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03.01.2012

Une «tête à claques»

médias,personnalités,justice,royalRien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, dans l'«étude» (ici) que l'institut Harris Interactive consacre, pour «VSD», aux «personnalités qui agacent les Français», Ségolène Royal arrive en tête. Les larmes qu'a versées l'intéressée en octobre, à l'annonce de l'issue si humiliante pour elle des primaires socialistes, n'y ont donc rien changé.

L'an dernier à cette époque (relire ici), on avait déjà dit toutes les réserves que nous inspirait une telle «étude». Faut-il vraiment un sondage pour déduire que les personnalités qui agacent le plus sont celles qui font le plus parler d'elles? En s'exposant moins, on risque moins de déplaire. C'est évident depuis au moins qu'un vieil adage populaire français assure que, pour être heureux, mieux vaut vivre caché.

Il y a un an quasiment jour pour jour, Ségolène Royal avait fait savoir (là) combien cette initiative sondagière lui déplaisait. Rebelote un an plus tard.

Ainsi, l'autre jour, «Désirs d'avenir» a dénoncé «le caractère moralement très violent du dernier numéro de ''VSD'' en cette période de fêtes familiales, la traitant de ''tête à claques'' de l'année et autres agressions verbales». L'intéressée, du coup, assure qu'elle «se réserve le droit» de saisir la justice. Elle pourrait porter plainte, à la fois «pour harcèlement moral, le même article ayant été publié par ''VSD'' à la même date l'an dernier», pour «atteinte à sa dignité de mère de famille, de tels propos étant particulièrement odieux pour des enfants, même adultes», ainsi que pour «injure publique à l’égard de ses fonctions d’élue, qu’elle exerce avec dignité et honnêteté, ces propos étant de nature à porter atteinte à sa réputation locale et internationale».

«L'appât du gain ne saurait tout justifier, de la part de journaux à sensation en mal de sujets élevant le débat public», sermonnent les ségolénistes. Sans doute. Mais donner des suites judiciaires à cet incident est-il vraiment la meilleure façon d'y réagir? On serait Ségolène Royal qu'à tout prendre, on préférerait encore traiter cela par le silence. Et le mépris.

16.12.2011

Un «fiel mensonger»

Terminons la semaine plus légèrement, sur un coup de sang. Un coup de colère de Ségolène Royal, en l'occurrence – dont on sait, depuis son mémorable face-à-face télévisé avec Nicolas Sarkozy, entre les deux tours de la présidentielle de 2007, que, pour elle, il y a «de saines colères».

Ségolène Royal soigne le blues de sa récente humiliation politique, aux primaires socialistes, en voyageant de par le monde. Ainsi, l'autre jour, elle était au Vietnam. A son retour, plusieurs médias qui comptent dans sa région de Poitou-Charentes («La Charente Libre», «Centre Presse» et «La Nouvelle République du Centre-Ouest») l'ont épinglée. Pour avoir, selon eux,«exigé que l’ambassadeur de France à Hanoï vienne la chercher au pied de la passerelle de l’avion, à son arrivée» dans cette ville.

Cette semaine, l'intéressée a sorti un communiqué furibard, dénonçant une énième «boule puante» à son encontre. «L’ambassadeur de France au Vietnam lui-même a adressé un démenti formel à ces journaux. Il a procédé à l’accueil républicain habituel, lors de la venue d’une ancienne Ministre. Sa voiture était stationnée à l’extérieur de l’aéroport. Les formalités habituelles d’entrée sur le territoire vietnamien ont été accomplies». Dès lors, si ces médias médisants avaient pris la peine de vérifier leurs «allégations malveillantes» avant de les diffuser, il auraient appris que «ces soi-disant faits sont totalement faux».

L'ex-candidate à l'Elysée n'a pas du tout apprécié cette légèreté journalistique – et elle a parfaitement raison. Elle a donc «décidé d’attaquer en justice les journaux qui ont diffusé cette fausse information», ainsi que, à l'avenir, «tous ceux qui la reprendront». Car «la campagne électorale n’autorise pas tous les aigris à avoir accès à la presse pour déverser leur fiel mensonger».

Voilà les plumitifs, et les opposants à l'intéressée, avertis.

17.10.2011

Une défaite (parisienne)

Paris, Personnalités, Aubry, Hollande, RoyalFrançois Hollande, donc, pour représenter le PS à la présidentielle de 2012. On a beaucoup vu ses affiches dans notre onzième arrondissement, dernièrement. Car le vainqueur de la primaire avait choisi de faire son ultime meeting, jeudi dernier, au Bataclan: la grande salle de spectacles du boulevard Voltaire. Ce week-end, on a aussi beaucoup vu des «hollandais» tracter en sa faveur, entre Bastille, République et Nation: dans les rues, aux entrées de grands magasins, ou sur les marchés.

Un activisme en pure perte: hier à Paris, leur champion a de nouveau été battu par Martine Aubry. D'un cheveu, certes: 50,38%. Mais ce n'était pas gagné d'avance pour la maire de Lille, les quatre candidats éliminés au premier tour ayant tous rallié son adversaire.

Dimanche dernier également, au premier tour, elle avait battu François Hollande à Paris: 37% contre 32%. Cela avait particulièrement été le cas dans notre quartier. Dans le onzième, avec 42% des voix, la Lilloise avait carrément devancé son concurrent de 13 points. Succès similaire dans le troisième, le Haut Marais: 38% contre 31%. Succès toujours dans le quatrième arrondissement, voisin: 37% contre 30%. Au vu de ces chiffres, les Parisiens de nos quartiers n'ont pas dû spécialement faire la fête hier soir, à l'annonce de l'investiture de François Hollande.

Une chose encore, à propos du comportement électoral des Parisiens. Dimanche dernier, ils ont infligé une véritable gifle à ... Ségolène Royal.

Dans la capitale, en effet, la candidate socialiste aux présidentielles de 2007 n'a terminé qu'au cinquième rang (6%): devancée par Manuel Valls (8%). Et, dans notre onzième arrondissement particulièrement, elle a mordu la poussière, ne récoltant que 5% des suffrages. Soit très exactement 642 petites voix, sur plus de 13000 votes enregistrés.

11.10.2011

Une émotion, pas fréquente

personnalités,royalDans la classe politique – et peut-être aussi dans l'opinion publique –, 48 heures plus tard, on n'en est pas encore revenu, et on ne parle quasiment que de cela. Des larmes de Ségolène Royal, dimanche soir devant les caméras. Il est vrai que de tels signes publics d'émotion, venant de personnalités politiques, ne sont pas si fréquents.

 

Mais ils ne sont pas rares non plus. En 2002 déjà, les sanglots d'une autre socialiste avaient fait parler d'eux: ceux de Martine Aubry, qui venait de perdre son siège de députée, aux législatives. Quatre ans plus tard, nouvel accès mémorable de tristesse au PS: à La Rochelle, Lionel Jospin avait (presque) craqué, devant un parterre estival de jeunes socialistes qui l'interrogeait sur le 21 avril 2002. On se souvient aussi d'un Bertrand Delanoë contenant mal son émotion, en 2005: le maire de Paris se rendait sur les lieux d'un de ces nombreux incendies qui à l'époque, avaient ravagé des hôtels miteux pour étrangers.

 

A Paris toujours, au soir des élections municipales de 2008, la candidate UMP à l'Hôtel de Ville, Françoise de Panafieu, sèchement battue par Bertrand Delanoë, avait sangloté devant les caméras. Deux ans plus tard, c'était le Premier ministre François Fillon qui avait eu beaucoup de mal à achever l'éloge funèbre de son maître en politique, Philippe Séguin. Et nul n'a oublié les sanglots de la députée catholique anti-Pacs Christine Boutin, en 1998 à l'Assemblée, après des railleries de Lionel Jospin – qui, pour s'excuser, lui envoya des fleurs. Ou l'émotion de Rachida Dati à son arrivée au ministère de la Justice, en 2007.

 

Bref, cela n'arrive pas fréquemment, mais cela survient quand même de temps en temps, les larmes en politique.

 

A gauche comme à droite. N'en déplaise à la si raide ex-ministre Michèle Alliot-Marie, qui eut un jour cette assertion si martiale et si sotte: «En politique, on ne pleure pas: on serre les dents et on sourit».

10.10.2011

Une excuse un peu facile

Associer Steve Jobs à la primaire pour la désignation du candidat socialiste aux présidentielles de 2012, dont le premier tour s'est déroulé hier. Il fallait oser, il fallait y penser. «Désirs d'avenir» l'a fait. Ce week-end, le (fan)club politique de Ségolène Royal a repris à son compte une petite phrase célèbre du fondateur d'Apple: «Ne vous laissez pas piéger par le dogme. Restez affamés. Restez fous».

 

Le rapport? A l'annonce de la mort de Steve Jobs, «on aura vu des médias laudateurs multipliant les éloges au génie disparu, à l'exceptionnel innovateur, entrepreneur et créateur qu'était Steve Jobs. Des centaines de journalistes louant la transgression, la vision, la capacité à aller jusqu'au bout de son intuition et de sa volonté, pour au final changer notre monde». Mais, mais, mais... mais dans le même temps, s'énervent les ségolénistes, «on aura vu, quelle surprise, les mêmes journalistes, les mêmes éditorialistes, ricaner parce que la candidate la plus innovatrice, la plus transgressive, a osé déclarer, lors du 3ème débat télévisé, qu'elle souhaitait faire en sorte que les enfants soient heureux d'aller à l'école!» On aura vu «ceux-là mêmes qui louent les qualités d'innovateur, de visionnaire de Steve Jobs, ne cesser de faire, dans leurs colonnes et sur toutes les ondes, l'apologie des candidats de l'inaction, de la normalité et de la grisaille».

 

La faute aux médias, donc. La faute, outre bien sûr «aux sondages manipulés», à ces «ricaneurs, donneurs de leçons médiatiques», si Ségolène Royal, hier, a récolté le score si humiliant de 7% (près de 10 fois moins que ses 60% de la primaire de 2006!).

 

On a évidemment toujours le droit de critiquer la presse. Mais, là, cela paraît tellement confortable, comme explication. C'est déjà tellement vu, comme excuse. Pour le coup, on ne trouve pas que la socialiste soit «la plus innovatrice, la plus transgressive». Mais ce n'est que notre avis.

29.06.2011

Une immunité

On aurait pu parler d'une femme, aujourd'hui dans ce blog. De Christine Lagarde par exemple: première femme à être désignée hier directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Ou de Martine Aubry, qui, le même jour, a officialisé son entrée en campagne pour les primaires socialistes pour l'Elysée. Voire de Ségolène Royal, dont l'équipe de campagne, au même moment, a envoyé un communiqué de presse titré de la sorte: «Venez votez et vous saisir des primaires» – mais, sans doute, si elle est élue en 2012, son entourage gérera-t-il mieux la France qu'il ne maîtrise l'orthographe...

Et puis non. On avait plutôt envie de parler d'un homme. D'un homme qui, ce mercredi, retrouve son immunité parlementaire alors qu'il vient d'être mis en examen pour «viols en réunion et viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité».

Il s'agit de Georges Tron. Un ex-ministre assez discret et peu connu des Français, jusqu'à ce qu'il soit poussé à la démission après avoir été accusé par des employées de sa mairie de les avoir violées. Il dément catégoriquement, crie même au complot, et a bien sûr droit à la présomption d'innocence. Si, malgré les charges gravissimes qui pèsent sur lui, il retrouve aujourd'hui son immunité, c'est en vertu de la dernière modification en date de la Constitution. Qui prévoit que les ministres ayant perdu leur portefeuille retrouvent désormais automatiquement leur siège de député, sénateur ou eurodéputé un mois après avoir quitté le gouvernement.

Une immunité donc, malgré des soupçons de viols et agressions sexuelles en réunion.

Il s'agit de l'application stricte, mécanique pour ainsi dire, de la loi. Ni plus, ni moins. Il n'empêche, on ne nous ôtera pas de l'idée qu'une telle pratique ne va pas précisément contribuer à redorer l'image des élites dans cette opinion française où, déjà, la classe politique dans son ensemble ne jouit pas d'un très grand crédit.

22.04.2011

Un champion (du gazouillis)

twittoscope.jpgIl a beau être impopulaire comme jamais un Président français ne l'a été à un an d'un scrutin présidentiel, dans ce domaine au moins, il demeure le n°1. Nicolas Sarkozy reste, et de loin, la personnalité politique la plus tweetée de France. Il totalise à lui seul un petit tiers (82.500) des 280.000 tweets enregistrés dans le dernier «Twittoscope» de la Sofres. Le chef de l'Etat fait quasiment deux fois mieux que la deuxième du classement, la frontiste Marine Le Pen (45.000).

Dominique Strauss-Kahn décroche la médaille de bronze (17.600 tweets). Six personnalités dépassent les 10.000 tweets mensuels: les socialistes Ségolène Royal et Martine Aubry, le leader de l'UMP Jean-François Copé, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, son collègue des Affaires étrangères Alain Juppé, et le bon vieux Jacques Chirac.

Nuance: un nombre élevé de tweets ne signifie pas automatiquement une forte adhésion. Car, a calculé la Sofres, quatre cinquième des tweets analysés sont de simples échanges d'information: ils se bornent à évoquer la personnalité concernée ou son actualité, sans contenir d'opinion positive ou négative à son égard. Seul un sixième (16%) des tweets sont critiques. Sans surprise, les personnalités suscitant beaucoup de tweets critiques sont les si sulfureux ministres Claude Guéant ou Eric Besson. Particularité: «les personnalités qui obtiennent des scores de tweets positifs sensiblement plus élevés que la moyenne sont toutes issues de formations de gauche». Un hasard? Non, se hasarde la Sofres. Cela «pourrait laisser à penser que l'e-démocratie trouverait plus facilement sa place à gauche, du fait d'une culture partisane plus discursive et/ou d'un personnel politique plus accoutumé au dialogue horizontal».

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il y a de l'effervescence dans tout cela. «A un peu plus d'un an de la présidentielle, l'agora politique que constitue Twitter a largement dépassé le demi-million de tweets mensuels, sur les 140 personnalités suivies». Plus que jamais, donc, la vie politique française suscite un intense gazouillis. Et, bien sûr, cela ne fait que commencer.

04.01.2011

Un agacement

Le communiqué date du 29 décembre, mais comme, entendait-on ce matin encore à la radio, il fait toujours pas mal de buzz sur le web, parlons-en. Il émanait de l'équipe de Ségolène Royal (ici). Et dénonçait un récent sondage ( ou ) consacré aux personnalités qui agacent le plus les Français. La socialiste y apparaissait en tête de la catégorie consacrée aux politiques. «L'agacement est-il une valeur politique de nature à informer les électeurs?», s'interrogeait son entourage. Qui aurait trouvé plus sérieux de sonder les Français sur «l'efficacité, la volonté, le courage, la détermination, la vérité» en politique.

On commence à trouver un peu lassante la parano de Ségolène Royal, qui voit derrière ce genre de sondages l'énième offensive du complot qu'auraient fomenté contre elle les puissances «de l'argent»: sarkozystes, instituts de sondages amis, et «médias complaisants». Mais, pour le coup, on comprend assez l'agacement de l'intéressée. Quel est donc l'intérêt de fond d'une telle enquête d'opinion? Ses conclusions – «Les Français n’hésitent pas à se déclarer agacés par certaines personnalités», «Les hommes et femmes politiques sont plus susceptibles d’agacer que les personnes appartenant au monde du spectacle», etc., etc.– n'enfoncent-elles pas les portes ouvertes de l'évidence?

Ces derniers jours, on a eu deux agacements dans le même registre. Le premier, c'était dimanche soir. En entendant, à une grande émission politique radiophonique, des journalistes de renom parier des bouteilles de champagne sur l'éventuelle nouvelle candidature de Nicolas Sarkozy à l'Elysée ou l'éventuel retour en politique française de Dominique Strauss-Kahn. Le second agacement, c'était ce matin. En ouvrant «Libération», qui consacre une page entière aux prévisions, politiques notamment, de cartomanciennes, astrologues et autres numérologues.

A notre humble avis, et au risque de paraître s'ériger en donneur de leçons, dans ces deux cas, on dérape du registre de l'information journalistique à celui de l'«infotainment»: ce si calamiteux mélange, anglo-saxon d'origine, entre info et divertissement. On rejoint cette effarante tendance (pas que française) que nous, désormais, on appelle «la suzanboylisation de l'information». Négologisme qui fait référence à l'hystérie médiatique mondiale, l'an dernier, à propos de Suzan Boyle, qui, à l'échelle de l'histoire de l'humanité, ne fut pourtant jamais que l'énième lauréate d'un énième télé-crochet d'une énième chaîne de télé en mal d'audience. Après cela, la corporation journalistique ne devra pas s'étonner de voir, dans les sondages, sa crédibilité décliner d'année en année dans l'opinion.

28.09.2009

Un marasme

pressepipol.jpgOn parlait vendredi de l’action en justice intentée par Ségolène Royal contre «Paris Match». C’est le 9 octobre que l’on saura si l’hebdo est une nouvelle fois condamné pour atteinte à la vie privée de cette personnalité. A l’audience, les débats furent tendus. L’avocat de la socialiste a reproché à l’illustré d’avoir éhontément publié des «photos volées» d’un «moment personnel et intime». Et, plus globalement, de ne cesser «de susciter ou d'alimenter une curiosité injustifiée des lecteurs sur la vie sentimentale de Ségolène Royal». L’hebdo à réagi du tac au tac en qualifiant cette action en justice d’«hypocrite». Certes, les clichés publiés étaient «non autorisés». Mais ils ont été pris dans un lieu public. Et, par ailleurs, leur protagoniste «joue les médias dans tous les sens» et n’a pas poursuivi les autres publications ayant évoqué l’existence de son nouveau compagnon.

 

Cela dit, si en France la presse people se jette sur ce genre de sujets tout de même informativement très pauvres, ce n’est pas pour rien: c'est parce qu'elle traverse en ce moment une période difficile. En 2009, certains titres comme «Gala» ou «Voici» vont même enregistrer une diminution de leur diffusion – de 14 à 20%, selon les estimations –, ce qui ne leur était jamais arrivé depuis l’année de la mort de Lady Di, qui a signé le début dans l'Hexagone de la faramineuse expansion de ce type de médias. Et même la période estivale, qui est traditionnellement la saison en or pour la presse people, si elle a donné une bouffée d’oxygène au secteur, n’a pas été fameuse, malgré pourtant de grandes opérations publicitaires et promotionnelles (opérations prix cassé, le coup annuel du paréo inclu dans la revue, etc.).

 

Ce tassement des ventes est dû à la concurrence d’internet et à la mutiplication des titres qui rend l’offre papier surabondante et peu différenciée, face à une demande globale qui ne croît plus. A joué un rôle également l’assagissement notable de la classe politique française après la période mémorablement bling qui avait suivi l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, en 2007. Dans les magazines de papier glacé, qu’il s’agisse de Nicolas Sarkozy, de Rachida Dati ou de Rama Yade, en 2009, les politiques people se font plus discrets qu’en 2008 (*). Les patrons de ces magazines sont les premiers à le regretter. «Nicolas Sarkozy ne fait plus recette», regrettait l’autre jour un chef d’édition à «Voici». «Auparavant, quand on le mettait en couverture, on vendait de 30.000 à 50.000 exemplaires de plus». Et ce qui est valable pour Nicolas Sarkozy doit l’être aussi pour Ségolène Royal – d’où les photos volées d’elle à la plage, sur le quai de la gare, etc.

 

 

 

(*) Dernier exemple en date de cet assagissement: à moins que cela nous ait échappé, la récente rencontre à New York entre le couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni et Cécilia Sarkozy-Richard Attias n’a fait l’objet d’aucune paparazzade. O tempora o mores

25.09.2009

Une incohérence

La vie privée des personnalités politiques se retrouve aujourd’hui devant la justice. Ce vendredi, en effet, le tribunal de grande instance de Paris examine une plainte déposée par Ségolène Royal contre «Paris Match». A la mi-août, l’illustré avait fait sa couv’ avec un cliché montrant l’élue socialiste accompagnée, sur un quai de gare, d’un homme présenté comme étant son nouveau compagnon. Ségolène Royal a estimé que ces «photos volées» attentaient à son droit à l’image et à la protection de sa vie privée. Elle réclame donc 50.000 euros de dommages et intérêts à l’hebdo. Au printemps dernier, déjà, «Match» avait été condamné à lui payer 16.000 euros d’indemnité pour l’avoir photographiée au bras du même homme, dans une station balnéaire de la Costa del Sol.

 

On n’a pas de problème avec cette procédure. D’autant que le sujet de «Match» en question se distinguait par sa vacuité informative et sa pauvreté iconographique. D’autant aussi que son retentissement médiatique avait donné lieu à des commentaires complètement déplacés, émanant de ces chroniqueurs qui se croient si drôles et si impertinents mais qui, nous, commencent vraiment à nous gonfler à force de devoir subir leur vulgarité à longueur de journées, à la radio comme à la télé. Commentaires du genre: voyez comme, sur ce quai de gare ce matin-là, Ségolène Royal était mal fagotée. Constatez combien est ringard le petit geste d’affection envers son compagnon, geste que le paparazzo a immortalisé en exclusivité mondiale: un index tendrement appuyé sur le ventre du nouvel amoureux. Repérez combien ledit ventre dudit monsieur est mou et moche, etc, etc. Pénible.

 

On n’a pas de problème non plus avec le fait que Ségolène Royal travaille à l’occasion avec son nouveau compagnon, qui vient par exemple de signer le relooking si décrié de son site web. C’est encore son droit de composer son entourage professionnel à sa guise.

 

Là où il y a peut-être un petit problème, cela dit, c’est dans la cohérence de l’attitude de Ségolène Royal. En effet, en marge d'une réunion socialiste dernièrement, elle s’est fait photographier tout sourires avec le même homme, et il s’agissait cette fois de clichés non volés mais pleinement autorisés. Surtout, l’autre jour, parlant de l’intéressé au magazine «L’Express», elle l'a elle-même ouvertement présenté comme «un homme (…) très amoureux».

 

Peut-on donc, honnêtement, faire et dire cela, puis se plaindre que les médias s’intéressent à cet homme-là?

24.11.2008

Un nombre

42. C’est donc, avant les recomptages et éventuelles corrections de ce lundi, le nombre de voix d’avance de Martine Aubry sur Ségolène Royal pour la direction du PS. Quelques heures à peine après l’achèvement du psychodrame de vendredi soir, cette référence historico-politique avait déjà été ajoutée à la rubrique consacrée à ce chiffre par Wikipédia. «L’encyclopédie libre» et participative du net a beau voir sa fiabilité régulièrement contestée, au moins donc sait-elle à l’occasion faire preuve d’une belle réactivité. En plus, si on la lit bien, cette notice encyclopédique sur le 42 renvoie à des tas de choses qui, par analogie, conviendraient bien à la situation au PS.

 

Ainsi, 42 est, à une centaine de mètres près, le nombre de kilomètres d’un marathon. Voilà qui ne pouvait mieux tomber, s’agissant au PS d'une interminable course de succession. C’est aussi «le numéro atomique du molybdène, un métal de transition». Mais après cela, elle ne va pas être facile la transition, dans ce parti. 42 est également «le nombre de types distincts de fromages requis dans le sketch de la fromagerie des Monty Python». D’un sketch comique à l’autre, cela méritait d’être rappelé. A moins qu’au PS, on ne soit pas en présence d’une comédie mais d’une tragédie? Auquel cas, il n’y a qu’à demander, Wiki fournit illico une référence: «Dans 'Roméo et Juliette', la potion que donne Frère Laurent à Juliette la maintient 42 heures dans un état de mort». Menacé à terme de mort, le PS a, depuis vendredi soir, le feu peu ou prou à tous ses étages. Normal: 42 est «le titre original et la durée approximative en minutes de l’épisode 'Brûle avec moi' de la série Doctor Who». C’est encore «le nombre d’années de mariage des noces de nacre». Mais de toute évidence, les aubrystes et les royalistes ne sont pas prêts de les célébrer, ces épousailles.

 

 

 

PS: Pour que nos lecteurs n’aient décidément pas perdu leur journée, signalons que 42 est également «le numéro de l’inode du répertoire root dans un système de fichier resiser4», le nom donné «par les chercheurs d’Umbrella à la plante gigantesque occupant le poste de garde dans le jeu 'Resident Evil'», ou «le nombre de portes protégeant 'Le grimoire des secrets' dans l'épisode 13 des 'reflets d’Acide'». Décidément, toutes ces sous-cultures et toutes les connaissances encyclopédiques auxquelles elles donnent lieu chez leurs initiés sont assez fascinantes.

25.09.2008

Un pari

«La musique adoucit les mœurs». Elle n’est donc pas du luxe, dans ce monde si «rude» qu’est la politique. C’est Ségolène Royal qui l’assurait hier soir, à la télé, en présentant le grand «Concert de la Fraternité» qu’elle organise ce samedi au Zénith. Le programme définitif de cette manifestation est désormais connu. Sur scène, on verra des peoples qui, l’an dernier, faisaient partie de son comité de soutien (Benjamin Biolay, Ariane Mnouchkine, Patrick Fiori, Cali, etc.), des jeunes qui montent (Ridan, da Silva ou Princess Aniès) et quelques vieilles gloires sorties pour l’occasion du formol (Trust, Hervé Villard ou Georges Moustaki). Bref, des «artistes engagés», qui, tous, «évoqueront les enjeux de fraternité et de lutte collective».

L’an dernier, à l’issue de sa campagne élyséenne, Ségolène Royal avait promis d’organiser une telle fête, pour remercier tous ceux qui l’avaient épaulée. Clairement, il ne s’agit pas uniquement d’un rendez-vous artistique: l’événement a une dimension nettement politique. En tentant d’amasser les foules de supporteurs autour d’elle, la socialiste espère se relancer, elle que les sondages donnent en perte de vitesse. Singulièrement, elle entend marquer les esprits des militants socialistes, qui sont actuellement en plein processus de désignation de leur prochain dirigeant.

A cet égard, Ségolène Royal s’est lancé un fameux défi, et a pris un gros risque, en jetant son dévolu sur le Zénith. En effet, cet immense paquebot amarré aux portes de Paris peut accueillir jusqu’à une demi-douzaine de milliers de personnes. Du coup, si d’aventure, samedi soir, il devait rester à moitié vide, l’effet médiatique et symbolique de cet échec serait catastrophique pour la socialiste, et aurait un impact politique indéniable.

C’est pourquoi son équipe va probablement veiller à habilement gérer les lieux. A la télé, tous les professionnels de la com’ vous le diront, il n’y a rien de pire que des plans de gradins clairsemés. Dès lors, on peut imaginer que lorsque le public entrera dans l’énorme hall de concert du Zénith, celui-ci ne lui apparaîtra pas d’emblée dans sa configuration la plus vaste. Au contraire, son cloisonnement en différentes aires plus petites et séparées de grands rideaux noirs, comme c’est possible, permettra aux organisateurs d’ouvrir progressivement de nouveaux espaces en fonction de la densité de la foule. Et donc de toujours veiller à ce que le rendu télévisuel de la manifestation donne une image d’affluence.

Depuis des semaines, au demeurant, les comités «Désirs d’avenir» se démènent sans compter pour assurer la promo de l’événement. On peut parier que, pour assurer le succès de ce «Zénith de la fraternité», la redoutable machine logistique royaliste ne manquera pas d’affréter des cars en provenance de tous les départements. Ségolène Royal elle-même, d’ailleurs, ces derniers jours, a multiplié les courriels adressés à ses sympathisants pour les presser de se rendre à Paris samedi. Et, au besoin, pour corriger les rumeurs malveillantes que ses opposants n’ont pas manqué de faire circuler à propos de son méga-concert. Ainsi, un bruit a couru récemment, selon lequel, pour pouvoir assister à cette manifestation annoncée pourtant comme gratuite, les spectateurs, à l’entrée, seraient en fait très fraternellement mais aussi et surtout très fortement invités à s’acquitter d’un montant minimal de dix euros. Un argument potentiellement dissuasif en ces temps de préoccupation populaire pour le pouvoir d’achat. Ségolène Royal l’a bien compris. Histoire de tordre d’emblée le cou à cette rumeur, elle s’est immédiatement fendue d’un démenti catégorique, rappelant que la participation aux frais serait totalement libre.

Verdict samedi soir pour voir si cela aura suffi et si la socialiste a gagné son pari.

02.07.2008

Un palmarès

Ils ont été décernés lundi soir, et on n’avait pas encore eu l’occasion d’en parler – donc il est plus que temps: les Prix Press Club, humour et politique», édition 2008. Cette année, c’est le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo qui a été couronné, pour une petite phrase raillant implicitement l’hyperprésidence et l’omniprésence de Nicolas Sarkozy, au détriment de son chef de gouvernement François Fillon: «Sarkozy, c’est le seul qui a été obligé de passer par l’Elysée pour devenir Premier ministre».

 

Parmi les nominés, on n’a pas trop été enthousiasmé par la petite phrase de François Hollande en pleine période de cacophonie gouvernementale («Sarkozy est passé de la présidence bling-bling à la présidence couac-couac»): le leader du PS, un des hommes politiques les plus drôles de sa génération, peut faire beaucoup mieux. Idem pour la tirade de François Bayrou au lendemain de son échec aux élections municipales («Je vous le promets, nous aurons d’autres victoires»): le patron du Modem devrait verser des droits d’auteur à Ségolène Royal, qui avait dit peu ou prou la même chose le soir de sa défaite au second tour des présidentielles de 2007.

 

En revanche, on adore particulièrement cette sortie du secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte, en déplacement aux Dom-Tom: «Je voulais voir les Antilles de vive voix». C'est vraiment merveilleux. Cela rappelle le légendaire «à l’insu de mon plein gré» de Richard Virenque. Cela aurait même pu être dit par notre Jean-Claude Van Damme national. Une référence, comme chacun sait.

18.04.2008

Un livre

Encore sous le coup de l’annonce du décès d’Aimé Césaire, on a profité d’un trajet longuet en métro pour relire «Une tempête». C’est l’adaptation en théâtre nègre de la célèbre «Tempête» de Shakespeare. Cette pièce est moins connue et réputée que les grandes œuvres de l’écrivain martiniquais («Cahier d’un retour au pays natal», «Et les chiens se taisaient», etc.). Elle a été écrite en 1969 et jouée pour la première fois cette année-là au festival d’Avignon.

C’est une très courte pièce; elle fait moins de cent pages, à peine un aller-retour sur la ligne 8. Et pourtant, malgré sa brièveté, on a toujours trouvé qu’«Une tempête» était un grand livre. C’est une ode poignante à la liberté et à la fierté, une dénonciation implacable des injustices et de l’asservissement, un plaidoyer vibrant et salutaire en faveur de la lutte sans relâche contre toutes les discriminations, raciales et autres.

C’est aussi le portrait d’une île splendide, la Martinique, une déclaration d’amour au grand large. Car le plus beau, écrit Césaire, «c’est encore le vent et ses musiques, le salace hoquet quand il farfouille les halliers, ou son triomphe, quand il passe, brisant les arbres, avec dans sa barbe, les bribes de leurs gémissements». Souvent, l’écrivain met les beautés naturelles de sa terre natale au service de sa noble cause. Sous la plume du poète, la mer, le vent, les oiseaux, le sable, la forêt partent alors en guerre avec lui contre l’oppression.

Cela donne, dans la bouche de l’esclave noir Caliban, quand il célèbre «le jour conquis et la fin des tyrans»: «L’incisif colibri/au fond d’une corolle s’éjouit/fera-t-il fou, fera-t-il ivre/lyre rameutant nos délires/la Liberté ohé! La Liberté!/ Ramier halte dans ces bois/Errant des îles c’est ici le repos/la miconia est pillage pur/du sang violet de la baie mûre/de sang de sang barbouille ton plumage/ voyageur!/ Dans le dos des jours fourbus/qu’on entende/la Liberté ohé! La liberté!»

Ou ce sublime chant d’Ariel, le serviteur mulâtre: «Alezan des sables/leur morsure/ mouroir des vagues/langueur pure./Où s’épuise la vague./tous ici venez,/par la main vous tenez/et dansez./Blondeur des sables/leur brûlure!/langueur des vagues/ Mouroir pur/ Ici des lèvres lèchent et pourlèchent/nos blessures».

 

 

PS: Ségolène Royal nous agace assez souvent mais là, on l’avoue, on est plutôt d’accord avec elle. Aimé Césaire, pour son talent et pour tout ce qu’il représente dans l’Histoire de France, mériterait de faire son entrée au Panthéon. Mais, de son vivant, l'homme a toujours refusé tous les honneurs. Et peut-on l'imaginer reposer ailleurs que sur son île?

01.02.2008

Une vogue

0290daa885267d6109ad05ad6fbc32a5.jpgIl y a plus subtil, quand on veut se faire de la pub avec des personnalités politiques, que de bidouiller en vitesse une photo du couple Sarkozy-Bruni montrant cette dernière en train de se réjouir, dans un moche phylactère, des prix pratiqués par une compagnie aérienne low cost, censés faciliter l’organisation de son mariage. Cette pub vaut d’ailleurs à Ryanair de se voir réclamer 500 000 euros de dommages et intérêts par la chanteuse. A ce prix-là, le créatif qui a imaginé cette campagne risque bien de détrôner Jérôme Kerviel, le trader de la Générale, sur le podium du salarié le plus ruineux pour son entreprise. Jugement mardi.

 

En attendant, une autre campagne de pub, plus fine celle-là, est apparue dans le métro de Paris, mettant en scène des politiques. On la doit au «Monde de la philosophie». Logiquement, elle se décline autour de maximes de philosophes accolées à des photos de personnalités et montrant combien «les grands philosophes n’ont jamais été autant d’actualité». Ainsi, au-dessus d’une photo de Ségolène Royal et des éléphants socialistes Strauss-Kahn, Fabius et Hollande réunis à un congrès du parti, cette citation de Pascal: «Si les hommes savaient ce qu’ils disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le monde». Ou ce cliché de Nicolas Sarkozy en pleine action, fendant la foule de ses conseillers et de cameramen, surmonté de cette maxime du philosophe allemand Gottfried Leibniz: «L’homme doit agir le plus possible car il doit exister le plus possible».

 

Cette fois, c’est plutôt réussi. Il n’empêche, à la longue, la récupération des politiques par la pub risque de tourner à la tarte à la crème. Les intéressés, d’ailleurs, apprécient peu la chose. Ainsi, Ségolène Royal, quand RTL l’avait représentée en 2006 aux côtés de son compagnon de l’époque François Hollande sous le slogan «Vivre ensemble», avait parlé de «méthode discourtoise et déplacée». De même, Dominique de Villepin – représenté pareillement avec Nicolas Sarkozy sous le même slogan – avait jugé que les politiques n’avaient «pas vocation à devenir des mannequins publicitaires». «La réflexion devrait conduire ceux qui engagent ce type de publicité à considérer que la politique, ce n’est pas un produit», avait sermonné celui qui était alors Premier ministre.

d740bd1f5d6ae8ef630900a0626aec83.jpgDans un avis qu’il avait rendu à l’époque, le Bureau de vérification de la publicité (BVP, l’organe d’auto-régulation de la profession) n’avait pas dit autre chose. Il avait  rappelé les règles d’usage: nécessité pour les publicitaires de demander à la personnalité représentée l’autorisation de publier sa photo dans ce contexte, de veiller à ne pas attenter à sa vie privée, et de ne pas tomber dans le dénigrement, etc. Puis avait constaté, un peu désabusé, que la vogue de ce genre de pubs reflétait bien «la désacralisation de la politique». Et avait conclu en lançant une mise en garde: «A transformer nos hommes, femmes et événements politiques en signifiants publicitaires, la publicité accentue inévitablement le phénomène de désenchantement du politique».

31.12.2007

Une sélection

fb5c308884375509849a68e16b4ed5f7.jpgEn direct sur Ciel Radio ce matin, en compagnie d’une bande de chroniqueurs et autres joyeux drilles visiblement très en forme – mais comment font-ils donc, de si bonne heure? –, on était invité à sacrifier au rituel de la rétrospective de l’année écoulée. Mais de manière «légère et décalée», via un «Top 3» et un «Flop 3» de 2007 consacrant les grands succès et les échecs marquants des douze derniers de mois en France. Voilà,  en gros, ce que cela a donné.

 

-Top 1: la Rolex. La montre préférée de Nicolas Sarkozy, devenue l’emblème de son style. Un «style bling bling» comme on dit désormais ici: voyant, ostentatoire, limite kitsch. Les Rolex, les chaînettes en or, les lunettes solaires Ray-Ban, le Fouquet’s, etc.: tout cela est très Sarkozy et très «bling bling». Cela peut paraître anecdotique mais cela ne l’est pas, pour deux raisons au moins. D’abord, ce style est parfaitement en accord avec les idées de l’homme. Le Président est décomplexé politiquement. Il l’est tout autant dans son look et dans son mode de vie, quitte à faire nouveau riche ou à friser le mauvais goût (les mocassins à glands, le jean associé à la veste Dior, la gourmette apparente portée par-dessus la chemise, etc.). Ensuite, ce style consacre un tournant. Traditionnellement en France, les dirigeants avaient plutôt le luxe discret, comme ces aristocrates qui trouvent si vulgaires de parler des questions d’argent. L’exemple type, c’était Bernadette Chirac, qui, le week-end, portait des baskets Chanel si délicatement et discrètement élégants. Nicolas Sarkozy, lui, c’est la Rolex, c’est très clinquant. C’est un tout autre rapport avec l’argent.

-Top 2: la doudoune. On croyait ces affreux manteaux d’hiver matelassés, qui vous transforment en Bibendum, réservés aux pistes de ski. Et bien non. En France en 2007, on a vu ça partout, y compris sur le dos des personnalités. On a la doudoune activiste: Augustin Legrand, le charismatique leader des Enfants de Don Quichotte, inséparable de sa doudoune bleu marine. La doudoune «pipol», celle qu’arborent devant les caméras des stars comme Carole Bouquet ou Emmanuelle Béart quand elles visitent des sans-papiers ou des mal-logés. La doudoune politique aussi. Ségolène Royal, sur la Grande muraille de Chine, portait une doudoune blanche version longue, jusqu’aux pieds, restée dans toutes les mémoires. La doudoune donc, c’était visiblement très tendance en France, en 2007.

-Top 3: le Vélib évidemment, et tous ces dispositifs de location de vélos en libre, service à Paris comme en régions. Plus de 10 millions d’utilisateurs rien que dans la capitale. C’est sans conteste LE gros succès français de 2007. Dans l’année écoulée donc, pour être à la page, il fallait faire du vélo habillé en doudoune avec, au poignet, une Rolex  bien apparente.

 

 

 

-Flop 1: le PS français. Pour rappel, il y a un an à cette époque, fin décembre 2006 donc, tous les sondages donnaient Ségolène Royal élue à l’Elysée, devançant largement Nicolas Sarkozy. On sait ce qu’il en est advenu. Un an plus tard, les socialistes français ne sont nulle part. Ils n’ont ni leader, ni doctrine, ni projet, ni alliés, juste des querelles d’ego et des rivalités d’ambitions. Il y a dix ans, la droite française s’était auto-proclamée «la droite la plus bête du monde». Aujourd’hui, on peut se demander si les socialistes français ne sont pas devenus «les socialistes les plus bêtes du monde».

 

-Flop 2: les couples emblématiques de la planète politico-médiatique: les Nicolas et Cécilia Sarkozy, Ségolène Royal et François Hollande ou autres Laurence Ferrari et Thomas Hugues, qui tous se sont séparés en 2007. Cela a entraîné une «pipolisation» de l’actualité qu’on n’avait jamais vue auparavant. Exemple flagrant encore ces derniers jours avec l’escapade du couple Sarkozy-Bruni en Egypte.

 

-Flop 3: les mini-motos. Là, on redevient sérieux. Quitte à plomber l’ambiance, on ne peut pas faire un bilan de cette année 2007 sans rappeler la mort, fin novembre, de ces deux ados de banlieue parisienne tués dans un accident entre leur mini-moto et une voiture de police. Il y a deux ans déjà, fin 2005, deux ados de banlieue avaient trouvé la mort dans des conditions tragiques, grillés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. Deux ans après, on a revu les banlieues qui s’embrasent et les scènes de guérilla urbaine aux portes de Paris. Cette répétition assez déprimante montre bien que la France, ce grand pays qui pourtant donne tant de leçons aux autres, sur certains dossiers politiques essentiels – la jeunesse, l’immigration, l’urbanisme, etc. –, est un pays qui n’avance pas, en tout cas qui réussit beaucoup moins bien que la plupart de ses voisins. Les banlieues, c’est un des grands chantiers qui attendent Nicolas Sarkozy pour 2008, année qui, à cet égard en tout cas, ne pourra pas être pire qu’en 2007.

06.12.2007

Un soupir

On s’était pourtant  réveillé de relativement bonne humeur ce matin. Mais on n’a pas pu s’empêcher de pousser un long soupir, entre lassitude et agacement.

 

C’était à la radio. On ne se souvient plus trop sur quelle chaîne – le niveau général des tranches d’infos matinales est tel, en ce moment, qu’on zappe sans ménagement. Un animateur racontait une anecdote survenue à Paris récemment. Johnny Hallyday allait essayer des costumes chez Dior. Dans cette même boutique de l’avenue Montaigne que Nicolas Sarkozy a l’habitude de privatiser pour ses essayages personnels les soirs de semaine, après 21 heures. Là, le chanteur tombait sur Rachida Dati elle-même en plein essayage. Trouvant cela trop drôle, Hallyday appelait Nicolas Sarkozy sur son portable pour lui narrer la scène. Le Président, à son tour, faisait se marrer l’idole des jeunes en lui révélant qu’il était précisément en train de déjeuner avec la chanteuse pour ados Chimène Badi, dont il est fan. C’était donc l’anecdote politique-pipol du jour. Et, en studio, tout le monde avait l’air de trouver follement épatante cette proximité entre hauts dirigeants de l’Etat et artistes de variété.

 

Dans la foulée, sur une autre chaîne, on feuilletait, visiblement avec ravissement, le dernier numéro de «Match» sorti ce matin. Où, une fois de plus, Rachida Dati minaude comme une top-model, photographiée dans un palace parisien en robes de haute couture. «La Garde des Sceaux ressemble vraiment à Eva Longoria», l'héroïne de sit-com américaines, s’enthousiasmait le confrère au micro.

 

La veille, on avait eu droit à Andrée «Dadou» Sarkozy, la mère du Président, qui, dans un autre illustré de papier glacé, «Point de Vue», avait révélé à la France entière combien elle trouvait ses deux petites-filles «très distantes, très froides, comme leur maman» Cécilia Sarkozy. Imaginez ce que vous ressentiriez si votre propre grand-mère pensait cela de vous et le disait tout haut dans les médias, devant des millions de gens…

 

La veille encore, lundi donc, on avait ressenti ce même sentiment de gêne effarée – ou d’effarement gêné, comme on veut –  en lisant en embargo l’ouvrage de Ségolène Royal, sorti en librairie mardi. La candidate socialiste à l’Elysée y révélait que son ex-compagnon François Hollande avait «récemment parlé de revenir» à la maison. Mais qu’elle lui avait «dit que ce n’était pas une bonne idée». Du coup, ce matin, toutes les critiques de fond faites par le patron des socialistes à l’ancienne candidate (sur son tropisme bayrouïste, son inaptitude à l’autocritique, etc.) étaient rabaissées par les commentateurs à de vulgaires règlements de comptes post-conjugaux.

 

Un soupir, donc. Devant ces déballages d’états d’âme sur la place publique. Cet étalage permanent d’une jouissance si parvenue du pouvoir. Cette mise en scène en direct et en temps réel d’égos surdimensionnés, de caprices d’enfants gâtés. Tout cela manque cruellement de pudeur et d’élégance. Tout cela commence vraiment à friser la vulgarité.

12.07.2007

Un agacement

a01050583231f0d4ffc28899b4e7019d.jpgLéger soupir d’agacement tout de même en entendant, hier soir et ce matin en boucle à la radio, la dernière polémique en date entre les paparazzi et Ségolène Royal. Après avoir été photographiée à la plage en Corse avec sa fille Clémence, la candidate malheureuse à l’Elysée crie au «harcèlement» et porte plainte en justice.

D’abord, quand on a atteint un tel niveau de notoriété, effectivement certaines choses deviennent un peu difficiles à faire, comme rester incognito en maillot de bain sur une plage, une plage publique en tout cas. C’est un peu la rançon de la gloire. Sans doute ce manque d’intimité ne doit-il pas être très agréable à vivre pendant quelques semaines ensoleillées par an. Mais pour autant, a fortiori quand les clichés ont été pris dans un lieu public et qu’ils n’ont rien de dégradant, rend-il la vie fondamentalement insupportable au point de pousser de si hauts cris et d’en faire quasiment une affaire d’Etat?

Ensuite, dans ce cas précis, ce procès fait à la pipolisation de l’information est tout de même énorme. Venant de quelqu’un qui a consacré tant d’efforts à se mettre en image. Qui a tant joué sur son physique et son apparence pour nouer ce lien si particulier avec le peuple. Qui – on l’a bien vu sur le terrain, pendant la campagne – entretient avec les photographes un rapport si fascinant car si ambigu, fait autant de défiance que de connivence. Et qui, évidemment, a tant intégré sa famille et ses enfants à ses plans de communication.

Certes, on peut juger qu’une société a un léger problème quand elle considère comme une information – et donc la serine à longueur d’échos voire de chroniques à la radio – le fait que, cet été à la plage, Ségolène Royal ne porte plus un bikini mais un maillot une pièce.

Mais on peut aussi trouver magnifique et très salutaire le résumé fait de la situation par un de ces fameux clichés de plage volés: il montre Ségolène Royal, la grande pourfendeuse des magazines poubelle, plongée avec une délectation et un plaisir ostensibles dans la lecture... d’une de ces feuilles de chou.

03.05.2007

Un dernier pour la route

Chaude soirée hier. Pénible aussi à certains égards, mais on ne va pas s’appesantir: on n’est pas là pour geindre.

Elle fut chaude aussi pour les deux duellistes, au propre comme au figuré. Avant même que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy s’étripent devant les caméras, ils s’étaient querellés, par entourage interposé, sur la température qui régnait dans le studio d’enregistrement, elle trouvant qu’il y faisait trop froid et demandant donc qu’on hausse le thermostat, lui s’y opposant catégoriquement.

Chaude soirée, courte nuit, et à nouveau une interminable journée de travail en vue.

Royal ce soir est à Lille, et Sarkozy à Montpellier. Comme on n’a pas le don d’ubiquité – mais on y travaille, pour la campagne de 2012 –, il a fallu choisir. La rédaction de Bruxelles enverra donc quelqu’un à Lille et on fera un saut à Montpellier.

Ce soir en tout cas, on en est certain: on va adorer comme jamais un meeting de Sarkozy.

Parce que ce sera le dernier à couvrir de cette campagne.

B.DL.

 

20.04.2007

Une chaude soirée (bis)

00face4b3b974aa49c4ea5424cf9d0b2.jpgBayrou à Bercy mercredi soir, c’était l’étuve. Royal au Parc des expositions de Toulouse jeudi soir, ce fut carrément la canicule. Des gens se sont même évanouis tellement la foule était dense et la température insupportable.

Ce fut aussi très chaud pour les médias. La candidate socialiste, fidèle à son habitude, a pris tellement de retard sur son programme qu’elle a souverainement énervé et désorganisé la meute de journalistes qu’elle traînait derrière elle. Le groupe, censé arriver vers 17h30 au meeting, n’y est parvenu que peu avant 19 heures, soit quelques minutes à peine avant le début du discours de François Hollande.

Du coup, on a dû se résoudre, vu la pagaille, à faire une croix sur un des deux papiers que «La Libre» avait prévu de consacrer à ce déplacement. Et encore, le papier rescapé n’a-t-il été envoyé qu’à 21h50 passées: dix minutes de plus, et le bouclage de la première édition était loupé.

On a aussi vu des journalistes radio obligés de faire leur billet en direct pour le JP depuis le car de presse coincé dans les embouteillages.

Et des photographes ont raté les plus beaux clichés du début des festivités pour avoir été longuement retardés. Puis, cerise sur le gâteau, maintenus à distance loin de la scène où s’exprimait le Premier ministre espagnol Zapatero, dont la cohorte impressionnante de démineurs, de chiens renifleurs et autres agents de sécurité craignait visiblement des attentats de l’ETA.

«Si elle est élue et qu’elle gère le pays comme elle a géré sa campagne électorale, cela promet», marmonnait en fin de soirée, dans le car de retour vers le centre-ville, une paparazza aussi exténuée qu'excédée par ces conditions de travail vraiment pas trop royales.

B.DL.