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02/11/2015

Une impunité qui n'en finit pas

Cela s'est passé ce week-end en plein Paris, à Saint-Germain-des-Prés. Pendant quelques heures, la rue du Cherche-Midi a disparu. L'ONG Reporters sans frontières (RSF) l'a symboliquement rebaptisée, en placardant des étiquettes autocollantes sur le plaques de cette rue. A l'occasion de la Journée internationale de la fin de l'impunité des crimes commis contre des journalistes, qui est célébrée ce lundi..

L'ONG a rebaptisé douze rues de la capitale française où sont établies des ambassades de pays dans lesquels des journalistes ont été assassinés ou torturés, ou ont disparu. La rue du Cherche-Midi a été choisie car l'ambassade du Mali y est située. C'est dans le Nord de ce pays que, le 2 novembre 2013, il y a donc deux ans jour pour jour, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été assassinés. Ils étaient les envoyés spéciaux de la radio RFI. Dès lors, RSF a rebaptisé la rue du Cherche-Midi "Rue Ghislaine Dupont-Claude Verlon". Ce lundi, le comité de soutien aux familles des deux journalistes va dénoncer les lenteurs de l'enquête et les carences de la coopération judiciaire franco-malienne.

«Plus de 90% des crimes commis contre les journalistes dans le monde ne sont jamais élucidés», rappelle RSF. Ces dix dernières années, 800 journalistes ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions. Et rien qu'en cette année 2015, depuis le 1er janvier, 86 journalistes ou apparentés ont perdu la vie – la "Ville lumière" elle-même a vécu, si tragiquement, ce sinistre fléau: la tuerie, début janvier, à "Charlie Hebdo".

29/04/2015

Un «métier d'avenir» (paraît-il)

Si d'aventure ce blog est lu par des étudiant(e)s en journalisme et en communication, voilà qui va les intéresser. En France, ces secteurs sont officiellement considérés comme des «métiers d'avenir». Puisqu'ils figurent dans le volumineux rapport sur "Les métiers en 2022", qu'a publié hier le très sérieux institut "France Stratégie": le nom un peu moins technocrate qui est désormais celui de l'ex-Bureau du Plan.

Ce document examine les perspectives d’embauches par métier, d'ici à 2022. Il table sur «l’essor des métiers de la communication, de l’information, de l’art et des spectacles», étant donné la croissance attendue de la communication multimédia, des activités audiovisuelles, et de la consommation de services de loisir.

La France compte actuellement 170.000 professionnels de la communication et de l’information. 97.000 emplois supplémentaires devraient être créés dans ces métiers sur la période 2012-2022, «soit une hausse annuelle moyenne de 1,6%, bien supérieure à celle projetée pour l’ensemble des métiers (0,7%)». On n'embauchera pas spécialement dans la presse écrite, secteur «connaissant une crise depuis dix ans, en raison de la chute du nombre de lecteurs et de la mutation du modèle économique consécutive à l’avènement du numérique». En revanche, «les métiers de la communication et de la publicité, qui ont eux réussi à s’adapter au numérique», pourraient connaître des scénarios «de nature à dynamiser encore l’emploi».

Bien entendu, pour faire partie des heureux élus, il faudra avoir des «compétences numériques», qui «seront de plus en plus indispensables». Et habiter Paris plutôt que le Limousin, ces métiers étant «très concentrés géographiquement» («En 2010, l’aire urbaine de Paris regroupe 54% des professionnels de l’information et de la communication»).

Voilà donc les futurs grands communicants de demain prévenus.

 

PS: Juste, on trouve discutable d'amalgamer en une seule catégorie, comme le fait "France Stratégie", les «métiers de la communication, de l’information, de l'art et des spectacles». D'abord, que l'on sache, le journalisme est rarement de l'art. Surtout, l'associer aux spectacles donne l'impression de cautionner le désastreux engouement de la presse pour l'"infotainment" (= l'info divertissement), si misérablement racoleur.

06/03/2015

Une visibilité toujours aussi faible

Femmes, Audiovisuel, Télévision, Radio, PresseCe vendredi matin, à quelque jours du 8 mars, trois femmes, membres du gouvernement Valls, ont pris leur petit-déjeuner ensemble. Aux côtés de ces ministres de la Culture, des Affaires sociales et des Droits des femmes, un panel de professionnels de l’audiovisuel, de parlementaires, et de dirigeants du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

A l'ordre du jour des discussions, l'éternel sujet de «la place des femmes dans les médias». Il n'a sans doute pas fallu beaucoup de cafés et de croissants pour que ces convives fassent un même constat accablé: la situation, dont on parle pourtant depuis des années, tarde décidément à s'améliorer.

Pour preuve, la dernière analyse en date du contenu de 1200 heures de programmes (hors publicités et bandes annonces) diffusés par seize chaînes hertziennes. Elle a quantifié à 36% seulement la place que les femmes y ont occupée, par rapport aux hommes. C'est encore moins que l'année précédente (37%). Or, s'il faut le rappeler, dans la population française, les femmes sont toujours largement majoritaires (52%), par rapport aux hommes.

Du coup, dernièrement, le CSA a adopté une délibération qui renforce les obligations des médias, notamment en termes de visibilité des femmes à l'antenne. «On ne peut pas vivre en 2015 dans une démocratie où la moitié de la population est considérée comme subalterne» par les médias, a justifié la journaliste Françoise Laborde, ex-membre du «gendarme de l'audiovisuel».

Femmes, Audiovisuel, Télévision, Radio, PresseCela dit, une opportunité va rapidement se présenter aux gouvernants, qui leur donnerait l'occasion d'au moins faire symboliquement progresser le dossier. La présidence de France Télévisions doit bientôt être renouvelée. Qui sait, nommer une femme à la tête du groupe audiovisuel public pourrait contribuer à sortir tout ce petit monde de l'entre-soi masculin?

 

PS: La presse écrite et la radio, cela dit, ne sont pas fondées à faire la leçon à la télévision, sur la question. 20% des intervenants qui apparaissent sur le petit écran en tant qu'experts (=interrogés pour leurs compétences) sont des femmes – contre 80% d'hommes. A la radio et dans les journaux, ce taux féminin chute à 17% et 15%, respectivement.

25/02/2015

Un (autre) contraste, frappant

Pas de queues interminables de gens patientant devant les kiosques. Pas d'engueulades voire d'empoignades chez les marchands de journaux. Pas d'affichettes y avertissant la clientèle que le produit est d'ores et déjà épuisé. Pas de longues listes d'amateurs ayant pris la précaution, dès avant sa sortie, de le réserver.

A nouveau un contraste frappant ce matin, par rapport au mois dernier, dans notre quartier du onzième arrondissement endeuillé par la tuerie à "Charlie Hebdo". S'agissant, cette fois, de la sortie d'un nouvel exemplaire de ce magazine, ce mercredi. Cette parution n'a nullement suscité d'hystérie collective.

D'après les coups de sonde qu'on a rapidement effectués dans différents points de vente des environs, ce "Charlie" qui suit le mémorable «Numéro des survivants» s'est vendu honnêtement, sans plus. «C'est loin d'être la folie de la mi-janvier», constatait, ainsi, notre kiosquier. Qui n'était pas loin de se demander si la direction de l'hebdo n'avait pas visé un peu trop haut, avec le tirage de ce nouveau numéro – 2, 5 millions d'exemplaires, ce qui est loin des 8 millions vendus le mois dernier, mais n'est tout de même pas rien. «Si ça tombe, on va se retrouver avec des tas d'invendus sur les bras...», maugréait-il, déjà.

On verra cela.

23/02/2015

Un «saccage», pour la quatrième fois

Cela s'était déjà produit trois fois, paraît-il. Et cela a de nouveau eu lieu en fin de semaine. Place de la République, le mémorial en hommage aux victimes des attentats de janvier a une nouvelle fois été vandalisé.

Des inconnus ont démantelé des couronnes de fleurs, déchiré des dessins, dispersé des bougies, jeté des crayons à terre. «Un véritable saccage», selon le collectif de voisins qui, à la mi-janvier, s'est constitué de manière improvisée, pour entretenir les lieux.

Depuis, ses membres sont partagés entre la stupeur et la colère. «Pourquoi?», interrogent-ils. «Pourquoi détruire ce symbole de paix, en hommage à nos victimes?» Selon eux, «ce n’est pas le vent qui a fait ça, ce n’est pas la pluie, puisque même les objets et les messages (qui étaient) abrités ont été vandalisés. Les autres fois, nous avons réparé les dégâts sans rien dire, mais là, c’est trop. Il ne faut pas laisser faire ce saccage!» Plainte a donc été déposée au commissariat du troisième arrondissement.

Cet incident survient alors que, mercredi, "Charlie Hebdo" sort un nouveau numéro – dont la rédaction dévoile la couverture, ce lundi.

20/01/2015

Un refus d'être stigmatisé

C'est une gifle envoyée par des citoyens de base à un des plus grands organes de la presse nationale française. Un droit de réponse adressé au «Figaro» par vidéo interposée – vidéo qui, en quelques jours à peine, a déjà été visionnée à plus de 70.000 reprises.

Jeudi dernier, le quotidien avait consacré un reportage à Grigny, la ville (banlieue de Paris) dont est originaire Amedy Coulibaly: l'assassin de la policière municipale de Montrouge et de quatre clients de l'épicerie casher de Paris. Nombre d'habitants ont été «choqués» par le portrait que le journal a dressé de leur ville, présentée comme particulièrement sujette à la fois au discours complotiste à propos des attentats et à la parole antisémite.

Dans son papier, «Le Figaro» avait notamment utilisé le terme «herbes folles». La réponse fuse, via cette vidéo: «Nous refusons d'être comparés à des herbes folles, condamnées à devenir des mauvaises graines». Plus globalement, les habitants récusent le sempiternel «amalgame: jeune, noir, arabe, musulman = terroriste, antisémite, délinquant inculte, anti-républicain et anti-Français». Ils assurent être «solidaires de toutes les victimes». Et proclament leur désir de «vivre en paix», sans avoir à constamment «se justifier».

Ce mardi, le ministre de la Jeunesse et de la Ville a prévu de rencontrer le collectif de «reporters citoyens» qui est à l'origine de cette vidéo. Le thème des échanges, tel qu'annoncé par son cabinet? «Le rôle de l'Etat, mais aussi des médias, pour donner des quartiers populaires une image plus juste». Vaste programme. Quant au «Figaro», à moins que cela nous ait échappé, il n'a pas encore écrit le moindre mot sur la colère des habitants de Grigny envers son reportage, qu'ils jugent rempli «de préjugés et de clichés».

Si ça tombe, quand le quotidien sarkozyste finira par évoquer la polémique, il se justifiera en invoquant... son droit à la caricature.

14/01/2015

Une semaine après

Paris, Presse, Journalisme, Arts Rue Nicolas Appert, ce matin. A l'heure précise où, il y a une semaine jour pour jour, a été perpétré l'attentat contre «Charlie Hebdo».

La mairie de Paris et l'ambassade des Etats-Unis en France venaient d'y faire déposer des couronnes de fleurs. Le collègue de CNN enchaînait les directs, dans lesquels, en boucle, il fustigeait la France pour les lacunes «impensables» de ses services de renseignement, dans la surveillance des trois islamistes avant qu'ils passent à l'acte. A deux pas, une jeune fille, Libanaise, précisant être de confession musulmane, posait pour les photographes avec, en main, le numéro spécial de «Charlie» qui est sorti ce matin.

Le petit carrefour donnant sur la rue Appert a été rebaptisé, par des quidams, «Place de la Liberté d'expression». Sur les murs, des touristes du monde entier sont venus apposer des petits mots de sympathie – on en a même lu en japonais. Un artiste de rue a réalisé un collage assez fort: un montage de photos des rues environnantes, maculées de taches de sang écarlates.

Dans la masse des messages, des dessins et des caricatures de soutien qui s'accumulent sur le bitume, on voit notamment un petit mot consacré au dessinateur Cabu (qui a été inhumé, ce matin): «Bon anniversaire 13 janvier 1938-13 janvier 2015. Même pas mort». On lit aussi des extraits du «Chant des partisans». Un «J'écris ton nom, Charlie». Ou un «Aimons-nous les uns les autres».

Dans le quartier, évidemment, comme dans l'ensemble de la capitale et dans le pays tout entier, dès les premières heures de la matinée, plus un «Charlie» n'était disponible en kiosque. Et, à 10 heures, dans cette partie du onzième arrondissement, on ne trouvait même plus le moindre «Libé» ni le moindre «Canard Enchaîné». Les Français, visiblement, se remettent à la lecture de la presse. Sans doute est-ce déjà cela.

Paris, Presse, Journalisme, Arts La tuerie, c'était donc il y a une semaine: le mercredi 7 janvier. Rien à voir, mais, une semaine plus tard, à quelques kilomètres à peine de là, Paris inaugure en grandes pompes, ce 14 janvier, La Philarmonie: l'immense nouvel ensemble culturel de la Porte de la Villette, dédié à la musique classique.

La musique adoucit les moeurs, assure l'adage. Pour le coup, si d'aventure il venait à s'appliquer, cela tomberait plutôt bien.

07/01/2015

Un carnage, si proche

Douze morts. Quatre blessés dans un état d'«urgence absolue». Et une vingtaine d'autres, moins grièvement atteints. C'est le dernier bilan que vient de dresser le procureur de Paris, François Molins. Le bilan de l'attentat terroriste qui a été commis ce matin à Paris – le plus grave jamais perpétré en France depuis plus de cinquante ans.

Pour l'anecdote – mais c'est si anecdotique, vu la gravité des événements –, cet attentat s'est déroulé à deux pas du bureau parisien de «La Libre». En effet, la rédaction de «Charlie Hebdo», qui a été visée, est située rue Nicolas Appert, dans le onzième arrondissement. Cette petite ruelle se trouve juste aux pieds de la résidence où «La Libre» a établi ses quartiers, depuis maintenant plus de dix ans.

On revient à l'instant du lieu de la tuerie. Le quartier est, bien sûr, complètement sous le choc. C'est même très troublant de voir ainsi si lourdement endeuillé ce qui est notre cadre quotidien de travail et de vie, et qui est d'habitude un environnement si paisible et tranquille.

PLANTU.jpgEn quelques heures, tout a basculé. L'atmosphère y a complètement changé. Plusieurs dizaines de véhicules de police, de gendarmerie, de pompiers et du Samu sont déployés dans toutes les rues environnantes. «Il y a encore des blessés à intuber! Il y a encore des blessés à intuber!», hurlait, tout à l'heure, complètement affolé, un secouriste qu'on a croisé. L'accès à l'ensemble de la zone est interdit. L'agence Pôle Emploi est grillagée: fermée. Les enfants de l'école Saint-Sébastien sont cantonnés à l'intérieur de l'établissement. De même que les journalistes de «Charlie» n'ont pu encore quitter leur rédaction.

«Je ne peux pas rester longtemps au téléphone, là. Je vais bien. Veille sur les enfants. Je te rappelle». C'est ce qu'on a entendu tout à l'heure, rue Appert. Dans la bouche d'une consoeur de «Charlie» qui n'était pas présente au bureau au moment de la fusillade, et qui, accourue sur place, rassurait ses proches. «Je vous en supplie! Laissez-moi passer!», hurlait, peu après, une autre jeune femme, s'adressant aux gendarmes assurant le cordon de sécurité qu'elle voulait franchir. Conjointe d'un journaliste de l'hebdomadaire, sans nouvelles de lui depuis ce matin, et donc morte d'inquiétude, elle voulait à tout prix aller à la rédaction vérifier qu'il était bien indemne. Il fallut de longues tractations avant qu'elle soit autorisée à franchir le cordon de sécurité.

Arrivé sur place dès 12h45, en compagnie de la maire de Paris, François Hollande a qualifié la fusillade contre «Charlie Hebdo» d'«acte d'une exceptionnelle barbarie», et a fait rehausser le plan d'alerte antiterroriste «Vigipirate» à son degré de vigilance maximal.

Après avoir vu et écouté le Président détailler le bilan si effarant de la tuerie, Guillaume, retraité du quartier, ayant longtemps tenu une droguerie très populaire rue Saint-Sabin, n'en revenait pas. Complètement sous le choc, il ne parvenait qu'à répéter, hagard: «Mais quelle société de sauvages! Mais quelle société de sauvages!»

On ne savait trop quoi lui répondre.

24/09/2014

Une stigmatisation, odieuse

Immigration, Religion, International, Presse, JournalismeA longueur de journées et depuis des mois, dans tous les médias, les plus hauts responsables de l'organe représentatif du culte musulman en France ne cessent de dire et de répéter combien ils condamnent, et le plus fermement qui soit, les horreurs perpétrées par les islamistes en Irak et en Syrie. Manifestement, cela ne suffit pas.

Pour preuve, cette phrase lue dans l'édito du «Figaro» du jour: «Quand donc verra-t-on des milliers de musulmans manifester dans les rues de nos villes pour dire que l'islamisme est contre l'islam?» Phrase qui suit une autre, évoquant elle la présence en France «d'une cinquième colonne d'égorgeurs en puissance, trop souvent protégés par le silence des communautés dans lesquelles ils vivent».

Et hop, voilà donc, en quelques lignes publiées en Une d'un des quotidiens nationaux les plus lus du pays, une demi-douzaine de millions de Français musulmans peu ou prou soupçonnés de silence coupable envers l'ignominie, voire de complicité et même de sympathie avec elle.

Et cette stigmatisation collective – pas loin d ailleurs de l'incitation à la haine sur base religieuse – , ne provoque même pas plus de réactions que cela. Un vague écho dans l'une ou l'autre revue de presse matinale, puis on passe à autre chose.

Ce pays va vraiment mal.

18/09/2014

Une analogie misérable

Journalisme, Médias, Presse, Corse, Sports, Football, Femmes, HistoirePuisqu'on évoquait le cas de journalistes ces deux derniers jours, poursuivons dans la même veine. Non pour évoquer la grande conférence de presse semestrielle de François Hollande, à partir de 17 heures ce jeudi à l'Elysée – sujet qu'il nous pardonnera de trouver un peu tarte à la crème –, mais pour relater le traitement qui a été infligé à une consœur. Cela s'est passé il y a plusieurs jours déjà, en Corse. Mais la nouvelle a mis un petit temps avant de faire du bruit en métropole, et elle continue à agiter les milieux journalistiques, dans l'île.

Samedi soir à Bastia, au stade de Furiani où avait lieu un match entre le Sporting Club local et l'équipe de Lens, plusieurs banderoles ont été déployées. L'une d'elle arborait le nom d'une consœur journaliste du quotidien «Corse Matin», suivi de ces mots: «En 45, on t'aurait tondu» (sic). Auparavant, l'intéressée avait couvert, pour son journal, le procès de quelques supporters de Bastia qui, dernièrement, ont été condamnés pour les incidents survenus en marge d'un match Bastia-OM, en août. La consœur a donc relaté cette actualité judiciaire. Samedi, cela lui a valu d'être rangée dans la catégorie des «journalistes complices d'Etat». Et d'être assimilée aux collabos de la dernière guerre, et plus particulièrement à ces Françaises tondues à la Libération pour avoir couché avec l'occupant allemand.

«On a tout à fait le droit de critiquer un article de presse, de l'estimer injuste et infondé et d'expliquer pourquoi, mais pas le droit d'écrire ce qui a été vu au stade samedi», s'est indigné le maire de Bastia, jugeant la banderole «lamentable». Le patron de la communauté urbaine d'agglomération s'est dit «scandalisé» et «écœuré». Le club lui-même s'est effaré de l'«inacceptable» analogie avec les collabos. Et la Ligue corse de foot a condamné «une banderole infamante, faisant référence à une période noire de notre histoire».

Journalisme, Médias, Presse, Corse, Sports, Football, Femmes, HistoireComble de la bassesse, le groupe de supporters «Bastia 1905», réagissant sur sa page Facebook, y a présenté «ses excuses pour la banderole qui fait actuellement polémique. En effet, il faut un "e" pour respecter l’accord»: il aurait fallu qu'y soit écrit «tondue», et non «tondu».

Misérable.

23/05/2014

Un énervement (un peu) moindre

Personnalités, Sarkozy, Elections européennes, Presse, Publicité, LuxeNicolas Sarkozy est un peu moins énervé. Visiblement, l'état de l'Europe le met (un peu) moins en rogne que les juges qui sont à ses trousses. En témoignent les points d'exclamation contenus dans la tribune sur les élections européennes qu'il a publiée hier, dans le magazine «Le Point». On y dénombre sept signes de ponctuation de ce type. Ce n'est pas rien, mais c'est moins que les huit points d'exclamation de sa volcanique tribune dans «Le Figaro», à la fin mars: quand avait été révélée sa mise sur écoutes, par des juges (relire ).

L'ex-Président gagne donc (un peu) en tempérance. Ses électeurs apprécieront – ou pas, on verra.

En attendant, il est douteux qu'en ouvrant «Le Point», hier, Nicolas Sarkozy ait apprécié la facétie qu'a occasionnée le plan publicitaire de ce numéro du magazine. En effet, il a fait juxtaposer l'apothéose de cette tribune (L'Europe, «ne laissons ni aujourd'hui ni demain détruire ce trésor!») avec une grande pub. Vantant les dernières créations d'un horloger joaillier suisse, dont une montre («mouvement manufacture réalisé à la main») à 2790€. Soit, tout de même, plus de deux mois de salaire minimum.

Nicolas Sarkozy possède certainement des toquantes encore plus onéreuses. Il n'empêche, il a dû grimacer, à la vue d'un tel catapultage entre pub et rédactionnel. Lui qui n'a jamais réussi à faire oublier sa grande période Rolex, Ray-Ban, bling bling etc.

17/03/2014

Une profession exemptée

Des rues spectaculairement calmes, dans Paris ce matin. On se croirait un dimanche, tant la circulation y est peu dense. C'est dû, bien sûr, à l'imposition de la circulation alternée, pour cause de pollution. Seules les plaques minéralogiques impaires sont autorisées. La mesure, qui vaut aussi pour la proche banlieue, a déjà eu pour effet de réduire le nombre de kilomètres de bouchons et de ralentissements constatés aux entrées de la capitale: 80 kilomètres seulement, contre quelque 130 habituellement.

700 policiers sont mobilisés pour verbaliser (22€) les contrevenants. Ils ont reçu des consignes de «discernement». Ce matin, en ville, on a aperçu pas mal de voitures ou de deux-roues avec des plaques paires: en gros, un véhicule sur trois ou quatre qu'on a croisés. Peut-être leurs conducteurs n'ont-ils pas tous été verbalisés. En effet, de nombreuses exceptions et dérogations à cette règle de circulation sont prévues. Elles bénéficient par exemple (outre, bien sûr, aux transports publics, aux policiers, pompiers ou ambulanciers, aux véhicules chargés d'enlever les immondices, etc.) aux chauffeurs-livreurs, aux taxis, aux dépanneurs, etc.

Tiens, la presse et les livreurs de presse font partie de ces professions exemptées. Dès lors, les journalistes couvrant cette journée de circulation particulière – une première en France, depuis 1997 – pourront le faire en se déplaçant avec des voitures ou motos de presse immatriculées paires.

Pas sûr que ce régime de faveur soit apprécié du tout-venant. Qui a déjà si tendance à ranger la corporation journalistique parmi les élites privilégiées et les puissants. Qu'il est de si bon ton de détester, en ce moment.

19/02/2014

Une perte de repères

Le journalisme à la française, sujet décidément perpétuel d'étonnement. Dernier exemple en date, hier soir, tard: une séquence entendue sur une radio très écoutée. En trois minutes, les sons importants de la journée, le condensé des actualités qu'il ne fallait pas manquer.

Un jeune jihadiste français, combattant en Syrie, disait prendre comme «modèle» Mohammed Merah: le Toulousain auteur, en 2012, de sept assassinats antisémites, dont des enfants abattus dans une école juive. Et promettait que, de retour en France, lui aussi ferait «tout péter». Venaient ensuite, dans cette séquence, un médaillé olympique français de Sochi se plaignant de ses ligaments croisés du genou, un médecin confirmant qu'une crise de goutte (comme celle qu'a subie Jacques Chirac, lundi soir), c'est extrêmement douloureux, et ainsi de suite. Entre autres sons de la journée, hop, emballé c'est pesé/diffusé, et on passe au flash météo.

Non.

On ne mélange pas comme cela, dans une sorte de zapping de ce qui a buzzé depuis le début de la journée, une apologie du crime antisémite, et tout le reste. On n'aligne pas de la sorte, sans le moindre commentaire, des actualités aussi dissemblables, dans leur degré de gravité. Au risque que le grand public en vienne, à son tour, à mettre tout cela sur le même pied. La haine antisémite se retrouvant reléguée au rang d'ingrédient comme les autres de «la soupe» des agitations médiatiques de la journée.

Une actualité chasse l'autre, certes. Mais tout ne se vaut pas. Et a fortiori quand on est un média du service public, qui compte l'éducation parmi ses missions.

Il y a décidément, dans le journalisme contemporain – mais sans doute n'est-ce pas propre à la France –, une perte de sens et de repères qui est absolument effarante.

24/01/2014

Un paradoxe de tous les jours

La confiance des Français envers les médias se redresse, un peu. Mais la profession journalistique a encore du pain sur la planche, pour convaincre l'opinion de son indépendance et de sa crédibilité. C'est ce qu'il ressort de l'enquête que l'institut Sofres consacre chaque année à la confiance envers les médias. Elle indique aussi que, de l'avis des sondés, la presse en a beaucoup trop fait, l'an dernier, sur certains sujets: le «royal baby» britannique, l'«affaire Leonarda», le «mariage pour tous», ou le passage à la 4G.

Voilà donc, comme chaque année, un gros paradoxe remis en lumière. Car ce sont ces mêmes sujets qui, sur le moment, ont été les plus suivis, par le grand public. En audimat, en nombre de clics sur les sites d'info, en quantité de journaux vendus, etc. Voir, par exemple, les centaines de milliers d'exemplaires de «Closer» écoulés ces trois dernières semaines. Qui faisaient leurs choux gras d'une affaire à propos de laquelle, pourtant, tous les sondés assurent qu'elle ne les intéresse pas, ni ne les regarde.

Le paradoxe, cela dit, n'est pas l'apanage du seul grand public: il est aussi celui des médias. A longueur de journées, dans les rédactions (en France, mais aussi ailleurs), les journalistes travaillent en se pinçant le nez: sur des sujets dont ils sont les premiers à convenir qu'ils ne sont pas très glorieux. Mais bon: «Ca intéresse les gens», selon une expression désormais courante, dans les rédactions. Variante: «Les gens en parlent».

Ainsi va le journalisme contemporain. Et l'on prend déjà le pari que, l'an prochain, l'enquête de la Sofres mettra une fois de plus en lumière ce paradoxe quotidien.

13/01/2014

Un prétexte, cousu de fil blanc

Presse, Médias, International, Personnalités, Hollande, CopéJean-François Copé à l'attaque, à propos de la vie privée apparemment mouvementée de François Hollande. Hier soir, après s'être retenu pendant 72 heures, le chef de l'opposition a attaqué l'hôte de l'Elysée, dans le prolongement des allégations de presse de vendredi relatives à sa vie privée. Il l'a accusé de dégrader l'image de la fonction présidentielle. Et a invité à davantage d'«humilité» celui qui, lors de sa campagne présidentielle, avait fait la leçon à Nicolas Sarkozy via une mémorable anaphore («Moi, Président de la République», etc.) contenant notamment un engagement de sobriété en termes de vie privée.

Le patron de l'UMP a justifié son attaque par le traitement qu'a réservé la presse étrangère à cette affaire – samedi matin, tout le monde a pu constater combien la presse française était beaucoup plus embarrassée à traiter ce dossier que les médias étrangers. Et Jean-François Copé de se désoler de l'impact déplorable, la semaine dernière, de l'«affaire Gayet», comme de l'«affaire Dieudonné», sur l'image internationale de la France.

C'est assez comique, comme justification: pur prétexte, cousu d'un fil blanc si voyant. En effet, sous Nicolas Sarkozy, la presse étrangère s'effara souvent de la surmédiatisation qu'il faisait lui-même de sa vie privée («Bonne chance mon papa», «Avec Carla, c'est du sérieux», etc.). A l'époque, nul hiérarque sarkozyste ne daigna prendre au sérieux tous ces éditoriaux consternés. Nul ne vit Jean-François Copé brandir le «Herald Tribune» ou le «Daily Telegraph» sous le nez de l'intéressé, pour le sommer à plus de retenue, vu l'image internationale de la France dégradée. Et l'UMP balaya toujours d'un revers de la main cette tonalité très critique des médias étrangers, la réduisant à du «french bashing» minable, mal informé et orienté.

Comme dit l'adage: autres temps, autres mœurs.

10/01/2014

Une hypocrisie, si comique

Il n'était même pas 10 heures, mais on a dû faire plusieurs librairies et kiosques à journaux, ce matin dans Paris. Avant de parvenir à trouver un exemplaire de l'édition spéciale du fameux magazine people qui fait 7 pages sur «L'Amour secret du Président» Hollande. Visiblement, comme il fallait s'y attendre, la revue se vend très bien.

En tout cas, on remercie bien sincèrement sa rédaction. Car en parcourant ces pages, on a deux fois éclaté de rire – ce dont on a peu l'habitude, de grand matin.

D'abord, en constatant que les fins limiers de ce magazine vont jusqu'à identifier le chef de l'Etat (dont le visage n'apparaît pas, sur les photos publiées), ou du moins celui qui a l'air de lui ressembler, notamment en zoomant sur... ses souliers: en comparant ceux qu'il portait tel jour et puis tel autre, etc. Un modèle, décidément, de journalisme d'investigation.

Ensuite, en notant que le magazine justifie cette publication avec un argument d'ordre sécuritaire. A savoir, les dangers que cet «amour secret» ferait peser sur François Hollande, les problèmes qu'il poserait quotidiennement aux agents chargés de sa protection rapprochée, etc. On est là, évidemment, dans la plus pure hypocrisie. Ce qui est recherché avant tout, avec une telle «révélation exclusive», c'est le buzz. Et donc le fric. Point barre.

Mais sans doute la presse people aurait-elle tort de se priver. Puisque ça marche, puisque ça se vend. Quant à savoir si pratiquer ce type de journalisme est possible sans avoir, au fond de soi, quelques scrupules, on laisse les confrères concernés juger. Qui donc serait-on, pour déterminer comme ça, d'autorité, qui aurait le droit, ou pas, à se regarder sans honte dans le miroir?

04/12/2013

Un rouleau compresseur

Journalisme, Médias, Santé, Presse, Personnalités, HollandeDeux heures. François Hollande et ses communicants ont donc tenu deux heures, ce mercredi. Face à la pression du «buzz» de l'info, des réseaux sociaux, etc. Deux heures. Entre le moment où, vers 7 heures, de premières radios ont révélé «l'intervention chirurgicale secrète» que l'intéressé a subie à la prostate, au début 2011: soit avant même qu'il soit Président, ou même candidat à la primaire socialiste pour l'investiture à l'Elysée. Et l'instant où, vers 9h, le palais présidentiel a fini par officialiser la chose, via un laconique communiqué de six lignes.

Entre-temps, pendant ces deux heures, l'entourage du chef de l'Etat a vainement argumenté auprès des médias que cela n'avait pas grand sens qu'ils s'agitent sur cela. Et, à gauche comme à droite, des voix se sont élevées, pour s'irriter d'une «dérive» de l'info (Jean-Marc Ayrault), d'un «emballement» médiatique irraisonné (François Bayrou).

Mais rien n'y a fait. Le rouleau compresseur du journalisme contemporain (en gros: toujours plus d'agitation, toujours moins de recul) a, une fois de plus, écrasé tout sur son passage.

L'histoire ne dit pas si, dans quelques années, le prochain Président de la République devra, ou non, confesser avoir, quand il était gamin, subi une opération de l'appendicite. Ou quelques points de suture, après une chute à vélo.

02/12/2013

Une fin de non-recevoir

Télévision, Presse, Journalisme, Médias, SécuritéCirculez, il n'y a rien à voir. Et rien à redire: pas de quoi s'émouvoir. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel vient d'envoyer Christiane Taubira sur les roses. A propos de ce que la ministre de la Justice avait dénoncé, l'autre jour (relire ici): la diffusion, à la télé, d'images de vidéosurveillance montrant un braqueur en train de s'évader en prenant des gardiens de prison en otages. Pour la garde des Sceaux, il était indigne de diffuser de telles images, valorisant des actes criminels et portant atteinte à la dignité des otages.

Pas du tout, vient de lui répondre le CSA (là). «Pour ce qui est du respect de la dignité de la personne humaine, les personnes apparaissant sur les images, à l’exception du prisonnier évadé, ont été correctement floutées. En ce qui concerne la sauvegarde de l’ordre public, il n’y a pas eu d’incitation directe ou indirecte à des pratiques ou à des comportements délinquants ou inciviques». Désormais, donc, les télés savent à quoi s'en tenir: elles peuvent faire à peu près ce qu'elles veulent avec les images de vidéosurveillance. Un peu de floutage et hop, l'affaire est réglée: tout ou à peu près peut être diffusé.

Dans la même veine, à un JT de 20 Heures, l'autre soir, TF1 a diffusé des images filmées par un passant avec son smartphone, montrant un détenu en cours d'évasion qui était en train d'asséner des coups de cutter à ses gardiens. On voyait même l'un d'eux, blessé grièvement, s'écrouler sur la chaussée. Quelle était donc la valeur ajoutée de telles images? Aucune. Si ce n'est qu'elles ont permis, de manière assez misérable, d'en rajouter dans la mise en scène racoleuse de l'info.

Encore bravo.

29/11/2013

Un rappel à l'ordre

C'est une affaire qui avait fait grand bruit, dans le monde des médias mais aussi au-delà. Et il est frappant de voir combien le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a accéléré ses procédures, de manière à ne pas trop tarder à statuer sur ce cas.

Le cas de la chaîne TF1. Qui, dans son JT de 20 Heures du 11 novembre, a diffusé un sujet bidouillé, relatif à un déplacement de François Hollande en province. Ont été copié-collées quelques secondes de son de manifestants en train de conspuer le chef de l'Etat. Ce qui a faussement fait croire aux téléspectateurs que l'intéressé avait été hué dès son arrivée sur place, à peine sorti de sa voiture. TF1 a admis que ce fond sonore avait été «maladroitement décalé». Mais a minimisé l'affaire, parlant d'«une erreur regrettable, sans volonté de déformation de la réalité».

Le CSA, lui, est autrement plus cinglant, dans l'avis qu'il vient de rendre sur ce bidouillage. Il juge que la chaîne, en diffusant un tel sujet monté d'une telle manière, a clairement manqué à ses obligations déontologiques. A manqué, plus précisément, à l'obligation faite aux médias de «faire preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information», et «de veiller à l’adéquation entre le contexte dans lequel des images ont été recueillies et le sujet qu’elles viennent illustrer». TF1, dès lors, a été mise en demeure. Elle est fermement priée de, désormais, strictement se conformer à ses obligations. Ce qui paraît vraiment la moindre des choses.

En attendant, lorsqu'on fait l'expérience de taper, à tout hasard, «TF1 manipulation» sur les moteurs de recherche internet, en une fraction se seconde sont proposées plusieurs centaines de milliers de résultats.

18/11/2013

Une profession dégradée

Presse, Médias, Journalisme, Economie, SocialRetour de la rue Béranger, la rue du 3e arrondissement où se trouve le siège du journal «Libération». Rédaction à l'accueil de laquelle, ce matin, un individu a donc ouvert le feu. Blessant grièvement un jeune confrère photographe. Les ministres de la Culture et de l'Intérieur sont immédiatement descendus sur place, pour dire leur consternation. Vendredi matin, déjà, un individu (le même?) avait brandi un fusil (mais pas ouvert le feu) au siège de BFM, la télé d'info continue.

Les médias deviennent donc des cibles, en France. La profession journalistique n'avait vraiment pas besoin de cela, elle qui avait déjà le moral à zéro.

En a encore témoigné une étude sortie récemment. Résumée vite fait, cela donne: «Un malaise réel (règne) au sein de notre profession. On s’interroge face à la complexité d’exercer notre métier, sur ce que signifie vraiment le statut de journaliste, sur l’utilité ou non d’une carte professionnelle et sur l’avenir de cette profession au coeur d’une révolution numérique et multimédia». La Société civile des auteurs multimédia (Scam), à l'origine de cette enquête, base ce constat sur les réponses à son questionnaire qu'elle a reçues de quelque 3400 journalistes, sur les 37000 détenteurs de la carte de presse dénombrés en France.

Quantitativement, concernant les revenus de cette profession, 12% des répondants à cette enquête ne gagnent que le salaire minimum (13.000 € nets/an) ou même moins, et 18% se situent dans la tranche 13.000-20.000 € l'an. On peut donc vraiment parler d'une «détérioration des conditions d’exercice du métier de journaliste», voire d'une «précarisation réelle, notamment pour les reporters de guerre photographe ou les pigistes». Qualitativement, ce n'est guère mieux: «L’évolution du métier est jugée de façon très négative (par ses pratiquants), avec un secteur en grande fragilité, des pratiques qui se détériorent, une perte de sens et une profession discréditée».

Et en plus donc, maintenant, on sort des fusils, voire on ouvre le feu, dans des rédactions.