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30/09/2015

Un revirement, royal

Avec Ségolène Royal, il ne faut jamais s'étonner de rien. Mais là, c'est tout de même un revirement complet de sa part; qu'elle a annoncé ce matin (). Concernant, toujours, ce dossier de la pollution automobile à Paris.

Jusqu'à présent, la ministre de l'Ecologie freinait tant qu'elle pouvait, chaque fois que la capitale, lors de pics de pollution, demandait que soit imposée la circulation automobile alternée. Une mesure que Ségolène Royal assimile à de l'«écologie punitive», ce qu'elle abhorre. Mais là, ce matin, gros infléchissement. Bientôt, cette circulation alternée pourra être mise en place beaucoup plus en amont: «dès que l'alerte pollution est donnée, et plus seulement lorsque l'on constate la pollution». Les procédures seront assouplies pour, au besoin, prolonger pendant plusieurs jours cette restriction de circulation. Et, «chaque fois que des élus demanderont une réduction de la vitesse, ils l'obtiendront» – c'est loin d'être le cas, à présent.

La ministre a été moins claire, en revanche, sur un autre point, à propos duquel elle est pourtant attendue au tournant. Son dispositif () de petites pastilles de toutes les couleurs, à apposer sur les pare-brise des véhicules en fonction du degré de leur caractère polluant. A apposer sur une base volontaire seulement, bien sûr («Il ne faut pas stigmatiser les automobilistes, mais les encourager à rouler propre»).

Ce système a du plomb dans l'aile depuis qu'a éclaté le scandale Volkswagen, qui a montré combien sont discutables les indicateurs de pollution qu'annoncent les constructeurs automobiles. Dès lors, sur quels paramètres absolument incontestés et incontestables le gouvernement va-t-il bien pouvoir se baser, pour attribuer les petites pastilles de telle ou telle couleur à tel ou tel type de véhicule? La question se pose avec d'autant plus acuité, depuis ce matin. Moment choisi par VW pour confirmer que le fameux logiciel destiné à truquer les tests antipollution de ses moteurs diesel avait bel et bien été installé en France également. Et sur 948 064 véhicules, précisément – ce qui n'est tout de même pas rien.

26/06/2015

Une communication très orientée

Une fois n'est pas coutume, un sujet très léger, pour bien achever la semaine. Un petit retour sur cette controverse assez ridicule qu'a provoquée Ségolène Royal, l'autre jour, à propos du Nutella – si par extraordinaire cela vous avait échappé, un résumé de cela par exemple .

De tout ce débat, les Français ont sans doute retenu qu'ils n'avaient pas à culpabiliser: pouvaient continuer à engouffrer leur pâte à tartiner préférée, au petit-déjeuner ou au goûter. A fortiori – cela leur a été dit et répété – qu'elle a un petit côté «made in France». Mais oui, le Nutella, en Normandie, ce sont des centaines d'emplois.

Oui, mais non.

Autant on peut argumenter pour ou contre le côté écologiquement correct de ce produit, ou pas, autant il est difficile de lui trouver le moindre bénéfice en termes de santé. Vu que le Nutella, c'est avant tout, et pas qu'un peu, ... du sucre et du gras.

A ce sujet, une union de consommateurs a mis en ligne une petite vidéo qui déconstruit bien la communication de Ferrero. Elle relève que les campagnes publicitaires de cette marque relatives au Nutella mettent en avant les composants de ce produit qui sont valorisants (les noisettes, le lait et le cacao). En revanche, elles ne précisent bien sûr pas que les deux tiers de la recette de la pâte à tartiner proviennent de deux ingrédients qui, eux, d'un point de vue nutritionnel, n'ont rien d'affriolant: le sucre et l'huile – qui ne contribuent pas peu à l'obésité infantile.

C'est vieux comme le monde, cette technique publicitaire. Mais cela continue à marcher, visiblement.

Longue vie, donc, au Nutella.

04/06/2015

Une validation, comme prévisible

Ségolène Royal s'incline. Ce matin, comme c'était très largement prévisible, la ministre de l'Ecologie a confirmé qu'elle ne s'opposerait pas – si tant est qu'elle en avait le pouvoir – à la délivrance prochaine, par l'Etat, des permis de construire relatifs au projet controversé d'extension du stade de Roland Garros. Délivrance à laquelle, hier soir, Manuel Valls s'est engagé pour «d'ici à la fin de la semaine».

«Je suis membre du gouvernement, donc je ne vais pas faire de polémiques, je ne vais pas en rajouter. Je respecte la discipline gouvernementale», a expliqué la ministre. Qui, à la télé (), n'est même pas apparue trop gênée de sa propre reculade. Pour la forme, elle a taclé (un peu) la Fédération française de tennis pour n'avoir «pas voulu examiner sérieusement les solutions alternatives» à son projet, qui auraient permis de préserver le jardin botanique des Serres d'Auteuil. Les associations de défense de l'environnement, elles, promettent de ne pas se laisser faire: elles tenteront de recourir en justice contre ce feu vert gouvernemental.

Bien sûr, l'exécutif a attendu que ledit tournoi parisien batte son plein, pour confirmer son arbitrage final le concernant. Au-delà des grands arguments à long terme qu'il avance (la candidature de Paris aux JO de 2024, etc.), sans doute se dit-il que cette décision-là au moins sera populaire, auprès des aficionados de tennis et des millions de téléspectateurs qui, chaque jour, suivent les matchs à la télé. La stratégie et le timing décisionnels sont un peu gros, mais, effectivement, ils devraient marcher.

23/03/2015

Une rare illisibilité

Une déclaration vraiment curieuse de Ségolène Royal, ce week-end. A propos de sa décision de mettre en place, ce lundi, la circulation automobile alternée à Paris et dans 22 communes limitrophes, pour cause de pollution atmosphérique. Ce n'est même pas sur le fond du débat que la ministre de l'Ecologie a tenu des propos surréalistes – libre à elle de traîner les pieds dans la mise en place d'une telle restriction –, mais dans la manière dont elle a communiqué sur sa décision.

«Je veux remercier toutes celles et ceux qui vont faire l'effort de ne pas prendre leur véhicule», a-t-elle dit. Visiblement très embarrassée qu'un tel effort soit demandé aux automobilistes conduisant des véhicules immatriculés pair – interdits de circulation aujourd'hui, en région parisienne.

Voilà un mode étrange de gouvernance.

Car, de deux choses l'une. Le gouvernement aurait très bien pu simplement recommander aux Français qui sont disposés à le faire de ne pas circuler ce jour-là. Dans ce cas, il aurait été parfaitement fondé à «remercier» par avance celles et ceux qui optent pour un comportement allant dans le sens de son souhait. Mais, ici, il ne s'agit pas de cela. Qu'on soit pour ou contre la circulation alternée, c'est une décision qui est prise par les autorités, qui est supposée s'imposer aux publics concernés, et dont le non-respect est d'ailleurs passible d'amendes. Théoriquement, donc, il n'est pas question ici de faire l'effort ou le choix de respecter ou non cette décision, puisque c'est une règle qui est édictée. Mais non. On a une ministre qui en vient presque à implorer qu'on respecte la décision qu'elle-même prend. Une ministre qui, ce faisant, assimile implicitement le respect de la règle à de la simple bonne volonté. A de la mansuétude, en somme.

C'est un peu comme si un ministre de l'Intérieur remerciait les automobilistes de faire «l'effort» de respecter les limitations de vitesse. Comme si, le samedi soir, le grand patron de la Police nationale, gêné, apparaissait à la télé pour «remercier» ceux qui s'apprêtent à sortir en boîte de nuit de faire «l'effort» de ne pas reprendre le volant ivres morts, au petit matin.

Ségolène Royal a une telle hantise d'être assimilée à «l'écologie punitive» – notion qu'elle abhorre –, qu'elle en vient à avoir une communication politique qui ôte toute lisibilité à ses propres décisions, et qui probablement va atténuer leur impact.

Encore bravo.

28/10/2014

Un silence, si assourdissant

Personnalités, Gouvernement Environnement, Royal, Police, JusticeOù est passée Ségolène Royal? Elle est habituellement très avide des médias. Mais là, cela fait deux jours qu'elle se tait sur un sujet qui, pourtant, agite tout le pays et est du domaine de ses compétences. La mort d'un jeune manifestant, en marge d'une manifestation écologiste, ce week-end, contre un projet de barrage, dans le Tarn.

A l'heure en tout cas où ces lignes sont écrites, la ministre de l'Ecologie, à moins que cela nous ait échappé, n'en a pas encore dit le moindre mot.

Qu'elle ne s'exprime pas sur l'enquête judiciaire en cours – pour déterminer les circonstances exactes, et donc les responsabilités, de cette mort –, c'est parfaitement légitime, et même très sain: que la Justice fasse son travail, sans intrusion du politique. Mais qu'elle se taise y compris sur un projet d'infrastructure avec lequel elle avait elle-même, jadis, pris (un peu) ses distances, c'est déjà moins normal. De même, hier, elle a laissé s'exprimer seuls les deux experts qu'elle avait mandatés pour évaluer l'intérêt de ce projet («médiocre», selon eux). Enfin, que, deux jours plus tard, la ministre de l'Ecologie n'ait même pas ne serait-ce que publiquement accusé réception des demandes qui lui sont faites de retirer le label d'utilité publique dont bénéficie ce barrage, c'est assez sidérant.

Ce silence traduit probablement l'embarras de Ségolène Royal. Embarras dû notamment au fait que ce sont des élus socialistes, ses propres camarades, qui, dans le Tarn, sont derrière ce projet. Politiquement, donc, l'absence médiatique de l'intéressée sur ce sujet (*) est parfaitement explicable.

Personnalités, Gouvernement Environnement, Royal, Police, JusticeIl n'empêche, ce silence, on le trouve, pour tout dire, un peu lâche.

Il est d'ailleurs si assourdissant qu'il ne pourra probablement pas durer encore très longtemps.

 

(*) Silence sur ce sujet, mais, depuis dimanche, Ségolène Royal a publié au moins une demi-douzaine de communiqués de presse, sur «la préfiguration de l’Agence française pour la biodiversité»,«la Conférence internationale sur le changement climatique», et blabla. Politiquement, évidemment, ce sont des thèmes plus confortables.

10/04/2014

Un manque de respect

Femmes, Institutions, Personnalités, RoyalNouvel incident à caractère sexiste, hier après-midi, à l'Assemblée nationale – après tant d'autres, déjà (relire ). Ségolène Royal y assistait à sa première séance (en tant que ministre de Manuel Valls) de questions d'actualité au gouvernement. Elle a eu droit à des quolibets et à des railleries. Au moment où elle évoquait François Hollande et la feuille de route qu'il a fixée au gouvernement, les ricanements ont redoublé. Sur les bancs de la droite, où l'on trouve visiblement digne de moqueries la situation de l'ex-couple Royal-Hollande.

«Ce n'était pas méchant!», a minimisé, hilare, le député UMP de Paris, Pierre Lellouche – qui n'a jamais été le plus délicat des parlementaires. «Elle avait l'air tellement heureuse de venir nous expliquer toutes ces choses qu'on est contents pour elle!» Des femmes députées, en revanche, ont estimé que de telles allusions à la vie privée, qui plus est dans pareil cadre, relevaient d'«un manque de décence total», «honteux».

Minable, même, trouve-t-on.

Alors, bien sûr, chacun peut parfaitement penser ce qu'il veut de Ségolène Royal. Et, par exemple, ne pas être fan de son profil idéologique si baroque, de ses postures politiques si souvent agaçantes, et de son appétit médiatique si envahissant. Mais on voit mal comment lui dénier le droit, en tant que personne – qu'elle soit femme ou homme, peu importe –, à bénéficier du respect. Respect qu'elle avait d'ailleurs réclamé dès ses premières interviews radio-télé, aussitôt après sa nomination. Mais manifestement, pour certains hommes, c'est déjà trop demander.

Encore bravo.

09/10/2012

Une «boutade volontaire»

Personnalités, Humour, Politique, Royal, FemmesSégolène Royal a obtenu hier soir un prix spécial, décerné par le jury du Prix Humour & Politique 2012. Prix dont on parlait l'autre jour (relire ici), et qui a désigné grand gagnant l'ex-ministre et député UMP François Goulard («Etre ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas»).

La socialiste, elle, a été primée pour une petite phrase qu'elle avait lancée lorsqu'elle briguait l'investiture du PS pour la présidentielle de 2012: «Ce n'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage».

Petite phrase en apparence assez effarante de sexisme primaire, mais que l'intéressée, présente à la cérémonie hier soir, a recadrée. Car, oui, oui, a-t-elle certifié aux membres du jury (*), cette sortie était une «boutade» au «caractère volontaire». Et ne relevait donc pas de ces «perles involontaires» que commettent souvent les politiques. «J'avoue avoir aggravé mon cas, en appelant de mes vœux "un bon coup de balai", ustensile dont les femmes, sorcières ou ménagères, sont réputées avoir un maniement expert», a plaisanté Ségolène Royal, dans un discours qu'on trouve plutôt pas mal troussé. Citant Camus («L'humour est une disposition d'esprit qui fait qu'on exprime avec gravité des choses frivoles et avec légèreté des choses sérieuses»), elle a pris pour preuve de son propre second degré le fait que les «mouvements d'émancipation (féminins) ont (toujours) su mettre les rieuses non pas du côté du manche, mais du côté du balai moqueur».

Personnalités, Humour, Politique, Royal, FemmesLa socialiste a dédié son prix «à tous ces hommes qu'un étrange plafond de verre retient d'investir plus hardiment un champ domestique»: «Bricoler, c'est bien. Sortir le chien, c’est pas mal. Descendre la poubelle, c’est un travail musculaire. Mais un horizon plus vaste n'attend que vos talents: osez le ménage! Bravez les traditions dépassées! Traquez en vous le machisme inconscient qui inhibe votre potentiel domestique! Risquez un vrai partage des tâches à la maison!»

Ségolène Royal aurait fait preuve d'une pareille éloquence dans la défense de son projet pour la France, aux présidentielles de 2007 puis de 2012, qu'à coup sûr, elle aurait été élue.

 

(*) Jury composé de vedettes du journalisme parisien, et – tiens donc – constitué à 80% de mâles. On ne rit plus.

03/01/2012

Une «tête à claques»

médias,personnalités,justice,royalRien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, dans l'«étude» (ici) que l'institut Harris Interactive consacre, pour «VSD», aux «personnalités qui agacent les Français», Ségolène Royal arrive en tête. Les larmes qu'a versées l'intéressée en octobre, à l'annonce de l'issue si humiliante pour elle des primaires socialistes, n'y ont donc rien changé.

L'an dernier à cette époque (relire ici), on avait déjà dit toutes les réserves que nous inspirait une telle «étude». Faut-il vraiment un sondage pour déduire que les personnalités qui agacent le plus sont celles qui font le plus parler d'elles? En s'exposant moins, on risque moins de déplaire. C'est évident depuis au moins qu'un vieil adage populaire français assure que, pour être heureux, mieux vaut vivre caché.

Il y a un an quasiment jour pour jour, Ségolène Royal avait fait savoir (là) combien cette initiative sondagière lui déplaisait. Rebelote un an plus tard.

Ainsi, l'autre jour, «Désirs d'avenir» a dénoncé «le caractère moralement très violent du dernier numéro de ''VSD'' en cette période de fêtes familiales, la traitant de ''tête à claques'' de l'année et autres agressions verbales». L'intéressée, du coup, assure qu'elle «se réserve le droit» de saisir la justice. Elle pourrait porter plainte, à la fois «pour harcèlement moral, le même article ayant été publié par ''VSD'' à la même date l'an dernier», pour «atteinte à sa dignité de mère de famille, de tels propos étant particulièrement odieux pour des enfants, même adultes», ainsi que pour «injure publique à l’égard de ses fonctions d’élue, qu’elle exerce avec dignité et honnêteté, ces propos étant de nature à porter atteinte à sa réputation locale et internationale».

«L'appât du gain ne saurait tout justifier, de la part de journaux à sensation en mal de sujets élevant le débat public», sermonnent les ségolénistes. Sans doute. Mais donner des suites judiciaires à cet incident est-il vraiment la meilleure façon d'y réagir? On serait Ségolène Royal qu'à tout prendre, on préférerait encore traiter cela par le silence. Et le mépris.

16/12/2011

Un «fiel mensonger»

Terminons la semaine plus légèrement, sur un coup de sang. Un coup de colère de Ségolène Royal, en l'occurrence – dont on sait, depuis son mémorable face-à-face télévisé avec Nicolas Sarkozy, entre les deux tours de la présidentielle de 2007, que, pour elle, il y a «de saines colères».

Ségolène Royal soigne le blues de sa récente humiliation politique, aux primaires socialistes, en voyageant de par le monde. Ainsi, l'autre jour, elle était au Vietnam. A son retour, plusieurs médias qui comptent dans sa région de Poitou-Charentes («La Charente Libre», «Centre Presse» et «La Nouvelle République du Centre-Ouest») l'ont épinglée. Pour avoir, selon eux,«exigé que l’ambassadeur de France à Hanoï vienne la chercher au pied de la passerelle de l’avion, à son arrivée» dans cette ville.

Cette semaine, l'intéressée a sorti un communiqué furibard, dénonçant une énième «boule puante» à son encontre. «L’ambassadeur de France au Vietnam lui-même a adressé un démenti formel à ces journaux. Il a procédé à l’accueil républicain habituel, lors de la venue d’une ancienne Ministre. Sa voiture était stationnée à l’extérieur de l’aéroport. Les formalités habituelles d’entrée sur le territoire vietnamien ont été accomplies». Dès lors, si ces médias médisants avaient pris la peine de vérifier leurs «allégations malveillantes» avant de les diffuser, il auraient appris que «ces soi-disant faits sont totalement faux».

L'ex-candidate à l'Elysée n'a pas du tout apprécié cette légèreté journalistique – et elle a parfaitement raison. Elle a donc «décidé d’attaquer en justice les journaux qui ont diffusé cette fausse information», ainsi que, à l'avenir, «tous ceux qui la reprendront». Car «la campagne électorale n’autorise pas tous les aigris à avoir accès à la presse pour déverser leur fiel mensonger».

Voilà les plumitifs, et les opposants à l'intéressée, avertis.

17/10/2011

Une défaite (parisienne)

Paris, Personnalités, Aubry, Hollande, RoyalFrançois Hollande, donc, pour représenter le PS à la présidentielle de 2012. On a beaucoup vu ses affiches dans notre onzième arrondissement, dernièrement. Car le vainqueur de la primaire avait choisi de faire son ultime meeting, jeudi dernier, au Bataclan: la grande salle de spectacles du boulevard Voltaire. Ce week-end, on a aussi beaucoup vu des «hollandais» tracter en sa faveur, entre Bastille, République et Nation: dans les rues, aux entrées de grands magasins, ou sur les marchés.

Un activisme en pure perte: hier à Paris, leur champion a de nouveau été battu par Martine Aubry. D'un cheveu, certes: 50,38%. Mais ce n'était pas gagné d'avance pour la maire de Lille, les quatre candidats éliminés au premier tour ayant tous rallié son adversaire.

Dimanche dernier également, au premier tour, elle avait battu François Hollande à Paris: 37% contre 32%. Cela avait particulièrement été le cas dans notre quartier. Dans le onzième, avec 42% des voix, la Lilloise avait carrément devancé son concurrent de 13 points. Succès similaire dans le troisième, le Haut Marais: 38% contre 31%. Succès toujours dans le quatrième arrondissement, voisin: 37% contre 30%. Au vu de ces chiffres, les Parisiens de nos quartiers n'ont pas dû spécialement faire la fête hier soir, à l'annonce de l'investiture de François Hollande.

Une chose encore, à propos du comportement électoral des Parisiens. Dimanche dernier, ils ont infligé une véritable gifle à ... Ségolène Royal.

Dans la capitale, en effet, la candidate socialiste aux présidentielles de 2007 n'a terminé qu'au cinquième rang (6%): devancée par Manuel Valls (8%). Et, dans notre onzième arrondissement particulièrement, elle a mordu la poussière, ne récoltant que 5% des suffrages. Soit très exactement 642 petites voix, sur plus de 13000 votes enregistrés.

11/10/2011

Une émotion, pas fréquente

personnalités,royalDans la classe politique – et peut-être aussi dans l'opinion publique –, 48 heures plus tard, on n'en est pas encore revenu, et on ne parle quasiment que de cela. Des larmes de Ségolène Royal, dimanche soir devant les caméras. Il est vrai que de tels signes publics d'émotion, venant de personnalités politiques, ne sont pas si fréquents.

 

Mais ils ne sont pas rares non plus. En 2002 déjà, les sanglots d'une autre socialiste avaient fait parler d'eux: ceux de Martine Aubry, qui venait de perdre son siège de députée, aux législatives. Quatre ans plus tard, nouvel accès mémorable de tristesse au PS: à La Rochelle, Lionel Jospin avait (presque) craqué, devant un parterre estival de jeunes socialistes qui l'interrogeait sur le 21 avril 2002. On se souvient aussi d'un Bertrand Delanoë contenant mal son émotion, en 2005: le maire de Paris se rendait sur les lieux d'un de ces nombreux incendies qui à l'époque, avaient ravagé des hôtels miteux pour étrangers.

 

A Paris toujours, au soir des élections municipales de 2008, la candidate UMP à l'Hôtel de Ville, Françoise de Panafieu, sèchement battue par Bertrand Delanoë, avait sangloté devant les caméras. Deux ans plus tard, c'était le Premier ministre François Fillon qui avait eu beaucoup de mal à achever l'éloge funèbre de son maître en politique, Philippe Séguin. Et nul n'a oublié les sanglots de la députée catholique anti-Pacs Christine Boutin, en 1998 à l'Assemblée, après des railleries de Lionel Jospin – qui, pour s'excuser, lui envoya des fleurs. Ou l'émotion de Rachida Dati à son arrivée au ministère de la Justice, en 2007.

 

Bref, cela n'arrive pas fréquemment, mais cela survient quand même de temps en temps, les larmes en politique.

 

A gauche comme à droite. N'en déplaise à la si raide ex-ministre Michèle Alliot-Marie, qui eut un jour cette assertion si martiale et si sotte: «En politique, on ne pleure pas: on serre les dents et on sourit».

10/10/2011

Une excuse un peu facile

Associer Steve Jobs à la primaire pour la désignation du candidat socialiste aux présidentielles de 2012, dont le premier tour s'est déroulé hier. Il fallait oser, il fallait y penser. «Désirs d'avenir» l'a fait. Ce week-end, le (fan)club politique de Ségolène Royal a repris à son compte une petite phrase célèbre du fondateur d'Apple: «Ne vous laissez pas piéger par le dogme. Restez affamés. Restez fous».

 

Le rapport? A l'annonce de la mort de Steve Jobs, «on aura vu des médias laudateurs multipliant les éloges au génie disparu, à l'exceptionnel innovateur, entrepreneur et créateur qu'était Steve Jobs. Des centaines de journalistes louant la transgression, la vision, la capacité à aller jusqu'au bout de son intuition et de sa volonté, pour au final changer notre monde». Mais, mais, mais... mais dans le même temps, s'énervent les ségolénistes, «on aura vu, quelle surprise, les mêmes journalistes, les mêmes éditorialistes, ricaner parce que la candidate la plus innovatrice, la plus transgressive, a osé déclarer, lors du 3ème débat télévisé, qu'elle souhaitait faire en sorte que les enfants soient heureux d'aller à l'école!» On aura vu «ceux-là mêmes qui louent les qualités d'innovateur, de visionnaire de Steve Jobs, ne cesser de faire, dans leurs colonnes et sur toutes les ondes, l'apologie des candidats de l'inaction, de la normalité et de la grisaille».

 

La faute aux médias, donc. La faute, outre bien sûr «aux sondages manipulés», à ces «ricaneurs, donneurs de leçons médiatiques», si Ségolène Royal, hier, a récolté le score si humiliant de 7% (près de 10 fois moins que ses 60% de la primaire de 2006!).

 

On a évidemment toujours le droit de critiquer la presse. Mais, là, cela paraît tellement confortable, comme explication. C'est déjà tellement vu, comme excuse. Pour le coup, on ne trouve pas que la socialiste soit «la plus innovatrice, la plus transgressive». Mais ce n'est que notre avis.

29/06/2011

Une immunité

On aurait pu parler d'une femme, aujourd'hui dans ce blog. De Christine Lagarde par exemple: première femme à être désignée hier directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Ou de Martine Aubry, qui, le même jour, a officialisé son entrée en campagne pour les primaires socialistes pour l'Elysée. Voire de Ségolène Royal, dont l'équipe de campagne, au même moment, a envoyé un communiqué de presse titré de la sorte: «Venez votez et vous saisir des primaires» – mais, sans doute, si elle est élue en 2012, son entourage gérera-t-il mieux la France qu'il ne maîtrise l'orthographe...

Et puis non. On avait plutôt envie de parler d'un homme. D'un homme qui, ce mercredi, retrouve son immunité parlementaire alors qu'il vient d'être mis en examen pour «viols en réunion et viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité».

Il s'agit de Georges Tron. Un ex-ministre assez discret et peu connu des Français, jusqu'à ce qu'il soit poussé à la démission après avoir été accusé par des employées de sa mairie de les avoir violées. Il dément catégoriquement, crie même au complot, et a bien sûr droit à la présomption d'innocence. Si, malgré les charges gravissimes qui pèsent sur lui, il retrouve aujourd'hui son immunité, c'est en vertu de la dernière modification en date de la Constitution. Qui prévoit que les ministres ayant perdu leur portefeuille retrouvent désormais automatiquement leur siège de député, sénateur ou eurodéputé un mois après avoir quitté le gouvernement.

Une immunité donc, malgré des soupçons de viols et agressions sexuelles en réunion.

Il s'agit de l'application stricte, mécanique pour ainsi dire, de la loi. Ni plus, ni moins. Il n'empêche, on ne nous ôtera pas de l'idée qu'une telle pratique ne va pas précisément contribuer à redorer l'image des élites dans cette opinion française où, déjà, la classe politique dans son ensemble ne jouit pas d'un très grand crédit.

22/04/2011

Un champion (du gazouillis)

twittoscope.jpgIl a beau être impopulaire comme jamais un Président français ne l'a été à un an d'un scrutin présidentiel, dans ce domaine au moins, il demeure le n°1. Nicolas Sarkozy reste, et de loin, la personnalité politique la plus tweetée de France. Il totalise à lui seul un petit tiers (82.500) des 280.000 tweets enregistrés dans le dernier «Twittoscope» de la Sofres. Le chef de l'Etat fait quasiment deux fois mieux que la deuxième du classement, la frontiste Marine Le Pen (45.000).

Dominique Strauss-Kahn décroche la médaille de bronze (17.600 tweets). Six personnalités dépassent les 10.000 tweets mensuels: les socialistes Ségolène Royal et Martine Aubry, le leader de l'UMP Jean-François Copé, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, son collègue des Affaires étrangères Alain Juppé, et le bon vieux Jacques Chirac.

Nuance: un nombre élevé de tweets ne signifie pas automatiquement une forte adhésion. Car, a calculé la Sofres, quatre cinquième des tweets analysés sont de simples échanges d'information: ils se bornent à évoquer la personnalité concernée ou son actualité, sans contenir d'opinion positive ou négative à son égard. Seul un sixième (16%) des tweets sont critiques. Sans surprise, les personnalités suscitant beaucoup de tweets critiques sont les si sulfureux ministres Claude Guéant ou Eric Besson. Particularité: «les personnalités qui obtiennent des scores de tweets positifs sensiblement plus élevés que la moyenne sont toutes issues de formations de gauche». Un hasard? Non, se hasarde la Sofres. Cela «pourrait laisser à penser que l'e-démocratie trouverait plus facilement sa place à gauche, du fait d'une culture partisane plus discursive et/ou d'un personnel politique plus accoutumé au dialogue horizontal».

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il y a de l'effervescence dans tout cela. «A un peu plus d'un an de la présidentielle, l'agora politique que constitue Twitter a largement dépassé le demi-million de tweets mensuels, sur les 140 personnalités suivies». Plus que jamais, donc, la vie politique française suscite un intense gazouillis. Et, bien sûr, cela ne fait que commencer.

04/01/2011

Un agacement

Le communiqué date du 29 décembre, mais comme, entendait-on ce matin encore à la radio, il fait toujours pas mal de buzz sur le web, parlons-en. Il émanait de l'équipe de Ségolène Royal (ici). Et dénonçait un récent sondage ( ou ) consacré aux personnalités qui agacent le plus les Français. La socialiste y apparaissait en tête de la catégorie consacrée aux politiques. «L'agacement est-il une valeur politique de nature à informer les électeurs?», s'interrogeait son entourage. Qui aurait trouvé plus sérieux de sonder les Français sur «l'efficacité, la volonté, le courage, la détermination, la vérité» en politique.

On commence à trouver un peu lassante la parano de Ségolène Royal, qui voit derrière ce genre de sondages l'énième offensive du complot qu'auraient fomenté contre elle les puissances «de l'argent»: sarkozystes, instituts de sondages amis, et «médias complaisants». Mais, pour le coup, on comprend assez l'agacement de l'intéressée. Quel est donc l'intérêt de fond d'une telle enquête d'opinion? Ses conclusions – «Les Français n’hésitent pas à se déclarer agacés par certaines personnalités», «Les hommes et femmes politiques sont plus susceptibles d’agacer que les personnes appartenant au monde du spectacle», etc., etc.– n'enfoncent-elles pas les portes ouvertes de l'évidence?

Ces derniers jours, on a eu deux agacements dans le même registre. Le premier, c'était dimanche soir. En entendant, à une grande émission politique radiophonique, des journalistes de renom parier des bouteilles de champagne sur l'éventuelle nouvelle candidature de Nicolas Sarkozy à l'Elysée ou l'éventuel retour en politique française de Dominique Strauss-Kahn. Le second agacement, c'était ce matin. En ouvrant «Libération», qui consacre une page entière aux prévisions, politiques notamment, de cartomanciennes, astrologues et autres numérologues.

A notre humble avis, et au risque de paraître s'ériger en donneur de leçons, dans ces deux cas, on dérape du registre de l'information journalistique à celui de l'«infotainment»: ce si calamiteux mélange, anglo-saxon d'origine, entre info et divertissement. On rejoint cette effarante tendance (pas que française) que nous, désormais, on appelle «la suzanboylisation de l'information». Négologisme qui fait référence à l'hystérie médiatique mondiale, l'an dernier, à propos de Suzan Boyle, qui, à l'échelle de l'histoire de l'humanité, ne fut pourtant jamais que l'énième lauréate d'un énième télé-crochet d'une énième chaîne de télé en mal d'audience. Après cela, la corporation journalistique ne devra pas s'étonner de voir, dans les sondages, sa crédibilité décliner d'année en année dans l'opinion.

28/09/2009

Un marasme

pressepipol.jpgOn parlait vendredi de l’action en justice intentée par Ségolène Royal contre «Paris Match». C’est le 9 octobre que l’on saura si l’hebdo est une nouvelle fois condamné pour atteinte à la vie privée de cette personnalité. A l’audience, les débats furent tendus. L’avocat de la socialiste a reproché à l’illustré d’avoir éhontément publié des «photos volées» d’un «moment personnel et intime». Et, plus globalement, de ne cesser «de susciter ou d'alimenter une curiosité injustifiée des lecteurs sur la vie sentimentale de Ségolène Royal». L’hebdo à réagi du tac au tac en qualifiant cette action en justice d’«hypocrite». Certes, les clichés publiés étaient «non autorisés». Mais ils ont été pris dans un lieu public. Et, par ailleurs, leur protagoniste «joue les médias dans tous les sens» et n’a pas poursuivi les autres publications ayant évoqué l’existence de son nouveau compagnon.

 

Cela dit, si en France la presse people se jette sur ce genre de sujets tout de même informativement très pauvres, ce n’est pas pour rien: c'est parce qu'elle traverse en ce moment une période difficile. En 2009, certains titres comme «Gala» ou «Voici» vont même enregistrer une diminution de leur diffusion – de 14 à 20%, selon les estimations –, ce qui ne leur était jamais arrivé depuis l’année de la mort de Lady Di, qui a signé le début dans l'Hexagone de la faramineuse expansion de ce type de médias. Et même la période estivale, qui est traditionnellement la saison en or pour la presse people, si elle a donné une bouffée d’oxygène au secteur, n’a pas été fameuse, malgré pourtant de grandes opérations publicitaires et promotionnelles (opérations prix cassé, le coup annuel du paréo inclu dans la revue, etc.).

 

Ce tassement des ventes est dû à la concurrence d’internet et à la mutiplication des titres qui rend l’offre papier surabondante et peu différenciée, face à une demande globale qui ne croît plus. A joué un rôle également l’assagissement notable de la classe politique française après la période mémorablement bling qui avait suivi l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, en 2007. Dans les magazines de papier glacé, qu’il s’agisse de Nicolas Sarkozy, de Rachida Dati ou de Rama Yade, en 2009, les politiques people se font plus discrets qu’en 2008 (*). Les patrons de ces magazines sont les premiers à le regretter. «Nicolas Sarkozy ne fait plus recette», regrettait l’autre jour un chef d’édition à «Voici». «Auparavant, quand on le mettait en couverture, on vendait de 30.000 à 50.000 exemplaires de plus». Et ce qui est valable pour Nicolas Sarkozy doit l’être aussi pour Ségolène Royal – d’où les photos volées d’elle à la plage, sur le quai de la gare, etc.

 

 

 

(*) Dernier exemple en date de cet assagissement: à moins que cela nous ait échappé, la récente rencontre à New York entre le couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni et Cécilia Sarkozy-Richard Attias n’a fait l’objet d’aucune paparazzade. O tempora o mores

25/09/2009

Une incohérence

La vie privée des personnalités politiques se retrouve aujourd’hui devant la justice. Ce vendredi, en effet, le tribunal de grande instance de Paris examine une plainte déposée par Ségolène Royal contre «Paris Match». A la mi-août, l’illustré avait fait sa couv’ avec un cliché montrant l’élue socialiste accompagnée, sur un quai de gare, d’un homme présenté comme étant son nouveau compagnon. Ségolène Royal a estimé que ces «photos volées» attentaient à son droit à l’image et à la protection de sa vie privée. Elle réclame donc 50.000 euros de dommages et intérêts à l’hebdo. Au printemps dernier, déjà, «Match» avait été condamné à lui payer 16.000 euros d’indemnité pour l’avoir photographiée au bras du même homme, dans une station balnéaire de la Costa del Sol.

 

On n’a pas de problème avec cette procédure. D’autant que le sujet de «Match» en question se distinguait par sa vacuité informative et sa pauvreté iconographique. D’autant aussi que son retentissement médiatique avait donné lieu à des commentaires complètement déplacés, émanant de ces chroniqueurs qui se croient si drôles et si impertinents mais qui, nous, commencent vraiment à nous gonfler à force de devoir subir leur vulgarité à longueur de journées, à la radio comme à la télé. Commentaires du genre: voyez comme, sur ce quai de gare ce matin-là, Ségolène Royal était mal fagotée. Constatez combien est ringard le petit geste d’affection envers son compagnon, geste que le paparazzo a immortalisé en exclusivité mondiale: un index tendrement appuyé sur le ventre du nouvel amoureux. Repérez combien ledit ventre dudit monsieur est mou et moche, etc, etc. Pénible.

 

On n’a pas de problème non plus avec le fait que Ségolène Royal travaille à l’occasion avec son nouveau compagnon, qui vient par exemple de signer le relooking si décrié de son site web. C’est encore son droit de composer son entourage professionnel à sa guise.

 

Là où il y a peut-être un petit problème, cela dit, c’est dans la cohérence de l’attitude de Ségolène Royal. En effet, en marge d'une réunion socialiste dernièrement, elle s’est fait photographier tout sourires avec le même homme, et il s’agissait cette fois de clichés non volés mais pleinement autorisés. Surtout, l’autre jour, parlant de l’intéressé au magazine «L’Express», elle l'a elle-même ouvertement présenté comme «un homme (…) très amoureux».

 

Peut-on donc, honnêtement, faire et dire cela, puis se plaindre que les médias s’intéressent à cet homme-là?

24/11/2008

Un nombre

42. C’est donc, avant les recomptages et éventuelles corrections de ce lundi, le nombre de voix d’avance de Martine Aubry sur Ségolène Royal pour la direction du PS. Quelques heures à peine après l’achèvement du psychodrame de vendredi soir, cette référence historico-politique avait déjà été ajoutée à la rubrique consacrée à ce chiffre par Wikipédia. «L’encyclopédie libre» et participative du net a beau voir sa fiabilité régulièrement contestée, au moins donc sait-elle à l’occasion faire preuve d’une belle réactivité. En plus, si on la lit bien, cette notice encyclopédique sur le 42 renvoie à des tas de choses qui, par analogie, conviendraient bien à la situation au PS.

 

Ainsi, 42 est, à une centaine de mètres près, le nombre de kilomètres d’un marathon. Voilà qui ne pouvait mieux tomber, s’agissant au PS d'une interminable course de succession. C’est aussi «le numéro atomique du molybdène, un métal de transition». Mais après cela, elle ne va pas être facile la transition, dans ce parti. 42 est également «le nombre de types distincts de fromages requis dans le sketch de la fromagerie des Monty Python». D’un sketch comique à l’autre, cela méritait d’être rappelé. A moins qu’au PS, on ne soit pas en présence d’une comédie mais d’une tragédie? Auquel cas, il n’y a qu’à demander, Wiki fournit illico une référence: «Dans 'Roméo et Juliette', la potion que donne Frère Laurent à Juliette la maintient 42 heures dans un état de mort». Menacé à terme de mort, le PS a, depuis vendredi soir, le feu peu ou prou à tous ses étages. Normal: 42 est «le titre original et la durée approximative en minutes de l’épisode 'Brûle avec moi' de la série Doctor Who». C’est encore «le nombre d’années de mariage des noces de nacre». Mais de toute évidence, les aubrystes et les royalistes ne sont pas prêts de les célébrer, ces épousailles.

 

 

 

PS: Pour que nos lecteurs n’aient décidément pas perdu leur journée, signalons que 42 est également «le numéro de l’inode du répertoire root dans un système de fichier resiser4», le nom donné «par les chercheurs d’Umbrella à la plante gigantesque occupant le poste de garde dans le jeu 'Resident Evil'», ou «le nombre de portes protégeant 'Le grimoire des secrets' dans l'épisode 13 des 'reflets d’Acide'». Décidément, toutes ces sous-cultures et toutes les connaissances encyclopédiques auxquelles elles donnent lieu chez leurs initiés sont assez fascinantes.

25/09/2008

Un pari

«La musique adoucit les mœurs». Elle n’est donc pas du luxe, dans ce monde si «rude» qu’est la politique. C’est Ségolène Royal qui l’assurait hier soir, à la télé, en présentant le grand «Concert de la Fraternité» qu’elle organise ce samedi au Zénith. Le programme définitif de cette manifestation est désormais connu. Sur scène, on verra des peoples qui, l’an dernier, faisaient partie de son comité de soutien (Benjamin Biolay, Ariane Mnouchkine, Patrick Fiori, Cali, etc.), des jeunes qui montent (Ridan, da Silva ou Princess Aniès) et quelques vieilles gloires sorties pour l’occasion du formol (Trust, Hervé Villard ou Georges Moustaki). Bref, des «artistes engagés», qui, tous, «évoqueront les enjeux de fraternité et de lutte collective».

L’an dernier, à l’issue de sa campagne élyséenne, Ségolène Royal avait promis d’organiser une telle fête, pour remercier tous ceux qui l’avaient épaulée. Clairement, il ne s’agit pas uniquement d’un rendez-vous artistique: l’événement a une dimension nettement politique. En tentant d’amasser les foules de supporteurs autour d’elle, la socialiste espère se relancer, elle que les sondages donnent en perte de vitesse. Singulièrement, elle entend marquer les esprits des militants socialistes, qui sont actuellement en plein processus de désignation de leur prochain dirigeant.

A cet égard, Ségolène Royal s’est lancé un fameux défi, et a pris un gros risque, en jetant son dévolu sur le Zénith. En effet, cet immense paquebot amarré aux portes de Paris peut accueillir jusqu’à une demi-douzaine de milliers de personnes. Du coup, si d’aventure, samedi soir, il devait rester à moitié vide, l’effet médiatique et symbolique de cet échec serait catastrophique pour la socialiste, et aurait un impact politique indéniable.

C’est pourquoi son équipe va probablement veiller à habilement gérer les lieux. A la télé, tous les professionnels de la com’ vous le diront, il n’y a rien de pire que des plans de gradins clairsemés. Dès lors, on peut imaginer que lorsque le public entrera dans l’énorme hall de concert du Zénith, celui-ci ne lui apparaîtra pas d’emblée dans sa configuration la plus vaste. Au contraire, son cloisonnement en différentes aires plus petites et séparées de grands rideaux noirs, comme c’est possible, permettra aux organisateurs d’ouvrir progressivement de nouveaux espaces en fonction de la densité de la foule. Et donc de toujours veiller à ce que le rendu télévisuel de la manifestation donne une image d’affluence.

Depuis des semaines, au demeurant, les comités «Désirs d’avenir» se démènent sans compter pour assurer la promo de l’événement. On peut parier que, pour assurer le succès de ce «Zénith de la fraternité», la redoutable machine logistique royaliste ne manquera pas d’affréter des cars en provenance de tous les départements. Ségolène Royal elle-même, d’ailleurs, ces derniers jours, a multiplié les courriels adressés à ses sympathisants pour les presser de se rendre à Paris samedi. Et, au besoin, pour corriger les rumeurs malveillantes que ses opposants n’ont pas manqué de faire circuler à propos de son méga-concert. Ainsi, un bruit a couru récemment, selon lequel, pour pouvoir assister à cette manifestation annoncée pourtant comme gratuite, les spectateurs, à l’entrée, seraient en fait très fraternellement mais aussi et surtout très fortement invités à s’acquitter d’un montant minimal de dix euros. Un argument potentiellement dissuasif en ces temps de préoccupation populaire pour le pouvoir d’achat. Ségolène Royal l’a bien compris. Histoire de tordre d’emblée le cou à cette rumeur, elle s’est immédiatement fendue d’un démenti catégorique, rappelant que la participation aux frais serait totalement libre.

Verdict samedi soir pour voir si cela aura suffi et si la socialiste a gagné son pari.

02/07/2008

Un palmarès

Ils ont été décernés lundi soir, et on n’avait pas encore eu l’occasion d’en parler – donc il est plus que temps: les Prix Press Club, humour et politique», édition 2008. Cette année, c’est le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo qui a été couronné, pour une petite phrase raillant implicitement l’hyperprésidence et l’omniprésence de Nicolas Sarkozy, au détriment de son chef de gouvernement François Fillon: «Sarkozy, c’est le seul qui a été obligé de passer par l’Elysée pour devenir Premier ministre».

 

Parmi les nominés, on n’a pas trop été enthousiasmé par la petite phrase de François Hollande en pleine période de cacophonie gouvernementale («Sarkozy est passé de la présidence bling-bling à la présidence couac-couac»): le leader du PS, un des hommes politiques les plus drôles de sa génération, peut faire beaucoup mieux. Idem pour la tirade de François Bayrou au lendemain de son échec aux élections municipales («Je vous le promets, nous aurons d’autres victoires»): le patron du Modem devrait verser des droits d’auteur à Ségolène Royal, qui avait dit peu ou prou la même chose le soir de sa défaite au second tour des présidentielles de 2007.

 

En revanche, on adore particulièrement cette sortie du secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte, en déplacement aux Dom-Tom: «Je voulais voir les Antilles de vive voix». C'est vraiment merveilleux. Cela rappelle le légendaire «à l’insu de mon plein gré» de Richard Virenque. Cela aurait même pu être dit par notre Jean-Claude Van Damme national. Une référence, comme chacun sait.