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08/02/2016

«Une première phase satisfaisante»

Paris, Propreté, Environnement, Tabac, PoliceCela n'a l'air de rien comme sujet, mais c'est tout de même un enjeu de propreté, pour Paris. Puisqu'il est à l'origine de 350 tonnes de déchets par an: les mégots dans les rues.

On en sait désormais un peu plus sur ce que donne cette petite révolution dans les usages que la capitale française a lancée, en octobre dernier. Verbaliser (68 ou 180€) le jet de mégots par terre (relire ici ou ).

En quatre mois, vient de préciser la mairie, 800 procès-verbaux ont été dressés. Un chiffre que les autorités municipales jugent «satisfaisant pour une première phase». Et qui fait suite au démarrage en fanfare de l'expérimentation: 350 contrevenants verbalisés pendant le seul premier mois d'application de la mesure. La prévention, cela dit – et c'est heureux –, n'a pas été oubliée: 30 000 corbeilles de rue avec éteignoir ont été installées, «c’est-à-dire en moyenne une tous les 100 mètres». A cet égard, la semaine prochaine, les élus de la capitale adopteront un «grand plan de renforcement de la propreté» (), qui comprend notamment la distribution de 125.000 cendriers de poche (en plus des 50.000 qui ont déjà été écoulés).

Dans un autre registre, concernant une autre pollution, 50 sanisettes supplémentaires vont être installées, ainsi que 150 autres qui, elles, seront ouvertes toute la nuit. Pour tenter d'enrayer un autre fléau de la "Ville lumière". Les rues qui, au petit matin, sentent la pissotière – on connaît bien cela dans nos arrondissements de l'Est parisien, avec les quartiers très animés la nuit comme Bastille, Oberkampf, le Marais ou le Canal Saint-Martin.

10/11/2015

Un changement de comportement, semble-t-il

Deux petites nouvelles concernant le tabac, alors que le Parlement s'apprête à boucler l'examen du Projet de la loi Santé, qui énerve tant les buralistes – notamment parce qu'il leur impose, avec plusieurs années d'avance sur la législation européenne à venir, le paquet de cigarettes neutre (dépourvu de logos, de décorations attractives, etc.)

D'abord, à l'échelle de la France, près du quart de la population (24%) fume quotidiennement. C'est ce qu'indique une étude internationale, parue dernièrement. C'est davantage que dans la moyenne des Etats industrialisés (20%), et presque deux fois plus que la proportion de fumeurs dans des pays comme l'Australie ou la Suède – où, cela dit, les cigarettes sont vendues à un prix carrément prohibitif. «La France doit s’inspirer des mesures prises par ces pays pour réduire davantage la consommation de tabac», lui recommande donc l'OCDE.

Ensuite, à l'échelon parisien, ce premier bilan qui a fuité, sur la nouvelle réglementation punissant d'amende tout mégot jeté par terre. Rien que pendant son premier mois d'application, elle a donné lieu à la verbalisation de 350 contrevenants. Ce n'est pas rien, même si cela reste une goutte d'eau dans la mer, par rapport aux centaines de milliers de fumeurs quotidiens que doit bien compter la capitale française, dont bon nombre sans doute jettent leurs mégots dans le caniveau.

De moins en moins, cela dit. Ces dernières semaines, dans nos contacts quotidiens avec des fumeurs parisiens en tout cas, on a pu constater comme un changement de comportement. Visiblement, le ramdam médiatique fait autour de cette prohibition est parvenu à leurs oreilles. Non que, désormais, on ne les voit plus jamais jeter de mégots par terre. Mais, du moins, nombre de ces fumeurs y regardent dorénavant à deux fois avant de récidiver: s'assurent au moins qu'à proximité, ne figure pas au mieux une poubelle avec éteignoir ou un cendrier public, au pire un pandore prêt à les verbaliser.

Sans doute est-ce déjà cela.

01/10/2015

Un prix désormais à payer

Paris, Propreté, Santé, Tabac, Art de vivre, Police68€. Le prix à payer pour une fraction de seconde d'insouciance/d'incivisme. Ce n'est vraiment pas donné, mais c'est la règle à Paris, à partir de ce jeudi.

Ce 1er octobre, en effet, entre en vigueur le règlement municipal qui punit d'une contravention d'un tel montant le jet de mégot sur la voie publique. Ce sera même 180€, si la prune n'est pas payée dans les délais. Jeter son mégot à terre est «un geste qui a de sérieuses conséquences sur l’environnement», justifie la mairie. «Un mégot met entre 4 et 12 ans pour disparaître. Il dégage des métaux lourds et des polluants comme la nicotine, le cadmium et le plomb. Ces substances toxiques sont nuisibles à la flore et à la faune. Jetés dans les caniveaux, les mégots polluent l’eau et les égouts. Sur les grilles en pied d’arbre, ils sont aussi nocifs et réduisent sérieusement la vie des arbres».

Pourquoi pas. La tolérance zéro ambitionnée par la mairie de Paris paraît d'autant moins choquante que, ces derniers mois, elle a fait un réel effort pour disposer un peu partout, dans les rues, des poubelles d'un nouveau modèle, qui sont équipées d'éteignoirs. Et c'est vrai que, au fil des ans, cette pollution commençait à prendre des proportions d'ampleur: les agents parisiens de la propreté ramassent chaque année... 350 tonnes de mégots.

Juste, si on peut se permettre, a priori, on doute un peu que les pandores auront vraiment le loisir et le temps de verbaliser les fumeurs négligents. Alors que, dans la capitale, restent quotidiennement impunies tant d'infractions ayant des conséquences elles autrement plus immédiates et potentiellement gravissimes: les feux de signalisation franchis au rouge ou à l'orange par les automobilistes, par exemple.

15/10/2014

Une gouvernance lymphatique

Gouvernement, Santé, Tabac, PublicitéLe Conseil des ministres de ce matin examine un vaste «Projet de loi relatif à la santé». Avec quelques mois de retard, puisqu'il était annoncé à l'origine pour juin.

Ce texte contient notamment toute une série de mesures relatives au tabac. Ainsi, l'imposition du paquet de cigarettes anonymisé, censé réduire l'attractivité de ces produits. Et des dispositions relatives à la cigarette électronique, comme l'interdiction de son usage dans les lieux publics.

Et la fin de la pub à la télé la concernant? Enfin va-t-on être fixé. Depuis le début de l'année (relire ), le gouvernement est pressé d'agir, sur la question. Depuis le printemps, il sous-entend qu'il a pris sa décision – et, effectivement, dans le sens d'une telle interdiction. Au total, donc, depuis l'apparition des premiers spots de pub pour ce produit à la télévision, il aura fallu près d'un an pour que, par hypothèse, la mesure les visant entre en application.

Curieux mode de gouvernance, décidément.

30/05/2014

Une sidérante inaction

Santé, Tabac, Télévision, Radio, GouvernementPas mal d'agitation médiatique, en France ce matin. A propos d'un «grand Plan anti-tabac» que présenterait la ministre de la Santé, dans quinze jours. Entre autres mesures envisagées, l'anonymisation des paquets de cigarettes, avec du gore (des photos de pathologies liées au tabac) à la place des logos des marques. Ou l'interdiction de l'usage de la cigarette électronique dans les lieux publics.

Pourquoi pas. Pourquoi pas, mais...

Mais cela fait plus de trois mois que, chaque jour, des dizaines de millions de Français continuent de voir et d'entendre en boucle, dans les médias radio-télé, des spots de pub en faveur de cette e-clope. Plus de trois mois plus tard, la demande de clarification qu'avait faite le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) au gouvernement (relire ici) n'a toujours pas, visiblement, été suivie du moindre effet.

C'est à ce genre de détails que l'on est fondé à se demander, parfois, si ce pays est vraiment géré.

20/02/2014

Une vision perturbante

Tabac, Santé, Télévision, Médias, GouvernementCela fait plusieurs semaines que l'on voit cela, sur les chaînes de télévision françaises. Les jours ont beau passer, on ne parvient pas à s'y habituer. Les dirigeants du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) eux-mêmes semblent en être un peu perturbés. Il n'empêche, jour après jour, cela continue d'être diffusé.

On veut parler des spots de pub vantant la cigarette électronique. Alors, certes, si on a bien suivi, vapoter est moins mauvais pour la santé que fumer. Mais enfin, ce n'est tout de même pas non plus excellent. Et, que l'on sache, à moins qu'on ait loupé un épisode, le gouvernement Ayrault avait donné à la cigarette électronique le même régime que le tabac, pour tout ce qui concerne la publicité, la promotion de ces produits, etc. A savoir, le régime minimal, tel que l'impose la loi Evin.

Il y a déjà plus d'une semaine, le CSA a publiquement houspillé (ici) le ministère de la Santé: l'a invité à clarifier le régime audiovisuel de la cigarette électronique. Sans résultat apparent: des dizaines de millions de Français continuent chaque jour de voir – et d'entendre, puisque c'est aussi le cas à la radio – des messages associant monts et merveilles au fait de vapoter.

Dans le pays du principe de précaution, encore bravo.

04/02/2014

Une tradition, en péril?

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacCe mardi, François Hollande présente un grand plan anti-cancer. A deux mois des élections municipales, l'on peut a priori douter que ce plan s'attaque frontalement au lobby du tabac, à la corporation des buralistes, et à l'électorat fumeur. En revanche, s'agissant d'une autre assuétude, l'alcool, les autorités semblent moins timorées. En témoigne le dernier plan gouvernemental en date, visant à combattre «les drogues et les conduites addictives». Ce plan, présenté fin janvier, est passé assez inaperçu médiatiquement, alors qu'il contient quelques mesures très symboliques.

Ainsi, cette ambition affichée de lutter contre l'alcool au bureau. Qui, à terme, pourrait menacer une tradition bien française: celle du pot entre collègues (pot de départ à la retraite, etc.). Le plan prévoit de modifier l'article du Code du travail relatif à l’alcool en milieu professionnel. Cette modification viserait à «permettre aux entreprises de mettre en place, via le règlement intérieur, des mesures de limitation de consommation de boissons alcoolisées».

Actuellement, cet article du Code se limite à stipuler qu'«aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail». Dès lors, y sont théoriquement illégaux les habituels pots d'entreprise autour d'un (mauvais) mousseux, et encore plus les pots de fin d'année où, pas rarement, sont servis des alcools forts. Demain, donc, on pourrait serrer la vis, à la fois dans les textes et dans la pratique. Et, in fine, en arriver à ne plus tolérer la moindre goutte d'alcool sur le lieu de travail, y compris lors des festivités conviviales? On a quelques doutes.

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacAuquel cas, cela ne remontererait pas le moral des Français – moral si bas, en ce moment: on l'écrivait hier. Puisque, c'est bien connu, faire la fête permet d'oublier (un peu).

Mais au moins cela ferait-il le bonheur des tenanciers de bistrots, lieux où migreraient illico toutes les fêtes de bureau.

13/12/2012

Un nouvel outil de propreté

Paris, Propreté, Environnement, TabacOn l'écrivait hier: les rues de Paris ne compteront vraisemblablement pas beaucoup moins de pauvres, cet hiver. Mais elles seront peut-être un peu plus propres moins sales. On entendait parler de cela depuis des semaines, mais on ne l'avait encore jamais vu: dans nos pérégrinations, en ville. Jusqu'à ce matin, où l'on est tombé par hasard sur ce fameux nouveau dispositif qui, peut-être, contribuera à réduire un type particulier de pollution qui salit énormement Paris.

Les mégots de cigarette. Cela paraît très anodin comme cela, mais ce l'est moins pour les services municipaux de la propreté: chaque année, ils ramassent... 315 tonnes de mégots, sur la voie publique. Les nouveaux éteignoirs de rue, dont on a enfin aperçu un exemplaire ce matin, permettront aux fumeurs d'avoir désormais une autre alternative que soit de balancer leurs mégots par terre, soit de les jeter à la poubelle mais en risquant d'y mettre le feu.

10 000 de ces éteignoirs ont été fixés sur les cerclages métalliques des poubelles de rue. Ces petits palets de résine sont fabriqués dans un matériau composite (de la polyamide chargée de fibre de verre, pour les amateurs de détails techniques), ce qui les rend ignifuges. Ils remplacent les plaquettes perforées en inox qui, auparavant, équipaient certaines poubelles – avant d'être victimes de vols en cascade, dûs à la flambée du cours mondial de l'inox (relire).

Avec ce nouvel outil, les trottoirs de Paris n'auont plus d'excuse de rester ce qu'ils sont devenus: un vrai cendrier géant. Plus d'excuse, sauf bien sûr dans l'hypothèse où ces 315 tonnes annuelles de détritus tabagiques seraient moins dues à un problème d'équipement qu'à l'indécrottable incivisme/je m'enfoutisme/ qui caractériserait le Parisien moyen. On verra cela.

01/02/2012

Un irrespect grandissant

tabac,santé,environnement,art de vivre,parisCinq ans ce mercredi, jour pour jour, que la France a étendu l'interdiction de fumer notamment à tous les lieux de convivialité (bars, restos, boîtes, etc.). Cinq ans plus tard et d'année en année, cette loi paraît de moins en moins bien appliquée. A en croire un sondage, 32% des Français ont subi la fumée d'autrui dans de tels établissements. Un pourcentage qui grimpe à 60% pour le tabagisme passif enduré aux terrasses de cafés ou de restaurants.

Ce contournement de la loi, on en est témoin chaque jour quasiment, dans notre onzième arrondissement. Il est particulièrement flagrant, pour ne prendre que ce seul exemple, à l'heure des courses: tiercé, quarté et autres quinté plus. Dans les bars-PMU de quartiers populaires, a fortiori s'ils sont équipés d'écrans géants, au moment où les chevaux prennent le départ, la tabagie y est souvent à la hauteur de l'excitation des parieurs: à son comble.

Théoriquement, fumer en terrasse est autorisé uniquement lorsque celle-ci est complètement ouverte. Quand donc elle n'est pas recouverte en tout ou en partie par ces auvents de bâches en plastique transparent que l'on installe si souvent à Paris, dès que la belle saison est finie. Dans la plupart des cas, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements, vous trouverez des fumeurs dans de tels espaces, même si ceux-ci sont entièrement clos.

Au passage, à propos des terrasses à Paris, une constatation qu'on a faite, cet hiver.

tabac,santé,environnement,art de vivre,parisOn y trouve toujours autant de braseros – a fortiori par ces temps de grand froids. Or, l'an dernier, la mairie avait parlé de progressivement interdire ces installations. Les parasols chauffants, en effet, s'ils assurent un confort aussi douillet qu'appréciable aux clients en terrasse, sont extrêmements énergivores, et donc peu écologiques. En outre, ils polluent énormément. Et dégageraient un air qui ne serait pas excellent pour la santé.

Un an plus tard, donc, exactement comme on en avait fait le pari à l'époque (relire ici), on n'a pas progressé d'un iota en la matière, à Paris.

12/01/2012

Un «effet papillon»

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreC'est un exemple de la théorie selon laquelle «le monde est un village», désormais global. Une illustration de ce qui est appelé aussi l'«effet papillon»: «un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York».

Cela se passe à Paris. Sur un sujet qui n'est pas d'un intérêt planétaire, mais qui, en un de ses aspects, renvoie à des logiques mondiales dépassant complètement le Parisien.

Cela concerne l'annonce faite en début de semaine par la mairie. Qui a déclaré la guerre... aux mégots de cigarettes. Chaque année, dans les rues ici, les services de nettoyage en ramassent... 315 tonnes. Une consoeur du «Figaro» a eu l'amabilité de faire le calcul: «Sachant qu'une cigarette pèse à peu près 90 grammes, cela représente plus de 350 millions de clopes» consommées chaque année dans Paris, leurs résidus étant ensuite jetés sur la voie publique. A terme, quiconque sera surpris en train de balancer un mégot dans le caniveau sera passible d'une amende de 35 euros.

Pourquoi pas. A ceci près que Paris diffère sur un point au moins d'autres capitales internationales qui, comme Singapour ou Tokyo, font la chasse aux fumeurs-pollueurs.

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreDans la «Ville lumière», les cendriers publics sont rares. La mairie en est bien consciente, qui vient d'annoncer que, dans les mois à venir, leur nombre passera de 2.000 à 20.000.

On les trouvera sous la forme d'«éteignoirs». Il s'agit de ces petites plaquettes métalliques perforées qui sont apposées sur les cerclages supérieurs des poubelles, qui permettent de bien écraser sa cigarette, puis de s'en débarrasser dans ladite poubelle sans lui mettre le feu.

Très bien. Mais, la pollution des rues de Paris par les mégots ne datant pas d'hier, pourquoi donc les poubelles de rues ne sont-elles pas, depuis belle lurette, déjà équipées de tels «éteignoirs»? C'est ici que l'on retrouve notre «effet papillon».

Les «éteignoirs» qui figuraient jusqu'à présent sur ces poubelles n'y ont pas subsisté longtemps: en majorité, ils ont été rapidement dérobés. Pourquoi? Parce que le métal les constituant, l'inox, a vu son cours flamber sur les marchés mondiaux. Du coup, ces plaquettes métalliques a priori si anodines, et toujours très crasseuses, sont très prisées par les malandrins, qui les dérobent, les stockent, puis les revendent en masse à des grossistes profitant de la flambée des cours mondiaux de l'inox.

Paris, Propreté, Environnement, Santé, Economie, Art de vivreLa mairie de Paris prévoit donc que la prochaine génération d'«éteignoirs» ne sera plus en inox. Mais dans «un matériau composite» qui aura un double avantage. D'une part, il résistera aux températures très élevées des bouts de cigarette incandescents. D'autre part, il n'aura pas la moindre valeur marchande. Ce qui permettra d'«éviter le pillage en règle» de ces écraseurs de clopes.

Rien n'est jamais simple, décidément, dans la gestion de la cité.

23/07/2010

Une interdiction

jeune-cigarette.jpgEn cet été où, à Paris, l'on s'agite un peu (ici, notamment) sur la question des terrasses de bistrots ou de restaus à interdire ou non aux fumeurs, entre en vigueur l'interdiction de vendre du tabac aux jeunes de moins de 18 ans – et non plus seulement de moins de 16 ans, comme depuis 2003. En effet, a-t-il été annoncé ce vendredi, a été publié le décret d'application punissant d' une contravention de quatrième classe (135 €) les buralistes enfreignant cette prohibition. Selon des chiffres officiels – mais reflètent-ils la réalité? –, le tabagisme tend à reculer chez les jeunes Français, même s'il reste important. A 16 ans, 58 % des garçons et 61 % des filles déclarent avoir déjà fumé une cigarette dans leur vie; ils étaient près de huit sur dix dans ce cas en 1999. Année où 31 % des ados disaient fumer quotidiennement – contre 17 % en 2007.

Voilà pour la situation. Reste l'application de cette nouvelle interdiction. A en juger par les nombreux témoignages de buralistes entendus depuis ce matin, cela risque de ne pas toujours être facile. Ces commerçants se voient mal, comme des policiers, demander à leurs jeunes clients d'exhiber une pièce d'identité – juridiquement, du reste, on se demande s'ils en auraient le droit. Et ils craignent des réactions hostiles, voire violentes, de jeunes qu'ils refuseraient de servir.

Une excuse facile pour ne pas se conformer à la loi? Pas sûr. Ces dernières années à Paris, on a déjà été témoin, à l'une ou l'autre occasion, de tensions de cet acabit. Aux caisses d'épiceries ou de supermarchés, où, désormais, est systématiquement affiché qu'il est interdit de vendre de l'alcool aux mineurs. On y a déjà été témoin soit d'éclats de voix, en cas de refus de vente à des jeunes, soit (plus fréquemment) de non-applications manifestes de la loi. «Avec le salaire que je gagne et les horaires que je me tape, vais pas en plus risquer de prendre sur la gueule», se souvient-on même d'avoir entendu dire en substance une employée d'un Franprix qui, ce soir-là, venait d'encaisser pas mal de canettes de Kro payées par une bande d'ados en goguette. A l'époque, aucun des clients ayant entendu sa réflexion n'avait protesté.

19/05/2009

Un «excès»

Audrey Tautou dont le dernier film est interdit de publicité dans le métro parisien car, sur l’affiche, on la voyait en Coco Chanel tenant une cigarette à la main. Jacques Tati déambulant sur son petit vélosolex mais, avec à la bouche, sa célèbre pipe retouchée en petit moulin à vent pour enfant. Même si vous n’habitez pas Paris et/ou que vous n’y prenez jamais le métro, vous avez dû entendre parler de ces deux controverses publicitaires qui, récemment, agitèrent tant la capitale. Dernier élément en date venant nourrir le débat: l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité vient de prendre enfin position (ici) sur ce dossier. Et c’est pour condamner l’«excès» qu’a constitué, selon elle, l’application aussi restrictive, à ces deux campagnes d'affichage, de la loi Evin interdisant la pub pour le tabac.

 

En effet, pour le «gendarme» de la pub en France, tout comme d’ailleurs pour le Conseil de l’éthique publicitaire, dans certains cas, il y a lieu de tolérer la présence de cigarettes, de pipes ou de cigares sur les affiches publicitaires. Lorsque, par exemple, les campagnes émanent d’«annonceurs qui n’ont aucun lien avec l’industrie ou la distribution du tabac». Lorsque ces pubs ont «une finalité culturelle ou artistique». Ou lorsque les produits liés au tabac qui y apparaissent sont «inséparables de l’image et de la personnalité» représentée dans la pub, comme c’est le cas pour Jacques Tati ou Coco Chanel..

 

Pour les professionnels de la pub, une «interprétation plus souple de la loi» Evin est conforme à la fois à l’esprit de cette réglementation et «au légitime combat des autorités sanitaires contre le tabagisme et ses méfaits». Ils espèrent donc que les tribunaux et les pouvoirs publics se rangeront à cet avis. C’est plus que probable. «Ah non! Moi, je ne suis pas pour enlever la pipe à Jacques Tati!», avait déclaré, estomaquée, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot lorsqu'elle avait appris la censure anti-tabac de la régie publicitaire de la RATP. Qui, elle, assurait pourtant (ici) n’avoir que classiquement respecté la loi. «Lutter pour la santé publique, ce n'est pas tomber dans le ridicule», avait maugréé l’ancien ministre Claude Evin lui-même, qui a donné son nom à la réglementation anti-tabac.

 

Va donc pour la bouffarde de Georges Brassens ou de José Bové (et du Pr Mortimer, du duo Blake & Mortimer?). Va donc aussi pour la clope d’André Malraux, de Jean-Paul Sartre ou de Serge Gainsbourg (et de Lucky Luke?).

02/01/2009

Un bilan

Un an aujourd’hui, jour pour jour, que la France a interdit le tabac dans les lieux publics et singulièrement dans les lieux de convivialité: cafés, bars, restos, discothèques, etc. Le bilan de cette loi est mitigé.

 

Côté pile, la qualité de l’air ambiant dans ces lieux s’est incontestablement améliorée. Le tabagisme passif, que subissait notamment le personnel travaillant dans ces lieux, a été éradiqué. Les spécialistes s’attendent à «un impact fantastique» en termes de santé publique: une réduction d’une dizaine de pourcents du nombre d’hospitalisations pour infarctus du myocarde. Enfin, tous les sondages montrent que cette loi est assez populaire: elle est plébiscitée aussi bien par les fumeurs que par les non-fumeurs. Dans l’ensemble, elle est donc assez bien respectée. En région parisienne, en un an, seuls 384 fumeurs et 228 patrons d’établissements récalcitrants ont été verbalisés.

 

Côté face, reste un gros problème à régler dans les terrasses, qui sont devenues les lieux de refuge des fumeurs et dont l’atmosphère, du coup, est souvent irrespirable. La loi pose aussi un problème économique. La baisse du chiffre d’affaires des lieux de convivialité due à l’interdiction du tabac est évaluée entre 1,5 % (estimation des économistes) et 10% (calculs des syndicats). Elle ne va pas arranger l’impact de la crise générale déjà subi par ce secteur. L’interdiction du tabac dans les cafés y a fait revenir une nouvelle clientèle (familles avec enfants, personnes âgées, etc.), à certaines heures notamment (l’après-midi). Mais elle a fait fuir les fumeurs invétérés. Elle tend à écourter souvent les durées de consommation (au déjeuner par exemple, les gens zappent le dessert ou le café pour sortir fumer). Et, dans les centres urbains animés, elle est à l’origine de troubles du voisinage. Sans parler de la plaie environnementale des trottoirs transformés en grands cendriers et des chauffages de terrasses très énergivores.

 

Enfin, surtout, nouvelle loi ou pas, les Français ne fument pas moins.  Selon l’office de prévention du tabagisme, cette loi n’a eu «aucun impact» sur le nombre de fumeurs réguliers ou occasionnels, qui continuent à représenter, en gros, un tiers de la population. C’est évidemment le principal constat négatif, même si tout le monde s’y attendait un peu en vertu du vieux principe selon lequel punir, interdire, cela n’a jamais suffi à convaincre et à infléchir.

02/12/2008

Un air

Dans un mois, cela fera un an jour pour jour que la France bannissait le tabac des lieux de convivialité. Les bars, cafés, restaurants et discothèques allaient être désertés par les fumeurs et donc allaient voir leur chiffre d’affaires s’effondrer, avaient alerté tant et tant de voix, avant l’entrée en vigueur de la loi. Et bien, pas du tout. Tous ces oiseaux de mauvais augure se sont trompés et les usages ont assez facilement et convivialement changé. C’est ce qu’on se disait ce week-end encore, au «Showcase». Devant la boîte bling du pont Alexandre III, jusqu’aux petites heures, s’agglutinaient des nuées de fumeurs frigorifiés, contraints d’assouvir leur assuétude dans le froid glacial de la nuit mais qui, pour autant, n’avaient pas l’air de se formaliser exagérément de l’exclusion les frappant.

 

Là au moins, outre que le panorama sur la Seine endormie était splendide, l’air était polaire mais pur. Ce qui n’est visiblement pas la caractéristique première de l’atmosphère régnant dans les terrasses des cafés parisiens, le seul endroit désormais où les fumeurs sont tolérés. C’est du moins ce qui ressort d’une récente étude scientifique menée pour le compte de l’association ‘Droit des non-fumeurs’ et portant sur la pollution due aux particulines fines.

 

Selon cette étude, l’air d’une terrasse couverte et quasi-fermée est en moyenne six fois plus pollué que celui des rues parisiennes: 116.000 particules par cm3 contre 23.000. Même les terrasses à l'air libre posent problème. Selon l’association, le degré de pollution qui y est causé par le tabac est 50% plus élevé que la pollution affectant la rue. DNF réclame donc davantage de contrôles.

 

Accessoirement, elle rappelle aussi qu’«en aucun cas, les terrasses de cafés ne peuvent devenir un espace exclusivement réservé aux fumeurs». En cette période hivernale, peu de non-fumeurs étant assez sots pour réclamer de pouvoir déjeuner ou dîner dehors, la monopolisation des terrasses par les fumeurs ne pose pas trop de problème. Mais dès le retour des beaux jours, aux terrasses des bistrots, la cohabitation risque de redevenir orageuse entre adeptes et pourfendeurs de l’herbe à Nicot.

19/05/2008

Une substance (suite)

6d4e458882c139d3a5e09e8f531a6097.jpgCe n’est pas forcément ce qu’il y a de plus intéressant dans l’actu du jour, mais c’est probablement ce que les gens vont en retenir: après avoir chassé le tabac des lieux de convivialité, le gouvernement français s’attaque donc à l’alcool. Selon «Le Parisien» de ce matin, sur le bureau du Premier ministre François Fillon, figure une note officielle de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) lui recommandant de serrer vigoureusement la vis contre toutes les pratiques incitatives à la consommation d’alcool.

Visée: l’«happy hour», ces tarifs avantageux pratiqués par les bars à l’heure de l’apéro, pour s’attirer la clientèle dans l’espoir qu’elle reste en soirée. Une pinte de bière pour le prix d’un demi, c’est le genre de tarifs pratiqués à Paris pendant ce créneau horaire. Invoquant notamment l’alcoolisme grandissant chez les jeunes, la Mildt recommande à François Fillon d’interdire purement et simplement ces tarifs promotionnels. D’autres offres assimilées à l’«happy hour» sont visées: l’«open bar», la vente d’alcool à la bouteille dans les discothèques, etc.

Si une telle mesure est prise, les fêtards pourront toujours se rabattre sur les boissons énergisantes comme le Red Bull. En effet, dans un spectaculaire retournement de situation depuis la dernière note sur le sujet (ici), le gouvernement vient finalement d’autoriser la commercialisation en France, dès la mi-juillet, de la célèbre boisson ailée dans sa version originelle: à base donc de taurine, cette fameuse substance aux effets si controversés. En quinze jours, toutes les réserves sanitaires émises envers la taurine, qui avaient justifié le lancement sur le marché hexagonal uniquement d’une version allégée du Red Bull, ont donc volé en éclats, comme par magie. C’est le fruit d’un lobbying redoutable, exercé à coups d’avocats impitoyables. Le fabricant de Red Bull (troisième boisson non alcoolisée la plus consommée au monde derrière Coca et Pepsi) avait introduit plusieurs procédures devant le tribunal administratif de Paris, et réclamait 300 millions d’euros de dédommagement à l’Etat français pour avoir refusé la commercialisation de son produit. Grâce à l’accord qui vient d’intervenir avec Bercy, Red Bull a retiré sa plainte.

L’avantage à cette info, c’est qu’au moins elle donne la valeur marchande du fameux principe de précaution, clé de voûte du processus décisionnel français: il vaut donc 300 millions d’euros.

13/05/2008

Une solution?

599d60dcd8fca87a143854ab53055741.jpgLong, chaud et beau week-end. Mais il ne fut pas beau pour tout le monde. En effet, le pont de Pentecôte, comme invariablement chaque grand week-end en France, a été catastrophique en termes de sécurité routière: une vingtaine de personnes au moins ont trouvé la mort sur les routes du pays, ces derniers jours. Ce fut notamment le cas de cinq jeunes Français tués aux petites heures dimanche dans leur Clio sur l’autoroute A1, de retour d’une discothèque en Belgique où ils avaient fait la fête toute la nuit.

D’où la mesure annoncée par le ministre Jean-Louis Borloo: l’installation d’éthylotests dans les débits de boisson ouvrant jusqu’à deux heures du matin, de manière à donner à la clientèle la possibilité de tester son aptitude à la conduite en fin de soirée. A terme, 35.000 bars-cafés, 3000 discothèques et 6000 bars à ambiance musicale sont concernés.

Comme le rappelait une grande campagne d’information ce week-end, en France, «l’alcool est la première cause de mortalité sur la route: il est présent dans plus d’un accident mortel sur quatre. En 2006, si tous les conducteurs avaient respecté la limite de 0,5 gramme d’alcool par litre de sang, 1271 vies auraient pu être sauvées». Trois personnes sont tuées chaque jour dans l'Hexagone dans un accident de la route lié à la consommation d’alcool. Du coup, se dit le gouvernement, la mise à disposition d’éthylotests à la clientèle des débits de boisson ne peut qu’être bénéfique. Les cafetiers, sans être enthousiasmés, n’y paraissent pas résolument opposés. Quant aux associations de lutte contre la délinquance routière, elles estiment que ce ne sera pas la solution miracle. La mesure pourrait même avoir des effets pervers. En effet, témoignait une responsable associative ce week-end, des jeunes détournent parfois complètement les éthylotests mis à disposition dans les bars. En effet, ils s’en servent délibérément comme d’un instrument de mesure non pour savoir s’ils sont aptes à conduire mais… pour déterminer le vainqueur du concours du plus grand buveur de la soirée. Puis, le vainqueur couronné grâce à l’éthylotest, tous reprennent évidemment le volant.

c33828ad07d6663ede7fd36d45049d79.jpgTiens, parlant de bistrots, depuis la dernière note sur le sujet (ici), la mairie de Paris a pris une nouvelle mesure pour tenter d’amoindrir un des effets pervers environnementaux de la loi anti-tabac interdisant depuis le début de l’année de fumer dans les lieux de convivialité. Cette loi chasse les fumeurs dehors, à savoir là où, le plus souvent, il n’y a pas de cendrier. Les trottoirs de certains quartiers animés de la capitale ont donc tendance à se transformer en immenses dépotoirs à mégots (voir les quartiers Bastille et Oberkampf). Du coup, pour inciter les bistrotiers à en équiper leurs trottoirs, les cendriers mobiles installés sur le domaine public sont désormais exonérés de toute taxe de voirie. L’impact budgétaire de cette exonération est minime pour la ville de Paris, qui n’en espère pas moins un retour en termes de qualité de vie. Comme le disait l’autre jour l’adjointe au maire chargée du commerce, Lyne Cohen-Solal, «nous préférons que les cafés multiplient les cendriers plutôt que la ville ne devienne un cendrier géant!» L’été venu, en effet, il y plus ragoûtante perspective que de patauger dans les mégots en tongs ou autres sandalettes.

03/04/2008

Un premier bilan

Trois mois après l’entrée en vigueur, début janvier, de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, les autorités françaises dressent un premier bilan. Et, à leurs yeux, il est très satisfaisant.

En termes de santé publique, les données remontées de 32 services d’urgence hospitaliers disséminés dans le pays montrent une réduction de 15% du nombre d’infarctus du myocarde. C’est tout à fait dans l’étiage des pays voisins ayant adopté la même interdiction de fumer: 11% en Italie, 14% en Irlande, 17% en Ecosse, etc. A l’échelle de la France entière et sur un an, cela signifierait 10.000 infarctus de moins, ce qui n’est tout de même pas rien.

En ce qui concerne l’impact économique de l’interdiction du tabac sur le chiffre d’affaires des bistrotiers et restaurateurs, les choses seraient moins graves que prévu. En trois mois, la fréquentation des bars et restaurants n’aurait reculé que de 3%. C’est dix fois moins que ce que redoutaient les bistrotiers et deux fois moins que la baisse de fréquentation de 6% enregistrée dans le premier mois et demi ayant suivi l’entrée en vigueur de la mesure. Comme il fallait s’y attendre, la baisse de fréquentation est essentiellement constatée au moment du café du matin, entre 9 heures et 11h30, et à l’apéro de la fin de l’après-midi. Les restaurateurs notent toutefois un effet positif à l‘interdiction de fumer: les tables se renouvellement plus vite, les gens étant pressés de sortir fumer leur cigarette après avoir mangé.

Cela dit, cette baisse modérée de 3% de la fréquentation n’est valable que pour les établissements des grandes villes. En monde rural, les bistrots devenus non-fumeurs auraient vu leur nombre de clients chuter de 10%. Une buraliste de Toulouse en grève de la faim depuis le mois de mars sur la place du Capitole – qui envoie aux médias internationaux des mails d’appels au secours: «Help me, please, do not leave me in» –  parle elle d’une dégringolade de plus de 30% de son chiffre d’affaires.

En trois mois, d’ailleurs, on a constaté que des îlots de résistance s’étaient formés. Sur le web, des sites ont été créés, qui recensent les bars, restaurants ou discothèques ayant aménagés des lieux pour les fumeurs, ces aménagements étant notés et commentés par les internautes. A Paris, dans certains quartiers popu-bobos du nord et de l’est singulièrement, il est difficile de se promener sans tomber sur des bars à chicha exhibant des banderoles antigouvernementales en vitrine. Devant le centre Pompidou un dimanche après-midi par mois, des fumeurs en colère ont pris l’habitude de se réunir pour dénoncer le décret antitabac. La place devant Beaubourg baigne alors dans une atmosphère bleutée. Tandis que, un peu partout dans la capitale, les rues et trottoirs des quartiers animés le soir ont été transformés en immenses cendriers dans lesquels tout le monde est contraint de patauger – sans que la mairie, curieusement, paraisse s’en soucier.

06/02/2007

Un aigri

On n’a vu que hier soir les images, au «Zapping» sur Canal:le samedi soir, on ne regarde pas forcément la télé et surtout pas les émissions de l’intéressé. Samedi soir donc, sur le thème de la liberté emprisonnée, Thierry Ardisson a ostensiblement allumé et fumé une cigarette face aux caméras pendant son émission, façon pour lui de tourner la nouvelle loi anti-tabac en dérision.
Le ministre de la Santé Xavier Bertrand, invité hier par Denisot à commenter ces images, a eu l’intelligence de ne pas trop en faire dans le registre de l’indignation. Un haussement d’épaules, à dire vrai, aurait suffi. Tant cette énième sous-provoc’ de l’homme en noir n’est ni intéressante, ni choquante, ni même drôle: elle est tout au plus facile, attendue, démago et datée -- dernières grimaces d’un bouffon aigri et vieillissant.
D’ailleurs, la meilleure preuve qu’elle est tombée complètement à plat est que personne, vraiment personne, n’en a pas parlé ce week-end et qu’il a fallu 48 heures pour qu’on en soit au courant. On aurait peut-être dû ne pas en parler non plus, d’ailleurs.
B.DL.

01/02/2007

Un anti-stress

medium_megots.jpgCe jeudi était donc à marquer d’une pierre blanche pour les non-fumeurs, même s’ils vont devoir encore attendre jusqu'à janvier 2008 pour pouvoir déguster un steak qui n’aura plus le goût de clope, dans les restos et brasseries à l’heure du déjeuner.
Certaines entreprises ont réagi avec à-propos et humour à la nouvelle réglementation interdisant désormais le tabac sur les lieux de travail. Ainsi, à France Télévision ce jeudi, tous les visiteurs étaient accueillis par une charmante hôtesse. Qui leur tendait, outre un papier orné de fleurs souhaitant la "Bienvenue dans un bâtiment non fumeur", une petite balle anti-stress de couleur bleue: ce truc que l’on peut malaxer à loisir quand on est un peu nerveux et qui reprend toujours sa forme initiale.
Sympathique attention et mesure de prévention s’il en est, et pas seulement pour les fumeurs: elle aurait pu servir aussi aux dizaines de milliers d'automobilistes de région parisienne qui, pendant trois heures ce matin, ont été coincés dans des embouteillages monstres sur le périphérique.
Mais au moins ceux-là, dans leur voiture, ont-ils pu fumer à leur aise, diront les accros de la nico.
C.G.

31/01/2007

Un dernier jour

medium_carottetabac.jpgDernier jour donc pour tous les Parisiens et plus largement pour tous les Français qui veulent s’en griller une dans les lieux publics: à partir de demain 1er février, ce sera terminé.
On voit déjà venir -- et on s’en fatigue déjà -- les grands débats enflammés: les partisans de «la liberté de fumer» s’empoigner avec les tenants de «la liberté de respirer», les uns et les autres criant rien moins qu'à l'atteinte à leurs droits de l’homme.
Ainsi hier au Soir3, le député UDF André Santini, par ailleurs fumeur de pipe notoire, considérait en substance que demander au fumeur de faire quelque pas pour aller fumer dehors relevait ni plus ni moins que de la violation des libertés fondamentales. Sa fougue (cette espèce de lyrisme de comptoir si français), son visage des mauvais jours (comme si demain un cataclysme allait s’abattre sur l’Hexagone) paraissaient passablement excessifs, voire franchement pathétiques.
Curieux tout de même, ce pays qui se dit celui des droits de l’homme. D’une part, il est prêt à monter aux barricades contre des lois dites liberticides mais qui ne sont finalement jamais que des tentatives d’organisation de l’espace public régies par le principe du respect et du savoir-vivre mutuels. D’autre part, il fait la sourde oreille et joue les vierges effarouchées lorsqu’il est pris en flagrant délit de violations -- réelles, pour le coup -- des libertés fondamentales: voir les innombrables rapports internationaux accablants sur la situation dans les prisons, dans la zone de rétention de Roissy, etc.
B.DL.

10:50 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Santé, Tabac