Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

21/04/2016

«Une formidable vitrine»

Paris, Sports, Transports, Patrimoine, EnvironnementDernier jour de circulation à peu près normal, ce jeudi, sur et autour de la prestigieuse esplanade des Invalides. Puisque, à partir de demain 14 heures, il faudra montrer patte blanche pour accéder au secteur, même si on est simple piéton ou riverain. Et il ne sera pas possible d'y circuler en véhicule motorisé, ni a fortiori d'y stationner. Tout cela pour que, le lendemain après-midi, une vingtaine de bolides puissent y évoluer à... plus de 220 km/h.

C'est le Grand prix de Formule E. Depuis des mois (relire ici), cet événement suscite la polémique. Sur son principe même: ses détracteurs y voient une ode à la voiture et à la vitesse, très paradoxale dans une capitale dont les dirigeants affirment à longueur de journées vouloir à tout prix privilégier les «circulations douces». Ces derniers jours, les débats ont redoublé. Relatifs, là, aux aménagements urbains rendus nécessaires par cette compétition, sur lesquels on s'affaire depuis deux semaines.

Pour assurer la sécurisation du périmètre de la course, un millier de blocs de béton ont dû être déposés, ainsi que 400 tonnes de grilles de protection. Et tous les pavés de la place Vauban ont dû être recouverts d'une couche provisoire de bitume, spécialement posée pour l'occasion. L'ensemble du secteur étant classé comme site historique et culturel protégé, ce revêtement de goudron devra être enlevé dès le lendemain de l'événement.

Que les écolos résument à un vrai «désastre écologique». La mairie, elle, balaie ces critiques. A son estime, cette compétition «contribuera au rayonnement de la capitale, et montrera que les voitures électriques ont toute leur place dans le centre de la cité». Même enthousiasme du côté du gouvernement. Pour le ministre des Sports, qui assistera à la course, cette «première (urbaine) en Europe» sera «un véritable accélérateur d’innovations en faveur de la mobilité électrique et de sa promotion». Et «une formidable vitrine du patrimoine et du savoir-faire français».

C'est merveilleux.

20/04/2016

Une séquence très visible

Grosse opération de communication du gouvernement, ces vingt-quatre dernières heures. Sur le front de la sécurité. Mais séquence trop visible pour être parfaite.

Acte un: le ministre de l'Intérieur, hier après-midi, détaille les nouvelles modalités du «schéma national d'intervention des forces de sécurité». Les modalités revues d'opération des trois unités d'élite du GIGN, du Raid et de la BRI. Une réorganisation qui vise à «répondre aux besoins d’urgence et d’efficacité engendrés par une menace terroriste protéiforme». Acte deux, ce matin, , Manuel Valls confirme que le gouvernement demandera au Parlement de prolonger l'état d'urgence de deux mois supplémentaires. Acte trois: dès ce matin et pendant toute la journée, histoire que l'opinion visualise bien la mobilisation des autorités face à la menace, tous les médias vont diffuser en boucle les images spectaculaires de l'intervention menée hier, en fin de soirée, par ces trois unités d'élite.

A Paris-Montparnasse. Quelque 150 membres du GIGN, du Raid et de la BRI ont, conjointement, mis hors d'état de nuire neuf terroristes qui avaient fait irruption dans la gare SNCF, puis pris des otages dans une consigne à bagages ainsi que dans deux rames de TGV. Les djihadistes ont été neutralisés. «Tout a parfaitement fonctionné, ce soir», s'est félicité le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu sur place vers 1h du matin. Bernard Cazeneuve s'est dit «particulièrement fier d'être aux côtés des chefs des trois unités ainsi que du préfet de police, qui sont tous rassemblés pour protéger les Français». 

Juste: ce n'était là qu'un exercice anti-terroriste. Une simulation à grande échelle.

Alors que, selon un sondage réalisé après les tueries de Bruxelles, 87% des Français s'attendent à ce qu’un nouvel attentat majeur frappe l’Hexagone, dans les prochains mois.

19/04/2016

«Une liberté accrue»

Transports, TechnologiesLa RATP et les nouvelles technologies, suite (relire l'épisode précédent ici). Cette fois, la régie des transports parisiens est en délicatesse avec une société basée à Londres et déjà active dans trente métropoles du monde. Citymapper: «the ultimate transport App», comme se baptise – sans immodestie... – cette appli.

Elle permet aux usagers des transports publics de connaître en temps réel l'état du trafic, et donc de calculer les itinéraires les plus adéquats. Oui mais, pour ce faire, elle a besoin des données de circulation de la RATP. Qu'elle accuse de traîner les pieds. Lancée il y a deux semaines, lpétition de Citymapper a déjà recueilli 17.000 signatures. Elle s'indigne que l'on puisse «interdire aux Parisiens de choisir quelle application utiliser pour se déplacer», et donc «empêcher la création de services innovants, au moment où l’Etat essaie d’encourager les start-ups. Dans toutes les autres villes de France et d’Europe, les informations sur les transports en commun, y compris en temps réel, sont à la disposition du public».

La RATP, irritée par le buzz fait par la polémique, a été contrainte d'y réagir (). «La question de l’open data de la RATP est un faux débat. L’ouverture de nos données en temps réel est en marche», a-t-elle assuré. La régie réclame juste du temps («d'ici à la fin 2016»), pour rendre ses données accessibles. Car, argumente-t-elle, si l'on veut mener à bien ce processus, il «nécessite une vraie organisation et des investissements d'une centaine de milliers d'euros».

transports,technologiesAu final, cela dit, la RATP n'aura pas le choix. Comme tous les autres organismes publics, elle sera contrainte d'autoriser le libre accès à ses données d'intérêt général. C'est la loi sur le numérique,  récemment votée, qui le prévoit. En son volet relatif à l'"open data". L'objectif poursuivi est d'aboutir à «une liberté accrue pour la circulation des données et du savoir».

Et cela vaudra y compris pour le cinquième opérateur mondial de transport public, aussi puissant soit-il: présent dans 14 pays, et assurant chaque année plus de 3 milliards de voyages rien qu'en région parisienne.

14/04/2016

Un contraste qui perdure

Un aller-retour rapide en Belgique par le Thalys, et donc l'opportunité de constater la persistance d'un contraste frappant. Entre la façon dont, de part et d'autre de la frontière, sont appliquées les mesures de vigilance antiterroriste, dans les chemins de fer.

On l'avait déjà remarqué en février (relire ), et cela continue à être vrai aujourd'hui: c'est décidément le jour et la nuit, entre les gares de Paris-Nord et de Bruxelles-Midi. Alors que, à la fin de l'an dernier, une vigilance analogue était de mise dans ces deux grandes stations (relire ici). 

Des contrôles renforcés  et donc des queues longuettes à Paris-Nord. L'obligation même, à nouveau, d'ouvrir son manteau et de sortir les mains de ses poches avant de passer les portiques de sécurité. En revanche, toujours aucun contrôle apparent à Bruxelles-Midi, où on continue visiblement à entrer et à sortir comme dans un moulin. Que ce soit sur le quai ou en station, ni vérification du titre de transport, et encore moins de la pièce d'identité, ni palpation de sécurité, ni fouille des bagages. Rien. Alors que la capitale belge est censée être en état d'alerte maximale, moins d'un mois après les terribles attentats du 22 mars.

Ce contraste bruxello-parisien saute d'autant plus aux yeux quand on sort de l'espace de Bruxelles-Midi dédié au Thalys et qu'on fait ne serait-ce que quelques pas dans la gare ou à ses alentours. Là, c'est la profusion de militaires lourdement armés. Et en nombre encore plus important qu'à Paris.

Comprenne qui pourra la logique.

05/04/2016

«Un plus bas niveau depuis dix ans»

Puisque, la semaine dernière, ce blog évoquait le problème des embouteillages en France, et puisque cela va une fois de plus bouchonner pas mal dans Paris, ce mardi – encore une journée de manifestations prévue, avec son cortège habituel d'embarras de circulation –, des nouvelles du périphérique. Un premier bilan, en l'occurrence, deux ans après l'entrée en vigueur de la limitation à 70km/h de la vitesse maximale de circulation qui y est autorisée.

Cela avait été un fameux changement, à l'époque. Plus de vingt ans que, sur ce boulevard, la rocade périurbaine la plus fréquentée d'Europe (1,3 million de véhicules par jour), la limite était fixée à 80km/h. Il avait donc fallu des années d'intenses débats (relire ici ou ) avant que la réforme soit mise en œuvre.

Deux ans plus tard, l'impact éventuel de ce changement sur la pollution atmosphérique et sonore reste à démontrer. De même, sur la fluidité du trafic. En revanche, en termes d'accidentologie, l'évolution est notable. Le nombre d'accidents y a diminué de 15,5%, pour s'établir «à son plus bas niveau depuis dix ans». 601 blessés corporels par an, précisément. Contre 627, un an plus tôt. Et un seul tué à la suite d'un accident de circulation survenu sur le périph'. Contre sept, un an plus tôt.

Sans doute est-ce déjà cela. Même si la baisse globale de l'intensité de la circulation automobile en France, due au ralentissement de l'économie – que ce blog notait, jeudi dernier – a peut-être aussi joué.

01/04/2016

Un humour potache

Pour bien achever la semaine, et parce que les occasions de sourire ne sont pas si fréquentes en ce moment, en France, évoquer cette petite initiative facétieuse prise par la RATP. Qui, en l'honneur de ce premier jour d'avril, rebaptise () treize de ses stations de métro et de RER.

Ainsi, ce vendredi, la station "Pyrénées" est appelée "Alpes", «dans un souci d’équilibre dans la promotion des chaînes de montagne françaises». Plus tard, elle deviendra "Jura". Quant à la station "Télégraphe", sur la même ligne 11, «dans un souci de modernisation», il faut désormais l'appeler "#Tweet". Etc, etc.

Dans ce style d'humour potache, on aime particulièrement la gare du RER A "Joinville-le-Pont" qui devient "Joinville-le-Pont Pon! Pon!". La station de métro "Saint-Jacques" à laquelle est ajouté le terme "Coquille". "Parmentier" qui est renommée "Pomme de Terre", parce que c'est plus clair: «personne ne se souvient d’Antoine Parmentier, connu pour son action de promotion en faveur de la consommation de la pomme de terre». Et "Opéra" qui se transforme en "Apéro", «pour une ville plus festive».

L'histoire ne dit pas si, en ce jour supposé comique, les usagers de la RATP auront l'occasion d'un peu plus sourire qu'à l'habitude, parce que les métros et les RER seront particulièrement ponctuels.

31/03/2016

Une éternité à attendre

Transports, Economie, Social, BelgiquePlus de 400 km cumulés de bouchons en région parisienne, ce matin. En ce jeudi qui est un jour de grèves et de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail.

L'occasion de faire écho à cette étude parue dernièrement, qui a calculé le temps que les automobilistes parisiens perdent chaque année dans les embouteillages.

Plus de 45 heures, en moyenne. Soit deux jours entiers à ronger son frein derrière son volant.

En la matière, Paris est championne de France, devant Lyon, Toulon, Bordeaux, Toulouse et Strasbourg. Dans le classement des capitales européennes les plus embouteillées, la "Ville lumière" pointe à la quinzième place, Londres trônant en tête (101 heures passées chaque année dans les bouchons, par ses automobilistes). Si l'on examine la situation pays par pays, la France est le septième Etat européen dont le réseau routier est le plus saturé, ses conducteurs perdant chaque année 28 heures dans les bouchons. C'est la Belgique qui, triste privilège, arrive en tête de ce palmarès (44 heures d'embouteillages).

En France, cela dit, comme dans nombre de pays européens, l'an dernier, la congestion routière a globalement diminué, si l'on en croit cette étude. «Cela peut s’expliquer en partie par une économie européenne ralentie», explique-t-elle. Généralement, en effet, «le ralentissement de l’économie et le taux de chômage élevé réduisent le nombre de conducteurs, et donc conduisent à un trafic moindre».

Vu sous cet angle, donc, il n'y aurait pas lieu de trop se plaindre des bouchons: ils seraient juste le signe que l'économie va plutôt bien. Sûr que cela ira droit au cœur des centaines de milliers d'automobilistes qui, en région parisienne aujourd'hui, vont pas mal s'énerver.

29/03/2016

Un revirement, en douce

 Sécurité, Police, Transports, Terrorisme, GouvernementC'était dans l'air – ce blog l'avait écrit, la semaine dernière –, et cela ne semble désormais plus faire le moindre doute. Finalement, la SNCF et l’Etat ne donneront pas suite au projet d'équiper toutes les grandes gares de France de détecteurs de métaux et de scanners à rayons X.

Un tel filtrage de l'accès aux quais des TGV, des trains Intercités et même des RER, comme c'est le cas dorénavant pour les lignes Thalys, cumule les désavantages, est-il analysé, en haut lieu. Il est à la fois trop coûteux (en personnel de surveillance, singulièrement.) et trop perturbant pour le fonctionnement quotidien des gares (création de longues files d’attente, etc.).

Conséquence: à Paris, il était prévu de que de tels portiques soient testés, ces jours-ci, aux entrées de la gare de l’Est. Il n'en sera rien. Ce dispositif de sécurisation sera «mis en place autrement», a confirmé, l'autre jour (ici), un membre de la direction générale de la compagnie des chemins de fer. D'autres moyens sécuritaires, encore peu définis, seront privilégiés.

Pourquoi pas. Mais il est tout de même curieux qu'un tel revirement soit annoncé par un responsable d'entreprise publique. Et que pas le moindre membre du gouvernement ne s'en explique devant l'opinion publique, et donc assume politiquement ce changement de cap. Où est donc passée la ministre des Transports, Ségolène Royal, qui, il y a trois mois, se fit tant de pub, sur ce sujet?

24/03/2016

Une promesse en l'air

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeLes jours passant, l'évidence semble se faire: le renforcement des mesures de sécurité dans les transports publics, promis (ici) par le gouvernement Valls au lendemain des attentats de Bruxelles, est très largement infaisable. Dans la configuration telle qu'elle a été annoncée, en tout cas.

Permettre que seules les personnes en possession d'un billet et d’une pièce d’identité aient accès aux infrastructures de transports? Y systématiser les fouilles de bagages et palpations de sécurité? Pour le syndicat CFDT (voir ), ce sont des annonces «incompréhensibles et irréalisables». Notamment parce que «la conception des infrastructures de transports, et la structuration et l’organisation des déplacements à l’intérieur de celles-ci rendent très complexe la gestion de leur sécurisation».

Une illustration, avec la gare SNCF de Paris-Montparnasse. Elle compte... une quinzaine d'accès différents. Les sécuriser tous, en affectant des vigiles à chacun de ces accès, coûterait des budgets que personne n'a. L'alternative, réduire massivement le nombre de ces portes d'entrées ou de sorties, est à manier avec prudence. Cela ralentirait les flux d'usagers, donc engorgerait encore un peu plus une gare qui l'est déjà pas mal, aux heures de pointe.

Quant à la généralisation envisagée des portiques de sécurité, elle poserait un gros problème d'espace disponible. Un exemple, là, à la gare de Paris-Nord. La ligne Eurostar, qui fonctionne sur ce modèle, ne représente que 3% du trafic total de cette gare. Mais elle monopolise à elle seule 13% de la surface de la station, avec ses quais qui lui sont réservés, les espaces d’attente et de contrôle qui lui sont dédiés, etc. Comme l'a calculé la télé France 3 Ile-de-France, hier soir, «si on veut traiter de la sorte 100% du trafic, il faudrait une gare du Nord quatre fois plus grande. Une telle perspective est évidemment illusoire, même en imaginant creuser trente mètres sous terre, sous les actuelles lignes de RER».

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeCela poserait aussi un problème financier. Les portiques qui, à Paris-Nord, sécurisent désormais l'accès aux quais du Thalys coûtent à la SNCF 2,5 millions d’euros par quai et par an. En frais de personnel, notamment: 100 emplois équivalents temps plein. Généraliserait-on ces portiques aux 17 quais et 31 voies que compte la gare, que cela coûterait plus de 40 millions d'euros et 850 emplois.

Dans ces conditions, on comprend que les syndicats de transports réclament d'être reçus «dans les plus brefs délais» au ministère de l'Intérieur. Pour qu'il leur explique comment diable il compte bien s'y prendre pour concrétiser ses annonces. Qui, à ce stade, semblent être surtout des paroles en l'air.

07/03/2016

Un «précédent jamais égalé»

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesImaginez la scène. Vous descendez d'une rame de métro et vous dirigez vers la sortie de la station. Dans les couloirs, vous tombez sur des contrôleurs de billets. Une fois dehors, vous envoyez un SMS à la personne avec laquelle vous avez rendez-vous. Vous savez qu'il lui arrive de voyager sans payer. Vous lui proposez, du coup, de vous retrouver plutôt à la station suivante, pour éviter qu'elle se fasse à son tour contrôler et donc mettre à l'amende. Ce texto que vous lui avez envoyé – petite attention amicale, à défaut d'être civique vous vaut ... deux mois de prison (avec sursis, tout de même) et 3 750€ d’amende.

C'est ce que prévoit une proposition de loi que les députés examineront en dernière lecture, cette semaine (mercredi, en l'occurrence). Elle ambitionne de prévenir et de réprimer «les incivilités, les atteintes à la sécurité publique et les actes terroristes dans les transports collectifs». En son article 13, elle sanctionne les personnes qui signalent la présence de contrôleurs en train d'opérer dans les gares, stations et rames de la RATP ou de la SNCF. Dans le collimateur, outre les textos ou les messages postés sur les réseaux sociaux, les applications qui proposent un tel "service".

Les partisans de cette mesure la justifient par le coût de la fraude dans les transports. Elle entraîne chaque année un manque à gagner de plus de 350 millions d'euros, pour les sociétés concernées. En outre, argumentent-ils, ces applications de signalement des contrôles, si elles étaient utilisées par des terroristesqui, après avoir tué, prendraient la fuite en métro, en RER ou en train leur permettraient de réduire les risques d'être appréhendés.

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesLe patron de "CheckMyMetro", une appli qui propose cette fonction, ne décolère pas. «Deux mois de prison pour un SMS à un ami, c'est totalement disproportionné et grave, dans un état de droit. La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires. Est-il strictement et évidemment nécessaire de mettre en prison des gens qui indiquent la présence de contrôleurs? Je ne le crois pas».

L'homme a mis en ligne une pétition. Elle dénonce notamment la «dérive sécuritaire et liberticide» que constituerait «le précédent jamais égalé» qu'instaurerait une telle mesure: on «punirait pénalement un simple commentaire». A ce jour, sa pétition a récolté quelque 1400 signatures.

04/03/2016

«Une prise de conscience de ses actes»

A Paris, cette semaine, les amateurs de la petite reine en ont beaucoup parlé. Le groupe français JC Decaux, numéro 1 mondial du vélo en libre-service, a dû rappeler 4 600 bécanes. Dans la capitale, mais aussi dans des villes comme Lyon, Toulouse, Nantes ou Marseille. En cause, «un problème de fabrication identifié par un fournisseur et pouvant affecter le bon fonctionnement de certains modèles de freins arrière». La société a pris soin de préciser qu'à ce jour, «aucun incident n'a été signalé». Et que tous les vélos  «qui demeurent accessibles en station ne sont pas concernés».

S'agissant de Vélib, une autre nouvelle est passée, elle, plus inaperçue, dernièrement. A savoir, l'application désormais aux adultes également du principe du «Tu casses, tu répares».

En termes juridiques, cela s'appelle la réparation pénale. Depuis 2013, en vertu d'une convention entre la mairie de Paris, le parquet et la protection de la jeunesse, les mineurs pris à dégrader ou à voler des Vélibs ont une alternative, s'ils veulent éviter de passer devant le juge. Travailler pendant deux jours dans les ateliers de réparation de la société. Ils y sont encadrés par un responsable de l’association qui est chargée d'appliquer cette réparation pénale ainsi que par un chef d’atelier formé au tutorat. Pendant ces deux jours, ils sont formés aux rudiments de la mécanique du vélo, puis prennent part à la réparation des cycles et des pièces endommagés.

«Cette mesure permet au jeune impliqué de prendre conscience de l’impact de ses actes», se réjouit-on, chez Vélib. «Depuis la mise en place du dispositif, aucun des mineurs accueillis en atelier n’a récidivé». Désormais, donc, une convention signée entre Decaux et le ministère de la Justice étend ce système de réparation aux adultes y compris. Toujours, bien sûr, sur base volontaire uniquement (il ne s'agit pas de travaux forcés), et sur le mode des travaux d'intérêt général.

Certaines années, jusqu'à 8 000 Vélib’ sont vandalisés ou volés (87% étant ensuite retrouvés), dans la capitale française.

02/03/2016

Un serpent de mer, ranimé?

Puisque ce blog évoquait hier les projets parisiens qui mettent des années à aboutir, donner des nouvelles de ce qui est vraiment un serpent de mer. Et depuis des décennies, lui, carrément. Mais la tête de la bestiole semble enfin commencer à sortir tout doucement de l'eau.

La liaison CDG-Express, en l'occurrence. Ce train rapide qui, tous les quarts d'heure, relierait directement la "Ville lumière" à l'aéroport de Roissy CDG, pour un coût de réalisation évalué à 1,6 milliard d'euros. Dernièrement, alors qu'un coordinateur interministériel a été nommé, une ordonnance consacrée à ce méga-chantier est parue au Journal Officiel. Elle a attribué à une filiale de la SNCF ainsi qu'à la société Aéroports de Paris une «mission de conception, financement, réalisation et exploitation» du projet. Une «partie minoritaire du capital social de cette société de projet» pourra être ouverte à des tiers: au secteur privé, donc. Sachant que la construction de cette liaison de 32 kilomètres ne donnera lieu à aucune subvention de l'Etat. Vu l'état de la compagnie nationale de chemins de fer – lourdement endettée –, cette ligne pourrait être financée en partie par une taxe sur les billets d'avion, prélevée sur les passagers qui décollent de Roissy ou y atterrissent.

L'horizon est encore loin, puisque cet éventuel CDG-Express pourrait n'être opérationnel qu'en... 2023. Du moins, si le serpent de mer, d'ici là, n'a pas replongé dans les abysses de l'indécision politique.

On va donc encore pendant très longtemps entendre parler de ce projet. Voire se quereller, à son sujet. En effet, les oppositions ne manquent pas à l'encontre de ce CDG-Express qualifié par ses détracteurs (ici, par exemple) d'«inutile et coûteux». Eux lui préférerait une amélioration de la ligne du RER B, qui relie l'aéroport à la capitale – et qui, il est vrai, est dans un piètre état.

01/03/2016

Un changement qui prit tant de temps

 Paris, Transports, Tourisme, EconomieComme quoi, des choses changent tout de même, en France. Pays qui est si souvent critiqué pour son allergie supposée aux réformes. Pour preuve, ce lundi, entre en vigueur une mesure dont la région parisienne parlait depuis des années – peut-être même depuis dix ans, au total.

Finie, l'insécurité tarifaire dont se plaignaient les clients des taxis voyageant entre Paris et ses deux grandes plateformes aéroportuaires: Roissy CDG et Orly. Après d'innombrables hésitations, lenteurs et protestations (relire par exemple ici ou ), c'est désormais acquis: sur ces tronçons, le prix de la course sera forfaitaire.

Pour info aux habitué(e)s de ce blog à qui il arriverait de préférer le taxi au RER entre Paris et Roissy/Orly, ou dans le sens inverse, voici le détail de ces nouveaux tarifs dorénavant fixes. Concernant Orly, 35 de ou vers Paris rive droite et 30 pour Paris rive gauche. S'agissant de Roissy, 50 de ou vers la rive droite et 55 pour la rive gauche.

Cette réforme est supposée contribuer à la dynamisation du tourisme, en région parisienne. L'histoire ne dit pas (encore) si le sourire et l'amabilité du conducteur sont compris dans ces forfaits de taxi.

29/02/2016

Un cynisme effarant

Effrayer les gens, pour mieux les détrousser. Leur faire croire qu'un attentat est en train d'être commis, afin que, dans le mouvement de panique qu'il produit, ils soient plus vulnérables aux pickpockets. C'est ce qui s'est passé ce week-end, à Paris.

Dimanche matin, dans une rame de métro qui stationnait à la station "Tuileries", des malandrins ont subitement fait exploser une grande quantité de pétards. Qui pouvaient faire croire qu'une attaque terroriste était en cours. Le groupe a ensuite profité du mouvement de panique qui a suivi pour tenter de voler des voyageurs.

Deux personnes ont réussi à prendre la fuite, mais quatre de leurs complices présumés ont pu être interpellés. Ils vont devoir faire face à de lourdes charges pénales (mise en danger de la vie d'autrui, violences volontaires en réunion avec arme dans un transport collectif de voyageurs, tentative de dégradation par moyen dangereux), qui pourraient leur valoir des peines de prison ferme.

A la préfecture de police de Paris, on n'est pas encore revenu d'un tel modus operandi. Jamais vu précédemment, dans la capitale française. Et d'un cynisme si effarant, en plein contexte d'alerte antiterroriste maximale.

23/02/2016

Un mauvais bilan, forcément

Puisque ce blog évoquait les transports hier, relater ces mauvais chiffres qui viennent de sortir, relatifs à la ponctualité des transports publics parisiens en 2015.

Décidément, cela ne s'arrange pas. Pas la moindre ligne de RER n'a rempli les objectifs qui lui avaient été assignés. La palme de l'irrégularité revient encore et toujours au RER A, qui n'a affiché que 84% de trains à l’heure – encore moins bien qu'en 2014. S'agissant des lignes de trains SNCF "Transilien", une seule sort du lot.

Dans le métro, en revanche, cela va mieux. Hormis, bien sûr, pour la satanée ligne 13, plus saturée que jamais. Globalement, l'objectif de 95% de métros à l'heure a été respecté. Le taux de 100% qu'affichent la 1 et la 14 est, bien sûr, artificiel, puisque ce sont des lignes entièrement automatisées – ce qui, cela dit, ne les met pas à l'abri de gros couacs (cfr )

Ce très mauvais bilan est dû en partie à l'année si dramatiquement particulière que Paris et sa banlieue ont vécue, en 2015: les attentats de janvier puis de novembre, et le renforcement considérable du dispositif d'alerte anti-terroriste. Cela a entraîné nombre d'interruptions et de ralentissements de trafic, dus par exemple à la multiplication des alertes pour colis suspects (relire par exemple ici ou ).

22/02/2016

Un contraste frappant: curieux

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueOù en est-on dans l'application des mesures de sécurité renforcées concernant les trains Thalys? Deux mois après l'apparition des premiers portiques en gare de Paris-Nord. L'autre jour, un aller-retour express en Belgique a été assez éclairant.

Côté français, le dispositif d'accès aux trains semble désormais rôdé. Quelque 260.000 voyageurs et leurs bagages sont déjà passés sous ces fameux portiques. Le public a intégré le fait que, désormais, il faut être présent en gare au moins vingt minutes avant l'heure de départ du train. Globalement, donc, le dispositif de sécurité semble appliqué sans causer d'agitation et/ou de désorganisation majeures.

Le contrôle des pièces d'identité n'est plus qu'aléatoire, mais il est très fréquent; des agents des douanes et de la police sont présents sur les quais à chaque départ et arrivée de train. Seul accommodement apparentdestiné sans doute à assurer une certaine fluidité de l'embarquement –: les voyageurs ne subissent plus que très rarement des palpations de sécurité. Ils sont même dispensés d'ouvrir leur manteau au moment de passer sous le portique.

Par rapport aux contrôles effectués à Bruxelles-Midi, en revanche, c'est le jour et la nuit – du moins, cela l'était le jour où on est passé dans cette gare.

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueLà, pas de portique, pas d'inspection de bagages, pas de fouille, pas de vérification d'identité. Rien. Juste, tout de même, le billet à montrer avant de monter dans le train. Et pas mal de militaires qui patrouillent.

Fin décembre (relire ), au-delà de nuances dans leur style, la rigueur des contrôles était analogue, d'une gare à l'autre. Deux mois ont passé, et ce n'est plus le cas. Qui sait, donc, pas mal d'usagers du Thalys se posent-ils des questions, en constatant un contraste aussi frappant entre la Belgique et la France.

Alors que, à Paris, en boucle et à longueur de journées (voire par exemple ici ou ), les responsables politiques continuent d'insister sur le maintien de la menace à un niveau extrêmement élevé.

04/02/2016

Une mobilisation encore incomplète

Femmes, Sécurité, Transports, MétroL'an dernier, 114 agressions sexuelles perpétrées dans les transports publics parisiens ont été élucidées. Le chiffre a été donné hier, par la préfecture de police de Paris. Ces agressions sont imputées à vingt "frotteurs". Ainsi que l'on surnomme les individus qui profitent de la cohue des heures de pointe pour agresser sexuellement leurs victimes.

Dans le cadre du dernier plan en date du gouvernement pour lutter contre le harcèlement sexiste, une unité spéciale a été créée au sein de la la police parisienne des transports. En outre, plusieurs jugements ont été prononcés à l'encontre de tels harceleurs. Il semble donc que les autorités commencent enfin à se bouger contre les auteurs de violences sexuelles dans les transports – un vrai fléau quotidien, pour tant d'usagères.

Juste, certains élus politiques, eux, mériteraient visiblement toujours d'êtres un peu secoués.

Ainsi, il semblerait (voir ici ou ) que, dernièrement, soit passées à la trappe du Sénat toutes les dispositions relatives au harcèlement sexiste, qui étaient contenues dans la future loi renforçant la sécurité dans les transports publics – loi née à la suite de l'attaque du Thalys, cet été. Pour d'obscures raisons techniques, ce volet du texte a été retiré, et n'a donc pu être débattu (). Il imposait notamment aux sociétés de transport de former leur personnel de sécurité à la problématique des violences sexuelles.

Encore bravo.

25/01/2016

Un bug «exceptionnel»

 Paris, Métro, TransportsTrafic normal sur l'ensemble de la ligne 1 du métro, ce matin. Après les énormes problèmes qu'a connus, pendant une bonne partie du week-end, cette ligne qui est une des plus fréquentées de la capitale: 750.000 voyageurs chaque jour.

Du jamais vu, depuis son automatisation: la panne complète de tout le système d'exploitation qui, en temps normal, assure la transmission des informations du poste de commandement centralisé, situé à Bastille, vers les rames. Du coup, celles-ci ne pouvant fonctionner à l'aveugle, la coupure générale de l'alimentation électrique sur toute la ligne. Et l'arrêt complet du trafic. Le bug, survenu vendredi en fin d'après-midi, n'a été résolu que samedi dans la matinée. Entre-temps, une quarantaine de rames bloquées en gares ou dans les tunnels ont dû être évacuées.

Les réseaux sociaux se sont déchaînés (, par exemple). La RATP a beau avoir mobilisé «une centaine d'agents» pour les opérations d'évacuation puis avoir présenté ses plates excuses aux voyageurs pour cet «incident exceptionnel», elle s'est fait incendier par ses usagers. «Cette ligne est vraiment pourrie! Depuis l'automatisation c'est encore pire!!», lui a-t-il été lancé. Ou «On se fiche de vos excuses et vous n'aurez jamais ma compréhension. Il est temps de passer aux dédommagements». Ou «Ce n'est pas en mobilisant 80 idiots que vous réglerez un mauvais fonctionnement chronique». Ou «Mais quels gros nazes! Et c'est comme ça tous les jours». Ou encore «Vous ne contrôlez plus vos machines... Résultat, on reste là à galérer dans les bouches de métro dans le froid, merci hein».

Ce sont particulièrement les modalités d'évacuation de milliers d'usagers puis ses suites qui ont énervé. «Je n'ai jamais vu un truc pareil. Un manque de professionnalisme certain». «Trop aimable (les excuses), on aurait préféré que vous renforciez la logistique, surtout à la Défense. 1 bus toutes les 15 minutes c'est léger». «Non mais ouvrez les portes!!!!!!!!» des rames immobilisées. «Juste sortir! Ca devient étouffant et les enfants commencent à flipper!». Sans oublier cette remarque liée au contexte sécuritaire ambiant: «Evacuation bien compliquée... Alors que tout le monde est calme et coopératif... On n'ose imaginer d'autres circonstances...»

 Paris, Métro, TransportsAu-delà de ces désagréments, cette défaillance majeure du système de pilotage automatique est une catastrophe en termes d'image, pour une RATP qui se vante d'avoir pris «le leadership mondial» dans ce type de pilotage. Et, qui sait, cela promet-il, pour l'avenir. Puisque la prochaine ligne très fréquentée qui est en cours d'automatisation, la 4, bénéficiera du même système d'exploitation que celui qui a magistralement planté sur la 1, ce week-end.

22/01/2016

«Une initiative déplacée»

Ne pas partir en week-end sans faire écho à ce qui a sans doute été l'info parisienne la plus improbable de la semaine. La "Ville lumière" va bientôt accueillir... une course automobile.

Un Grand Prix, non de Formule 1, mais de Formule E: son équivalent pour les voitures électriques. Ce sera le 23 avril. Une vingtaine de monoplaces rivaliseront en faisant des boucles à plus de 200 km/h autour de l'Esplanade des Invalides, sur un circuit de deux kilomètres. Des tribunes pouvant accueillir 15 000 personnes seront construites spécialement pour l'occasion. Jamais depuis la Libération (le Grand Prix Automobile de Paris, au Bois de Boulogne en 1945), un tel événement n'avait été organisé dans la capitale française.

Le patron de la Fédération internationale de l'automobile, Jean Todt, ne se tient plus: «C'est un rêve d'un demi-siècle qui se réalise», et ce sera «notre meilleur ambassadeur pour montrer le développement de la technologie». Dans la foulée, la maire de Paris, Anne Hidalgo, est sûre que la compétition «va permettre de donner un bon coup d'accélérateur à la mobilité électrique». Mais tout le monde n'est pas aussi enthousiaste.

Les élus Verts de la capitale font la grimace. Et, hier, ils ont été relayés () par les associations d'usagers des transports publics, du vélo, etc., qui y voient «une initiative déplacée». A leurs yeux, «cette promotion inattendue et consternante de la vitesse (230 km/h annoncés!), sous prétexte d’écologie, est perverse: on sait que la vitesse est la cause principale des accidents routiers. Elle est totalement contradictoire avec la volonté affirmée par ailleurs d’apaiser Paris, d’y réduire la place de la voiture, d’y encourager la marche et l’usage du vélo par la généralisation des zones 30. Bien loin d’être "un signal fort adressé au monde", cette initiative est nocive pour l’image internationale de Paris: imagine-t-on un tel rodéo à Copenhague ou Amsterdam, villes où la voiture a été remise à sa juste place sans être exclue, et où le bien-être des habitants est une priorité des élus?».

La seule consolation des opposants à cette initiative est acoustique. Au moins, les bolides qui participeront à la compétition seront-ils entièrement silencieux, loin du raffut assourdissant qui est celui des compétitions de Formule 1.

Sans doute est-ce déjà cela.

20/01/2016

Une baisse continue

Le froid freinant la dispersion des polluants, un épisode de pollution atmosphérique est en cours ce mercredi, à Paris. Et ce sera sans doute encore le cas demain jeudi. A nouveau cette satanée pollution par les particules fines PM10. Alors que, hasard de l'actualité, les députés viennent de voter (voir ) la proposition de loi prévoyant l'automaticité du déclenchement de mesures d’urgence, en cas de pics de pollution.

Ces particules fines sont dues notamment – mais pas seulement – à la pollution automobile. C'est donc l'occasion d'évoquer cette étude parue il y a quelques jours et qui a fait beaucoup parler d'elle, dans la capitale française. Et pour cause: elle confirme une évolution majeure, concernant les modes de déplacement qui y ont cours.

En 2014 (la dernière année étudiée), la circulation automobile dans Paris intra-muros a encore baissé de 4%, par rapport à l'année précédente. Il se confirme donc, plus que jamais, que le trafic automobile est en chute libre, dans la "Ville lumière". On le constate depuis 2001. Au total, ces quinze dernières années, ce trafic y a été réduit de 30%  ce qui n'est tout de même pas rien.

Cela dit, avec une vitesse moyenne de circulation qui, sur les grands axes de la capitale, est limitée à 15,2 km/h seulement, on comprend un peu que les automobilistes rechignent à prendre le volant – quand ils ont la possibilité d'opter pour un autre mode de déplacement.

Cette baisse du trafic automobile se répercute sur les chiffres de l'accidentologie. Le nombre d'accidents de la route déplorés dans la capitale est en légère baisse (-2%). Ce qui fait tout de même encore plus de quinze accidents de la route chaque jour, dans Paris.