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27/04/2016

Une fête pour toutes, aussi (J-2)

 Sports, Sécurité, Police, Femmes Puisque ce blog parlait de sport, hier, cette demande que le Haut Conseil à l’Egalité hommes-femmes vient d'adresser au gouvernement et aux organisateurs de l'Euro de football, qui se disputera en France pendant un mois à partir de la mi-juin. Demande de faire en sorte que cette grande compétition sportive européenne se déroule dans «un véritable climat de fête non-sexiste», et que l'on soit particulièrement attentif à ce qu'elle soit exempte de toute «violence machiste».

Les contre-exemples sont légion. Voir «les dérives inacceptables» déplorées «lors de grands évènements sportifs ou populaires de même type: coupes du monde de football, fête de la bière de Munich, fêtes de Bayonne, festival de rock de Stockholm, etc.». Les autorités et organisateurs sont donc priés de se bouger pour que, par exemple, «les fans zones d’accès libre, qui réuniront des centaines de milliers de supporters et supportrices, restent des lieux de convivialité, et non de violences»: ouverts à toutes et tous. Ou pour que des campagnes de sensibilisation soient menées à destination des spectateurs, leur rappelant les peines encourues en France par les auteurs de violences à caractère sexuel.

Autre problème mis sur la table: «le recours à grande échelle à la prostitution». Puisque, pour les réseaux prostitutionnels, «ces événements sportifs sont l’occasion de profits gigantesques». A cet égard, on promet bien du plaisir aux forces de l'ordre pour tenter de faire appliquer la loi que le Parlement a votée définitivement, il y a peu. Elle punit d'amende «le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage».

sports,sécurité,police,femmesTout au long des deux ans de parcours parlementaire qu'a nécessité cette loi, les syndicats policiers n'ont pas arrêté de dire et de répéter que les pandores auraient sans doute beaucoup de difficultés – et assurément d'autres chats à fouetter, en ces temps d'alerte terroriste maximale – à prendre les contrevenants sur le fait, condition sine qua non pour les verbaliser.

Il sera donc intéressant de voir, dès la mi-juin, si cette loi est réellement et efficacement appliquée, sur le terrain. Ou, dans la négative, si elle relève avant tout de l'affichage politique.

20/04/2016

Une séquence très visible

Grosse opération de communication du gouvernement, ces vingt-quatre dernières heures. Sur le front de la sécurité. Mais séquence trop visible pour être parfaite.

Acte un: le ministre de l'Intérieur, hier après-midi, détaille les nouvelles modalités du «schéma national d'intervention des forces de sécurité». Les modalités revues d'opération des trois unités d'élite du GIGN, du Raid et de la BRI. Une réorganisation qui vise à «répondre aux besoins d’urgence et d’efficacité engendrés par une menace terroriste protéiforme». Acte deux, ce matin, , Manuel Valls confirme que le gouvernement demandera au Parlement de prolonger l'état d'urgence de deux mois supplémentaires. Acte trois: dès ce matin et pendant toute la journée, histoire que l'opinion visualise bien la mobilisation des autorités face à la menace, tous les médias vont diffuser en boucle les images spectaculaires de l'intervention menée hier, en fin de soirée, par ces trois unités d'élite.

A Paris-Montparnasse. Quelque 150 membres du GIGN, du Raid et de la BRI ont, conjointement, mis hors d'état de nuire neuf terroristes qui avaient fait irruption dans la gare SNCF, puis pris des otages dans une consigne à bagages ainsi que dans deux rames de TGV. Les djihadistes ont été neutralisés. «Tout a parfaitement fonctionné, ce soir», s'est félicité le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu sur place vers 1h du matin. Bernard Cazeneuve s'est dit «particulièrement fier d'être aux côtés des chefs des trois unités ainsi que du préfet de police, qui sont tous rassemblés pour protéger les Français». 

Juste: ce n'était là qu'un exercice anti-terroriste. Une simulation à grande échelle.

Alors que, selon un sondage réalisé après les tueries de Bruxelles, 87% des Français s'attendent à ce qu’un nouvel attentat majeur frappe l’Hexagone, dans les prochains mois.

30/03/2016

«Une double peine»

La sécurité sera «maximale» en France, lors de l'Euro 2016 de football – dont le coup d'envoi sera donné le 11 juin. C'est ce que François Hollande a assuré, hier (voir , notamment).

Et, en effet, les autorités sont visiblement prêtes à mettre le paquet, en termes de précautions prises. Ainsi, à Saint-Denis, de la mi-mai à la mi-juillet, un mur de 2,4 mètres de haut, carrément, sera érigé. Il s'ajoutera à tous les périmètres de protection et autres grillages de sécurité qui entourent déjà le Stade de France, en temps normal. Ce mur aura pour objectif de canaliser la foule et de limiter à quatre le nombre de portes d'accès à l'enceinte – et donc d'endroits à faire contrôler (fouille des spectateurs, etc.).

Oui, mais un tel dispositif va couper une bonne part des commerces environnants de la clientèle qui est attendue à cet événement. Car les fans de foot, pressés de rejoindre les rares points d'accès de l'enceinte, ne s'attarderont pas dans les bars et restaurants situés tout au long de cette barrière de sécurité. En lieu et place, ils gagneront le périmètre protégé, puis c'est là qu'ils consommeront: dans les espaces de restauration qui sont partenaires officiels de l'événement. Les commerçants du coin ont fait leurs calculs: cette reconfiguration sécuritaire du quartier les privera du chiffre d'affaires de 15.000 spectateurs venus par le métro, de 25.000 ayant emprunté le RER D, et d'une bonne partie des 25.000 autres débarquant du RER B. D'où la crainte, dans le quartier, de nombreux dépôts de bilan de commerces, dès la fin de la compétition.

Au-delà de ces soucis financiers, il y a aussi un symbole, qui vient se heurter de plein fouet à ce mur de sécurité.

Car nombre de riverains du Stade de France voient dans cet Euro de foot l'opportunité de tourner une page douloureuse. Celle des attentats du 13 novembre. Puisque, ce soir-là, les terroristes ont frappé, non pas seulement à Paris, mais aussi à Saint-Denis. Quelques mois plus tard, ces 2,40 m de clôture qu'ils vont devoir subir pendant deux mois donnent à une grande part des habitants du quartier le sentiment qu'ils seront «exclus» symboliquement – et même coupés de lui, physiquement – de ce grand événement populaire. Condamnés, en somme, à «la double peine: les attentats, puis le mur».

29/03/2016

Un revirement, en douce

 Sécurité, Police, Transports, Terrorisme, GouvernementC'était dans l'air – ce blog l'avait écrit, la semaine dernière –, et cela ne semble désormais plus faire le moindre doute. Finalement, la SNCF et l’Etat ne donneront pas suite au projet d'équiper toutes les grandes gares de France de détecteurs de métaux et de scanners à rayons X.

Un tel filtrage de l'accès aux quais des TGV, des trains Intercités et même des RER, comme c'est le cas dorénavant pour les lignes Thalys, cumule les désavantages, est-il analysé, en haut lieu. Il est à la fois trop coûteux (en personnel de surveillance, singulièrement.) et trop perturbant pour le fonctionnement quotidien des gares (création de longues files d’attente, etc.).

Conséquence: à Paris, il était prévu de que de tels portiques soient testés, ces jours-ci, aux entrées de la gare de l’Est. Il n'en sera rien. Ce dispositif de sécurisation sera «mis en place autrement», a confirmé, l'autre jour (ici), un membre de la direction générale de la compagnie des chemins de fer. D'autres moyens sécuritaires, encore peu définis, seront privilégiés.

Pourquoi pas. Mais il est tout de même curieux qu'un tel revirement soit annoncé par un responsable d'entreprise publique. Et que pas le moindre membre du gouvernement ne s'en explique devant l'opinion publique, et donc assume politiquement ce changement de cap. Où est donc passée la ministre des Transports, Ségolène Royal, qui, il y a trois mois, se fit tant de pub, sur ce sujet?

24/03/2016

Une promesse en l'air

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeLes jours passant, l'évidence semble se faire: le renforcement des mesures de sécurité dans les transports publics, promis (ici) par le gouvernement Valls au lendemain des attentats de Bruxelles, est très largement infaisable. Dans la configuration telle qu'elle a été annoncée, en tout cas.

Permettre que seules les personnes en possession d'un billet et d’une pièce d’identité aient accès aux infrastructures de transports? Y systématiser les fouilles de bagages et palpations de sécurité? Pour le syndicat CFDT (voir ), ce sont des annonces «incompréhensibles et irréalisables». Notamment parce que «la conception des infrastructures de transports, et la structuration et l’organisation des déplacements à l’intérieur de celles-ci rendent très complexe la gestion de leur sécurisation».

Une illustration, avec la gare SNCF de Paris-Montparnasse. Elle compte... une quinzaine d'accès différents. Les sécuriser tous, en affectant des vigiles à chacun de ces accès, coûterait des budgets que personne n'a. L'alternative, réduire massivement le nombre de ces portes d'entrées ou de sorties, est à manier avec prudence. Cela ralentirait les flux d'usagers, donc engorgerait encore un peu plus une gare qui l'est déjà pas mal, aux heures de pointe.

Quant à la généralisation envisagée des portiques de sécurité, elle poserait un gros problème d'espace disponible. Un exemple, là, à la gare de Paris-Nord. La ligne Eurostar, qui fonctionne sur ce modèle, ne représente que 3% du trafic total de cette gare. Mais elle monopolise à elle seule 13% de la surface de la station, avec ses quais qui lui sont réservés, les espaces d’attente et de contrôle qui lui sont dédiés, etc. Comme l'a calculé la télé France 3 Ile-de-France, hier soir, «si on veut traiter de la sorte 100% du trafic, il faudrait une gare du Nord quatre fois plus grande. Une telle perspective est évidemment illusoire, même en imaginant creuser trente mètres sous terre, sous les actuelles lignes de RER».

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeCela poserait aussi un problème financier. Les portiques qui, à Paris-Nord, sécurisent désormais l'accès aux quais du Thalys coûtent à la SNCF 2,5 millions d’euros par quai et par an. En frais de personnel, notamment: 100 emplois équivalents temps plein. Généraliserait-on ces portiques aux 17 quais et 31 voies que compte la gare, que cela coûterait plus de 40 millions d'euros et 850 emplois.

Dans ces conditions, on comprend que les syndicats de transports réclament d'être reçus «dans les plus brefs délais» au ministère de l'Intérieur. Pour qu'il leur explique comment diable il compte bien s'y prendre pour concrétiser ses annonces. Qui, à ce stade, semblent être surtout des paroles en l'air.

21/03/2016

Un "Belgian bashing", évidemment

Tout au long du week-end, pas mal de "Belgian bashing", évidemment, dans les commentaires politico-médiatiques français. Après l'arrestation, vendredi soir à Bruxelles, de Salah Abdelslam.

Principale cible de ces leçons données, Molenbeek et autres quartiers bruxellois assimilés, amalgamés à un «Djihadistan» (variante également entendue: un «Bruxellistan»), donc à un Etat où les terroristes feraient la loi. Il est vrai, si on dresse la liste, qu'en sont originaires, ou y sont passés, les auteurs et complices à la fois des attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris, de l'attaque de cet été contre le Thalys, de la tuerie au musée juif de Bruxelles, des attentats de Madrid en 2004, ou de l'assassinat du commandant Massoud, en 2001. Cela fait beaucoup.

Pour autant, cela ne permet pas de mettre dans le même sac djihadiste les quelque 100.000 habitants de cette commune. Dont tant de braves gens qui n'ont rien demandé à personne et qui n'aspirent qu'à vivre en paix, sans qu'un tel stigmate, en plus, pèse sur eux. Cela n'autorise pas non plus les comparaisons les plus caricaturales. «Molenbeek, c'est la bande de Gaza de l'Europe occidentale!», a-t-on entendu, ainsi, samedi. Dans la bouche d'un chroniqueur sévissant sur une grande radio privée française – on ne nommera ni l'un, ni l'autre, par charité. Il faut vraiment n'être jamais allé à Gaza pour proférer une telle ineptie. On n'est donc là pas loin, dans les commentaires de cet acabit, du niveau plancher, à la Eric Zemmour (son mémorable «La France devrait bombarder Molenbeek»).

Pas mal de critiques françaises également sur le fait que Salah Abdelslam se planqua visiblement longtemps à Molenbeek même, y bénéficiant donc de complicités en dépit de la gravité des crimes dont il est accusé. Assez peu de commentaires parisiens, en revanche, rappelant que cela avait été le cas aussi pour le Corse Yvan Colonna. Avant sa condamnation pour l'assassinat, en 1998, du préfet Erignac, il avait passé le plus clair de sa cavale dans son île.

Enfin, assez peu d'éloges français sur le fait que Salah Abdelslam a pu être capturé vivant. Ce n'est pourtant pas rien, puisque cela devrait permettre son procès. Or, une telle étape judiciaire est généralement considérée comme très importante, pour la reconstruction des victimes. Il aurait été élégant que davantage de voix françaises, ce week-end, soulignent ce succès policier belge. Près de quatre ans jour pour jour après la mort, à Toulouse, du djihadiste Mohammed Merah, tdans l'assaut policier qui lui a été donné. Ses victimes, elles, n'auront jamais droit à un procès.

14/03/2016

Une agitation infondée

Quatre mois quasiment jour pour jour après les attentats de Paris et Saint-Denis, "Le Petit Cambodge" rouvre ses portes, ce lundi. A la terrasse de ce restaurant du dixième arrondissement, le 13 novembre dernier, quinze personnes avaient été assassinées par les tueurs. Cette réouverture survient après celles de plusieurs autres établissements (relire ici, ou ) pareillement endeuillés, au même moment. En revanche, pour aller de nouveau faire la fête au Bataclan, il faudra encore un peu attendre (voir ici).

Est-ce une coïncidence? Ce week-end, les rumeurs, ragots et échos sur l'imminence présumée d'attentats sur le point d'être commis à Paris ont à nouveau enflammé les réseaux sociaux. Au point que la préfecture de police, en pleine nuit, ait décidé de réagir, pour tenter de calmer cette agitation infondée. «Ne propagez pas les rumeurs. Pour tout renseignement, consultez les sites officiels», a-t-elle tweeté.

Cette tentative d'apaisement, ou sans doute plutôt la tonalité de cette intervention officielle, n'ont pas valu à la préfecture que des commentaires aimables. «Oui, les bons sites officiels qui ont couvert le (scandale du) sang contaminé et (ont prétendu) que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière», lui a-t-il, ainsi, été envoyé. Entre autres tweets acides, comme ce «Bah oui, c'est connu, la police de la nation renseigne objectivement, elle n'est pas du tout sélective!», ou ce «Le Ministère de la Vérité pourrait-il nous communiquer une liste des sites agréés?».

Ambiance.

07/03/2016

Un «précédent jamais égalé»

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesImaginez la scène. Vous descendez d'une rame de métro et vous dirigez vers la sortie de la station. Dans les couloirs, vous tombez sur des contrôleurs de billets. Une fois dehors, vous envoyez un SMS à la personne avec laquelle vous avez rendez-vous. Vous savez qu'il lui arrive de voyager sans payer. Vous lui proposez, du coup, de vous retrouver plutôt à la station suivante, pour éviter qu'elle se fasse à son tour contrôler et donc mettre à l'amende. Ce texto que vous lui avez envoyé – petite attention amicale, à défaut d'être civique vous vaut ... deux mois de prison (avec sursis, tout de même) et 3 750€ d’amende.

C'est ce que prévoit une proposition de loi que les députés examineront en dernière lecture, cette semaine (mercredi, en l'occurrence). Elle ambitionne de prévenir et de réprimer «les incivilités, les atteintes à la sécurité publique et les actes terroristes dans les transports collectifs». En son article 13, elle sanctionne les personnes qui signalent la présence de contrôleurs en train d'opérer dans les gares, stations et rames de la RATP ou de la SNCF. Dans le collimateur, outre les textos ou les messages postés sur les réseaux sociaux, les applications qui proposent un tel "service".

Les partisans de cette mesure la justifient par le coût de la fraude dans les transports. Elle entraîne chaque année un manque à gagner de plus de 350 millions d'euros, pour les sociétés concernées. En outre, argumentent-ils, ces applications de signalement des contrôles, si elles étaient utilisées par des terroristesqui, après avoir tué, prendraient la fuite en métro, en RER ou en train leur permettraient de réduire les risques d'être appréhendés.

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesLe patron de "CheckMyMetro", une appli qui propose cette fonction, ne décolère pas. «Deux mois de prison pour un SMS à un ami, c'est totalement disproportionné et grave, dans un état de droit. La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires. Est-il strictement et évidemment nécessaire de mettre en prison des gens qui indiquent la présence de contrôleurs? Je ne le crois pas».

L'homme a mis en ligne une pétition. Elle dénonce notamment la «dérive sécuritaire et liberticide» que constituerait «le précédent jamais égalé» qu'instaurerait une telle mesure: on «punirait pénalement un simple commentaire». A ce jour, sa pétition a récolté quelque 1400 signatures.

04/03/2016

«Une prise de conscience de ses actes»

A Paris, cette semaine, les amateurs de la petite reine en ont beaucoup parlé. Le groupe français JC Decaux, numéro 1 mondial du vélo en libre-service, a dû rappeler 4 600 bécanes. Dans la capitale, mais aussi dans des villes comme Lyon, Toulouse, Nantes ou Marseille. En cause, «un problème de fabrication identifié par un fournisseur et pouvant affecter le bon fonctionnement de certains modèles de freins arrière». La société a pris soin de préciser qu'à ce jour, «aucun incident n'a été signalé». Et que tous les vélos  «qui demeurent accessibles en station ne sont pas concernés».

S'agissant de Vélib, une autre nouvelle est passée, elle, plus inaperçue, dernièrement. A savoir, l'application désormais aux adultes également du principe du «Tu casses, tu répares».

En termes juridiques, cela s'appelle la réparation pénale. Depuis 2013, en vertu d'une convention entre la mairie de Paris, le parquet et la protection de la jeunesse, les mineurs pris à dégrader ou à voler des Vélibs ont une alternative, s'ils veulent éviter de passer devant le juge. Travailler pendant deux jours dans les ateliers de réparation de la société. Ils y sont encadrés par un responsable de l’association qui est chargée d'appliquer cette réparation pénale ainsi que par un chef d’atelier formé au tutorat. Pendant ces deux jours, ils sont formés aux rudiments de la mécanique du vélo, puis prennent part à la réparation des cycles et des pièces endommagés.

«Cette mesure permet au jeune impliqué de prendre conscience de l’impact de ses actes», se réjouit-on, chez Vélib. «Depuis la mise en place du dispositif, aucun des mineurs accueillis en atelier n’a récidivé». Désormais, donc, une convention signée entre Decaux et le ministère de la Justice étend ce système de réparation aux adultes y compris. Toujours, bien sûr, sur base volontaire uniquement (il ne s'agit pas de travaux forcés), et sur le mode des travaux d'intérêt général.

Certaines années, jusqu'à 8 000 Vélib’ sont vandalisés ou volés (87% étant ensuite retrouvés), dans la capitale française.

29/02/2016

Un cynisme effarant

Effrayer les gens, pour mieux les détrousser. Leur faire croire qu'un attentat est en train d'être commis, afin que, dans le mouvement de panique qu'il produit, ils soient plus vulnérables aux pickpockets. C'est ce qui s'est passé ce week-end, à Paris.

Dimanche matin, dans une rame de métro qui stationnait à la station "Tuileries", des malandrins ont subitement fait exploser une grande quantité de pétards. Qui pouvaient faire croire qu'une attaque terroriste était en cours. Le groupe a ensuite profité du mouvement de panique qui a suivi pour tenter de voler des voyageurs.

Deux personnes ont réussi à prendre la fuite, mais quatre de leurs complices présumés ont pu être interpellés. Ils vont devoir faire face à de lourdes charges pénales (mise en danger de la vie d'autrui, violences volontaires en réunion avec arme dans un transport collectif de voyageurs, tentative de dégradation par moyen dangereux), qui pourraient leur valoir des peines de prison ferme.

A la préfecture de police de Paris, on n'est pas encore revenu d'un tel modus operandi. Jamais vu précédemment, dans la capitale française. Et d'un cynisme si effarant, en plein contexte d'alerte antiterroriste maximale.

22/02/2016

Un contraste frappant: curieux

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueOù en est-on dans l'application des mesures de sécurité renforcées concernant les trains Thalys? Deux mois après l'apparition des premiers portiques en gare de Paris-Nord. L'autre jour, un aller-retour express en Belgique a été assez éclairant.

Côté français, le dispositif d'accès aux trains semble désormais rôdé. Quelque 260.000 voyageurs et leurs bagages sont déjà passés sous ces fameux portiques. Le public a intégré le fait que, désormais, il faut être présent en gare au moins vingt minutes avant l'heure de départ du train. Globalement, donc, le dispositif de sécurité semble appliqué sans causer d'agitation et/ou de désorganisation majeures.

Le contrôle des pièces d'identité n'est plus qu'aléatoire, mais il est très fréquent; des agents des douanes et de la police sont présents sur les quais à chaque départ et arrivée de train. Seul accommodement apparentdestiné sans doute à assurer une certaine fluidité de l'embarquement –: les voyageurs ne subissent plus que très rarement des palpations de sécurité. Ils sont même dispensés d'ouvrir leur manteau au moment de passer sous le portique.

Par rapport aux contrôles effectués à Bruxelles-Midi, en revanche, c'est le jour et la nuit – du moins, cela l'était le jour où on est passé dans cette gare.

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueLà, pas de portique, pas d'inspection de bagages, pas de fouille, pas de vérification d'identité. Rien. Juste, tout de même, le billet à montrer avant de monter dans le train. Et pas mal de militaires qui patrouillent.

Fin décembre (relire ), au-delà de nuances dans leur style, la rigueur des contrôles était analogue, d'une gare à l'autre. Deux mois ont passé, et ce n'est plus le cas. Qui sait, donc, pas mal d'usagers du Thalys se posent-ils des questions, en constatant un contraste aussi frappant entre la Belgique et la France.

Alors que, à Paris, en boucle et à longueur de journées (voire par exemple ici ou ), les responsables politiques continuent d'insister sur le maintien de la menace à un niveau extrêmement élevé.

08/02/2016

«Une première phase satisfaisante»

Paris, Propreté, Environnement, Tabac, PoliceCela n'a l'air de rien comme sujet, mais c'est tout de même un enjeu de propreté, pour Paris. Puisqu'il est à l'origine de 350 tonnes de déchets par an: les mégots dans les rues.

On en sait désormais un peu plus sur ce que donne cette petite révolution dans les usages que la capitale française a lancée, en octobre dernier. Verbaliser (68 ou 180€) le jet de mégots par terre (relire ici ou ).

En quatre mois, vient de préciser la mairie, 800 procès-verbaux ont été dressés. Un chiffre que les autorités municipales jugent «satisfaisant pour une première phase». Et qui fait suite au démarrage en fanfare de l'expérimentation: 350 contrevenants verbalisés pendant le seul premier mois d'application de la mesure. La prévention, cela dit – et c'est heureux –, n'a pas été oubliée: 30 000 corbeilles de rue avec éteignoir ont été installées, «c’est-à-dire en moyenne une tous les 100 mètres». A cet égard, la semaine prochaine, les élus de la capitale adopteront un «grand plan de renforcement de la propreté» (), qui comprend notamment la distribution de 125.000 cendriers de poche (en plus des 50.000 qui ont déjà été écoulés).

Dans un autre registre, concernant une autre pollution, 50 sanisettes supplémentaires vont être installées, ainsi que 150 autres qui, elles, seront ouvertes toute la nuit. Pour tenter d'enrayer un autre fléau de la "Ville lumière". Les rues qui, au petit matin, sentent la pissotière – on connaît bien cela dans nos arrondissements de l'Est parisien, avec les quartiers très animés la nuit comme Bastille, Oberkampf, le Marais ou le Canal Saint-Martin.

07/01/2016

Un an plus tard

Paris, Terrorisme, Police, ArtsIl fut abattu comme un chien, il y a un an jour pour jour: le 7 janvier 2015. Ahmed Merabet, le policier de la brigade cycliste du commissariat du onzième arrondissement. Alors qu'il gisait boulevard Richard Lenoir. Achevé d'une balle à bout portant, tirée par les terroristes qui venaient de semer la mort à deux pas: dans les locaux de "Charlie Hebdo".

Ce matin, un an plus tard, la flamme d'une petite bougie blanche, déposée par un quidam, tremblotait sous la pluie, aux pieds de la plaque commémorative qui, depuis hier, honore sa mémoire.

A côté de cette plaque et de la couronne de fleurs déposée par François Hollande et la maire de Paris, toutes en sobriété, trône une peinture, elle très flashy, qu'un artiste de rue a réalisée sur un transformateur électrique d'EDF. Elle représente, de profil et de face, le visage du policier. Accompagné du slogan «Je suis Ahmed». C215, le nom de ce street artist, a eu cette initiative à la demande des collègues de l'intéressé, qui voulaient qu'un tel hommage lui soit rendu. Il a réalisé la fresque en une heure de temps, lundi, en présence d’une centaine de policiers, de la famille du défunt, et de ses amis. Le geste se veut «une démarche citoyenne et un hommage au civisme». Pour C125, «Ahmed, enfant de l’immigration, de l’intégration et de la police nationale, était un symbole fort du vivre ensemble».

EDF n'a pas fait effacer la fresque. Elle qui, pourtant, apprécie habituellement peu que l'on badigeonne de la sorte ses installations. La présence de François Hollande et d'Anne Hidalgo aux côtés de la peinture l'a implicitement officialisée. Et la maire l'a en quelque sorte adoubée, puisqu'elle en a tweeté la photo.

Deux hommages cohabitent donc, sur cette artère du onzième arrondissement. L'un très officiel, rendu par les plus hautes autorités de l'Etat, l'autre plus informel. Dans une coexistence toute en douceur, et mutuellement respectueuse. Bien.

23/12/2015

Un classique de fin d'année

Art de vivre, Gastronomie, Economie, Sécurité, PoliceLes années passent, mais certaines choses tardent visiblement à s'améliorer, en France. C'est ce qui ressort des résultats de la campagne de contrôles menée en ce moment par la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Chaque hiver, à la période des fêtes de fin d'année – temps de bonne bouffe nationale, s'il en est – , les pandores de cet organisme effectuent des descentes dans les commerces de bouche et les restaurants. Ils y traquent à la fois les défauts d'hygiène alimentaire (vérification des températures de conservation, des dates limite de consommation, de la propreté des locaux, etc.) et les informations déloyales données aux consommateurs (relatives aux appellations d’origine, aux promotions, aux labels etc.). Et cet hiver, une nouvelle fois, un taux pas négligeable d'anomalies ou de manquements a été mis au jour: 26%. Autrement dit, un aliment sur quatre vendu en cette période ne respecte pas les normes – normes qui, il est vrai, en France particulièrement, sont innombrables et tatillonnes. Ce taux de 26% est dans l'étiage de ceux relevés les hivers précédents (relire , par exemple), donc aucun progrès en la matière, visiblement.

Les vérifications ne sont pas inutiles non plus dans un autre secteur, tout aussi de saison: celui des jouets et jeux d'enfants. Là, les inspections ont montré que le taux de produits non conformes et dangereux s’élevait à 10,3%. Ont notamment été épinglées des peluches-bouillottes «qui peuvent occasionner de graves brûlures sur la peau des enfants» et des «planches à roulettes transversales dotées de moteurs électrique type hoverboard» dangereuses (on a un peu de mal à imaginer ce que c'est, mais on prend note).

Malgré ces résultats peu emballants, les Français vont tenter de passer d'excellentes fêtes ils en ont bien besoin, après l'année qu'ils viennent de vivre.



PS: Ceci étant dit/écrit, ce blog lui aussi va prendre ses quartiers d'hiver, et donc faire une petite pause. Il rouvrira ses portes en janvier. Bonnes fêtes à toutes et tous.

22/12/2015

Une sobriété, compréhensible

«Paris est une fête», comme Hemingway l'écrivait. Elle doit le rester. Et il est essentiel (en termes d'attractivité touristique internationale, singulièrement) que le monde entier sache que la "Ville lumière" s'y emploie. Mais, après les événements qu'elle a vécus, la capitale française ne peut pas non plus faire la fête comme si de rien n'était. Un peu de retenue s'impose. C'est le raisonnement qui a conduit la mairie et le ministère de l'Intérieur à maintenir les habituelles festivités du 31 décembre sur les Champs-Elysées, mais à leur donner une configuration particulière.

Outre que les mesures de sécurité y seront, bien sûr, renforcées, ce réveillon 2015-2016 sera sobre. «Pas de grand show», ni de feu d'artifices. Des projections vidéos en 3D plus courtes que d’ordinaire, sur l’Arc de triomphe. Une heure ou deux de rassemblement, pas plus, et l'avenue rendue à la circulation automobile dès minuit et demie. Quant à la thématique de l'événement, elle a été adaptée. Avant les attentats du 13 novembre, il était question qu'il tourne autour de l'Europe. Finalement, il célébrera le vivre ensemble.

«Ce sera plus symbolique que festif», a déjà prévenu la mairie. Il faudra voir, dès lors, si l'événement attirera la grande foule.

Le 31 décembre 2014, 600.000 fêtards avaient célébré l'an neuf sur "la plus belle avenue du monde". Un an après, ils pourraient être moins nombreux, les attroupements de masse suscitant l'appréhension de beaucoup, en cette période d'alerte terroriste maximale. Ou, au contraire, qui sait, nombre de Parisiens, de Français et de touristes étrangers pourraient décider qu'après cette année si difficile qu'a vécue Paris, il est symboliquement important, par solidarité, de la clore en étant physiquement sur place, en un de ses lieux les plus emblématiques.

17/12/2015

Une réutilisation, de bon aloi

Transports, Sécurité, Terrorisme, Police, Gouvernement, BelgiqueSégolène Royal en visite en gare de Paris-Nord, ce jeudi matin. Jusque là, pas grand-chose de très intéressant, on vous l'accorde.

Si ce n'est que la ministre des Transports s'y rend afin de «féliciter la SNCF pour la mise en place du premier portique de sécurité». Dans le cadre du renforcement de la sécurité ferroviaire, en ces temps d'état d'urgence.

La ministre avait promis que de tels portiques seraient installés sur les voies du Thalys avant les fêtes de fin d'année. Etant encore passé à cette gare l'autre jour et n'ayant rien vu qui s'apparentait à des travaux d'installation de tels portiques, on commençait à se demander si cette promesse allait bien être tenue dans les temps. Et bien oui, donc. La ministre assure même que, «dès le 20 décembre, les premiers portiques de sécurité et des scanners seront en état de marche pour les trains Thalys, en gares du Nord et à Lille».

Cela a été rendu possible, en fait, par une petite entourloupe qu'a trouvée le gouvernement. Qui va faire... de la récup'. En clair, comme l'explique Ségolène Royal, «cette mise en œuvre opérationnelle et rapide du dispositif a pu être réalisée grâce à la réutilisation de l'équipement de sûreté ayant servi dans le cadre de la COP 21 organisée au Bourget», la conférence de l'Onu sur le réchauffement climatique.

Il suffisait d'y penser.

15/12/2015

Une alerte, dans la discrétion

Transports, Sécurité, Police, TerrorismeLe dispositif est opérationnel depuis hier. Il fait suite à l'attaque terroriste qui, fin août, avait visé le Thalys. Désormais, les usagers de la SNCF peuvent alerter par SMS – et donc en toute discrétion – des comportements suspects relatifs «à la problématique terroriste».

Depuis 2010 en région parisienne, puis progressivement dans les autres régions, le numéro d'alerte 31 17 est à la disposition des voyageurs. On peut y signaler les incidents, agressions, incivilités, etc. dont on est témoin, survenant dans une gare ou un train. Dorénavant, donc, le centre de gestion des appels de la compagnie des chemins de fer et son poste de commandement national de sûreté peuvent être avertis par textos aussi. Les messages peuvent être envoyés (au numéro 31 17 7) depuis n'importe quel train ou gare situés en France.

Lors du dialogue audio ou écrit qui suit un tel signalement par SMS, l'agent «détermine la nature et la gravité des faits, pour prévenir les forces de sécurité». Il agit donc comme «un relais d'appel d'urgence vers ces services (pompiers, police, Samu, démineurs...)», qu'il informe «en temps réel de la localisation de l'appel, grâce à la connaissance des circulations des trains».

Quarante-cinq opérateurs, répartis dans cinq plateformes situées autour de Paris, traitent ces appels «7 jours sur 7 et 24 heures sur 24». Il s'agit d'«agents aptes à traiter tout type de problématiques», et qui ont été formés notamment aux «situations qui pourraient s'apparenter à des actes terroristes».

Reste à voir si ce service sera lui aussi victime de l'envolée actuelle du nombre de fausses alertes à caractère terroriste (colis suspects, etc.), due au climat tendu du moment. Un phénomène que ce blog évoquait (), l'autre jour, s'agissant des transports publics en région parisienne – mais probablement est-il constaté dans d'autres régions du pays aussi.

09/12/2015

Un renforcement visible, de part et d'autre

 Transports, Sécurité, Police, Belgique, TerrorismeUn aller-retour inopiné en Thalys, et donc l'opportunité d'expérimenter les mesures de sécurité renforcée qui y ont cours, depuis les attentats du 13 novembre.

La société de transports recommande instamment à ses clients d'être présents sur le quai au minimum trente minutes avant le départ du train, en gares de Paris-Nord comme de Bruxelles-Midi. Dans les faits, y compris aux heures de pointe, vingt minutes paraissent suffire.

Les modalités de vigilance varient, selon le pays. De part et d'autre de la frontière, est de mise le contrôle à la fois de l'identité du voyageur (long regard droit dans les yeux, puis vérification de la conformité du visage scruté avec celui figurant sur la pièce d'identité) ainsi que du nom imprimé sur le billet. Des deux côtés, aucune palpation de sécurité, ni fouille des poches, ni passage des bagages au scan. Voilà pour les points communs. L'inspection visuelle du contenu des bagages, en revanche, varierait-elle? En tout cas, hier soir à Paris, on y a échappé. Mais pas ce midi, à Bruxelles.

Le style avec lequel ces mesures de sécurité renforcée sont appliquées diffère, aussi. Plus tendu (mais parfaitement courtois) à Paris. Plus souriant (mais pareillement professionnel) à Bruxelles.

En France comme en Belgique, une différence notable par rapport à auparavant: la présence ostensible des agents de la police aux frontières (de la police française, dans notre cas), à bord des trains. Ainsi que celle des Douanes, à l'arrivée. Ces derniers, toutefois, paraissent opérer selon un mode aléatoire. En somme, ils pratiquent ce qu'on appelle des «contrôles au faciès».

Notre physionomie bien européenne et notre mise soignée nous ont permis d'échapper à ces formalités. Ce qui tombait bien, parce qu'on n'avait pas précisément que cela à faire. Mais d'autres usagers de nos trains, eux, n'ont pu passer à côté. Ils étaient, disons, plus basanés, et vêtus de manière plus décontractée.

Chacun jugera.

07/12/2015

Un certain relâchement (suite)

sécurité,police,terrorisme,paris,elections régionalesLégère surprise, tout de même, hier après-midi, devant et dans notre bureau de vote du quartier Saint-Sabin, dans le onzième arrondissement. Quartier, comme on le sait, une fois de plus endeuillé par la violence terroriste, le 13 novembre dernier.

Précisément, parmi les 615 bureaux de vote situés dans la capitale, ceux installés dans les 10ème et 11ème arrondissements avaient été identifiés comme «sensibles» par le ministère de l'Intérieur, paraît-il. A ce titre, ces bureaux étaient supposés bénéficier hier d'«une présence (policière) humaine, visible et renforcée, avec des patrouilles à l'extérieur de ces bureaux de vote, toute la journée». Des effectifs militaires avaient été appelés en renfort, avait-il été dit. Et la mairie de Paris, outre cette présence policière et le recours au personnel municipal, avait fait appel à 125 agents de sécurité privés, pour veiller au grain pendant ce scrutin.

Or, dans notre bureau de vote, on n'a rien vu d'un tel déploiement. A l'heure où on y est passé, en tout cas, un seul et unique agent municipal procédait à des contrôles très aléatoires des sacs. Aucune palpation de sécurité. Aucune vérification d'identité. Pas le moindre «filtrage systématique et rigoureux aux accès des bâtiments ou espaces recevant du public», comme l'impose pourtant le Plan Vigipirate à son degré de vigilance maximal. Juste trois policiers qui, une dizaine de mètres plus loin, bavardaient entre eux, très relax, les mains dans les poches, ne semblant pas prêter plus attention que cela au déroulement des opérations de vote.

Une fois des plus, donc, aurait-on eu une arme (arme à feu ou arme blanche) dans la poche de notre veste qu'elle aurait vraisemblablement franchi sans le moindre problème ce dispositif de sécurité très relatif. Et, dans ce bureau de vote, on aurait fait un carton.

Curieux, décidément.

30/11/2015

Un climat de tension

Une fois de plus, hier, on n'a pas dû d'attendre que les flashs d'alerte des agences de presse tombent sur le smartphone pour savoir que ça chauffait à nouveau, dans notre quartier du onzième arrondissement. Il a suffi de tendre l'oreille. Il fallait vraiment être sourd pour ne pas entendre le concert incessant des sirènes de véhicules de police et le vacarme des hélicos tournoyant dans le ciel.

«Liberté! Liberté!». «Etat policier!». Quelques-uns des slogans que plusieurs centaines d'opposants à l'état d'urgence scandaient, dans l'après-midi, place de la République. Les deux tiers des rues du quartier étaient entièrement bloquées à la circulation. Sur la place elle-même, stationnaient plusieurs dizaines de fourgons de police et de CRS. Et, aux grilles de la station de métro, fermée, une grande banderole avait été accrochée. «Anti Cops 21», proclamait-elle. Dénonciation donc à la fois de la conférence onusienne qui s'est ouverte au Bourget ce matin et du dispositif policier qui est de mise depuis l'instauration de l'état d'urgence.

Très vite, l'atmosphère de l'esplanade, saturée de gaz lacrymogènes, est devenue irrespirable. Et, entre huées, coups de matraque, poubelles incendiées et jets de projectiles divers et variés, l'ambiance n'a pas tardé à dégénérer. En fin d'après-midi, les forces de l'ordre ont chargé. Plus de 300 «éléments perturbateurs», comme l'Elysée les a dénommés, ont été interpellés et placés en garde à vue. Dans le quartier, toutefois, les sirènes des véhicules de police ont résonné jusqu'à 21h30 passées.

Sans compter qu'ensuite, il n'a pas fallu attendre trois heures pour que, à nouveau,... la grosse agitation recommence. En cause, cette fois, la venue de Barack Obama (accompagné de François Hollande et de la maire de Paris, Anne Hidalgo) devant le Bataclan, pour s'y recueillir à la mémoire des victimes du 13 novembre. Une fois de plus, donc, ce fut le grand tohu-bohu sécuritaire, dans cette partie du onzième.

A une heure du matin, les dizaines de milliers de Parisiens du coin avaient droit, pour s'endormir, à la berceuse des rotors d'hélicoptères.