouvernement vient de déposer plainte pour... menaces de mort, après des messages particulièrement hostiles et violents reçus sur sa page Facebook. Cela s'est passé la semaine dernière, mais la chose n'a été dévoilée qu'aujourd'hui – non par un communiqué officiel (silence total en haut lieu, sur le sujet), mais par une fuite dans la presse.

La police judiciaire de Paris a confié l'enquête à sa brigade de répression de la délinquance contre la personne. L'auteur des messages menaçants encourt deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

08/01/2016

Un an plus tard (suite)

Quelques centaines de personnes réunies place de la République, hier soir. Pour rendre hommage aux victimes des attentats de janvier 2015. Le 11 janvier tombant lundi, c'est la veille, dimanche après-midi, que Paris se souviendra du gigantesque rassemblement qui, un an plus tôt, le dimanche 11 janvier 2015, réunit plus d'1,5 million de personnes entre "Répu" et Nation. Alors que, au même moment, dans toute la France, deux autres millions de manifestants descendirent dans les rues – du jamais vu, une telle mobilisation, depuis la Libération.

François Hollande en personne sera dans la foule à République, dimanche. Une présence volontairement sobre: il ne devrait pas prendre la parole. Le chef de l'Etat et la maire de Paris inaugureront l'arbre du souvenir qui y a été planté, en début de semaine. Un chêne d'une dizaine de mètres de haut, symbole de force et de résistance. A ses pieds, une plaque où l'on peut lire: «A la mémoire des victimes des attentats terroristes de janvier et novembre 2015 à Paris, Montrouge et Saint-Denis. Ici même, le peuple de France leur rend hommage». Dans la foulée, prochainement, le café de la place, qui était dénommé "Monde et Médias", sera rebaptisé "Café du 11 janvier".

«Dieu! Mais que Marianne était jolie. Quand elle marchait dans les rues de Paris. En chantant à pleine voix: "Ça ira ça ira... toute la vie"». Ces paroles ont retenti, hier soir, à "Répu". Issues de la chanson "Que Marianne était jolie", de Michel Delpech (dont on célèbre les obsèques ce vendredi matin, à Saint-Sulpice). Entonnées par la foule, à l'initiative du chanteur Renaud et de l'humoriste Christophe Alévêque, à l'origine du rassemblement.

«Elle est née dans le Paris 1790. Comme une rose épanouie. Au jardin des fleurs de lys. Marianne a cinq enfants. Qu'elle élève de son mieux. Marianne a maintenant quelques rides au coin des yeux», dit aussi la chanson.

14/12/2015

Un grand classique

Après avoir été pendant dix-sept ans à gauche, la région parisienne a donc basculé à droite hier soir, à l'issue du second tour des élections régionales. Vendredi, l'ex-ministre sarkozyste Valérie Pécresse deviendra la nouvelle présidente de région. Elle s'est imposée d'un cheveu (avec 60.000 voix d'avance, sur 3,8 millions de votants) face au candidat de la gauche, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS).

Mais, à Paris proprement dit, c'est ce dernier qui est arrivé en tête, et assez largement (49% contre 44%). Comme d'habitude, c'est dans les arrondissement de l'Est et du Nord de la capitale que la gauche a réalisé ses meilleurs scores: plus de 60% dans les 10e et 11e, ainsi que dans les 18e, 19e et 20e. Et, tout aussi classiquement, c'est dans l'Ouest parisien que la droite a cartonné: plus de 70% dans les 7e et 8e, près de 80% dans le 16e.

L'Est de Paris bobo/hipster et le Nord populaire qui votent plus que jamais à gauche. Les arrondissements les plus bourgeois de l'Ouest qui campent résolument à droite. Et le Front national qui, dans la capitale, a été réduit à un très maigre 6%. La couleur de la région a beau avoir changé, la cartographique politique de la "Ville lumière", elle, n'a pas évolué d'un iota.

01/12/2015

«Un luxe non tapageur»

Art de Vivre, Gastronomie, Personnalités, ParisPas mal de commentaires évidemment, et pas toujours très aimables, à propos du restaurant parisien où Barack Obama, François Hollande et quelques happy few (Manuel Valls, etc) ont dîné, hier soir. "L'Ambroisie", le triple étoilé de la place des Vosges. Il se targue de proposer «une cuisine sans fioriture, d’un luxe non tapageur, d’un respect inconditionnel de la tradition et de l’élégance, qui combine avec brio classicisme et modernité». Une cuisine absolument «divine», si l'on en croit le guide Michelin : «hymne à la tradition revisitée avec grâce, des produits soigneusement choisis, des cuissons d'une précision horlogère, des alliances de goûts sans faille».

Pas mal de commentaires notamment sur les à-côtés de ces agapes. Le lundi, ce restaurant est habituellement fermé. Ses deux patrons et le personnel ont donc été priés de rappliquer fissa, pour accueillir cette si honorable assemblée. L'histoire ne dit pas s'ils ont dû eux-mêmes aller faire leur marché, comme tant de restaurateurs de Paris qui, hier, ont été privés de livraisons – à cause des restrictions de circulation dues à l'ouverture de la COP 21.

La carte de l'établissement ne mentionne aucun tarif. C'est généralement le signe qu'ils sont exorbitants. D'après le Michelin (), il faut compter entre 160 et 360€ le couvert. Hier soir, ils étaient douze à table. Si l'on suppose que les convives ont porté leur choix sur des mets situés dans le niveau médian de ces tarifs, cela nous fait, à la grosse louche, une addition totale d'un montant aux alentours de trois SMIC – mais fallait-il s'attendre à ce que ces convives aillent se sustenter au kebab du coin? On ne sait si c'est l'Elysée ou la Maison Blanche qui a invité.

Art de Vivre, Gastronomie, Personnalités, ParisBarack Obama semble décidément aimer les arrondissement du centre-Est parisien. Puisque, pas plus tard que la veille au soir, il était de l'autre côté du boulevard: devant le Bataclan. Pour sa deuxième venue consécutive, les riverains ont à nouveau eu droit à tout le déploiement sécuritaire habituel aux déplacements de l'Américain, et à tous les désagréments induits (rues bloquées, etc.). L'hélicoptère de police, toutefois, a nettement moins tourné dans le ciel que la veille au soir. Un peu vers 20 heures, puis en fin de soirée, et c'est tout.

Pas trop de tapages, donc. En marge d'un dîner d'«un luxe non tapageur». Sans doute était-ce la moindre des choses.

27/11/2015

Une évolution marquante

 Attentats, Politique, Personnalités Une journée bleu-blanc-rouge, ce vendredi, à Paris comme dans l'ensemble du pays. Puisque François Hollande a recommandé aux Français de pavoiser, en l'honneur de la Journée nationale d'hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.

L'initiative tricolore de l'Elysée a été très bien accueillie en général, et au Parti socialiste en particulier. Il n'y a pas si longtemps, pourtant, ce parti n'était pas si à l'aise que cela, sur un tel sujet.

Ainsi, quand, en 2007, dans la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle, la candidate PS Ségolène Royal avait sorti de son chapeau, à l'occasion d'un meeting, la proposition que chaque chaumière de France dispose d'un drapeau tricolore à domicile. Pour pouvoir fièrement l'arborer, lors des grandes occasions de communion nationale et républicaine. A l'époque, en coulisses, tout le monde ou à peu près, au sein de l'état-major du PS, avait grimacé. Une telle incursion du parti à la rose dans le registre patriotique-cocardier – jusqu'à présent l'apanage de la droite gaulliste ou souverainiste et de l'extrême droite –, ce n'était pas précisément dans sa tradition. Mais très peu de socialistes avaient osé publiquement s'émouvoir de la trouvaille de Ségolène Royal. Tout au plus les "camarades" les plus critiques l'avaient-ils mise sur le compte du caractère décidément imprévisible de la candidate, et de son socialisme si baroque.

Il n'empêche, ce vendredi donc, moins de dix ans plus tard, François Hollande à son tour convie la nation à se retrouver autour du drapeau tricolore. Et cela ne suscite plus le moindre débat, au Parti socialiste.

Depuis deux ans, on parle beaucoup de l'évolution du socialisme au pouvoir en ce qui concerne sa politique socio-économique (son "coming out" social-libéral). Bien placé dans le palmarès des ventes d'essais politiques en ce moment, le livre d'un confrère du "Monde" qui est entièrement consacré au tournant «militaro-sécuritaire» des socialistes, depuis que François Hollande est à l'Elysée – jamais avant lui un Président de la Ve République, à ce stade de son mandat, n'avait autant envoyé la troupe guerroyer à l'étranger. Ce vendredi, donc, illustre une autre évolution marquante du premier parti de la gauche française, cette fois dans son rapport à la Nation, à ses symboles et au patriotisme.

03/11/2015

Un «rôdage» laborieux

Paris, Transports, Santé, Gouvernement, Environnement, Personnalités, Elections régionalesLe vent l'emportera... Et la pluie, aussi. La météo très automnale prévue ce mardi à Paris évitera que les politiques se prennent à nouveau les pieds dans le dossier de la circulation automobile alternée, pour cause de pollution atmosphérique.

Depuis dimanche, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, se renvoient la balle, dans un échange peu clair, concernant l'instauration d'une telle restriction de circulation. La maire la voulait () pour dès lundi. Ségolène Royal a refusé, puis, du bout des lèvres, a accepté l'idée pour, éventuellement, ce mardi. Jour où, toutefois, la météo venteuse et pluvieuse réduira la pollution. Donc, finalement, les deux éminences n'auront pas à – laborieusement – se mettre d'accord.

«On est encore en période de rôdage», a confessé la ministre, bien consciente du caractère peu glorieux de la séquence. Quant à la maire, elle considère avoir gagné la partie, puisque son interlocutrice a désormais explicitement confirmé que la circulation alternée serait automatiquement imposée en cas d'accord de la mairie et de la Région parisienne.

C'est peut-être un peu vite dit. Et c'est même, possiblement, un fameux boulet que va devoir traîner l'Hôtel de ville.

Paris, Transports, Santé, Gouvernement, Environnement, Personnalités, Elections régionalesEn effet, les élections régionales de décembre pourraient bien amener la droite sarkozyste au pouvoir, à la tête de cette Région. Une droite qui, on le sait, n'a pas du tout la même lecture des enjeux environnementaux que la majorité PS-Verts gouvernant Paris.

Dès janvier, donc, à chaque pic de pollution, Anne Hidalgo pourrait devoir mener un bras de fer avec une Région ayant basculé à droite, et pas fan de la restriction de la circulation.

Ce serait la répétition, en somme, de la longue cohabitation/confrontation que la maire et avant elle son prédécesseur, Bertrand Delanoë, eurent avec la préfecture (le bras armé du gouvernement) de 2002 à 2012, quand la droite était au pouvoir à l'échelon national – François Fillon singulièrement, lorsqu'il était à Matignon, a très régulièrement mis son veto, via la préfecture, à des projets (urbanistiques, notamment) de l'Hôtel de Ville.

09/10/2015

Un engouement, finalement

Sports, Paris, PersonnalitésCe n'était pas si évident que cela au départ (relire par exemple ), mais, finalement, les Français – et les Parisiens, singulièrement – ont l'air de se prendre... aux Jeux: de se mobiliser, pour que Paris décroche les JO de 2024.

En tout cas, la campagne de financement participatif qui a été lancée fin septembre pour soutenir la candidature de la "Ville lumière" a connu un plutôt bon début. Durant les dix premiers jours de collecte, elle a engrangé plus de 200.000 euros de dons. Sans compter 3,5 millions de contacts générés sur les réseaux sociaux.

Le Comité olympique a pris le parti d'accepter y compris jusqu'aux contributions les plus modestes. Cela commence donc à partir de 0,65€, soit le coût de l'envoi d'un SMS "2024". On peut aussi acheter un bracelet vantant la candidature parisienne (2€). Ou, nettement plus cher, participer à des ventes aux enchères, pour acquérir des symboles de l'esprit sportif tricolore: un kimono porté par une judoka française médaillée olympique en 2012 (200€), un ballon de l'Euro de basket dédicacé par les joueurs de l'équipe de France (450€), etc.

L'histoire ne dit pas (encore) si, d'ici à 2024, parmi ces lots mis aux enchères, figureront quelques objets très symboliques de l'activité sportive de personnalités publiques.

Sports, Paris, PersonnalitésOn n'est pas sûr que cela déclencherait un tonnerre d'enchères, mais au moins on aurait l'embarras du choix.

Du vélo de course de Nicolas Sarkozy aux chaussures de running de Dominique de Villepin, en passant par les maillots de foot que François Hollande portait quand il avait le temps de participer à des matchs caritatifs, ou le casque que coiffe François Fillon quand il se rend au circuit du Mans pour assouvir sa passion de la course automobile.

07/10/2015

Une figure honorée

Paris, Histoire, Personnalités, Immigration, EtrangersPuisque, ce mercredi, le parti sarkozyste statue sur le sort de l'eurodéputée et ex-ministre Nadine Morano – ses récents propos racialistes pourraient lui coûter son investiture aux élections régionales de décembre – , signalons cet hommage que la Ville de Paris vient de rendre.

Lundi, elle a baptisé une rue du dix-septième arrondissement en l'honneur d'une personnalité assez peu connue des Parisiens, mais qui a pourtant marqué, à sa façon, l'histoire de la "Ville lumière". Car c'est le premier et unique maire... «de race noire» (comme dirait Nadine Morano) que connut, mais oui, la capitale française.

Severiano de Heredia (1836-1901), c'est son nom. Mulâtre originaire de Cuba, naturalisé Français en 1870, il présida le Conseil municipal de Paris pendant six mois, en 1879, et fut aussi député et ministre des Travaux publics. Si l'on en croit ses biographes, pendant toute sa carrière, il dut se coltiner des injures racistes («le nègre du ministère», «nègre roublard aux grosses lippes», «ministre chocolat», etc.). Il repose désormais au cimetière des Batignolles. Et reste donc un cas unique, dans les annales de l'histoire de la capitale.

En tant que Parisien moyen, d'ailleurs, on ne mettrait pas d'office la main au feu qu'on connaîtra, de notre vivant, un maire de Paris qui, à nouveau, ne soit pas «de race blanche» (comme dirait Nadine Morano).

30/09/2015

Un revirement, royal

Avec Ségolène Royal, il ne faut jamais s'étonner de rien. Mais là, c'est tout de même un revirement complet de sa part; qu'elle a annoncé ce matin (). Concernant, toujours, ce dossier de la pollution automobile à Paris.

Jusqu'à présent, la ministre de l'Ecologie freinait tant qu'elle pouvait, chaque fois que la capitale, lors de pics de pollution, demandait que soit imposée la circulation automobile alternée. Une mesure que Ségolène Royal assimile à de l'«écologie punitive», ce qu'elle abhorre. Mais là, ce matin, gros infléchissement. Bientôt, cette circulation alternée pourra être mise en place beaucoup plus en amont: «dès que l'alerte pollution est donnée, et plus seulement lorsque l'on constate la pollution». Les procédures seront assouplies pour, au besoin, prolonger pendant plusieurs jours cette restriction de circulation. Et, «chaque fois que des élus demanderont une réduction de la vitesse, ils l'obtiendront» – c'est loin d'être le cas, à présent.

La ministre a été moins claire, en revanche, sur un autre point, à propos duquel elle est pourtant attendue au tournant. Son dispositif () de petites pastilles de toutes les couleurs, à apposer sur les pare-brise des véhicules en fonction du degré de leur caractère polluant. A apposer sur une base volontaire seulement, bien sûr («Il ne faut pas stigmatiser les automobilistes, mais les encourager à rouler propre»).

Ce système a du plomb dans l'aile depuis qu'a éclaté le scandale Volkswagen, qui a montré combien sont discutables les indicateurs de pollution qu'annoncent les constructeurs automobiles. Dès lors, sur quels paramètres absolument incontestés et incontestables le gouvernement va-t-il bien pouvoir se baser, pour attribuer les petites pastilles de telle ou telle couleur à tel ou tel type de véhicule? La question se pose avec d'autant plus acuité, depuis ce matin. Moment choisi par VW pour confirmer que le fameux logiciel destiné à truquer les tests antipollution de ses moteurs diesel avait bel et bien été installé en France également. Et sur 948 064 véhicules, précisément – ce qui n'est tout de même pas rien.

28/09/2015

Un petit temps de retard

Gros succès public et médiatique, hier, du premier dimanche sans voitures organisé à Paris. Une première un peu tronquée, cela dit. En effet, elle n'a concerné que 30% environ du territoire de la "Ville lumière" (les arrondissements centraux et artères touristiques, en gros) – mais sans doute faut-il un début à tout.

Sur les Champs, c'était assez comique de voir le sourire en coin que tirait le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur. Qui faisait partie des personnalités étrangères invitées par la maire, Anne Hidalgo, à l'occasion de cette première parisienne. Il rappelait, l'air de rien, qu'un tel dimanche sans voitures existe à Bruxelles depuis déjà bien... quinze ans. Et n'y suscite d'ailleurs plus guère de débats, tant il est entré dans les habitudes.

21/09/2015

Un succès public

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Un peu de culture, pour bien commencer la semaine. Et une bonne nouvelle, pour un des grands musées parisiens.

Le musée d'Orsay, en l'occurrence. Pour la deuxième année consécutive, il apparaît à la première place des musées français et européens plébiscités par le "Travellers’ Choice Musées". Ce palmarès est issu des avis laissés depuis douze ans par les utilisateurs du site TripAdvisor, commentaires qu'un algorithme a totalisés en vue de ce classement, en prenant en compte à la fois leur quantité et leur qualité. Orsay devance même Le Louvre, deuxième de ce palmarès français et troisième de son équivalent européen. L'institution de la rive gauche arrive deuxième dans le volet international du classement, derrière le Metropolitan Museum of Art de New York.

Dès demain, ce même musée d'Orsay va à nouveau faire parler de lui. Il inaugure une exposition thématique consacrée... à la représentation de la prostitution dans la peinture. Certaines sections, présentant des tableaux explicites, seront interdites aux mineurs. Précédemment, déjà, le musée avait quelque peu bousculé les convenances en consacrant une exposition au nu masculin. Sa qualité avait été discutée, mais le succès public avait été au rendez-vous.

Ce devrait être à nouveau le cas avec l'exposition qui débute demain, s'agissant d'un sujet aussi affriolant que grand public. Un sujet racoleur, grimacent certains. Pour qui Orsay, dans son but d'attirer les grandes foules, va tout de même un peu loin dans la facilité des thématiques qu'il aborde – on vous laisse juges.

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Sinon, pour la petite histoire, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'ira pas demain soir à Orsay, s'afficher devant des tableaux montrant des filles de joie, leurs clients et leurs maquereaux. Elle assistera plutôt, à la Comédie française, à la représentation du "Père": la pièce d'August Strindberg, mise en scène par Arnaud Desplechin. Sans doute est-ce moins sulfureux. Et plus cohérent avec les vues du gouvernement – qui, pour rappel, soutient la mise à l'amende des clients de la prostitution.

18/09/2015

Un succès pas garanti

Cela fait rêver. Un concours dont les lauréats gagneront... une photo dédicacée par François Hollande.

Ses communicants l'ont annoncé (ici) ce matin, à la veille des Journées du patrimoine. Ce week-end, les visiteurs de l'Elysée seront invités à partager les photos de leur visite du palais présidentiel, les partager via Instagram et Twitter, à l'aide du hashtag #ElyseeJEP. «Une sélection de ces photos sera affichée sur le site jep.elysee.fr. Cinq d’entre elles seront choisies pour être imprimées par le service photo de l’Elysée et dédicacées par le Président de la République». Cerise sur le gâteau, «le public pourra participer à l'opération "Ma photo à l’Elysée", qui permettra de se faire prendre en photo par les photographes officiels de la Présidence, dans la cour d’honneur du Palais de l'Elysée».

Quel merveilleux week-end en perspective.

L'histoire ne dit pas si les Français, dont les trois quarts sont mécontents de leur Président (voir , par exemple), vont se bousculer pour avoir son autographe.

17/09/2015

Un souhait de bonheur

Logement, Personnalités, Paris, JusticeManquait-elle vraiment aux Français? En tout cas, elle fait son retour (par la petite porte) sur la scène médiatique. Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot: l'ineffable égérie du grand mouvement de contestation de 2013 contre le mariage pour tous.

«Je souhaite beaucoup de bonheur à ces cinq étudiants», a-t-elle déclaré, hier. S'adressant aux jeunes gens qui viennent d'être relogés dans le somptueux logement social (un triplex de 173m², près du Champ de Mars) qu'elle occupait avec sa famille, et dont la ville de Paris l'a expulsée, l'an dernier – on avait parlé, à l'époque (), du (petit) chahut que cela avait suscité. Le logement avait servi de QG opérationnel aux anti-mariage gay. Désormais, il héberge une colocation étudiante.

C'est sans doute de bonne guerre – mais un peu facile, a-t-on trouvé – : la mairie vient de faire une grosse opération de com' autour de la réaffectation de cette habitation. Elle a notamment fait savoir qu'il lui avait fallu investir 75.000 euros dans la rénovation de ce logement, «qui n’avait pas été très bien entretenu». Virginie Merle-Tellenne n'a pas apprécié, pas plus que d'être à nouveau présentée comme une fraudeuse. D'ailleurs, elle ne lâche pas le morceau. Elle a fait appel de la mesure d'expulsion l'ayant frappée. La justice examinera le dossier à la fin novembre.

Logement, Personnalités, Paris, JusticeEst-ce à dire que, si d'aventure elle obtient gain de cause, elle ferait à son tour expulser ces cinq braves étudiants à qui elle vient d'adresser ses souhaits de bonheur? Non. Virginie Merle-Tellenne se satisferait de dédommagements qu'elle obtiendrait de la mairie, et laisserait ces jeunes gens profiter à leur tour des lieux. «Ils y sont bien, tant mieux pour eux. J’espère qu’ils auront une vie aussi engagée et active que j’ai eue dans ce logement».

Madame est vraiment trop généreuse.

 

PS: La même Frigide Barjot fait publier, ce jeudi, dans l'hebdomadaire d'ultra-droite "Valeurs Actuelles", un sondage qu'elle a commandé à l'Ifop, sur la loi Taubira. A en croire cette étude d'opinions, seuls 46% des Français souhaiteraient qu'après la présidentielle de 2017, cette loi soit conservée telle quelle. C'est vraiment trop généreux de leur part.