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29/04/2013

Une portion toujours aussi congrue

Médias, Télévision, Radio, FemmesCela a fait peu de bruit, mais ce n'est pourtant pas anodin, trouve-t-on. A la fin de la semaine dernière, les représentants de toutes les chaînes de télé et de radio de France ont été convoqués au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), pour s'y faire remonter les bretelles. En cause, la représentation des femmes à l'antenne. Les années passant, elle continue d'être insuffisante, tant en termes de quantité que de qualité.

Quelques chiffres l'illustrent bien. Tous programmes et toutes chaînes confondus, les femmes occupent 35% du temps d'antenne en France. Alors qu'elles représentent 52% de la population – et, soit dit en passant, constituent 56% de l’audience radio-télé. C'est encore pire dans certains secteurs particuliers, comme le sport à l'antenne: 14% de femmes, seulement. Pour le CSA, ce sont des chiffres «préoccupants». D'autant que le retard des femmes sur les hommes est aussi qualitatif. En clair, elles éprouvent «des difficultés récurrentes à se voir confier un rôle majeur à l’antenne: entre 34 à 39% de femmes sont des personnages principaux, dans les programmes». Et, quand les médias audiovisuels donnent la parole à des experts, dans 80% des cas ce sont des hommes qu'ils interrogent. Or, dans ce pays, ce sont les femmes qui sont majoritaires (51%) dans la population diplômée de l'enseignement supérieur. Dès lors, le CSA a invité (ici) les opérateurs de l'audiovisuel à s'activer un peu plus: à davantage se soucier à la fois de la participation des femmes aux émissions, et de l'image des femmes que, ce faisant, leur antenne véhicule.

C'est vraiment un marronnier de la politique audiovisuelle française. Les médias, en effet, se font réprimander sur le sujet depuis plusieurs années déjà. Dès 2008, un Observatoire de la diversité avait été mis en place, avec pour objectif de suivre les efforts des télévisions et des radios dans ce domaine. Visiblement sans grand effet, près d'une demi-douzaine d'années plus tard.

11/12/2012

Une escapade langagière

Langue française, Télévision, RadioLes journalistes français/francophones sont parfois impayables, dans leur façon d'utiliser la langue française. Et le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) ne l'est pas moins, dans la manière qu'il a, pas loin d'être scolaire, de faire la leçon aux médias. L'autre jour (relire ici), le gendarme de l'audiovisuel s'était irrité notamment du mélange entre "près de" et "prêt". A présent, c'est une autre confusion langagière médiatique qu'il dénonce (là).

Sur la base de deux incorrections qu'il a relevées, assure-t-il, dans la bouche de journalistes. Des erreurs qu'on trouve, nous, énormes au point d'être cocasses, voire charmantes; mais, comme quoi, tout est toujours possible dans les médias de France, en termes de mésusage de la langue française.

Cela concerne des réformes qui sont remises à plus tard. Des médias – des noms! des noms! – les ont présentées comme ayant été reportées... «aux calanques», ou «aux calendes». Or, rappelle le CSA, la tournure correcte est évidemment "renvoyer aux calendes grecques", soit «à un temps qui ne viendra jamais». L'expression vient de loin: «Pour les Romains, le jour des calendes (d’où vient le mot "calendrier") était le premier jour du mois. Ils ne numérotaient pas les jours séquentiellement, mais comptaient le nombre de jours qui les séparaient de trois points fixes dans le mois: les calendes, les nones (9 jours avant les ides) et les ides (13e ou 15e jour selon les mois). Aux calendes, les débiteurs devaient rembourser leurs dettes. "Payer aux calendes grecques" signifiait qu’ils ne paieraient jamais, les calendes n’existant pas dans le calendrier grec». CQFD.

En revanche, Sormiou, Sugiton, En-Vau, ou Port-Miou, cela constitue certes souvent un joli «souvenir de vacances passées sur la côte», mais cela n'a rien à voir. On ne peut donc parler des calanques de Marseille, dans un tel contexte.

Merci au CSA pour cette escapade lexicale méditerranéenne: si réchauffante, en plein hiver.

22/11/2012

Une comparaison

L'UMP, en ce moment – son effarante saga électorale, pour la désignation de son président –, c'est ... «Tintin et les Picaros». La comparaison, qu'on a trouvée assez farce, a été faite hier soir sur l'antenne de TF1, devant François Fillon et en direct pendant le JT de 20 Heures: par Gilles Bouleau, son présentateur – qu'on n'imaginait pas si comique.

«Tintin et les Picaros», donc. François Fillon en général Alcazar. Jean-François Copé en général Tapioca. A moins que ce ne soit l'inverse. Et tout ce qui caractérise les guérillas entre caudillos de Républiques bananières: des allégations réciproques de tripatouillages électoraux, des accusations mutuelles de putsch, des trahisons à n'en plus finir, et des lieutenants avec le couteau entre les dents.

Pour poursuivre dans la métaphore, l'avenir du grand parti sarkozyste, vu son état désormais si avancé de déréliction, c'est vraiment «L'étoile mystérieuse». Même «Les sept boules de cristal» de la meilleure voyante de France n'y suffiraient pas, pour oser lui présager des lendemains glorieux.

08/11/2012

Un rappel à l'ordre (linguistique)

Veiller au bon usage de la langue française: on ignorait que cela faisait partie des missions du CSA, le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Mais oui, visiblement. Pour preuve, ce rappel à l'ordre énervé que l'organe régulateur de la radio-télé vient d'adresser aux chaînes, relatif à «deux incorrections fréquentes sur les antennes».

La première concerne un «accord sylleptique» incorrect: celui du mot "personne". «La faute d’accord qui consiste à considérer ce substantif comme un nom masculin se généralise à la télévision». Exemples relevés par le CSA: «Ces personnes aimeraient que le regard sur eux change», «5 000 personnes sont morts», ou «Plus de cent personnes étaient présents». Citant La Bruyère («Les personnes d’esprit ont en eux les semences de toutes les vérités et de tous les sentiments»), les lettrés du gendarme de la télé admettent qu'une telle incorrection ne date pas d'hier. Mais la condamnent: «Cet accord ne se fait pas en français contemporain».

Deuxième remarque: «"Près de" ou "prêt": il faut choisir». Le CSA a constaté que, dans les médias français, quand la locution "près de" indique la proximité dans le temps et devient synonyme de "sur le point de", «elle est souvent confondue avec la locution adjectivale "prêt à", qui signifie "disposé à, ayant l’intention de, apprêté pour"». «Non seulement les mots, mais aussi les deux constructions, sont confondus et donnent naissance à une locution hybride, "prêt de", dont il est parfois impossible de saisir le sens». Exemples? «La situation n’est pas prête de changer» (au lieu de «La situation n’est pas près de changer»), ou «La pluie n’est pas prête de s’arrêter» (pour «La pluie n’est pas près de s’arrêter»).

A en croire le CSA, ces deux fautes se retrouvent «plus souvent dans les médias audiovisuels, mais également dans la presse» écrite.  

On en prend bonne note – on promet d'essayer, du moins. 

01/10/2012

«Un curseur de plus en plus intrusif»

Publicité, Métro, Transports, Religion, Télévision, GouvernementElles sont déjà nombreuses, les campagnes de pub qui, à Paris,ont fait scandale: soit par leur contenu, soit par la mesure d'interdiction prise à leur encontre (relire ici, ,, ou et encore , pour ne prendre que ces exemples). Ces dernières années, Métrobus, la régie publicitaire de la RATP, a particulièrement fait parler d'elle à ce sujet, en interdisant la diffusion, dans le réseau de transports parisien, de campagnes de pub ou de promo jugées par elle politiquement incorrectes – se souvenir des caviardages de clope ou de pipe sur des affiches relatives à Gainsbourg et Mr Hulot-Jacques Tati, pour ne citer qu'elles.

La dernière controverse en date porte sur les affiches d'«Ainsi soient-ils»: la prochaine série de la chaîne de télé franco-allemande Arte, qui narre les tribulations d'hommes de foi. Métrobus a refusé ses affiches, redoutant que des croyants soient heurtés par leur visuel. Ce qui met en colère l'«Observatoire de la liberté de création». Dans un communiqué, ce collectif (qui dépend de la Ligue des droits de l'homme) vient de fustiger la RATP, et d'en appeler carrément au gouvernement.

A ses yeux, «la RATP voit dans cette main dans le dos (représentée sur l'affiche) une allusion sexuelle. Quelle que soit la pertinence de son interprétation, que chacun est libre de considérer ici comme excessive ou non, dès lors qu’il s’agit de l’espace public, ce gouvernement va-t-il continuer, comme le précédent, à laisser une régie privée décider de ce qui est choquant ou non, en censurant, selon un curseur de plus en plus intrusif, des images qui n’ont rien d’illégal?»

Histoire de modifier le positionnement de ce «curseur» moral, l’Observatoire a demandé à la ministre de la Culture de se saisir de ce dossier. Et «de s’engager dans la continuité des engagements de François Hollande pendant sa campagne, à protéger efficacement la liberté de création et de diffusion des œuvres».

16/07/2012

Une remontrance, cinglante

Télévision, Journalisme, Femmes, Santé, ObésitéLe Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient d'adresser un rappel à l'ordre à M6. Et sa remontrance est rédigée d'un ton sec, assez peu habituel venant de cet organisme.

La chaîne de télé privée est fustigée pour un programme qu'elle a diffusé cet hiver, en prime time. Intitulée «Zita, dans la peau d’une obèse», cette émission «avait pour objet de suivre une journaliste qui se mettait à la place d’une personne confrontée à l’obésité».

A l'époque déjà, le programme avait fait froncer les sourcils de responsables du ministère de la Santé. Et à raison, estime le CSA. Ce soir-là, juge-t-il, les téléspectateurs ont eu droit à «un amalgame entre obésité et hyperphagie», et à un fatras «d'images ou de témoignages susceptibles d’humilier les personnes». La chaîne aurait dû «éviter la complaisance dans l’évocation de la souffrance humaine, ainsi que tout traitement avilissant ou rabaissant l’individu au rang d’objet». En plus, elle a pris des «précautions insuffisantes pour informer les téléspectateurs sur le caractère mis en scène et médicalement encadré de cette expérience». Et elle aurait dû l'assortir d'«un discours pédagogique davantage développé»: «sur l’obésité, notamment sur les facteurs génétiques qui y contribuent».

Mais sans doute ces exigences éthiques pèsent-elles de peu de poids, face au business de l'audimat.

Et, si ça tombe, le soir de sa diffusion, «Zita, dans la peau d’une obèse» a été entrecoupé de pubs très lucratives au profit... de produits exagérément gras ou sucrés, soit ceux-là mêmes qui favorisent l'obésité. La boucle serait ainsi bouclée – assez minablement, nul besoin de le préciser.

Encore bravo.

24/05/2012

Un dénigrement, oui. Une dérision, non

Elections législatives, Elections présidentielles, Communication, Médias, Audiovisuel, Télévision, Langue françaiseA peine en a-t-on fini avec les spots de la campagne officielle pour l'élection présidentielle que voilà les clips pour les législatives. Dans un récent règlement, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) fixe les modalités de cette communication, jusqu'au moindre détail – par exemple, le minutage de ces clips, à la seconde près. Dans ce texte, on trouve aussi la réponse à une question que l'on s'était posée, pendant la campagne présidentielle.

A plusieurs reprises, à la vue des spots électoraux – ou des tracts imprimés – vantant tel ou tel candidat à l'Elysée, on s'était dit que cette propagande allait tout de même assez loin. Assez loin dans le dénigrement de l'adversaire: à coups d'arguments de mauvaise foi, de raccourcis, et de caricatures. La pub électorale comparative et mensongère est-elle donc permise, en France? C'était la question que l'on s'était posée.

La réponse? Oui et non, si l'on décrypte bien la note du CSA.

Oui? Ce règlement n'interdit aucunement aux candidats de dénigrer leurs adversaires. Non? Il leur interdit de les «tourner en dérision». Nuance.

Cette nuance, tentons de la cerner à l'aide des synonymes que donne «Le Robert» pour les termes dénigrement et dérision. Pas de dérision permise? Dès lors, les clips électoraux ne peuvent donner dans le dédain, l'ironie, le mépris, le persiflage, la raillerie, la risée ou le sarcasme. Pas de dénigrement explicitement interdit? Du coup, ces spots peuvent parfaitement être dans le registre de l'attaque, la dépréciation, la critique, la médisance ou la calomnie.

Aux partis politiques de louvoyer dans ces subtilités de la langue française. Et au téléspectateur-électeur de se débrouiller avec elles, puis de voter en citoyen supposé éclairé.

28/02/2012

Une vision de la femme

Les ex et la campagne présidentielle. Hier soir, sur une télé d'info continue, c'était le thème de l'édito politique quotidien. Cecilia ex-Sarkozy qui, deux fois ces derniers jours, a dit aux médias combien elle croyait aux chances électorales de son ex. Et Ségolène Royal qui, ce mardi pour le deuxième jour consécutif, arpente le Salon de l'agriculture où elle va croiser son ex, François Hollande, dont elle ne manquera pas de faire à nouveau l'éloge. Le confrère éditorialiste en déduisait qu'au moins la course à l'Elysée avait ça de bon de ramener la paix dans des ménages hier brouillés à mort.

En l'entendant, on trouvait tout de même assez macho cette vision utilitariste de la femme, prise comme faire-valoir d'un homme.

Une heure plus tard sur une autre chaîne, François Hollande s'en prenait au «manque d'élégance» de Nicolas Sarkozy. Qui, le matin même, sur une radio, avait ironisé sur l'actuelle compagne du socialiste, Valérie Trierweiler. Parce qu'elle travaille pour une télé de Vincent Bolloré, ce milliardaire qu'on a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy de fréquenter.

Là encore, on avait un mouvement de recul. Devant cette vision de la femme soit punching-ball (s'en prendre à son adversaire en ciblant sa compagne), soit pauvre créature à défendre (Valérie Trierweiler elle-même ayant réagi dès hier matin à la pique sarkozyste, a priori il n'y avait pas besoin d'en rajouter).

On repensait à tous ces «merveilleux!» et autres «fabuleux!» que Carla Bruni avait lancés, il y a dix jours aux micros et aux caméras, en guise de commentaires des prestations de campagne de son mari désormais candidat. Le faire-valoir, à nouveau.

On réalisait alors que, la semaine prochaine comme tous les 8 mars, c'était la Journée internationale des Femmes. On se demandait si, en France, en haut lieu y compris, on n'avait pas encore des progrès à faire, en termes de vision des intéressées.

24/02/2012

Un spectacle

Quand la campagne présidentielle commence à ressembler aux jeux du cirque.

Hier soir, 5,9 millions de personnes étaient toujours devant leur petit écran vers 23 heures, pour regarder l'affrontement qui était programmé à cette heure-là sur France 2: entre les deux grandes gueules de la campagne que sont la frontiste Marine Le Pen et le populiste Jean-Luc Mélenchon. Le pugilat, finalement, n'a pas eu lieu, la première refusant de débattre avec le second, jugé pas à sa hauteur et grossier merle. Sans doute nombre de téléspectateurs ont-ils été bien tristes de ne pouvoir voir – voir, comme voyeur – ces deux fortes têtes s'entredéchirer à pleines dents, tels de grands fauves.

Parlant d'animaux, ces téléspectateurs frustrés hier soir de sang et de larmes se rabattront sur les innombrables images, elles plus bucoliques – folkloriques? – , auquel on va avoir droit, ce week-end. Qui est celui de l'ouverture du Salon de l'Agriculture, Porte de Versailles à Paris. A moins de 60 jours des présidentielles, «la plus grande ferme de France» va évidemment voir défiler plus de personnalités politiques que jamais: pressées de se faire immortaliser en train de flatter la croupe des vaches et d'ingurgiter des quantités fort peu diététiques de saucisson et de fromage.

La course à l'Elysée, c'est décidément, aussi, un grand spectacle. Plus ou moins bon, c'est selon.

22/02/2012

Une insatisfaction persistante

Grosse agitation des journalistes et des politiques, ces jours-ci. A propos des sondages. Toute la question est évidemment de savoir si l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, mercredi dernier, a fait, ou non, bouger les lignes. Pour l'instant, ce n'est pas clair – et même parfaitement contradictoire. Selon certains instituts, le Président-candidat ne parvient pas à rattraper son retard sur le socialiste François Hollande. Selon d'autres enquêtes, au contraire, à peine deux points les séparent désormais, pour le premier tour.

Beaucoup moins commentée mais plus intéressante, trouve-t-on: cette confirmation de l'insatisfaction d'une grande partie de l'électorat envers la manière dont se déroule la campagne. En janvier, déjà (relire ici), plus de sept Français sur dix avaient déploré qu'elle n'apporte que des réponses jugées très éloignées de leurs préoccupations: emploi, pouvoir d'achat, etc. Un mois plus tard, rien n'a changé. 59% des Français considèrent (ici) que, jusqu'à présent, cette présidentielle ne donne pas lieu à une campagne de qualité.

Ce sentiment critique «est davantage perceptible parmi les cibles se montrant traditionnellement les plus intéressées par le débat politique: les hommes (61% vs 56% des femmes), les cadres (66%) et les personnes les plus diplômées (66% des personnes de niveau Bac+4 et plus vs 56% parmi celles ayant un diplôme inférieur au baccalauréat)», note l'institut LH2. Qui souligne aussi que «les ouvriers, dont les attentes sont fortes aujourd’hui, se montrent également très critiques: 62% estiment que la campagne n’est pas de bonne qualité».

Faut-il faire un lien? Lundi soir, le premier volet de la série d'émissions en prime time que TF1 consacre à la présidentielle a été un échec retentissant, en termes d'audience. Elle avait le centriste François Bayrou et l'écologiste Eva Joly comme invités. Elle n'a été suivie que par 2,2 millions de téléspectateurs. Soit seulement 8,9% de parts de marché. Soit, d'après les spécialistes, «le pire score de la chaîne en prime time depuis 1991».

30/01/2012

Un gros retard français

Télévision, Sarkozy, Handicapés, BelgiqueDès samedi, l'Elysée l'a annoncé, par un communiqué pas peu fier. Dimanche, l'entretien télé de Nicolas Sarkozy serait «disponible dans la soirée en rediffusion, traduit en langue des signes», sur son site internet. Et de préciser: «Cette initiative répond aux demandes d’associations de personnes sourdes et malentendantes».

En lisant ce communiqué, on s'est dit que, les sourds et malentendants étant des électeurs comme les autres, sans doute nombre d'entre-eux devaient vouloir suivre en direct l'intervention du chef de l'Etat, plutôt que d'attendre sa traduction en langues de signes, dans la soirée. Tous ceux-là n'ont eu d'autre choix que de se rabattre sur le télétexte.

En Belgique, en revanche, d'après le souvenir assez précis qu'on en a gardé, les allocutions du Roi, comme d'ailleurs tous les programmes d'information, sont diffusés avec, apparaissant en temps réel en bas de l'écran, un traducteur-interprète qui les restitue simultanément en langue des signes. Cela doit bien faire une vingtaine d'années que cela existe.

Samedi, dès lors, l'Elysée n'avait pas vraiment de quoi se vanter, dans son communiqué. La France, en effet, affiche un gros retard en la matière.

Mais sans doute n'est-il jamais trop tard pour bien faire.


PS: Cela dit, on trouve qu'hier soir, le grand parti sarkozyste a été un peu mou du genou. L'UMP, en effet, n'a diffusé que 16 communiqués de presse différents, saluant la prestation télé du chef de l'Etat. Seize, à comparer avec les 24 communiqués que le même parti avait consacrés jeudi à François Hollande. Besoin de vitamines?

08/12/2011

Un bon goût discutable

Léger mouvement de recul en prenant connaissance de la dernière initiative en date d'«Action contre la Faim» (ACF). Ce n'est pas le travail de cette ONG qui est en cause, ni bien sûr l'enjeu global de l'aide aux pays du Sud. C'est le coup de com' qu'elle a monté pour sa prochaine manifestation caritative.

Il s'agit... d'«un dîner gastronomique haut de gamme». D'un dîner autour de «menus exclusifs» concoctés par ... les deux chefs finalistes de l'émission de télé à succès «Top Chef», sur M6. Les fonds récoltés à cette occasion seront reversés à l'association.

On ne la sent pas trop, cette mise en relation entre la futilité des concours culinaires télévisés et l'horreur des famines meurtrières. On le trouve d'un goût très discutable, en fait, ce cousinage entre, d'une part, des gourmets tentant de gagner la notoriété à coups de menus caloriques, télégéniques et chics, et, d'autre part, des populations dénutries au point d'en crever.

On a d'ailleurs eu un mouvement de recul assez similaire le week-end dernier. Quand, leurs défilés achevés sur TF1, les Miss France 2011 ont été appelées en renfort par les animateurs du Téléthon, sur France Télévisions. La plastique si parfaite de ces dames mise au service du buzz au profit de ces enfants au physique souvent si difficile que sont ceux du Téléthon... Là encore, le rapprochement était très bien intentionné, et il se faisait au profit d'un objectif caritatif très louable. Mais on était, comment dire..., un peu mal à l'aise.

28/10/2011

Un double comique

Sarkozy, Médias, Télévision, Journalisme, Communication, Langue françaiseIls sont comiques, au PS. Hier, ce parti a fustigé l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy avant même qu'elle ait lieu: non sur le fond, mais sur sa forme. Car l'émission a été entièrement réalisée par une boîte de prod' privée. Engagée pour l'occasion par l'Elysée, c'est elle qui l'a conçue, scénarisée, filmée, puis vendue aux chaînes de télé qu'ils l'ont diffusée. Pour le PS, c'est d'autant moins acceptable que cette boîte de prod' est une filiale du groupe Lagardère, dirigé par un proche de Nicolas Sarkozy.

 

Ce qui est comique, c'est que François Hollande n'est pas loin... d'avoir fait pareil, dernièrement. C'était l'autre jour, dans notre onzième arrondissement de Paris. Il tenait son dernier meeting de campagne dans la salle de spectacles du "Bataclan". Ses communicants y ont interdit toute prise de vue filmée par les médias. C'est une société engagée par le candidat socialiste qui a assuré la captation et la réalisation des images du meeting, ainsi que sa retransmission exclusive en direct, par signal vidéo, aux médias couvrant l'événement. En 2007 déjà, lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy faisait pareil pour tous ses grands meetings, afin de contrôler au maximum son image.

 

Ils sont comiques, à l'UMP. Hier, l'intervention télévisuelle présidentielle a reçu son lot habituel de critiques pour son caractère extrêmement encadré par l'Elysée (qui choisit les journalistes-intervieweurs, etc.). Pour beaucoup, un tel cadenassage de ce programme par le pouvoir fait qu'il relève moins de l'information que de la communication, moins de l'interview que de la tribune.

 

Ce qui est comique, c'est que les communiqués de presse louangeurs envoyés par l'UMP après l'émission ont eux-mêmes, involontairement et donc si maladroitement, confirmé le caractère artificiel, voire fictif, de cette supposée confrontation entre chef d'Etat et journalistes. En effet, ces communiqués vantaient «l'allocution» de Nicolas Sarkozy. Un terme qui, comme on l'a vérifié ce matin au «Robert», renvoie à celui de «discours», dénué donc de la moindre contradiction...

12/10/2011

Une mauvaise foi fatigante

On commence à la trouver casse-pieds, cette mauvaise foi de la majorité envers les  primaires socialistes. C'est ce qu'on s'est encore dit hier après-midi, en entendant le ministre de la Fonction publique, le néo-centriste François Sauvadet, comparer ce processus à «une émission de téléréalité du type «La Ferme des célébrités».

 

Alors, on a bien sûr parfaitement le droit de ne pas considérer ces primaires comme l'alpha & l'oméga de la Vème République, comme la huitième merveille du monde politique. On peut même s'agacer de ce pas de plus franchi dans la starification du débat d'idées, ce vedettariat compétitif et télégénique avec tous ces à-côtés si fatigants: logorrhée de petites phrases et de sondages, etc. Pourquoi pas peut-on même juger, comme Nicolas Sarkozy l'a fait hier, que rajouter ainsi deux tours partisans et primaires à l'élection en deux tours instaurée par de Gaulle n'est pas conforme à l'esprit des institutions. Tout cela peut faire d'intéressants débats.

 

Mais tout de même: «La Ferme des célébrités».

 

Aurait-on fait partie de ces 2,5 millions d'électeurs qui, dimanche, ont pris sur leur week-end pour aller voter qu'on trouverait très insultant d'être ainsi rabaissé au rang d'amateur de crétineries télévisuelles.

 

Serait-on de ces millions de téléspectateurs qui, intéressés par le débat d'idées, s'apprêtent à regarder ce soir le grand duel Hollande-Aubry qu'on trouverait vraiment méprisant d'être comparé à l'amateur de la télé-réalité du samedi soir, symbole s'il en est de vulgarité.

 

La vulgarité, finalement, elle est dans ce genre de critiques à l'emporte-pièce.

19/09/2011

Un «soupçon de connivence»

Hier, soir, Claire Chazal aurait-elle dû se mettre en retrait du 20 Heures de TF1 et passer le relais à un(e) collègue pour la fameuse interview de Dominique Strauss-Kahn? Puisque la journaliste a elle-même reconnu publiquement la «tendresse» qu'elle éprouve envers Anne Sinclair, une femme qui, selon elle, a géré de manière «assez admirable» les mésaventures de son époux. C'est évidemment la question qui, pendant tout le week-end, a agité la classe politico-médiatique parisienne. Et qui, ce matin, continuait à alimenter le débat. Ainsi, le néo-centriste Hervé Morin, pour ne citer que lui, a relayé les «soupçons de connivence» existant à ses yeux entre l'interviewé et l'intervieweuse.

 

Chaque journaliste agit selon sa conscience. Nous, en tout cas, aurait-on été dans la situation de Claire Chazal que, clairement, on se serait mis de côté. Mais on est bien conscient d'être dans une position très confortable pour ainsi l'asséner, tant on n'était pas et on ne sera probablement jamais dans ce cas de figure.

 

Ladite interview était-elle connivente? Sur le moment, il ne nous a pas semblé que, globalement, elle avait été menée avec indignité. Sauf qu'à trois moments précis, on a quand même été assez mal à l'aise pour notre éminente consoeur.

 

Quand, d'entrée de jeu, elle a salué son invité avec un «Bonsoir Dominique Strauss-Kahn» dit d'un ton si doucereux qu'il a pu donner l'impression d'être affectueux.

 

Quand, à aucun moment, elle n'a fait grief à son interlocuteur de se livrer, sur des points factuels, à une lecture très personnelle, donc partielle et partiale, du rapport du procureur new-yorkais l'ayant innocenté.

 

Et quand, à la fin de l'entretien, tout le monde a pu constater que jamais la question qui tue n'avait été explicitement posée: «Ce soir, Dominique Strauss-Kahn, présentez-vous vos excuses?» En soi, cette carence si voyante fait naître le soupçon qu'elle résultait d'une négociation préalable avec l'interviewé. Ce qui, le cas échéant, serait bien sûr injustifiable, journalistiquement.

23/05/2011

Une excellente affaire

Les médias français tardent, non pas à tourner la page de l'«affaire DSK » – comment le pourraient-ils? Elle est retentissante et ne fait que commencer – , mais, du moins, à revenir à un traitement rédactionnel quantitativement normal de cette actualité. Dimanche soir, c'était vraiment flagrant.

Ce week-end n'a pas apporté beaucoup d'éléments factuels fondamentalement neufs, dans cette affaire. Hier, néanmoins, les JT de 20 Heures en ont à nouveau fait des tonnes à son propos. La palme est revenue au 20 Heures de TF1. Qui a consacré 4 minutes – soit une éternité, dans la conduite ultra-minutée d'un JT – à un rappel en images de cette affaire. Alors que, si récente, elle est bien sûr toute fraîche encore dans la mémoire du public. La séquence n'apprenait strictement rien de neuf: faite d'images et de commentaires déjà servis tant de fois aux téléspectateurs ces derniers jours. Mais elle a sans doute permis à TF1 de garder pendant quelques précieuses minutes supplémentaires pas mal de téléspectateurs devant le petit écran.

Car, comme on le pressentait dans ce blog dès lundi dernier, le «cas DSK» est évidemment une aubaine pour les médias. Et ils ont bien cela à l'esprit, au moment de déterminer leurs choix rédactionnels.

Dès le lendemain de l'arrestation de l'ex-patron du FMI, les quotidiens français ont vu s'envoler leurs ventes au numéro: +93% pour «Libération», par exemple. Les sites web d'information ont enregistré des records de fréquentation: ainsi, 12 millions de pages vues (deux fois plus que d'habitude) en une seule journée sur lefigaro.fr. Le soir où la chaîne d'info continue BFMTV a retransmis en direct l'audience du tribunal new-yorkais amené à statuer sur la remise en liberté provisoire de l'intéressé, elle a été regardée par plus d'1 million de téléspectateurs: deux fois plus qu'habituellement à cet horaire. Le même engouement a profité aux JT des télés traditionnelles: les premiers jours du scandale, les 20 Heures de TF1 comme ceux de France 2 ont gagné chacun un million de téléspectateurs supplémentaires.

C'est enfoncer des portes ouvertes que de le rappeler, mais sans doute cela ne fait-il jamais de mal non plus: les entreprises du secteur des médias ne sont pas des philanthropes. Comme toutes les autres sociétés, elles veulent et doivent au minimum être rentables, au mieux faire des profits. Dès lors, en période d'actu chaude comme aujourd'hui, l'info, plus que jamais, c'est, aussi, du business.

26/04/2011

Un grand basculement (5)

Peut-être devrait-on, un de ces soirs, convier Eric Besson à la maison. L'asseoir courtoisement dans le canapé du salon. Et l'inviter à regarder un moment avec nous la télévision. Pour le ministre de l'Industrie et de l'Economie numérique, qui vient de faire le point sur la question, l'opération de basculement des 12 millions d'habitants de la région parisienne vers la télé numérique a été un immense succès. Il en est d'autant plus ravi qu'il s'agissait d'un «défi de taille» et d'«une étape majeure dans le processus conduisant à l’extinction complète de la télévision analogique et à la généralisation de la TNT le 30 novembre 2011». Un succès, donc. Mais, pour nous, c'est un flop.

On avait raconté cela en mars (ici, , ou ), dans ce blog: dès le début, chez nous (à savoir, tout de même, en plein centre de Paris), cette TNT n'a jamais bien marché. Maintenant, c'est encore pire: on n'a carrément plus de télé. Depuis une quinzaine de jours, c'est l'écran noir. Et l'affichage de messages variables: «Pas de signal!», «Short cut in antenna circuit!», etc. Même l'achat, samedi chez Darty, d'un bidule dénommé amplificateur de signal n'a pas réglé le problème. «Vous n'êtes pas le premier à qui cela arrive», nous racontait le vendeur du magasin: «Depuis le 8 mars, les gens n'arrêtent pas de défiler: cela cafouille visiblement pas mal, cette TNT».

Depuis dix ans qu'on habite à Paris, on n'avait jamais eu le moindre problème avec la télé. Il a donc fallu le basculement à la TNT pour que, par hasard, tout commence à foirer. Débourser quelques centaines d'euros pour faire venir un antenniste, ou pour acheter un nouveau poste? Vu le niveau général des programmes et donc l'usage (à 99% informatif: professionnel) qu'on a de la télé, on n'est pas sûr de vouloir franchir le pas. Se taper une énième fois la queue chez Darty? On commence à avoir envie de faire autre chose le samedi après-midi. Qui sait si, finalement, on ne va pas se contenter désormais de regarder les JT et programmes d'info sur le net. Enfin, quand ça marche bien: là aussi, vu notre expérience de ces quinze derniers jours, il y a beaucoup à dire...

Du coup, cette mirifique «révolution numérique» pourrait bien, pour nous, se conclure plus prosaïquement. Par 1) la télé rangée à la cave, et donc plus de place et moins d'ondes électromagnétiques à la maison 2) une bonne centaine d'euros économisés chaque année, vu qu'on n'aura plus la redevance à payer.

Sans doute, dans la vie, ne fait-on jamais que les révolutions, cathodiques y compris, que l'on peut...

22/03/2011

Un grand basculement (4)

La TNT, suite et fin. Bouclons ce sujet en parlant de ce qui devrait être l'essentiel: le fond, les programmes de cette vingtaine de chaînes gratuites dont bénéficient à présent 12 millions de Parisiens et de banlieusards – du moins, quand la technique le veut bien. On en a vite fait le tour.

De la pub, de la pub de la pub. Des clips. Des jeux. Des talk-shows directement pompés de la télé américaine. Des caméras cachées idem venues d'outre-Atlantique. Des films déjà vus et revus. Du fait divers – à la Hondelatte: des «Faites entrer l'accusé» du pauvre. Des dessins animés. Des séries américaines vieillottes («Dead Zone», «Stargate SG1», etc). Et des séries françaises si improbablement franchouillardes qu'elles en deviennent involontairement comiques; la palme revenant à «Commissaire Valence» – Bernard Tapie en flic: ahlalaaaa, la fiction française... On ne risque pas de passer davantage de soirées devant la télé.

Tout, cependant, n'a pas l'air d'être à jeter. Trois chaînes d'info continue: c'est pratique quand on rentre du boulot trop tard pour les grands JT du soir – mais elles sont si répétitives, et contiennent tant de pubs et de bulletins météo... Deux chaînes parlementaires, mais elles ont l'air très très bavardes. France 4: pourquoi pas. France 5 qui ne partage plus son canal avec Arte: bien.

Et France Ô, la télé publique des DOM-TOM. Là, on est ravi. Un peu de couleur, un peu d'air! Car, et c'est le principal reproche qu'on lui ferait, cette TNT est si désespérément hexagonale, si platement franco-française. Sur la vingtaine de chaînes gratuites proposées au téléspectateur, pas une n'est en langue étrangère. Normal, sans doute, pour une audience française encore si souvent unilingue. Mais, si la télé est «une merveilleuse fenêtre ouverte sur le monde», comme il se dit parfois, là, avec la TNT, c'est raté:on n'y trouve même pas TV5 ou France 24.

Au total? La TNT «va provoquer trois phases chez le public: une euphorie, puis une déception, et enfin une habitude», avait prophétisé Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture de Nicolas Sarkozy. Nous, on a pris de l'avance: on a déjà zappé le premier stade.

21/03/2011

Un grand basculement (3)

TousauNUMERIQUE.jpgAprès la séquence de la semaine dernière entièrement consacrée au nucléaire, on reprend la chronique, plus anecdotique, de la vie à Paris. En revenant sur ce basculement vers la télé numérique que, le 8 mars, ont vécu 12 millions d'habitants de la région parisienne. Une dizaine de jours plus tard, on en est déjà revenu, nous, de cette TNT. Une calamité, n'est-on pas loin de penser. Et encore, sans parler du fond (on y reviendra): juste de la forme, de la technique - visiblement pas au point.

La qualité de l'image? Qui était censée préparer la télé HD (haute définition)? Une pitié. Quasiment en permanence, elle comporte des stries ou zébrures pixellisées. Pas rarement, l'écran est totalement pixellisé, le programme devenant du coup invisible. Le confort sonore? Très relatif. Les pixellisations s'accompagnent systématiquement d'une métallisation assez insupportable du son, quand le programme n'est pas carrément inaudible. La fiabilité de la technique? Risible. Rien qu'en dix jours, on a eu droit à une collection assez impressionnante d'avaries. Chaînes inaccessibles temporairement ou pendant des soirées entières alors qu'au même moment, d'autres chaînes fonctionnent parfaitement. Chaînes qui fonctionnement très bien puis qui, sans crier gare, se déconnectent subitement, affichant un «Pas de signal!» on ne peut plus agaçant. Télécommande du décodeur fréquemment inopérante: on a beau appuyer sur n'importe quelle touche, même la touche arrêt, rien ne se passe, ne reste plus qu'à débrancher puis à rebrancher l'appareil en espérant que cela aille mieux après, ce qui n'est pas forcément toujours le cas. Et on en passe.

Les autorités et les médias se réjouissant à l'unisson du «grand succès» du passage de la région parisienne à la TNT, on s'est dit qu'on n'avait juste pas de chance: que, peut-être, il y avait un gros problème de réseau dans la rue ou dans l'immeuble. On s'est donc renseigné. Et bien non, pas du tout: officiellement, tout va bien. .

Ce qui n'a pas empêché TF1, l'autre soir, de diffuser, dans un JT de 20 Heures, un petit sujet consacré à ces «plusieurs milliers de foyers» qui, en France, depuis leur basculement au numérique, sont confrontés aux mêmes problèmes que nous. Problèmes qui, si on a bien compris, dériveraient du réseau, de l'antenne télé collective, et/ou du câble reliant celle-ci aux prises télé dans les logements. Et qui, pour être résolus, nécessitent la visite d'un antenniste (facturée quelques centaines d'euros), à moins que l'on préfère l'installation d'une parabole (idem).

Encore bravo.

10/03/2011

Un grand basculement (2)

matélé.jpgTrois jours plus tard, on n'a toujours pas découvert le monde mirifique de la télé numérique. Pas le temps, ni l'envie, de se prendre la tête avec de la technique après les journées de boulot; on verra cela calmement ce week-end. En revanche, on a eu le temps de s'étonner. S'étonner, car autant on a eu droit à un concert de louanges des autorités sur la grande réussite, paraît-il, de ce passage de la région parisienne à la TNT, autant elles ont peu évoqué, trouve-t-on, les arnaques qui accompagnent ce basculement de la France vers la télé du futur.

Pourtant, des tas d'individus peu scrupuleux s'en mettent plein les poches, à la faveur de cette révolution télévisuelle. Au détriment singulièrement de personnes âgées, souvent complètement dépassées par ces questions techniques.

Ainsi, racontait «France Soir» fin février, ce retraité qui s'est laissé convaincre de prendre un crédit pour acquérir un décodeur d'une valeur de... 5000€  –  on en trouve chez Darty dès 30€ . Le démarcheur de la société, qui s'est aujourd'hui volatilisée, lui avait certifié que, sans cet appareil, il ne pourrait plus regarder la télé. Depuis, en plus, ce décodeur hors de prix ne fonctionne plus. Mais le service après vente de la société qui le lui a vendu ne répond pas: la ligne téléphonique n'est plus attribuée.... Ou cette petite vieille qui a dépensé 250€ pour faire régler l'antenne-râteau sur son toit, alors que, bénéficiant d'une parabole, elle aurait pu se passer de ce réglage: l'antenniste venu chez elle s'est évidemment bien abstenu de le lui signaler... Ou encore, dénonçait l'autre jour «Que Choisir», ces antennistes qui, en région parisienne, ont facturé jusqu'à 2000€ la vérification de la compatibilité des antennes-râteau de copropriétés, alors que cette opération est «normalement facturée de 300 à 500 euros pour un immeuble standard»...

Sans oublier cette énormité dénoncée (ici), il y a plus d'un an déjà, par cette même association de consommateurs. «Des centaines de milliers d'adaptateurs TNT imparfaitement configurés ont été mis sur le marché». Ces 300.000 à 500.000 adaptateurs défectueux n'ont pas tenu compte de l'évolution de la table de numérotation des chaînes télévisées. Dès lors, quand cette nouvelle table entrera en vigueur, soit ces appareils «seront complètement perdus, dans l'incapacité de retrouver les chaînes». Soit «les chaînes ne seront plus numérotées correctement». Soit «une partie seulement d'entre elles continueront d'être reçues». Encore bravo.