19/06/2013
Une enfilade de clichés
Le Belge moyen est «sensible aux formules de politesse», «en recherche de convivialité», et aime les «ambiances authentiques». On ne sait pas trop où elles ont été cherchées, mais ces assertions en forme de clichés figurent en toutes lettres dans la fiche consacrée aux touristes belges, contenue dans la brochure «Do you speak touriste?». Depuis hier, cette brochure est distribuée à tous les professionnels du tourisme de Paris et de sa région: taximen, hôteliers, etc. Dans le cadre d'une «opération d'envergure» (là) destinée à améliorer la qualité de l'accueil fait aux visiteurs étrangers, ici.
Dans la même veine, celle des clichés enfilés comme des perles, l'Américain y est décrit comme «très direct» et ayant «le contact facile». L'Allemand et le Japonais sont diagnostiqués comme étant en grand besoin respectivement «de constance», et d'être «rassuré». Le Brésilien est défini comme une personne au «contact chaleureux», voire «facilement tactile». On imagine la tête et le désarroi du réceptionniste d'hôtel ou garçon de café de Paris qui, après avoir lu pareille brochure, tomberait par hasard sur un Américain taciturne, un Brésilien réservé, un Belge qui détesterait le cérémonial, un Allemand ou un Japonais qui adorerait l'imprévu – cela doit bien exister.
Sinon, au registre des clichés, on en a entendu pas mal, hier. En boucle, pendant toute la journée, et dans tous les médias français qui ont – amplement – relayé cette opération. Des clichés à l'encontre de ces Parisiens qui, au contact des touristes étrangers, seraient forcément désagréables et unilingues. C'était péniblement insultant pour les si nombreux habitants de cette ville qui, mais oui, sont aimables, accueillants, et ouverts au monde.
Le Parisien forcément teigneux: là encore, on retombe dans le cliché. A moins, bien sûr, que le fait d'habiter cette ville constitue d'office, vu de l'étranger, un stigmate infamant. Parfois, à dire vrai, on se pose la question.
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02/04/2013
Une (luxueuse) page qui se tourne
Une page de l'histoire du grand luxe parisien se tourne. Sur la place de la Concorde, en effet, l'«Hôtel de Crillon» a fermé ses portes, ce week-end. Ces deux prochaines années, il subira de lourds travaux de rénovation visant notamment à installer une piscine et un spa en sous-sol. Cela permettra au vénérable établissement 5 étoiles, lorsqu'il rouvrira (au printemps 2015), de prétendre au label officiel de «palace». Samedi soir, le restaurant étoilé de l'hôtel, «Les Ambassadeurs», avait choisi d'immortaliser l'événement avec un menu gastronomique. Caviar, coquilles Saint-Jacques contisées à la truffe noire et autre dacquoise à la mousse chocolat, pour la modique somme de 280€ (hors boissons, cela va de soi).
Ces derniers jours, le propriétaires de l'hôtel (un prince saoudien) et ses communicants ont beaucoup mis en scène les adieux émouvants, si télégéniques, des fidèles clients. Ainsi que tous les à-côtés de cette fermeture, telle cette vente aux enchères de 2.000 des 7.000 bouteilles de la cave à vin de l'établissement. Ils ont peu rappelé, en revanche, un épisode moins glamour de cette saga de fermeture.
Quand, en janvier dernier, la justice française avait ordonné au «Crillon» de revoir le plan social rendu nécessaire par sa fermeture temporaire. Présenté en novembre 2012, ce plan était considéré comme nettement insuffisant par les syndicats. Un nouveau dispositif a donc vu le jour, en février. Il laisse le choix aux 360 membres du personnel de l'hôtel. Soit ils profitent de l'occasion pour rendre leur tablier et vont voir ailleurs, moyennant un chèque de deux mois de salaire par année d'ancienneté. Soit ils voient leur salaire maintenu pendant les travaux, en échange de quoi, pendant deux ans, ils suivent des formations et/ou sont détachés dans d'autres établissements.
Au pire moment de tension entre la direction et les syndicats sur ce dossier, une bruyante manifestation d'employés mécontents avait eu lieu devant l'établissement. Ce qui, avant même la fermeture de cette fin de week-end, était déjà assez historique.
11:39 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luxe, tourisme, art de vivre, social, justice
25/03/2013
Une vie de palace? Pas vraiment
A Paris, le secteur du tourisme résiste bien à la crise. En 2012, avec, selon le dernier bilan en date (ici), 29 millions d'hébergements touristiques, la «Ville lumière» a encore battu tous ses records. Ce qui n'exclut pas quelques reculs particuliers. Les visiteurs provenant de Belgique, par exemple, ont été moins nombreux, l'an dernier: -2,6% pour les arrivées (au nombre 295.000) et -3,9% pour les nuitées (637.000). Plus intéressant que ces chiffres de fréquentation: qu'en est-il des conditions de travail des quelque 52000 salariés qui, en région parisienne, sont occupés dans ce secteur touristique? Elles n'ont rien de mirobolant. C'est ce que vient de rappeler (là) l'Institut français de la statistique (Insee).
Ainsi, dans l'hôtellerie, «les salariés exercent fréquemment leur métier en horaires décalés, et perçoivent plutôt de faibles salaires». Certes, le salaire horaire net y est plus élevé que dans la restauration. Et les hôtels situés à Paris paient mieux leur personnel que les établissements situés en banlieue. Reste que, globalement, le salaire net dans l'hôtellerie en région parisienne, «quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle», «est plus faible que dans l’ensemble des (autres) secteurs (professionnels): 11,08€ de l'heure, contre 16,58€». Et c'est particulièrement vrai «pour les métiers qui nécessitent le plus de personnel, comme les employés d’étage ou les réceptionnistes». Sans oublier que, pour les métiers de plongeurs, de serveurs ou de personnels d’étage, «les contrats de travail intermittents représentent plus d’une offre sur deux à Paris». Au demeurant, dans ce secteur hôtelier, «de nombreuses embauches (41%) s’effectuent via des contrats de très courte durée, de moins de 8 heures par semaine».
Et, bien sûr, dans le tourisme comme dans tant d'autres secteurs de l'économie française, «les hommes sont mieux rémunérés que les femmes, y compris pour des métiers identiques».
Bref: pas forcément une vie de palace, pour les petites mains de ce si renommé tourisme parisien.
11:07 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, economie, social, belgique, femmes
07/02/2013
Un «grand Las Vegas», bientôt?
On l'écrivait dans ce blog, l'autre jour: quand, dans les années 70, la responsabilité parentale sur les enfants fut étendue à la mère (et plus seulement au père), à l'Assemblée nationale, sur les bancs de la droite, certains assurèrent que cette réforme allait avoir des «effets graves», voire précipiter «la dissolution de la famille». Il n'en a rien été. Dans quelques décennies, il faudra voir si s'est concrétisée, ou pas, une autre menace sociétale que la droite française brandit, en 2013 cette fois. Celle d'une France transformée en... «grand Las Vegas du mariage»: victime d'un incontrôlable «tourisme matrimonial» international.
C'est ce que certains députés UMP disent craindre, à propos d'un des volets du projet de loi ouvrant à tous le mariage et l'adoption. Il permet le mariage en France des homosexuels résidant dans des pays où cette orientation est interdite et réprimée. Pour des députés sarkozystes, cela risque de soumettre l'Hexagone à des «flux migratoires» ingérables: «La France ne peut pas accueillir tous les fiancés du monde».
«Spéculations sans aucun intérêt», a balayé la ministre de la Justice, Christiane Taubira. «Mais de quoi avez-vous peur?», ont rugi des députés de gauche. Peur «de hordes de fiancés qui viendraient nous envahir? De cortèges de voitures enrubannées en train de klaxonner à nos frontières, en attendant de se précipiter dans nos salles de mariage? Soyons raisonnables!» Et d'accuser les sarkozystes de «discours réellement très inquiétants»: «Pendant cinq ans, vous avez sans cesse invoqué les flux migratoires et la peur des immigrés. A la peur de l’étranger, vous ajoutez maintenant la peur de l’homosexuel étranger!», s'est étranglée la députée et ex-ministre communiste Marie-George Buffet. Pour qui la droite ferait mieux de trouver «formidable que la France, à travers cette loi, donne à voir au monde entier sa conception de la liberté et de l’égalité: montre que l’on peut vivre autrement que dans la répression et le harcèlement des homosexuels».
«Angélisme!», a hurlé la droite. Qui n'en démord pas: le pire (nuptial) est à venir.
L'avenir le dira. Ou pas. On verra.
10:50 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, etrangers, tourisme, international, taubira
31/10/2012
Un cache-misère
Après les fins de mois difficiles qu'on évoquait hier, passons d'un extrême à l'autre, et évoquons aujourd'hui l'hôtellerie parisienne de grand luxe. Pour revenir sur ce conflit social qui agite le «Ritz» depuis un petit temps, dont on avait parlé le mois dernier (ici). Il porte sur les modalités d'indemnisation des travailleurs, pendant la fermeture (pour rénovation) du palace de la place Vendôme. Hier, la justice a tranché, et le syndicat CGT a été débouté.
Tant qu'on y est, signalons cet autre différend dont on n'avait pas encore eu l'occasion de parler, concernant lui aussi un hôtel parisien de luxe. Il s'agit cette fois du «Concorde Opéra»: un 4 étoiles situé non loin de la gare Saint-Lazare. Là, le climat est tel qu’il a donné lieu à une manifestation, tendue, des employés.
En cause, un incident ayant troublé la quiétude des lieux, cet été. Le jour de juillet où une jeune Ethiopienne de 24 ans, employée de maison d’une famille émiratie qui séjournait dans une suite de l'hôtel, a réussi à fausser compagnie à ses employeurs. Puis à les dénoncer à la police, comme des esclavagistes modernes (confiscation de son passeport, mauvais traitements, etc.). Ce fut notamment possible grâce à quatre membres du personnel de l'établissement, qui organisèrent cette opération de sauvetage. Mal leur en a pris. Selon la CGT (ici), ils ont ensuite été «sanctionnés» par leur direction, pour s'être mêlés d'un peu trop près de la vie privée de clients aussi fortunés. D'où la manifestation des membres du personnel devant l'hôtel, aux cris de «Non à l’esclavage, Non à la répression syndicale!»
La direction du «Concorde Opéra» a démenti tout «acharnement» envers les syndicalistes. Et a justifié le blâme qu'elle leur a infligé par le fait qu'ils n'avaient pas respecté la procédure interne: n'avaient pas averti leur direction avant d'appeler la police. Le litige pourrait se régler devant les juridictions du travail.
En attendant, une des principales associations de lutte contre l'esclavage moderne a salué (là) l'action des employés du «Concorde Opéra». Et, de manière plus générale, a rappelé que l'information donnée par le personnel des palaces lui est «indispensable» pour pouvoir remplir sa mission d'aide aux victimes. Car «ce n'est pas la première fois que nous sommes avertis ainsi de situations d'esclavage domestique dans de grands hôtels» de la capitale française.
Comme quoi, à Paris aussi, parfois, le luxe et le raffinement peuvent servir de cache-misère, indigne, aux réalités les plus glauques.
13:51 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, luxe, social, pauvreté, femmes, etrangers, tourisme
10/10/2012
Une fermeture «jusqu'à nouvel ordre»
Après la piscine des Halles, qu'on évoquait l'autre jour, un deuxième site très fréquenté de Paris vient d'être fermé pour une raison technique et pour une durée indéterminée. Un site cette fois historique: les Catacombes. «Un arrêt du système de ventilation» rend ces anciennes carrières de la capitale inaccessibles depuis jeudi dernier. Manifestement, les techniciens peinent à remédier à la panne. Lorsqu'ils y seront parvenus, il faudra encore procéder à des analyses de l'air circulant dans les galeries souterraines, afin de s'assurer qu'il est de parfaite qualité, tant pour les ossements entreposés que pour les visiteurs. La direction du Musée Carnavalet, qui gère l'ossuaire municipal, ne s'avance guère sur la durée de cette fermeture: «jusqu'à nouvel ordre».
Assez curieusement, le site web «Les catacombes de Paris» n'a pas l'air de faire état de cette fermeture. On peut donc imaginer que, ces jours-ci, pas mal de visiteurs (de touristes étrangers, singulièrement) ont découvert sur place seulement qu'ils ne pourraient avoir accès au site. Au rythme de 300.000 visiteurs à l'année, cela doit faire pas mal de déçus à la journée.
Sinon, pour l'anecdote, les Catacombes de Paris attirent parfois de sacrés hurluberlus. L'a illustré l'agitation qui y a régné, cet été. Par la faute de trois fêtards, âgés d'une vingtaine d'années.
Qui, un soir de la fin juillet, passablement éméchés, n'ont rien trouvé de mieux que de pimenter leur fin de soirée en s'offrant une petite balade clandestine dans ces galeries souterraines. Evidemment, ils s'y sont complètement perdus. Six groupes de recherche, totalisant 35 policiers, ont dû être mobilisés pour les retrouver. Ce qui a pris... deux jours entiers. Le troisième jour, les trois olibrius ont fini par être localisés. Et ont pu être remontés à la surface: indemnes, mais en état de choc, et passablement penauds. Chacun a écopé de 135 euros d'amende.
11:13 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, patrimoine, histoire, tourisme, sécurité
02/10/2012
Une ambiance (décidément) pas si feutrée
On avait raconté cela, le mois dernier (relire ici), à propos du «Ritz»: derrière la vitrine si glam-chic des grands palaces parisiens, se cachent, parfois, des réalités sociales pas toujours très reluisantes. Après le célèbre établissement de la place Vendôme, c'est le «George V», son fameux concurrent du quartier des Champs, qui en fournit l'exemple.
C'était jeudi dernier, à l'heure du thé. Troublant la quiétude habituelle des lieux, une trentaine de syndicalistes ont bruyamment fait irruption dans le hall du palace. Ils entendaient y «protester contre les sanctions à répétition infligées» aux membres de son personnel qui sont délégués du petit syndicat radical SUD. Mais le hasard a voulu que, ce jour-là, le «George V» compte parmi ses hôtes un client aussi prestigieux que particulièrement protégé par les policiers, en ce moment: l'Indien Lakshmi Mittal, milliardaire et patron d'ArcelorMittal, premier groupe sidérurgiste mondial – celui-là même qui, hier, a confirmé la fermeture définitive des derniers hauts-fourneaux de Lorraine.
Le syndicalistes du «George V» ont donc eu droit à un comité d'accueil musclé. A les en croire, «la direction de l’hôtel était aux abonnés absents, laissant à la police le soin de gérer les relations sociales au sein de l’hôtel; puis promettant, après plusieurs heures d’attente, un rendez-vous tout en multipliant les préalables. Plus encore, les syndicalistes, qui se sont retirés d’eux mêmes, vers 20 heures, ont ensuite eu droit à une fouille en règle, avant d’être raccompagnés par les CRS au métro». L’union syndicale Solidaires n'a pas du tout apprécié. «La liberté syndicale doit être respectée, au "George V" comme ailleurs!», a-t-elle fustigé, dans un communiqué. Qui a dénoncé le climat de «répression antisyndicale» qui règnerait au sein du palace, et a prévenu: «Nous ne nous laisserons pas impressionner!»
Voilà la direction du si select établissement avertie.
Cela dit, si ça tombe, ses fortunés clients étrangers – émirs, millionnaires et starlettes – doivent trouver cela follement exotique, voire comique, et en tout cas dépaysant, les gros bras qui, dans cet antre de luxe, font irruption en vociférant.
12:12 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : luxe, tourisme, social, activisme, economie
11/09/2012
Une ambiance pas si feutrée
Restons dans l'univers feutré du grand luxe, que l'on évoquait hier. Un univers feutré mais où, à l'occasion, l'on peut néanmoins fameusement batailler. Et sur des questions très bassement financières, qui plus est.
On en a une illustration aujourd'hui, à Paris. Cela concerne un des fleurons du grand luxe parisien. Le «Ritz», en l'occurrence: le célébrissime palace de la place Vendôme. Cet après-midi, la direction de l'établissement comparaît devant le tribunal de grande instance, à la demande du syndicat CGT.
L'hôtel a fermé, cet été. Pour de gros travaux de rénovation, qui vont durer deux ans. La direction du palace avait songé licencier ses 470 employés pendant la durée du chantier, tout en garantissant leur réembauche à la fin des travaux. Elle a finalement conclu un plan social, en vertu duquel les salariés ont eu à choisir entre un congé sans solde, un départ volontaire, ou un licenciement. Devant le tribunal, cet après-midi, la CGT va plaider la nullité de ce plan. Selon ce syndicat, le «Ritz» aurait dû proposer aux salariés une mesure de chômage pendant une période totale de 224 jours, sans rupture du contrat de travail, puis les indemniser. Le dispositif actuel reviendrait à «faire payer (par et) à la collectivité» les conséquences sociales de travaux menés par un groupe privé. Un groupe qui, pourtant, ne manque pas de moyens: le palace parisien est détenu par le milliardaire égyptien Mohammed Al Fayed.
12:23 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, justice, social, tourisme, luxe
03/09/2012
Une nouvelle progression
De retour dans ce blog, et à Paris. Capitale qui, météorologiquement, a connu un été mi-figue, mi-raisin: le plus souvent radieux en août, assez pourri en juillet. Mais ce contraste n'a visiblement pas dissuadé les touristes du monde entier à, cet été encore, affluer en masse dans la «Ville lumière».
Au point qu'en cette rentrée, on se montre assez optimiste à l'office du tourisme de la capitale. Paris devrait finir l’année avec une nouvelle progression de la fréquentation touristique: de l'ordre de 1,5%. «Dans un contexte économique crispé, Paris demeure un bastion de résistance, en termes de fréquentation touristique», s'y félicite-t-on. Au premier semestre 2012, déjà, avec 7,8 millions d’arrivées hôtelières, la fréquentation touristique étrangère avait battu des records à Paris (+6% par rapport au 1er semestre 2011), alors qu'elle avait reculé sur l'ensemble de la France (-3%).
Ce sont les touristes des Proche et Moyen-Orients qui marquent la plus forte croissance (+19%). Ils sont suivis par les touristes américains (+14%) et asiatiques (+11%). Parmi ces derniers: les Chinois. Cet été, ils devraient confirmer leur position de nouveaux rois du shopping parisien. Selon les statistiques, le panier moyen du touriste chinois faisant les boutiques dans cette ville frise les 1500€ par jour. C'est moins que ce qu'y dépensent les grandes fortunes saoudiennes ou émiraties de passage dans la capitale, mais c'est beaucoup plus que le panier moyen du touriste brésilien, russe ou indien.
Ces excellents chiffres touristiques doivent, toutefois, être relativisés. En effet, le nouvel afflux de visiteurs ayant bénéficié à Paris cet été a découlé aussi, pour partie, de la dégringolade de l'euro sur le marché international des changes, due à la crise économique profonde qui frappe le vieux continent. Dans l'offre touristique internationale, cela rend les destinations européennes particulièrement compétitives pour les étrangers, et cela bénéficie bien sûr au premier chef à Paris, qui occupe traditionnellement le peloton de tête de ces destinations.
11:35 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, economie, international
09/07/2012
Une atmosphère «vagabonde et rustique»
«Une nouvelle ambiance végétale», due au recours à des plantes «vagabondes et rustiques». On se croirait dans un épisode de la série télé «La petite maison dans la prairie». Mais non: on est en plein Paris. Du moins, dans le Paris décrit par les grands communicants du maire, Bertrand Delanoë, qui en font toujours des tonnes pour montrer la «Ville lumière» sous un jour mirifique.
Cette nouvelle ambiance bucolique en pleine ville, ce serait celle, bientôt, des contrebas de l'Hôtel de ville, le long des quais de Seine. A l'issue des travaux d'aménagement prévus cet été, comme le long d'une bonne partie de la rive droite. Au programme: création de passages piétons, aménagement d'une piste cyclable, mise en place d'un nouveau mobilier urbain, etc. L'objectif? «Apaiser la circulation», aboutir à «un meilleur partage de la voirie». En clair, et au-delà de, à nouveau, ces grands mots de communicants? Réduire la place de la bagnole: par exemple en rétrécissant les voies de circulation. Le tout, dans la perspective du vaste projet de réaménagement des voies sur berges, qu'a revitalisé l'arrivée au pouvoir des socialistes, en mai (relire ici) – le précédent gouvernement avait mis le projet au frigo .
En attendant, et très prosaïquement, ces travaux auront pour impact de limiter la dimension de l'édition 2012 de Paris Plages. La mairie l'a confirmé, ce matin: cet été, il s'agira d'«une édition un peu particulière, puisque la manifestation devra, sur la voie Georges-Pompidou, céder du terrain devant le chantier». Dès lors, la plage à Paris, cette année, ce sera surtout et avant tout dans la zone entre le pont d’Arcole et les Tuileries.
Si la météo le veut bien. A ce stade, et comme déjà en juillet 2011, cela ne paraît pas donné.
12:13 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, transports, environnement, tourisme, communication, gouvernement
06/07/2012
Un indétrônable trio
Une note de saison, aujourd’hui: la première vague de départ en vacances débute ce soir. Et un trio décidément indétrônable, concernant le tourisme parisien: Notre-Dame, le Sacré-Coeur, le Louvre.
Les derniers chiffres en la matière, relatifs à la saison 2011, confirment à nouveau l’attrait que ces édifices représentent pour les touristes venus du monde entier. 13,6 millions de visiteurs pour la cathédrale, 10,5 millions pour la basilique, 8,9 millions pour le plus grand musée du monde. Ces trois lieux continuent d’occuper une place dominante, dans le palmarès des visites effectuées par les 28,2 millions de touristes dénombrés à Paris l’an dernier.
28,2 millions, cela fait encore 3% de plus que l’année auparavant. A l’échelle de la France, la croissance du tourisme est au rendez-vous également: 72,6 millions de visiteurs, au total (+2,5%).
Ces chiffres sont tout sauf anodins, dans le contexte économique très déprimé du moment. Représentant 7,1% du PIB de l’Hexagone, le tourisme y emploie 975.000 personnes. Rien que dans la capitale, ses 160.000 travailleurs constituent 13% de l’activité professionnelle totale.
Reste un petit problème, toutefois, que Paris, année après année, ne parvient pas à régler. La «Ville lumière» demeure plus que jamais la première destination touristique mondiale? Certes. Mais les montants qu’y dépensent les touristes restent proportionnellement moindres que ceux dont bénéficient plusieurs de ses grandes concurrentes internationales: Londres, New York ou Barcelone, par exemple.
14:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, economie, art de vivre, patrimoine
17/01/2012
Un bilan assez éclairant
18. C'est, depuis la mi-avril, le nombre de femmes qui, à Paris et dans sa proche banlieue, ont été verbalisées par les policiers pour infraction à la fameuse loi qui, depuis le printemps, interdit le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) sur la voie publique. «Au total, il a été procédé à 28 contrôles» dans cette région, lit-on dans le dernier point qu'a fait la préfecture de police sur la question: «douze contrôles à Paris, dont six verbalisations, cinq dans les Hauts-de-Seine et autant de verbalisations, onze contrôles en Seine-Saint-Denis dont sept verbalisations, aucun contrôle ni verbalisation dans le Val-de-Marne».
18 femmes verbalisées, donc. En 10 mois d'application de la loi.
Cela relativise assez bien, trouve-t-on, les cris d'orfraie qu'avaient poussés certains ministres et parlementaires sarkozystes l'an dernier, selon lesquels le port du niqab était en train de prendre des proportions affolantes en France, et y menaçait l'ordre public.
Dommage, cela dit, que la préfecture n'informe pas davantage sur les circonstances ayant donné lieu, à Paris, à ces six verbalisations. Cela permettrait de vérifier si, parmi ces femmes verbalisées, ont figuré, ou pas, ces très riches et respectables touristes intégralement voilées venues des Emirats ou autres, qui sont les hôtes de marque réguliers des palaces multi-étoilés de la capitale ainsi que des maroquineries, joailleries et boutiques de haute couture de l'avenue Montaigne ou de la place Vendôme.
Juste pour savoir si le rétablissement de l'autorité républicaine dans les «zones de non-droit» – ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat ont jadis désigné les banlieues difficiles – a concerné également, et équitablement, les quartiers les plus chics du pays.
11:50 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, police, sécurité, paris, etrangers, luxe, tourisme, banlieues, gouvernement
29/11/2011
Un «profond sentiment d'injustice»
Ce mardi, le gouvernement divulgue les résultats du premier «Baromètre international sur les points forts et points faibles de l’accueil des touristes en France». Un sujet important, ce pays restant, bon an mal an, la première destination touristique mondiale. Pour l'occasion, le ministre ad hoc organise ce matin un grand raout médiatique dans les salons de... Roissy. Cet aéroport qui, une enquête de satisfaction internationale après l'autre (relire ici ou là), n'en finit plus de se faire descendre en flammes.
Tout récemment encore, Roissy-CDG s'est vu décerner le titre d'«aéroport le plus détesté au monde». Cette distinction lui a été octroyée par une étude pour CNN. Si les aéroports de Los Angeles et de Londres Heathrow ne font guère mieux que lui, le premier aéroport parisien est sanctionné notamment pour la saleté de ses toilettes, la médiocrité de ses restaurants ou le manque de clarté de sa signalétique. Est également épinglé le caractère pas rarement «dédaigneux» qui serait celui de son personnel..
Aéroports de Paris (ADP), la société qui exploite Roissy et Orly, n'a pas officiellement communiqué sur cette distinction. Tout au plus une de ses porte-parole a-t-elle lâché, dans l'un ou l'autre média, que ce titre si peu enviable suscitait un «profond sentiment d'injustice» parmi le personnel d'ADP. Et d'ajouter: «Nous travaillons beaucoup pour nous améliorer».
ADP investit même aussi beaucoup, dans ce domaine. Dans les cinq ans à venir, elle consacrera un milliard d'euros à l'amélioration des installations de Roissy.
Ce chiffre, cela dit, peut prêter à deux lectures. Côté pile: il montre qu'en effet, les choses bougent. Côté face: l'ampleur de ce budget confirme à elle seule combien il y a du pain sur la planche, à Roissy-CDG, en matière de modernisation. Ce qui, finalement, n'est pas anormal, s'agissant d'un aéroport qui à la fois n'est plus tout jeune (1974) et qui, année après année, est de plus en plus sollicité (60 millions de passagers l'an dernier).
11:10 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, international, transports, gouvernement, art de vivre
15/11/2011
Une mansuétude (assez curieuse)
En ces temps de plans de rigueur successifs et de mesures d'austérité en cascade, mentionnons ce geste particulier de mansuétude fait dernièrement, en toute discrétion, par le gouvernement. Un geste en faveur du secteur du grand luxe.
Il bénéficie aux établissements hôteliers facturant plus de 200 euros la nuitée à leurs clients. En septembre, le gouvernement, soucieux d'accroître ses recettes fiscales, avait décidé de frapper chacune de ces nuitées d'une taxe supplémentaire, de 2 %. Cette taxe devait s'appliquer dès le début novembre. En fait, elle n'a vécu... qu'une semaine. En effet, le syndicat des hôteliers et des restaurateurs a obtenu (ici) la promesse de son abrogation. Le gouvernement considère que l'hôtellerie sera déjà assez touchée par la hausse (de 5,5 à 7%) du taux réduit de TVA, qui a été décidée entre-temps.
Alors, on peut parfaitement partager le souci des autorités de veiller à la bonne santé du secteur du tourisme. Puisque, d'après les chiffres du gouvernement, ce secteur «emploie directement en France un million de personnes, dans 235.000 entreprises, et un autre million indirectement».
On peut néanmoins douter que cette petite (ex-)taxe de 2% allait vraiment menacer la compétitivité de la France en la matière, l'Hexagone étant depuis belle lurette la première destination touristique mondiale. On peut douter aussi que cette contribution supplémentaire allait mener le secteur de l'hôtellerie de grand luxe à la faillite: à Paris ou à la côte d'Azur, et à longueur d'années, il affiche des taux d'occupation insolents.
Enfin, vu les tarifs que pratiquent ces palaces – en gros, plusieurs centaines d'euros la nuitée – et vu donc les moyens qu'il faut avoir pour y séjourner, on peut douter que 2% en plus ou en moins, sur le montant final de l'addition ou de la réservation, cela allait fondamentalement mettre sur la paille leurs richissimes clients, et donc les faire hésiter à la dépense.
Mais ce n'est que notre avis.
12:02 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : luxe, tourisme, economie, gouvernement, art de vivre
23/09/2011
Un prix moyen (?)
Le début de l'automne ce vendredi, à Paris comme ailleurs. A 11h04 précisément, paraît-il. Mais une météo si estivale aujourd'hui et toujours autant de touristes dans les rues qu'on ne trouve pas incongru de revenir sur ce qui fut le chiffre de la semaine, concernant le tourisme dans la Ville lumière. 204€. Soit le prix moyen d'une nuit d'hôtel, en chambre double, à Paris. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ces derniers jours. Selon elle, en la matière, «la capitale française devient, avec Genève (298€) et Londres (200€), l’une des plus chères d’Europe. En comparaison, le tarif moyen hôtelier parisien coûtait à la même période de l’an dernier 26% de moins, soit 162€».
On a (un peu) sursauté en prenant connaissance de ce chiffre. Car – avis aux jeunes routards qui fréquenteraient ce blog, ou aux voyageurs de tous les âges qui ne pourraient claquer un demi-millier d'euros pour un week-end ici – , dans le Paris qu'on fréquente quotidiennement (en gros: République, Bastille, Haut Marais, etc.), il va de soi qu'on trouve quantité d'hôtels affichant des tarifs nettement moins élevés.
Ainsi, à Paris comme dans nombre de capitales, les hôtels de grandes chaînes (Ibis, Campanile, etc.) baissent leurs prix quand arrive le week-end: quand les quitte donc leur clientèle professionnelle de la semaine. Et Paris regorge bien sûr de petits hôtels de quartier: sans façon mais le plus souvent très corrects.
On se le disait encore pas plus tard qu'hier, en flânant en bordure de Ménilmontant, dans notre onzième arrondissement. Et puis l'autre jour aussi, cette fois dans le quartier Aligre. On y a vu plusieurs petits établissements qui avaient l'air charmants. Certes ni très luxueux, ni aux pieds de la tour Eiffel, mais, familiaux, simples, tranquilles, populaires. Souvent adossés à de très typiques petits bistrots ou restos du coin, ils donnaient vraiment l'impression d'être joliment en symbiose avec leur quartier. Avaient l'air de couler des jours paisibles, en harmonie avec ce Paris (un peu) hors des sentiers battus, que négligent si souvent les visiteurs étrangers pressés et/ou peu imaginatifs.
Et puis sinon, et souvent cela ne se sait pas assez à l'étranger, il y a bien sûr toujours les tarifs imbattables des auberges de jeunesse et foyers (ici), ainsi que du camping de Paris (là). Camping qui, et oui, ouvre toute l'année. Au grand air et au vert par plus de 20 degrés au thermormètre, comme aujourd'hui, cela doit même ne pas être désagréable.
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12/09/2011
Un progrès à faire
Retour à Paris, donc. Au risque de passer pour irrémédiablement teigneux, la première impression qu'on a eue de la France, il y a quelques jours en y posant à nouveau le pied, n'était franchement pas terrible. On s'est dit que ce pays avait décidément encore des progrès à faire en ce qui concerne l'accueil des visiteurs étrangers.
On débarquait à Roissy aux alentours de 4h15 du matin. Si vous n'avez jamais fait l'expérience, on vous l'assure: Charles de Gaulle à cette heure, c'est loin d'être techno-bling comme Orly désormais – si d'aventure le dernier gadget qui y a été inauguré cet été vous a échappé, c'est ici. Couloirs déserts, lugubres à force d'être si peu éclairés, escalators chaotiques, poubelles qui débordent, toilettes à la propreté perfectible, absence de tout personnel pour renseigner les nouveaux arrivants, fonctionnement laborieux des billetteries automatiques de la gare RER, et ces RER passablement crasseux: cela donnait assez envie de redécoller illico vers d'autres contrées.
Cela dit, 84% des usagers de CDG, paraît-il, sont satisfaits de cet aéroport. C'est ce qu'a affirmé un sondage, cet été. Les clients apprécieraient notamment le système de contrôle des bagages à mains: «organisation de la file d’attente, durée de l’attente, accueil du personnel, prévenance, sentiment de sécurité». Dans le même registre, mercredi en Conseil des ministres, le gouvernement Fillon s'est félicité du fonctionnement, à Roissy, du passage au contrôle transfrontière: «La proportion des passagers attendant moins de 15 minutes à ce contrôle est passée de 58% en septembre 2010 à 94% en mai 2011».
Peut-être. Ce qu'on n'a pas encore bien compris, en revanche, c'est l'intérêt du système d'enregistrement appliqué depuis un petit temps, à Roissy comme ailleurs, par des compagnies aériennes comme Air France.
Avant, les passagers ne faisaient qu'une fois la queue: pour accéder au comptoir qui, dans le même temps, à la fois prenait en charge leur bagage et délivrait la carte d'embarquement. A présent, on la fait deux fois, la queue. D'abord pour accéder à une borne électronique délivrant la carte d'embarquement. Ensuite pour déposer le bagage au comptoir ad hoc. Où donc est le progrès?
Air France aurait-elle eu des remarques de passagers mécontents? En tout cas, elle la ramène moins qu'avant, à propos de ce système d'enregistrement. Jusqu'à il y a peu, elle utilisait l'appellation «Dépose bagages minute». Ce qui est curieux, quand, vu la foule, on doit poireauter des dizaines de minutes pour effectivement déposer son bagage. A présent, a-t-on vu cet été, on ne parle plus à Roissy que de «Dépose bagages». Cela ne règle pas le problème, mais c'est déjà plus réaliste.
10:49 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, transports, art de vivre
27/07/2011
Un (autre) grand classique de l'été
Avec l'inauguration sous la pluie de Paris-Plage, les protestations des associations d'aide aux SDF contre la fermeture des centres d'hébergement, les riverains de quartiers noctambules tempêtant contre le tapage nocturne, ou les arrêtés interdisant la consommation d'alcool en rue le soir, voilà un autre grand classique parisien du mois de juillet: la chasse aux vendeurs à la sauvette,vendeurs de colifichets touristiques principalement. Ce mois de juillet-ci ne fait pas exception à la règle. Avec, toutefois, une petite nuance.
Cet été, en effet, les autorités ont particulièrement soigné le plan de com' de cette campagne sécuritaire annuelle. Dans l'ordre, on eut d'abord droit à un cri d'alarme de la préfecture de police contre ce «phénomène en recrudescence dans la capitale», et l'annonce qu'elle allait donc impitoyablement sévir. Ensuite, ce furent les applaudissements de l'office du tourisme, qui n'en peut plus de voir ces vendeurs pulluler sur les grands sites touristiques de la Ville lumière. Enfin, cerise sur le gâteau ce mercredi matin: les gros titres du «Figaro» justifiant ce tour de vis estival annoncé. Selon ce quotidien, «la vente à la sauvette devient incontrôlable» à Paris.
De janvier à juin 2011, selon les chiffres officiels, 600 opérations de police ont été menées contre les vendeurs à la sauvette dans Paris. Elles ont abouti au placement de 562 personnes en garde à vue. La vente à la sauvette constituant un délit en France, ces délinquants présumés sont passibles de 6 mois de prison et 3750 euros d'amende.
L'été dernier déjà, exactement à la même époque, (relire ici), un gros coup de filet policier était censé avoir permis le démantèlement d'une vaste filière de vendeurs à la sauvette sévissant notamment à la tour Eiffel. L'opération avait permis la saisie de «dizaines de mètres cubes» de tours Eiffel miniatures, montres bas de gamme, foulards fantaisie et autres jeux de cartes postales.
Un été plus tard et malgré ce coup de filet réussi de l'été dernier, donc, on est reparti pour un tour. Et l'on prend déjà les paris que, dans ce blog en juillet 2012, on parlera à nouveau de ces vendeurs à la sauvette «incontrôlables»...
11:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, police, sécurité
20/07/2011
Une autre prohibition
Même si c'est un brin incongru vu la météo du moment, demain jeudi c'est la grande ouverture de «Paris Plage», dixième opération du nom. La préfecture de police, toujours elle – et qui, décidément, multiplie les mises en garde, ces jours-ci – vient d'en profiter pour rappeler quelques règles de bienséance aux futur(e)s estivant(e)s parisien(ne)s.
Textuellement: «L’été est là, le thermomètre monte, les tenues se font plus légères, mais Paris peut-il être un nouvel Eden pour Adam et Eve? Et bien non! Toute tenue qui laisserait entrevoir les parties génitales ou la poitrine constitue une exhibition sexuelle». Dès lors, toute personne n'ayant pas «un comportement conforme aux bonnes mœurs et à l’ordre public» s'expose à une amende de 38€. Voire carrément à une amende de 3 750€ et à deux mois de prison, si son «attitude équivoque» permet de soupçonner un «racolage passif».
Voilà prévenues notamment les adeptes du monokini.
Il y a quelques étés, en juillet 2006 précisément, l'écologiste Denis Beaupin, adjoint au maire Bertrand Delanoë, avait dénoncé un tel règlement vestimentaire, selon lui d’un autre âge. «Sur une plage, il est normal que les gens souhaitent profiter du soleil et porter un string ou se mettre en monokini!», s'était-il indigné. Dans la foulée, sur le site même de «Paris Plage», une poignée de manifestantes avaient, la poitrine découverte, protesté contre cette prohibition. Ce qui leur avait valu, outre une convocation à la police, un franc succès médiatique.
Cinq étés plus tard, pas le moindre raffut de la sorte. S'assagirait-on, à Paris?
12:56 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, femmes, folklore, tourisme, delanoë
09/05/2011
Un coup de théâtre
Restons un jour encore dans cet univers du très grand luxe que l'on évoquait la semaine dernière. Pour, tout de même, mentionner le tremblement de terre que vient de vivre ce petit monde si exclusif, à Paris. En effet, rien moins que le «George V» (tout comme d'ailleurs le «Ritz») vient de se faire recaler par le jury qui, la semaine dernière, a officiellement octroyé le label et l'appellation «palace» à huit hôtels de grand luxe en France. Dont quatre sont situés à Paris: le «Meurice», le «Bristol», le «Plaza-Athénée» et le «Park Hyatt Paris-Vendôme» (le «Crillon» n'était pas candidat, devant bientôt subir de lourds travaux de rénovation).
Que le si classe « George V » ait loupé le coche a visiblement laissé pantois tout le beau monde, dans la Ville lumière. «Je ne comprends pas, je suis très surpris: depuis des années, nous sommes régulièrement classé premier hôtel du monde», a réagi son directeur général. Qui a eu cette comparaison on ne peut plus chic: « Dans le classement des vins de Bordeaux de 1855, Yquem et Petrus ont aussi été oubliés, et ce sont pourtant les plus prestigieux... » Comme s'il s'agissait de ne pas tirer sur l'ambulance, Didier Le Calvez, le PDG du «Bristol» (et qui, précédemment, dirigea pendant neuf ans le «George V») s'est bien gardé de narguer le recalé. «Peut-être y a-t-il eu l'une ou l'autre petite défaillance au moment de l'inspection», a-t-il commenté, si charitable, en début du week-end. «Mais je ne doute pas que, d'ici à la prochaine session, le «George V» aura rectifié cela et aura toute sa place parmi les palaces».
Au passage, à la même source, la précision du prix de la chambre la plus chère du «Bristol», dénommée «suite impériale»: 17.000€, la nuit. Et la confirmation que, malgré son tarif, cette suite est très demandée: son taux d'occupation à l'année dépasse les 80%.
Comme on le disait l'autre jour, ce n'est décidément pas la crise pour tout le monde.
PS: Que ne se désespèrent pas tous ceux qui n'auraient pas 17.000 € à claquer en une seule nuit, mais qui voudraient tout de même s'offrir un grand frisson passager en expérimentant les draps (de soie, on imagine) du «Bristol». Le tarif de la chambre la moins chère de ce palace est beaucoup plus abordable: 700€. Mais on ne sait si, pour ce prix-là, on a droit à davantage qu'une chambre de bonne.
11:27 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luxe, art de vivre, economie, tourisme, paris
03/03/2011
Une charte touristique
Elles ne vont pas changer la face du monde, ces mesures; c'est clair. Tous au plus permettront-elles peut-être aux touristes venus des quatre coins de ce monde de se sentir un peu moins perdus à Paris. Ce qui concerne tout de même pas mal de gens. Pour preuve, cet été, les hôteliers de la région parisienne ont comptabilisé 12 millions de nuitées. Après quelques étés de stagnation, la fréquentation hôtelière à Paris est donc de nouveau à la hausse (+5% en juillet, +3% en août).
Une «charte sur la qualité de l’accueil des touristes d’affaires et de loisir»: c'est ce que les principaux partenaires du secteur touristique viennent de signer. Plusieurs de ses mesures (ici) concernent directement Paris. Ainsi, est prévue «la refonte complète de la signalétique au sein des aéroports Charles-De-Gaulle et Orly». Pas idiot. On a beau connaître Roissy ou Orly par coeur, nous aussi, parfois, a fortiori avec des heures de décalage horaire dans les mollets, on s'y perd (un peu). Cette signalétique plus claire permettra aux touristes débarqués du bout du monde de trouver plus facilement, à CDG ou à Orly, un taxi, un bureau de change, la gare RER, le poste de police ou le comptoir d'informations touristiques – mais encore faudrait-il que leur personnel maîtrise un peu mieux les langues étrangères: il y a du travail.
Envisagée aussi, «l’amélioration de l’accessibilité des distributeurs de titres de transport de la RATP, avec une déclinaison en anglais dès la page d’accueil». Idem: pas idiot. En effet, dans tant de stations de métro ici (même si cela paraît inouï en 2011 et dans une ville accueillant chaque année des millions de touristes du monde entier), les distributeurs de titres de transport sont encore unilingues. C'est le cas de tous les automates de l'ancienne génération. En revanche, les billetteries Navigo, plus récentes, affichent dès leur page d'accueil la possibilité de dérouler les menus en anglais, allemand, espagnol ou italien.
Enfin, parmi les autres engagements pris à la faveur de cette table ronde entre tous les partenaires du secteur du tourisme, figurent également la mise en place d’un accueil spécifique de la RATP aux arrêts de son «Roissybus», le déploiement de personnel d'accueil dans les stations de métro et du RER situées dans les quartiers les plus touristiques, et l’installation d’antennes d’offices de tourisme au sein des gares SNCF.
Tout cela ne mange pas de pain. Mais ne fera pas de mal non plus
PS: Rien ne change. Même dans sa politique relative au tourisme, le gouvernement parvient à mettre une touche sécuritaire. En effet, la charte prévoit aussi le «déploiement du dispositif «Parafe», conçu avec le ministère de l’Intérieur et déployé par Aéroports de Paris (ADP), pour faciliter et accélérer le passage aux frontières à l’aéroport de Roissy». « Parafe » – on en avait parlé dans ce blog à l'automne 2009 (ici) – c'est ce fameux dispositif biométrique à la «Matrix». Depuis, pour l'anecdote, à chacune des livraisons de sa lettre d'informations électronique, ADP nous propose d'adhérer à ce «Parafe». On n'a pas encore dit oui. Pas plus en 2011 qu'en 2010 ou en 2009, on ne se prend pour Keanu Reeves.
12:04 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, international, economie, sécurité



