12.12.2011
Un anonymat (levé)
Avec l'entrée en vigueur des nouveaux horaires de la SNCF, cela a été LA grosse info sur laquelle ont tartiné tous les médias français, pendant tout le week-end: François Fillon a donc été démasqué!
Pour résumer – l'affaire est racontée plus en détails ici par exemple –, le Premier ministre était sur Twitter, mais sous un pseudonyme. Figurer comme follower lambda sur cette plateforme de micro-blogging lui permettait de garder un oeil, en douce, sur l'activité de ses ministres qui y sévissent. Cela le renseignait ausssi sur ce que les journalistes tweetaient de ses activités en tant que Premier ministre. Et, cerise sur le gâteau, cela l'informait de tout le mal que pense, dit et n'arrête pas de répéter Rachida Dati de son projet de s'implanter dans sa circonscription parisienne.
Mais voilà, l'hôte de Matignon avait eu l'imprudence de confier à un député UMP qu'il faisait partie, sous pseudonyme, de ses followers. Ledit parlementaire a illico twitté la confidence, et promis une bouteille de champagne à qui démasquerait le pseudo du chef du gouvernement. Le défi a été relevé, et remporté haut la main par un quidam: François Fillon était dissimulé derrière le nom d'un village où il possède une maison.
«Et maintenant à quoi aller-vous occuper vos journées? Trouverunnouveaujeu», a réagi, sur son compte, le chef du gouvernement – dont, au passage, on ignorait qu'il était à ce point fâché avec l'orthographe.
Un nouveau jeu, donc. Mais est-il vraiment temps de jouer?
11:15 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, gouvernement, technologies
22.06.2011
Un bilan pas folichon
Reparlons un peu d'insécurité, au risque de passer pour obsédé par elle – on ne l'est pas: on n'a jamais eu le moindre problème en la matière depuis la dizaine d'années que l'on vit à Paris. Paris, où, pour autant, le bilan sécuritaire des autorités n'est pas plus folichon que celui concernant le reste du pays. Selon la préfecture, la délinquance dans la capitale est désormais en (légère) hausse (+1,2 %), alors que, depuis 2002, elle diminuait. C'est à cause de l'envolée des atteintes aux personnes (+9,2 %) et de l'explosion des vols avec violence sans arme à feu (+29 %).
Mais, s'empresse de nuancer la préfecture, «le taux d’élucidation est également en hausse: de 15,6% pour les vols avec violence sans arme à feu, de 14% pour les cambriolages, et de 38% les vols à la tire».
Mais, ajoute-t-elle aussi, cela commence à aller (un peu) mieux pour certains délits ayant beaucoup retenu l'attention des médias. Par exemple: les vols à l'arraché de téléphones – dont on a déjà pas mal parlé dans ce blog (relire ici, là ou là). Alors que, «sur les quatre premiers mois de l’année, plus de 84% des objets volés dans les transports en commun ont été des téléphones portables, plus de 2/3 de ceux-ci étant des smartphones, sur cette même période, les chiffres montrent une tendance nette à la baisse de ces vols». Les autorités y voient l'effet de la campagne de sensibilisation menée auprès du grand public. L'effet, aussi, d'une disposition de la dernière loi sécuritaire, votée en 2011. Elle impose aux opérateurs de téléphonie mobile de bloquer (*) plus rapidement qu'auparavant les téléphones portables déclarés volés. Les détrousseurs de smartphones auraient déjà intégré cette rapidité accrue de réaction.
Chaque Parisien jugera si ces deux nuances compensent, ou pas, ce bilan statistique globalement pas folichon.
(*) Blocage grâce – si vous l'ignoriez encore – à la communication aux autorités, par la victime du vol, du numéro IMEI du portable qui lui a été dérobé. Ce numéro apparaît sur l'écran du téléphone après avoir composé le *#06# sur le clavier.
11:31 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, police, paris, technologies
15.11.2010
Une belgitude?
Il y a comme une certaine belgitude dans le processus ayant abouti hier soir à la formation du nouveau gouvernement français – le gouvernement Fillon V dit-on, Fillon XIII en fait, si l'on calcule bien tous les mini-réajustements ministériels intervenus depuis l'accession de l'intéressé à Matignon, en 2007. Une belgitude? C'est en tout cas ce qu'estimait, dès hier midi, l'influent, l'omniprésent en tout cas, commentateur politique Alain Duhamel. Qui, à la télé, jugeait (s'effarait?) en substance que ce remaniement ministériel français ait «des airs de remaniement belge». Puisque ce qui caractérisait selon lui cette opération, c'était la longueur des tractations l'ayant précédée, digne d'un système politique non majoritaire mais à la proportionnelle, où chaque famille a l'habitude de longuement négocier ses aires d'influence.
Ce qui est sûr et était spectaculaire, en tout cas, c'est que la France, ce week-end, a vécu avec un gouvernement en régime d'affaires courantes. Ce qui est très habituel en Belgique, mais est rarissime dans l'Hexagone.
En haut lieu, d'ailleurs, on ne semble pas encore tout à fait remis de cette innovation. Ainsi, en milieu de matinée ce lundi, sur le portail web officiel du Premier ministre (ici), à la sous-rubrique "Composition du gouvernement", la liste de l'équipe au pouvoir ne comportait encore et toujours, comme toute la journée dimanche, ... qu'un seul et unique nom. Celui de François Fillon, seul à avoir été confirmé dès dimanche matin dans ses fonctions. Aucune trace, en revanche, des 30 collègues du Premier ministre. Officiellement donc, électroniquement en tout cas, le gouvernement français est constitué en tout et pour tout d'une seule personne...
Sans doute le webmaster de Matignon n'a-t-il pas entendu son réveil, ce matin.
11:31 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, fillon, belgique, internet, technologies
09.12.2009
Une adresse
Habiter Paris aujourd’hui, c’est chic – enfin, malheureusement pas pour tout le monde: voir la note d’hier. Demain, le dernier chic consistera-t-il à habiter la capitale française et, en plus, à avoir une adresse internet qui se termine par «.Paris»? La mairie semble en être persuadée. Pour preuve ce mercredi soir, elle lance une grande «campagne de mobilisation» en faveur du nom de domaine «.Paris».
Dès juin 2008, la capitale française avait répondu à l’appel à candidatures qu’avait lancé un an plus tôt l’ICANN, l’organisme international qui gère toutes ces affaires électroniques. Appel en vue de la création des nouveaux noms de domaine qui sont amenés à prendre le relais des noms de domaine actuels. Les autorités locales, en effet, sont habilitées à se porter candidates. Ce soir donc, afin de donner un peu plus d’écho à cette initiative municipale – qui a probablement dû échapper au Parisien moyen –, le maire, Bertrand Delanoë, organise un grand raout à l’Hôtel de ville. Où, à partir de 19h30 (avis aux geeks qui, par extraordinaire, liraient ce blog), du beau monde est annoncé: le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, le pdg de l’ICANN, Rod Beckström, ainsi que, c'est merveilleux, des tas de «personnalités mondiales du web». Sera notamment lancée une grande pétition populaire en faveur de la création de ce «.Paris».
Sinon, tant qu'on y est, cette autre info relative à internet en France, qui est assurément plus terre-à-terre mais en dit peut-être long sur ce qu’est, aussi, la vie en la matière, dans ce bon vieux pays. A en croire une récente étude de Médiamétrie, en cette fin d’année 2009, près d’un tiers des Français (30,7%) ne se sont encore jamais connectés au web! Il s’agit principalement de femmes, de plus de 65 ans et d’inactifs. Au total, à l'échelle du pays, ces aliens des nouvelles technologies représentent 16,4 millions de personnes, ce qui n’est tout de même pas rien. On ne sait pas si on en croise à Paris.
10:59 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : technologies, internet, médias, paris
29.09.2009
Un «coup de semonce»
Baroud d’honneur pour les opposants à la pénalisation du téléchargement illégal sur internet. Hier soir, le PS a introduit un recours devant le Conseil constitutionnel contre la fameuse loi Hadopi 2, que le Parlement a récemment et définitivement adoptée. Si vous étiez sur une autre planète ces derniers mois, cette loi condamne à de lourdes sanctions les internautes qui téléchargent illégalement des contenus culturels sur internet. C’était déjà un recours identique de l’opposition qui, il y a quelques mois, avait humilié le gouvernement en le contraignant à revoir sa copie.
Dans ce dossier, précisément, un vieux concept d’action politique vient de resurgir en France: la désobéissance civile, que Gandhi en personne avait théorisé et appliqué jadis en Inde. En effet, la «Ligue Odebi», qui regroupe des opposants à cette réforme, vient de lancer à «tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions politiques», un «appel à la désobéissance civile» contre cette loi.
Concrètement, on ne voit pas trop comment un pauvre ado poursuivi pour avoir téléchargé illégalement de la musique ou des jeux vidéo pourrait bien, tout seul face aux pandores, désobéir et entrer valeureusement en résistance. La Ligue n'éclaircit d’ailleurs pas les modalités pratiques d’une telle désobéissance civile. En revanche, ces deux derniers dimanches en région parisienne, on a pu assez clairement voir que le combat contre Hadopi ne laissait pas totalement indifférent dans des chaumières.
En effet, à la faveur d’une élection législative partielle dans les Yvelines (banlieue Ouest de Paris), un nouveau parti s’est, pour la première fois, présenté aux suffrages des électeurs. C’est le Parti pirate, une des émanations hexagonales de la formation du même nom fondée en 2006 en Suède et qui, aux dernières élections européennes de juin, y réussit à décrocher un siège d’eurodéputé à Strasbourg. En France comme dans les autres pays où il est présent, ce parti prône «un accès libre et égal pour tous à la culture, la connaissance et l'information», y compris sur internet. Dans les Yvelines au premier tour, ces flibustiers ont tout de même recueilli quelque 2% des voix. Et au second tour, dimanche, la candidate écologiste (parti qui s'était farouchement opposé à Hadopi) a manqué à… 5 voix près d’être élue dans ce fief de la droite – on ne parlait que de cela hier à Paris, dans les états-majors des partis.
Le Parti Pirate en déduit que les électeurs internautes ont, à l’occasion de ce scrutin, adressé «un coup de semonce» au gouvernement, un «premier avertissement en direction d’un gouvernement qui traite par-dessus la jambe les questions technologiques qu’il prétend maîtriser». «Depuis longtemps, nous avons averti nos élus que le vote de telles lois peut peser lourdement sur les échéances électorales», insistent les corsaires du net. Pour qui le résultat de dimanche apporte «une preuve éclatante» de la justesse de leur prévision.
Le Parti Pirate prend-il ses désirs pour des réalités? Ou, au contraire, les citoyens seraient-ils prêts à confier leur représentation politique à de tels nouveaux venus sur la scène politique? Première réponse sans doute aux élections régionales du printemps prochain. Auxquelles ces forbans en lutte contre des lois «liberticides» pourraient bien vouloir participer.
10:27 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : internet, culture, technologies, gouvernement, activisme



