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17.01.2012

Un bilan assez éclairant

18. C'est, depuis la mi-avril, le nombre de femmes qui, à Paris et dans sa proche banlieue, ont été verbalisées par les policiers pour infraction à la fameuse loi qui, depuis le printemps, interdit le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) sur la voie publique. «Au total, il a été procédé à 28 contrôles» dans cette région, lit-on dans le dernier point qu'a fait la préfecture de police sur la question: «douze contrôles à Paris, dont six verbalisations, cinq dans les Hauts-de-Seine et autant de verbalisations, onze contrôles en Seine-Saint-Denis dont sept verbalisations, aucun contrôle ni verbalisation dans le Val-de-Marne».

18 femmes verbalisées, donc. En 10 mois d'application de la loi.

Cela relativise assez bien, trouve-t-on, les cris d'orfraie qu'avaient poussés certains ministres et parlementaires sarkozystes l'an dernier, selon lesquels le port du niqab était en train de prendre des proportions affolantes en France, et y menaçait l'ordre public.

Dommage, cela dit, que la préfecture n'informe pas davantage sur les circonstances ayant donné lieu, à Paris, à ces six verbalisations. Cela permettrait de vérifier si, parmi ces femmes verbalisées, ont figuré, ou pas, ces très riches et respectables touristes intégralement voilées venues des Emirats ou autres, qui sont les hôtes de marque réguliers des palaces multi-étoilés de la capitale ainsi que des maroquineries, joailleries et boutiques de haute couture de l'avenue Montaigne ou de la place Vendôme.

Juste pour savoir si le rétablissement de l'autorité républicaine dans les «zones de non-droit» – ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat ont jadis désigné les banlieues difficiles – a concerné également, et équitablement, les quartiers les plus chics du pays.

29.11.2011

Un «profond sentiment d'injustice»

tourisme,international,transports,gouvernement,art de vivreCe mardi, le gouvernement divulgue les résultats du premier «Baromètre international sur les points forts et points faibles de l’accueil des touristes en France». Un sujet important, ce pays restant, bon an mal an, la première destination touristique mondiale. Pour l'occasion, le ministre ad hoc organise ce matin un grand raout médiatique dans les salons de... Roissy. Cet aéroport qui, une enquête de satisfaction internationale après l'autre (relire ici ou ), n'en finit plus de se faire descendre en flammes.

Tout récemment encore, Roissy-CDG s'est vu décerner le titre d'«aéroport le plus détesté au monde». Cette distinction lui a été octroyée par une étude pour CNN. Si les aéroports de Los Angeles et de Londres Heathrow ne font guère mieux que lui, le premier aéroport parisien est sanctionné notamment pour la saleté de ses toilettes, la médiocrité de ses restaurants ou le manque de clarté de sa signalétique. Est également épinglé le caractère pas rarement «dédaigneux» qui serait celui de son personnel..

Aéroports de Paris (ADP), la société qui exploite Roissy et Orly, n'a pas officiellement communiqué sur cette distinction. Tout au plus une de ses porte-parole a-t-elle lâché, dans l'un ou l'autre média, que ce titre si peu enviable suscitait un «profond sentiment d'injustice» parmi le personnel d'ADP. Et d'ajouter: «Nous travaillons beaucoup pour nous améliorer».

ADP investit même aussi beaucoup, dans ce domaine. Dans les cinq ans à venir, elle consacrera un milliard d'euros à l'amélioration des installations de Roissy.

Ce chiffre, cela dit, peut prêter à deux lectures. Côté pile: il montre qu'en effet, les choses bougent. Côté face: l'ampleur de ce budget confirme à elle seule combien il y a du pain sur la planche, à Roissy-CDG, en matière de modernisation. Ce qui, finalement, n'est pas anormal, s'agissant d'un aéroport qui à la fois n'est plus tout jeune (1974) et qui, année après année, est de plus en plus sollicité (60 millions de passagers l'an dernier).

15.11.2011

Une mansuétude (assez curieuse)

luxe,tourisme,economie,gouvernement,art de vivreEn ces temps de plans de rigueur successifs et de mesures d'austérité en cascade, mentionnons ce geste particulier de mansuétude fait dernièrement, en toute discrétion, par le gouvernement. Un geste en faveur du secteur du grand luxe.

Il bénéficie aux établissements hôteliers facturant plus de 200 euros la nuitée à leurs clients. En septembre, le gouvernement, soucieux d'accroître ses recettes fiscales, avait décidé de frapper chacune de ces nuitées d'une taxe supplémentaire, de 2 %. Cette taxe devait s'appliquer dès le début novembre. En fait, elle n'a vécu... qu'une semaine. En effet, le syndicat des hôteliers et des restaurateurs a obtenu (ici) la promesse de son abrogation. Le gouvernement considère que l'hôtellerie sera déjà assez touchée par la hausse (de 5,5 à 7%) du taux réduit de TVA, qui a été décidée entre-temps.

Alors, on peut parfaitement partager le souci des autorités de veiller à la bonne santé du secteur du tourisme. Puisque, d'après les chiffres du gouvernement, ce secteur «emploie directement en France un million de personnes, dans 235.000 entreprises, et un autre million indirectement».

On peut néanmoins douter que cette petite (ex-)taxe de 2% allait vraiment menacer la compétitivité de la France en la matière, l'Hexagone étant depuis belle lurette la première destination touristique mondiale. On peut douter aussi que cette contribution supplémentaire allait mener le secteur de l'hôtellerie de grand luxe à la faillite: à Paris ou à la côte d'Azur, et à longueur d'années, il affiche des taux d'occupation insolents.

Enfin, vu les tarifs que pratiquent ces palaces – en gros, plusieurs centaines d'euros la nuitée – et vu donc les moyens qu'il faut avoir pour y séjourner, on peut douter que 2% en plus ou en moins, sur le montant final de l'addition ou de la réservation, cela allait fondamentalement mettre sur la paille leurs richissimes clients, et donc les faire hésiter à la dépense.

Mais ce n'est que notre avis.

23.09.2011

Un prix moyen (?)

Le début de l'automne ce vendredi, à Paris comme ailleurs. A 11h04 précisément, paraît-il. Mais une météo si estivale aujourd'hui et toujours autant de touristes dans les rues qu'on ne trouve pas incongru de revenir sur ce qui fut le chiffre de la semaine, concernant le tourisme dans la Ville lumière. 204€. Soit le prix moyen d'une nuit d'hôtel, en chambre double, à Paris. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ces derniers jours. Selon elle, en la matière, «la capitale française devient, avec Genève (298€) et Londres (200€), l’une des plus chères d’Europe. En comparaison, le tarif moyen hôtelier parisien coûtait à la même période de l’an dernier 26% de moins, soit 162€».

 

On a (un peu) sursauté en prenant connaissance de ce chiffre. Car – avis aux jeunes routards qui fréquenteraient ce blog, ou aux voyageurs de tous les âges qui ne pourraient claquer un demi-millier d'euros pour un week-end ici – , dans le Paris qu'on fréquente quotidiennement (en gros: République, Bastille, Haut Marais, etc.), il va de soi qu'on trouve quantité d'hôtels affichant des tarifs nettement moins élevés.

 

Ainsi, à Paris comme dans nombre de capitales, les hôtels de grandes chaînes (Ibis, Campanile, etc.) baissent leurs prix quand arrive le week-end: quand les quitte donc leur clientèle professionnelle de la semaine. Et Paris regorge bien sûr de petits hôtels de quartier: sans façon mais le plus souvent très corrects.

 

On se le disait encore pas plus tard qu'hier, en flânant en bordure de Ménilmontant, dans notre onzième arrondissement. Et puis l'autre jour aussi, cette fois dans le quartier Aligre. On y a vu plusieurs petits établissements qui avaient l'air charmants. Certes ni très luxueux, ni aux pieds de la tour Eiffel, mais, familiaux, simples, tranquilles, populaires. Souvent adossés à de très typiques petits bistrots ou restos du coin, ils donnaient vraiment l'impression d'être joliment en symbiose avec leur quartier. Avaient l'air de couler des jours paisibles, en harmonie avec ce Paris (un peu) hors des sentiers battus, que négligent si souvent les visiteurs étrangers pressés et/ou peu imaginatifs.

 

Et puis sinon, et souvent cela ne se sait pas assez à l'étranger, il y a bien sûr toujours les tarifs imbattables des auberges de jeunesse et foyers (ici), ainsi que du camping de Paris (). Camping qui, et oui, ouvre toute l'année. Au grand air et au vert par plus de 20 degrés au thermormètre, comme aujourd'hui, cela doit même ne pas être désagréable.

12.09.2011

Un progrès à faire

tourisme,transports,art de vivreRetour à Paris, donc. Au risque de passer pour irrémédiablement teigneux, la première impression qu'on a eue de la France, il y a quelques jours en y posant à nouveau le pied, n'était franchement pas terrible. On s'est dit que ce pays avait décidément encore des progrès à faire en ce qui concerne l'accueil des visiteurs étrangers.

 

On débarquait à Roissy aux alentours de 4h15 du matin. Si vous n'avez jamais fait l'expérience, on vous l'assure: Charles de Gaulle à cette heure, c'est loin d'être techno-bling comme Orly désormais – si d'aventure le dernier gadget qui y a été inauguré cet été vous a échappé, c'est ici. Couloirs déserts, lugubres à force d'être si peu éclairés, escalators chaotiques, poubelles qui débordent, toilettes à la propreté perfectible, absence de tout personnel pour renseigner les nouveaux arrivants, fonctionnement laborieux des billetteries automatiques de la gare RER, et ces RER passablement crasseux: cela donnait assez envie de redécoller illico vers d'autres contrées.

 

Cela dit, 84% des usagers de CDG, paraît-il, sont satisfaits de cet aéroport. C'est ce qu'a affirmé un sondage, cet été. Les clients apprécieraient notamment le système de contrôle des bagages à mains: «organisation de la file d’attente, durée de l’attente, accueil du personnel, prévenance, sentiment de sécurité». Dans le même registre, mercredi en Conseil des ministres, le gouvernement Fillon s'est félicité du fonctionnement, à Roissy, du passage au contrôle transfrontière: «La proportion des passagers attendant moins de 15 minutes à ce contrôle est passée de 58% en septembre 2010 à 94% en mai 2011».

 

Peut-être. Ce qu'on n'a pas encore bien compris, en revanche, c'est l'intérêt du système d'enregistrement appliqué depuis un petit temps, à Roissy comme ailleurs, par des compagnies aériennes comme Air France.

 

tourisme,transports,art de vivreAvant, les passagers ne faisaient qu'une fois la queue: pour accéder au comptoir qui, dans le même temps, à la fois prenait en charge leur bagage et délivrait la carte d'embarquement. A présent, on la fait deux fois, la queue. D'abord pour accéder à une borne électronique délivrant la carte d'embarquement. Ensuite pour déposer le bagage au comptoir ad hoc. Où donc est le progrès?

 

Air France aurait-elle eu des remarques de passagers mécontents? En tout cas, elle la ramène moins qu'avant, à propos de ce système d'enregistrement. Jusqu'à il y a peu, elle utilisait l'appellation «Dépose bagages minute». Ce qui est curieux, quand, vu la foule, on doit poireauter des dizaines de minutes pour effectivement déposer son bagage. A présent, a-t-on vu cet été, on ne parle plus à Roissy que de «Dépose bagages». Cela ne règle pas le problème, mais c'est déjà plus réaliste.

27.07.2011

Un (autre) grand classique de l'été

Avec l'inauguration sous la pluie de Paris-Plage, les protestations des associations d'aide aux SDF contre la fermeture des centres d'hébergement, les riverains de quartiers noctambules tempêtant contre le tapage nocturne, ou les arrêtés interdisant la consommation d'alcool en rue le soir, voilà un autre grand classique parisien du mois de juillet: la chasse aux vendeurs à la sauvette,vendeurs de colifichets touristiques principalement. Ce mois de juillet-ci ne fait pas exception à la règle. Avec, toutefois, une petite nuance.

Cet été, en effet, les autorités ont particulièrement soigné le plan de com' de cette campagne sécuritaire annuelle. Dans l'ordre, on eut d'abord droit à un cri d'alarme de la préfecture de police contre ce «phénomène en recrudescence dans la capitale», et l'annonce qu'elle allait donc impitoyablement sévir. Ensuite, ce furent les applaudissements de l'office du tourisme, qui n'en peut plus de voir ces vendeurs pulluler sur les grands sites touristiques de la Ville lumière. Enfin, cerise sur le gâteau ce mercredi matin: les gros titres du «Figaro» justifiant ce tour de vis estival annoncé. Selon ce quotidien, «la vente à la sauvette devient incontrôlable» à Paris.

De janvier à juin 2011, selon les chiffres officiels, 600 opérations de police ont été menées contre les vendeurs à la sauvette dans Paris. Elles ont abouti au placement de 562 personnes en garde à vue. La vente à la sauvette constituant un délit en France, ces délinquants présumés sont passibles de 6 mois de prison et 3750 euros d'amende.

L'été dernier déjà, exactement à la même époque, (relire ici), un gros coup de filet policier était censé avoir permis le démantèlement d'une vaste filière de vendeurs à la sauvette sévissant notamment à la tour Eiffel. L'opération avait permis la saisie de «dizaines de mètres cubes» de tours Eiffel miniatures, montres bas de gamme, foulards fantaisie et autres jeux de cartes postales.

Un été plus tard et malgré ce coup de filet réussi de l'été dernier, donc, on est reparti pour un tour. Et l'on prend déjà les paris que, dans ce blog en juillet 2012, on parlera à nouveau de ces vendeurs à la sauvette «incontrôlables»...

20.07.2011

Une autre prohibition

Même si c'est un brin incongru vu la météo du moment, demain jeudi c'est la grande ouverture de «Paris Plage», dixième opération du nom. La préfecture de police, toujours elle – et qui, décidément, multiplie les mises en garde, ces jours-ci – vient d'en profiter pour rappeler quelques règles de bienséance aux futur(e)s estivant(e)s parisien(ne)s.

 

Textuellement: «L’été est là, le thermomètre monte, les tenues se font plus légères, mais Paris peut-il être un nouvel Eden pour Adam et Eve? Et bien non! Toute tenue qui laisserait entrevoir les parties génitales ou la poitrine constitue une exhibition sexuelle». Dès lors, toute personne n'ayant pas «un comportement conforme aux bonnes mœurs et à l’ordre public» s'expose à une amende de 38€. Voire carrément à une amende de 3 750€ et à deux mois de prison, si son «attitude équivoque» permet de soupçonner un «racolage passif».

 

Voilà prévenues notamment les adeptes du monokini.

 

Il y a quelques étés, en juillet 2006 précisément, l'écologiste Denis Beaupin, adjoint au maire Bertrand Delanoë, avait dénoncé un tel règlement vestimentaire, selon lui d’un autre âge. «Sur une plage, il est normal que les gens souhaitent profiter du soleil et porter un string ou se mettre en monokini!», s'était-il indigné. Dans la foulée, sur le site même de «Paris Plage», une poignée de manifestantes avaient, la poitrine découverte, protesté contre cette prohibition. Ce qui leur avait valu, outre une convocation à la police, un franc succès médiatique.

 

Cinq étés plus tard, pas le moindre raffut de la sorte. S'assagirait-on, à Paris?

09.05.2011

Un coup de théâtre

Restons un jour encore dans cet univers du très grand luxe que l'on évoquait la semaine dernière. Pour, tout de même, mentionner le tremblement de terre que vient de vivre ce petit monde si exclusif, à Paris. En effet, rien moins que le «George V» (tout comme d'ailleurs le «Ritz») vient de se faire recaler par le jury qui, la semaine dernière, a officiellement octroyé le label et l'appellation «palace» à huit hôtels de grand luxe en France. Dont quatre sont situés à Paris: le «Meurice», le «Bristol», le «Plaza-Athénée» et le «Park Hyatt Paris-Vendôme» (le «Crillon» n'était pas candidat, devant bientôt subir de lourds travaux de rénovation).

Que le si classe « George V » ait loupé le coche a visiblement laissé pantois tout le beau monde, dans la Ville lumière. «Je ne comprends pas, je suis très surpris: depuis des années, nous sommes régulièrement classé premier hôtel du monde», a réagi son directeur général. Qui a eu cette comparaison on ne peut plus chic: « Dans le classement des vins de Bordeaux de 1855, Yquem et Petrus ont aussi été oubliés, et ce sont pourtant les plus prestigieux... » Comme s'il s'agissait de ne pas tirer sur l'ambulance, Didier Le Calvez, le PDG du «Bristol» (et qui, précédemment, dirigea pendant neuf ans le «George V») s'est bien gardé de narguer le recalé. «Peut-être y a-t-il eu l'une ou l'autre petite défaillance au moment de l'inspection», a-t-il commenté, si charitable, en début du week-end. «Mais je ne doute pas que, d'ici à la prochaine session, le «George V» aura rectifié cela et aura toute sa place parmi les palaces».

Au passage, à la même source, la précision du prix de la chambre la plus chère du «Bristol», dénommée «suite impériale»: 17.000€, la nuit. Et la confirmation que, malgré son tarif, cette suite est très demandée: son taux d'occupation à l'année dépasse les 80%.

Comme on le disait l'autre jour, ce n'est décidément pas la crise pour tout le monde.

PS: Que ne se désespèrent pas tous ceux qui n'auraient pas 17.000 € à claquer en une seule nuit, mais qui voudraient tout de même s'offrir un grand frisson passager en expérimentant les draps (de soie, on imagine) du «Bristol». Le tarif de la chambre la moins chère de ce palace est beaucoup plus abordable: 700€. Mais on ne sait si, pour ce prix-là, on a droit à davantage qu'une chambre de bonne.

03.03.2011

Une charte touristique

parispanorama.jpgElles ne vont pas changer la face du monde, ces mesures; c'est clair. Tous au plus permettront-elles peut-être aux touristes venus des quatre coins de ce monde de se sentir un peu moins perdus à Paris. Ce qui concerne tout de même pas mal de gens. Pour preuve, cet été, les hôteliers de la région parisienne ont comptabilisé 12 millions de nuitées. Après quelques étés de stagnation, la fréquentation hôtelière à Paris est donc de nouveau à la hausse (+5% en juillet, +3% en août).

Une «charte sur la qualité de l’accueil des touristes d’affaires et de loisir»: c'est ce que les principaux partenaires du secteur touristique viennent de signer. Plusieurs de ses mesures (ici) concernent directement Paris. Ainsi, est prévue «la refonte complète de la signalétique au sein des aéroports Charles-De-Gaulle et Orly». Pas idiot. On a beau connaître Roissy ou Orly par coeur, nous aussi, parfois, a fortiori avec des heures de décalage horaire dans les mollets, on s'y perd (un peu). Cette signalétique plus claire permettra aux touristes débarqués du bout du monde de trouver plus facilement, à CDG ou à Orly, un taxi, un bureau de change, la gare RER, le poste de police ou le comptoir d'informations touristiques – mais encore faudrait-il que leur personnel maîtrise un peu mieux les langues étrangères: il y a du travail.

Envisagée aussi, «l’amélioration de l’accessibilité des distributeurs de titres de transport de la RATP, avec une déclinaison en anglais dès la page d’accueil». Idem: pas idiot. En effet, dans tant de stations de métro ici (même si cela paraît inouï en 2011 et dans une ville accueillant chaque année des millions de touristes du monde entier), les distributeurs de titres de transport sont encore unilingues. C'est le cas de tous les automates de l'ancienne génération. En revanche, les billetteries Navigo, plus récentes, affichent dès leur page d'accueil la possibilité de dérouler les menus en anglais, allemand, espagnol ou italien.

parispanoramaencore.jpgEnfin, parmi les autres engagements pris à la faveur de cette table ronde entre tous les partenaires du secteur du tourisme, figurent également la mise en place d’un accueil spécifique de la RATP aux arrêts de son «Roissybus», le déploiement de personnel d'accueil dans les stations de métro et du RER situées dans les quartiers les plus touristiques, et l’installation d’antennes d’offices de tourisme au sein des gares SNCF.

Tout cela ne mange pas de pain. Mais ne fera pas de mal non plus

 

PS: Rien ne change. Même dans sa politique relative au tourisme, le gouvernement parvient à mettre une touche sécuritaire. En effet, la charte prévoit aussi le «déploiement du dispositif «Parafe», conçu avec le ministère de l’Intérieur et déployé par Aéroports de Paris (ADP), pour faciliter et accélérer le passage aux frontières à l’aéroport de Roissy». « Parafe » – on en avait parlé dans ce blog à l'automne 2009 (ici) – c'est ce fameux dispositif biométrique à la «Matrix». Depuis, pour l'anecdote, à chacune des livraisons de sa lettre d'informations électronique, ADP nous propose d'adhérer à ce «Parafe». On n'a pas encore dit oui. Pas plus en 2011 qu'en 2010 ou en 2009, on ne se prend pour Keanu Reeves.

24.12.2010

Une petite pause

Une petite pause. Une pause dans le froid glacial, la neige et les transports en pagaille. C’est ce que réclament les professionnels du tourisme parisien. On l’entendait hier soir à la radio: les conditions climatiques actuelles sont en train de tourner à la catastrophe pour le secteur touristique de la Ville lumière. On était un peu surpris: on pensait a priori que les paysages de carte postale (la tour Eiffel sous la neige, et tout cela) plaisaient aux touristes étrangers. Et bien non. Les agences de voyage parisiennes sont noyées par les annulations de dernière minute, émanant de touristes américains et proche-orientaux singulièrement. Qui, au vu des images qui font le tour des télés du monde, ont peur d’être coincés dans la pagaille de Roissy. Qui, sur le net et à la télé, ont aussi vu que les excursions sur les plages normandes du débarquement étaient annulées faute de trains fonctionnant correctement. Vu également qu’il y avait 10 cm de neige dans les jardins du château de Versailles, que les promenades en bateaux-mouches étaient interrompues à cause du niveau élevé des eaux de la Seine, que la tour Eiffel était fermée deux jours sur trois, etc. Donc, ils annulent en masse leur séjour de Noël à Paris.

 

Une petite pause. Une pause au soleil. C’est ce que s’offre le couple Sarkozy. D’après les échos, Carla et Monsieur sont à Marrakech. Pas sûr, cela dit, que cela les dépaysera beaucoup. Car cet hiver encore, la grande ville du Sud marocain est le lieu de rendez-vous privilégié du gratin journalistico-politique parisien. Y séjournent également Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair – qui, comme chacun sait, y possèdent un riad paraît-il grandiose –, l’ex-ministre Jean-Louis Borloo et la journaliste de télé Béatrice Schoenberg, le président socialiste de la Région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, et les sulfureux époux Balkany: les amis de 30 ans du Président. Et puis, si le couple élyséen a envie, entre deux thés à la menthe au bord de la piscine, d’une petite excursion, il pourra se rendre à Taroudant, pas très loin: le couple Chirac, dit-on, y est en villégiature en ce moment.

 

Une petite pause. Pour se reposer un peu après ce long tunnel ininterrompu de boulot depuis la fin août – on ne va pas se plaindre, cela dit: tant de journalistes sont au chômage. Ce blog s’arrête pendant quelques jours. On s’y retrouve début janvier. Bons congés si vous aussi avez la chance d’en prendre un peu. Bon courage dans le cas contraire. Et, de toute manière, bonnes fêtes de fin d’année. Merci d’avoir, cette année encore, visité si nombreux «Paris Libre», pour y suivre la petite chronique quotidienne de la vie journalistique et parisienne. A bientôt. BDL.

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