Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

25/04/2016

Une tension qui s'enracine (J-4)

Social, Paris, Activisme, GouvernementNuits décidément agitées en ce moment, dans notre 11e arrondissement. En marge de la mobilisation citoyenne "Nuit Debout", qui continue place de la République.

Ce week-end, pour tenter de calmer un peu les choses, les autorités ont été jusqu'à interdire la vente de boissons alcoolisées en soirée, aux alentours de l'esplanade. Cela n'a pas empêché de nouveaux heurts entre casseurs et forces de l'ordre, échauffourées qui sont monnaie courante dans le quartier, depuis trois semaines. Cette fois, en plus, des véhicules (de police, singulièrement) ont été brûlés.

La permanence du PS dans le 11e, rue Alexandre Dumas, a également été vandalisée. Précédemment déjà, avant même cette mobilisation, des antennes locales de ce parti avaient été victimes de tels agissements, tant en province (voir ici, ou ) que dans la capitale ().

A un an de la fin de son mandat, visiblement, la colère se dirige directement, et plus que jamais, vers François Hollande et tout ce qui le représente. Le maire du 11e a dénoncé cette vague de vandalisme anti-politique, y voyant un phénomène «très inquiétant pour la démocratie».

15/04/2016

Un prix à payer

Paris, Banlieues, Economie, Social, Art de vivreParis, ville magnifique. Ville agréable à vivre, aussi, globalement. Mais ville chère, décidément. Une étude vient de quantifier cela de manière précise.

8,8%. Selon les calculs de l'Institut de la statistique (Insee), c'est le surcoût moyen des prix pratiqués en région parisienne, par rapport à la moyenne nationale. C'est dû en grande partie au coût des loyers, qui y sont supérieurs de près de 50% par rapport au reste du pays. Plus largement, les dépenses relatives au logement (eau, entretien, gaz, électricité, etc.) sont plus élevées de 24,7% à Paris et et dans sa banlieue qu'en province. Cet écart vaut aussi pour la santé (des dépassements d'honoraires médicaux plus fréquents dans la capitale qu'ailleurs, par exemple), pour les loisirs, la culture et l’hébergement. Ainsi que, dans une mesure un peu moindre, pour l’alimentation, la restauration, les transports, les meubles et les vêtements.

Ce coût de la vie moins abordable est toutefois pondéré. Par la différence de rémunération: «le salaire horaire net moyen d’un ouvrier ou d’un employé est de l’ordre de 8% à 10% plus élevé» dans la région-capitale qu’en province.

Oui, mais cela ne vaut que pour les Parisiens et les banlieusards qui bénéficient d'une rémunération digne de ce nom. En revanche, pour les exclus, les précaires, les chômeurs en fin de droit, les travailleurs condamnés aux petits boulots à temps partiel, les jeunes peu aidés par leurs parents, les seniors ne touchant que de petites retraites, et pour tous ceux qui peinent à boucler leur fin de mois, le coût de la vie dans la capitale et sa région devient rapidement prohibitif. D'où, sans doute, le succès de la mobilisation actuelle contre la précarité, à Paris. Où, proportionnellement, ce mouvement semble rencontrer davantage d'écho qu'en province – même s'il y a fait tache d'huile.

13/04/2016

Un nouvel arrivant, bienvenu

Paris, Terrorisme, SocialLa (bonne) nouvelle de la semaine n'a échappé à aucun des riverains de notre quartier Saint-Sabin: la partie du onzième arrondissement qui fut si endeuillée et traumatisée par les attentats de l'an dernier. Les anciens locaux de "Charlie Hebdo" ont enfin trouvé de nouveaux locataires.

Au 10, rue Nicolas Appert, précisément. Dans le petit hôtel d'entreprises qui hébergeait la rédaction de l'hebdo satirique. Des locaux qui étaient toujours vides, depuis ce 7 janvier 2015 de sinistre mémoire où les frères Kouachi y semèrent la mort. En effet (relire ), la Ville de Paris, propriétaire des lieux, n'était jamais parvenue à trouver de nouveaux locataires. Malgré d'importants travaux de remise à neuf, on ne se bousculait visiblement pas pour occuper ces 280 m² désormais et à jamais si dramatiquement connotés.

Jusqu'à l'annonce, l'autre jour, de la signature d'un bail en bonne et due forme. Par le groupe SOS: une grosse entreprise d'économie sociale, qui va notamment éditer son magazine à cet endroit. «Il y avait une certaine fierté de redonner vie à ces lieux», a témoigné, dans les médias (par exemple ), un de ses dirigeants. «Il ne faut pas céder à la peur, donner le sentiment que les auteurs de la tuerie ont gagné».

Pour le quartier, en tout cas, c'est une excellente nouvelle. Car ces arrivants vont contribuer à lui redonner un peu de vie, de passage et d'animation. En plus, que rêver de mieux, si l'on veut rester fidèle à l'«esprit du 11 janvier», qu'un organisme dont le travail quotidien consiste précisément à réduire les fractures sociales, à construire des ponts, à recréer des solidarités.

Bienvenue à vous, donc, chers nouveaux voisins!

11/04/2016

Une cible privilégiée

 Social, Activisme, Economie, Paris Pas toujours facile, depuis dimanche, de retirer de l'argent aux distributeurs de billets de notre quartier du onzième arrondissement. Samedi, en effet, en marge d'une nouvelle journée de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail, nombre de ces automates ont été pris pour cible. Taggués, maculés de peinture ou de stickers, dégradés.

C'est peu dire que, dans le quartier, pas mal d'agences bancaires ont, au-delà des DAB apposés sur leurs façades, subi un mauvais quart d'heure. On ne compte plus les vitrines recouvertes de slogans, endommagées, voire brisées. «Non au retour à Germinal. Vive la grève générale!», «Loi El Khomri -Vie pourrie» ou «Occupy SG» sont quelque-uns de ces slogans qu'on a pu lire. La SG mentionnée étant la banque Société Générale, et la référence à l'occupation faisant allusion aux mouvements du style "Occupy Wall Street".

Parmi les portraits des personnalités qui ont souvent été apposés sur ces banques, affiches gratifiées de commentaires peu agréables pour les intéressés, le visage de Pierre Gattaz revient souvent. Le très libéral "patron des patrons", leader du Medef (première organisation d'employeurs), accusé par les manifestants de prôner «la loi de la jungle» sociale et de s'en prendre aux «sans-dents» aux pauvres, ainsi que François Hollande les dénommerait s'il faut en croire son ex, Valérie Trierweiler.

Dans les stations de métro des arrondissements de l'Est parisien, pareillement, il était difficile, ce matin, de trouver un affichage publicitaire pour une banque qui n'avait pas été badigeonné d'invectives («VOLEURS!», etc.). Là aussi, c'est la Société générale surtout qui a vu ses campagnes de pub prises pour cible.

 Social, Activisme, Economie, Paris Pourquoi elle particulièrement, et non la BNP Paribas ou d'autres grandes banques françaises? C'est sans doute dû à son implication présumée dans le scandale mondial des "Panama Papers", relatif aux paradis fiscaux, qui a été révélé la semaine dernière.

Cela a d'ailleurs valu à une des agences parisiennes de cet établissement bancaire d'être peinturlurée, par les activistes, d'une déco toute en couleurs exotiques et chatoyantes. Qui ressemblait bien à ce que l'on imagine être un coucher de soleil au Panama.

08/04/2016

Un court-circuit, symptomatique

C'était couru d'avance, mais, visiblement, la mairie de Paris n'avait pas anticipé cela. La principale actualité de la semaine, dans la "Ville lumière", a été quelque peu court-circuitée par le climat social et revendicatif agité du moment, en France.

L'inauguration en grandes pompes de la "Canopée". L'immense structure (18.000 écailles de verre, 7.000 tonnes de poutres métalliques) qui recouvre désormais le futur nouveau Forum des Halles, lui toujours en cours de réaménagement. Sitôt ce mastodonte architectural dévoilé au public, il a été investi par les intermittents du spectacle. Eux qui sont chroniquement mobilisés ne jouent pas un petit rôle dans le mouvement actuel de revendication (les "Nuits debout", etc.) parti de Paris et qui, depuis, a fait tache d'huile en province et même en Belgique.

Ces intermittents s'inquiètent notamment de l'avenir de leur régime d'assurance chômage. Il est déficitaire et doit être renégocié, d'ici à l'été – avec, sans doute, de douloureuses économies à la clé. L'occasion était donc trop belle, pour eux, de «prendre possession de cette énième vitrine clinquante de la Ville de Paris: plus d’un milliard d’euros de budget, dont 14% de dépassement» par rapport aux estimations initiales. L'occasion aussi, en ces temps de mobilisation de la jeunesse contre la précarité, de se montrer dans «une immense zone de chalandise qui regroupe nombre d’entreprises et de magasins qui exploitent au quotidien des précaires (étudiants, travailleurs pauvres, personnes sans papiers), obligés d’accepter des boulots pourris pour survivre».

Paris, Architecture, Urbanisme, Social, Activisme, CultureLe coup de force des intermittents, cela dit, s'il a fait grimacer des élus de Paris, n'a globalement pas gâché la fête. Ni n'a empêché les Parisiens d'affluer dans ce centre commercial qui, bientôt, sera complètement relifté.

Une méga opération urbanistique qui, on peut le noter au passage, ne réussit toujours pas à faire l'unanimité. La pompe et les flonflons des discours d'inauguration n'ont pas fait taire les critiques qui, depuis le début, accompagnent ce projet. A propos de son gigantisme, de son coût, de sa physionomie, et des nuisances que le chantier a entraînées, pour le quartier. Chantier débuté dès 2011, et qui ne s'achèvera pas avant 2018 – on n'a donc pas fini d'en parler.

31/03/2016

Une éternité à attendre

Transports, Economie, Social, BelgiquePlus de 400 km cumulés de bouchons en région parisienne, ce matin. En ce jeudi qui est un jour de grèves et de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail.

L'occasion de faire écho à cette étude parue dernièrement, qui a calculé le temps que les automobilistes parisiens perdent chaque année dans les embouteillages.

Plus de 45 heures, en moyenne. Soit deux jours entiers à ronger son frein derrière son volant.

En la matière, Paris est championne de France, devant Lyon, Toulon, Bordeaux, Toulouse et Strasbourg. Dans le classement des capitales européennes les plus embouteillées, la "Ville lumière" pointe à la quinzième place, Londres trônant en tête (101 heures passées chaque année dans les bouchons, par ses automobilistes). Si l'on examine la situation pays par pays, la France est le septième Etat européen dont le réseau routier est le plus saturé, ses conducteurs perdant chaque année 28 heures dans les bouchons. C'est la Belgique qui, triste privilège, arrive en tête de ce palmarès (44 heures d'embouteillages).

En France, cela dit, comme dans nombre de pays européens, l'an dernier, la congestion routière a globalement diminué, si l'on en croit cette étude. «Cela peut s’expliquer en partie par une économie européenne ralentie», explique-t-elle. Généralement, en effet, «le ralentissement de l’économie et le taux de chômage élevé réduisent le nombre de conducteurs, et donc conduisent à un trafic moindre».

Vu sous cet angle, donc, il n'y aurait pas lieu de trop se plaindre des bouchons: ils seraient juste le signe que l'économie va plutôt bien. Sûr que cela ira droit au cœur des centaines de milliers d'automobilistes qui, en région parisienne aujourd'hui, vont pas mal s'énerver.

16/03/2016

«Une iniquité à réparer»

Deux jours déjà qu'il a eu lieu, mais on continue à ne parler que de cela, à Paris. Parler du chahut si rugueux qui, lundi soir, a secoué l'habituellement si chic et paisible 16e arrondissement. A propos du projet d'y implanter, d'ici à l'été, un centre d'hébergement d'urgence de 200 places, pour les SDF.

«Une Jungle de Calais dans le bois de Boulogne», comme le dénoncent les riverains. Ils sont si remontés que, lundi soir, une réunion publique d'information sur le sujet a dû être interrompue, car elle manquait de tourner au pugilat général. Les orateurs et défenseurs du projet, dont la préfète (qui a signé le permis de construire), se sont notamment pris une nuée de quolibets et d'insultes tout sauf classe et distingués.

La chose a fait tant de bruit qu'elle a été évoquée à l'Assemblée nationale, hier (lire ici ou voir ). Manuel Valls s'est dit «profondément choqué». Il a jugé injustifiable «les insultes et les menaces dont la représentante de l’État a été l’objet», et intolérable «que le débat public soit manipulé» par les détracteurs du projet. Le Premier ministre a redit la détermination de l'Etat à mener ce projet à bien.  Et de conclure: «Il n’est pas possible, il n’est pas juste, que certains souhaitent se dérober à l’effort. En matière de solidarité et de lutte contre la pauvreté, chacun doit assumer ses responsabilités». Même tonalité à la mairie de Paris. Où l'on annonce qu'on ira «jusqu'au bout» pour «réparer une iniquité»: le 16e est «le seul arrondissement qui ne compte aucun centre d’hébergement d’urgence».

Des recours en justice sont annoncés. Donc, on n'a pas fini d'entendre parler de ce dossier. En attendant, il ne faudrait pas tomber dans la caricature: croire que tous les habitants du 16e d'office et sans exception sont aussi en pointe contre ce projet que leur maire d'arrondissement, le député sarkozyste Claude Goasguen – auteur d'une pétition à succès, sur le sujet. Il existe aussi des riverains qui sont profondément gênés par l'image désastreuse que ce chahut donne de leur quartier.

L'image d'un îlot d'aisance et d'égoïsme, indécrottablement replié sur lui-même et sur ses seuls petits privilèges. Insupportablement insensible à la détresse d'autrui.

06/11/2015

Une «réaction forte» espérée

Grosse agitation hier en matinée, et même jusqu'en début d'après-midi, aux portes de Paris. Une portion de l'autoroute A1 ainsi que toute la partie nord du périph' ont dû être interdites à la circulation. En cause, une violent incendie survenu dans un campement Rom situé en contrebas du boulevard, porte de la Chapelle. S'il n'a pas fait de victimes, le brasier a mobilisé une trentaine de pompiers pendant près de deux heures, et a produit un dégagement de fumées tel que la circulation a dû être coupée dans les deux sens entre les portes de Clignancourt et d'Aubervilliers.

Hasard de l'actualité, pas très loin de là, est en train de se jouer le sort d'un autre campement Rom, que ce blog avait récemment évoqué (). Lui s'est établi sur les voies de chemin de fer désaffectées de la Peinte ceinture. Le tribunal de grande instance de Paris, saisi par le propriétaire des lieux (une filiale de SNCF), a ordonné son évacuation. Le jugement a été signifié par huissier aux habitants.

Où vont aller ces gens sinistrés ou expulsés? Bonne question. Cette semaine, une trentaine d'associations d'aide aux plus démunis viennent à nouveau d'alerter les autorités sur l'état d'«extrême saturation» des centres d'hébergement. Et, se référant aux milliers de places qui, ces dernières semaines, ont été trouvées en urgence pour les réfugiés, ces ONG jugent «indispensable de tout faire pour éviter les sentiments d'injustice et d'iniquité qui se répandent parmi les publics démunis».

Elles ont demandé un rendez-vous à Manuel Valls. Et disent attendre de lui «une réaction forte, renforçant l’ambition et les moyens mis en œuvre par la nation pour améliorer l’accès au logement et la protection des plus fragiles», tous deux aujourd'hui « fortement malmenés». Le chef du gouvernement n'a pas réagi.

27/10/2015

Une bonne nouvelle, annonciatrice?

Une hirondelle ne faisant jamais le printemps – a fortiori en plein automne... – ne pas s'emballer. Mais, tout de même, ne pas passer cela sous silence.

La bonne nouvelle a surpris tout le monde, hier soir. En septembre, la France a connu sa plus forte baisse mensuelle du chômage (-24000 chômeurs) depuis... huit ans. Ce n'est vraiment pas anodin. En 2015, ce n'est que la troisième fois que de tels chiffres mensuels positifs tombent. Et c'est le sixième mois seulement de baisse du chômage depuis que François Hollande est arrivé à l'Elysée, il y a 41 mois. En plus, et concernant là plus précisément l'objet de ce blog, une fois n'est pas coutume, la tendance à Paris et dans sa région est encore meilleure que dans le reste du pays.

Une baisse d'1,2% du nombre de demandeurs d'emplois y a été enregistrée, à comparer à la diminution de 0,7% à l'échelle nationale. Ce qui titille surtout les analystes, c'est l'envolée de l'intérim, dans la "Ville lumière" et sa banlieue. Or, les chiffres de ce type d'emploi sont généralement considérés comme prédictifs de l'évolution à venir, à quelques mois de distance, de l'emploi au sens large. Si tel le cas, la région parisienne peut avoir tous ses espoirs. Le mois dernier, en effet, l'intérim y a crû carrément de 6%. Cela a concerné aussi bien l'industrie (+10%) que le commerce (+9%) et les transports (+6%). Le mouvement a bénéficié à la fois aux travailleurs non-qualifiés (+13%) et aux cadres et professions intermédiaires (+9%). Surtout, il n'a pas laissé de côté les départements parisiens les plus frappés par le chômage, le chômage des jeunes en particulier. Ainsi, l'intérim a bondi de 21% le mois dernier en Seine-Saint-Denis, et de 12% en Essonne.

Malgré cette bonne nouvelle nationale – et donc parisienne encore plus – , la France compte toujours 5,7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. Ce qui n'est tout de même pas rien.

22/10/2015

Une ségrégation résidentielle (suite)

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa région parisienne concentre à elle seule près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France, écrivait ce blog, l'autre jour (), sur foi du dernier rapport en date de la Fondation Abbé Pierre. Selon la préfecture de région, qui vient de faire le point sur la question, il serait plus juste de parler d'un tiers des bidonvilles du pays qui se situent en banlieue et à Paris. Les autorités ont d'ailleurs quantifié de manière assez fine la population Rom qui (sur)vit dans la région-capitale.

7144 personnes, très précisément, dont un tiers d'enfants. Soit un chiffre à peine moins élevé que celui de l'an dernier, malgré les opérations d'évacuation forcée et de démantèlement ayant visé de très nombreux campements, ces derniers mois – mais ils se reforment aussitôt, à un autre endroit.

Ces Roms sont de nationalité roumaine ou bulgare principalement, donc bénéficient d'un titre de séjour en règle. Ils s'amassent dans 132 campements qui, eux, sont pour la plupart illégaux: 80% font l'objet d'une procédure judiciaire d'expulsion. Le plus vaste de ces bidonvilles Roms parisiens se trouve à Saint-Denis: il regroupe 880 personnes. Viennent ensuite les campements de Wissous (680 occupants), Champs-sur-Marne (372), Montreuil (347) et Grigny (213).

La "Ville lumière" elle même compte un bidonville Rom sur son territoire, depuis le printemps. Il est situé dans le 18e arrondissement, porte des Poissonniers, sur les voies de chemin de fer désaffectées de la Petite ceinture. Quelque 70 familles y résident, si l'on ose dire, soit 400 personnes environ. Le tribunal de grande instance a été saisi par SNCF Réseau, propriétaire de la parcelle, pour qu'il ordonne l’évacuation des lieux.

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa préfecture vient de charger deux groupes de travail de lui remettre des propositions d'ici à la fin de l'année, concernant à la fois les possibilités d'insertion de ces populations et les solutions qui permettraient de leur assurer un logement pérenne. Une fois rendu, ce document sera soumis aux autorités européennes, afin que les actions qui en découlent puissent être financées (en partie) par l'Union.

On attend de voir cela.

20/10/2015

Une «saturation extrême et inquiétante»

Pauvreté, Social, Logement, GouvernementLe thermomètre remonte un peu à Paris, depuis ce week-end, mais, la semaine dernière, il y a fait inhabituellement froid. Aussi, un collectif de 870 associations de solidarité venant en aide notamment aux SDF et aux mal-logés vient de demander au gouvernement () de se bouger.

Car, «dans de nombreuses villes» du pays, lors de ce coup de froid, la situation de ces miséreux a vraiment été «critique». Quelques chiffres témoignent bien de la «saturation extrême et inquiétante des centres d’hébergement, à la veille de l’hiver». Un soir, rien qu' «à Paris et en Seine-Saint-Denis, 700 personnes à la rue, dont la moitié d’enfants, ont appelé le (numéro de téléphone) 115 sans obtenir d’hébergement. Dans le Rhône, 1950 personnes ont sollicité en vain un hébergement ces 15 derniers jours. Et en Haute- Garonne, ce sont 200 personnes qui sont sans solution chaque nuit».

Voilà donc l'Etat sommé de «mobiliser les capacités d’hébergement hivernales dès à présent, sans attendre le démarrage officiel du plan hiver et les températures négatives». Ne pas patienter jusqu'en novembre pour mettre ces gens à l'abri, d'autant que «des capacités inexploitées d’hébergement et de relogement existent, sur l’ensemble du territoire». Pour preuve, la crise des réfugiés a fait subitement découvrir à l'Etat l'existence de milliers de places d'hébergement disponibles, notamment dans autant de bâtiments publics et parapublics inoccupés.

L'équipe Valls a peu apprécié d'être ainsi houspillée. L'entourage de la ministre du Logement a sèchement fait savoir qu'elle avait donné instruction aux préfets d'ouvrir les places d'hébergement «en fonction de la demande, et non en fonction des températures».

pauvreté,social,logement,gouvernementLa réduction, ou non, de la grande misère: ce sera un des critères à l'aune duquel, dans moins de deux ans maintenant, on pourra juger l'action de François Hollande et des siens. A ce stade, le bilan ne paraît pas fameux.

Pour ne prendre que ce seul indicateur – mais il en vaut bien d'autres –, à en croire le collectif qui tient chaque année ce macabre décompte, au moins 480 personnes sont mortes dans la rue en France, en 2014. Soit encore plus qu'en 2013 (453).

12/10/2015

Un procédé un peu cavalier

Ce n'est pas tous les jours que notre boîte mails perso reçoit un message d'un PDG d'une société de plus de 50.000 salariés, mais c'est ce qu'il lui est arrivé ce week-end. Un message du grand patron d'Air France.

Frédéric Gagey, c'est son nom, y fait savoir que les fameux incidents ayant émaillé le comité d'entreprise de lundi dernier – lors duquel deux cadres de la compagnie ont été molestés –, «ce n’est pas Air France». «Soyez en convaincus, ces violences ont été le fait d'individus isolés et ne reflètent ni la réalité ni l’ambition de votre compagnie». Et de vanter les «mesures courageuses» envisagées pour «assurer son avenir dans le peloton de tête des compagnies aériennes à vocation mondiale». Nulle part, il n'est fait mention des 2900 emplois menacés: à l'origine de la colère syndicale qui a dérapé de la sorte, il y a une semaine.

Pour diffuser cette communication de crise, Frédéric Gagey a donc utilisé le fichier clients d'Air France. Soit plusieurs millions d'adresses électroniques, habituellement réservées à l'envoi d'offres commerciales de la compagnie ou au suivi de dossiers de voyages de particuliers ou de sociétés. Un procédé un peu curieux, voire cavalier: en tant que client lambda d'Air France, on n'a pas le souvenir de lui avoir donné notre accord pour recevoir également ce genre de communications-là.

Mais on ne doute bien sûr pas que, par souci d'équité, Frédéric Gagey va à présent autoriser les syndicats des pilotes de ligne, du personnel navigant, et des agents au sol d'Air France à utiliser, à leur tour, ce fichier. Histoire de bien veiller à ce que, sur ce conflit social, la clientèle bénéficie d'une information absolument complète, et non du tout unilatérale.

 

PS. Dans le cadre de cette communication de crise, la compagnie a réalisé une vidéo de promo. Un petit film parfaitement aimable, délicieusement souriant, mais qui se prend pas mal de commentaires acerbes, voire carrément teigneux. Du genre: «Ca coûte combien de faire une vidéo aussi vide que ça?», «C'est une honte, de la pure propagande d'une autre époque», «Putain même sur les photos officielles de Corée du Nord, les sourires sont moins grincants», ou même... «Aucun DRH n'a été maltraité durant ce tournage».

05/10/2015

Une indépendance freinée

logement,jeunes,paris,banlieues,social,economieC'est une des conséquences de la crise du logement à Paris et dans sa région, que ce blog évoquait vendredi. Le "syndrome Tanguy", comme l'on pourrait le dénommer. En référence au film français à succès d'il y a une dizaine d'années.

Dans la capitale et sa banlieue, les jeunes tardent de plus en plus à quitter le domicile parental. Les 20-29 ans subissent de plein fouet l'envolée des loyers des petites surfaces. Ainsi, à en croire l'Observatoire des loyers, entre 2001 à 2011, les loyers des studios ont bondi de 49% à Paris et de 44% en banlieue. Plus globalement, la crise économique de 2008 a «freiné l'indépendance résidentielle» de ces jeunes. C'est ce que confirme une étude qui vient de sortir.

Aujourd’hui, un jeune de plus de 25 ans sur deux vivant et né en région parisienne habite toujours chez ses parents. En moyenne, ces jeunes de la capitale ne quittent papa et maman qu'à l'âge de 24 ans et neuf mois, soit beaucoup plus tardivement que les jeunes de province (22 ans).

Ces "Tanguy" sont, pour beaucoup, des étudiants (76% des étudiants de la région parisienne sont dans ce cas) et des chômeurs (62%, + 10 points par rapport à 1999). Mais beaucoup de jeunes actifs en emploi se retrouvent également dans la situation du héros du film d'Etienne Chatiliez. C'est même le cas de près de quatre de ces jeunes actifs sur dix (39%, +6) .

C'est évidemment dû à la précarité de l'emploi que ces jeunes occupent: difficile, sinon quasi impossible, de voir son dossier de candidat locataire retenu, quand on ne bénéficie pas d'un contrat à durée indéterminée. Pour preuve, deux tiers des jeunes actifs parisiens travaillant en CDI ont leur propre logement, alors qu'un jeune en CDD (contrat à durée déterminée) sur deux habite toujours chez ses parents. C'est aussi le cas de deux jeunes intérimaires, apprentis ou stagiaires sur trois.

02/10/2015

Une «ségrégation résidentielle»

950.000. Le chiffre a été donné hier, par la Fondation Abbé Pierre (). Au moins 950.000 personnes, en région parisienne, sont en situation de mal-logement. Parmi elles, de 60.000 à 70.000 utilisateurs quotidiens du réseau d'hébergement d'urgence ou d'insertion, 79.000 personnes qui n'ont d'autre choix que de loger chez des tiers, 460.000 qui vivent dans des habitations surpeuplées, et 404.000 habitant un logement privé de confort.

Ce mal-logement découle notamment de la pénurie d’offres de logements accessibles ainsi que de la flambée des prix et des loyers. A cet égard, la Fondation a calculé que, sur une période dix ans, les loyers avaient augmenté de 40 à 60%, en région parisienne.

La capitale et sa banlieue constituent la région la plus riche du pays? Elle concentrent néanmoins «entre 30 et 44% des logements repérés comme potentiellement indignes en France». De même, «près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France» réside en région parisienne. Ces campements de fortune ne se développent plus seulement en périphérie, dans des terrains vagues, des friches industrielles ou sous des échangeurs autoroutiers, mais également au cœur des villes (à Saint-Denis, par exemple). Dans le même temps, autre illustration concrète et très visible du mal-logement, les squats, «phénomène autrefois épisodique, constituent dorénavant une forme de mal-logement pour de nombreux ménages, avec un déploiement sensible sur certains départements. Centrés auparavant majoritairement sur l’habitat ancien inconfortable, ce phénomène touche dorénavant l’habitat social (logement en cours de réfection entre deux locataires, etc.)».

Un peu comme Manuel Valls avait dénoncé «un apartheid» territorial régnant en France, la Fondation fait le constat d'une «ségrégation résidentielle» frappant la région parisienne. Une ségrégation qu'elle juge «porteuse de lourdes conséquences sur la capacité à "faire société" et à donner à chacun une place digne». Elle exhorte donc les autorités à mettre en place, dans la région capitale, une politique du logement «plus attentive aux plus défavorisés».

25/09/2015

Une pierre, deux coups

Transports, Sécurité, Social, Emploi, Paris, Banlieues20 milliards d'euros. Ce n'est pas rien, et c'est le montant total de l'engagement financier que la Région parisienne va prendre, sur cinq ans, envers la SNCF et la RATP. Le chiffre a été rendu public hier, à l'occasion de la présentation des projets de contrats de plan que ces instances s'apprêtent à signer.

Un gros volet de ce plan est consacré au renforcement de la présence humaine dans l'ensemble du réseau de transports publics de Paris et sa région. Un demi-millier d'agents supplémentaires vont y être déployés «pour renforcer l’accueil et la sécurité des voyageurs». Concrètement, des «équipes d’accompagnement» vont patrouiller dans les bus de nuit, des dizaines de médiateurs vont être embauchés, et une «présence humaine effective jusqu’au dernier train» est promise dans les grandes gares. Dans les petites gares, cette présence sera assurée par des «équipes mobiles attitrées à 4 à 6 gares maximum». Au total, espèrent la SNCF et la RATP, tout cela ne pourra que rehausser le «niveau de sécurité sur l’ensemble du réseau».

En tout cas, cette gestion de la sécurité avec l'accent mis sur le personnel – et non plus seulement sur le matériel: caméras de vidéosurveillance, portiques, grillages, etc. – ne pourra pas faire de mal à l'emploi, dans la capitale et sa région. C'est d'autant moins superflu que la situation en la matière n'est pas terrible. Les derniers chiffres mensuels en date, rendus publics hier soir, l'ont encore confirmé: le nombre de chômeurs continue à croître, à Paris et en banlieue. A un rythme mensuel de 1,6%, pour une hausse de près de 5% (4,6%) en un an.

22/09/2015

Une ouverture «au rabais»

Les musées du Louvre et d'Orsay ainsi que le château de Versailles: trois institutions culturelles parmi les plus fréquentées de Paris et de sa région, qui pourraient bien voir leur fonctionnement perturbé, ces prochains jours. Un préavis de grève reconductible a d'ailleurs été déposé à Orsay pour ce mardi. Des réunions de la dernière chance étaient prévues ce matin, pour tenter d'éviter la fermeture de l'établissement.

Les syndicats protestent contre le projet d'ouverture 7 jours sur 7 de ces trois institutions, ainsi que François Hollande l'a promis. Au lieu d'être habituellement fermés au grand public les lundis ou mardis, Le Louvre, Orsay et Versailles seraient accessibles au public scolaire, ces jours-là. Pour les syndicats, c'est «une idée séduisante, mais qui est incompatible avec la réalité».

Ils argumentent (, notamment) qu'un musée n'est jamais inactif, y compris les jours où il est fermé au grand public. Le lundi ou le mardi, c'est le moment où les chercheurs ont accès aux collections, où on en profite pour procéder à l'entretien des lieux et effectuer des réparations, où on fignole les accrochages, où on organise des visites de presse ou des formations, etc. Accessoirement, ce sont aussi les jours où ces institutions remplissent leurs caisses: en privatisant leurs espaces (pour des réceptions, des cocktails d'entreprise, etc.). Bref, accueillir en plus les scolaires au même moment «ne peut matériellement s'envisager sans dégrader fortement la conservation du patrimoine et les conditions de travail des agents».

En outre, les gamins des écoles n'auraient «aucune garantie de qualité de visite dans de bonnes conditions». François Hollande avait souhaité () que, par cette initiative, soient «offertes à la jeunesse de France toutes les conditions pour apprendre, pour s'émerveiller, pour s'émouvoir». Très bien. Mais concrètement, à en croire ces opposants, dans ces musées ces jours-là, ces jeunes pourraient bien en être réduits à des «parcours en zig-zag, pour éviter les zones balisées en opérations techniques». Etre réduits, en somme, à des visites «au rabais, dans l’ambiance bruyante et parfois poussiéreuse de chantiers divers, de travaux et de circulation d’engins et de techniciens».

C'est évidemment une perspective moins emballante.

15/06/2015

«Une fête pour tous»

Football, Sports, Social, Gouvernement, EconomieC'est sans doute la moindre des choses, mais cela n'en reste pas moins une bonne idée. Le gouvernement a réservé 20.000 tickets d'entrée pour les matchs de foot qui se tiendront dans le cadre de l'Euro 2016, l'été prochain en France. Ces billets seront gracieusement offerts à «des publics en difficulté». Histoire que ce tournoi ne soit «pas réservé à quelques-uns», mais constitue réellement «une fête populaire», qui «rassemble les Français partout sur le territoire, au-delà des dix villes hôtes de la compétition».

Concrètement (voir ), ces 20.000 places viendront récompenser les meilleures initiatives associatives d'animation construites autour de cet événement, et qui visent les jeunes, les seniors, les handicapés, les personnes en difficulté sociale, ainsi que les habitants de zones urbaines sensibles.

De quoi dissiper sans doute un peu l'image, pour le coup très peu populaire, qui a été donnée, dernièrement: lorsque les tarifs des billets d'entrée à cette manifestation ont été dévoilés. Des tarifs qui, parfois, dépassent l'entendement. Ainsi, les meilleures places pour assister à la finale, à Paris, vaudront... 895€, soit pas loin d'un salaire minimum. Et les tickets les moins chers pour ce match seront à 85€, ce qui n'est tout de même pas rien – a fortiori quand, dans le cas des spectateurs venus de province, devra encore être ajouté à cette somme le coût du déplacement vers la capitale et de l'hébergement dans cette ville (aux tarifs de la haute saison touristique, qui plus est).

02/06/2015

Une idée reçue, contredite

Voilà une étude qui tord le cou à un cliché que l'on applique souvent à la France. Pays dont on a coutume de dire qu'il concentrerait ses pauvres en périphérie – dans les banlieues, pour parler clair –, les centres urbains étant, eux, plus favorisés. Pays qui, donc, serait dans une situation exactement inverse de celle de la Belgique. Où les centres urbains sont fréquemment plus dégradés que les banlieues, elles pas rarement vertes et aisées.

Concernant la France, en tout cas, cette idée reçue est très largement à relativiser.

Ainsi, les dernières données en date de l'Institut de la Statistique (Insee) sur le niveau de vie des Français attestent que la pauvreté est également «très présente dans les villes-centres des grands pôles urbains». En effet, ces zones concentrent des catégories de population qui sont souvent les plus rapidement frappées par la crise et par le déclassement social: familles monoparentales, familles nombreuses et ménages jeunes. En termes de chiffres, voilà le tableau: «C'est généralement dans les villes-centres des grands pôles urbains, ainsi que dans les moyens et petits pôles, que la pauvreté pour ces catégories de ménages est la plus fréquente. Elle y concerne en moyenne autour de 27% des personnes parmi les ménages jeunes, 35% parmi les familles monoparentales, et, parmi les ménages de cinq personnes ou plus, respectivement 37% des personnes dans les villes-centres et autour de 27% dans les moyens et petits pôles» urbains.

C'est notamment en région parisienne que les disparités de niveaux de vie sont les plus marquées. C'est là que «se trouvent à la fois les départements ayant le plus fort et le plus faible taux de pauvreté». Paris, bien sûr, n'échappe pas à cette très grande dualité. Dans la «Ville lumière», «le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10% de personnes les plus aisées est en moyenne près de 6,7 fois supérieur à celui en dessous duquel se trouvent les 10% les moins aisés, contre un rapport de 3,5 en moyenne sur l'ensemble de la population» nationale.

Au passage, lors des élections régionales de décembre, il sera intéressant de voir comment la gauche va se débrouiller pour tenter de défendre un si piètre bilan, en termes de dualisation sociale de la région parisienne. Puisque ce sont les socialistes et leurs alliés qui gèrent cette région, depuis maintenant près de vingt ans (1998).

19/05/2015

Un privilège à relativiser

paris,banlieues,logement,social,art de vivreHabiter à Paris et dans sa région: le rêve. C'est souvent l'idée qu'on s'en fait quand on n'y réside pas, et a fortiori quand on voit cela depuis l'étranger. Une étude statistique publiée ce matin vient relativiser ce privilège supposé.

Ainsi, en région parisienne, 19,5% des logements sont considérés comme surpeuplés, soit trois fois plus qu'en province (6%). C'est bien sûr dû au fait que la capitale et sa banlieue se distinguent par l'exiguïté de leurs habitations: elles «accueillent en moyenne 2,3 habitants, soit autant qu’au niveau national, alors que le nombre moyen de pièces et la surface habitable moyenne y sont nettement plus faibles». N'en déplaise au cliché de Paris et ses grands appartements haussmanniens, dans la «Ville lumière», «la part des logements surpeuplés dépasse 25%».

Des logements trop petits, donc. Et, en plus, pas forcément en très bon état. Ou, du moins, pas toujours confortables.

Ainsi, un quart des résidences principales situées en région parisienne ont un problème d’humidité. A Paris intra muros, ce taux monte à 28,6%, «du fait de l’ancienneté et de la vétusté d’une partie du parc» résidentiel. Dans la capitale, 6% des logements connaissent également des soucis d'infiltrations d’eau, soit davantage que dans le reste du pays.

Enfin, en 2013, près d'un Parisien sur quatre (23,4%) a déclaré avoir eu froid dans son logement. Ce n'est pas seulement dû au fait que, cette année-là, la France a connu «l’un des hivers les plus froids depuis vingt ans». Cet inconfort thermique est aussi la conséquence des qualités des logements: en région parisienne, «les deux causes du froid (dans l'habitation) les plus souvent citées par les ménages sont la mauvaise isolation et les installations de chauffage insuffisantes».

Mais à part cela, bien sûr, habiter à Paris est un bonheur permanent.

20/04/2015

Une deuxième condamnation

paris,social,logement,justiceL'affaire avait fait grand bruit, à l'époque (relire ici). Dans notre onzième arrondissement, où elle se déroulait, mais aussi au-delà: à Paris et même dans l'ensemble du pays. C'était à la fin 2013. Devant le tribunal d’instance du onzième, avait comparu un propriétaire ayant loué un logement d'...1,56 mètre carré. Surface louée 330 euros, ce qui donne le mètre carré à 211,5 euros. C'est bien entendu illégal. En effet, un décret ministériel de 2002 interdit la mise en location d'un logement dépourvu d'«au moins une pièce principale ayant soit une surface habitable au moins égale à 9 mètres carrés et une hauteur sous plafond au moins égale à 2,20 mètres, soit un volume habitable au moins égal à 20 mètres cubes». Ce propriétaire s'était donc fait condamner. Dernièrement, il a de nouveau été jugé, en appel cette fois.

Et, à son tour, la cour d'appel de Paris l'a sanctionné. De même que l'agence immobilière qui gérait le logement – si tant est qu'on puisse appeler de la sorte un tel gourbi. Propriétaire et agent immobilier devront solidairement rembourser au locataire les 18 290 euros de loyer qu'il a payés pendant cinq ans, ainsi que lui verser 1 000 euros de préjudice moral et 816 euros en guise de remboursement de ses frais de réinstallation dans un logement digne.

Ce cas n'est pas unique. L'an dernier (), un autre, du même acabit, s'était produit dans le dix-septième arrondissement. Et, dans «Le Monde» de ce week-end, un responsable de la Fondation Abbé Pierre notait qu'en 2014, dans la seule ville de Paris, cette association avait engagé 56 procédures de ce type, visant des Thénardier des temps modernes.