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12/06/2013

Une contrefaçon, pas banale

Police, Sécurité, Economie, Gastronomie, Art de vivreUn fameux «effet madeleine de Proust», ce matin. A la lecture d'un communiqué du ministère des Finances qui, pourtant, s'annonçait très anodin. Et bien non, puisqu'il a fait resurgir des (très) vieux souvenirs gustatifs: ceux de goûters d'enfance.

Car, dernièrement, ce ne sont pas moins de 10.000 paquets de biscuits contrefaisant la marque «BN» qui ont été saisis par les Douanes françaises. Précisément, «le 15 mai dernier, suite à un ciblage par la brigade maritime des douanes de Marseille, un poids lourds a été contrôlé à sa sortie du port de Marseille. A l’intérieur, les agents ont découvert 20. 000 paquets de biscuits fabriqués par une société alimentaire tunisienne et destinés à une société basée à Lyon. Après retenue douanière, la moitié du chargement, soit 10.000 paquets de 16 biscuits, a été reconnue comme contrefaisant la marque BN, en raison du visage souriant sur le biscuit».

L'histoire ne dit pas si ces imitations du fleuron de la Biscuiterie nantaise sont moins bonnes que les originales. Ni si ces contrefaçons seront détruites, ou plutôt données aux associations distribuant de l'aide alimentaire aux plus démunis. Ces associations qui, d'ailleurs, au passage, sont en train de recevoir, ces jours-ci, des kilos de «lasagne de cheval». Au moins cette vaste fraude à la consommation aura-t-elle servi à cela...

21/05/2013

Un cas de figure envisagé

Remue-ménage, place de la Bastille. Où, depuis hier, une armada de gros bras s'affaire à monter la scène où, ce soir, se produiront le chanteur Mika et les autres artistes participant au «Concert pour tous». Qui est organisé par les pro-«mariage pour tous», pour fêter le vote définitif de cette réforme par le Parlement – ce week-end, le texte a été promulgué et publié au Journal officiel.

La manifestation festive pourrait bien se dérouler sous haute protection policière. Les autorités, en effet, n'écartent pas la possibilité de raids d'anti-mariage gay sur Bastille, en cours de soirée. Certains scénarios policiers ont même envisagé un autre cas de figure que celui d'incidents isolés. A savoir, un grabuge généralisé, qui pourrait prendre les mêmes proportions... que la soirée de saccage ayant dévasté le quartier du Trocadéro, l'autre jour. En marge d'une manifestation qui, elle aussi, était censée purement festive: la célébration du titre de champion de foot, remporté par le PSG.

Que ne soit pas écartée la possibilité de batailles rangées sur le sujet en dit long sur l'état du débat politique, dans ce pays. Tout comme le fait que, depuis dix jours, dans le Marais gay – a-t-on remarqué en y passant, ce week-end –, des cars de police sont désormais stationnés en permanence. Veillant au grain. Dans le cadre sans doute de ce que l'on appelle le principe de précaution.

Sale ambiance, décidément.

17/05/2013

Une cachette originale

Police, Sécurité, Economie, TransportsCe ne sont pas moins de trois ministres qui, hier après-midi, ont annoncé la nouvelle. Les ministres de l’Economie, du Commerce extérieur et du Budget. Ils ont félicité les agents des Douanes, pour le joli coup de filet qu'ils ont réussi, mercredi: sur l'autoroute A10, dans la région de Tours.

En l'occurrence, plus de deux tonnes de résine de cannabis, dénichées dans un camion provenant d'Espagne. Précisément: «48 valises marocaines, 71 paquets de résine et 23 sacs de «pollen» de cannabis, pour un poids total de 2162 kg». La valeur de la prise est estimée à plus de 10 millions d’euros. Et son modus operandi mérite d'être détaillé. «C’est vers 18 heures que les agents ont sélectionné un ensemble routier frigorifique pour le contrôler. Selon le chauffeur et les documents présentés, il transportait 22 palettes de carottes. Les agents ont constaté que le camion n’était pas réfrigéré, alors que les marchandises étaient censées être transportées à 4 degrés. Le chien de l’équipe cynophile, quant à lui, a marqué l’extérieur de la remorque et les palettes de légumes. Le contrôle du chargement a permis de mettre rapidement au jour des valises marocaines, entre les palettes de carottes».

L'histoire ne dit pas ce que sont devenues les carottes.

16/05/2013

Une addition, salée

«ZNAK SUITE FERAY» et «PVC95». Ainsi signaient les tagueurs qui ont été arrêtés mardi, dans le Val d'Oise (banlieue de Paris). Leurs graffitis, ils les apposaient sur des trains stationnés dans des gares parisiennes ainsi que sur des métros. La police des transports, qui recense méticuleusement – en les photographiant – tous les tags dont elle recherche les auteurs, a plongé dans ses fichiers et fait ses comptes. Facture finale? Les trois jeunes sont accusés d'avoir causé à la SNCF et à la RATP un préjudice d'un montant total de ... 560 000€. Ils sont en voie d'être déférés au parquet. C'est peu dire qu'ils n'ont pas fini de payer.

Selon la préfecture de police de Paris, lors des perquisitions menées à leurs domiciles, a été retrouvé tout le matériel ad hoc: «bombes de peinture, croquis de tags, une nouvelle encre indélébile aux techniques de nettoyage», etc. Mais aussi «deux armes: l’une de type kalachnikov neutralisée, l’autre un pistolet». Ils n'ont pas fini de payer, décidément.

14/05/2013

Une appréciation ahurissante

Tant pis pour les amateurs de foot – les vrais: pas les hooligans. Ce matin, le ministre de l'Intérieur a ordonné l'annulation de la cérémonie qui devait avoir lieu ce soir, place de l'Hôtel de ville. Au cours de laquelle devait être présenté au public le trophée de champion de France remporté dimanche par le club de foot de la capitale, le PSG. En cause, les très gros débordements et incidents ayant eu lieu hier soir sur la place du Trocadéro et ses alentours, à l'occasion de réjouissances consacrées, déjà, à ce titre de champion.

Des abribus en miettes. Des vitrines de magasins en mille morceaux. Du mobilier urbain saccagé. Des poubelles et des voitures incendiées. Des touristes étrangers rançonnés dans leur car pris d'assaut par les voyous. Un fast-food dont le stock de burgers a été pillé. Et on en passe. Tel est le bilan d'une soirée qui était censée festive.

«Il y a eu quelques imbéciles qui ont failli troubler la fête, mais celle-ci n'est pas gâchée. Tout s'est bien passé. Les débordements ont été contenus». C'est la déclaration, proprement ahurissante, qu'a faite le maire de Paris, Bertrand Delanoë, hier soir.

Tous ces dégâts, une trentaine de personnes blessées, et une quarantaine de casseurs interpellés, mais, à part cela donc, «les débordements ont été contenus». On n'ose imaginer l'état du quartier du Trocadéro ce matin, si le maire avait jugé que tel n'avait pas été le cas.

25/04/2013

Une sale ambiance, décidément

paris,société,femmes,sécurité,policeLa loi a été votée mardi, mais ce sale climat perdure, visiblement. Y compris à Paris, en plein coeur de notre quartier Bastille, pourtant censé «gay friendly». Pour illustrer cette homophobie ambiante, désormais complètement décomplexée – si tant est qu'elle ait jamais été complexée –, ce témoignage qu'on a découvert ce matin, dans notre boîte électronique. Il émane d'une jeune fille. Et relate une agression perpétrée hier soir, en face d'un bar-resto très connu du onzième arrondissement, rue Saint-Sabin.

On vous le livre tel quel. Rien à rajouter.

«Ma copine vient de se faire agresser ("Sale gouine", etc.). Elle a des bleus dans le cou, sur le coude. Elle a appelé quatre fois la police en dénonçant des propos "homophobes" et s'est fait raccrocher quatre fois au nez. Ca s'est passé devant le «Café de l'industrie» (terrasse pleine, il était 23h) et personne n'a réagi. Le mec l'a chopée par le cou et l'a jetée par terre. Une voiture de flics est passée, ils ont pris les coordonnées du mec. Elle va porter plainte demain (pas la force ce soir) et je la pousse à faire un certif médical. Je suis en train de la convaincre, mais elle me dit "A quoi bon". On peut forcément faire quelque chose chose contre ça? C'est pas possible autrement?»

28/03/2013

Une autre évaluation, comique

300.000. C'est donc le chiffre qu'a confirmé hier la préfecture de police de Paris, relatif au nombre d'opposants au «mariage gay» ayant manifesté dimanche, dans la capitale française. Les organisateurs, eux, parlent d'1,4 million de personnes. Comme on n'est plus vraiment à quelques dizaines de milliers de manifestants près, cette traditionnelle querelle de chiffres entre autorités et organisateurs de cortèges est très lassante. Pour l'anecdote, cette autre évaluation qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux, en Belgique aussi, et que l'on trouve, elle, beaucoup plus comique.

Car elle évalue carrément «la participation réelle du rassemblement à 1,8 millions de personnes»! Estimation basée sur des photos qui, ce jour-là, auraient été prises par «un hélicoptère de la sécurité civile» qui aurait survolé la «Manif pour tous». Et dont les images auraient ensuite été «confisquées car très révélatrices»: interceptées par la haute hiérarchie policière à la demande expresse du pouvoir politique. «La DCRI (=les services de renseignement) et l’Élysée ont les chiffres sur leur bureau», assurent les inconnus à l'origine de cette tentative de buzz viral. Qui exhortent les gens à relayer ce ragot complotiste ainsi qu'un cliché aérien qui constituerait la «preuve flagrante» de cette assertion. «Partagez massivement, envoyez vite par mail à vos contacts et aux médias ayant censuré!»

Ce midi, à la préfecture de police,on ne s'offusquait même pas de cette accusation de manipulation de l'opinion: on était plus proches d'en rire aux éclats, tant paraît astronomique une telle évaluation.

En effet, sans doute mieux vaut-il en rire.

13/02/2013

Une «culture de mort»

Société, Police, Justice, Activisme«Je n'ai aucun doute, cette loi restera comme une des grandes lois de la République, parce qu'elle s’inscrit dans une longue lignée de réformes républicaines pour l’égalité et contre les discriminations». Hier, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a ainsi commenté le vote du «mariage gay» (en première lecture) par l'Assemblée. Pour mesurer le fossé qui sépare les partisans de ce texte de ses opposants, il suffit de se reporter à ce qui fut, le même jour quasiment à la même heure, le commentaire du «Collectif Famille Mariage» (ici). A savoir, «les défenseurs de la civilisation de la Vie doivent s’unir contre les tenants de la culture de mort».

Bigre, l'heure est donc si grave; ce texte a carrément un caractère mortifère – cela nous avait échappé.

Hier, ces opposants ont disputé une partie de bras de fer avec les autorités. Ils avaient prévu d'organiser un «vote symbolique» devant l'Assemblée, pour illustrer le référendum national qu'ils réclament, sur la question. Mais un arrêté préfectoral leur a interdit de se réunir. Raison invoquée par la préfecture: la présence d'un rassemblement de partisans de la réforme dans le même quartier faisait courir un risque de troubles à l'ordre public. Les anti-«mariage gay» ont alors recouru en référé contre cet arrêté, devant le tribunal administratif. Mais leur requête y a été rejetée. Aussi, c'est sur l'esplanade des Invalides qu'ils ont fini par se réunir, en soirée.

Pour fustiger notamment le «pseudo débat», ou «simulacre de débat», auquel, selon eux, cette réforme a donné lieu. Un argument que, pour le coup, on trouve vraiment très spécieux. Au vu, outre des dix jours non stop de discussions que l'Assemblée vient de lui consacrer, des centaines voire des milliers de reportages, d'analyses, de commentaires ou de témoignages que ce sujet de société a inspirés, dans tous les médias de France, ces derniers mois.

31/01/2013

Une molle réactivité

Jean-Marc Ayrault se réveille. Hier, le Premier ministre a adressé un bref communiqué aux médias, les priant d'avertir le grand public qu'«en raison du renforcement du plan Vigipirate, le jardin de l’Hôtel de Matignon ne sera pas ouvert au public le samedi 2 février 2013 après-midi». Il a donc fallu une semaine au chef du gouvernement pour réaliser que, si l'Elysée, pour les mêmes motifs sécuritaires, avait suspendu l'ouverture dominicale de son propre parc – ce dont on parlait l'autre jour, dans ce blog – , il y avait peut-être des raisons pour que le Premier ministre fasse pareil, s'agissant de Matignon.

Une semaine. Personne, entre-temps, n'a profité de cette molle réactivité pour frapper: pour s'attaquer au 57 rue de Varenne et/ou à son locataire. Sans doute les terroristes, jihadistes et autres «loups solitaires» présumés ont-ils, en ce moment, d'autres chats à fouetter.

24/01/2013

Une fermeture, par sécurité

Institutions, Gouvernement, Sécurité, Police, PersonnalitésCela a été annoncé hier après midi, et c'était couru d'avance. On peut même s'étonner que la décision n'ait pas été prise beaucoup plus tôt: dès le rehaussement, il y a dix jours, du niveau d'alerte du plan de vigilance anti-terroriste. Stress sécuritaire national oblige, François Hollande a décidé de fermer à nouveau les jardins du palais de l'Elysée. Ceux-ci, depuis octobre – grand changement dans les usages du palais présidentiel –, étaient ouverts au public chaque dernier dimanche du mois. L'innovation a rencontré un grand succès de foule. Elle est donc temporairement suspendue, le temps que le climat se calme un peu.

On suppose que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ne prend pas ombrage du fait que les jardins de Matignon, eux, jusqu'à nouvel ordre, restent ouverts au public. On imagine bien le chef du gouvernement en train de se dire que, si tel est le cas, non non ce n'est pas du tout parce que tout le monde s'en ficherait qu'un attentat, par extraordinaire, soit perpétré contre lui. C'est juste parce que les institutions de la Vème République, régime ultra-présidentiel, consacrent la toute puissance de l'hôte de l'Elysée (le chef du gouvernement n'étant jamais qu'un super chef de cabinet), et parce que, parfois, cette prééminence s'illustre jusqu'à et y compris de petits détails organisationnels comme la gestion des grands jardins républicains.

A moins que cette différence de traitement sécuritaire entre Président et Premier ministre résulte simplement d'un retard à l'allumage de ce dernier, qui serait juste moins rapide sur la balle que le premier, pour réagir à l'actualité.

14/01/2013

Une «menace probable»

Police, Sécurité«La lutte contre le terrorisme exige aussi de prendre toutes les précautions nécessaires ici en France. J’ai donc demandé au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, de renforcer le plan Vigipirate, pour procéder à la surveillance de nos bâtiments publics et de nos infrastructures de transports. Il fera en sorte que ces instructions puissent être exécutées dans les meilleurs délais». François Hollande dixit, samedi soir, dans sa déclaration relative à l'entrée en guerre de la France, au Mali. Depuis, le degré d'alerte du plan de vigilance antiterroriste a été rehaussé d'un cran. Certes, on reste au niveau dit «rouge», qui correspond à une «menace probable» d'attentats. Mais on atteint cette fois l'échelon «rouge renforcé». Le stade suivant est le niveau d'alerte maximal, dit «écarlate» – désignant une «menace certaine» d'actes terroristes.

Concrètement, cette vigilance accrue concerne, selon le ministère de l'Intérieur (ici), «certains dispositifs visant à la surveillance des transports terrestres et aériens, en particulier en lien avec les pays à risques, et à la protection de sites sensibles: sites militaires, lieux de culte, emprises diplomatiques, ou encore lieux de grande fréquentation». L'échelon «rouge renforcé» implique aussi que des stocks d'eau potable soient constitués par les autorités. En revanche, ce n'est qu'au stade «écarlate» que les mesures les plus spectaculaires peuvent être prises: coupure du circuit de distribution d'eau, fermeture de l'espace aérien, contrôle systématique de l'accès à tous les trains grande ligne, ou interdiction de la circulation dans les tunnels routiers.

Depuis les fêtes de fin d'année, outre les policiers et les services de sécurité de la SNCF, quelque 1200 militaires sont mobilisés en France, dans le cadre de ce dispositif de vigilance.

04/01/2013

Une étourderie fatale

Police, Sécurité, Paris, Art de vivreUne anecdote futile et légère, pour bien terminer la semaine. Elle relate des faits qui se sont déroulés à Paris il y a une dizaine de jours déjà, mais, comme on n'a pas encore eu le temps, depuis, d'en parler dans ce blog, allons-y. D'autant que cela a trait à un péché capital (la gourmandise) et à un trait de caractère (l'étourderie), pour lesquels on a toujours eu une certaine sympathie.

L'affaire a été rendue publique par la préfecture de police de Paris. On livre tel quel son communiqué de presse officiel – le ton utilisé par les pandores est au moins aussi farce que le fond dont il est question.

«A l’heure où le carrosse de Cendrillon se transforme en citrouille, les policiers ont suivi les traces du Petit Poucet et ont interpellé Hansel et Gretel…
Samedi 22 décembre, peu avant minuit, un appel «17 police secours» signale le cambriolage d’une boulangerie-pâtisserie: rue Henri Duvernois, dans le 20ème arrondissement. Les policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) locale se rendent immédiatement sur place.
A leur arrivée, ils constatent que la porte d’entrée a été dégondée, les lieux fouillés, et la caisse enregistreuse dérobée. Les voleurs ont disparu, mais leur gourmandise va leur être fatale. En effet, en plus de ce butin, ils se sont emparés de friandises dont ils ont répandu bon nombre dans la rue. Les policiers suivent la piste qui les conduit jusqu’à un stade situé à proximité, où ils découvrent plusieurs personnes qui se dispersent à leur vue; six d’entre elles sont néanmoins interpellées et placées en garde à vue.
La caisse a été retrouvée, de même que des pièces de petite monnaie et de nombreux emballages de sucreries».

02/01/2013

Une tradition, deux innovations

«Le changement, c'est maintenant», avait promis François Hollande. Dans la nuit de lundi à mardi, un bon millier de véhicules n'en sont pas moins partis en fumée, en France. C'est si conforme à la tradition que, pendant toute la journée d'hier, les médias ont répété en boucle que le réveillon de nouvel an s'était globalement bien déroulé – passons.

Deux innovations tout de même, en matière de sécurité et de maintien de l'ordre. Qu'on a remarquées dans notre quartier parisien de Bastille, qui est aussi celui où réside le ministre socialiste de l'Intérieur, Manuel Valls – ceci explique peut-être cela.

D'abord, le déploiement préventif des forces de l'ordre y a pris des proportions qu'on n'avait encore jamais vues, y compris lors des plus grandes heures du sarkozysme sécuritaire triomphant. Ainsi, jusqu'à présent en période de fêtes de fin d'année, les militaires en uniforme étaient plutôt positionnés dans les lieux a priori à risques et/ou bondés: les grandes gares, les aéroports, les Champs-Elysées le soir du 31, etc. Là, on a pu les voir patrouiller également sur des artères aussi anodines, paisibles et familiales que les boulevards Beaumarchais ou Richard-Lenoir. «Le changement, c'est maintenant»: c'est sans doute ce qu'on a expliqué aux gosses qui, vers la Noël, sortant de la représentation du Cirque d'Hiver, tombaient, médusés, sur ces soldats en treillis, si lourdement armés.

Ensuite, à la St-Sylvestre, la police a rendu sa présence très ostensible. Jusqu'à présent, à Paris comme ailleurs, l'usage voulait que, la nuit, les véhicules de police en intervention utilisent le moins souvent possible leurs sirènes: signalent plutôt leur présence par leurs gyrophares lumineux, histoire d'éviter de réveiller des quartiers entiers, par de tonitruants «pin pon». Le 31 aux alentours de Bastille, en revanche, ce fut, en permanence et jusqu'au petit jour, un grand concert de sirènes de police. «Le changement, c'est maintenant»: c'est ce qu'ont dû soupirer d'aise des milliers de riverains, au moment d'être tirés de leur sommeil par ce tintamarre policier si assourdissant.

29/11/2012

Une accumulation

Transports, Sécurité, PoliceSans du tout vouloir salir une profession – qui contient certainement des tas de gens faisant parfaitement bien et honnêtement leur travail – , cela commence tout de même à faire beaucoup. Le nombre de scandales qui se succèdent concernant les services de bagagerie des aéroports parisiens de Roissy et Orly.

 Ainsi, de nouveau hier mercredi, onze bagagistes et deux agents de maintenance de Roissy ont été interpellés, dans le cadre d'une enquête pour vols en bande organisée commis sur des bagages de voyageurs. C'est le dernier coup de filet fructueux en date signé GTA – non, pas le fameux jeu vidéo «Grand Theft Auto»: la gendarmerie des transports aériens. Ces dernières années, déjà, cette unité spécialisée de la gendarmerie nationale avait débusqué coup sur coup deux affaires similaires, qui avaient pas mal de bruit.

A Roissy, encore lui, une vingtaine de bagagistes avaient été interpellés: pour vol et recel de vols en bande organisée. Leur larcin avait une valeur de 300.000€, et l'enquête pour le retrouver avait découlé du dépôt de... 3000 plaintes, émanant de passagers spoliés. Quant à l'aéroport d'Orly, où manifestement le problème sévit aussi, dix bagagistes avaient été arrêtés après le vol de là carrément 800.000€ d'articles, toujours dans les bagages de voyageurs: flacons de parfum, iPads, bijoux, appareils photos, etc.

Voilà donc à présent, en quelques années seulement, qu'éclate une troisième affaire du même acabit. Comme on le disait: cela commence à faire beaucoup.

09/11/2012

Un jugement

Paris, Sécurité, Justice, Police, Sports, FootballQuatre mois de prison ferme, et l'incarcération immédiate. C'est la peine qu'a infligée le tribunal correctionnel de Paris à trois supporteurs de foot croates qu'il a jugés en comparution immédiate, pour avoir été mêlés au grabuge causé dans le quartier Bastille – dont on parlait en début de semaine. Les condamnés ont aussi écopé de cinq ans d'interdiction de séjour à Paris et en région parisienne. Ils étaient jugés pour participation à un groupement armé, formé en vue de commettre des violences et des dégradations.

Tout au long de leur comparution, les trois Croates ont nié appartenir à un groupe de supporteurs: ont prétendu être venus à Paris pour faire du tourisme. Cela n'a pas marché. Le tribunal a jugé qu'ils se trouvaient dans la capitale «pour en découdre, et uniquement pour cela». A joué en leur défaveur le fait d'avoir été arrêtés, sur les lieux de l'affrontement, en possession d'armes «par destination»: une béquille (sans raison médicale valable) ou une matraque télescopique, par exemple. Du côté des supporteurs du PSG, six ont été jugés. Trois ont été condamnés à de simples amendes (de 800 à 1.000€), les trois autres ont été relaxés.

On imagine d'emblée – parce que la France est un Etat de droit – que la disproportion entre ces sanctions, selon qu'elles frappent des hooligans croates ou français, est basée sur des éléments objectifs du dossier: ne doit rien, bien sûr, à la nationalité des intéressés.

Et on ne peut s'empêcher de trouver assez saisissant l'écart entre le nombre de condamnés (six, donc) et la masse de personnes ayant été interpellées par les policiers, dans ce dossier: une bonne centaine. La plupart de ces trublions présumés, après avoir été placés en garde à vue, en ont été quittes pour un simple et très symbolique rappel à la loi.

Au passage, cela illustre bien un grand classique policier. Quand cela commence vraiment à chauffer, on ne fait pas dans le détail: on embarque à peu près tout le monde, sans trop regarder – quitte à ce que la justice ensuite fasse le tri: sépare le bon grain de l'ivraie, comme on dit.

07/11/2012

Un gros déploiement policier

Police, Sécurité, Football, Sports, ParisGros déploiement policier dans notre quartier du onzième arrondissement, depuis 24 heures. Depuis qu'un spectaculaire coup de filet a été opéré hier à la mi-journée: dans un petit hôtel de la rue Saint-Sébastien – un de ces hôtels 2 étoiles sans façon, à 60€ la nuit, comme on en trouve tant à Paris. En effet, le hasard a voulu que ce soit cet établissement qu'avaient choisi, pour séjourner, les supporteurs de foot croates dont on parlait hier, qui ont commis du grabuge lundi soir dans le quartier Bastille.

Du coup, quelque 80 de ces hooligans ont été cueillis hier midi par les policiers, à leur sortie de l'hôtel. Le coup de filet a été mené conjointement par la préfecture de police de Paris et la division de la police nationale plus spécifiquement chargée de la lutte contre le hooliganisme. Il ne s'est pas passé sans mal. Des hooligans, en effet, ont réussi à prendre la poudre d'escampette dans le quartier, ce qui a donné lieu à deux bonnes heures de jeu du chat et de la souris avec les pandores, dans une ambiance sonore de «pin-pon» qui donnait l'impression d'être dans une sérié télé policière.

Les Croates ont été placés en garde à vue, pour avoir enfreint l'arrêté pris dimanche soir par le ministre de l'Intérieur, qui leur interdisait de circuler dans Paris jusqu'à mardi minuit. Ils ont rejoint leurs collègues supporteurs qui, depuis lundi soir, après les bagarres dans le quartier Bastille, sont poursuivis pour violences volontaires aggravées et participation à un attroupement armé.

Le maire de Paris a condamné les «scènes inacceptables» dont le quartier Bastille a été le théâtre lundi soir. Et a réclamé que soit mené un «travail d'investigation sans concession», pour «sanctionner fermement tous les auteurs et complices des ces débordements». Ce matin encore, de nombreux policiers sont déployés dans le quartier Saint-Sébastien.

06/11/2012

Une bataille rangée

Début de semaine nocturne agité, décidément, dans notre onzième arrondissement. Après l'assaut donné dimanche soir par la police au squat de mal-logés de la rue de Charonne, de violents incidents se sont déroulés hier soir dans les environs immédiats de la place de la Bastille. Cette fois, ce n'était pas le jeu du chat et de la souris entre activistes et forces de l'ordre. Mais un autre jeu: la course-poursuite entre bandes rivales de hooligans.

Protagonistes de cette bataille rangée: les supporteurs des deux équipes de foot qui s'affrontent ce soir au Parc des Princes, pour un match jugé à haut risque (sécuritaire): le Paris St-Germain et le Dinamo Zagreb. Hier soir en ville, des heurts ont opposé les partisans des deux camps. Heurts que la police a décrits comme ayant été très violents. Passages à tabac, jets de pétards et de fumigènes, vitrines cassées et poubelles incendiées: aux alentours de minuit, le quartier Bastille a vraiment eu chaud. Certains passants, cernés par les belligérants déchaînés, n'ont eu d'autre choix que de prendre leurs jambes à leur cou et de trouver refuge, complètement affolés, dans des cafés qui, heureusement, n'avaient pas encore fermé.

Ces échauffourées ont fait, outre les dégâts matériels, deux blessés dont un grave. Et elles ont donné lieu à 24 interpellations – de supporteurs croates, essentiellement.

Cela promet pour l'ambiance en ville, ce soir: en marge et à l'issue du match.

05/11/2012

Un jeu, de saison

Paris, Logement, Pauvreté, Social, PoliceDimanche soir agité, dans notre onzième arrondissement. C'est que, comme chaque hiver à Paris, se déroule à nouveau le jeu favori de la saison: celui du chat et de la souris.

Jeu qui oppose les militants contre le mal-logement aux forces de l'ordre: les premiers occupant des immeubles vides, les seconds les en délogeant. En ainsi de suite, jusqu'à l'année suivante. En attendant, sur le fond, rien ou pas grand-chose ne change: en dépit de l'alternance politique qu'a vécue au printemps le pays, il y a l'air d'avoir toujours autant, voire davantage, de miséreux dans Paris – dans le métro, par exemple, c'est assez effarant.

Hier, la partie s'est déroulée dans le quartier Charonne, qui jouxte Bastille. Une cinquantaine de mal-logés – dont 10 enfants –, réclamant un logement social, avaient investi et occupaient un immeuble vétuste et vide, voué à la démolition. Rejoints ensuite par des militants et sympathisants, les squatteurs ont grossi en nombre et en visibilité. Jusqu'à hier soir. Plusieurs escouades de CRS ont été envoyées sur place. Vers 23 heures, les policiers ont forcé l'entrée du squat. Ses occupants, réfugiés au deuxième étage, ont entamé un face-à face, tendu, avec les forces de l'ordre, scandant des «Non, non, non aux expulsions!» Vers minuit, l'immeuble a été entièrement évacué, et ses occupants embarqués manu militari au commissariat. Fin de la partie. Jusqu'à la prochaine fois.

19/10/2012

Un air de pissotière

paris,propreté,police,art de vivreVision fréquente s'il en est, dans Paris: des gens en train de se soulager en pleine rue, au vu et au su de tout le monde. Ce matin encore, boulevard Richard Lenoir, dans notre onzième arrondissement, un petit vieux urinait, l'air à peine gêné, contre la haie séparant le trottoir de l'espace vert occupant le terre-plein central. Et, évidemment, passée une certaine heure – en fin de soirée, quand les bistrots viennent de fermer –, le phénomène prend encore plus d'ampleur. Derrière un arbre (au mieux), entre deux voitures (souvent), dans l'anfractuosité d'une porte cochère (pas rarement), ils (et elles) sont alors innombrables à donner l'impression de considérer Paris comme une pissotière à ciel ouvert. Cela commence visiblement à énerver les autorités.

Depuis janvier, très précisément 627 personnes ont été verbalisées pour avoir uriné en rue à Paris. C'est le chiffre qu'a pris la peine de communiquer la préfecture de police de la capitale, l'autre jour.

Ces contrevenants ont dû s'aquitter d'une amende forfaitaire de 35€: le montant de la contravention de deuxième classe qui punit «les mictions sur la voie publique», comme l'on appelle cela en jargon administratif. Elles relèvent, en effet, de l’article R632-1 du Code pénal. Qui punit «le fait de déposer, d'abandonner, de jeter ou de déverser, en lieu public ou privé, à l'exception des emplacements désignés à cet effet par l'autorité administrative compétente, des ordures, déchets, déjections, matériaux, liquides insalubres ou tout autre objet de quelque nature qu'il soit, y compris en urinant sur la voie publique, si ces faits ne sont pas accomplis par la personne ayant la jouissance du lieu ou avec son autorisation».

L'an dernier, dans la capitale française, plus d'un millier (1 015) d'auteurs de ces mictions ont été verbalisés.

Au vu de la puanteur qui continue d'émaner de tant de recoins de la «Ville lumière» (sans parler des odeurs régnant dans certains couloirs et quais de stations de métro...), les pandores ont encore, devant eux, une marge de progression possible.

25/09/2012

Une tradition de... «pigallerie»

Paris, Sécurité, Police, Transports, Métro, Langue françaiseContinuons sur le sujet de l'insécurité, qu'on évoquait hier. Sans, du tout, vouloir noircir le tableau – dix ans qu'on habite à Paris, et on n'y a jamais eu le moindre problème de cet ordre. Continuons, mais dans un registre de délinquance cette fois moins sanglant, même s'il doit être, évidemment, pénible pour les gens qui en sont victimes.

On avait parlé d'eux, avant les vacances d'été (relire ici): parlé de ces détrousseurs du métro, qui sévissent au petit matin sur le réseau de la RATP. Manifestement, le phénomène prend de l'ampleur. Pour preuve, la préfecture de police de Paris vient de lui consacrer (là) une bonne part de son dernier bulletin d'information.

Au passage, cela a renseigné sur la manière dont les pandores dénomment ce genre d'agissements. En jargon policier, on les appelle... des «pigalleries». Car «ce phénomène des détrousseurs du métro est ancien: il a toujours existé autour du monde de la fête et des quartiers animés nocturnes de la capitale (quartier de Pigalle, Grands Boulevards, République, Bastille…)».

Rien que le week-end dernier, cinq détrousseurs du métro ont successivement été interpellés par les policiers. Raconté par la préfécture, cela donne ceci.

Paris, Sécurité, Police, Transports, Métro, Langue française«Samedi, 7 heures 35, quai du RER A à "Châtelet-les-Halles", les policiers stoppent un homme de 24 ans qui, profitant du sommeil d’un passager endormi sur un banc, s’apprêtait à lui voler son téléphone. Dimanche, 7 heures 20, station "Nation", un voleur malhabile est surpris par sa victime qui ne dormait que d’un œil. Alors qu’il tente de prendre la fuite, l’homme de 20 ans est interpellé par des policiers en surveillance. Même jour, même heure, station "Père Lachaise", les policiers arrêtent un trio de détrousseurs, âgés de 22, 23 et 25 ans, commettant des vols au préjudice d’usagers en état d’ébriété».

Moralité: apprécier très sobrement et peu tardivement la «nightlife» de la «Ville lumière», si l'on veut ne pas avoir à faire aux «pigalleurs». Trop chouette, comme perspective.