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29/01/2015

Une flambée, à Paris aussi

Paris, Religions, Racisme, Sécurité, BanlieuesParis et sa banlieue sont concernées au premier chef par la flambée des actes antisémites qui a marqué l'année 2014, à en croire les chiffres que le «Service de protection de la communauté juive» a divulgués mardi. Ainsi, sur les 851 actes anti-juifs perpétrés l'an dernier dans le pays, 154 l'ont été dans la seule capitale. Certes, quantité d'autres grandes agglomérations (Marseille, Lyon, Toulouse, Strasbourg ou Nice, par exemple) ont connu le même fléau. Mais, dans les classements qui ventilent par régions les actes, violences et menaces antisémites, il est frappant de constater combien la capitale et deux départements de sa banlieue (Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis) figurent systématiquement en tête.

Cela s'explique doublement – si tant est que l'antisémitisme soit explicable.

D'abord, une des deux grandes flambées d'antisémitisme recensées en 2014 a eu la région parisienne pour cadre. C'était en juillet, lors et en marge de la manifestation pro-palestinienne/anti-israélienne contre la guerre à Gaza. Elle s'est tenue à Sarcelles: ville du Val d'Oise connue notamment pour son importante communauté juive. Dans son sillage, huit lieux de culte et commerces juifs ont été pris pour cible.

Ensuite, 60% de la communauté juive de France réside à Paris et dans sa région. C'est donc là qu'elle est souvent la plus visible, et dès lors constitue une proie aisément identifiable par les racistes.

Paris, Religions, Racisme, Sécurité, BanlieuesCe n'est d'ailleurs pas un hasard si, dans la capitale, les actes antisémites les plus fréquents ont été perpétrés dans les arrondissements comptant une forte communauté juive.

Le seizième, par exemple. Ou le dix-neuvième – voir le quartier des Buttes Chaumont, avec ses tensions fréquentes entre habitants juifs et musulmans. Ou encore, bien sûr, le quatrième arrondissement: tout le quartier autour de la rue des Rosiers, dit le «Marias juif».

14/06/2013

Une distinction parfaitement méritée

Personnalités, Copé, Etrangers, ReligionsOn avait débuté la semaine par un Prix, celui de l'humour en politique. On l'achève, pareillement, par une distinction, mais elle pas du tout drôle. En effet, il s'agit du palmarès 2013 des «Y'a bon awards». Ils récompensent les personnalités ayant tenu les propos alimentant le mieux les clichés discriminants et racistes – tout comme le slogan publicitaire «Y'a bon banania» exploitait l'imagerie dénigrante du brave Africain souriant, du bon vieux temps des colonies.

Plutôt que de s'appesantir sur tous ces tristes sires désormais dûment couronnés ou sur leurs propos pénibles, on s'en tiendra au seul président de l'UMP, Jean-François Copé. Qui, bien sûr, fait partie des lauréats, pour sa mémorable anecdote dite du pain au chocolat, qui anima la dernière campagne électorale présidentielle. Textuellement: «Il est des quartiers où je peux comprendre l’exaspération de certains de nos compatriotes pères et mères de famille rentrant du travail le soir, et apprenant que leurs fils s’est fait arracher son pain au chocolat à la sortie du collège: par des voyous qui lui expliquent qu’on ne mange pas pendant le ramadan».

A la suite de ses propos, le tribun sarkozyste assura en boucle que, non non, bien sûr, il n'était nullement islamophobe: s'était juste borné à faire état d'un témoignage qu'il aurait reçu d'un Français moyen, à qui serait survenue pareille mésaventure chocolatière.

On imagine bien, cependant, le tollé – autrement plus fort – que cela aurait provoqué, si, par hypothèse, dans cette fameuse phrase, le terme "ramadan" avait été remplacé par les mots "shabbat" ou "carême".

Encore bravo.