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24/04/2015

Une grande première, si tardive

Télévisions, Médias, FemmesComme quoi, il ne faut jamais désespérer de rien: tout arrive (parfois).

C'est donc une femme qui va diriger France Télévisions. A l'issue d'une procédure laborieuse et contestée, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fini hier par nommer () Delphine Ernotte à la tête du groupe audiovisuel public. Jusqu'à présent, tout au long de son histoire, France Télévisions avait été dirigé par des hommes. Ce blog le notait, l'autre jour (relire ): le fait qu'une femme accède à sa tête va peut-être, qui sait, l'inciter à enfin donner, sur ses antennes, une juste place aux femmes, quantitativement et qualitativement.

L'intéressée n'a jamais occupé la moindre responsabilité dans le monde de la télé. C'est ce que notaient ce matin, en faisant la moue, nombre de commentateurs – davantage des hommes que des femmes, cela dit. Comme si, pour autant, elle n'avait pas de solides compétences en gestion, elle qui a dirigé un groupe (France Telecom/Orange) d'une taille autrement plus imposante que France Télé. Et comme si les précédents patrons du groupe audiovisuel qui étaient issus de la télé sont tous restés dans les mémoires pour leur parfaite gestion du paquebot français de la télé... Du reste, puisque ces commentateurs réticents semblent l'avoir oublié, rappelons que Bertrand Meheut, pareillement, l'homme qui préside le groupe Canal+ depuis plus de dix ans, était complètement étranger au monde des médias, avant d'accéder à ce poste.

Il n'en demeure pas moins que, en effet, cette désignation de la nouvelle patronne de l'audiovisuel public français a un côté effarant – mais dont l'intéressée n'est nullement responsable. La moindre des choses eut été que les auditions des candidats à ce poste soient publiques. C'est visiblement trop demander au CSA, et c'est bien dommage.

La prochaine fois peut-être, à l'occasion de la nomination de la personne qui succédera à Delphine Ernotte, la France innovera de manière historique sur ce plan-là, cette fois.

Il ne faut jamais désespérer de rien: tout arrive (parfois).

24/02/2014

Une relégation

Télévisions, Sports, Médias, Gouvernement, HandicapésRideau sur Sotchi. Où, néanmoins, dans quelques jours, débutent les Jeux paralympiques. «Pour la première fois en intégralité», cette compétition sera retransmise par France Télévisions, a confirmé, hier soir, le confrère qui officiait au commentaire de la cérémonie de clôture des JO. Non sans s'extasier: «Soixante heures de direct!»

Oui, si ce n'est que ce sera diffusé sur ...France 4: la chaîne la plus confidentielle du service public. Même pas sur France 3, donc. Et encore moins sur France 2 – le talk-show en prime time de Laurent Ruquier, c'est sans doute plus important que la promotion du sport handicapé.

Il y a a quelques jours à peine – on l'avait évoqué, dans ce blog –, la ministre des Affaires sociales avait plaidé pour une représentation plus visible du handicap, à l'antenne des médias audiovisuels. Chacun peut donc apprécier sa capacité de persuasion.

Encore bravo.

29/05/2013

Une désastreuse image

Journalismes, Médias, Télévisions, Personnalités, Le PenHier soir, à un JT de 20 heures. Un sujet sur Marine Le Pen, et plus spécialement sur son influence et audience qui seraient grandissantes, en France.

Le sujet illustre ce postulat notamment en montrant la n°1 du Front national dans les coulisses d'une chaîne de télé. Avant son passage à l'antenne: en train d'y converser très aimablement avec son intervieweur – une des vedettes du journalisme politique parisien – , en le tutoyant.

Aucune surprise de notre part, à la vue de ces images: cela fait plusieurs années déjà que l'on a pu constater que le duo se tutoie – et même se fait la bise, pour se saluer. Aucune surprise, mais néanmoins un léger frisson, à l'idée de l'effet potentiellement dévastateur de ces bruits et images de couloir, auprès du grand public.

Des anecdotes de cet acabit risquent évidemment de le renforcer encore un peu plus dans sa conviction/sensation de l'existence d'une caste politico-médiatique, à la tête du pays. Une sorte d'élite fonctionnant au copinage voire à la consanguinité, si loin des préoccupations des gens.

23/05/2013

Un rappel à l'ordre

Impossible de ne pas le remarquer, en regardant la télé. Depuis une semaine, les chaînes françaises prennent bien soin de flouter les visages des enfants montrés dans les programmes d'information. Ce n'est pas un mince changement, et c'est le résultat d'un coup de gueule ministériel.

Celui qu'a poussé le ministre de l'Education, Vincent Peillon. Jeudi dernier, quand il s'est rendu compte que nombre de chaînes n'avaient pas garanti l'anonymat des enfants qu'elles interviewaient, à la sortie de cette école parisienne où un homme s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête, après avoir fait irruption dans l'établissement. Furieux de ce manque de «décence» et de «pudeur», le ministre a aussitôt saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Qui a «solennellement» adressé une mise en garde aux médias. «Le recueil du témoignage des enfants placés dans une situation aussi difficile est subordonné à une double condition cumulative: la garantie de leur anonymat, en particulier par le floutage, et l’autorisation explicite des titulaires de l’autorité parentale».

Si, depuis cette réprimande, les télés françaises font beaucoup plus attention, ce n'est pas spécialement qu'elles feraient preuve de servilité envers le «gendarme de l'audiovisuel» et/ou envers le ministre. C'est parce qu'elles n'ont pas le choix: c'est la loi. Le droit de chacun au respect de sa vie privée, en effet, est garanti par le code civil (en son article 9). Et les télés qui, jeudi dernier, ont montré les visages des enfants interviewés auraient pu, théoriquement, être poursuivies en justice. Puis condamnées: à des peines d'un an de prison et de 45000 euros d'amende.

13/12/2011

Un remerciement, ou l'autre

télévisions,technologie,médias,gouvernement,publicitéOn ne l'a pas loupé, ce placard de pub du gouvernement qui, depuis plusieurs jours, s'étale en pleines pages dans tous les quotidiens de France. «Nous tenons à remercier absolument tous les Français», dit-il. Les remercier, car «la France est passée à la télévision tout numérique». «Bravo et merci à tous»: «Depuis l'arrivée de la couleur, le passage au tout numérique a été le projet le plus ambitieux de l'histoire de la télévision».

Merci? Mais de rien: nous, depuis ce basculement au numérique, on... n'a plus la télé. On avait amplement narré cette saga, à l'époque (relire notamment ici). Depuis, cela ne marche toujours pas, et on a laissé tomber. Désormais, c'est sur internet qu'on suit les seuls programmes télé que, de toute manière, on regardait sur le petit écran: les grandes émissions d'actu et les JT.

Enfin, on les regarde sur le net: quand ça marche.... Rien qu'en quelques mois d'usage, on pourrait écrire un bouquin sur la calamité qu'est, en France, la diffusion des programmes télé sur le web.

«Buffering» qui s'éternise. Vidéos indisponibles. Vidéos qui, quand elles sont dispos, sautent des passages entiers du programme, voire reviennent en arrière. Vidéos qui, si régulièrement, se figent subitement, sans raison apparente, laissant immobiles les personnages apparaissant à l'écran: bouche bée, yeux clos ou écarquillés, toujours ridicules. Sans oublier ce décalage permanent entre le son et l'image: décalage d'une petite seconde à peine, mais qui suffit à donner l'impression bizarre que tous les programmes que l'on regarde sont doublés.

Mais, c'est vrai, on l'admet, il y a une chose qui marche toujours et admirablement bien, dans la télé sur le web. C'est... la pub. Elle, elle ne subit jamais le moindre problème technique. Vous relancez trois fois la vidéo d'un JT qui patine, vous ne pourrez jamais être sûr que vous parviendrez, in fine, à la regarder. En revanche, vous pouvez être certain que la plage de pub, elle, ça oui, vous la verrez trois fois.

Rien que pour cela, donc, «bravo et merci». Cela nous manquait vraiment, dans notre vie: encore un peu de pub en plus.