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15/05/2013

Une piste, pas forcément adéquate?

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreQuelques jours après l'étude préoccupante sur la consommation d'alcool en France (dont on parlait mardi dernier), cette piste fiscale que le Parlement explore. Le vin pourrait être soumis à une taxe spéciale, comme la bière depuis l'an dernier, et les alcools forts depuis 2011.

Ce prélèvement serait «mesuré»: quelques centimes d'euro supplémentaires par bouteille de vin. Alors que ce produit a toujours bénéficié d'une fiscalité avantageuse par rapport aux autres alcools: 4 centimes de taxe par bouteille, contre 36 centimes pour la bière et 1,90€ pour les spiritueux.

Une telle mesure, toutefois, risque de ne pas passer comme une lettre à la poste. En France, le secteur du vin au sens large occupe 500.000 emplois. C'est donc, outre un puissant lobby, un secteur économique important. Et exportateur (7,6 milliards d'euros d'excédents annuels), ce qui n'est pas rien dans un pays dont la balance commerciale est lourdement déficitaire.

Cette taxe éventuelle risque de passer d'autant plus mal que, comme l'a rappelé le rapport cité plus haut, la réduction de plus de la moitié de la consommation d'alcool enregistrée en France ces cinquante dernières années est «essentiellement imputable à la baisse de la consommation de vin». Certes, ce produit domine toujours le marché: 58% du total des alcools consommés (contre 22% pour les spiritueux et 17% pour la bière). Mais, «depuis le début des années 2000, sa part a légèrement régressé (-3 %), principalement au profit des spiritueux (+2,5 %)».

En outre, chez les 18-25 ans, depuis 2005, la part de consommateurs hebdomadaires de vin n’a pas significativement augmenté, à l'inverse de celle d'autres alcools. Chez les jeunes hommes, le vin (22,4%) est désormais dépassé par les alcools forts (29,5%) et la bière (39,3%). Chez les jeunes femmes, il reste la boisson la plus courante (14,3%), mais sa consommation augmente moins vite que celle d'alcools tels le cidre, le champagne, ou le porto.

Santé, Economie, Jeunes, Art de vivreGlobalement, donc, pour ce qui concerne leur consommation d'alcool, les jeunes en restent au «régime TGV», comme l'on dit dédaigneusement dans les milieux viticoles français: le régime tequila, gin, vodka.

Pas sûr, dès lors, qu'augmenter les taxes frappant le vin contribuera forcément à réduire la consommation juvénile d'alcool.

 

07/05/2013

Une consommation déraisonnable

Dans le pays du vin, du pastis et de la Kro qu'est la France, sans doute est-ce assez naturel que l'on apprécie les plaisirs de l'alcool. Mais ce n'est pas sans poser de problèmes. Ainsi, un ensemble d'études scientifiques publié (ici) hier soir, sous l'égide de l'Institut de veille sanitaire, a lancé un cri d'alarme. Il juge «urgent d’agir pour réduire encore la consommation d’alcool en France, afin de réduire la mortalité, et notamment la mortalité prématurée».

Car chaque Français (adulte, évidemment) consomme en moyenne 27 grammes d’alcool pur par jour. C'est infiniment moins qu'au siècle dernier (65 grammes, à la fin des années 1930). Mais cela reste beaucoup trop: l'Hexagone affiche «une des consommations d’alcool les plus élevées des 48 pays d’Europe, après l’Estonie, la République tchèque et l’Irlande». Conséquence: chaque année, 49000 décès survenant en France sont à attribuer à cette consommation excessive.

Particulièrement préoccupante est l'alcoolisation croissante des jeunes. Ainsi, «l’expérimentation de boissons alcoolisées est déclarée par 59% des élèves de 6e (primaire), elle progresse en fréquence au cours des années du collège jusqu’à concerner 83% des élèves de 3e, puis 93% des élèves en terminale». Et «la part de ceux qui déclarent avoir déjà connu une ivresse progresse nettement, passant de 17% en 4e à 69% des élèves de terminale. De même, l’usage régulier d’alcool (au moins dix fois lors du dernier mois précédant l’enquête) passe de 3% en 4e à 27% en terminale». Et il n'y a pas seulement qu'en Angleterre que l'on est confronté au «binge drinking»: «Les 18-25 ans se distinguent des personnes plus âgées par des consommations d’alcool moins régulières, mais plus excessives». Si l'on note chez eux «une stabilisation de la consommation quotidienne d’alcool», on remarque aussi «une augmentation des alcoolisations ponctuelles importantes et des épisodes d’ivresses». Concrètement, «les ivresses répétées concernent près de deux fois plus d’étudiants en 2010 qu’en 2005, et plus du double parmi les femmes».

C'était sans doute utile à rappeler, à l'approche des vacances d'été: période comme chacun sait propice aux libations – enfin se lâcher, se laisser aller: après tant et tant de mois laborieux.

29/03/2013

Une inexorable progression

Pauvreté, Social, Santé, Art de vivre130 millions. C'est le chiffre de la semaine, et de la saison. Lors de leur campagne d'hiver, qui vient de s'achever, Les Restos du Coeur ont servi un total de 130 millions de repas, dans toute la France. Chaque jour de cet hiver, ce sont 960.000 personnes qui ont été aidées par l’association. Soit 11% de plus que l'an dernier. «Depuis l’hiver 2008 et le début de la crise, les Restos ont été amenés à soutenir 40% de personnes de plus», s'alarme l'association. Qui, durant l'hiver 2013-2014 à nouveau, devra sans doute venir en aide à encore plus de gens.

Et ainsi de suite, année après année. Un hiver après l'autre, donc, rien ne change: toujours plus de précarité, en France.

Rien ne change, si ce n'est, tout de même, une petite chose. De tous temps, c'est chez les personnes démunies qu'on trouve la plus porte prévalence de surpoids, d'obésité et des maladies associées (diabète, hypertension, etc.). Non pas, évidemment, parce qu'elles mangent davantage que les classes moyennes ou les personnes aisées. Mais parce que la nourriture de pauvres, puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom, fait plus grossir. Or, la situation a l'air d'évoluer (un peu), en la matière. Si l'on en croit une étude publiée cette semaine, relative à l'état nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimentaire, en France.

Ce document note que, dans ce domaine, «de légères améliorations ont été observées, depuis 2004-2005». Pas d'euphorie: «l’état de santé des usagers de l’aide alimentaire demeure préoccupant». Mais l'examen clinique et biologique de 422 de ces personnes a permis de constater «l’évolution favorable de certains marqueurs biologiques de l’état nutritionnel, comme la baisse de l’anémie par carence en fer».

On va prendre cela comme la petite bonne nouvelle de la semaine. Ce pays a bien besoin de bonnes nouvelles, en ce moment.

27/03/2013

Un bilan «mi figue-mi raisin»

Education, Santé, Jeunes, Art de vivre, GastronomiePuisqu'on parlait de cuisine hier, il semble que la France ait encore des progrès à faire en ce qui concerne la qualité de la nourriture servie dans les cantines scolaires. C'est en tout cas l'avis de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Qui, dans 606 communes et établissements scolaires du pays, a analysé la manière dont était respectée «l'obligation de qualité nutritionnelle» faite à ces établissements. Résultat? «Un bilan mi figue-mi raisin».

Côté pile: des progrès en ce qui concerne certains aliments: légumes, produits laitiers ou féculents. Et «une impressionnante montée en régime de la qualité» des repas servis à la cantine des écoles élémentaires. Côté face: la qualité n'est toujours pas au rendez-vous pour les ingrédients de menus tels que la viande rouge, le poisson, les crudités et les fruits frais. Et, autant les écoliers mangent désormais mieux, autant les collégiens et lycéens en sont souvent restés au stade de la malbouffe. «En cause, les menus avec choix, qui laissent les élèves consommer certains aliments à des fréquences très inférieures à la norme». Et le fait que, pas rarement,«la cantine traditionnelle se trouve en concurrence avec des stands de type cafétéria, fast-food ou sandwicherie, avec, en guise d’aliments, des produits fortement déséquilibrés».

Le gouvernement est donc invité à renforcer la réglementation. Par exemple, en interdisant, dans les écoles, «tout mode de restauration alternatif» aux cantines réglementées, et/ou en instaurant un «choix dirigé» quand les élèves ont la possibilité de «menus à choix multiples».

Les syndicats de lycéens, dont on doute a priori qu'ils soient d'office ravis, n'ont pas encore réagi...

15/03/2013

Une affolante inégalité

Femmes, Social, SantéPuisque il y a une semaine jour pour jour, c'était la Journée des droits des femmes, ces données qui nous ont fait tomber de notre chaise, hier. Découvertes dans le dernier bulletin d'information de l'Agence pour l'amélioration des conditions de travail (Anact). Elles montrent une fois de plus, si besoin en était, que dans ce «pays des droits de l'homme» que s'enorgueillit d'être la France, il y a encore du chemin à faire en ce qui concerne les droits des femmes.

Cela se résume en trois chiffres, chaque fois déclinés au masculin et au féminin, et portant tous sur la période 2001-2011. L'évolution du nombre de maladies professionnelles, sur ces dix années: +92% pour les hommes, +180% pour les femmes. Le nombre d'accidents de travail: -20% pour les hommes, +27% pour les femmes. Le nombre d'accidents sur le trajet du travail: -0,1% pour les hommes, +28% pour les femmes.

«Tensions liées aux temps de travail, risques non visibles, pénibilités, violences sexistes: ce sont des problèmes de santé ou de mal-être (au travail) qui font émerger les questions très enfouies du genre», en déduit-on – et c'est le moins que l'on puisse faire – à l'Anact. Où l'on estime qu'avec de tels chiffres, qui «donnent le tournis», «on ne peut plus nier les différences et inégalités de santé au travail, entre hommes et femmes».

Cela découle notamment de ce qui est encore fréquemment la répartition des rôles, dans l'entreprise. «Aux femmes, les postes souvent pénibles et répétitifs, émotionnellement exigeants, aux horaires atypiques, précaires. Aux femmes, le déficit de perspectives d'évolution, qui génère de l'usure professionnelle. Aux femmes, les difficultés d'articulation des temps, compte tenu de la charge de la maison et des enfants, qui leur reste majoritairement dévolue». Et, «pour peu qu'elles soient en situation de famille monoparentale, les choses s'aggravent encore».

Au boulot, donc: il y a du pain sur la planche, pour améliorer cela.

21/12/2012

Un fiasco de fin d'année

Sécurité, Santé, Gouvernement, Art de vivreC'est une confirmation qui tombe plutôt mal, en cette période de fêtes de fin d'année propice à toutes les libations: pas sûr qu'on puisse vraiment se fier aux éthylotests. Ces gadgets qui, au passage et mine de rien, ont donc été à l'origine d'un fameux fiasco politique en France, durant cette année désormais finissante.

Pour preuve encore, cette annonce faite hier par les services chargés de la consommation et de la répression des fraudes. Ils ont ordonné le retrait du marché de plus 400.000 éthylotests chimiques ou électroniques. Jugés non-conformes et dangereux, vu leur incapacité à détecter une alcoolémie positive, ou leur sous-évaluation de cette alcoolémie.

Cela ne fait que confirmer ce qu'a montré cette semaine, dans son dernier numéro, le magazine «Auto Plus». Il a testé 17 modèles différents d'éthylotests, disponibles sur le marché. Les résultats ont été assez catastrophiques en ce qui concerne la fiabilité de leurs mesures.

Ce n'est jamais que l'énième pataquès, dans ce dossier des éthylos.

Cet été, déjà (relire ici), avaient été évoqués les problèmes sanitaires et écologiques qu'ils peuvent poser. C'était l'époque où tous les Français couraient les magasins pour en trouver, mais le plus souvent en vain – les fabricants, complètement débordés, n'arrivant pas à faire face à la demande. La pagaille fut telle qu'en fin de comptes, le gouvernement n'eut d'autre choix que d'annoncer le report (de juillet 2012 à mars 2013) de la date de début de verbalisation des automobilistes ne possédant pas d'éthylos dans leur voiture.

Encore bravo. Et bonne chance donc aux automobilistes français qui, sortant de réveillon, auraient le civisme, avant de reprendre le volant, de vouloir vérifier qu'ils sont bel et bien en état de conduire...

 

A ceux-là néanmoins, ainsi qu'à tous les autres, nos souhaits d'excellentes fêtes de fin d'année. Cette note bien de saison, en effet, est la dernière de ce blog, pour l'année 2012. On fait une petite pause, jusqu'à début janvier. Au plaisir de vous retrouver l'an prochain, dans «Paris Libre».

12/11/2012

Un débat enfiévré

Cela risque de chauffer à l'Hôtel de ville de Paris, ce lundi. En effet, les élus y débattent du plan de lutte anti-pollution automobile proposé par le maire, Bertrand Delanoë, et il est très controversé. Au passage, le sujet de la pollution atmosphérique dans la capitale demeure plus que jamais d'actualité. Vendredi encore, un épisode de pollution aux particules fines a été constaté, ayant déclenché la procédure d'information et d'alerte. Cela avait déjà été le cas à trois reprises pendant la dernière semaine d'octobre, pour le même polluant.

Le plan Delanoë n'y va pas de main morte. Il envisage d'interdire la circulation en ville des véhicules les plus anciens (plus de 10 ans d'âge pour les deux roues, à partir de 17 ans pour les autres véhicules), de réduire la vitesse de circulation sur le périphérique, de multiplier les zones 30, ou d'instaurer un péage sur les autoroutes encerclant la capitale. Les pro-voitures et l'opposition de droite sont, bien sûr, vent debout contre ce plan. Qui, selon eux, confirmerait plus que jamais la transformation de Paris en "boboland": repaire d'urbains aisés et non motorisés – par opposition aux banlieusards n'ayant d'autre choix que de prendre chaque jour le volant.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour que se remette à mousser ce débat si enfiévré sur la place de la voiture dans la capitale – un sujet qui a déjà pas mal agité les esprits ici, dernièrement (relire ici ou ).

Cela dit, le plan Delanoë n'est doublement pas exempt de pures postures de com'. D'une part, nombre de mesures qu'il propose ne sont même pas de la compétence de la ville (mais de l'Etat). D'autre part, si d'aventure il est un jour mis en application, en tout ou en partie, le maire lui-même ne sera plus là pour essuyer les plâtres: ce sera après 2014, donc après les prochaines élections municipales, dès lors sans Bertrand Delanoë – puisqu'il a déjà annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.

17/10/2012

Un menu appétissant (suite)

Santé, Art de vivre, Gastronomie, Institutions, Histoire, Personnalités, Mitterrand, Giscard, Chirac, Hollande, Sarkozy7 millions de Français sont obèses. Et 15 millions sont en surpoids. Si l'on en croit une étude publiée hier, on continue à manger trop et/ou mal dans l'Hexagone. Même si l'obésité y est comparativement moindre qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, et même si sa progression, en France, semble ralentir – mais pas chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Malgré ces chiffres pas réjouissants, reparlons gastronomie, aujourd'hui. Et partons à nouveau dans les coulisses de l'Elysée, côté cuisines – qu'on évoquait l'autre jour (relire ici). Car, depuis la rédaction de cette note, on a retrouvé, dans le fin fond de nos archives, un long papier qu'on avait jadis rédigé sur la petite histoire du palais présidentiel: il y dix ans, à l'occasion des élections présidentielles de 2002. On y a trouvé quelques détails complétant utilement ce sujet aussi prestigieux qu'appétissant.

Ainsi, l'Elysée a beau avoir toujours compté parmi les meilleures tables de France, y travailler comme cuisinier doit être stressant. En effet, les exigences du protocole sont souveraines. L'une d'elles, par exemple, impose qu'un dîner d'Etat soit obligatoirement servi en 55 minutes chrono: pas une minute de plus.

En outre, bien évidemment, les chefs travaillant au palais doivent satisfaire les caprices culinaires du locataire des lieux. Nicolas Sarkozy, par exemple, soucieux de sa ligne – ce qui ne l'empêchait pas d'avoir toujours du chocolat sur son bureau –, avait banni le fromage de la table présidentielle. Fromage qui, paraît-il, a fait sa réapparition dans les menus de l'Elysée depuis que François Hollande y a été élu, en mai. Un quart de siècle plus tôt, François Mitterrand avait l'habitude, dit-on, de commander du homard à ses cuisiniers, à toute heure du jour voire de la nuit. Jacques Chirac, lui, c'est bien connu, carburait plus modestement: aux plats régionaux – la fameuse tête de veau – arrosés de bière mexicaine. Quant à Valéry Giscard d'Estaing, la légende élyséenne assure qu'il avait fait interdire les décorations de gâteaux et de pâtisseries en forme de roses, qui lui rappelaient trop l'emblème du Parti socialiste.

Deux anecdotes encore, issues elles du livre «L'Elysée – Histoire secrète et indiscrète des origines à nos jours», de l'historienne Claude Pasteur (Editions Tallandier, 2002).

santé,art de vivre,gastronomie,institutions,histoire,personnalités,mitterrand,giscard,chirac,hollande,sarkozyD'un point de vue culinaire, Valéry Giscard d'Estaing «se démarquait de ses prédécesseurs, en n'attachant pas la même importance aux plaisirs de la table. En dehors des repas officiels, il se contentait volontiers de fruits et de légumes». Quant à François Mitterrand, il fit «moderniser les grandes cuisines de l'Elysée, sans que cette modernisation ait fait disparaître les cuivres traditionnels, gravés du monogramme de Louis-Philippe ou de l'aigle impériale de Napoléon III».

La pompe, le faste, et le respect de la tradition, jusque dans les moindres détails.

16/10/2012

Un symbole de saleté

C'est un sondage réalisé par l'institut BVA qui nous l'a appris hier: lundi qui était, paraît-il, la «Journée mondiale du lavage des mains» – mais oui, cela existe. De l'avis des Français, l'endroit le plus sale par excellence, ce n'est pas la cuvette des toilettes, mais... la barre fixe, la main courante, du bus ou du métro. Ils sont plus d'un Français sur deux (54%) à voir dans cette barre un véritable nid à microbes.

Transports, Métro, Paris, Propreté, Art de vivre, SantéCe sont surtout les habitants de la région parisienne qui en sont convaincus. D'où, sans doute, le fait que près de six Parisiens ou banlieusards sur dix ont l'habitude de se laver les mains après avoir pris les transports en commun. Un usage que n'a pas, en revanche, la majorité (55%) de la population française dans son ensemble – qui, en moyenne, est moins contrainte de prendre autant les transports publics que les Parisiens.

Au rayon hygiène toujours, plus de 20% des Français ne se lavent pas systématiquement les mains avant de passer à table. Et 12,5% ne le font pas même après un passage aux toilettes. 20% des Français ne prennent pas non plus de douche chaque jour, une proportion qui grimpe à 40% pour les plus de 65 ans.

On repensera à ces chiffres la prochaine fois qu'on se retrouvera compressé dans le métro aux heures de pointe: collé-serré, dans une atmosphère, c'est vrai, pas rarement malodorante.

Paris, ville glamour? Pas vraiment tous les jours.

28/09/2012

Un vacarme assourdissant

paris,banlieues,transports,santéLimiter la vitesse sur le périph', non à 70km/h (au lieu de 80km/h, aujourd'hui), mais... à 50km/h! La nuit, tout au moins. C'est la proposition assourdissante qui a été faite hier, et elle risque de mettre les automobilistes en fureur.

Elle émane de Bruitparif, l'organisme qui surveille les nuisances sonores en région parisienne. Selon ses relevés, «les niveaux sonores autour du boulevard périphérique sont particulièrement élevés, et excèdent systématiquement les valeurs limites réglementaires, de jour comme de nuit, lorsqu’aucune protection acoustique n’a été mise en place». Concrètement, sur les quelque 100.000 habitants vivant le long du périph', près de la moitié subissent des nuisances sonores exagérées. Dans la bande de 150m autour du boulevard, 41.000 personnes sont exposées à un niveau de bruit excédant la valeur limite journalière moyenne (68 décibels).

En plus, ce vacarme dû au trafic routier ne cesse jamais. «Les mesures ont montré des valeurs importantes dès 5 heures du matin, et jusqu’à minuit. En coeur de nuit, le bruit diminue un peu, mais il reste tout de même élevé. Les niveaux enregistrés sur la période allant de 2 à 4 heures du matin ne sont, ainsi, réduits que de 6 dB(A) en moyenne par rapport à l’heure la plus bruyante (créneau 6-7 heure)». Du coup, de nuit, 37.000 personnes subissent des nuisances sonores excédant la valeur limite (62 dB). En outre, il y a peu de variations en fonction du jour de la semaine («les niveaux nocturnes pouvant même être plus chargés le week-end»), ni même pendant les vacances scolaires («durant lesquelles nous n’avons enregistré qu’une diminution de 1 dB(A) en moyenne»).

Plusieurs pistes sont suggérées, pour que les riverains du périph' puissent enfin vivre, ou au moins dormir, tranquilles. Installer des panneaux anti-bruits, qui fonctionnent bien («deux sites sur trois bénéficiant d’un écran acoustique sont légèrement en dessous des seuils»). Mieux isoler accoustiquement les façades des immeubles jouxtant le boulevard. Ou opter pour des revêtements de chaussée répercutant moins le bruit du trafic.

Reste qu'il faudrait aussi «diminuer le bruit à la source», en premier lieu le bruit nocturne. «Ce pourrait être fait en diminuant la vitesse autorisée, ou en encourageant les conducteurs à ne pas dépasser 50 km/h la nuit». Cela «permettrait de diminuer de 26% environ le nombre de personnes exposées à des niveaux sonores nocturnes qui excèdent la valeur limite». Autre suggestion, mais guère plus consensuelle: «diminuer le taux de poids lourds» autorisés sur le périph'. Car «un poids lourd moyen équivaut, d’un point de vue acoustique, à environ 7 véhicules particuliers pour des vitesses de circulation de 80 km/h, 10 véhicules particuliers pour des vitesses de circulation de 50 km/h».

Les syndicats de transporteurs routiers vont apprécier.

26/09/2012

Un gros débat, assez théorique

Grosse agitation des Parisiens, ces jours-ci. Ils ont l'air de ne parler que de cela, en ce moment. Du projet de réduction de 80 à 70km/h de la vitesse maximale autorisée sur le périphérique.

C'est la mairie de Paris qui, l'autre jour (ici), a relancé ce vieux serpent de mer, dont on parle depuis des années. A la différence que, cette fois, le dossier pourrait aboutir: vu l'alternance politique qui, au printemps, s'est jouée au gouvernement – à qui il revient de prendre une telle décision. En attendant, les pro et anti 70km/h sur le périph' débattent passionnément.

Les premiers invoquent «une urgence sanitaire». A les en croire, une telle réduction de la vitesse maximale autorisée «permettra d'améliorer la qualité de l'air et le niveau sonore autour du périphérique». Pas un luxe pour les riverains immédiats de la rocade, qui vivent dans des zones où les niveaux de pollution atmosphérique, «selon l'OMS, dépassent de quatre fois les normes mondiales de qualité de l'air». Les seconds dénoncent «une mesure démagogique et sans efficacité». Qui, «une fois de plus, va pénaliser ceux qui n'ont d'autre choix que d'utiliser leur voiture». Et qui «ne va que congestionner encore un peu plus» ce boulevard.

Le gouvernement décidera. Dans un sens ou dans un autre.

De toute façon, si, dans ce débat passionné, l'on peut se permettre de le noter, cela ne changera pas forcément énormément de choses, concrètement, pour les 1,3 million d'usagers quotidiens de ce boulevard. En effet, la vitesse moyenne de circulation y est de... 38km/h. Rares, dès lors, sont les occasions où l'on peut y appuyer sur le champignon, jusqu'à 70 ou 80 km/h...

13/09/2012

Un engagement jamais tenu

Puisqu'on évoquait les berges de la Seine hier, intéressons-nous au fleuve proprement dit, aujourd'hui. Pour signaler, au cas où cela vous aurait échappé, qu'un vieil engagement le concernant n'a jamais été tenu.

Il avait été pris à l'époque par Jacques Chirac. Lorsqu'il était maire de Paris (1977-1995), il avait promis aux Parisiens qu'à la fin de son mandat, ils pourraient à nouveau se baigner dans la Seine, comme ils le firent jadis. On en est encore loin. L'a rappelé un différend, début septembre.

A l'invitation d'une association sportive, plus de 3000 personnes s'étaient inscrites pour ce qui s'annonçait un événement: la traversée de la capitale à la nage. Elle aurait dû se dérouler dimanche dernier; les concurrents les plus sportifs auraient nagé dix kilomètres, jusqu'au jardin André-Citroën. Mais la préfecture de police a catégoriquement interdit la manifestation. Les pandores ont notamment invoqué la qualité sanitaire insuffisante des eaux du fleuve – dans lequel, pourtant, début juillet, ont nagé les 4500 participants au triathlon de Paris...

Les organisateurs de la course ne l'ont pas entendu de cette oreille. Contestant cette décision, ils ont brandi les résultats d'analyses bactériologiques effectuées à leur demande par un laboratoire agréé, portant sur des échantillons d'eaux du fleuve qu'ils avaient prélevés début août. Analyses montrant, selon eux, la parfaite conformité de ces eaux avec les directives européennes relatives aux eaux de baignade en milieu naturel.

Rien n'y a fait: les autorités ont campé sur leur refus. Et la manifestation, qui se voulait «la plus importante épreuve de natation en eau libre de France», a dû être purement et simplement annulée, au débotté.

Jacques Chirac n'a pas réagi.

12/09/2012

Un mauvais timing

Paris, Environnement, Santé, Transports, Urbanisme, ActivismeLe long de la Seine, depuis la rentrée, les Parisiens disposent d'une nouvelle promenade piétonne: entre le square de l’Hôtel de Ville et le bout du quai Henri IV. C'est la première réalisation concrète du vaste projet municipal de restructuration des voies sur berges. Et cela énerve visiblement beaucoup le lobby des automobilistes.

Ainsi, hier, l'association «40 millions d'automobilistes» a renforcé sa mobilisation contre ce projet, qu'elle juge inepte d'un point de vue tant économique qu'écologique ou social. Selon elle, face un «réseau de transports en communs hypersaturé, il est tout à fait utopique de croire en la réduction du nombre d'automobilistes». «40 millions d'automobilistes » a donc lancé une vaste pétition pour s'opposer à ce grand projet urbain.

Pourquoi pas; c'est parfaitement son droit. Et tous les arguments de ces automobilistes ne sont pas d'office à rejeter. Ainsi, «augmenter les temps de parcours en automobile signifie en parallèle l’acceptation du renforcement d’un clivage entre habitants de Paris intra‐muros et ceux des zones urbaines limitrophes, plus accessibles financièrement en termes de logement».

Juste, sur la forme, en termes de timing de communication, «40 millions d'automobilistes» aurait pu/dû mieux choisir le jour de son ramdam médiatique.

Car il a coïncidé avec la publication d'une étude scientifique, portant sur l'impact de la pollution atmosphérique (et donc, en partie, automobile) sur la santé des habitants des grandes villes. Confirmation: cette pollution coûte cher, à la fois en vies humaines et en argent public. Un seul chiffre, frappant, pour illustrer cela: si, à Paris, les normes annuelles européennes en matière de pollution étaient parfaitement et en permanence respectées, le Parisien moyen bénéficierait d'un gain d'espérance de vie de près de 6 mois (*).

Paris, Environnement, Santé, Transports, Urbanisme, Activisme6 mois d'existence en plus. Voilà qui, peut-être, relativise quelques dizaines de minutes supplémentaires passées dans les embouteillages.

 

(*) Dans les neuf villes françaises étudiées par les chercheurs, le gain annuel total représenterait... 91.000 années de vie. Ce qui n'est pas rien, tout le monde en conviendra.

18/07/2012

Une gestion pas très sérieuse

Transports, Sécurité, Santé, Environnement, GouvernementA propos des bagnoles et des produits cancérigènes, dont on parlait hier dans ce blog, une querelle prend de l'ampleur, ces jours-ci. Elle concerne les éthylotests, dont la possession est désormais obligatoire dans les véhicules. Visiblement, le précédent gouvernement a géré cette affaire d'une manière pas très sérieuse.

Dernièrement, l'ONG environnementaliste «Robin des Bois» a accusé (ici) ces éthylotests chimiques de contenir du dichromate de potassium, substance qu'elle qualifie de cancérigène pour l'homme et de très toxique pour les organismes aquatiques. Chacun de ces éthylothests à usage unique contiendrait «environ un gramme de chrome 6, substance classée cancérogène, mutagène et reprotoxique». Dès lors, jeter à la poubelle ces objets après usage «serait une pratique dangereuse pour l’environnement et la santé publique».

Hier, interpellé sur la question, le ministère de l'Ecologie n'a que partiellement démenti ces assertions. Côté pile, «compte tenu de la très faible quantité» de ladite substance dans un éthylotest, «une ingestion accidentelle n'exposerait qu'à une irritation buccale ou des muqueuses». Mais, côté face, le traitement des éthylotests usagés est, en effet, «une question sérieuse». Les autorités vont donc plancher là dessus. Du coup, les fabricants d'éthylotests sont furieux. Selon eux, les quantités de ces substances toxiques sont tellement infinitésimales qu'évoquer des risques pour la santé ou l'environnement est «une arnaque ahurissante» – selon les termes d'un fabricant furibard, qu'on entendait sur une radio, ce matin.

Cette querelle a de quoi effarer. On imagine l'état total de confusion dans lequel doit se trouver l'automobiliste français moyen, en ce moment: face à ces allégations parfaitement contradictoires.

Le moindre du bon sens aurait évidemment commandé que les autorités prennent toutes les assurances (scientifiques, sanitaires et environnementales) avant de rendre ces éthylotests obligatoires. Mais, manifestement, c'était trop demander, au pays du principe de précaution.

Encore bravo.

17/07/2012

Une inertie, inquiétante

Après une première quinzaine de juillet météorologiquement pourrie, comme souvent, le retour à Paris prochainement, paraît-il – on est un peu sceptique, mais bon, acceptons-en l'augure... –, de températures de saison. Et donc le retour aussi, probablement, des épisodes de pollution, qui empoisonnent si régulièrement l'air de la capitale. A cet égard, on est assez estomaqué de la totale inertie des autorités, depuis un mois.

Puisque cela fait un mois maintenant qu'a été rendue publique, en France comme ailleurs, une étude scientifique confirmant le caractère cancérigène des gaz d’échappement des moteurs diesel. Or, la France est le pays le plus diéselisé d'Europe: plus de trois quart des véhicules immatriculés y carburent au gasoil. Et ils circulent notamment en ville, cela va de soi. Au printemps à Paris, pour rappel (relire ici ou), on eut droit tous les trois jours à un pic de pollution aux particules fines. Comme cela avait déjà été le cas à cette saison auparavant (voir ici). A cette heure, cependant, on attend toujours la moindre (ré)action – ou ne serait-ce qu'une communication – du gouvernement, sur la question.

D'autres qu'énerve visiblement cette inertie, ce sont les militants de la fédération d'associations France Nature Environnement. L'autre jour, dans Paris notamment, ils ont apposé sur les murs des pochoirs (propres), sommant les autorités de se bouger. Sans, de nouveau, la moindre réaction, jusqu'à présent.

A part cela, le principe de précaution est une notion cardinale de la politique de santé, en France.

Encore bravo.

16/07/2012

Une remontrance, cinglante

Télévision, Journalisme, Femmes, Santé, ObésitéLe Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient d'adresser un rappel à l'ordre à M6. Et sa remontrance est rédigée d'un ton sec, assez peu habituel venant de cet organisme.

La chaîne de télé privée est fustigée pour un programme qu'elle a diffusé cet hiver, en prime time. Intitulée «Zita, dans la peau d’une obèse», cette émission «avait pour objet de suivre une journaliste qui se mettait à la place d’une personne confrontée à l’obésité».

A l'époque déjà, le programme avait fait froncer les sourcils de responsables du ministère de la Santé. Et à raison, estime le CSA. Ce soir-là, juge-t-il, les téléspectateurs ont eu droit à «un amalgame entre obésité et hyperphagie», et à un fatras «d'images ou de témoignages susceptibles d’humilier les personnes». La chaîne aurait dû «éviter la complaisance dans l’évocation de la souffrance humaine, ainsi que tout traitement avilissant ou rabaissant l’individu au rang d’objet». En plus, elle a pris des «précautions insuffisantes pour informer les téléspectateurs sur le caractère mis en scène et médicalement encadré de cette expérience». Et elle aurait dû l'assortir d'«un discours pédagogique davantage développé»: «sur l’obésité, notamment sur les facteurs génétiques qui y contribuent».

Mais sans doute ces exigences éthiques pèsent-elles de peu de poids, face au business de l'audimat.

Et, si ça tombe, le soir de sa diffusion, «Zita, dans la peau d’une obèse» a été entrecoupé de pubs très lucratives au profit... de produits exagérément gras ou sucrés, soit ceux-là mêmes qui favorisent l'obésité. La boucle serait ainsi bouclée – assez minablement, nul besoin de le préciser.

Encore bravo.

11/07/2012

Un certain scepticisme

C’est bien de saison, en ces périodes de transhumances vacancières: entre info (alléguée) et pub (gratuite), un fabricant de navigateurs GPS a publié hier une étude sur les villes les plus embouteillées d'Europe. Etude qui a bénéficié d’une large couverture médiatique en France; mais, a-t-on trouvé, sans beaucoup de nuances.

 

Ce classement était présenté comme ayant été élaboré sur la base d’un «indice d’embouteillage». Indice qui serait lui-même issu des temps de trajet réels des automobilistes utilisant les navigateurs de cette marque, temps calculés par ces machines. A en croire ce palmarès, Paris serait moins embouteillé que Marseille ou Bruxelles, Varsovie décrochant la funeste première place.

 

Pour Varsovie, on n’en sait rien: on n’y a jamais vécu. En revanche, les embouteillages à Bruxelles, Marseille ou Paris, on les connaît bien, ou on les a bien connus. Si on n’a pas gardé un agréable souvenir en la matière ni de la capitale belge, ni de la cité provençale, on n’a pas du tout le sentiment qu’à Paris ces dix dernières années, le chaos de la circulation se soit beaucoup amélioré.

Un certain scepticisme, donc, face à ces données.

D’autant qu’il n’y a pas si longtemps, deux études portant sur un sujet identique ont conclu… de manière diamétralement opposée.

Ainsi, une société d'info-trafic américaine, se basant sur les données d’Eurostat (l'office européen des statistiques), a présenté Paris comme étant bel et bien la métropole la plus embouteillée d'Europe. Sur les dix points noirs européens pour les automobilistes, le périph’ arrivait même largement en tête.

 

Une autre étude, menée par un géant de l’informatique auprès de 8.192 conducteurs, avait elle aussi attribué à Paris la plus longue durée d’embouteillage, sur vingt villes européennes analysées.

 

Pas sûr, dès lors et en fin de compte, que l’automobiliste parisien ne soit pas le plus à plaindre, de tous ses congénères européens.

06/06/2012

Un état «normal»

Cela vaut mieux, pour un Président qui vient à peine d'être intronisé. Et c'est sans doute normal, s'agissant d'un «homme normal». Hier soir, un très bref communiqué du service médical de l'Elysée a indiqué que «l'examen médical et biologique», «clinique et para-clinique», qui avait été réalisé sur François Hollande, à sa demande, s'était «révélé normal».

Anecdotique? Si ce n'est que, précédemment, tous les bulletins de santé concernant un Président socialiste français avaient été... totalement mensongers.

Le 20 mai 1981, dix jours après l'élection de François Mitterrand, le Dr Gubler, ancien externe des hôpitaux de Paris, et son médecin personnel depuis les années 1970, avait signé le premier bilan clinique rendu public, relatif à l'état de santé du nouveau Président. Il disait ceci: «Les différents tests biologiques pratiqués ne montrent aucune anomalie des paramètres habituellement contrôlés au niveau chimique et hématologique. L'état général est tout à fait satisfaisant, et aucune anomalie n'est décelable». Le 7 novembre de la même année, François Mitterrand avait subi une série d'examens à l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce – pour la petite histoire, il y avait été admis sous un nom d'emprunt: Albert Blot. Neuf jours plus tard, le Pr Albert Steg, spécialiste mondial du cancer de la prostate, lui avait annoncé qu'il était atteint d'un cancer: déjà largement diffusé dans les os. Mais l'opinion publique n'en fut pas informée. A peine, le 15 décembre 1981, un communiqué de l'Elysée annonça-t-il que François Mitterrand souffrait d'«arthrose légère au cou». Le mensonge d'Etat perdura plus de dix ans: précisément jusqu'au 16 septembre 1992. Ce jour-là, après cinq jours d'hospitalisation à l'hôpital Cochin, le chef de l'Etat annonça qu'il était atteint d'un cancer de la prostate. Mais là encore, la dissimulation était de mise. Son affection y était qualifiée de «bénigne».

Sinon, et dans un registre moins dramatique, François Hollande innove par rapport à ses deux prédécesseurs. Car, malgré les engagements qu'il avait pris lors de sa campagne, Nicolas Sarkozy cessa rapidement (dès 2010) de communiquer sur son état de santé. Et car Jacques Chirac ne le fit jamais, estimant que ces matières relevaient du secret médical, et avaient donc un caractère confidentiel.

11/04/2012

Un tabou brisé (un peu)

A chaque campagne présidentielle, on se pose la question (voir par exemple ici). Comment donc font ces présidentiables pour tenir le coup, physiquement? Ces jours-ci, d'ailleurs, à moins de deux semaines du premier tour, les marques d'épuisement sont nettement visibles, sur leurs visages. C'est à ce moment qu'un tabou commence à (très légèrement) se briser en France. Concernant un sujet ultra-délicat: le dopage en haute politique.

Ainsi, depuis lundi, on a pu entendre, voir et lire un peu partout, dans les médias français, les propos de Denis Demonpion et Laurent Léger: les auteurs d'un livre de «Révélations sur la santé des Présidents», qui vient de paraître (aux éditions Pygmalion). En marge du sujet principal (notamment l'affirmation selon laquelle François Mitterrand aurait, à sa demande, été euthanasié), ces deux journalistes ont tenu des propos qui, sauf erreur, n'avaient jamais été tenus auparavant.

Leur ouvrage étant consacré aux Présidents, leurs allégations n'ont concerné que le seul Nicolas Sarkozy, mais il n'y a bien sûr aucune raison de penser qu'il est le seul politique concerné.

Donc, cela a donné ceci, dans la bouche de ces deux journalistes. Avec l'accord de ses médecins, le Président-candidat prend «différents produits», qui «ne sont pas autorisés à la vente en France». Par exemple, des médicaments «testés par des labos, mais qui n'ont pas encore reçu le feu vert des autorités sanitaires françaises pour être mis sur le marché». Des produits en vente à l'étranger et/ou sur le net. Des «remontants». Des «substances énergisantes, que prennent en général des sportifs». Des «fortifiants très puissants». Des «produits pour être en forme», et/ou «pour se calmer un petit peu».

Remarquez comme tout cela est dit avec énormément de précautions. Et, qui plus est, sans aucune condamnation. Dixit un des deux auteurs de cet ouvrage, qu'on entendait hier sur une radio: «Après tout, le Président doit être en permanence et jour après jour en excellente forme». Remarquez aussi qu'aucun nom précis de molécule n'est cité. Et pour cause: accoler le nom de telle ou telle personnalité politique à celui de telle ou telle substance particulière, terminant en «ine» par exemple (créatine, amphétamines, et on en passe), c'est à coup sûr se prendre un procès en diffamation.

Ce débat naissant est donc extrêmement précautionneux. Mais au moins n'est-ce plus le silence complet, le tabou total.

Sans doute est-ce déjà cela.

29/03/2012

Une semaine crasseuse

Semaine radieuse à Paris, en ce qui concerne la météo. Mais semaine affreuse, crasseuse, poisseuse, en termes de pollution atmosphérique. On en avait parlé lundi, et c'est de nouveau le cas ce jeudi: les seuils d'alerte risquent une fois de plus d'être dépassés dans le courant de la journée, en matière de pollution aux particules fines.

Ces derniers jours, la préfecture de police de Paris a beaucoup communiqué sur le sujet. Cela donne: 6173 véhicules contrôlés en région parisienne rien que lundi, 2461 infractions constatées pour non-respect de la vitesse de circulation réduite de 20 km/h, mais aussi pour infractions aux normes de pollution ou aux règles relatives au contrôle technique. Sur les quatre jours de mars ayant entraîné, avant lundi, des dépassements du seuil d'alerte de la pollution, plus de 20.000 véhicules ont été contrôlés, la moitié de leurs conducteurs ayant été verbalisés.

Si la préfecture communique à ce point sur le sujet, c'est parce que, au fur et à mesure que les pics de pollution se succèdent, elle est de plus en plus critiquée. Selon ses détracteurs, l'autorité qui représente l'Etat central dans la capitale brille par sa «passivité» et son «inaction» en la matière. La semaine dernière, le maire en personne avait piqué une colère contre le gouvernement. Cette semaine, ce fut autour des Verts. Munis de masques blancs et d'une banderole où l'on pouvait lire «Poumons en détresse», une cinquantaine d'élus et de militants écologistes parisiens ont (brièvement) bloqué la circulation rue de la Cité, sous les fenêtres de la préfecture.

Selon un spécialiste qu'on entendait sur une radio ce matin, les conséquences sanitaires dues à la pollution atmosphérique en région parisienne coûtent en moyenne... 6 mois d'espérance de vie à chacun de ses habitants.

Bienvenue dans la «Ville lumière».