10.02.2012
Une façon de voir les choses
Huit morts en France, depuis le début de la vague de froid. Soit, en gros, un décès par jour. A Paris y compris, parmi les sans-abri: parmi notamment ceux qui vivent à l'année dans le Bois de Vincennes.
Huit morts, tout de même. C'est ce qu'on s'est dit ce matin, en prenant connaissance de ce macabre décompte. Huit morts, seulement. C'est ce que ne cessent d'insinuer les médias français ces derniers temps. Radios et télés surtout passent en boucle le bilan bien bien plus grave déploré dans d'autres pays: plusieurs dizaines de morts en Italie, plusieurs centaines en ex-Europe de l'Est, etc.
Huit morts de froid seulement, donc, en France. C'est une façon de voir les choses. A laquelle, décidément, un hiver après l'autre, on ne s'habitue pas.
11:16 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : météo, pauvreté, misère, social
07.02.2012
Un avis (tranché)
Angela Merkel était donc à Paris lundi, pour soutenir Nicolas Sarkozy en vue des présidentielles. Ecrivant hier sur le sujet, pour «La Libre» version papier, on expliquait que cet appui de la chancelière allemande n'allait pas forcément aider le Président français à réduire le fossé qui, d'après les sondeurs, le sépare des classes populaires et ouvrières. Il y a quelques semaines, un sondage TNS-Sofres a témoigné de cette défiance d'une partie pas marginale de l'électorat populaire envers le couple franco-allemand et envers son fonctionnement.
Ainsi, près d'un ouvrier français sur cinq (21%) voit l'Allemagne avant tout comme un pays «concurrent», 9% de cette catégorie de la population considérant carrément cet Etat comme «un adversaire». Et 69% des ouvriers ne font pas confiance au tandem Sarkozy-Merkel pour résoudre la crise.
La même réticence serait-elle de mise en banlieue de Paris? L'autre jour, en tout cas, prenant le RER A puis débarquant dans une gare quelques stations plus tard, on n'a pu que constater que la plupart des panneaux publicitaires y avaient été maculés par un(e) anonyme. Maculés d'un seul et même slogan. Qui, à défaut d'être d'un goût exquis, était au moins très visible et très parlant: «Pas besoin de sexe en 2012 SARKO-MERKEL nous baisent déjà A SEC».
Certes, un slogan isolé ne fait jamais une opinion. Et, même lorsqu'ils sont peinturlurés dans toute une station, ils ne traduisent pas forcément le sentiment de l'électorat de l'ensemble d'une région. Mais enfin, dans certains coins de la banlieue de Paris en tout cas, vis-à-vis de certains électeurs, il semble y avoir comme un déficit d'explications et de persuasion de l'Elysée, sur cette question...
11:36 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : international, personnalités, social, economie, transports, banlieues, activisme
03.02.2012
Un vrai scandale
Locataire «alcoolique», qui «n'est pas de nationalité française», ou est «ancien SDF addiction boisson». Habitant «séropositif», «cancer», «personne cardiaque», «sous chimiothérapie», ou «alzeimer aveugle». «Fils cancer Mme malade des poumons», ou «violence conjugale». «Personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier», «dépression hôpital psychiatrique», «maladie de parkinson», ou «cancer des intestins opération du cerveau».
Telles sont quelques-unes parmi les innombrables mentions concernant la vie privée des habitants des HLM de la ville de Paris, qui figurent dans le système informatique de l'organisme gérant ces logements sociaux: «Paris Habitat». L'existence de ce gigantesque fichage a été révélée hier par la Commission de l'informatique et des libertés (CNIL): l'organisme qui veille à la compatibilité entre les fichiers électroniques et le respect de la vie privée. Toutes ces informations avaient été collectées par les gardiens d'immeubles de ces HLM, puis illégalement rassemblées et stockées dans les fichiers informatiques de «Paris Habitat». Des associations de locataires, indignées, ont saisi la CNIL. Hier, dans une démarche exceptionnelle (ici), vu la gravité des faits, cet organisme a publiquement mis l'Office des HLM en demeure de détruire ce fichier dans les deux mois, sous peine de poursuites judiciaires.
Dans les médias hier, les dirigeants de cette société ont paru à peine gênés. On a même entendu des propos du genre, en substance: les gardiens d'immeubles ayant commis ce flicage ne pensaient pas à mal, c'était pour mieux connaître et donc mieux venir en aide à ces locataires, etc.
Un tel scandale, dans n'importe quelle autre grande capitale internationale, entraînerait probablement le limogeage sur le champ du patron de l'Office des HLM, et des excuses publiques du maire en personne. A Paris: rien. Aux dernières nouvelles, la hiérarchie de «Paris Habitat» est toujours en place. Et Bertrand Delanoë, pourtant habituellement si prompt à communiquer, ne s'est même pas exprimé sur le sujet.
Encore bravo.
12:13 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, logement, social, vie privée, santé, pauvreté, informatique
02.02.2012
Une indignité, ou l'autre
0 degré à peine, ce matin, à Paris. Et vers les -10°, cette nuit. ¨La nuit dernière pourtant, comme les précédentes et comme les suivantes, en plein coeur de ce qu'il est convenu d'appeler la «Ville lumière», des gens ont passé la nuit dans un mobil-home, une caravane ou une voiture. On les entendait ce matin, sur une radio. Ils (et elles) avaient dormi sur l'immense parking qui fait face au Château de Vincennes. Au micro, certains avouaient n'avoir cessé de grelotter. D'autres, en revanche, ne s'apitoyaient pas sur leur sort. Disaient que «non, non, ça va: pas de problème!» Plaisantaient, même. A entendre leur bonne humeur matinale, malgré une nuit pareille, on hésitait entre l'effarement et l'admiration.
En France, entre 70.000 et 120.000 personnes habitent sous tente ou en mobil-home: résident au camping à l'année, leurs moyens ne leur donnant pas accès au marché de l'immobilier. Théoriquement, c'est interdit par la loi. Pratiquement, c'est toléré. Parmi ces campeurs malgré eux, pas mal de vieux ne touchant que de petites retraites, et pas mal d'étudiants. A la mi-novembre, l'Assemblée nationale a voté en première lecture une proposition de loi (ici) visant à «mieux encadrer» le secteur des «habitats légers de loisirs» et de «l'hébergement de plein air». Le député (UMP) à son origine invoquait notamment la nécessité d'«éviter les bidonvilles» et de «responsabiliser» les maires sur la question du logement. De facto, avec pareil texte devenu loi, ces dizaines milliers de campeurs à l'année devraient déménager. Direction la rue, donc. Les associations, du coup, s'étaient mobilisées. Avec succès: il y a quelques jours, ledit député a promis de modifier son texte quand il reviendrait à l'Assemblée. Cette centaine de milliers de campeurs malgré eux n'iront donc pas grossir les rangs de la centaine de milliers de SDF qu'on dénombre déjà (au minimum) en France.
Ce matin, en entendant nos campeurs de Vincennes témoigner à la radio, on s'interrogeait. Sous prétexte qu'a été évitée une indignité (les jeter à la rue), est-on prié, ou non, d'en accepter une autre (être obligé de dormir dans sa voiture, en plein Paris)?
12:44 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, pauvreté, social, logement, misère
25.01.2012
Une confusion des rôles
Ce mercredi, les députés examinent une proposition de loi inspirée d'un cas dramatique. Elle vise à permettre à tout salarié de faire don de ses heures de congé ou de récupération (au titre de la réduction de temps de travail) à un collègue parent d'un enfant gravement malade, dont le pronostic vital est engagé. Si ce texte est adopté, il s'appellera la «loi Mathis».
Car tel était le prénom d'un enfant à qui, quand il avait dix ans, a été diagnostiqué un cancer du foie au stade 4. Il en est décédé. Son père n'a pu l'accompagner jusqu'à la mort que grâce à la solidarité de ses collègues. Il avait épuisé, au chevet de son enfant, tous ses jours de récup' et de congé. Il aurait donc dû reprendre le boulot. Mais ses collègues lui ayant fait don de 170 jours de récupération, il a pu rester au chevet de son enfant, jusqu'à sa mort. Aujourd'hui, la loi n'interdit pas un tel geste de solidarité dans l'entreprise, mais ne le réglemente pas non plus. En théorie, du coup, chaque employeur est en droit de refuser des faveurs de ce type entre ses employés. Demain, si la loi est votée, cette solidarité sera toujours permise et encadrée.
Très bien? On n'est pas trop à l'aise, en fait, envers une telle initiative législative.
On peut évidemment trouver parfaitement exemplaires les gestes de solidarité de ce type, posés entre collègues. Etant entendu que, dans le monde en général et dans le monde de l'entreprise notamment, sans doute n'y a-t-il jamais assez d'altruisme. Mais on trouve anormal que la présence d'un père au chevet de son gosse agonisant dépende de la générosité, ou non, de ses collèges. Ce n'est pas à des particuliers mais à l'Etat – l'Etat au sens large: les pouvoirs publics, l'assurance-maladie, etc. – à prendre en charge cela. A l'Etat de faire en sorte que le parent d'un gosse en train de mourir ne soit plus forcé de choisir entre, soit abandonner son enfant à son sort, soit perdre son boulot et donc ses moyens de subsistance.
Le père de Mathis, dans les médias ces derniers jours, en a témoigné – et c'était particulièrement émouvant. Après avoir épuisé les trois mois et demi d'arrêt auxquels il avait droit, il a été convoqué par l'assurance-maladie. Où un fonctionnaire lui a dit: «Monsieur, c'est votre enfant qui est gravement malade, pas vous! Vous, vous allez bien. Donc, vous reprenez le travail!»
On peut évidemment voter une telle loi, mais il faudrait d'abord et avant tout s'attaquer aux comportements obtus d'une certaine administration, arc-boutée jusque dans l'indignité sur la réglementation. Après, lorsque l'Etat aura rempli son rôle et modifié à la fois ses pratiques et ses textes, dans le sens de plus d'humanité, alors il sera toujours temps de demander aux citoyens de faire preuve, à leur tour, de générosité. Et l'on pourra alors, sans réserve, saluer cet altruisme.
Mais ce n'est que notre avis.
12:10 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, santé, famille, fonction publique
20.01.2012
Une flambée
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Dans la «Ville lumière», l’ère de l’euro aura donc été «particulièrement favorable aux propriétaires», en termes de plus-values en cas de revente de leurs biens, se réjouit l'agence immobilière en ligne Efficity. C’est une façon de voir les choses. Une autre est de prendre le point de vue des candidats-acquéreurs. Vu sous cet angle, «depuis 2000, l'écart entre l'augmentation des prix des logements et celle des revenus des ménages ne cesse de se creuser (+ 86% contre + 25% sur la période 2000-2009). La solvabilité des ménages français s'est donc nettement dégradée. Une famille qui se serait endettée sur 14 ans en 2000 aurait dû s'endetter sur 31 ans en 2008».
Avec des prix désormais situés entre, en gros, 6000 et 12000 euros le mètre carré, selon l’arrondissement, faut-il encore se demander pourquoi, en dix ans, Paris est devenue une ville de bobos? Du reste, selon la même étude, cette flambée de l’immobilier n’a pas concerné que la capitale. Ainsi, depuis 2000, «les prix ont progressé de 136% à Lille, 118% à Toulouse et 111% à Marseille».
Les sondages, de longue date (voir par exemple ici), indiquent que 65% des Français jugent difficile de trouver un logement. Cette proportion passe à 71% chez les 18-29 ans. 64% des primo-accédants ont rencontré des difficultés pour trouver un logement correspondant à leurs attentes. Ils sont presque aussi nombreux (57%) à avoir peiné à trouver un financement correspondant à leurs besoins, pour acquérir ce logement.
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14:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, logement, economie, social, gouvernement
05.01.2012
Une frénésie, ou pas
Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, notre boîte mail, à «La Libre», se retrouve complètement embouteillée, voire parfois paralysée, par les milliers de gigaoctets que pèsent les innombrables dossiers de presse rutilants que les services de com' des grands magasins parisiens se sentent obligés de nous adresser, chaque fois que les soldes approchent. Le même embouteillage électronique, dû à la même cause, avait été de mise, comme les années précédentes, au mois de décembre. Comme si on passait nos journées de travail à écrire des articles recommandant aux lecteurs d'aller acheter tel ou tel cadeau de Noël ou de profiter de telle ou telle promo au «Printemps», aux «Galeries Lafayette» ou au «BHV» ...
Cela dit, l'habituelle frénésie, voire hystérie, sera-t-elle de mise dès le lancement de ces soldes, dans les grands magasins de Paris?
A en croire un sondage (ici), près d'un Français sur deux compte diminuer son budget soldes, cet hiver. De manière plus générale, d'ailleurs, à en croire une autre étude (là), dans les mois à venir ce sont deux tiers des Français qui réduiront leurs dépenses et celles de leur famille. Mais, d'un autre côté, affluence aux caisses et dans les rayons il pourrait bien y avoir, due à un autre facteur: sept Français sur dix ont reporté certains de leurs achats, dernièrement, dans l'objectif précisément de profiter des bonnes affaires présumées de janvier.
Pendant la période des fêtes de Noël, déjà, 28% des Français avaient fait savoir (ici) qu'ils comptaient revoir à la baisse leurs dépenses pour l'occasion. Et ce malgré le fait qu'ils s'étaient serré la ceinture les moins précédents, dans l'espoir, justement, de pouvoir de ne pas trop regarder à la dépense lors de leurs achats de Noël.
Des achats qui néanmoins, malgré la crise, continuent à mobiliser un budget important. A l'occasion des fêtes de Noël, chaque foyer français a dépensé en moyenne un montant évalué (là) à 606€. C'est un budget en hausse de 1,9% par rapport à l'an dernier.
Et on trouve ce montant assez énorme. Pour mémoire, 606€ c'est, en gros, la moitié d'un salaire minimum.
12:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, art de vivre, paris
22.12.2011
Une société «qui marche sur la tête»
Hier après-midi à notre kiosque à journaux favori, place St-Ambroise, dans le onzième. Le kiosquier oscille entre satisfaction et irritation. En moins de deux heures, sa pile de journaux «Le Parisien» a été épuisée: autant d'invendus de moins à gérer. Mais, si ce journal s'est si bien vendu, c'est grâce à un sujet de Une pour le moins léger, sur le fond, par rapport à l'avenir du monde, etc: l'arrivée prochaine du footeux-modeux David Beckham au PSG.
Le beau David y gagnera 800.000€ par mois. Bruts, tout de même, les 800.000. Notre copain kiosquier trouve ce salaire éhontément et ridiculement exagéré. «Ce monde est vraiment mal fichu. Cette société marche sur la tête», maugrée-t-il. En pointant du doigt vers une pile de tracts figurant sur son comptoir, que, le matin même, on lui a apportée pour qu'il les mette à disposition de ses clients. C'est une pétition du personnel du service de pneumologie de l'Hôpital St-Antoine: le grand hôpital public de l'Est parisien. En 2012, ce service va fermer et être transféré. Ainsi l'exigent l'Assistance publique et son plan de restructuration et d'assainissement financier. «Diminution du nombre de lits d'hospitalisation», lit-on. «Suppressions d'emplois». Rideau tiré sur «une équipe médicale et paramédicale qui, pendant les vingt dernières années, a développé des compétences reconnues permettant la prise en charge de patients atteints d'un cancer bronchopulmonaire». «D'un côté, on dépense 800.000€ par mois et, de l'autre, on ferme des lits d'hôpitaux. Ca ne va vraiment pas», s'irrite notre interlocuteur.
Il est le premier à convenir que les deux événements n'ont absolument rien à voir l'un avec l'autre, et qu'ils ne peuvent donc être mis en rapport. Mais trouve tout de même extrêmement fâcheuse la simultanéité de ces deux actualités. «Cette société marche sur la tête», donc.
Comme ça, d'emblée, on ne trouve pas trop d'arguments percutants à lui opposer. De toute manière, aujourd'hui comme hier et comme demain, on est pressé: pas le temps de refaire le monde dans de grandes discussions. Et puis, finalement, nous aussi, on le trouve assez malencontreux, ce hasard ayant conduit à la collision, le même jour, de ces deux actualités. Et, nous aussi, on le trouve assez indécent, le montant de ce salaire mirobolant. Pas trop envie, donc, de contre-argumenter, d'expliquer par A+B à notre kiosquier que, non, non, elle ne marche pas sur la tête, «cette société».
On se contente donc d'opiner, de le saluer, et de lui souhaiter, malgré tout, une bonne journée.
11:54 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, social, santé, sports, economie
06.12.2011
Une impression d'embarras
Cachez ce mendiant roumain que je ne saurais voir. C'est ce que dirait sans doute Tartuffe s'il était un homme politique français contemporain.
Hier, la préfecture de police de Paris a étendu aux quartiers du Louvre et des grands magasins (Haussmann-Caumartin) l'arrêté qui, depuis trois mois, interdit toute mendicité sur les Champs-Elysées. Selon elle, ce dernier arrêté a déjà permis «plus de 300 contraventions», les contrevenants étant «pour la quasi-totalité, de nationalité roumaine». Hier toujours, une fois de plus, le maire de Paris a protesté. Pour Bertrand Delanoë, «combattre la pauvreté par l'amende et la répression est choquant au moment même où l'Etat ne remplit ses obligations, ni en termes de mise à l'abri des mineurs isolés, ni en matière d'hébergement d'urgence». Et cela traduit «une priorisation contestable de l'action des forces de police» au moment notamment où, dans la capitale, «les cambriolages croissent fortement». A ses yeux, cette lutte contre la mendicité n'est donc qu'une «opération de communication visant à stigmatiser une catégorie de la population, étrangère et démunie».
Plus intéressante, car plus neuve, est l'impression d'embarras qui transparaît désormais de cet éternel débat sur la mendicité roumaine. Comme, si, de part et d'autre, on ne voulait tout de même pas trop en faire sur le sujet.
Ainsi, ce matin sur le site web de la mairie de Paris, la réaction du maire ne figurait pas en page d'accueil: elle était reléguée à une page moins visible. Et, sur le site de la préfecture, on ne trouvait carrément nulle trace de ce nouvel arrêté anti-mendicité – en revanche, on pouvait tout savoir sur la participation de l'unité équestre de la préfecture au Salon du cheval, en cours au Parc des Expositions...
Dans la même veine, les autorités, préfectorales comme gouvernementales, ont accueilli avec une grande discrétion la sanction que la justice administrative, dernièrement, a infligée à une mairie ayant pris une mesure du même acabit: Nogent-sur-Marne, ville aisée contigüe à Paris, qui fit pas mal de bruit en interdisant la fouille des poubelles. Cet arrêté a été suspendu, à la suite d'un recours de la Ligue des droits de l'homme. Raisonnement du tribunal administratif? Par définition, l'espace public est public: il appartient donc à tout le monde. Dès lors, les mendiants y compris sont en droit d'«utiliser librement le domaine public, de surcroît durant la période hivernale». Conclusion de l'association: «Il convient que les maires comprennent que faire disparaître les pauvres de l'espace public est non seulement injuste, mais aussi illégal».
Visiblement, on ne partage pas cet avis à la préfecture de police de Paris.
12:25 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, social, paris, banlieue, sécurité, justice, etrangers
01.12.2011
Un fatras d'inepties
Aujourd'hui, comme chaque 1er décembre, c'est la Journée internationale de lutte contre le sida. Rappelons donc que, non, cette maladie ne se transmet ni «par une piqûre de moustique», ni «dans les toilettes publiques», ni «en buvant dans le verre d’une personne contaminée». Vous levez les yeux au ciel en vous disant que tout le monde sait cela? Et bien non, visiblement.
C'est ce qu'on avait déduit (ici) au printemps, à la vue d'une campagne d'affichage sur le sujet, dans les rues de Paris. Six mois plus tard, on a retrouvé ce constat de la permanence de telles fausses croyances dans une étude publiée cette semaine. La région parisienne est une des régions d'Europe les plus touchées par le VIH – une prévalence plus de deux fois supérieure à la moyenne française (voir là). Il n'empêche, il s'y trouve encore respectivement 21%, 13% et 6% de gens qui croient que le sida se transmet par les moustiques, dans les toilettes, ou par la salive.
Particulièrement affolant est le fait que, à Paris et dans sa région (comme dans le reste du pays), pour la première fois en 2010, «ce sont les jeunes de 18-30 ans qui maîtrisent le moins bien les mécanismes de transmission et de protection» relatifs au VIH. Tout aussi inquiétant est le constat dressé par les chercheurs, selon lequel, depuis 1998, les Parisiens sont «de moins en moins nombreux à considérer le préservatif comme tout à fait efficace» contre la maladie. A l'inverse, «de plus en plus pensent que la transmission du virus est possible lors de rapports sexuels avec un préservatif. Ces croyances sont surtout partagées par les jeunes de 18-30 ans».
Rien que la persistance de telles inepties, dans l'esprit d'une partie non négligeable de l'opinion, donne tout son sens à cette Journée internationale, même trente ans après la découverte de ce virus.
11:12 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, sida, social, jeunes, paris




164%. Le chiffre est sorti hier
Notez que, malgré cette situation critique, le gouvernement ne compte pas même, en son sein, de ministre du Logement de plein exercice: juste un secrétaire d’Etat.