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12/04/2016

Une amélioration qui tarde

Cela ne se dégrade pas vraiment. Mais cela ne s'améliore pas non plus considérablement.

C'est, en gros, la conclusion que l'on peut tirer du dernier rapport annuel en date sur la qualité de l'air à Paris et dans sa banlieue, qui a été rendu public il y a peu. Malgré tous les efforts entrepris, près d'1,5 million d'habitants de cette région restent quotidiennement exposés à une pollution atmosphérique qui excède les normes réglementaires. Il s'agit essentiellement des riverains qui résident à proximité des grands axes de circulation (le périph', etc.).

Si l'on regarde la situation polluant par polluant, cela s'améliore un peu en ce qui concerne le dioxyde d'azote. En revanche, la pollution aux particules fines, à l’ozone et au benzène stagne à des niveaux préoccupants.

Ce n'est évidemment pas un hasard politique: le jour même où ce bilan annuel – très moyen, donc – a été rendu public, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal a fait un peu de com'. Elle a annoncé la publication de l'arrêté qui est censé gérer de manière plus réactive et efficace les épisodes de pollution atmosphérique, dans la capitale imposition moins compliquée qu'avant de la circulation automobile alternée, etc. Et, comme cela semble une habitude désormais, la mairie de Paris (voir ici ou ) a réagi tièdement à cette com' ministérielle. Pour l'Hôtel de ville, en effet, le gouvernement ne va toujours pas assez loin, en la matière.

L'Etat et la Ville qui continuent à se chamailler. Et, en attendant, les Parisiens et les banlieusards qui respirent toujours aussi souvent un air empesté. Pas grand-chose ne change, donc, dans les faits.

18/02/2016

«Une complaisance»

Médias, Télévision, Santé"Le Petit Journal", l'émission vedette des soirs de Canal+, se prend une remontrance du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Un soir d'automne, deux bouteilles de bière avaient été ouvertes et consommées sur le plateau de ce talk-show. Posées en évidence sur la table, elles avaient «été visualisées de nombreuses fois». Le présentateur avait «incité son invitée à trinquer et à boire». Cette consommation avait été «mise en valeur par des propos à caractère humoristique». Et, à aucun moment, pendant la séquence, n'avait été diffusé le moindre message de prévention contre l’abus d’alcool.

Ce faisant, juge le CSA, Canal a méconnu la disposition du Code de la santé publique qui prohibe toute propagande directe ou indirecte en faveur des boissons alcoolisées, à la radio comme à la télé. Sans compter que «l’exposition significative dont la bière a bénéficié tout au long du programme (a) traduit une forme de complaisance de l’éditeur à l’égard de la consommation de cet alcool». Le CSA a d'autant moins apprécié qu'il avait déjà mis en garde cette même émission, à une précédente occasion, sur ce sujet. Il avait alors prié "Le Petit Journal" de «faire preuve d’une grande vigilance» en la matière.

Cela n'a pas empêché Canal de récidiver. Puisque, comme le regrette le CSA, «sous couvert d’humour et de divertissement», cette chaîne a «diffusé à nouveau une émission qui contrevient à la réglementation» et à la «protection du consommateur». On peut donc supposer que ce deuxième «appel à la prudence» lancé par le "gendarme de l'audiovisuel" sera le dernier. La prochaine fois, il sanctionnera.

15/02/2016

Un menu pas trop ragoûtant

Et de deux. Après, la semaine dernière, une étude ayant montré que la France a finalement assez peu tiré de leçons du mémorable scandale des "lasagnes à la viande de cheval", une autre enquête est rendue publique en ce début de semaine. Et elle ne donnera pas forcément envie aux Parisiens d'aller au resto.

On compte quelque 13.600 restaurants dans la "Ville lumière". Or, s'il faut en croire les résultats des contrôles qu'une association de consommateurs a recensés dans 1.500 de ces établissements pendant six mois, l'an dernier, seuls 34% peuvent s'enorgueillir d''un «bon» niveau global d’hygiène. Un peu plus de la moitié n'ont qu'un niveau «acceptable». Et 8% un niveau «à améliorer». «Dans l’ensemble des arrondissements à l’exception du 7e, moins de la moitié des restaurants ont obtenu le niveau d’hygiène bon, ce qui représente une situation non-satisfaisante, voire préoccupante». Quant aux consommateurs qui, dans ces conditions, décideraient de privilégier des établissements servant plutôt tel type de cuisine ou tel autre, ce serait en pure perte. En effet, «il ne semble pas exister de critères qui permettraient de se méfier d’un type de restaurants plus que d’un autre». Puisque «les restaurants les plus mal notés d’un point de vue de l'hygiène sont de tous types: cuisine française, italienne, asiatique, restauration rapide, etc».

De manière plus générale, dans le pays de la bonne bouffe qu'est la France, la restauration commerciale est le premier lieu (39%) où les toxi-infections alimentaires collectives sont contractées, devant la restauration collective (33%) et le domicile (28%). Les agents pathogènes les plus fréquemment impliqués sont le staphylocoque ou la salmonelle. En 2013, 1.346 foyers d'infections de ce type ont été déclarés. Ils ont affecté 10.602 personnes. Parmi lesquelles 643 ont dû être hospitalisées, et deux ont trouvé la mort.

21/01/2016

Une si grande demande

Paris, Terrorisme, Gouvernement, SantéCe jeudi, Christiane Taubira dresse un bilan de la prise en charge des victimes des attentats du 13 novembre. A cette occasion, la ministre de la Justice a prévu de rencontrer les dirigeants de la nouvelle association qui vient de se créer, baptisée "13 novembre fraternité et vérité" (voir notamment ). Elle regroupe des rescapés ainsi que des familles et des proches des personnes tuées dans ces attentats.

A ce sujet, ce chiffre qu'on a découvert un peu par hasard, l'autre jour, alors qu'on parcourait distraitement la gazette locale de notre onzième arrondissement.

1500. Soit le nombre de riverains et de témoins directs des tueries du 13 novembre à Paris, qui, tout au long du mois qui a suivi, ont été accueillis et pris en charge par la cellule d'urgence médico-psy mise en place à la mairie du 11e, aussitôt après les attentats. 1500 personnes «non blessées physiquement mais choquées», qui avaient donc grand besoin des conseils des spécialistes réquisitionnés pour cette cellule: psychiatres, psychologues et infirmiers.

1500 personnes prises en charge en un seul mois, soit une cinquantaine de consultations chaque jour. C'est dire – s'il en était besoin – la grande demande d'assistance qu'il y eut dans le quartier, et la détresse qu'y provoqua cette actualité si traumatique.

20/01/2016

Une baisse continue

Le froid freinant la dispersion des polluants, un épisode de pollution atmosphérique est en cours ce mercredi, à Paris. Et ce sera sans doute encore le cas demain jeudi. A nouveau cette satanée pollution par les particules fines PM10. Alors que, hasard de l'actualité, les députés viennent de voter (voir ) la proposition de loi prévoyant l'automaticité du déclenchement de mesures d’urgence, en cas de pics de pollution.

Ces particules fines sont dues notamment – mais pas seulement – à la pollution automobile. C'est donc l'occasion d'évoquer cette étude parue il y a quelques jours et qui a fait beaucoup parler d'elle, dans la capitale française. Et pour cause: elle confirme une évolution majeure, concernant les modes de déplacement qui y ont cours.

En 2014 (la dernière année étudiée), la circulation automobile dans Paris intra-muros a encore baissé de 4%, par rapport à l'année précédente. Il se confirme donc, plus que jamais, que le trafic automobile est en chute libre, dans la "Ville lumière". On le constate depuis 2001. Au total, ces quinze dernières années, ce trafic y a été réduit de 30%  ce qui n'est tout de même pas rien.

Cela dit, avec une vitesse moyenne de circulation qui, sur les grands axes de la capitale, est limitée à 15,2 km/h seulement, on comprend un peu que les automobilistes rechignent à prendre le volant – quand ils ont la possibilité d'opter pour un autre mode de déplacement.

Cette baisse du trafic automobile se répercute sur les chiffres de l'accidentologie. Le nombre d'accidents de la route déplorés dans la capitale est en légère baisse (-2%). Ce qui fait tout de même encore plus de quinze accidents de la route chaque jour, dans Paris.

23/12/2015

Un classique de fin d'année

Art de vivre, Gastronomie, Economie, Sécurité, PoliceLes années passent, mais certaines choses tardent visiblement à s'améliorer, en France. C'est ce qui ressort des résultats de la campagne de contrôles menée en ce moment par la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Chaque hiver, à la période des fêtes de fin d'année – temps de bonne bouffe nationale, s'il en est – , les pandores de cet organisme effectuent des descentes dans les commerces de bouche et les restaurants. Ils y traquent à la fois les défauts d'hygiène alimentaire (vérification des températures de conservation, des dates limite de consommation, de la propreté des locaux, etc.) et les informations déloyales données aux consommateurs (relatives aux appellations d’origine, aux promotions, aux labels etc.). Et cet hiver, une nouvelle fois, un taux pas négligeable d'anomalies ou de manquements a été mis au jour: 26%. Autrement dit, un aliment sur quatre vendu en cette période ne respecte pas les normes – normes qui, il est vrai, en France particulièrement, sont innombrables et tatillonnes. Ce taux de 26% est dans l'étiage de ceux relevés les hivers précédents (relire , par exemple), donc aucun progrès en la matière, visiblement.

Les vérifications ne sont pas inutiles non plus dans un autre secteur, tout aussi de saison: celui des jouets et jeux d'enfants. Là, les inspections ont montré que le taux de produits non conformes et dangereux s’élevait à 10,3%. Ont notamment été épinglées des peluches-bouillottes «qui peuvent occasionner de graves brûlures sur la peau des enfants» et des «planches à roulettes transversales dotées de moteurs électrique type hoverboard» dangereuses (on a un peu de mal à imaginer ce que c'est, mais on prend note).

Malgré ces résultats peu emballants, les Français vont tenter de passer d'excellentes fêtes ils en ont bien besoin, après l'année qu'ils viennent de vivre.



PS: Ceci étant dit/écrit, ce blog lui aussi va prendre ses quartiers d'hiver, et donc faire une petite pause. Il rouvrira ses portes en janvier. Bonnes fêtes à toutes et tous.

02/12/2015

Un élan sans précédent

Il tourne en boucle sur les radios de France, en ce moment. Un spot de l'Etablissement français du Sang (EFS). Il remercie les donneurs pour leur générosité après les attentats du 13 novembre, et les invite à poursuivre leur mobilisation dans la durée.

On en sait d'ailleurs un peu plus, désormais, sur l'ampleur de cet «élan citoyen sans précédent», depuis que ce blog l'a évoqué, la semaine dernière (relire ici). Et il se confirme qu'il a pris une dimension exceptionnelle.

Ainsi, entre le 16 et le 22 novembre, 88.000 prélèvements de sang, de plasma et de plaquettes ont été réalisés, dans tout le pays. C'est 55% de plus qu'en temps normal, dans un laps de temps identique. A Paris et dans sa région en particulier, qui étaient particulièrement concernées par cette dramatique actualité, l’augmentation a carrément été de 280%, par rapport à une semaine ordinaire. Et ce flux ininterrompu s'est poursuivi pendant deux semaines: cela ne fait que quelques jours, seulement, que l'on est revenu à un rythme normal.

26/11/2015

Un élan «dans la durée» souhaité

Dans toute la la presse, ces jours-ci, un placard publicitaire de l'Etablissement français du Sang (EFS). Il remercie (voir ) tous les protagonistes de l'«élan citoyen sans précédent» qui a suivi les attentats du 13 novembre. Les dizaines de milliers de donneurs de sang «qui se sont présentés partout en France» ont «rendu possible la collecte dans des conditions exceptionnelles», salue-t-il. «Votre mobilisation, vos dons, ont sauvé des vies», assure la pub, en lettres capitales rouges et noires.

La réalité est un peu différente. Dans les faits, tout au long de ce mémorable week-end, l'afflux inopiné et si massif de tant de donneurs a complètement pris de court l'EFS et ses centres de collecte, voire les ont pas mal désorganisés. Dès le lendemain des tueries, d'ailleurs, l'organisme s'est empressé de faire savoir (ici) que «le niveau satisfaisant des réserves en produits sanguins a permis de faire face à la situation exceptionnelle de cette nuit». Et de bien préciser qu'il n'avait «pas aujourd’hui de besoins urgents», alors qu'on aurait pu imaginer que le carnage l'avait conduit au bord de la rupture de stock.

Comme il lui fallait rapidement réduire un peu ce flux de généreux donateurs peu commode à gérer vu son ampleur, l'EFS a aussitôt fait passer le message aux autorités. Raison pour laquelle, par exemple, dès le samedi après-midi qui a suivi les attentats, l'ensemble des panneaux lumineux d'information de la mairie de Paris, répartis dans toute la ville, ont exhorté la population à donner son sang «la semaine prochaine aussi». L'information, amplement relayée par tous les médias, a fini par passer dans l'opinion.

A présent, l'enjeu est que cette mobilisation se poursuive «dans la durée». Et particulièrement «en décembre et en janvier, périodes particulièrement sensibles pour les réserves» de l'EFS. Car, au-delà des périodes de crises majeures et ponctuelles, «10.000 dons de sang par jour» sont nécessaires, pour faire face à la demande.

Et c'est particulièrement vrai alors que, demain vendredi, on sera à deux semaines de cette si sinistre nuit. Puisque, selon les chiffres que la ministre de la Santé a donnés cette semaine, 161 blessés sont toujours hospitalisés, dont 26 en services de réanimation.

10/11/2015

Un changement de comportement, semble-t-il

Deux petites nouvelles concernant le tabac, alors que le Parlement s'apprête à boucler l'examen du Projet de la loi Santé, qui énerve tant les buralistes – notamment parce qu'il leur impose, avec plusieurs années d'avance sur la législation européenne à venir, le paquet de cigarettes neutre (dépourvu de logos, de décorations attractives, etc.)

D'abord, à l'échelle de la France, près du quart de la population (24%) fume quotidiennement. C'est ce qu'indique une étude internationale, parue dernièrement. C'est davantage que dans la moyenne des Etats industrialisés (20%), et presque deux fois plus que la proportion de fumeurs dans des pays comme l'Australie ou la Suède – où, cela dit, les cigarettes sont vendues à un prix carrément prohibitif. «La France doit s’inspirer des mesures prises par ces pays pour réduire davantage la consommation de tabac», lui recommande donc l'OCDE.

Ensuite, à l'échelon parisien, ce premier bilan qui a fuité, sur la nouvelle réglementation punissant d'amende tout mégot jeté par terre. Rien que pendant son premier mois d'application, elle a donné lieu à la verbalisation de 350 contrevenants. Ce n'est pas rien, même si cela reste une goutte d'eau dans la mer, par rapport aux centaines de milliers de fumeurs quotidiens que doit bien compter la capitale française, dont bon nombre sans doute jettent leurs mégots dans le caniveau.

De moins en moins, cela dit. Ces dernières semaines, dans nos contacts quotidiens avec des fumeurs parisiens en tout cas, on a pu constater comme un changement de comportement. Visiblement, le ramdam médiatique fait autour de cette prohibition est parvenu à leurs oreilles. Non que, désormais, on ne les voit plus jamais jeter de mégots par terre. Mais, du moins, nombre de ces fumeurs y regardent dorénavant à deux fois avant de récidiver: s'assurent au moins qu'à proximité, ne figure pas au mieux une poubelle avec éteignoir ou un cendrier public, au pire un pandore prêt à les verbaliser.

Sans doute est-ce déjà cela.

03/11/2015

Un «rôdage» laborieux

Paris, Transports, Santé, Gouvernement, Environnement, Personnalités, Elections régionalesLe vent l'emportera... Et la pluie, aussi. La météo très automnale prévue ce mardi à Paris évitera que les politiques se prennent à nouveau les pieds dans le dossier de la circulation automobile alternée, pour cause de pollution atmosphérique.

Depuis dimanche, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, se renvoient la balle, dans un échange peu clair, concernant l'instauration d'une telle restriction de circulation. La maire la voulait () pour dès lundi. Ségolène Royal a refusé, puis, du bout des lèvres, a accepté l'idée pour, éventuellement, ce mardi. Jour où, toutefois, la météo venteuse et pluvieuse réduira la pollution. Donc, finalement, les deux éminences n'auront pas à – laborieusement – se mettre d'accord.

«On est encore en période de rôdage», a confessé la ministre, bien consciente du caractère peu glorieux de la séquence. Quant à la maire, elle considère avoir gagné la partie, puisque son interlocutrice a désormais explicitement confirmé que la circulation alternée serait automatiquement imposée en cas d'accord de la mairie et de la Région parisienne.

C'est peut-être un peu vite dit. Et c'est même, possiblement, un fameux boulet que va devoir traîner l'Hôtel de ville.

Paris, Transports, Santé, Gouvernement, Environnement, Personnalités, Elections régionalesEn effet, les élections régionales de décembre pourraient bien amener la droite sarkozyste au pouvoir, à la tête de cette Région. Une droite qui, on le sait, n'a pas du tout la même lecture des enjeux environnementaux que la majorité PS-Verts gouvernant Paris.

Dès janvier, donc, à chaque pic de pollution, Anne Hidalgo pourrait devoir mener un bras de fer avec une Région ayant basculé à droite, et pas fan de la restriction de la circulation.

Ce serait la répétition, en somme, de la longue cohabitation/confrontation que la maire et avant elle son prédécesseur, Bertrand Delanoë, eurent avec la préfecture (le bras armé du gouvernement) de 2002 à 2012, quand la droite était au pouvoir à l'échelon national – François Fillon singulièrement, lorsqu'il était à Matignon, a très régulièrement mis son veto, via la préfecture, à des projets (urbanistiques, notamment) de l'Hôtel de Ville.

01/10/2015

Un prix désormais à payer

Paris, Propreté, Santé, Tabac, Art de vivre, Police68€. Le prix à payer pour une fraction de seconde d'insouciance/d'incivisme. Ce n'est vraiment pas donné, mais c'est la règle à Paris, à partir de ce jeudi.

Ce 1er octobre, en effet, entre en vigueur le règlement municipal qui punit d'une contravention d'un tel montant le jet de mégot sur la voie publique. Ce sera même 180€, si la prune n'est pas payée dans les délais. Jeter son mégot à terre est «un geste qui a de sérieuses conséquences sur l’environnement», justifie la mairie. «Un mégot met entre 4 et 12 ans pour disparaître. Il dégage des métaux lourds et des polluants comme la nicotine, le cadmium et le plomb. Ces substances toxiques sont nuisibles à la flore et à la faune. Jetés dans les caniveaux, les mégots polluent l’eau et les égouts. Sur les grilles en pied d’arbre, ils sont aussi nocifs et réduisent sérieusement la vie des arbres».

Pourquoi pas. La tolérance zéro ambitionnée par la mairie de Paris paraît d'autant moins choquante que, ces derniers mois, elle a fait un réel effort pour disposer un peu partout, dans les rues, des poubelles d'un nouveau modèle, qui sont équipées d'éteignoirs. Et c'est vrai que, au fil des ans, cette pollution commençait à prendre des proportions d'ampleur: les agents parisiens de la propreté ramassent chaque année... 350 tonnes de mégots.

Juste, si on peut se permettre, a priori, on doute un peu que les pandores auront vraiment le loisir et le temps de verbaliser les fumeurs négligents. Alors que, dans la capitale, restent quotidiennement impunies tant d'infractions ayant des conséquences elles autrement plus immédiates et potentiellement gravissimes: les feux de signalisation franchis au rouge ou à l'orange par les automobilistes, par exemple.

30/09/2015

Un revirement, royal

Avec Ségolène Royal, il ne faut jamais s'étonner de rien. Mais là, c'est tout de même un revirement complet de sa part; qu'elle a annoncé ce matin (). Concernant, toujours, ce dossier de la pollution automobile à Paris.

Jusqu'à présent, la ministre de l'Ecologie freinait tant qu'elle pouvait, chaque fois que la capitale, lors de pics de pollution, demandait que soit imposée la circulation automobile alternée. Une mesure que Ségolène Royal assimile à de l'«écologie punitive», ce qu'elle abhorre. Mais là, ce matin, gros infléchissement. Bientôt, cette circulation alternée pourra être mise en place beaucoup plus en amont: «dès que l'alerte pollution est donnée, et plus seulement lorsque l'on constate la pollution». Les procédures seront assouplies pour, au besoin, prolonger pendant plusieurs jours cette restriction de circulation. Et, «chaque fois que des élus demanderont une réduction de la vitesse, ils l'obtiendront» – c'est loin d'être le cas, à présent.

La ministre a été moins claire, en revanche, sur un autre point, à propos duquel elle est pourtant attendue au tournant. Son dispositif () de petites pastilles de toutes les couleurs, à apposer sur les pare-brise des véhicules en fonction du degré de leur caractère polluant. A apposer sur une base volontaire seulement, bien sûr («Il ne faut pas stigmatiser les automobilistes, mais les encourager à rouler propre»).

Ce système a du plomb dans l'aile depuis qu'a éclaté le scandale Volkswagen, qui a montré combien sont discutables les indicateurs de pollution qu'annoncent les constructeurs automobiles. Dès lors, sur quels paramètres absolument incontestés et incontestables le gouvernement va-t-il bien pouvoir se baser, pour attribuer les petites pastilles de telle ou telle couleur à tel ou tel type de véhicule? La question se pose avec d'autant plus acuité, depuis ce matin. Moment choisi par VW pour confirmer que le fameux logiciel destiné à truquer les tests antipollution de ses moteurs diesel avait bel et bien été installé en France également. Et sur 948 064 véhicules, précisément – ce qui n'est tout de même pas rien.

29/09/2015

Un coup de com', de bon aloi

Paris, Transports, Santé, Environnement, International L'interdiction de la circulation automobile, dimanche dans une partie de Paris – que ce blog évoquait, hier – , n'a sans doute pas fait de mal ni à la santé des Parisiens, ni à l'environnement dans la "Ville lumière". Mais elle n'a pas non plus fondamentalement changé grand-chose.

C'est, en substance, l'enseignement que l'on peut tirer du bilan qui a été dressé de l'expérience.

Dans la zone centrale qui était fermée à la circulation, «des niveaux sensiblement plus faibles (de pollution) qu’à l’extérieur de cette zone» ont été relevés – l'inverse eut été un comble, cela dit... Ainsi, en ce qui concerne le dioxyde d’azote, les niveaux étaient plus bas de 30% sur les Champs et de 20% place de l’Opéra, comparés à un dimanche régi par des conditions météorologiques analogues. Même si, de toute manière, dans l'ensemble de la capitale avant-hier, les niveaux généraux de pollution de l’air ont été peu élevés, grâce à un vent modéré qui a éloigné les polluants.

Mais «cet impact significatif» a été «très local». Aucune amélioration notable de la situation n'a été notée dans le reste de la capitale, malgré le fait que les automobilistes avaient été invités à réduire à 20km/h leur vitesse de circulation. Et le périph' a été aussi pollué qu'à l'ordinaire un dimanche comparable.

Paris, Transports, Santé, Environnement, International Certaines zones de Paris intra muros ont même été, ponctuellement, ... davantage polluées que d'habitude. A Bastille, par exemple, en milieu de matinée: juste avant l'entrée en vigueur de la mesure de restriction de la circulation, quand donc le trafic sur la place était particulièrement congestionné.

Il s'est dès lors agi, avant tout, d'une opération symbolique. Pas marginalement un coup de com', même: visant à soigner l'image de Paris, deux mois avant l'ouverture de la grande conférence de l'ONU sur le climat, la COP21, qu'elle accueillera à partir de la fin novembre.

02/07/2015

Un mets très en vogue

Les dernières nouvelles du «pays de l'exception culturelle» que se targue d'être la France, y compris et a fortiori en matière gastronomique. Des nouvelles à propos d'un mets qu'on ne trouve pas trop de saison, par ces temps de canicule, mais, après tout, chacun ses goûts.

A en croire une étude parue dernièrement, en 2014, il s'est vendu 1,07 milliard de burgers dans l'Hexagone. C'est près de 10% de plus qu'en 2013. Analyse des professionnels de la restauration: «Traditionnellement perçus comme emblématiques de la cuisine américaine, les burgers représentent aujourd'hui un marché important de la restauration rapide en France. À l'opposé du phénomène de la malbouffe, les points de vente de burgers se multiplient, appuyés par la création de réseaux de franchise dont certains se démarquent par leurs qualités gustatives haut de gamme et l'efficacité de leur concept».

Populaires, donc, les burgers. Cela n'a pas empêché les élus de Paris, mardi, de se prononcer contre le projet d'installation d'un McDonald's en plein coeur du Boboland parisien: à l'angle des rues Réaumur et des Petits-Carreaux, dans le quartier Montorgueil (2e arrondissement). Pour le maire (écologiste) de cet arrondissement, «avec l'arrivée d'un restaurant de 160 places, c'est tout le travail qui a été fait dans le quartier sur la qualité alimentaire et la protection de l'artisanat qui risque de s'effondrer comme un château de cartes».

Par trois fois, déjà, la Ville a refusé les demandes de permis de construire déposées par McDo pour ce projet. Et, en mai, une centaine de riverains ont manifesté contre son arrivée dans le quartier.

L'histoire ne dit pas si les gamins de ces manifestants, qui passent sans doute leurs journées au MacDo ou au Burger King, faisaient partie, ou non, du cortège.

30/06/2015

Une double peine

Les petits vieux et les personnes fragiles vont doublement déguster, à Paris. Une canicule: 40° en journée, et pas moins de 25° la nuit. Et, en plus, un épisode de pollution atmosphérique. Les particules fines ne sont, cette fois, pas en cause: c'est une pollution à l'ozone. Comme déjà vendredi et comme encore demain mercredi, les seuils d'alerte devraient être atteints, voire dépassés, ce mardi, dans la capitale française.

Les autorités sont évidemment sur les dents. Nul n'a oublié la conséquence sanitaire de la canicule historique de l'été 2003: 19.000 décès prématurés. Depuis, des mesures ont été prises, tant en termes d'organisation des pouvoirs publics que de sensibilisation de l'opinion et d'équipement des maisons de repos. Mais c'est peu dire que la situation ne s'est pas vraiment améliorée aux services des urgences des hôpitaux. «On est au bord de la rupture!», s'alarmait le dirigeant du syndicat des médecins urgentistes, ce matin sur une radio.

C'est donc là encore et toujours que, ces jours prochains, cela pourrait à nouveau coincer. Avec, comme il y a douze ans, des conséquences dramatiques?

26/06/2015

Une communication très orientée

Une fois n'est pas coutume, un sujet très léger, pour bien achever la semaine. Un petit retour sur cette controverse assez ridicule qu'a provoquée Ségolène Royal, l'autre jour, à propos du Nutella – si par extraordinaire cela vous avait échappé, un résumé de cela par exemple .

De tout ce débat, les Français ont sans doute retenu qu'ils n'avaient pas à culpabiliser: pouvaient continuer à engouffrer leur pâte à tartiner préférée, au petit-déjeuner ou au goûter. A fortiori – cela leur a été dit et répété – qu'elle a un petit côté «made in France». Mais oui, le Nutella, en Normandie, ce sont des centaines d'emplois.

Oui, mais non.

Autant on peut argumenter pour ou contre le côté écologiquement correct de ce produit, ou pas, autant il est difficile de lui trouver le moindre bénéfice en termes de santé. Vu que le Nutella, c'est avant tout, et pas qu'un peu, ... du sucre et du gras.

A ce sujet, une union de consommateurs a mis en ligne une petite vidéo qui déconstruit bien la communication de Ferrero. Elle relève que les campagnes publicitaires de cette marque relatives au Nutella mettent en avant les composants de ce produit qui sont valorisants (les noisettes, le lait et le cacao). En revanche, elles ne précisent bien sûr pas que les deux tiers de la recette de la pâte à tartiner proviennent de deux ingrédients qui, eux, d'un point de vue nutritionnel, n'ont rien d'affriolant: le sucre et l'huile – qui ne contribuent pas peu à l'obésité infantile.

C'est vieux comme le monde, cette technique publicitaire. Mais cela continue à marcher, visiblement.

Longue vie, donc, au Nutella.

04/05/2015

Un ultime sursis octroyé

Les médias français en ont relativement peu parlé, ces derniers jours, mais c'est pourtant une fameuse épée de Damoclès qui pèse désormais sur l'Hexagone, et qui concerne Paris au premier chef.

La Commission européenne a adressé au gouvernement Valls une sèche mise en garde (ici), l'invitant à prendre enfin «des mesures ambitieuses, rapides et efficaces» pour lutter contre la pollution de l'air. En cause, cette pollution aux particules fines qui pose tant de problèmes à la «Ville lumière» et à la plupart des agglomérations du pays. Bruxelles rappelle que «les chiffres des autorités françaises les plus récents montrent que le problème de pollution de l'air persiste et que les limites maximales journalières pour ces particules sont dépassées dans dix zones». Or, souligne sèchement la Commission, «la France n’a pas adopté les mesures qui auraient dû être appliquées depuis 2005, pour protéger la santé de ses citoyens». Alors qu'en février 2013 encore, Bruxelles avait mis une énième fois Paris en demeure de se bouger, sur la question.

L'Europe donne à la France un dernier délai de deux mois, pour s'activer. Sinon? «La Commission pourra saisir la Cour de justice de l'Union européenne». Et cette juridiction pourrait infliger à la France des amendes dont le montant pourrait atteindre des dizaines de millions d'euros.

Ségolène Royal n'a toujours pas réagi. Il va être intéressant de voir comment la ministre de l'Ecologie va gérer ce dossier. Elle qui vient d'avoir une violente passe d'armes avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui reproche au gouvernement son apathie sur le fléau de cette pollution – voir comment Ségolène Royal, hostile à toute «écologie punitive», n'a cessé de traîner les pieds chaque fois qu'elle a dû valider la mise en place de la circulation automobile alternée, dans la capitale.

21/04/2015

Une pratique physique – et ses à-côtés?

Puisque le sport est à la mode en ce moment à Paris – voir le récent accord donné par les élus de la capitale à une candidature aux JO de 2024 –, cette étude () sur l'importance de la filière sportive, pour l'économie parisienne. Les 19.300 clubs sportifs dénombrés dans la région occupent 100.000 emplois, ce qui est loin d'être négligeable. D'après ces données (ici), plus de six Parisiens et banlieusards sur dix (62%) pratiquent régulièrement une activité sportive. C'est le cas également de 54% des plus de 55 ans (bien!) et de 72% des 15-25 ans.

Sans doute est-ce parmi ces quelque 7 millions de sportifs de la région-capitale (dont 2,4 millions de licenciés) que l'on retrouve la majorité des partisans de la tenue des JO de 2024 dans la «Ville lumière». L'engouement populaire pour ce projet, cela dit, n'est ni inconditionnel, ni massif – à cette heure, en tout cas. Selon un récent sondage, 38% des habitants de Paris et de sa région s'opposent à une telle candidature. Sans doute est-ce dû à l'image très perfectible des Jeux, dans l'opinion. Ils sont considérés comme étant souvent «trop coûteux» (pour 84% des sondés), «trop marketing» (70%), voire «associés à des scandales de corruption» (50%).

A cet égard, n'a pas dû améliorer cette image la confidence que Marie-George Buffet a faite à une télé (), la semaine dernière. Un souvenir remontant à 2001, alors qu'elle était ministre des Sports dans le gouvernement Jospin. Paris tentait alors de décrocher les Jeux de 2008. «Il faut mesurer ce que j’ai vécu comme pressions (à ce moment), par rapport à la loi dopage...», a rappelé l'ex-ministre. Et de narrer qu'à l'époque, le CIO lui demanda de s'engager par écrit à ce que sa loi antidopage... ne soit pas appliquée pendant ces Jeux, si Paris obtenait leur organisation. Elle refusa de ce faire, et avertit le chef du gouvernement qu'elle démissionnerait illico, s'il exigeait qu'elle prenne un tel engagement. Il n'en fit rien. Les Jeux furent attribués à Pékin.

Ni le CIO lui-même, ni ses dirigeants de l'époque n'ont contesté cette allégation. Qui, du reste, n'a pas recueilli un très grand écho médiatique. Comme si tout le monde considérait que cette anecdote était sans grand intérêt. De l'histoire ancienne, en somme. Voire une pratique de lobby si habituelle, dans le monde olympique?

23/03/2015

Une rare illisibilité

Une déclaration vraiment curieuse de Ségolène Royal, ce week-end. A propos de sa décision de mettre en place, ce lundi, la circulation automobile alternée à Paris et dans 22 communes limitrophes, pour cause de pollution atmosphérique. Ce n'est même pas sur le fond du débat que la ministre de l'Ecologie a tenu des propos surréalistes – libre à elle de traîner les pieds dans la mise en place d'une telle restriction –, mais dans la manière dont elle a communiqué sur sa décision.

«Je veux remercier toutes celles et ceux qui vont faire l'effort de ne pas prendre leur véhicule», a-t-elle dit. Visiblement très embarrassée qu'un tel effort soit demandé aux automobilistes conduisant des véhicules immatriculés pair – interdits de circulation aujourd'hui, en région parisienne.

Voilà un mode étrange de gouvernance.

Car, de deux choses l'une. Le gouvernement aurait très bien pu simplement recommander aux Français qui sont disposés à le faire de ne pas circuler ce jour-là. Dans ce cas, il aurait été parfaitement fondé à «remercier» par avance celles et ceux qui optent pour un comportement allant dans le sens de son souhait. Mais, ici, il ne s'agit pas de cela. Qu'on soit pour ou contre la circulation alternée, c'est une décision qui est prise par les autorités, qui est supposée s'imposer aux publics concernés, et dont le non-respect est d'ailleurs passible d'amendes. Théoriquement, donc, il n'est pas question ici de faire l'effort ou le choix de respecter ou non cette décision, puisque c'est une règle qui est édictée. Mais non. On a une ministre qui en vient presque à implorer qu'on respecte la décision qu'elle-même prend. Une ministre qui, ce faisant, assimile implicitement le respect de la règle à de la simple bonne volonté. A de la mansuétude, en somme.

C'est un peu comme si un ministre de l'Intérieur remerciait les automobilistes de faire «l'effort» de respecter les limitations de vitesse. Comme si, le samedi soir, le grand patron de la Police nationale, gêné, apparaissait à la télé pour «remercier» ceux qui s'apprêtent à sortir en boîte de nuit de faire «l'effort» de ne pas reprendre le volant ivres morts, au petit matin.

Ségolène Royal a une telle hantise d'être assimilée à «l'écologie punitive» – notion qu'elle abhorre –, qu'elle en vient à avoir une communication politique qui ôte toute lisibilité à ses propres décisions, et qui probablement va atténuer leur impact.

Encore bravo.

19/03/2015

Une première place mondiale

Cela tombe bien – ou mal, c'est selon. Puisque, pas plus tard que lundi, ce blog évoquait la question de la qualité de la vie à Paris, à l'aune notamment de la pollution qui affecte cette ville. Ne passons donc pas sous silence ce triste record mondial qu'aurait battu la «Ville lumière», hier.

Pendant quelques heures, la capitale française aurait carrément été... la ville la plus polluée du monde (voir ). Plus polluée encore que Shangai, Londres, New Delhi, Pékin, Hong Kong ou Los Angeles.

Les autorités ont d'ailleurs envisagé d'imposer la circulation automobile alternée, pour ce jeudi. Mais elles ont fini par y renoncer. En effet, depuis, la situation atmosphérique s'est un peu améliorée (voire ici ou ). Même elle reste évidemment mauvaise. Et un nouvel épisode de pollution est d'ores et déjà annoncé (là) pour demain vendredi.

Quelle belle et saine semaine, décidément, pour les 2 millions de Parisiens. Sans oublier, bien sûr, les 8 millions d'habitants de la banlieue.