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07/04/2016

Une reprise qui se fait attendre

Morose, se confirme-t-il, le climat des affaires dans le secteur du tourisme, à Paris. Alors que, normalement, en cette période pascale, l'affluence étrangère devrait être à son comble.

D'après les chiffres qui circulent, le secteur continue, cinq mois plus tard, d'être touché de plein fouet par l'impact des attentats de la mi-novembre. Les réservations d'hôtels affichent toujours une baisse de 15% depuis le début de l'année, et c'est encore pire pour les établissements de très grand luxe et autres palaces (jusqu'à 20% de manque à gagner, par rapport à l'an dernier). Même le créneau particulier, et habituellement très rentable, du tourisme d'affaires (congrès, salons professionnels, séminaires, etc.) accuse le coup. C'est préoccupant pour la capitale, car ce type de tourisme représente à lui seul 40% des nuitées hôtelières, rapportant chaque année plus de 5 milliards d'euros de retombées économiques à la ville et à sa région.

Pour, toutefois, ne pas dresser un tableau trop sombre, noter l'une ou l'autre éclaircie qui semble se profiler, dans la "Ville lumière". Ainsi (voir par exemple ici), après plusieurs mois qui, là aussi, furent dévastateurs, un rebond de fréquentation paraît se confirmer concernant les salles de spectacle, les cinémas et les restaurants – fût-ce de manière inégale pour ces derniers, notamment en fonction du quartier concerné.

En somme, les touristes étrangers tardent toujours à revenir, mais les Parisiens se sont remis à sortir.

Sans doute est-ce déjà cela.

04/04/2016

Une course aux clichés

Tourisme, InternationalAprès «Les Français parlent aux Français», voici «Les touristes parlent aux touristes».

C'est le gimmick de com' du dernier volet en date de #ParisWeLoveYou, qui a été annoncé ce lundi. Cette vaste campagne internationale de promotion tente de relancer le tourisme dans la capitale française, les attentats de novembre ayant fait dégringoler la fréquentation internationale.

Dès les beaux jours de mai, Paris sera donc le théâtre d'une grande «Selfie Race». Cette «opération digitale et participative» visera à ce que le plus grand nombre possible de Parisiens et de touristes étrangers réalisent des autoportraits photographiques dans des lieux emblématiques de la "Ville lumière", puis partagent ces clichés sur les réseaux sociaux. L'objectif étant que, diffusés en masse dans le monde entier, ces vues personnalisées de Paris incitent les communautés de ces photographes amateurs à venir, à leur tour, visiter la ville et sa région. Une carte interactive recensera l’ensemble des selfies mentionnant le hashtag #ParisWeLoveYou. Histoire de favoriser l'émulation entre les participants à cette course et donc, espère-t-on, d'accroître encore le buzz global qu'elle suscitera, un système de points permettra de suivre en temps réel «les meilleurs contributeurs» à cette opération. Et ceux-ci «seront récompensés pour leur engagement».

Conseil d'ami, du coup, au quidam qui, cet été, visitera Le Louvre, Orsay, Versailles ou la tour Eiffel: plus que jamais, y redoubler de prudence, pour ne pas se prendre un coup de perche à selfie, par inadvertance. Ce n'est pas toujours si simple que cela, vu l'agitation qui règne souvent dans ses attroupements de touristes et le nombre de visiteurs qui utilisent de tels gadgets.

Qui, du reste, sont censés interdits, désormais, dans un grand nombre de sites touristiques parisiens (voir par exemple ici ou ). Mais, d'après ce qu'on a pu constater, cette prohibition reste assez largement théorique.

11/03/2016

Une double image à rehausser

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreAir France a choisi ce jour de vendredi, magnifiquement doux et ensoleillé à Paris, pour divulguer les nouveaux visuels de sa dernière grande campagne de promotion en date. "Air France, France is in the air" (agence BETC), ainsi qu'elle est dénommée.

Une campagne vraiment très réussie, à notre humble avis: drôle, pétillante, dynamique, etc. – elle met même en scène un... "French kiss".

Parmi ces nouveaux visuels, une image d'Epinal de la "Ville lumière": celle de la belle Parisienne attablée en terrasse. Le cliché a été sélectionné «afin d'inviter au voyage à Paris». Il se veut «un témoignage positif, relayant auprès du public mondial une image symbolique de la France».

Cet «esprit French touch» se retrouvera dans les messages qui, à partir d'aujourd'hui en France, seront diffusés dans la presse papier, le digital et sous forme de panneaux publicitaires. Dans le même temps, la campagne de promo se développera dans les médias de six des dix «grands marchés prioritaires» de la compagnie aérienne française: Allemagne, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Singapour.

Air France ne peut pas se rater, avec une telle campagne. Il lui incombe, en effet, de redresser deux images particulièrement dégradées.

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreL'image de Paris, d'abord, après les attentats de janvier et de novembre 2015 – qui ont fait dégringoler la fréquentation touristique internationale.

L'image de la compagnie aérienne elle-même, ensuite. Puisque, l'an dernier, la mésaventure survenue à ses deux infortunés directeurs, poursuivis par une horde de grévistes jusqu'à en perdre leur chemise, a été filmée et diffusée par les télés du monde entier. Et cet incident, de même que son retentissement, n'ont pas peu écorné la conception du "French art de vivre" que l'on a de l'Hexagone, à l'étranger.

02/03/2016

Un serpent de mer, ranimé?

Puisque ce blog évoquait hier les projets parisiens qui mettent des années à aboutir, donner des nouvelles de ce qui est vraiment un serpent de mer. Et depuis des décennies, lui, carrément. Mais la tête de la bestiole semble enfin commencer à sortir tout doucement de l'eau.

La liaison CDG-Express, en l'occurrence. Ce train rapide qui, tous les quarts d'heure, relierait directement la "Ville lumière" à l'aéroport de Roissy CDG, pour un coût de réalisation évalué à 1,6 milliard d'euros. Dernièrement, alors qu'un coordinateur interministériel a été nommé, une ordonnance consacrée à ce méga-chantier est parue au Journal Officiel. Elle a attribué à une filiale de la SNCF ainsi qu'à la société Aéroports de Paris une «mission de conception, financement, réalisation et exploitation» du projet. Une «partie minoritaire du capital social de cette société de projet» pourra être ouverte à des tiers: au secteur privé, donc. Sachant que la construction de cette liaison de 32 kilomètres ne donnera lieu à aucune subvention de l'Etat. Vu l'état de la compagnie nationale de chemins de fer – lourdement endettée –, cette ligne pourrait être financée en partie par une taxe sur les billets d'avion, prélevée sur les passagers qui décollent de Roissy ou y atterrissent.

L'horizon est encore loin, puisque cet éventuel CDG-Express pourrait n'être opérationnel qu'en... 2023. Du moins, si le serpent de mer, d'ici là, n'a pas replongé dans les abysses de l'indécision politique.

On va donc encore pendant très longtemps entendre parler de ce projet. Voire se quereller, à son sujet. En effet, les oppositions ne manquent pas à l'encontre de ce CDG-Express qualifié par ses détracteurs (ici, par exemple) d'«inutile et coûteux». Eux lui préférerait une amélioration de la ligne du RER B, qui relie l'aéroport à la capitale – et qui, il est vrai, est dans un piètre état.

01/03/2016

Un changement qui prit tant de temps

 Paris, Transports, Tourisme, EconomieComme quoi, des choses changent tout de même, en France. Pays qui est si souvent critiqué pour son allergie supposée aux réformes. Pour preuve, ce lundi, entre en vigueur une mesure dont la région parisienne parlait depuis des années – peut-être même depuis dix ans, au total.

Finie, l'insécurité tarifaire dont se plaignaient les clients des taxis voyageant entre Paris et ses deux grandes plateformes aéroportuaires: Roissy CDG et Orly. Après d'innombrables hésitations, lenteurs et protestations (relire par exemple ici ou ), c'est désormais acquis: sur ces tronçons, le prix de la course sera forfaitaire.

Pour info aux habitué(e)s de ce blog à qui il arriverait de préférer le taxi au RER entre Paris et Roissy/Orly, ou dans le sens inverse, voici le détail de ces nouveaux tarifs dorénavant fixes. Concernant Orly, 35 de ou vers Paris rive droite et 30 pour Paris rive gauche. S'agissant de Roissy, 50 de ou vers la rive droite et 55 pour la rive gauche.

Cette réforme est supposée contribuer à la dynamisation du tourisme, en région parisienne. L'histoire ne dit pas (encore) si le sourire et l'amabilité du conducteur sont compris dans ces forfaits de taxi.

16/12/2015

Un impact qui se confirme

Un bon mois après les attentats du 13 novembre, on commence à voir un peu plus clair sur leur impact économique. Et il se confirme qu'il est lourd.

Cela a été annoncé hier: les aéroports parisiens ont, en novembre, accueilli 120.000 passagers en moins qu'à la même période de l'an dernier. C'est davantage que le recul de 0,1% du trafic passager qui avait suivi les attentats de janvier. L'hôtellerie française, pour sa part, a vu son son chiffre d'affaires dévisser de 9,3%, depuis le 13 novembre. Ce sont surtout les palaces parisiens qui ont été touchés. Et l'hébergement des dignitaires étrangers et de leurs délégations venus à Paris participer à la grande conférence de l'Onu sur le climat n'a compensé cela qu'à la marge.

Au global, en novembre, la fréquentation touristique de la "Ville lumière" et ses retombées économiques ont chuté de plus de 20%, par rapport à novembre 2014. A en croire le dernier baromètre de conjoncture en date, «74% des professionnels du tourisme interrogés estiment que leur activité est en baisse par rapport au mois de novembre 2014, et même 81% des professionnels parisiens». Le secteur des congrès et de l'événementiel évalue à 5,7 millions d’euros les pertes entraînées par cette sinistre actualité. Et le comité régional du tourisme considère que les perspectives pour le mois de décembre et les fêtes de fin d'année «ne sont pas encourageantes».

Du coup, malgré cette période habituellement si propice aux achats, le secteur du commerce et de la distribution craint le pire, en termes de recettes. D'autant que le contexte sécuritaire l'a contraint à augmenter ses budgets consacrés à la protection et à la sécurisation (vidéosurveillance, détecteurs de métaux, agents de surveillance, etc.). Le Centre national des centres commerciaux chiffre ce surcoût à 50% de plus que l’an dernier, et a calculé qu'il pourrait «atteindre 100 millions d'euros, sur l'année».

Bref, au-delà des pertes humaines qui ont été déplorées, l'économie parisienne et, au-delà, celle de l'ensemble du pays, clairement, n'ont pas fini de payer le prix de la tragédie du mois dernier.

03/12/2015

Un certain relâchement (assez habituel)

 Terrorisme, Sécurité, Education, Tourisme, GouvernementOn n'est pas d'un naturel anxieux. Et encore moins du genre à voir le danger partout, dès qu'on met le pied dehors. Mais on s'est tout de même fait à nouveau la réflexion pas plus tard que ce matin. Et ce n'est pas la première fois, ces quinze derniers jours.

Devant faire une course en vitesse dans un grand magasin, on a pu constater qu'on y entrait comme dans un moulin. Pas la moindre fouille de sacs. Pas le moindre vigile en vue. Pas le moindre dispositif de contrôle apparent. Rien. Heureusement qu'on n'était pas venu avec une kalachnikov. Entre les rayons de décorations de Noël, les étalages de foie gras, et les empilements de jouets pour gamins, on aurait fait un carnage.

De même, hier, passant dans le Marais, on s'est demandé si le dispositif de sécurité entourant la grande synagogue de la rue Pavée n'était tout de même pas un peu léger. Un militaire en faction, un autre une dizaine de mètres plus loin. Juste deux hommes, donc. Les traits tirés, visiblement fatigués, qui avaient l'air de trouver le temps très long.

Manifestement, malgré l'état d'urgence, la priorité sécuritaire du moment est davantage au Bourget, autour des négociateurs de la COP 21, que dans les arrondissements centraux parisiens.

Sinon, hier, le gouvernement a mis fin prématurément () à l'interdiction des sorties et des voyages scolaires en région parisienne, qu'il avait décrétée au lendemain des attentats du 13 novembre. Après les tueries de janvier, déjà, il n'avait pas attendu très longtemps avant de prendre une même décision (relire ).

 Terrorisme, Sécurité, Education, Tourisme, GouvernementToutefois, les visites des lieux très touristiques avec des groupes d'écoliers sont déconseillées (*). Les chefs d'établissements devront informer préalablement l'Education de chaque sortie scolaire. Et les équipes encadrantes ont été invitées à faire preuve de la plus grande vigilance.

Dans la droite ligne de la teneur de la circulaire qui a été envoyée à tous les inspecteurs d'académie et directions d'école après les attentats. Elle leur impose «le déploiement systématique de l'ensemble des outils de prévention et de protection des élèves et des personnels».


(*) Les déplacements dans les lieux très touristiques qui sont déconseillés aux groupes d'écoliers, donc. Mais à part cela, et dans le même temps, Manuel Valls qui vient de lancer un «message à tous ces touristes qui ont annulé, ces derniers jours, leur déplacement à Paris»: «Venez à Paris, les conditions de sécurité sont assurées!». On comprend que les touristes aient un peu de mal à s'y retrouver, face à ces deux postures pour le moins contradictoires.

23/11/2015

Un coup de massue

Paris, Terrorisme, Economie, Culture, International, TourismeOn l'avait déjà vu après les attentats de janvier, qui avaient plombé une bonne partie des soldes, et on le voit à nouveau en cette fin novembre: les Parisiens n'ont pas la tête au shopping. D'où, depuis dix jours, une nette chute de la fréquentation et du chiffre d'affaires des commerces de la "Ville lumière".

La semaine dernière, au Printemps et aux Galeries Lafayette, la fréquentation a reculé carrément de 30% et 50% respectivement. Dans certains secteurs particuliers, c'est la dégringolade: 50% de clients en moins dans les commerces du secteur de l'habillement depuis les attentats, et le secteur de la chaussure qui a vu son chiffre d'affaires s'écrouler de 70%. Ce week-end, les choses se sont un peu améliorées. La baisse de fréquentation des grands magasins a été limitée à quelque 15%, et leurs ventes réalisées ont été moindres de 5% par rapport à un week-end normal à cette période de l'année.

Mais un marasme identique est de mise dans le secteur culturel. La semaine dernière, les grands musées nationaux parisiens ont enregistré un recul de 30% de leur fréquentation, dans le même ordre de grandeur qu'en janvier (relire ). Certains musées en particulier ont été particulièrement frappés: -50% à Orsay, par exemple. De même, c'est un vrai coup de massue qui s'est abattu sur le secteur hôtelier. La semaine dernière, 57% des nuitées qui avaient été réservées dans des hôtels parisiens ont été annulées.

Paris, Terrorisme, Economie, Culture, International, TourismeCela dit, le précédent de janvier a montré que cette dégringolade temporaire de la fréquentation touristique de la "Ville lumière" n'avait pas eu d'impact global majeur sur son attractivité internationale, à l'année (relire ). La question est donc de savoir si l'effet de répétition ne va pas, cette fois, jouer contre Paris.

En début d'année, la ville avait vu son tissu économique se relever après avoir été durement frappé. Car, du monde entier, les clients avaient fini par revenir. La voilà à nouveau touchée par d'identiques événements dramatiques, et même d'une ampleur encore pire. Une deuxième fois, l'impact de cette actualité ne sera-t-il que passager? Ou, à force de se répéter, l'image de la capitale et donc son attractivité vont-elles être structurellement sapées?

09/11/2015

Une hostilité qui perdure

Transports, Tourisme, Paris, Gouvernement, Economie Cela fait des mois – voire des années – qu'on en parle à Paris – relire , notamment. Finalement, la mesure pourrait entrer en vigueur le 1er mars prochain. Soit à quelques semaines de la grande arrivée des touristes venus du monde entier dans la capitale française, pour la saison estivale. L'imposition aux taxis d'un tarif forfaitaire pour les courses de ou vers la "Ville lumière", à destination ou au départ des deux grands aéroports de la région: Roissy et Orly.

Le gouvernement a enfin franchi le cap. Fin de la semaine dernière, il a publié un décret qui fixe le montant de tels forfaits. Selon que l'on se rende ou que l'on parte rive gauche ou rive droite, ce serait de 30 à 35 euros pour Orly, et de 50 à 55 euros pour Roissy. Et le coût de la réservation d'une voiture deviendrait lui aussi forfaitaire: 7 ou 4 euros maximum, selon que la réservation est faite à l’avance (plus d’une heure avant la course) ou non.

Le tout écrit au conditionnel, car les organisations syndicales de taxi (ici ou ) sont toujours vent debout contre ces forfaits. Selon un de leurs représentants, «le gouvernement achève un peu plus les chauffeurs. Une fois les charges déduites, il ne nous restera que 10€ dans la poche», après une telle course entre Paris et ses aéroports. Accusant l'équipe Valls de «passer en force» sur le sujet, les syndicats vont attaquer en justice son décret.

Parmi les arguments des taxis opposés à cette forfaitarisation, le problème que posent les embouteillages chroniques qui, à certaines heures, ralentissent considérablement le trafic sur ces voies d'accès aux aéroports. Ces bouchons rallongent la durée de la course, ce qui rend évidemment ces forfaits encore moins rentables pour les chauffeurs. Dans son décret, le gouvernement se contente de prévoir que, «pour les périodes où la marche du véhicule est ralentie», le forfait peut être remplacé par «un prix maximum horaire», mais il n'en précise pas le montant. Ce n'est pas de nature à calmer ses opposants.

Transports, Tourisme, Paris, Gouvernement, Economie Qui, en plus, sur ce point de leur argumentation, ont été servis par l'actualité.

En effet, le lendemain même de la publication du décret gouvernemental, la région parisienne a connu... son record historique d'embouteillages, à l'heure de sortie des bureaux. 499 kilomètres de ralentissements, précisément, soit encore davantage que le record précédent (483 km, début octobre).

08/10/2015

Une amélioration, à parfaire

Une bonne nouvelle pour les quelque 30 millions de touristes qui visitent Paris chaque année. Et, tant qu'à faire, une bonne nouvelle aussi pour les habitants de cette ville. La sécurité s'améliore dans et aux alentours des grands sites touristiques de la capitale française.

C'est, du moins, ce qui ressort des chiffres qu'a donnés la préfecture de police de Paris, cette semaine. «Tous les indicateurs sont à la baisse», a-t-elle assuré. Dans ces zones touristiques, de mai à septembre, les coups et blessures volontaires ont chuté de 24%, les vols à la tire de 28%, et les vols avec violence de 17%. Concernant ce dernier type de délinquance spécifiquement, la baisse est même de 34% dans le quartier Montmartre, et carrément de 56% au Champ de Mars. C'est le résultat du travail accompli par les quelque 29.000 policiers qui, depuis le début de l’année, ont été mobilisés dans les sept zones concernées par ce "Plan tourisme" de la préfecture (Montmartre, Champs-Elysées, Champ de Mars, Trocadéro, Louvre, Notre Dame-Quartier Latin et Opéra).

Deux remarques toutefois, si on peut se permettre.

Une nuance, d'abord. Cela a déjà été dit (ici), dans ce blog: le déploiement de milliers de militaires dans les rues, depuis les attentats de janvier, contribue très largement à cette sécurisation accrue de la ville. Pas évident de chercher noise à des touristes sous la tour Eiffel, quand, désormais, tant de soldats armés jusqu'au cou y patrouillent. Un bémol, ensuite. Des faits divers récents – on pense par exemple aux vols dont plusieurs touristes chinois ont été successivement victimes, à la sortie ou aux abords de leur hôtel en banlieue parisienne – montrent que les autorités auraient intérêt à ne pas concentrer leurs efforts sur le seul Paris intramuros. Il arrive aussi aux touristes de franchir le périphérique. Et ils ont le droit d'y être autant en sécurité que sur les Champs ou à Montmartre.

27/08/2015

Un quart d'«anomalies» estivales

Consommation, Tourisme, Economie, Sécurité, Art de vivre, GastronomiePuisque ce blog évoquait hier la saison touristique, un premier bilan de la grande «Opération Interministérielle Vacances 2015», que fait mener le gouvernement de la mi-juin à la mi-septembre. Elle vise à s'assurer que les vacanciers bénéficient de «prestations commerciales sûres et loyales», ce qui «contribue à la confiance des consommateurs envers les professionnels et à l’attractivité de l’offre touristique française».

Concrètement, il s'agit de vérifier notamment que les règles de sécurité applicables aux produits et aux services sont respectées et que le consommateur est bien informé sur la nature des prestations qui lui sont offertes. Tous les corps de contrôle de l’Etat sont mobilisés: policiers, gendarmes et douaniers bien sûr, mais aussi agents de la répression des fraudes, services vétérinaires, inspecteurs du ministère de la Jeunesse et des Sports (pour les colonies de vacances, par exemple), etc. Cet été, sont particulièrement inspectés les «nouvelles formes de consommation, notamment celles de l’économie collaborative» (hébergement chez l’habitant, location de voitures entre particuliers, etc.) ainsi que, bien sûr, «les commerces soumis à un pic saisonnier d’activité» (restaurants, festivals, événements sportifs ou culturels, etc.).

Résultat? Moyen. Précisément, 21.660 entreprises ont, à ce jour, été inspectées. Dont 6.800 restaurants, 2.200 grandes et moyennes surfaces, 3.700 marchés, 2.600 sites d’hébergements, et un millier de sites de réservation en ligne. Quelque 22% de ces contrôles ont mis au jour des «anomalies», et donc ont donné lieu à des «mesures pédagogiques, correctives ou répressives». C'est dans l'étiage habituel pour ce genre d'opérations de protection des consommateurs (relire par exemple ).

Deux manières de lire ce bilan. Trois quarts de l'offre de produits et de services proposés cet été aux vacanciers en France respectent parfaitement la réglementation. Mais dans quasiment un cas sur quatre, des problèmes se posent. Ce qui n'est tout de même pas rien.

26/08/2015

Un attrait confirmé, mais précaire?

C'était loin d'être gagné d'avance (relire par exemple ici ou ), mais il semble qu'en fait, la fréquentation touristique internationale de Paris ne souffre pas des attentats de janvier, ni du climat d'alerte terroriste qui y est de mise depuis. C'est ce qu'indiquent, en tout cas, les dernières statistiques en date, diffusées récemment.

Ainsi, au premier semestre, et en dépit de cette sinistre actualité, la fréquentation touristique a encore augmenté dans la "Ville lumière" et sa région: +1,6%, soit 15,9 millions d’arrivées hôtelières. Certaines clientèles particulières ont même connu un boom spectaculaire (+48,9% pour les touristes chinois). Du coup, les autorités s'attendent à ce que, à l'échelle du pays tout entier, 2015 soit une année exceptionnelle en termes de fréquentation. L'Hexagone devrait confirmer haut la main sa place de première destination touristique au monde. Et même la conforter, avec plus de 85 millions de visiteurs étrangers accueillis.

Ombre au tableau: cet attrait confirmé pour les destinations France et Paris est parfois dû à des facteurs purement conjoncturels. Par exemple, la situation au Maghreb (attentats en Tunisie, etc.) a dissuadé nombre de candidats au voyage dans ces pays à y passer leurs vacances, ce qui a pu bénéficier à la France. Dans ce pays même, c'est la crise économique persistante qui a poussé nombre de Français à privilégier des vacances à domicile plutôt qu'à l'étranger. Dès que la situation globale s'améliore, ils pourraient donc très bien se remettre à bouder la France, au profit de destinations de vacances plus lointaines. Et il faudra mesurer aussi, à terme, l'impact, sur la fréquentation chinoise, du ralentissement de la croissance dans ce pays et des récentes dévaluations de sa monnaie.

En outre, a contrario de l'optimisme suscité à Paris par ces bons chiffres touristiques, certaines études internationales, elles, ont une vision plus sombre de la situation. Témoin, l'édition 2015 du classement de 140 villes qu'a publié le cabinet britannique The Economist Intelligence Unit, dernièrement. Il fait état d'un déclin de la qualité de vie – et donc de l'attractivité potentielle – des villes européennes, dû au climat économique morose qui les affecte et au contexte sécuritaire pesant qui est désormais le leur. Dans ce classement, Paris chute de la 20e à la 29e place, précisément en raison de la dramatique actualité qu'elle a endurée au début de l'année.

08/07/2015

Un succès improbable

C'est le succès le moins attendu de l'été, dans les librairies de France. A en croire hier la direction du "Guide du Routard", depuis quelques semaines, les ventes de l'ouvrage de cette collection qui est consacré à la Grèce, ne reculent pas, non, mais... s'envolent. Le bond constaté par rapport aux ventes de l'été dernier serait même de plus de 20%.

Les touristes français ne seraient donc pas du tout inquiétés par la crise financière que traverse ce pays, et par son impact pourtant très sonnant et trébuchant: la limitation des possibilités de retrait d'argent aux distributeurs automatiques, et les problèmes de liquidités que vont incessamment connaître les banques locales – elles seront bientôt à cours de cash.

Qui sait même la fronde d'Alexis Tsipras contre «l'Europe austéritaire» fait-elle de son pays, aux yeux de certains Français, une destination tendance? A moins que ces touristes voient dans leur choix d'y partir en vacances une façon de soutenir la population?

 

PS: La même collection n'a pas précisé l'état des ventes de son guide relatif à la Tunisie. Là, vu les récents attentats, il n'y a sans doute aucune surprise de librairie à attendre – ce sera assurément la Bérézina.

16/06/2015

Un million d'emplois, au moins

Le gouvernement Valls consacre énormément d'énergie au secteur économique du tourisme. L'autre jour, il a adopté un plan destiné à le développer. Et pas plus tard qu'hier, le ministre Laurent Fabius a reçu et fait les yeux doux au PDG d’AirBnb, Brian Chesky. La France est la destination touristique la plus recherchée par les voyageurs qui utilisent ce service. Depuis sa création, en 2008, il a envoyé quelque 4 millions d'étrangers loger chez l'habitant, dans l'Hexagone.

Des statistiques parues ce matin () détaillent le poids de ce secteur économique. Il génère à lui seul quelque 1,3 million d'emplois à l'année. A savoir, 1 million d’emplois locaux liés à la présence de touristes (hébergement, restauration, etc.), et 0,3 million liés à la préparation du voyage et à sa réalisation (agences de voyage, sociétés de transports, etc.).

C'est dans les centres urbains – bien davantage qu'en zones rurales, littorales ou montagneuses – que l'emploi lié au tourisme est le plus massif et le moins lié aux fluctuations saisonnières. Et cela profite bien sûr au premier chef à Paris et à sa région, qui ont la chance d'accueillir treize des vingt sites français les plus visités (Disneyland Paris, le Louvre, Versailles, etc.). Ainsi, à elle seule, la zone capitale concentre près du tiers de la richesse dégagée par le tourisme en France métropolitaine et des emplois qu'il y crée.

Le gouvernement se dit donc sans doute que cela mérite bien quelques courbettes, faites à des piliers du tourisme mondial comme AirBnb. Même si, dans le même temps, d'autres niveaux de pouvoir, sinon grimacent face aux agissements de ces sociétés, du moins tentent de les cadrer. Voir les efforts déployés par la mairie de Paris (, par exemple), pour que le statut de «capitale mondiale de la location entre particuliers» dont jouit la «Ville lumière» ne nuise tout de même pas trop ni au logement résidentiel, ni au secteur hôtelier traditionnel.

12/06/2015

Une valse improvisation

Fin de la semaine, et donc l'occasion de revenir sur la grande confusion qui règne désormais, dans le fameux dossier des voies dédiées aux taxis parisiens, sur les autoroutes reliant Paris à ses deux grands aéroports: Roissy et Orly.

D'une part, comme ce blog l'a relaté, un tribunal administratif a donc suspendu l'expérimentation de la voie dédiée qui, depuis la fin avril, pendant les heures de pointe, bénéficiait aux taxis sur la dernière portion de l'autoroute A1. Ce qui leur permettait de gagner du temps dans leurs courses entre Roissy CDG et la capitale. Mais, d'autre part, et dans le même temps, n'en a pas moins été mis en place un système identique de voie réservée, cette fois sur l'autoroute A6 en direction d'Orly. Sont concernés, ici, les trois derniers kilomètres en amont de la Porte d’Orléans, dans le sens province-Paris. Entre 7 et 10 heures du matin, cette voie réservée permet à ses usagers de gagner quinze minutes, dans leur trajet vers la «Ville lumière».

Donc, si l'on résume, on en arrive à une situation qui est complètement contradictoire, selon qu'elle concerne une autoroute située à tel ou à tel bout de la capitale. Une situation qui, en plus, sera probablement très provisoire. La voie dédiée de l'A6 est, comme l'était celle de l'A1, interdite aux VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur). Dès lors, son expérimentation pourrait tout aussi bien être suspendue sur décision du tribunal administratif, si les sociétés de VTC introduisaient un recours.

Bref, ce méli-mélo dégage un air d'improvisation et d'amateurisme, qui ne crédibilise pas vraiment cet aspect de la politique des transports du gouvernement.

09/06/2015

Un «consommateur captif», à «protéger»

Paris, Transports, Tourisme, EconomieRude début de semaine, décidément, pour la corporation des taxis. Depuis hier, elle se mobilise contre le développement en province d'UberPOP, le service qui permet aux particuliers d'arrondir leurs fins de mois en jouant les taxis. Hier soir, un tribunal administratif a suspendu l'expérimentation d'une voie dédiée aux taxis, sur l'autoroute A 1 (relire ici). En attendant de juger sur le fond, il a jugé recevable sur la forme le recours des sociétés de véhicules avec chauffeur (VTC), qui n'ont pas accès à cette voie dédiée.

En plus, hier toujours, l'Autorité de la concurrence a validé () le projet d'instauration d'un forfait pour les courses entre les aéroports de Roissy/Orly et Paris, forfaitarisation à laquelle les taxis s'opposent (relire ici).

A ses yeux, «le système actuel de tarification est particulièrement complexe pour le consommateur, et notamment pour le consommateur non parisien ou le touriste étranger». Cette complexité «contribue à créer un sentiment de défiance envers les taxis», voire incite à «la fraude». C'est ce qu'on appelle la "course d'approche": la facturation au client du trajet et du temps que le taxi qu'il a commandé met pour venir le chercher. Ce client, «lorsqu’il entre dans le véhicule, découvre un montant variable, pouvant être très élevé, alors qu’aucune prestation ne lui a encore été rendue et qu’il ne dispose d’aucun moyen pour en contrôler l’exactitude». Or, la facturation de cette course donne parfois lieu à une «fraude consistant pour le conducteur à prendre des détours, tant qu’il n’est pas visible du client, afin d’augmenter le montant facturé».

L'Autorité met aussi en lumière les aléas du système actuel de tarification des taxis parisiens, qui combine un tarif kilométrique avec un tarif horaire. Cette méthode «incite le chauffeur à sélectionner les tranches horaires où la circulation est fluide et où le parcours à une vitesse élevée est probable». Et donc à délaisser les courses où il risque de perdre du temps dans les embouteillages. Or, ces heures de pointe sont «précisément des heures de forte demande», de la part des clients.

Paris, Transports, Tourisme, EconomieEn outre, «les courses longues vers ou depuis les aéroports sont réputées plus rémunératrices que les autres trajets, de sorte que les taxis sont incités à rester positionnés aux sorties d’aéroports», au lieu d'aller en ville répondre à la demande des clients. Une étude de 2005 a montré qu'«à 8 heures du matin, près de 30% des taxis en attente se trouvent dans un aéroport, alors que c’est l’heure où la demande exprimée mais non servie à Paris serait la plus forte (plus de 16%)».

Bref, ces forfaits Roissy/Orly-Paris s'imposent, vu la «nécessité de protéger le consommateur, et notamment le touriste étranger, qui est captif lors de son arrivée aux aéroports». Captif? Car des modes de transport collectif alternatifs aux taxis existent, «mais présentent des inconvénients en terme de temps ou de confort, compte tenu par exemple des bagages à transporter». Et car les touristes étrangers non francophones et pas au courant des subtilités des tarifs des taxis parisiens sont «le plus fréquemment la cible des taxis clandestins situés aux abords des aéroports, ou des fraudes».

22/05/2015

«Un dumping social»

Il n'a pas l'air d'être trop bien parti, ce grand plan que le gouvernement avait lancé dernièrement (relire ici), destiné à renforcer l'attractivité touristique de Paris notamment en améliorant sa desserte par taxi, depuis les aéroports de Roissy et d'Orly.

Les autorités croyaient avoir amadoué les taxis parisiens en leur concédant une voie dédiée sur une portion de l'autoroute A1, à l'heure de pointe matinale. La profession a apprécié, mais, pour autant, elle n'est pas prête à avaler l'idée d'un «forfait-taxi pour les trajets Paris aéroports». Hier jeudi, dans Paris, une manifestation de taxis, assez suivie, a protesté contre ce projet.

Il s'agirait de déterminer un montant fixe pour la course entre Paris et ses aéroports, semble-t-il autour de 50-55 euros. Mais les chauffeurs s'indignent (là, par exemple) à l'idée qu'une tarification forfaitaire les oblige à «travailler la nuit et le jour pour le même prix, les jours ouvrés et le dimanche et les jours fériés aux mêmes tarifs», et à «gagner le même revenu, que la course dure trente ou soixante minutes». A leur sens, ce serait du «dumping social», qui ne pourrait «que dégrader les conditions de travail des chauffeurs et par là même la qualité de service au public». Pas question pour eux, donc, de sortir du mécanisme actuel de tarification au compteur. Tout au plus se disent-ils prêts à discuter de l'instauration éventuelle d'un tarif plafond, qui ne pourrait pas être dépassé.

L'Autorité de la concurrence devrait rendre son avis sur le sujet en juin. Mais il se dit que le gouvernement pourrait ne pas même attendre cet avis, et imposer sa réforme dès la semaine prochaine.

Un tel passage en force serait assez inédit. En effet, dans le passé, très rares ont été les gouvernements qui ont osé heurter de front le lobby des taxis, dont les manifestations (opérations escargot, blocages des grands axes, etc.) sont souvent très perturbatrices de la circulation, et donc redoutées par les gouvernants. Même Nicolas Sarkozy, à l'époque où il était à l'Elysée, s'était bien gardé de suivre les recommandations que Jacques Attali lui avait faites, de réformer de fond en comble cette profession.

13/05/2015

Un réseau condamné

Condamnés à de la prison ferme, pour des vols. La Justice a-t-elle considéré qu'il fallait frapper fort, alors que, ces dernières années à Paris, ont successivement éclaté plusieurs scandales du même acabit (relire par exemple ici ou )? Toujours est-il qu'elle vient de condamner à des peines de prison les piliers d'un réseau qui sévissait à Orly.

 

Des bagagistes de cet aéroport pillaient les valises des voyageurs. Trois d'entre eux dévalisaient les soutes des avions, pendant que le quatrième faisait le guet sur le tarmac. Leur manège a duré pendant au moins deux ans, entre 2009 et 2011, certains ayant même avoué l'avoir débuté dès 2007. Articles de maroquinerie, bijoux, téléphones, tablettes, consoles de jeu, caméscopes ou appareils photo numériques: leur larcin, quand il a été mis au jour par les policiers, ressemblait à une véritable caverne d'Ali Baba, haut de gamme.

 

L'autre jour, donc, les quatre piliers de ce réseau ont été condamnés à des peines de prison ferme (allant de six à neuf mois) ainsi qu'à des amendes et à trois ans d'interdiction de travailler dans un aéroport. Treize autres personnes, sous-fifres du réseau, ont écopé de prison avec sursis et d'amendes, pour abus de confiance et recel.

 

Un jugement qui, en tout cas, ne tombe pas à n'importe quel moment: à l'approche des vacances, qui vont drainer des millions de voyageurs à Roissy et à Orly.

30/04/2015

Un grand objectif, et des outils pour l'atteindre

paris,transports,tourisme,gouvernementPas encore trop d'embouteillages en bordure de Paris hier, qui était pourtant le grand jour où a été relancée une expérimentation qui, en 2009, quand elle avait été une première fois tentée (relire ), avait causé pas mal de pagaille dans la circulation.
 
En l'occurrence, la circulation – chroniquement très dense – sur l'autoroute A1, à l'approche de la capitale. Depuis hier, entre 6h et 10h du matin et sur cinq kilomètres entre La Courneuve et le Stade de France, ne sont autorisés à circuler sur la voie de gauche que, outre les bus, les taxis et les cars de navette venant de l'aéroport de Roissy CDG. Le but de cette voie dédiée est de leur faire gagner une petite dizaine de minutes sur leur temps de parcours habituel vers la «Ville lumière». A terme, quand la «période de tolérance» sera passée, tout automobiliste qui s'aventurera sans autorisation sur cette voie de circulation se prendra 135 euros d'amende.
 
Les taxis sont ravis. Les autres usagers de l'A1 grimacent, apeurés à l'idée que, comme il y a six ans, cette expérimentation aggrave encore un peu plus leurs embarras de circulation. Ce ne fut pas le cas dès hier, mais sans doute uniquement grâce au fait que le trafic est réduit en ce moment dans et autour de Paris, en cette période de congé scolaire.
 
paris,transports,tourisme,gouvernementCette initiative fait partie d'un plan plus vaste que le Conseil des ministres a approuvé hier, et qui vise un grand objectif: que la France, à terme, accueille 100 millions de visiteurs annuels (contre 84 millions, aujourd'hui). Outre cette expérimentation sur l'A1, le gouvernement promet «l’amélioration de l’accueil à Roissy et à la Gare du Nord», un «forfait-taxi pour les trajets Paris aéroports», ou «la mise en place du dispositif "Visa en 48h" en Chine (+60% de visas accordés en 2014), Afrique du Sud, Inde et dans les pays du Golfe». Justification de cette mobilisation: «Le tourisme est une priorité et un investissement d'avenir. Il crée des emplois non délocalisables. C'est l’une des premières industries de la France. Chaque euro investi dans la promotion de la destination France et dans les infrastructures touristiques exerce un effet rapide et bénéfique sur l’ensemble des territoires».
 
Autant de sujets passionnants de réflexion pour tous les Parisiens et banlieusards usagers de l'autoroute A1, si, dès la fin du congé scolaire, à cause de cette expérimentation, ils passent encore un peu plus de temps qu'avant dans les embouteillages.

27/04/2015

Une pingrerie assez misérable

Euro Disney moins généreux que la mairie de Paris. C'est ce qu'on peut déduire de l'annonce faite par la ville, l'autre jour, relative aux militaires qui sont mobilisés dans la capitale et sa région en vertu du plan de vigilance antiterroriste "Vigipirate".

Pendant leur temps libre, ces militaires auront accès gratuitement aux établissements culturels et de loisirs municipaux. Ils seront quelque 4.000 à se voir donc proposer «des laissez-passer pour visiter les expositions temporaires dans les musées de la Ville de Paris, des places pour les matchs du Stade Français, et des invitations pour la Foire de Paris, la Tour Eiffel ou encore le Parc zoologique de Paris».

En revanche, un tel «geste de reconnaissance envers nos soldats» (dixit la maire de Paris, Anne Hidalgo), EuroDisney n'a pas souhaité le faire. Le mois dernier, une centaine de militaires mobilisés dans le cadre de "Vigipirate" avaient sollicité un tarif réduit pour visiter Disneyland Paris, lors d'un jour de permission. La direction du parc d'attractions les a envoyés sur les roses. Non parce que l'attraction touristique la plus fréquentée d'Europe (14 millions de visiteurs annuels) revendiquerait une avarice digne du célèbre Oncle Picsou, mais parce qu'elle n'a «pas d'accords particuliers» avec la Défense, qui permettraient à ses hommes de bénéficier d'un tel geste commercial.

L'armée étant une Grande muette, l'histoire ne dit pas si ce refus cinglant a été apprécié à sa juste valeur par les soldats qui, depuis janvier, renforcent la sécurisation même du site de Marne-la-Vallée. Histoire de ne tout de même pas trop se faire mal voir par la troupe, le parc a assorti son refus de ses «remerciements» pour «l'investissement» des militaires déployés en région parisienne, «dans le cadre de (leur) mission difficile».

Sans doute est-ce déjà cela.