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22/04/2016

Une échéance qui se précise (suite)

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. RIP Prince. Mais Peter Doherty, lui, «la dernière authentique rock star anglaise» (sic), sera en live dans notre onzième arrondissement de Paris. Puisque, cela a été annoncé la semaine dernière (), c'est lui qui sera sur scène au Bataclan, à la mi-novembre, pour sa réouverture. Il a donc été préféré aux autres stars international du rock dont le nom avait circulé (relire ).

Sinon, en attendant, et dans le même registre rock, cette initiative de Metallica. L'autre jour, le groupe californien a annoncé avoir conclu un accord avec une marque de prêt-à-porter française. Pour créer un tee-shirt rendant hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Le produit de sa vente (23 euros) ira à "Ensemble face au terrorisme": le programme de la Fondation de France qui vient en aide aux victimes des tueries et à leurs proches, et soutient des projets visant à prévenir les processus de radicalisation chez les adolescents. Le tee-shirt est assorti d'un cliché pris lors du concert que ce groupe donna jadis au même Bataclan. L'enregistrement de ce concert est d'ailleurs réédité, dans un album spécial intitulé "Liberté, égalité, fraternité, Metallica!".

Un tee-shirt qu'on ne verra pas forcément beaucoup porté dans les rues de notre onzième. Il n'a été édité qu'à 350 exemplaires. Pas mal d'amateurs, dès lors, risquent de ne pouvoir acheter ce «collector» – à supposer qu'il ne soit pas d'ores et déjà épuisé. De même, le concert de Peter Doherty pourrait bien être complet. Les réservations semblent ouvertes, mais, ce matin en tout cas, sur le site web de la salle de spectacles, quand on tentait de réserver un billet pour le soir où la star est annoncée, s'affichait le message «Il n'y a aucune place en vente sur cette séance».

Un succès de foule, cela dit, un Bataclan plein à craquer, ce serait une belle réponse donnée, un an après la si dramatique actualité qui l'a endeuillé. Et une si bonne nouvelle, pour le quartier.

20/04/2016

Une séquence très visible

Grosse opération de communication du gouvernement, ces vingt-quatre dernières heures. Sur le front de la sécurité. Mais séquence trop visible pour être parfaite.

Acte un: le ministre de l'Intérieur, hier après-midi, détaille les nouvelles modalités du «schéma national d'intervention des forces de sécurité». Les modalités revues d'opération des trois unités d'élite du GIGN, du Raid et de la BRI. Une réorganisation qui vise à «répondre aux besoins d’urgence et d’efficacité engendrés par une menace terroriste protéiforme». Acte deux, ce matin, , Manuel Valls confirme que le gouvernement demandera au Parlement de prolonger l'état d'urgence de deux mois supplémentaires. Acte trois: dès ce matin et pendant toute la journée, histoire que l'opinion visualise bien la mobilisation des autorités face à la menace, tous les médias vont diffuser en boucle les images spectaculaires de l'intervention menée hier, en fin de soirée, par ces trois unités d'élite.

A Paris-Montparnasse. Quelque 150 membres du GIGN, du Raid et de la BRI ont, conjointement, mis hors d'état de nuire neuf terroristes qui avaient fait irruption dans la gare SNCF, puis pris des otages dans une consigne à bagages ainsi que dans deux rames de TGV. Les djihadistes ont été neutralisés. «Tout a parfaitement fonctionné, ce soir», s'est félicité le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu sur place vers 1h du matin. Bernard Cazeneuve s'est dit «particulièrement fier d'être aux côtés des chefs des trois unités ainsi que du préfet de police, qui sont tous rassemblés pour protéger les Français». 

Juste: ce n'était là qu'un exercice anti-terroriste. Une simulation à grande échelle.

Alors que, selon un sondage réalisé après les tueries de Bruxelles, 87% des Français s'attendent à ce qu’un nouvel attentat majeur frappe l’Hexagone, dans les prochains mois.

14/04/2016

Un contraste qui perdure

Un aller-retour rapide en Belgique par le Thalys, et donc l'opportunité de constater la persistance d'un contraste frappant. Entre la façon dont, de part et d'autre de la frontière, sont appliquées les mesures de vigilance antiterroriste, dans les chemins de fer.

On l'avait déjà remarqué en février (relire ), et cela continue à être vrai aujourd'hui: c'est décidément le jour et la nuit, entre les gares de Paris-Nord et de Bruxelles-Midi. Alors que, à la fin de l'an dernier, une vigilance analogue était de mise dans ces deux grandes stations (relire ici). 

Des contrôles renforcés  et donc des queues longuettes à Paris-Nord. L'obligation même, à nouveau, d'ouvrir son manteau et de sortir les mains de ses poches avant de passer les portiques de sécurité. En revanche, toujours aucun contrôle apparent à Bruxelles-Midi, où on continue visiblement à entrer et à sortir comme dans un moulin. Que ce soit sur le quai ou en station, ni vérification du titre de transport, et encore moins de la pièce d'identité, ni palpation de sécurité, ni fouille des bagages. Rien. Alors que la capitale belge est censée être en état d'alerte maximale, moins d'un mois après les terribles attentats du 22 mars.

Ce contraste bruxello-parisien saute d'autant plus aux yeux quand on sort de l'espace de Bruxelles-Midi dédié au Thalys et qu'on fait ne serait-ce que quelques pas dans la gare ou à ses alentours. Là, c'est la profusion de militaires lourdement armés. Et en nombre encore plus important qu'à Paris.

Comprenne qui pourra la logique.

13/04/2016

Un nouvel arrivant, bienvenu

Paris, Terrorisme, SocialLa (bonne) nouvelle de la semaine n'a échappé à aucun des riverains de notre quartier Saint-Sabin: la partie du onzième arrondissement qui fut si endeuillée et traumatisée par les attentats de l'an dernier. Les anciens locaux de "Charlie Hebdo" ont enfin trouvé de nouveaux locataires.

Au 10, rue Nicolas Appert, précisément. Dans le petit hôtel d'entreprises qui hébergeait la rédaction de l'hebdo satirique. Des locaux qui étaient toujours vides, depuis ce 7 janvier 2015 de sinistre mémoire où les frères Kouachi y semèrent la mort. En effet (relire ), la Ville de Paris, propriétaire des lieux, n'était jamais parvenue à trouver de nouveaux locataires. Malgré d'importants travaux de remise à neuf, on ne se bousculait visiblement pas pour occuper ces 280 m² désormais et à jamais si dramatiquement connotés.

Jusqu'à l'annonce, l'autre jour, de la signature d'un bail en bonne et due forme. Par le groupe SOS: une grosse entreprise d'économie sociale, qui va notamment éditer son magazine à cet endroit. «Il y avait une certaine fierté de redonner vie à ces lieux», a témoigné, dans les médias (par exemple ), un de ses dirigeants. «Il ne faut pas céder à la peur, donner le sentiment que les auteurs de la tuerie ont gagné».

Pour le quartier, en tout cas, c'est une excellente nouvelle. Car ces arrivants vont contribuer à lui redonner un peu de vie, de passage et d'animation. En plus, que rêver de mieux, si l'on veut rester fidèle à l'«esprit du 11 janvier», qu'un organisme dont le travail quotidien consiste précisément à réduire les fractures sociales, à construire des ponts, à recréer des solidarités.

Bienvenue à vous, donc, chers nouveaux voisins!

30/03/2016

«Une double peine»

La sécurité sera «maximale» en France, lors de l'Euro 2016 de football – dont le coup d'envoi sera donné le 11 juin. C'est ce que François Hollande a assuré, hier (voir , notamment).

Et, en effet, les autorités sont visiblement prêtes à mettre le paquet, en termes de précautions prises. Ainsi, à Saint-Denis, de la mi-mai à la mi-juillet, un mur de 2,4 mètres de haut, carrément, sera érigé. Il s'ajoutera à tous les périmètres de protection et autres grillages de sécurité qui entourent déjà le Stade de France, en temps normal. Ce mur aura pour objectif de canaliser la foule et de limiter à quatre le nombre de portes d'accès à l'enceinte – et donc d'endroits à faire contrôler (fouille des spectateurs, etc.).

Oui, mais un tel dispositif va couper une bonne part des commerces environnants de la clientèle qui est attendue à cet événement. Car les fans de foot, pressés de rejoindre les rares points d'accès de l'enceinte, ne s'attarderont pas dans les bars et restaurants situés tout au long de cette barrière de sécurité. En lieu et place, ils gagneront le périmètre protégé, puis c'est là qu'ils consommeront: dans les espaces de restauration qui sont partenaires officiels de l'événement. Les commerçants du coin ont fait leurs calculs: cette reconfiguration sécuritaire du quartier les privera du chiffre d'affaires de 15.000 spectateurs venus par le métro, de 25.000 ayant emprunté le RER D, et d'une bonne partie des 25.000 autres débarquant du RER B. D'où la crainte, dans le quartier, de nombreux dépôts de bilan de commerces, dès la fin de la compétition.

Au-delà de ces soucis financiers, il y a aussi un symbole, qui vient se heurter de plein fouet à ce mur de sécurité.

Car nombre de riverains du Stade de France voient dans cet Euro de foot l'opportunité de tourner une page douloureuse. Celle des attentats du 13 novembre. Puisque, ce soir-là, les terroristes ont frappé, non pas seulement à Paris, mais aussi à Saint-Denis. Quelques mois plus tard, ces 2,40 m de clôture qu'ils vont devoir subir pendant deux mois donnent à une grande part des habitants du quartier le sentiment qu'ils seront «exclus» symboliquement – et même coupés de lui, physiquement – de ce grand événement populaire. Condamnés, en somme, à «la double peine: les attentats, puis le mur».

29/03/2016

Un revirement, en douce

 Sécurité, Police, Transports, Terrorisme, GouvernementC'était dans l'air – ce blog l'avait écrit, la semaine dernière –, et cela ne semble désormais plus faire le moindre doute. Finalement, la SNCF et l’Etat ne donneront pas suite au projet d'équiper toutes les grandes gares de France de détecteurs de métaux et de scanners à rayons X.

Un tel filtrage de l'accès aux quais des TGV, des trains Intercités et même des RER, comme c'est le cas dorénavant pour les lignes Thalys, cumule les désavantages, est-il analysé, en haut lieu. Il est à la fois trop coûteux (en personnel de surveillance, singulièrement.) et trop perturbant pour le fonctionnement quotidien des gares (création de longues files d’attente, etc.).

Conséquence: à Paris, il était prévu de que de tels portiques soient testés, ces jours-ci, aux entrées de la gare de l’Est. Il n'en sera rien. Ce dispositif de sécurisation sera «mis en place autrement», a confirmé, l'autre jour (ici), un membre de la direction générale de la compagnie des chemins de fer. D'autres moyens sécuritaires, encore peu définis, seront privilégiés.

Pourquoi pas. Mais il est tout de même curieux qu'un tel revirement soit annoncé par un responsable d'entreprise publique. Et que pas le moindre membre du gouvernement ne s'en explique devant l'opinion publique, et donc assume politiquement ce changement de cap. Où est donc passée la ministre des Transports, Ségolène Royal, qui, il y a trois mois, se fit tant de pub, sur ce sujet?

25/03/2016

Un gros impact, mais une renaissance en vue

Ils n'ont échappé à personne, cette semaine, dans notre quartier du onzième arrondissement: celui du Bataclan. Les signes d'une renaissance à venir.

Il y a quelques jours, des échafaudages ont commencé à être montés tout au long de la façade de la salle de spectacles. lls s'élèvent désormais sur plus de trois étages, y compris dans l'allée adjacente. Au passage, cela montre bien l'ampleur des dégâts que la tuerie du 13 novembre y a causés, et donc l'importance des travaux de rénovation qui vont devoir être menés à bien. Afin que l'établissement soit à nouveau accessible au public, ce qui devrait être chose faite à la fin de l'année.

Le Bataclan rouvert, ce sera tout bénéfice pour l'économie du quartier. A cet égard, la préfecture de Paris vient de donner quelques chiffres qui montrent combien les attentats perpétrés il y a quatre mois ont eu de lourdes conséquences, pour le climat des affaires dans la capitale.

Ainsi, pas moins de 325 entreprises situées en région parisienne ont, après le 13 novembre, fait appel à l'Etat, pour lui demander un soutien financier. Dans plus d'un cas sur trois, elles étaient implantées dans les dixième et onzième arrondissements – ceux que les terroristes ont frappé. Les principaux secteurs d'activité qui ont vu leur chiffre d'affaires dégringoler par la baisse de fréquentation due à cette sinistre actualité ont été les commerces de proximité, les hôtels, cafés et restaurants, ainsi que les lieux de spectacle.

La nature des aides qui leur ont été accordées? L'octroi du statut d'entreprise en activités partielles, par exemple. Il autorise les employeurs, «en cas de suspension d'activité due à un sinistre ou à des intempéries provoquant de façon subite l'arrêt de l'activité», de déclarer leur personnel, ou une partie de celui-ci, comme étant en chômage partiel ou technique, indemnisé par l'Etat. Les entreprises mises en difficultés ont aussi bénéficié de facilités et délais de paiement des cotisations sociales ou charges fiscales. La Banque publique d'investissement a également été mobilisée, en cas de reports de prêts bancaires. Ces aides ont été d'autant plus indispensables que, très souvent, les commerces et sociétés impactés par cette tragique actualité n'avaient pas souscrit d'assurances indemnisant la chute de chiffres d'affaires induite par de telles circonstances.

24/03/2016

Une promesse en l'air

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeLes jours passant, l'évidence semble se faire: le renforcement des mesures de sécurité dans les transports publics, promis (ici) par le gouvernement Valls au lendemain des attentats de Bruxelles, est très largement infaisable. Dans la configuration telle qu'elle a été annoncée, en tout cas.

Permettre que seules les personnes en possession d'un billet et d’une pièce d’identité aient accès aux infrastructures de transports? Y systématiser les fouilles de bagages et palpations de sécurité? Pour le syndicat CFDT (voir ), ce sont des annonces «incompréhensibles et irréalisables». Notamment parce que «la conception des infrastructures de transports, et la structuration et l’organisation des déplacements à l’intérieur de celles-ci rendent très complexe la gestion de leur sécurisation».

Une illustration, avec la gare SNCF de Paris-Montparnasse. Elle compte... une quinzaine d'accès différents. Les sécuriser tous, en affectant des vigiles à chacun de ces accès, coûterait des budgets que personne n'a. L'alternative, réduire massivement le nombre de ces portes d'entrées ou de sorties, est à manier avec prudence. Cela ralentirait les flux d'usagers, donc engorgerait encore un peu plus une gare qui l'est déjà pas mal, aux heures de pointe.

Quant à la généralisation envisagée des portiques de sécurité, elle poserait un gros problème d'espace disponible. Un exemple, là, à la gare de Paris-Nord. La ligne Eurostar, qui fonctionne sur ce modèle, ne représente que 3% du trafic total de cette gare. Mais elle monopolise à elle seule 13% de la surface de la station, avec ses quais qui lui sont réservés, les espaces d’attente et de contrôle qui lui sont dédiés, etc. Comme l'a calculé la télé France 3 Ile-de-France, hier soir, «si on veut traiter de la sorte 100% du trafic, il faudrait une gare du Nord quatre fois plus grande. Une telle perspective est évidemment illusoire, même en imaginant creuser trente mètres sous terre, sous les actuelles lignes de RER».

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeCela poserait aussi un problème financier. Les portiques qui, à Paris-Nord, sécurisent désormais l'accès aux quais du Thalys coûtent à la SNCF 2,5 millions d’euros par quai et par an. En frais de personnel, notamment: 100 emplois équivalents temps plein. Généraliserait-on ces portiques aux 17 quais et 31 voies que compte la gare, que cela coûterait plus de 40 millions d'euros et 850 emplois.

Dans ces conditions, on comprend que les syndicats de transports réclament d'être reçus «dans les plus brefs délais» au ministère de l'Intérieur. Pour qu'il leur explique comment diable il compte bien s'y prendre pour concrétiser ses annonces. Qui, à ce stade, semblent être surtout des paroles en l'air.

23/03/2016

Un large soutien

On a cru qu'on rêvait encore. Ce matin, tôt, quand le radio-réveil, branché sur l'une ou l'autre station française, s'est mis en marche. Nous tirant des limbes du sommeil, au son de... "La Brabançonne" – à savoir, précision à l'attention des lecteurs français de ce blog, "La Marseillaise" de la Belgique. Mais non, on ne rêvait pas. Ces quelques notes faisaient partie de l'hommage rendu par ce média aux victimes des attentats de Bruxelles.

 Terrorisme, BelgiqueDes hommages qui, à Paris hier, ont été aussi bien physiques (rassemblement silencieux place de l'Hôtel de Ville, fleurs déposées devant l'ambassade de Belgique, etc.), que visuels (la tour Eiffel illuminée en noir-jaune-rouge) ou virtuels. Ainsi, y compris les réseaux sociaux officiels ont manifesté leur solidarité avec le plat pays.

Assez rapidement après la catastrophe, la Ville de Paris a changé la photo de profil de son compte Twitter (plus d'un million de followers, tout de même), y affichant le drapeau belge. Et ce message de sympathie: «Nous sommes de tout coeur avec le peuple belge. Paris pense à vous #Bruxelles». De même, le compte officiel du gouvernement français a troqué son habituel fond tricolore pour une Marianne proclamant «We stand together with Belgium».

Ces petites attentions, cela ne mange évidemment pas de pain. Mais, qui sait, à certaines personnes, font-elles du bien. Donc pourquoi pas.

22/03/2016

Une (avant-) dernière réouverture

Parler d'un lieu de plaisir, de détente et de fête est peut-être un peu déplacé, vu l'actualité dramatique du jour, à Bruxelles. Mais c'est cela aussi, la vie qui reprend. Après la sauvagerie.

Signaler donc qu'à Paris, hier, a rouvert le dernier des établissements (hormis le Bataclan) qui avaient été frappés par les attentats du 13 novembre. Le bar-restaurant "La Belle Equipe", rue de Charonne, dans notre 11e arrondissement.

Il y a quatre mois, vingt personnes y avaient été assassinées. Criblées de balles de kalachnikov, tirées en rafales par les terroristes. Plus d'une centaine de douilles y avaient été retrouvées.

Pour renaître, "La Belle Equipe" a choisi le jour du printemps, si symbolique.Les événements de ce mardi, malheureusement, montrent que l'hiver de l'actualité, lui, n'est pas terminé.

Mais l'été, il faut l'espérer, finira par arriver.

12:43 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, terrorisme

21/03/2016

Un "Belgian bashing", évidemment

Tout au long du week-end, pas mal de "Belgian bashing", évidemment, dans les commentaires politico-médiatiques français. Après l'arrestation, vendredi soir à Bruxelles, de Salah Abdelslam.

Principale cible de ces leçons données, Molenbeek et autres quartiers bruxellois assimilés, amalgamés à un «Djihadistan» (variante également entendue: un «Bruxellistan»), donc à un Etat où les terroristes feraient la loi. Il est vrai, si on dresse la liste, qu'en sont originaires, ou y sont passés, les auteurs et complices à la fois des attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris, de l'attaque de cet été contre le Thalys, de la tuerie au musée juif de Bruxelles, des attentats de Madrid en 2004, ou de l'assassinat du commandant Massoud, en 2001. Cela fait beaucoup.

Pour autant, cela ne permet pas de mettre dans le même sac djihadiste les quelque 100.000 habitants de cette commune. Dont tant de braves gens qui n'ont rien demandé à personne et qui n'aspirent qu'à vivre en paix, sans qu'un tel stigmate, en plus, pèse sur eux. Cela n'autorise pas non plus les comparaisons les plus caricaturales. «Molenbeek, c'est la bande de Gaza de l'Europe occidentale!», a-t-on entendu, ainsi, samedi. Dans la bouche d'un chroniqueur sévissant sur une grande radio privée française – on ne nommera ni l'un, ni l'autre, par charité. Il faut vraiment n'être jamais allé à Gaza pour proférer une telle ineptie. On n'est donc là pas loin, dans les commentaires de cet acabit, du niveau plancher, à la Eric Zemmour (son mémorable «La France devrait bombarder Molenbeek»).

Pas mal de critiques françaises également sur le fait que Salah Abdelslam se planqua visiblement longtemps à Molenbeek même, y bénéficiant donc de complicités en dépit de la gravité des crimes dont il est accusé. Assez peu de commentaires parisiens, en revanche, rappelant que cela avait été le cas aussi pour le Corse Yvan Colonna. Avant sa condamnation pour l'assassinat, en 1998, du préfet Erignac, il avait passé le plus clair de sa cavale dans son île.

Enfin, assez peu d'éloges français sur le fait que Salah Abdelslam a pu être capturé vivant. Ce n'est pourtant pas rien, puisque cela devrait permettre son procès. Or, une telle étape judiciaire est généralement considérée comme très importante, pour la reconstruction des victimes. Il aurait été élégant que davantage de voix françaises, ce week-end, soulignent ce succès policier belge. Près de quatre ans jour pour jour après la mort, à Toulouse, du djihadiste Mohammed Merah, tdans l'assaut policier qui lui a été donné. Ses victimes, elles, n'auront jamais droit à un procès.

17/03/2016

Un "retour d'expérience"

Le Bataclan et ses alentours interdits d'accès par les policiers, ce matin. Sans que, pour autant, ce quartier du onzième arrondissement soit complètement bouclé, comme les médias français le prédisaient en boucle, ces dernières vingt-quatre heures. Pour preuve, la circulation automobile sur le boulevard Voltaire n'a pas été interdite.Les riverains apprécieront certainement ce dispositif policier mesuré, eux qui n'en peuvent plus, depuis quatre mois, de voir leur vie quotidienne perturbée par les suites des attentats.

Cette agitation du jour, au Bataclan, est due à la venue des parlementaires qui composent la commission d'enquête mise en place à l'Assemblée nationale. Leur visite des lieux n'est bien sûr en rien une reconstititution, dans le sens judiciaire du terme: c'est l'apanage de la justice, et non du pouvoir législatif. En revanche, ces élus ont tenu à se rendre physiquement sur le théâtre de la tuerie, pour mieux appréhender ses circonstances ainsi que la manière dont les autorités l'ont gérée, le soir du 13 novembre (intervention des unités d'élite, gestion du périmètre de sécurité, prise en charge des blessés, etc.).

Terrorisme, Paris, Sécurité, Institutions, ParlementLa commission parlementaire, en effet, a pour mission, non d'enquêter sur les faits, leurs auteurs et leurs complices – c'est l'objet des enquêtes pénales en cours –, mais de dresser un "retour d'expérience": de tirer les leçons de ce qui a été bien ou mal fait, en ce terrible soir du 13 novembre (voir , par exemple). Puis, de tout mettre en oeuvre pour que, si de telles tueries se reproduisent, elles soient gérées de la manière la plus optimale possible.

Etant entendu qu'il semble faire peu de doutes que, dans une ville française ou l'autre, à un moment ou à un autre, dans une configuration ou l'autre, des actualités similaires se reproduiront – et la France, en la matière, n'est bien sûr pas le seul pays concerné.

15/03/2016

Un vrai changement d'échelle

 Terrorisme, Institutions, GouvernementPuisque ce blog revenait hier sur les attentats du 13 novembre, ce chiffre qui a été rendu public il y a quelques jours, mais qu'on n'a pas encore eu l'occasion d'évoquer, ici. 2.200.

Soit le nombre de demandes d'indemnisation qui ont déjà été introduites par les victimes de ces si mémorables tueries perpétrées à Paris et Saint-Denis. Et encore, ne s'agit-il pas, à ce stade, d'un chiffre définitif. Selon le gouvernement, le nombre total de victimes du 13 novembre «pourrait aller jusqu'à 4.000».

C'est un très officiel Fonds de garantie qui indemnisera ces personnes. Cet organisme a été mis sur pied après les vagues d'attentats qui ont ensanglanté la France, dans le milieu des années 80. Il est chargé d'évaluer les préjudices (physiques, moraux ou économiques) subis par les blessés ainsi que par les ayants-droits des personnes décédées. Puis, il verse les indemnisations auxquelles ces personnes ont droit. Puisque les compagnies d’assurance traditionnelles ne couvrent pas ce type de préjudices liés au terrorisme, ne prenant en charge que les dommages matériels causés.

Il y a un mois, 1.200 dossiers de victimes du 13 novembre avaient déjà été traités par ce Fonds. Ce qui a donné lieu au versement de 18 millions d'euros d'indemnisations, à titre provisoire. L'organisme a à sa disposition une dotation d'1,2 milliard d'euros. Il «n’aura aucune difficulté à faire face» aux demandes des victimes du 13 novembre, assure en boucle le gouvernement.

Il n'empêche, c'est un vrai et fameux changement d'échelle, auquel les autorités sont confrontées. Etant donné la gravité sans précédent des tueries qui ont été commises dans la capitale, il y a quatre mois. Pour preuve, ces 4000 personnes qui devront probablement êtres indemnisées, cela correspond au nombre total de victimes que ce Fonds de garantie a eu à indemniser tout au long de sa trentaine d'années d'existence.

14/03/2016

Une agitation infondée

Quatre mois quasiment jour pour jour après les attentats de Paris et Saint-Denis, "Le Petit Cambodge" rouvre ses portes, ce lundi. A la terrasse de ce restaurant du dixième arrondissement, le 13 novembre dernier, quinze personnes avaient été assassinées par les tueurs. Cette réouverture survient après celles de plusieurs autres établissements (relire ici, ou ) pareillement endeuillés, au même moment. En revanche, pour aller de nouveau faire la fête au Bataclan, il faudra encore un peu attendre (voir ici).

Est-ce une coïncidence? Ce week-end, les rumeurs, ragots et échos sur l'imminence présumée d'attentats sur le point d'être commis à Paris ont à nouveau enflammé les réseaux sociaux. Au point que la préfecture de police, en pleine nuit, ait décidé de réagir, pour tenter de calmer cette agitation infondée. «Ne propagez pas les rumeurs. Pour tout renseignement, consultez les sites officiels», a-t-elle tweeté.

Cette tentative d'apaisement, ou sans doute plutôt la tonalité de cette intervention officielle, n'ont pas valu à la préfecture que des commentaires aimables. «Oui, les bons sites officiels qui ont couvert le (scandale du) sang contaminé et (ont prétendu) que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière», lui a-t-il, ainsi, été envoyé. Entre autres tweets acides, comme ce «Bah oui, c'est connu, la police de la nation renseigne objectivement, elle n'est pas du tout sélective!», ou ce «Le Ministère de la Vérité pourrait-il nous communiquer une liste des sites agréés?».

Ambiance.

07/03/2016

Un «précédent jamais égalé»

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesImaginez la scène. Vous descendez d'une rame de métro et vous dirigez vers la sortie de la station. Dans les couloirs, vous tombez sur des contrôleurs de billets. Une fois dehors, vous envoyez un SMS à la personne avec laquelle vous avez rendez-vous. Vous savez qu'il lui arrive de voyager sans payer. Vous lui proposez, du coup, de vous retrouver plutôt à la station suivante, pour éviter qu'elle se fasse à son tour contrôler et donc mettre à l'amende. Ce texto que vous lui avez envoyé – petite attention amicale, à défaut d'être civique vous vaut ... deux mois de prison (avec sursis, tout de même) et 3 750€ d’amende.

C'est ce que prévoit une proposition de loi que les députés examineront en dernière lecture, cette semaine (mercredi, en l'occurrence). Elle ambitionne de prévenir et de réprimer «les incivilités, les atteintes à la sécurité publique et les actes terroristes dans les transports collectifs». En son article 13, elle sanctionne les personnes qui signalent la présence de contrôleurs en train d'opérer dans les gares, stations et rames de la RATP ou de la SNCF. Dans le collimateur, outre les textos ou les messages postés sur les réseaux sociaux, les applications qui proposent un tel "service".

Les partisans de cette mesure la justifient par le coût de la fraude dans les transports. Elle entraîne chaque année un manque à gagner de plus de 350 millions d'euros, pour les sociétés concernées. En outre, argumentent-ils, ces applications de signalement des contrôles, si elles étaient utilisées par des terroristesqui, après avoir tué, prendraient la fuite en métro, en RER ou en train leur permettraient de réduire les risques d'être appréhendés.

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesLe patron de "CheckMyMetro", une appli qui propose cette fonction, ne décolère pas. «Deux mois de prison pour un SMS à un ami, c'est totalement disproportionné et grave, dans un état de droit. La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires. Est-il strictement et évidemment nécessaire de mettre en prison des gens qui indiquent la présence de contrôleurs? Je ne le crois pas».

L'homme a mis en ligne une pétition. Elle dénonce notamment la «dérive sécuritaire et liberticide» que constituerait «le précédent jamais égalé» qu'instaurerait une telle mesure: on «punirait pénalement un simple commentaire». A ce jour, sa pétition a récolté quelque 1400 signatures.

29/02/2016

Un cynisme effarant

Effrayer les gens, pour mieux les détrousser. Leur faire croire qu'un attentat est en train d'être commis, afin que, dans le mouvement de panique qu'il produit, ils soient plus vulnérables aux pickpockets. C'est ce qui s'est passé ce week-end, à Paris.

Dimanche matin, dans une rame de métro qui stationnait à la station "Tuileries", des malandrins ont subitement fait exploser une grande quantité de pétards. Qui pouvaient faire croire qu'une attaque terroriste était en cours. Le groupe a ensuite profité du mouvement de panique qui a suivi pour tenter de voler des voyageurs.

Deux personnes ont réussi à prendre la fuite, mais quatre de leurs complices présumés ont pu être interpellés. Ils vont devoir faire face à de lourdes charges pénales (mise en danger de la vie d'autrui, violences volontaires en réunion avec arme dans un transport collectif de voyageurs, tentative de dégradation par moyen dangereux), qui pourraient leur valoir des peines de prison ferme.

A la préfecture de police de Paris, on n'est pas encore revenu d'un tel modus operandi. Jamais vu précédemment, dans la capitale française. Et d'un cynisme si effarant, en plein contexte d'alerte antiterroriste maximale.

25/02/2016

Une échéance qui se précise

Visiblement, les bonnes vieilles gloires du rock international se mobilisent pour notre bon vieux Bataclan. Dont la date de réouverture se précise, depuis la dernière fois que ce blog a évoqué () cette échéance. Ce pourrait être le 14 novembre. Soit quasiment un an jour pour jour après la tragédie du 13 novembre dernier (89 morts et des dizaines de blessés – dont plusieurs sont, à ce jour, toujours hospitalisés).

Ainsi, hier soir, le groupe de heavy metal Metallica a annoncé qu'il allait rééditer un album live qu'il avait enregistré dans la salle de concert du boulevard Voltaire, en 2003. "Liberté, Egalité, Fraternité, Metallica!", ainsi que ce disque sera rebaptisé, sera vendu au profit de "Give for France". Cette collecte de fonds internationale a été lancée par la Fondation de France. Elle vise à la fois à venir en aide financièrement aux familles des victimes et aux blessés du 13 novembre, et à «prévenir le terrorisme», via le soutien d'«actions d'éducation, de lutte contre le racisme et d'apprentissage de la citoyenneté».

Ainsi, encore, hier toujours, a fuité l'info () selon laquelle The Cure, rien de moins, pourrait être programmé au Bataclan le soir où il rouvrira ses portes. Quitte, bien sûr, à y partager la scène avec les Eagles of Death Metal. Au même moment, le groupe culte de la new wave des années 90 sera en tournée dans l'Hexagone. Il pourrait donc faire un arrêt symbolique dans la salle endeuillée du onzième arrondissement. Là même où, se souviennent les mémorialistes du rock, les Cure avaient donné «leur premier concert français, le 17 décembre 1979, quelques mois après la sortie de leur premier album: "Three Imaginary Boys"».

23/02/2016

Un mauvais bilan, forcément

Puisque ce blog évoquait les transports hier, relater ces mauvais chiffres qui viennent de sortir, relatifs à la ponctualité des transports publics parisiens en 2015.

Décidément, cela ne s'arrange pas. Pas la moindre ligne de RER n'a rempli les objectifs qui lui avaient été assignés. La palme de l'irrégularité revient encore et toujours au RER A, qui n'a affiché que 84% de trains à l’heure – encore moins bien qu'en 2014. S'agissant des lignes de trains SNCF "Transilien", une seule sort du lot.

Dans le métro, en revanche, cela va mieux. Hormis, bien sûr, pour la satanée ligne 13, plus saturée que jamais. Globalement, l'objectif de 95% de métros à l'heure a été respecté. Le taux de 100% qu'affichent la 1 et la 14 est, bien sûr, artificiel, puisque ce sont des lignes entièrement automatisées – ce qui, cela dit, ne les met pas à l'abri de gros couacs (cfr )

Ce très mauvais bilan est dû en partie à l'année si dramatiquement particulière que Paris et sa banlieue ont vécue, en 2015: les attentats de janvier puis de novembre, et le renforcement considérable du dispositif d'alerte anti-terroriste. Cela a entraîné nombre d'interruptions et de ralentissements de trafic, dus par exemple à la multiplication des alertes pour colis suspects (relire par exemple ici ou ).

22/02/2016

Un contraste frappant: curieux

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueOù en est-on dans l'application des mesures de sécurité renforcées concernant les trains Thalys? Deux mois après l'apparition des premiers portiques en gare de Paris-Nord. L'autre jour, un aller-retour express en Belgique a été assez éclairant.

Côté français, le dispositif d'accès aux trains semble désormais rôdé. Quelque 260.000 voyageurs et leurs bagages sont déjà passés sous ces fameux portiques. Le public a intégré le fait que, désormais, il faut être présent en gare au moins vingt minutes avant l'heure de départ du train. Globalement, donc, le dispositif de sécurité semble appliqué sans causer d'agitation et/ou de désorganisation majeures.

Le contrôle des pièces d'identité n'est plus qu'aléatoire, mais il est très fréquent; des agents des douanes et de la police sont présents sur les quais à chaque départ et arrivée de train. Seul accommodement apparentdestiné sans doute à assurer une certaine fluidité de l'embarquement –: les voyageurs ne subissent plus que très rarement des palpations de sécurité. Ils sont même dispensés d'ouvrir leur manteau au moment de passer sous le portique.

Par rapport aux contrôles effectués à Bruxelles-Midi, en revanche, c'est le jour et la nuit – du moins, cela l'était le jour où on est passé dans cette gare.

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueLà, pas de portique, pas d'inspection de bagages, pas de fouille, pas de vérification d'identité. Rien. Juste, tout de même, le billet à montrer avant de monter dans le train. Et pas mal de militaires qui patrouillent.

Fin décembre (relire ), au-delà de nuances dans leur style, la rigueur des contrôles était analogue, d'une gare à l'autre. Deux mois ont passé, et ce n'est plus le cas. Qui sait, donc, pas mal d'usagers du Thalys se posent-ils des questions, en constatant un contraste aussi frappant entre la Belgique et la France.

Alors que, à Paris, en boucle et à longueur de journées (voire par exemple ici ou ), les responsables politiques continuent d'insister sur le maintien de la menace à un niveau extrêmement élevé.

16/02/2016

Un an à attendre

Paris, Musique, Culture, Economie, TerrorismeLes "Eagles of Death Metal" de retour sur scène à Paris, ce mardi soir. A l'Olympia. près de trois mois jour pour jour après leur concert endeuillé du Bataclan, le 13 novembre.

A propos de la salle de spectacles du onzième arrondissement, précisément, on en sait un peu plus sur le moment où elle pourrait rouvrir ses portes. «Nous ferons tout notre possible pour accueillir à nouveau des spectacles avant la fin de l'année 2016», ont annoncé, ainsi, l'autre jour, ses directeurs et le propriétaire des lieux: le groupe Lagardère.

Le délai de la fin novembre a été évoqué (, par exemple). Les travaux de rénovation – lourds –, cela dit, n'ont pas encore débuté. Le site web officiel (en sommeil) du Bataclan n'en confirme pas moins cette décision de principe de rouvrir ses portes au public.

Le jour venu, ce sera assurément tout bénéfice pour l'animation de cette partie de l'arrondissement – qui peine un peu, depuis le 13 novembre. En outre, cela fera un grand bien à la vie économique locale, lourdement impactée par la fermeture de ce lieu où, chaque soir ou presque, convergeaient des centaines de personnes et travaillaient des dizaines d'autres (relire ).