03.11.2011
Un mépris affolant
Puisqu'on parlait hier d'enfantement et de bébé, ces propos d'un proche de Nicolas Sarkozy, qui datent d'il y a plusieurs jours déjà, mais dont on n'est toujours pas revenu.
Le sujet? Les Roms. L'orateur? Arno Klarsfeld, qui préside l'Office français pour l'intégration et l'immigration. Cela donne ceci – et on n'invente rien: c'était notamment dans une interview, ici. Les Roms «vivent avec huit enfants dans une pièce. Ils devraient s'abstenir d'avoir huit enfants! Lorsqu'on n'a qu'une pièce, on ne fait pas huit enfants!» Ou cela: «Pour que les enfants puissent s'intégrer, il faut que les parents puissent s'en occuper (...). (Les Roms) doivent savoir que leurs enfants vont être pris par les mafias, mis sur le trottoir». Et cette touche de psychologie du café du commerce: chez les Roms, «c'est inconscient. Ils sont de longue date les Misérables avec un grand M, chassés, pourchassés, mais ils sont aussi victimes d'eux-mêmes: responsables de ne pas avoir su susciter une véritable élite qui ne soit pas cette ploutocratie qui vit de trafics et n'a pas intérêt à sortir son peuple de l'horreur».
Donc, pour l'Office français de l'immigration, c'est clair, c'est net, c'est tranché: si on est Rom, on n'a d'office que deux possibilités, dans la vie. Soit on est «Misérable avec un grand M», victime de soi-même au point de mériter le psy, enfant de parents sexuellement obsédés et irresponsables (à stériliser, tant qu'on y est?). Soit on est mafioso-ploutocrate-proxénète-exploiteur sans scrupules. Il n'y a pas à sortir de là.
Dans la bouche d'un si haut responsable français, de tels propos auraient évidemment suscité un tollé s'ils avaient concerné non des Roms mais d'autres citoyens de l'Union européenne, et/ou d'autres groupes de population – au hasard: les Noirs, les juifs ou les arabes. Mais là, rien. Ces déclarations sont passées comme une lettre à la poste. A moins que cela nous ait échappé, pas l'ombre d'un tumulte. A peine la réaction de l'une ou l'autre association (ici).
Les Roms vus comme un sous-peuple non seulement en Roumanie et en Bulgarie, mais également en France – et en haut lieu, y compris?
PS: Actualisation, quelques heures plus tard. Tiens, non, en fait: cela a l'air de commencer à réagir, voire là
11:35 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : etrangers, immigration, racisme, personnalités
03.06.2011
Un (pénible) palmarès
Exit «Y'a bon Banania», donc: on l'écrivait avant-hier. Mais les «Y'a bon Awards», eux, se portent toujours comme un charme. Pour rappel (on en avait parlé ici), ces trophées récompensent, au second degré, «les propos les plus racistes de l'année». Pour bien terminer la semaine, rendons hommage à quelques-uns parmi les (hélas si) nombreux lauréats du palmarès 2011, qui a été dévoilé il y a quelques jours,
Dans la catégorie «Finalement, c'est pas si dur d'être raciste», c'est le couturier et parfumeur Jean-Paul Guerlain qui, bien sûr, l'a emporté haut la main. Avec sa petite phrase télévisée qui suscita un tollé: «Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un Nègre. Je ne sais pas si les Nègres ont toujours tellement travaillé, enfin…». Dans la catégorie «L'Islam ne passera pas par moi», c'est Robert Ménard qui a été distingué. Cet ex-dirigeant de l'ONG «Reporters sans frontières», reconverti en polémiste télévisuel énervé, a vu cette petite phrase saluée: «Je n'ai pas envie qu'il y ait autant de mosquées que d'églises dans mon pays (…) Je n'ai pas envie qu'il y ait un minaret dans tous les villages de France».
Enfin, la «Banane» d'honneur à été décernée au brillant journaliste-polémiste Eric Zemmour, «pour l'ensemble de son oeuvre». Mais cela n'étonnera sans doute personne.
Encore bravo à tous ces lauréats. Sans doute représentants d'un certain courant de pensée si présent en ce moment en France. Et si rance.
11:15 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : etrangers, racisme, personnalités, activisme
01.06.2011
Une victoire
On avait évoqué cela dans ce blog (ici), à l'époque: la plainte en justice déposée par l'association antiraciste MRAP contre la société Nutrimaine, qui commercialise en France la boisson chocolatée Banania. Une plainte contre le visuel du tirailleur sénégalais figurant sur les produits de cette marque, et contre son slogan: «Y’a bon Banania». Pour le MRAP, tous deux véhiculent une image du Noir tellement caricaturale et stéréotypée qu'elle en devient «contraire aux principes de respect de la dignité humaine». Si on en reparle à présent, c'est parce que du neuf est intervenu dans cette procédure, dernièrement.
En effet, alors qu'elle avait été déboutée en première instance, l'association a récemment obtenu gain de cause en appel. La justice a enjoint Nutrimaine, sous peine d'astreintes, de «faire cesser, sous quelque forme et quelque soit le moyen, la fabrication et la commercialisation de toute illustration sur laquelle apparaîtrait la mention «Y'a bon» seule ainsi que la mention «Y’a bon» accompagnée de la marque Banania et/ou un personnage de couleur noire ». Le MRAP a salué un arrêt «historique». .
Eric Zemmour et ses amis vont encore hurler au «politiquement correct»...
12:44 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, etrangers, racisme, langue française, activisme
25.11.2010
Une réaction
On l'a constaté avec satisfaction ce matin, en passant boulevard Voltaire. Sur cette grande artère du onzième arrondissement, on ne trouve plus trace de cette campagne d'affichage antisémite qu'on avait évoquée vendredi dernier dans ce blog, qui promeut un livre colportant les ragots séculaires sur la prétendue «mafia juive internationale». Cette campagne avait commencé début novembre dans la capitale française. Elle avait même essaimé jusqu'en banlieue parisienne, puisque – ainsi qu'on l'entendait à la radio hier – ces affiches ont également été signalées dans des villes comme Boulogne-Billancourt, Montrouge ou Levallois.
Finalement, cette campagne haineuse a donné lieu à deux réactions. Une procédure judiciaire, d'abord: le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme a (ici) demandé au procureur de la République de Paris «d'engager d’initiative l’action publique» visant à «l'interdiction et la destruction (de ce) livre qui contrevient aux lois antiracistes». Une injonction de la mairie de Paris, ensuite: l'Hôtel de ville a prié les services municipaux de nettoyage d'être particulièrement attentifs à cette campagne et d'arracher systématiquement les affiches que les employés croiseraient en rue, pendant leurs tournées. Du coup, rien que ces derniers jours, une quarantaine d'affiches auraient été enlevées. Sans doute est-ce déjà cela.
11:41 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : racisme, paris, publicité
19.11.2010
Une indignation (sélective)
C'est l'affiche de cinéma dont on a parlé, cette semaine en France. On y voit un homme, présenté comme un huissier de justice, apeuré: ligoté et bâillonné dans une baignoire. C'est l'affiche du film «Dernier étage gauche gauche»: une comédie sortie mercredi dans les salles en France, qui narre les mésaventures d'un huissier pris en otage dans une cité de banlieue où il était venu faire une saisie. L’affiche d’une comédie donc, mais tout le monde ne l’a pas trouvée drôle.
Ainsi, la Chambre nationale des huissiers a (ici) saisi la justice. Selon elle, vu «l'augmentation des situations de violence auxquelles les huissiers de justice sont de plus en plus souvent confrontés», «on ne peut pas laisser passer l'idée que les agressions commises sur eux sont sans gravité». Le distributeur et le producteur du film ont donc été assignés en référé, et le retrait de l'affiche demandé. Au grand effarement (là) d'associations comme la Ligue des droits de l'homme, la Société des réalisateurs de films ou la Fédération des professionnels de l'art contemporain. Pour qui la corporation des huissiers «confond la représentation d'une situation imaginaire avec une attaque physique, amalgame un personnage fictif à une catégorie socio-professionnelle réelle, et confond ainsi réalité et fiction». Sa procédure ne serait donc rien d'autre qu'une «menace à la liberté de création». Finalement, le tribunal de grande instance de Paris, hier après-midi, a débouté les huissiers. Il a jugé que le film, présenté «comme une comédie et non comme un drame», ne suscitait pas de «trouble illicite à l'ordre public».
Cette affaire rappelle un peu l'émoi, l'été dernier, de la profession des policiers à propos de la campagne en faveur des... poulets fermiers de Loué. Sur ces affiches-là, on voyait par exemple un policier torse nu, normalement musclé, censé symboliser un poulet élevé en plein air, aux côtés d'un autre policier lui hideusement bodybuildé et gonflé à la testostérone, supposé représenter un poulet élevé en batterie. Le premier syndicat de gardiens de la paix s'était indigné (ici) que la profession policière, en étant assimilée à des volailles, soit «dénigrée d'une manière la plus vulgaire et simpliste», et ce au moment «où les policiers sont particulièrement exposés dans l'exercice de leur profession».
Comme quoi, dans la pub comme dans la vie, l'humour est une question de goût, et le second degré n'est pas toujours apprécié. Cela dit, si souvent en ville, on voit des campagnes d'affichage autrement plus choquantes, mais qui, elles, n’ont pas l’air de susciter la moindre indignation. Ainsi, dans notre onzième arrondissement en ce moment, on voit sur les murs des affiches en faveur d'un bouquin intitulé «La mafia juive: les grands prédateurs internationaux». Des affiches donc faisant, sur l'espace public, la promo d'un opuscule véhiculant les clichés antisémites les plus éculés, sur la prétendue implication de cette communauté dans les pires trafics: «traite des blanches, proxénétisme, blanchiment, meurtres sous contrat, trafic de diamants», etc. A quand une démarche de la Chambre des huissiers pour faire constater le caractère haineux et donc illégal d'une telle campagne d'affichage, et dès lors exiger son arrêt immédiat?
15:32 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, justice, humour, publicité, police, racisme
31.08.2010
Une récidive
Le temps passe, mais, à Paris, certains décidément n'évoluent pas. Vers la mi-juin, on avait évoqué (ici) l'émoi suscité dans la capitale – et au-delà: dans le reste du pays – par la tentative de groupuscules liés à l'extrême-droite de tenir un apéro géant dit «Saucisson & pinard» (clairement exclu aux musulmans, donc) à la Goutte d'or (quartier parisien à forte population issue de l'immigration). Depuis, près de trois mois ont passé. Mais d'aucuns ont envie de récidiver. On pourrait en avoir l'illustration ce samedi à Paris.
Ce jour-là, en effet, en plein centre-ville, est programmé un «grand apéritif républicain». Présenté comme en faveur d'«une certaine idée de la France». Pour que les choses soient claires, il s'agit de dénoncer «la montée de l'offensive islamiste sur le territoire français». Des initiatives du même acabit sont annoncées le même jour dans plusieurs villes de province: Bordeaux, Lyon, Strasbourg ou Toulouse. Parmi les organisateurs, on retrouve des ex-militants dévoyés d'une certaine «gauche» ultra-républicaniste, sécuritaire et anti-communautariste – genre Chevènement. Ils assurent que leur «conception de la Nation n’est absolument pas ethnique». Mais n'en condamnent pas moins le modèle français d'intégration des minorités issues de l'immigration, modèle qu'ils veulent remplacer par un régime d'«assimilation» pure et simple. Tout comme les amateurs de cochon et de vin rouge avaient, en juin, comparé à la Résistance aux nazis leur «entrée en résistance face à l'islamisation de la France», on a à nouveau droit à un alibi historique: l'apéro du 4 septembre se veut commémoratif de la journée du 4 septembre 1870, qui avait vu la proclamation de la IIIème République.
Le maire (écologiste) de l'arrondissement parisien où se tiendrait cette manifestation a demandé son interdiction à la préfecture de police.
12:04 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : activisme, immigration, racisme
26.07.2010
Un délit de faciès
Aujourd'hui, un sujet parfaitement de saison mais néanmoins pénible. En France visiblement, le racisme et l'intolérance ne prennent pas de vacances. Même en ces temps estivaux synonymes théoriquement d'insouciance, même dans des lieux de villégiature à l'atmosphère censée conviviale, décontractée et bon enfant, certains Français continuent de subir des discriminations liées à leurs origines. C'est ce que vient d'à nouveau montrer SOS-Racisme.
Ce week-end, en effet, la section départementale des Alpes maritimes de cette association a procédé à sept opérations de testing dans différents campings de la Côte d'Azur, opérations ayant été enregistrées avec des caméras ou des micros cachés. Des tests pareils à ceux souvent pratiqués par cette association aux entrées de discothèques. Cette fois donc, des campings étaient testés. Se présentaient successivement à la réception des candidats campeurs fictifs parfaitement similaires. Similaires par leur âge, leur apparence vestimentaire, leur courtoisie et leur capacité d'élocution, leur situation administrative en règle, leur équipement ou leur requête d'hébergement: un emplacement pour une tente. Différait juste leur faciès: certains de ces testeurs étaient issus de l'immigration, maghrébine ou africaine. Dans deux cas sur sept – ce qui n'est tout de même pas rien –, il a été répondu à ces campeurs-là que le camping était complet. Mais quand, immédiatement après (et sans qu'entre-temps, un emplacement ait été libéré), des testeurs blancs se présentaient à la même réception, comme par miracle, le camping n'était plus complet et un emplacement était disponible.
«Nombre de Français continuent chaque jour d'être victimes de ce qu'il faut bien appeler un délit de faciès», a déploré ce matin le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo. A savoir sont victimes d'«une série de stéréotypes et de préjugés» projetés sur eux simplement en raison de la couleur de leur peau ou de leur l'origine géographique familiale, réelle ou supposée. Un tel comportement discriminatoire, qu'il ait lieu au camping ou ailleurs, est passible de peines allant jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Théoriquement. Si la justice et la police ne sont pas elles aussi parties à la plage.
11:26 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : racisme, activisme, immigration, jeunes
17.06.2010
Une provocation
L'extrême droite a de la suite dans les idées. Hier après-midi, la préfecture de Police de Paris a interdit l'apéro géant «Saucisson & pinard» (clairement exclu aux musulmans, donc) que des groupes identitaires comptaient organiser vendredi dans le quartier parisien (à forte population issue de l'immigration) de la Goutte d'or. Quelques heures plus tard, cependant, ces jeunes «patriotes» en lutte contre «l'islamisation de la France» – qui se retrouvent notamment sur Facebook (pas envie de faire ici un lien: les lecteurs que cela branche trouveront bien) – ont réagi. Des tentatives d'organisation de rassemblements du même acabit ont essaimé ça et là en France. Ainsi, un autre apéro géant de ce type est annoncé à Toulouse, Place du Capitole. Un apéro baptisé «Rosette & Pinard» est programmé à Lyon. On parle même d'un «Apéro géant Saucisson & Bières» à Molenbeek – commune bruxelloise à forte densité immigrée.
A Paris, ne reculant pas devant une nouvelle provocation, les identitaires appellent désormais leurs sympathisants à se réunir vendredi soir à la place de l'Etoile. En cette veille de commémoration de l'appel du 18 juin lancé par le général de Gaulle, ils prennent soin de préciser que ce lieu de manifestation n'a pas été choisi au hasard. A cet endroit du quartier des Champs-Elysées, en effet, «le 11 novembre 1940, malgré la publication d’un communiqué de la préfecture de police affirmant qu’aucune démonstration publique ne sera tolérée, 2000 lycéens et étudiants eurent le courage de se réunir pour défier l’occupant». En se réunissant place de l'Etoile 70 ans plus tard, les activistes d'extrême droite entendent symboliser leur «entrée en résistance face à l'islamisation de la France».
Le lien est donc fait, par et dans ces pauvres esprits, entre l'Occupation nazie d'hier et l'immigration musulmane d'aujourd'hui. Entre la Résistance et leur résistance. Minable.
11:36 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : activisme, jeunes, immigration, racisme, internet
10.06.2010
Un soupçon
Depuis le drame de Gaza, certains milieux en France jugent visiblement condamnable le simple fait d'être Israélien, d'être juif, ou simplement d'être présumé l'un ou l'autre. On l'a vu avec la déprogrammation par les salles de cinéma Utopia du dernier film du cinéaste israélien Leonid Prudovsky. Justification? Le boycott de ce «film produit avec l'aide de l'organe de production officiel d'Israël» est un «moyen pacifiste et visible pour attirer l'attention et dire (la) désapprobation» du drame de Gaza. La Ligue contre le racisme et l’antisémitisme tout comme le Conseil représentatif des institutions juives de France ont protesté contre cette «négation de l’indépendance des auteurs et de la liberté de la création artistique» en Israël, le cinéma ayant, dans ce pays, «constamment oeuvré à la critique» de la politique du gouvernement. Le quai d'Orsay a lui aussi condamné cette censure, qui fait «le jeu des extrémistes» alors que, «dans le contexte actuel de fortes tensions, les échanges culturels et artistiques doivent se poursuivre».
A Paris en ce moment, ce n'est pas un cinéaste israélien mais un écrivain français supposé juif qui semble victime de la vindicte de certains milieux. Pour preuve, dans une station de métro hier soir, on est tombé en arrêt sur des panneaux publicitaires vantant le dernier livre de l'écrivain à succès Bernard Werber, panneaux qui avaient été vandalisés par des slogans hostiles à «Israël, Etat criminel».
Première question: Bernard Werber est-il juif? On n'en a pas la moindre idée, et on s'en fiche complètement. Mais, de toute évidence, cela taraude pas mal de monde. Ainsi, «Bernard Werber juif» est une des propositions de recherche par défaut qu'affiche automatiquement Google à propos de cet écrivain – ce qui indique que cette recherche a été faite par nombre d'internautes. En 0,35 seconde, précise le moteur, 6990 résultats s'affichent. Deuxième question: à supposer même que ce romancier français soit juif, en vertu de quoi devrait-il d'office être associé à un acte «criminel» d'Israël? A moins que son appartenance putative à cette communauté fasse mécaniquement de lui le complice du drame de Gaza? Un tel raisonnement – et c'était probablement celui de notre graffiteur du métro – est évidemment affolant.
Notez que ce soupçon de judéité frappe aussi d'autres personnalités. Ainsi, a-t-on découvert l'autre jour en surfant, si l'on googelise «Eric Woerth juif» (en référence à l'actuel ministre du Budget), s'affichent... 65200 résultats. Et le moteur juge bon d'indiquer à ses utilisateurs obsédés par l'identité communautaire que «Martin Hirsch juif» et «Christophe Dechavanne juif» sont disponibles en «recherches associées à Eric Woerth juif». Du coup, une dernière question: mais dans quel monde vit-on?
11:17 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : international, cinéma, littérature, métro, racisme
31.05.2010
Un ramassis de clichés
On parlait des préjugés la semaine dernière dans ce blog, à l'occasion de la remise des «Ya bon awards» – où le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a été largement distingué. Manifestement en France, il y a encore beaucoup de boulot à faire en matière de lutte contre les clichés racistes, antisémites, xénophobes ou homophobes. Témoin, ce sondage de l'institut BVA réalisé pour l'Union des étudiants juifs de France et SOS Racisme, dont les résultats effarants ont été dévoilés hier à l'occasion des Assises de la lutte contre les préjugés.
Ainsi, 27,6 % des Français voient les gens issus de l'immigration maghrébine comme des délinquants; c'est plus du double de l'an dernier (12%) – encore bravo et merci à Eric Zemmour. Pour quasiment un sondé sur deux (49 %), «les étrangers savent mieux profiter du système de protection sociale que les autres». Plus du quart des Français (28 %) assurent que les Noirs sont des êtres plus forts physiquement que les autres. Pour près d'un Français sur trois (30 %), les juifs ont plus d'influence que les autres dans la finance et les médias. Et 12% de l'opinion (contre 8% l'an dernier) pensent que les homos «sont plus obsédés par le sexe» que les hétéros.
Les clichés les plus éculés, les préjugés les plus arriérés, restent donc bel et bien ancrés dans une bonne part de l'opinion. Mais faut-il vraiment s'en étonner?
11:07 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : racisme, immigration, etrangers



