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19/04/2016

«Une liberté accrue»

Transports, TechnologiesLa RATP et les nouvelles technologies, suite (relire l'épisode précédent ici). Cette fois, la régie des transports parisiens est en délicatesse avec une société basée à Londres et déjà active dans trente métropoles du monde. Citymapper: «the ultimate transport App», comme se baptise – sans immodestie... – cette appli.

Elle permet aux usagers des transports publics de connaître en temps réel l'état du trafic, et donc de calculer les itinéraires les plus adéquats. Oui mais, pour ce faire, elle a besoin des données de circulation de la RATP. Qu'elle accuse de traîner les pieds. Lancée il y a deux semaines, lpétition de Citymapper a déjà recueilli 17.000 signatures. Elle s'indigne que l'on puisse «interdire aux Parisiens de choisir quelle application utiliser pour se déplacer», et donc «empêcher la création de services innovants, au moment où l’Etat essaie d’encourager les start-ups. Dans toutes les autres villes de France et d’Europe, les informations sur les transports en commun, y compris en temps réel, sont à la disposition du public».

La RATP, irritée par le buzz fait par la polémique, a été contrainte d'y réagir (). «La question de l’open data de la RATP est un faux débat. L’ouverture de nos données en temps réel est en marche», a-t-elle assuré. La régie réclame juste du temps («d'ici à la fin 2016»), pour rendre ses données accessibles. Car, argumente-t-elle, si l'on veut mener à bien ce processus, il «nécessite une vraie organisation et des investissements d'une centaine de milliers d'euros».

transports,technologiesAu final, cela dit, la RATP n'aura pas le choix. Comme tous les autres organismes publics, elle sera contrainte d'autoriser le libre accès à ses données d'intérêt général. C'est la loi sur le numérique,  récemment votée, qui le prévoit. En son volet relatif à l'"open data". L'objectif poursuivi est d'aboutir à «une liberté accrue pour la circulation des données et du savoir».

Et cela vaudra y compris pour le cinquième opérateur mondial de transport public, aussi puissant soit-il: présent dans 14 pays, et assurant chaque année plus de 3 milliards de voyages rien qu'en région parisienne.

06/04/2016

Un intérêt à préciser

Télévision, TechnologiesCocorico du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), . Car, ces jours-ci , la France a franchi «avec succès» une nouvelle étape dans la modernisation de la télé numérique. Désormais, les téléspectateurs peuvent «bénéficier sur tout le territoire métropolitain de quinze chaînes nationales gratuites supplémentaires et de chaînes locales diffusées en qualité Haute Définition, grâce notamment à la généralisation de la norme de compression MPEG-4».

Sans doute est-ce merveilleux.

Ce que le CSA ne dit pas, c'est que ce nouveau changement est très profitable aussi pour les chiffres officiels relatifs à la consommation des ménages, et donc pour l'économie. Puisque, cinq ans seulement après le passage de l'Hexagone à la télé numérique, il a de nouveau conduit d'innombrables téléspectateurs à devoir aller acheter, dans les magasins, les éternels adaptateurs indispensables pour pouvoir continuer à regarder la télé.

Pas davantage, n'est explicité par le CSA ou par le gouvernement l'intérêt qu'il y a à regarder désormais en haute définition des programmes qui, en général, d'un niveau qualitatif, restent tout de même très perfectibles. Merci donc, trop aimable, pour ce changement de forme. Mais à quand enfin la révolution de fond, dans la télévision?

Nous, en tout cas, de cette télé française, on se passe très bien, depuis que notre téléviseur n'a pas survécu au passage à la TNT (relire ). Désormais, sur l'ordinateur ou le smartphone, on regarde uniquement les JT, les grands programmes d'information, et un peu de télé d'info continue. Puis, on passe à autre chose: à d'autres activitéset toujours avec plaisir.

07/03/2016

Un «précédent jamais égalé»

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesImaginez la scène. Vous descendez d'une rame de métro et vous dirigez vers la sortie de la station. Dans les couloirs, vous tombez sur des contrôleurs de billets. Une fois dehors, vous envoyez un SMS à la personne avec laquelle vous avez rendez-vous. Vous savez qu'il lui arrive de voyager sans payer. Vous lui proposez, du coup, de vous retrouver plutôt à la station suivante, pour éviter qu'elle se fasse à son tour contrôler et donc mettre à l'amende. Ce texto que vous lui avez envoyé – petite attention amicale, à défaut d'être civique vous vaut ... deux mois de prison (avec sursis, tout de même) et 3 750€ d’amende.

C'est ce que prévoit une proposition de loi que les députés examineront en dernière lecture, cette semaine (mercredi, en l'occurrence). Elle ambitionne de prévenir et de réprimer «les incivilités, les atteintes à la sécurité publique et les actes terroristes dans les transports collectifs». En son article 13, elle sanctionne les personnes qui signalent la présence de contrôleurs en train d'opérer dans les gares, stations et rames de la RATP ou de la SNCF. Dans le collimateur, outre les textos ou les messages postés sur les réseaux sociaux, les applications qui proposent un tel "service".

Les partisans de cette mesure la justifient par le coût de la fraude dans les transports. Elle entraîne chaque année un manque à gagner de plus de 350 millions d'euros, pour les sociétés concernées. En outre, argumentent-ils, ces applications de signalement des contrôles, si elles étaient utilisées par des terroristesqui, après avoir tué, prendraient la fuite en métro, en RER ou en train leur permettraient de réduire les risques d'être appréhendés.

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesLe patron de "CheckMyMetro", une appli qui propose cette fonction, ne décolère pas. «Deux mois de prison pour un SMS à un ami, c'est totalement disproportionné et grave, dans un état de droit. La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires. Est-il strictement et évidemment nécessaire de mettre en prison des gens qui indiquent la présence de contrôleurs? Je ne le crois pas».

L'homme a mis en ligne une pétition. Elle dénonce notamment la «dérive sécuritaire et liberticide» que constituerait «le précédent jamais égalé» qu'instaurerait une telle mesure: on «punirait pénalement un simple commentaire». A ce jour, sa pétition a récolté quelque 1400 signatures.

24/02/2016

Un «cap emblématique franchi»

Paris, International, Communication, TechnologiesC'est la conséquence des attentats de janvier et de novembre 2015: Paris dégringole, dans la dernière édition en date du classement annuel des villes les plus agréables du monde, rendue publique hier par l'institut Mercer.

La capitale reste la première ville française classée, mais elle perd dix places en un an, ne pointant plus qu'en 37e position. Loin derrière Vienne, Zurich, Auckland ou Munich. Et devancée même par Bruxelles, qui se hisse au 21e rang (+1).

Sans doute, dans ces conditions, faut-il bien se trouver des motifs de consolation. Hier, la mairie en a fait des tonnes (, notamment) sur la première place qu'elle vient de décrocher dans un autre palmarès international. Celui de la mégapole la plus suivie sur Twitter. Elle est la première capitale à compter plus d'un million d'abonnés, sur cette plateforme de microblogging. Ce matin, on dénombrait très exactement 1.002.437 "followers" du compte officiel de la mairie. A titre de comparaison, la ville de New York en a deux fois moins.

Pour fêter ce «cap emblématique franchi», l'Hôtel de ville a lancé un concours visant à récompenser les plus beaux messages mentionnant le hashtag #1MillionParis. Les lauréats verront leur prose diffusée sur la centaine d'écrans tactiles qui équipent les arrêts de bus. Et, en l'honneur de ce millionième abonné, une vidéo en "timelapse" a été réalisée.

2,06 minutes plutôt pas mal. Très très cliché: visiblement, pour ses concepteurs, Paris se limite aux seuls quartiers Notre-Dame, Louvre-Conciergerie et tour Eiffel – les Parisiens de Belleville, de Ménilmontant, de Saint-Lazare, de la Goutte d'or ou d'ailleurs apprécieront. Mais vidéo sans doute parfaite pour alimenter à l'étranger l'image d'Epinal de la "Ville lumière".

Mise en scène de la sorte, en effet, la capitale française paraît la cité plus agréable du monde. Mais donc, au-delà de ces images formatées et si l'on en croit cette étude internationale, c'est loin d'être le cas.

Chacun jugera.

03/02/2016

Une coquette somme

64,9 milliards d’euros. Le montant a été dévoilé dernièrement, par le gouvernement (). Il correspond aux achats que les Français ont effectués sur internet, en 2015. C'est une hausse de 14,3% en un an. Quelque 835 millions de transactions (+19%) ont été totalisées. Et 2,3 millions de nouveaux acheteurs supplémentaires recensés. En outre, à en croire la fédération française de l'e-commerce et de la vente à distance, «en 2015, le taux de satisfaction des clients a été de 98%» , autre chiffre record.

Tout irait donc bien et même dans le meilleur des mondes, pour l'e-commerce français. Mais ce tableau mirifique doit être doublement nuancé.

D'abord, comme nul ne l'ignore plus, une part importante de ces e-achats est réalisée auprès de filiales françaises de multinationales qui, grâce à de savants mécanismes d'optimisation fiscale, continuent de payer, dans l'Hexagone, un montant ridiculement peu élevé d'impôts et de taxes. Ensuite, ce boom de l'e-commerce français en 2015 est en partie artificiel, et même dramatiquement conjoncturel: lié aux attentats de la mi-novembre. Car, à Paris comme en province, ils ont vidé les grands magasins traditionnels, de nombreux acheteurs jugeant plus prudent de faire leur shopping de fin d'année sur le net.

Il n'en demeure pas moins que, à en croire un récent sondage, les Français imaginent le commerce de demain à la fois fortement dématérialisé et connecté. Pour sept sondés sur dix, on comptera beaucoup moins de magasins physiques en 2030 qu’aujourd’hui. Et près de huit Français sur dix considèrent que, dans ces rares commerces non virtuels qui subsisteront, les caisses physiques auront été remplacées par des systèmes de paiement dématérialisés.

Sans doute faut-il juger cette perspective merveilleuse.

16/10/2015

Un quart d'heure de travail

Paris, International, Economie, Art de vivre, TechnologiesParis, première ville du monde en termes de qualité de vie et d'accessibilité. C'est, en tout cas, ce qu'atteste une étude internationale publiée hier. Elle se fonde notamment sur la densité des sites culturels, historiques et traditionnels parisiens situés en plein centre-ville et donc rapides et faciles d’accès. Cette étude positionne également la capitale française au troisième rang mondial en termes d'attractivité économique.

Puisqu'on en est aux classements internationaux, cette autre étude, parue dernièrement, qui, elle, compare les prix, les salaires et le pouvoir d’achat dans 71 villes mondiales. Il en ressort que, si l'on prend en compte un panier standardisé de 122 biens et services, Zurich, Genève et New York sont les cités les plus chères de la planète. On y découvre aussi combien de temps il faut travailler, selon que l'on réside dans telle ou telle capitale, pour acheter un kilo de pain et de riz, ou... un Big Mac et un iPhone 6.

Résultat? Trois heures de travail nécessaires à Nairobi pour acheter un burger, contre neuf minutes à peine à Hong Kong. A Paris, c'est 15 minutes. Pour le smartphone à plus de 600 euros de la marque à la pomme, c'est 21 heures de travail à Zurich, trente fois plus à Kiev, et 42 heures à Paris. Ville où il ne faut bosser que 9 minutes pour pouvoir se payer un kilo de riz, à comparer aux 4 minutes nécessaires à Oslo et aux 73 minutes de New Delhi. Quant à un kilo de pain, aliment de base pour 98% des Français, il coûte 10 minutes de travail au Parisien moyen – comme au Lyonnais, d'ailleurs. C'est le double des 5 minutes seulement qu'il requiert à l'habitant de Genève. Mais c'est huit fois moins que les 83 minutes de travail requises à Manille.

L'étude, émanant d'une grande banque suisse – donc par nature pro-consumériste –, ne se hasarde pas à se prononcer sur la question de savoir si, dans ce si merveilleux monde contemporain, un burger de McDo ou un joujou branché d'Apple sont désormais à considérer comme des produits de première nécessité, à l'égal du riz ou du pain.

12/03/2014

Un gadget, dérisoire

Elections municipales, Personnalités, Hidalgo, TechnologiesEn marge des «affaires d'Etat» qui plongent la classe politico-médiatique dans l'effervescence, la campagne pour les élections municipales de la fin du mois poursuit son petit train-train. Complètement décalée par rapport à ces agitations, et sans visiblement passionner les foules.

Aussi, les candidats tentent comme ils peuvent de capter l'attention de l'électeur moyen, au besoin avec des gadgets improbables.

Ainsi, cet «AnneStagram» () qu'Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la mairie de Paris, vient de lancer. «Plus fort qu'Instagram, l'application AnneStagram est désormais disponible pour votre smartphone Android!», a exulté son équipe de campagne, très fière d'avoir trouvé cette forme «fun et décalée» de propagande politique. «La première application pour smartphone de la campagne permet de poser virtuellement en photo avec Anne Hidalgo, de personnaliser un message de soutien, ou de prendre ses amis en photo avec un bandeau de soutien. Ces messages peuvent ensuite être partagés sur les réseaux sociaux!» Et les sympathisants socialistes d'êtres houspillés: «Diffusez un maximum, pour mobiliser vos amis, votre famille, et vos followers!»

En découvrant cela, on a ressenti le même agacement que celui éprouvé dimanche soir, à l'écoute d'un passage de l'intervention de l'intéressée à une grande émission politique radio-télé. Parmi ses arguments, elle s'extasiait que la météo du jour ait été aussi radieuse, rappelait aux électeurs que c'était grâce aux socialistes qu'ils avaient pu profiter d'une journée de flâneries au soleil sur les voies sur berges débarrassées de leur trafic automobile, et mettait en garde contre, en cas de victoire de la droite, la remise en cause de cette «merveilleuse» invention.

En entendant cela, on s'est dit qu'on avait dû louper un épisode. Vu qu'on en était resté au fait que ce que le Parisien moyen trouverait «merveilleux», c'est surtout d'avoir un boulot, un logement pas trop cher, une ville propre et sûre, un air moins perpétuellement pollué, des places en crèche, des emplacements de stationnement, et des transports publics fonctionnant bien. Tout le reste (faire joujou avec le smartphone, se balader au soleil le long de la Seine, etc.) passe après, et n'est que très accessoire. Voire si dérisoire.

07/01/2014

Un gros bug après l'autre

Paris, Banlieues, Transports, TechnologiesMauvaise période, décidément, pour les usagers des transports publics en région parisienne. En effet, pour la deuxième fois en trois semaines seulement, un énorme incident technique handicape sérieusement le fonctionnement d'une partie du réseau.

Cette fois, c'est sur la ligne T4 que cela se passe, en banlieue de Paris. Les tramways de cette ligne sont empruntés chaque jour par 30.000 usagers, ce qui n'est tout de même pas rien. Depuis début décembre, un mystérieux problème d'ondes magnétiques perturbe voire empêche les communications radio entre les conducteurs de trams et les postes de commandement de cette ligne. Or, sans ces liaisons radio, les tramways ne peuvent circuler – question de sécurité. Depuis début décembre, les ingénieurs du réseau Transilien s'arrachent les cheveux pour tenter d'identifier les raisons de ce bug. Que certains imputent au processus en cours de basculement vers la téléphonie mobile 4G – transfert technologique qui, décidément, est accusé de tous les maux (relire ici). En attendant que le problème soit réglé, une procédure alternative de communication a dû être mise en place, ce qui nécessite la formation de tous les conducteurs. Cela prend du temps, et donc les usagers sont priés de prendre leur mal en patience. Après avoir été totalement interrompu, le trafic sur cette ligne n'est, à présent, qu'assuré aux heures de pointe.

paris,banlieues,transports,technologiesFin décembre, déjà, ce sont là carrément plusieurs centaines de milliers de voyageurs qui avaient subi les conséquences d'un spectaculaire problème survenu, cette fois, sur le réseau métro de la RATP. De l'amiante avait été découvert dans l'air ambiant d'un poste de commandement en cours de rénovation. Ce local, situé dans le quartier Bastille, avait donc dû être évacué en urgence, par son personnel. Comme il gérait à lui seul la sécurité des lignes 2 (porte Dauphine/Nation), 6 (Charles de Gaulle/Nation), 10 (Boulogne/Austerlitz) et 11 (Châtelet/Mairie des Lilas), le trafic sur ces quatre lignes avait dû être purement et simplement suspendu. Et il avait quasi fallu une demi-douzaine d'heures pour qu'il soit entièrement rétabli.

Un «incident technique» d'une telle ampleur, paralysant totalement la circulation du métro sur tant de lignes et sur des itinéraires aussi fréquentés: du jamais vu précédemment, à la RATP.

22/11/2013

Une «transhumance forcée»?

Communication, Technologies, Economie, Transports, ParisVoilà peut-être la réponse à une question que l'on se posait depuis un petit temps. Comme, sans doute, nombre de Parisiens usagers de la téléphonie mobile.

La qualité du réseau ne cesse de se dégrader, dans la capitale en tout cas. C'était notable depuis pas mal de semaines, mais, là, cela devient assez spectaculaire. Pas un jour quasiment sans échouer à envoyer des SMS depuis le métro. Alors que cela marchait très bien, auparavant. Pas une semaine ou presque sans se retrouver, en plein centre de Paris, en «zone blanche»: sans accès au moindre réseau. Comme dans le fin fond de la Creuse ou de la Corrèze. Comment expliquer cela? Une grande association de consommateurs (régulièrement en contentieux avec les opérateurs de téléphonie) vient de jeter (ici) un pavé dans la mare. Outre que, chiffres à l'appui, elle confirme la dégradation de ce réseau, elle s'est demandée si, en fait, cette dégradation n'était pas ... délibérée: voulue par les opérateurs eux-mêmes.

Explication. En ce moment, ils sont en pleine campagne de promo pour la 4G. Les voilà donc suspectés de «manœuvre»: accusés de «dégrader les conditions d’utilisation de la 3G, pour valoriser artificiellement la 4G». Afin que davantage d'usagers, dégoûtés par les difficultés actuelles du réseau, optent pour la génération suivante de téléphonie. En d'autres termes, on serait en pleine «transhumance forcée des consommateurs, de la 3G à la 4G». Et «il est à craindre que les opérateurs, faisant de la 4G un enjeu stratégique, généralisent la pratique, ainsi qu’une baisse des investissements sur les réseaux 3G». Du coup, s'il faut en croire cette thèse (complotiste? réaliste?), la qualité du réseau mobile traditionnel pourrait continuer à se dégrader.

On n'arrête décidément pas le progrès. Même et y compris à l'insu de son plein gré?

02/07/2013

Un tweet, ou un twitt?

Les leçons de langue française du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA): on les adore – relire ici ou . Cette fois, le «gendarme» du PAF se penche (là) sur la «question complexe» de l'«orthographe variable» qui a cours, concernant la plateforme de microblogging Twitter. Ce réseau social «est à l’origine de tout un nouveau vocabulaire», mais, à ce jour, ces mots récents n'ont «pas encore d’équivalents français officiellement recommandés». Quant aux dictionnaires, ils hésitent entre "twitt" ou "tweet". Et «les "twittos" (utilisateurs de Twitter) ou "tweetos" et "twittosphère" (univers de Twitter) ou "tweetosphère" attendent aussi une reconnaissance».

Du coup, comment écrit-on, en bon français? De l'avis des linguistes du CSA, «Twitter (le site web) s’écrit avec i et deux t. Il paraît donc beaucoup plus logique d’écrire twitt et ses dérivés avec i et deux t, car la marque déposée fige le mot. Toutefois, l’entreprise Twitter Inc. a récupéré la marque déposée Tweet (pour le court message), ce qui impliquerait qu’on l’écrivît avec deux e, ce que fait le Petit Robert 1. Si l’on veut minimiser les risques, c’est ce que l’on peut recommander actuellement. Et, si l’on considère que le nom est devenu commun, car extrêmement répandu, il n’est pas nécessaire de garder la majuscule».

Au-delà de ces conseils, le CSA juge que «la création de mots français officiellement recommandés par une Commission de terminologie s’impose. Il faudra choisir entre l’orthographe de la marque déposée Tweet et la forme twitt; qui se répand rapidement à cause du site web Twitter. À moins qu’on ne trouve une appellation plus française, mais "cuicui", "gazouillis" ou une autre création lexicale – si originale soit-elle – aura bien des difficultés à s’implanter, au vu de la fréquence d’emploi et de l’omniprésence actuelles de l’anglicisme "tweet"».

Bref, si l'on peut se permettre, après cette intervention du CSA dans le débat, on n'est pas vraiment beaucoup plus avancés.

12/12/2011

Un anonymat (levé)

Avec l'entrée en vigueur des nouveaux horaires de la SNCF, cela a été LA grosse info sur laquelle ont tartiné tous les médias français, pendant tout le week-end: François Fillon a donc été démasqué!

Pour résumer – l'affaire est racontée plus en détails ici par exemple –, le Premier ministre était sur Twitter, mais sous un pseudonyme. Figurer comme follower lambda sur cette plateforme de micro-blogging lui permettait de garder un oeil, en douce, sur l'activité de ses ministres qui y sévissent. Cela le renseignait ausssi sur ce que les journalistes tweetaient de ses activités en tant que Premier ministre. Et, cerise sur le gâteau, cela l'informait de tout le mal que pense, dit et n'arrête pas de répéter Rachida Dati de son projet de s'implanter dans sa circonscription parisienne.

Mais voilà, l'hôte de Matignon avait eu l'imprudence de confier à un député UMP qu'il faisait partie, sous pseudonyme, de ses followers. Ledit parlementaire a illico twitté la confidence, et promis une bouteille de champagne à qui démasquerait le pseudo du chef du gouvernement. Le défi a été relevé, et remporté haut la main par un quidam: François Fillon était dissimulé derrière le nom d'un village où il possède une maison.

«Et maintenant à quoi aller-vous occuper vos journées? Trouverunnouveaujeu», a réagi, sur son compte, le chef du gouvernement – dont, au passage, on ignorait qu'il était à ce point fâché avec l'orthographe.

Un nouveau jeu, donc. Mais est-il vraiment temps de jouer?

22/06/2011

Un bilan pas folichon

METROquai.jpgReparlons un peu d'insécurité, au risque de passer pour obsédé par elle – on ne l'est pas: on n'a jamais eu le moindre problème en la matière depuis la dizaine d'années que l'on vit à Paris. Paris, où, pour autant, le bilan sécuritaire des autorités n'est pas plus folichon que celui concernant le reste du pays. Selon la préfecture, la délinquance dans la capitale est désormais en (légère) hausse (+1,2 %), alors que, depuis 2002, elle diminuait. C'est à cause de l'envolée des atteintes aux personnes (+9,2 %) et de l'explosion des vols avec violence sans arme à feu (+29 %).

 

Mais, s'empresse de nuancer la préfecture, «le taux d’élucidation est également en hausse: de 15,6% pour les vols avec violence sans arme à feu, de 14% pour les cambriolages, et de 38% les vols à la tire».

Mais, ajoute-t-elle aussi, cela commence à aller (un peu) mieux pour certains délits ayant beaucoup retenu l'attention des médias. Par exemple: les vols à l'arraché de téléphones – dont on a déjà pas mal parlé dans ce blog (relire ici, ou ). Alors que, «sur les quatre premiers mois de l’année, plus de 84% des objets volés dans les transports en commun ont été des téléphones portables, plus de 2/3 de ceux-ci étant des smartphones, sur cette même période, les chiffres montrent une tendance nette à la baisse de ces vols». Les autorités y voient l'effet de la campagne de sensibilisation menée auprès du grand public. L'effet, aussi, d'une disposition de la dernière loi sécuritaire, votée en 2011. Elle impose aux opérateurs de téléphonie mobile de bloquer (*) plus rapidement qu'auparavant les téléphones portables déclarés volés. Les détrousseurs de smartphones auraient déjà intégré cette rapidité accrue de réaction.

Chaque Parisien jugera si ces deux nuances compensent, ou pas, ce bilan statistique globalement pas folichon.

(*) Blocage grâce – si vous l'ignoriez encore – à la communication aux autorités, par la victime du vol, du numéro IMEI du portable qui lui a été dérobé. Ce numéro apparaît sur l'écran du téléphone après avoir composé le *#06# sur le clavier.

15/11/2010

Une belgitude?

Il y a comme une certaine belgitude dans le processus ayant abouti hier soir à la formation du nouveau gouvernement français – le gouvernement Fillon V dit-on, Fillon XIII en fait, si l'on calcule bien tous les mini-réajustements ministériels intervenus depuis l'accession de l'intéressé à Matignon, en 2007. Une belgitude? C'est en tout cas ce qu'estimait, dès hier midi, l'influent, l'omniprésent en tout cas, commentateur politique Alain Duhamel. Qui, à la télé, jugeait (s'effarait?) en substance que ce remaniement ministériel français ait «des airs de remaniement belge». Puisque ce qui caractérisait selon lui cette opération, c'était la longueur des tractations l'ayant précédée, digne d'un système politique non majoritaire mais à la proportionnelle, où chaque famille a l'habitude de longuement négocier ses aires d'influence.

Ce qui est sûr et était spectaculaire, en tout cas, c'est que la France, ce week-end, a vécu avec un gouvernement en régime d'affaires courantes. Ce qui est très habituel en Belgique, mais est rarissime dans l'Hexagone.

En haut lieu, d'ailleurs, on ne semble pas encore tout à fait remis de cette innovation. Ainsi, en milieu de matinée ce lundi, sur le portail web officiel du Premier ministre (ici), à la sous-rubrique "Composition du gouvernement", la liste de l'équipe au pouvoir ne comportait encore et toujours, comme toute la journée dimanche, ... qu'un seul et unique nom. Celui de François Fillon, seul à avoir été confirmé dès dimanche matin dans ses fonctions. Aucune trace, en revanche, des 30 collègues du Premier ministre. Officiellement donc, électroniquement en tout cas, le gouvernement français est constitué en tout et pour tout d'une seule personne...

Sans doute le webmaster de Matignon n'a-t-il pas entendu son réveil, ce matin.

09/12/2009

Une adresse

Habiter Paris aujourd’hui, c’est chic – enfin, malheureusement pas pour tout le monde: voir la note d’hier. Demain, le dernier chic consistera-t-il à habiter la capitale française et, en plus, à avoir une adresse internet qui se termine par «.Paris»? La mairie semble en être persuadée. Pour preuve ce mercredi soir, elle lance une grande «campagne de mobilisation» en faveur du nom de domaine «.Paris».

 

Dès juin 2008, la capitale française avait répondu à l’appel à candidatures qu’avait lancé un an plus tôt l’ICANN, l’organisme international qui gère toutes ces affaires électroniques. Appel en vue de la création des nouveaux noms de domaine qui sont amenés à prendre le relais des noms de domaine actuels. Les autorités locales, en effet, sont habilitées à se porter candidates. Ce soir donc, afin de donner un peu plus d’écho à cette initiative municipale – qui a probablement dû échapper au Parisien moyen –, le maire,  Bertrand Delanoë, organise un grand raout à l’Hôtel de ville. Où, à partir de 19h30 (avis aux geeks qui, par extraordinaire, liraient ce blog), du beau monde est annoncé: le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, le pdg de l’ICANN, Rod Beckström, ainsi que, c'est merveilleux, des tas de «personnalités mondiales du web». Sera notamment lancée une grande pétition populaire en faveur de la création de ce «.Paris».

 

Sinon, tant qu'on y est, cette autre info relative à internet en France, qui est assurément plus terre-à-terre mais en dit peut-être long sur ce qu’est, aussi, la vie en la matière, dans ce bon vieux pays. A en croire une récente étude de Médiamétrie, en cette fin d’année 2009, près d’un tiers des Français (30,7%) ne se sont encore jamais connectés au web! Il s’agit principalement de femmes, de plus de 65 ans et d’inactifs. Au total, à l'échelle du pays, ces aliens des nouvelles technologies représentent 16,4 millions de personnes, ce qui n’est tout de même pas rien. On ne sait pas si on en croise à Paris.

29/09/2009

Un «coup de semonce»

Baroud d’honneur pour les opposants à la pénalisation du téléchargement illégal sur internet. Hier soir, le PS a introduit un recours devant le Conseil constitutionnel contre la fameuse loi Hadopi 2, que le Parlement a récemment et définitivement adoptée. Si vous étiez sur une autre planète ces derniers mois, cette loi condamne à de lourdes sanctions les internautes qui téléchargent illégalement des contenus culturels sur internet. C’était déjà un recours identique de l’opposition qui, il y a quelques mois, avait humilié le gouvernement en le contraignant à revoir sa copie.

 

Dans ce dossier, précisément, un vieux concept d’action politique vient de resurgir en France: la désobéissance civile, que Gandhi en personne avait théorisé et appliqué jadis en Inde. En effet, la «Ligue Odebi», qui regroupe des opposants à cette réforme, vient de lancer à «tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions politiques», un «appel à la désobéissance civile» contre cette loi.

 

Concrètement, on ne voit pas trop comment un pauvre ado poursuivi pour avoir téléchargé illégalement de la musique ou des jeux vidéo pourrait bien, tout seul face aux pandores, désobéir et entrer valeureusement en résistance. La Ligue n'éclaircit d’ailleurs pas les modalités pratiques d’une telle désobéissance civile. En revanche, ces deux derniers dimanches en région parisienne, on a pu assez clairement voir que le combat contre Hadopi ne laissait pas totalement indifférent dans des chaumières.

 

En effet, à la faveur d’une élection législative partielle dans les Yvelines (banlieue Ouest de Paris), un nouveau parti s’est, pour la première fois, présenté aux suffrages des électeurs. C’est le Parti pirate, une des émanations hexagonales de la formation du même nom fondée en 2006 en Suède et qui, aux dernières élections européennes de juin, y réussit à décrocher un siège d’eurodéputé à Strasbourg. En France comme dans les autres pays où il est présent, ce parti prône «un accès libre et égal pour tous à la culture, la connaissance et l'information», y compris sur internet. Dans les Yvelines au premier tour, ces flibustiers ont tout de même recueilli quelque 2% des voix. Et au second tour, dimanche, la candidate écologiste (parti qui s'était farouchement opposé à Hadopi) a manqué à… 5 voix près d’être élue dans ce fief de la droite – on ne parlait que de cela hier à Paris, dans les états-majors des partis.

 

Le Parti Pirate en déduit que les électeurs internautes ont, à l’occasion de ce scrutin, adressé «un coup de semonce» au gouvernement, un «premier avertissement en direction d’un gouvernement qui traite par-dessus la jambe les questions technologiques qu’il prétend maîtriser». «Depuis longtemps, nous avons averti nos élus que le vote de telles lois peut peser lourdement sur les échéances électorales», insistent les corsaires du net. Pour qui le résultat de dimanche apporte «une preuve éclatante» de la justesse de leur prévision.

 

Le Parti Pirate prend-il ses désirs pour des réalités? Ou, au contraire, les citoyens seraient-ils prêts à confier leur représentation politique à de tels nouveaux venus sur la scène politique? Première réponse sans doute aux élections régionales du printemps prochain. Auxquelles ces forbans en lutte contre des lois «liberticides» pourraient bien vouloir participer.