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12/06/2013

Une contrefaçon, pas banale

Police, Sécurité, Economie, Gastronomie, Art de vivreUn fameux «effet madeleine de Proust», ce matin. A la lecture d'un communiqué du ministère des Finances qui, pourtant, s'annonçait très anodin. Et bien non, puisqu'il a fait resurgir des (très) vieux souvenirs gustatifs: ceux de goûters d'enfance.

Car, dernièrement, ce ne sont pas moins de 10.000 paquets de biscuits contrefaisant la marque «BN» qui ont été saisis par les Douanes françaises. Précisément, «le 15 mai dernier, suite à un ciblage par la brigade maritime des douanes de Marseille, un poids lourds a été contrôlé à sa sortie du port de Marseille. A l’intérieur, les agents ont découvert 20. 000 paquets de biscuits fabriqués par une société alimentaire tunisienne et destinés à une société basée à Lyon. Après retenue douanière, la moitié du chargement, soit 10.000 paquets de 16 biscuits, a été reconnue comme contrefaisant la marque BN, en raison du visage souriant sur le biscuit».

L'histoire ne dit pas si ces imitations du fleuron de la Biscuiterie nantaise sont moins bonnes que les originales. Ni si ces contrefaçons seront détruites, ou plutôt données aux associations distribuant de l'aide alimentaire aux plus démunis. Ces associations qui, d'ailleurs, au passage, sont en train de recevoir, ces jours-ci, des kilos de «lasagne de cheval». Au moins cette vaste fraude à la consommation aura-t-elle servi à cela...

21/05/2013

Un cas de figure envisagé

Remue-ménage, place de la Bastille. Où, depuis hier, une armada de gros bras s'affaire à monter la scène où, ce soir, se produiront le chanteur Mika et les autres artistes participant au «Concert pour tous». Qui est organisé par les pro-«mariage pour tous», pour fêter le vote définitif de cette réforme par le Parlement – ce week-end, le texte a été promulgué et publié au Journal officiel.

La manifestation festive pourrait bien se dérouler sous haute protection policière. Les autorités, en effet, n'écartent pas la possibilité de raids d'anti-mariage gay sur Bastille, en cours de soirée. Certains scénarios policiers ont même envisagé un autre cas de figure que celui d'incidents isolés. A savoir, un grabuge généralisé, qui pourrait prendre les mêmes proportions... que la soirée de saccage ayant dévasté le quartier du Trocadéro, l'autre jour. En marge d'une manifestation qui, elle aussi, était censée purement festive: la célébration du titre de champion de foot, remporté par le PSG.

Que ne soit pas écartée la possibilité de batailles rangées sur le sujet en dit long sur l'état du débat politique, dans ce pays. Tout comme le fait que, depuis dix jours, dans le Marais gay – a-t-on remarqué en y passant, ce week-end –, des cars de police sont désormais stationnés en permanence. Veillant au grain. Dans le cadre sans doute de ce que l'on appelle le principe de précaution.

Sale ambiance, décidément.

17/05/2013

Une cachette originale

Police, Sécurité, Economie, TransportsCe ne sont pas moins de trois ministres qui, hier après-midi, ont annoncé la nouvelle. Les ministres de l’Economie, du Commerce extérieur et du Budget. Ils ont félicité les agents des Douanes, pour le joli coup de filet qu'ils ont réussi, mercredi: sur l'autoroute A10, dans la région de Tours.

En l'occurrence, plus de deux tonnes de résine de cannabis, dénichées dans un camion provenant d'Espagne. Précisément: «48 valises marocaines, 71 paquets de résine et 23 sacs de «pollen» de cannabis, pour un poids total de 2162 kg». La valeur de la prise est estimée à plus de 10 millions d’euros. Et son modus operandi mérite d'être détaillé. «C’est vers 18 heures que les agents ont sélectionné un ensemble routier frigorifique pour le contrôler. Selon le chauffeur et les documents présentés, il transportait 22 palettes de carottes. Les agents ont constaté que le camion n’était pas réfrigéré, alors que les marchandises étaient censées être transportées à 4 degrés. Le chien de l’équipe cynophile, quant à lui, a marqué l’extérieur de la remorque et les palettes de légumes. Le contrôle du chargement a permis de mettre rapidement au jour des valises marocaines, entre les palettes de carottes».

L'histoire ne dit pas ce que sont devenues les carottes.

14/05/2013

Une appréciation ahurissante

Tant pis pour les amateurs de foot – les vrais: pas les hooligans. Ce matin, le ministre de l'Intérieur a ordonné l'annulation de la cérémonie qui devait avoir lieu ce soir, place de l'Hôtel de ville. Au cours de laquelle devait être présenté au public le trophée de champion de France remporté dimanche par le club de foot de la capitale, le PSG. En cause, les très gros débordements et incidents ayant eu lieu hier soir sur la place du Trocadéro et ses alentours, à l'occasion de réjouissances consacrées, déjà, à ce titre de champion.

Des abribus en miettes. Des vitrines de magasins en mille morceaux. Du mobilier urbain saccagé. Des poubelles et des voitures incendiées. Des touristes étrangers rançonnés dans leur car pris d'assaut par les voyous. Un fast-food dont le stock de burgers a été pillé. Et on en passe. Tel est le bilan d'une soirée qui était censée festive.

«Il y a eu quelques imbéciles qui ont failli troubler la fête, mais celle-ci n'est pas gâchée. Tout s'est bien passé. Les débordements ont été contenus». C'est la déclaration, proprement ahurissante, qu'a faite le maire de Paris, Bertrand Delanoë, hier soir.

Tous ces dégâts, une trentaine de personnes blessées, et une quarantaine de casseurs interpellés, mais, à part cela donc, «les débordements ont été contenus». On n'ose imaginer l'état du quartier du Trocadéro ce matin, si le maire avait jugé que tel n'avait pas été le cas.

25/04/2013

Une sale ambiance, décidément

paris,société,femmes,sécurité,policeLa loi a été votée mardi, mais ce sale climat perdure, visiblement. Y compris à Paris, en plein coeur de notre quartier Bastille, pourtant censé «gay friendly». Pour illustrer cette homophobie ambiante, désormais complètement décomplexée – si tant est qu'elle ait jamais été complexée –, ce témoignage qu'on a découvert ce matin, dans notre boîte électronique. Il émane d'une jeune fille. Et relate une agression perpétrée hier soir, en face d'un bar-resto très connu du onzième arrondissement, rue Saint-Sabin.

On vous le livre tel quel. Rien à rajouter.

«Ma copine vient de se faire agresser ("Sale gouine", etc.). Elle a des bleus dans le cou, sur le coude. Elle a appelé quatre fois la police en dénonçant des propos "homophobes" et s'est fait raccrocher quatre fois au nez. Ca s'est passé devant le «Café de l'industrie» (terrasse pleine, il était 23h) et personne n'a réagi. Le mec l'a chopée par le cou et l'a jetée par terre. Une voiture de flics est passée, ils ont pris les coordonnées du mec. Elle va porter plainte demain (pas la force ce soir) et je la pousse à faire un certif médical. Je suis en train de la convaincre, mais elle me dit "A quoi bon". On peut forcément faire quelque chose chose contre ça? C'est pas possible autrement?»

07/03/2013

Un vieux cliché à nouveau écorné

Femmes, Transports, Sécurité, ParisCe n'est pas la première fois que de tels chiffres sortent (relire ici), mais pourquoi pas les évoquer, en cette veille du 8 mars. Puisqu'ils tordent à nouveau le cou à un cliché sexiste. Non, définitivement non, les femmes ne conduisent pas forcément plus mal que les hommes. On en a encore eu la preuve l'an dernier, à Paris.

Ville où, d'après les propres chiffres de la préfecture de police, qu'elle a communiqués hier, très exactement 1.542 femmes ont été responsables d’accidents de la route, en 2012. Contre 4.787 hommes. Ce qui nous fait un ratio 75%-25%, défavorable aux mâles.

Sans doute est-il difficile d'en déduire que, d'office, les Parisiennes conduisent mieux que les Parisiens. En effet, le nombre plus élevé d'accidents causés par les hommes dans la capitale peut aussi découler du fait qu'on y dénombrerait davantage de conducteurs que de conductrices. Il n'empêche, certains indicateurs en disent long. Ainsi, toujours dixit la préfecture de police, «l’analyse de l’accidentologie 2012 met en lumière un écart encore plus grand entre hommes et femmes quant aux causes principales d’accidents: pour la vitesse 72% contre 28%, pour l’alcool 89% contre 11%, et pour les stupéfiants 91% contre 9%».

Voilà, en tout cas, un argumentaire tout trouvé: la prochaine fois qu'on se farcira des quolibets masculins éculés, moquant la prétendue inaptitude, voire dangerosité, des femmes au volant.

31/01/2013

Une molle réactivité

Jean-Marc Ayrault se réveille. Hier, le Premier ministre a adressé un bref communiqué aux médias, les priant d'avertir le grand public qu'«en raison du renforcement du plan Vigipirate, le jardin de l’Hôtel de Matignon ne sera pas ouvert au public le samedi 2 février 2013 après-midi». Il a donc fallu une semaine au chef du gouvernement pour réaliser que, si l'Elysée, pour les mêmes motifs sécuritaires, avait suspendu l'ouverture dominicale de son propre parc – ce dont on parlait l'autre jour, dans ce blog – , il y avait peut-être des raisons pour que le Premier ministre fasse pareil, s'agissant de Matignon.

Une semaine. Personne, entre-temps, n'a profité de cette molle réactivité pour frapper: pour s'attaquer au 57 rue de Varenne et/ou à son locataire. Sans doute les terroristes, jihadistes et autres «loups solitaires» présumés ont-ils, en ce moment, d'autres chats à fouetter.

25/01/2013

Une «situation exceptionnelle»

Deuxième conséquence – après celle qu'on évoquait hier – du climat sécuritaire actuel, tendu, pour François Hollande. Il va désormais beaucoup moins la ramener, dans le registre du «Président normal», qui, comme tout le monde, prend le train plutôt que l'avion. C'est, en tout cas, ce que l'on entendait sur une radio, ce matin.

C'est donc en avion, et non en TGV, que l'homme de l'Elysée se rend à Lille, ce vendredi. La présidence assure (ici) qu'il ne s'agit que d'un changement ponctuel, motivé par une «situation exceptionnelle, qui nécessite de la souplesse», et non pas une doctrine nouvelle: «Dans un contexte de conflit international dans lequel sont engagées les troupes françaises, il est indispensable que le président de la République, chef des armées, puisse rentrer plus vite à Paris ou rester plus longtemps en déplacement, sans être dépendant des horaires d'un train».

On peut entendre l'argument. On peut aussi se dire qu'un Président prévoyant y aurait réfléchi à deux fois: avant, il y a neuf mois, d'en faire des tonnes médiatiques sur sa normalité alléguée, pas toujours forcément compatible avec les obligations liées à ses fonctions.

24/01/2013

Une fermeture, par sécurité

Institutions, Gouvernement, Sécurité, Police, PersonnalitésCela a été annoncé hier après midi, et c'était couru d'avance. On peut même s'étonner que la décision n'ait pas été prise beaucoup plus tôt: dès le rehaussement, il y a dix jours, du niveau d'alerte du plan de vigilance anti-terroriste. Stress sécuritaire national oblige, François Hollande a décidé de fermer à nouveau les jardins du palais de l'Elysée. Ceux-ci, depuis octobre – grand changement dans les usages du palais présidentiel –, étaient ouverts au public chaque dernier dimanche du mois. L'innovation a rencontré un grand succès de foule. Elle est donc temporairement suspendue, le temps que le climat se calme un peu.

On suppose que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ne prend pas ombrage du fait que les jardins de Matignon, eux, jusqu'à nouvel ordre, restent ouverts au public. On imagine bien le chef du gouvernement en train de se dire que, si tel est le cas, non non ce n'est pas du tout parce que tout le monde s'en ficherait qu'un attentat, par extraordinaire, soit perpétré contre lui. C'est juste parce que les institutions de la Vème République, régime ultra-présidentiel, consacrent la toute puissance de l'hôte de l'Elysée (le chef du gouvernement n'étant jamais qu'un super chef de cabinet), et parce que, parfois, cette prééminence s'illustre jusqu'à et y compris de petits détails organisationnels comme la gestion des grands jardins républicains.

A moins que cette différence de traitement sécuritaire entre Président et Premier ministre résulte simplement d'un retard à l'allumage de ce dernier, qui serait juste moins rapide sur la balle que le premier, pour réagir à l'actualité.

14/01/2013

Une «menace probable»

Police, Sécurité«La lutte contre le terrorisme exige aussi de prendre toutes les précautions nécessaires ici en France. J’ai donc demandé au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, de renforcer le plan Vigipirate, pour procéder à la surveillance de nos bâtiments publics et de nos infrastructures de transports. Il fera en sorte que ces instructions puissent être exécutées dans les meilleurs délais». François Hollande dixit, samedi soir, dans sa déclaration relative à l'entrée en guerre de la France, au Mali. Depuis, le degré d'alerte du plan de vigilance antiterroriste a été rehaussé d'un cran. Certes, on reste au niveau dit «rouge», qui correspond à une «menace probable» d'attentats. Mais on atteint cette fois l'échelon «rouge renforcé». Le stade suivant est le niveau d'alerte maximal, dit «écarlate» – désignant une «menace certaine» d'actes terroristes.

Concrètement, cette vigilance accrue concerne, selon le ministère de l'Intérieur (ici), «certains dispositifs visant à la surveillance des transports terrestres et aériens, en particulier en lien avec les pays à risques, et à la protection de sites sensibles: sites militaires, lieux de culte, emprises diplomatiques, ou encore lieux de grande fréquentation». L'échelon «rouge renforcé» implique aussi que des stocks d'eau potable soient constitués par les autorités. En revanche, ce n'est qu'au stade «écarlate» que les mesures les plus spectaculaires peuvent être prises: coupure du circuit de distribution d'eau, fermeture de l'espace aérien, contrôle systématique de l'accès à tous les trains grande ligne, ou interdiction de la circulation dans les tunnels routiers.

Depuis les fêtes de fin d'année, outre les policiers et les services de sécurité de la SNCF, quelque 1200 militaires sont mobilisés en France, dans le cadre de ce dispositif de vigilance.

10/01/2013

Une colère, et une galère

Transports, Sécurité, Social, ActivismeGros embarras de circulation dans et autour de Paris ce matin, et plus particulièrement entre la capitale et les aéroports de Roissy et Orly. Ce jeudi, en effet, est la journée nationale de mobilisation des chauffeurs de taxi, qui organisent des opérations escargot dans tout le pays. Ils protestent tout à la fois contre la concurrence des moto-taxis et des taxis low-cost, et contre la volonté de la Sécu, toujours à la recherche d'économies dans l'assurance-maladie, de leur retirer la fonction de transport de malades.

La corporation, très remontée, promet (ici, notamment) de ne «pas mourir sans combattre», de «rentrer en résistance», et de «refuser la spoliation». En décembre, déjà, un rassemblement de plus de 150 taxis devant la gare de Paris-Nord avait provoqué des incidents, ainsi que des embouteillages d'anthologie dans une bonne partie de la capitale. A l'époque, il s'agissait de dénoncer notamment les verbalisations excessives dont les membres de cette profession s'estiment victimes.

Puisqu'on évoque les transports, signalons ce bilan énervé que vient de dresser () la fédération des usagers des transports publics. Il concerne la manière dont les transports ont fonctionné pendant la période des fêtes de fin d'année, et particulièrement les soirs de réveillon.

A Paris, les services spéciaux mis en place ont, comme chaque année, plutôt bien fonctionné. En revanche, dans quantité de villes de province, ce fut une galère sans nom pour les non-motorisés.

Transports, Sécurité, Social, ActivismeAinsi, dans des villes aussi nombreuses qu'Aix-en-Provence, Amiens, Angers, Annemasse, Arras, Bourges, Évry, Lens, Montbéliard, Mulhouse, Orléans, Rouen, Saint-Brieuc, Strasbourg, Tours ou Valenciennes, l'offre de transports publics a été réduite pendant cette période. Avec, cerise sur le gâteau, un «réseau complètement paralysé le 25 décembre» à Boulogne-sur-Mer, et «inexistant le 25 décembre et le 1er janvier» à Aubagne, Belfort et Pau. Alors que, paradoxe, à cette période de l'année, dans tous les médias, en boucle et à longueur de journées, tournent les messages officiels de prévention contre les accidents de la route, incitant les gens à privilégier les transports en commun.

Encore bravo.

04/01/2013

Une étourderie fatale

Police, Sécurité, Paris, Art de vivreUne anecdote futile et légère, pour bien terminer la semaine. Elle relate des faits qui se sont déroulés à Paris il y a une dizaine de jours déjà, mais, comme on n'a pas encore eu le temps, depuis, d'en parler dans ce blog, allons-y. D'autant que cela a trait à un péché capital (la gourmandise) et à un trait de caractère (l'étourderie), pour lesquels on a toujours eu une certaine sympathie.

L'affaire a été rendue publique par la préfecture de police de Paris. On livre tel quel son communiqué de presse officiel – le ton utilisé par les pandores est au moins aussi farce que le fond dont il est question.

«A l’heure où le carrosse de Cendrillon se transforme en citrouille, les policiers ont suivi les traces du Petit Poucet et ont interpellé Hansel et Gretel…
Samedi 22 décembre, peu avant minuit, un appel «17 police secours» signale le cambriolage d’une boulangerie-pâtisserie: rue Henri Duvernois, dans le 20ème arrondissement. Les policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) locale se rendent immédiatement sur place.
A leur arrivée, ils constatent que la porte d’entrée a été dégondée, les lieux fouillés, et la caisse enregistreuse dérobée. Les voleurs ont disparu, mais leur gourmandise va leur être fatale. En effet, en plus de ce butin, ils se sont emparés de friandises dont ils ont répandu bon nombre dans la rue. Les policiers suivent la piste qui les conduit jusqu’à un stade situé à proximité, où ils découvrent plusieurs personnes qui se dispersent à leur vue; six d’entre elles sont néanmoins interpellées et placées en garde à vue.
La caisse a été retrouvée, de même que des pièces de petite monnaie et de nombreux emballages de sucreries».

02/01/2013

Une tradition, deux innovations

«Le changement, c'est maintenant», avait promis François Hollande. Dans la nuit de lundi à mardi, un bon millier de véhicules n'en sont pas moins partis en fumée, en France. C'est si conforme à la tradition que, pendant toute la journée d'hier, les médias ont répété en boucle que le réveillon de nouvel an s'était globalement bien déroulé – passons.

Deux innovations tout de même, en matière de sécurité et de maintien de l'ordre. Qu'on a remarquées dans notre quartier parisien de Bastille, qui est aussi celui où réside le ministre socialiste de l'Intérieur, Manuel Valls – ceci explique peut-être cela.

D'abord, le déploiement préventif des forces de l'ordre y a pris des proportions qu'on n'avait encore jamais vues, y compris lors des plus grandes heures du sarkozysme sécuritaire triomphant. Ainsi, jusqu'à présent en période de fêtes de fin d'année, les militaires en uniforme étaient plutôt positionnés dans les lieux a priori à risques et/ou bondés: les grandes gares, les aéroports, les Champs-Elysées le soir du 31, etc. Là, on a pu les voir patrouiller également sur des artères aussi anodines, paisibles et familiales que les boulevards Beaumarchais ou Richard-Lenoir. «Le changement, c'est maintenant»: c'est sans doute ce qu'on a expliqué aux gosses qui, vers la Noël, sortant de la représentation du Cirque d'Hiver, tombaient, médusés, sur ces soldats en treillis, si lourdement armés.

Ensuite, à la St-Sylvestre, la police a rendu sa présence très ostensible. Jusqu'à présent, à Paris comme ailleurs, l'usage voulait que, la nuit, les véhicules de police en intervention utilisent le moins souvent possible leurs sirènes: signalent plutôt leur présence par leurs gyrophares lumineux, histoire d'éviter de réveiller des quartiers entiers, par de tonitruants «pin pon». Le 31 aux alentours de Bastille, en revanche, ce fut, en permanence et jusqu'au petit jour, un grand concert de sirènes de police. «Le changement, c'est maintenant»: c'est ce qu'ont dû soupirer d'aise des milliers de riverains, au moment d'être tirés de leur sommeil par ce tintamarre policier si assourdissant.

21/12/2012

Un fiasco de fin d'année

Sécurité, Santé, Gouvernement, Art de vivreC'est une confirmation qui tombe plutôt mal, en cette période de fêtes de fin d'année propice à toutes les libations: pas sûr qu'on puisse vraiment se fier aux éthylotests. Ces gadgets qui, au passage et mine de rien, ont donc été à l'origine d'un fameux fiasco politique en France, durant cette année désormais finissante.

Pour preuve encore, cette annonce faite hier par les services chargés de la consommation et de la répression des fraudes. Ils ont ordonné le retrait du marché de plus 400.000 éthylotests chimiques ou électroniques. Jugés non-conformes et dangereux, vu leur incapacité à détecter une alcoolémie positive, ou leur sous-évaluation de cette alcoolémie.

Cela ne fait que confirmer ce qu'a montré cette semaine, dans son dernier numéro, le magazine «Auto Plus». Il a testé 17 modèles différents d'éthylotests, disponibles sur le marché. Les résultats ont été assez catastrophiques en ce qui concerne la fiabilité de leurs mesures.

Ce n'est jamais que l'énième pataquès, dans ce dossier des éthylos.

Cet été, déjà (relire ici), avaient été évoqués les problèmes sanitaires et écologiques qu'ils peuvent poser. C'était l'époque où tous les Français couraient les magasins pour en trouver, mais le plus souvent en vain – les fabricants, complètement débordés, n'arrivant pas à faire face à la demande. La pagaille fut telle qu'en fin de comptes, le gouvernement n'eut d'autre choix que d'annoncer le report (de juillet 2012 à mars 2013) de la date de début de verbalisation des automobilistes ne possédant pas d'éthylos dans leur voiture.

Encore bravo. Et bonne chance donc aux automobilistes français qui, sortant de réveillon, auraient le civisme, avant de reprendre le volant, de vouloir vérifier qu'ils sont bel et bien en état de conduire...

 

A ceux-là néanmoins, ainsi qu'à tous les autres, nos souhaits d'excellentes fêtes de fin d'année. Cette note bien de saison, en effet, est la dernière de ce blog, pour l'année 2012. On fait une petite pause, jusqu'à début janvier. Au plaisir de vous retrouver l'an prochain, dans «Paris Libre».

30/11/2012

Un danger public?

Cela commence à faire beaucoup. Deux mois plus tard, le Forum des Halles attend toujours la réouverture de sa grande piscine, une des plus fréquentées de Paris, victime fin septembre de chutes de morceaux de plafond (relire ici). Un dégât collatéral dû au méga-chantier de réaménagement de ce centre commercial, en cours en ce moment? Depuis mercredi, de plus en plus de monde en est persuadé.

Mercredi, jour où un incident du même acabit s'est à nouveau produit, cette fois en bordure de la Place de la rotonde. Deux parpaings se sont écroulés carrément devant l'entrée du cinéma UGC. Par chance, il était 9 heures du matin, et donc il n'y avait pas grand monde à cet endroit. On n'ose imaginer ce que cela aurait donné si cette chute de pierres avait eu lieu un samedi après-midi, à l'heure de la séance. Les travaux de démolition en cours au-dessus de la dalle ont dû être immédiatement interrompus. Ils ne reprendront que «sous le contrôle de l’expert judicaire». Un rapport a été demandé à l’architecte de sécurité de la préfecture.

Si l'on récapitule, ce chantier a donc déjà donné lieu à deux parpaings écroulés devant un cinéma, des bouts de plafond tombés dans une piscine, des «fissures sans gravité» dans un gymnase contigu, sans oublier un faux-plafond effondré dans un magasin H&M, en septembre 2011. Le tout, certes, sans jamais causer la moindre victime. Il n'empêche, comme l'a dit cette semaine le maire du premier arrondissement, «dans la rubrique des déboires, cela fait beaucoup».

Il ne faudra pas s'étonner, si les incidents de ce type continuent de se succéder, que le Parisien moyen en vienne à considérer ce chantier comme un vrai danger public.

29/11/2012

Une accumulation

Transports, Sécurité, PoliceSans du tout vouloir salir une profession – qui contient certainement des tas de gens faisant parfaitement bien et honnêtement leur travail – , cela commence tout de même à faire beaucoup. Le nombre de scandales qui se succèdent concernant les services de bagagerie des aéroports parisiens de Roissy et Orly.

 Ainsi, de nouveau hier mercredi, onze bagagistes et deux agents de maintenance de Roissy ont été interpellés, dans le cadre d'une enquête pour vols en bande organisée commis sur des bagages de voyageurs. C'est le dernier coup de filet fructueux en date signé GTA – non, pas le fameux jeu vidéo «Grand Theft Auto»: la gendarmerie des transports aériens. Ces dernières années, déjà, cette unité spécialisée de la gendarmerie nationale avait débusqué coup sur coup deux affaires similaires, qui avaient pas mal de bruit.

A Roissy, encore lui, une vingtaine de bagagistes avaient été interpellés: pour vol et recel de vols en bande organisée. Leur larcin avait une valeur de 300.000€, et l'enquête pour le retrouver avait découlé du dépôt de... 3000 plaintes, émanant de passagers spoliés. Quant à l'aéroport d'Orly, où manifestement le problème sévit aussi, dix bagagistes avaient été arrêtés après le vol de là carrément 800.000€ d'articles, toujours dans les bagages de voyageurs: flacons de parfum, iPads, bijoux, appareils photos, etc.

Voilà donc à présent, en quelques années seulement, qu'éclate une troisième affaire du même acabit. Comme on le disait: cela commence à faire beaucoup.

27/11/2012

Un extrême à l'autre

Paris, Luxe, Art de vivre, SécuritéParis d'un extrême à l'autre, suite. Ce week-end, on le racontait hier, les volontaires de la Banque alimentaire ont dont récolté des vivres dans le supermarchés de la capitale, pour les plus démunis de la région: pauvres au point de n'avoir pas même assez à manger. Au même moment, s'est déroulé un fait divers qui n'a pas fini d'émouvoir, dans les milieux situés à à l'autre extrémité de l'échelle sociale. Un incident qui est d'ailleurs à l'origine du renforcement, aujourd'hui et demain, des mesures de sécurité autour d'un des hôtels de maître les plus chics de la «Ville lumière».

L'hôtel particulier Marcel-Dassault, en l'occurrence. Situé au n°7 du rond-point des Champs-Elysées, et qui abrite Artcurial: la première maison française de ventes aux enchères. Ces deux jours-ci, s'y tient une vente de bijoux et d'horlogerie de grand prestige. Sous forte protection policière, donc, puisque des malandrins ont cambriolé l'édifice ce week-end, et dérobé des bijoux qui devaient faire partie de cette vente aux enchères. Pas du toc, ce butin: sa valeur est estimée à près d'un demi-million d'euros.

Les cambrioleurs n'ont toutefois pas réussi à prendre la poudre d'escampette avec ce qui constitue le clou de la collection: un «exceptionnel» collier Bulgari en or gris et diamant (estimé entre 120.000 et 150.000€), une montre Vacheron Constantin (de 100.000 à 150.000€), et une «bague dôme en or jaune ornée d'un exceptionnel diamant taillé en brillant, la monture spiralée de croisillons sertis de diamants carrés» (de 230.000 à 240.000€). Ces trois merveilles ont miraculeusement échappé aux monte-en-l'air.

Le petit peuple de Paris s'en réjouira certainement.

09/11/2012

Un jugement

Paris, Sécurité, Justice, Police, Sports, FootballQuatre mois de prison ferme, et l'incarcération immédiate. C'est la peine qu'a infligée le tribunal correctionnel de Paris à trois supporteurs de foot croates qu'il a jugés en comparution immédiate, pour avoir été mêlés au grabuge causé dans le quartier Bastille – dont on parlait en début de semaine. Les condamnés ont aussi écopé de cinq ans d'interdiction de séjour à Paris et en région parisienne. Ils étaient jugés pour participation à un groupement armé, formé en vue de commettre des violences et des dégradations.

Tout au long de leur comparution, les trois Croates ont nié appartenir à un groupe de supporteurs: ont prétendu être venus à Paris pour faire du tourisme. Cela n'a pas marché. Le tribunal a jugé qu'ils se trouvaient dans la capitale «pour en découdre, et uniquement pour cela». A joué en leur défaveur le fait d'avoir été arrêtés, sur les lieux de l'affrontement, en possession d'armes «par destination»: une béquille (sans raison médicale valable) ou une matraque télescopique, par exemple. Du côté des supporteurs du PSG, six ont été jugés. Trois ont été condamnés à de simples amendes (de 800 à 1.000€), les trois autres ont été relaxés.

On imagine d'emblée – parce que la France est un Etat de droit – que la disproportion entre ces sanctions, selon qu'elles frappent des hooligans croates ou français, est basée sur des éléments objectifs du dossier: ne doit rien, bien sûr, à la nationalité des intéressés.

Et on ne peut s'empêcher de trouver assez saisissant l'écart entre le nombre de condamnés (six, donc) et la masse de personnes ayant été interpellées par les policiers, dans ce dossier: une bonne centaine. La plupart de ces trublions présumés, après avoir été placés en garde à vue, en ont été quittes pour un simple et très symbolique rappel à la loi.

Au passage, cela illustre bien un grand classique policier. Quand cela commence vraiment à chauffer, on ne fait pas dans le détail: on embarque à peu près tout le monde, sans trop regarder – quitte à ce que la justice ensuite fasse le tri: sépare le bon grain de l'ivraie, comme on dit.

07/11/2012

Un gros déploiement policier

Police, Sécurité, Football, Sports, ParisGros déploiement policier dans notre quartier du onzième arrondissement, depuis 24 heures. Depuis qu'un spectaculaire coup de filet a été opéré hier à la mi-journée: dans un petit hôtel de la rue Saint-Sébastien – un de ces hôtels 2 étoiles sans façon, à 60€ la nuit, comme on en trouve tant à Paris. En effet, le hasard a voulu que ce soit cet établissement qu'avaient choisi, pour séjourner, les supporteurs de foot croates dont on parlait hier, qui ont commis du grabuge lundi soir dans le quartier Bastille.

Du coup, quelque 80 de ces hooligans ont été cueillis hier midi par les policiers, à leur sortie de l'hôtel. Le coup de filet a été mené conjointement par la préfecture de police de Paris et la division de la police nationale plus spécifiquement chargée de la lutte contre le hooliganisme. Il ne s'est pas passé sans mal. Des hooligans, en effet, ont réussi à prendre la poudre d'escampette dans le quartier, ce qui a donné lieu à deux bonnes heures de jeu du chat et de la souris avec les pandores, dans une ambiance sonore de «pin-pon» qui donnait l'impression d'être dans une sérié télé policière.

Les Croates ont été placés en garde à vue, pour avoir enfreint l'arrêté pris dimanche soir par le ministre de l'Intérieur, qui leur interdisait de circuler dans Paris jusqu'à mardi minuit. Ils ont rejoint leurs collègues supporteurs qui, depuis lundi soir, après les bagarres dans le quartier Bastille, sont poursuivis pour violences volontaires aggravées et participation à un attroupement armé.

Le maire de Paris a condamné les «scènes inacceptables» dont le quartier Bastille a été le théâtre lundi soir. Et a réclamé que soit mené un «travail d'investigation sans concession», pour «sanctionner fermement tous les auteurs et complices des ces débordements». Ce matin encore, de nombreux policiers sont déployés dans le quartier Saint-Sébastien.

06/11/2012

Une bataille rangée

Début de semaine nocturne agité, décidément, dans notre onzième arrondissement. Après l'assaut donné dimanche soir par la police au squat de mal-logés de la rue de Charonne, de violents incidents se sont déroulés hier soir dans les environs immédiats de la place de la Bastille. Cette fois, ce n'était pas le jeu du chat et de la souris entre activistes et forces de l'ordre. Mais un autre jeu: la course-poursuite entre bandes rivales de hooligans.

Protagonistes de cette bataille rangée: les supporteurs des deux équipes de foot qui s'affrontent ce soir au Parc des Princes, pour un match jugé à haut risque (sécuritaire): le Paris St-Germain et le Dinamo Zagreb. Hier soir en ville, des heurts ont opposé les partisans des deux camps. Heurts que la police a décrits comme ayant été très violents. Passages à tabac, jets de pétards et de fumigènes, vitrines cassées et poubelles incendiées: aux alentours de minuit, le quartier Bastille a vraiment eu chaud. Certains passants, cernés par les belligérants déchaînés, n'ont eu d'autre choix que de prendre leurs jambes à leur cou et de trouver refuge, complètement affolés, dans des cafés qui, heureusement, n'avaient pas encore fermé.

Ces échauffourées ont fait, outre les dégâts matériels, deux blessés dont un grave. Et elles ont donné lieu à 24 interpellations – de supporteurs croates, essentiellement.

Cela promet pour l'ambiance en ville, ce soir: en marge et à l'issue du match.