07.02.2012
Un avis (tranché)
Angela Merkel était donc à Paris lundi, pour soutenir Nicolas Sarkozy en vue des présidentielles. Ecrivant hier sur le sujet, pour «La Libre» version papier, on expliquait que cet appui de la chancelière allemande n'allait pas forcément aider le Président français à réduire le fossé qui, d'après les sondeurs, le sépare des classes populaires et ouvrières. Il y a quelques semaines, un sondage TNS-Sofres a témoigné de cette défiance d'une partie pas marginale de l'électorat populaire envers le couple franco-allemand et envers son fonctionnement.
Ainsi, près d'un ouvrier français sur cinq (21%) voit l'Allemagne avant tout comme un pays «concurrent», 9% de cette catégorie de la population considérant carrément cet Etat comme «un adversaire». Et 69% des ouvriers ne font pas confiance au tandem Sarkozy-Merkel pour résoudre la crise.
La même réticence serait-elle de mise en banlieue de Paris? L'autre jour, en tout cas, prenant le RER A puis débarquant dans une gare quelques stations plus tard, on n'a pu que constater que la plupart des panneaux publicitaires y avaient été maculés par un(e) anonyme. Maculés d'un seul et même slogan. Qui, à défaut d'être d'un goût exquis, était au moins très visible et très parlant: «Pas besoin de sexe en 2012 SARKO-MERKEL nous baisent déjà A SEC».
Certes, un slogan isolé ne fait jamais une opinion. Et, même lorsqu'ils sont peinturlurés dans toute une station, ils ne traduisent pas forcément le sentiment de l'électorat de l'ensemble d'une région. Mais enfin, dans certains coins de la banlieue de Paris en tout cas, vis-à-vis de certains électeurs, il semble y avoir comme un déficit d'explications et de persuasion de l'Elysée, sur cette question...
11:36 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : international, personnalités, social, economie, transports, banlieues, activisme
23.01.2012
Un mésusage
Non, on n'a pas subitement adhéré à une ligue moraliste et/ou anti-alcool. Mais, vivant dans un coin de Paris très fréquenté par les fêtards et autres noctambules – et où, donc, la boisson coule à flots –, on a été assez impressionné par les chiffres sur l'alcool dans la capitale, que vient de donner la préfecture de police.
L'alcool désinhibe, c'est bien connu – et c'est souvent cela qui est assez drôle. Mais, parfois, cette désinhibition tourne vraiment (très) mal. Ainsi, à Paris l'an dernier, «22% des auteurs de violences sexuelles ont agi sous l’emprise de l’alcool». Ce fut aussi le cas de «19% des auteurs de violences» non motivées par des raisons crapuleuses. Dans cette catégorie, par exemple, 19% des coups et blessures volontaires ont été portés par quelqu’un qui était en état d'ébriété.
Dans un autre registre, l'alcoolémie a joué un rôle dans 28% des 50 accidents de la circulation qui, à Paris en 2011, ont tué – tué 6 piétons et 6 motocyclistes, notamment. En outre, parmi les 4.681 conducteurs qui, dans la capitale, ont vu leur permis de conduire suspendus par le préfet, 75% conduisaient en état d’ivresse (et 5% sous l’emprise de stupéfiants).
A Paris comme dans toute la France, dès le mois de mars prochain, l'éthylotest fera partie des équipements devant impérativement être présents dans chaque véhicule, à l'instar du gilet jaune fluo, du triangle de signalisation, etc. Les automobilistes ayant bu seront censés avoir soufflé dans le ballon avant de démarrer leur véhicule.
Reste à voir si cette obligation sera respectée. Et si, à Paris en 2012, le mésusage de l'alcool aura globalement moins de conséquences dramatiques que l’an dernier.
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10.01.2012
Une année d'énormes travaux (encore)
Il va falloir supporter encore plus le bruit des bétonneuses et des marteaux-piqueurs, à Paris cette année – comme s'il n'y avait pas déjà assez de vacarme dans cette ville...
C'est ce qu'on s'est dit hier soir, en passant place de la République. Où, soit dit en passant, cela va aussi bouchonner, klaxonner, s'énerver et polluer encore un peu plus qu'avant, cette année.
Hier lundi, en effet, ont débuté les travaux de réaménagement de la grande place de l'Est parisien. L'idée est de la transformer en vaste et belle «esplanade piétonne arborée». «De nouveaux arbres, un bassin, un miroir d'eau», et une circulation automobile complètement chamboulée, qui ne fera plus le tour de la place, comme depuis toujours, mais sera reléguée sur un de ses flancs. Pourquoi pas. On verra. C'est au printemps 2013 qu'on jugera cela.
Le vacarme des travaux toujours, et pour encore un sacré bout de temps, au centre-ville cette fois: aux Halles.
L'immense chantier de rénovation et de réaménagement du complexe commercial et de ses alentours n'en est qu'à ses débuts: il ne sera pas achevé avant 2016. La mairie nous promet monts et merveilles. «Un nouveau jardin convivial ; un quartier piéton étendu et des voiries souterraines restructurées; un nouvel édifice inspiré de la nature, La Canopée, qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous; des cheminements simplifiés et plus confortables; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle; un Forum plus lumineux et moderne; des accès au Forum réorganisés… Avec un cœur de la métropole à l’image d’une capitale accueillante, vivante et dynamique, voilà le Paris de demain qui prend forme».
Mais, dans le quartier, il y a aussi des gens (là) pour qui ce projet pharaonique (802 millions de budget) est «absurde», «hideux», «exorbitant» et «interminable»: un vrai «scand'halles», en somme. Du coup, la bagarre se fait aussi devant les tribunaux. Et, s'il fallait donner le score de cet interminable match urbanistico-juridique, on dirait que c'est égalité 1 partout.
Côté pile, le tribunal administratif a rejeté le recours qu'avait introduit le comité de quartier contre le protocole financier, juteux, passé entre la ville de Paris et le consortium privé pilotant le projet: une filiale des groupes Axa et Unibail-Rodamco.
Mais, côté face, la mairie vient de voir annulé en justice l'avenant qu'elle avait conclu avec l'architecte de la Canopée: ce toit de verre géant – péniblement verdâtre, trouve-t-on, mais les goûts et les couleurs... – qui, à 14 mètres de haut, surplombera les futures Halles.
Les juges ont estimé que cet avenant augmentait de façon exagérément importante le montant du contrat initial. Le jugement «n'a nullement pour effet de remettre en cause l'opération des Halles, ni de suspendre ou retarder le chantier de la rénovation, qui se poursuit dans le calendrier prévu», a précisé illico (ici) la mairie.
A Paris, c'est sûr, on n'a pas fini d'en parler, de ce chantier.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, environnement, justice, transports
09.12.2011
Une augmentation impressionnante
C'est la mauvaise nouvelle de la semaine, pour les Parisiens utilisant les transports en commun. Le gouvernement a refusé d'exonérer les transports publics de Paris du passage de 5,5% à 7% du taux réduit de TVA, que le Parlement a récemment voté dans le cadre du dernier plan de rigueur en date. Du coup, les tarifs de ces transports vont eux aussi, dès début janvier, être augmentés: de 1,5%. En haut lieu, on n'a rien voulu entendre de l'argument de la majorité (de gauche) au pouvoir au Conseil régional, selon lequel «les transports publics font partie des produits de première nécessité, comme le chauffage ou l'alimentation», et auraient donc dû continuer à bénéficier d'une TVA à 5,5%.
Au total, quelques 8,5 millions de personnes sont concernées par cette augmentation. En juillet dernier déjà, comme chaque année à cette date, les tarifs des transports avaient été revus à la hausse. Et ce sera à nouveau le cas en juillet prochain – la mesure entrant en vigueur en janvier se superposant, bien sûr, aux augmentations annuelles.
Cela nous mettra le carnet de 10 billets à 12€70, et le billet à l'unité à 1€70.
Pour illustrer l'augmentation impressionnante des tarifs des transports publics en région parisienne, ce pourcentage, qui est confirmé par le STIF, l'autorité organisant ces transports. 42,8%. Avant même cette hausse de TVA, le prix du carnet de métro dans la capitale a crû de 42,8% entre 2000 et 2010.
C'est cela aussi, la vie quotidienne à Paris.
11:34 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, economie, gouvernement
05.12.2011
Une concurrence, ou l'autre
On l'a trouvé un peu aigri, Bertrand Delanoë ce matin, sur une radio. Le maire de Paris, qui a son caractère, déteste qu'on lui fasse de l'ombre. Ce matin, il donne le coup d'envoi à la grande marotte de son deuxième mandat: Autolib, le service de location de voitures électriques en libre-service. Mais, au même moment, se déroule un autre grand raout médiatique concurrent: celui que Nicolas Sarkozy consacre au RER, à La Défense. N'appréciant guère cette «indélicatesse», le maire de Paris ne s'est pas fait prier pour, ce matin, faire savoir que Nicolas Sarkozy et son gouvernement n'avaient «pas mis un euro» dans ces nouvelles rames du RER que le chef de l'Etat va inaugurer en grandes pompes...
Parlant de concurrence, cet Autolib ne fait pas que des heureux. Les compagnies de taxi et les sociétés de location de voitures sont folles de rage, et ont d'ailleurs porté plainte au tribunal administratif. Selon elles, on est clairement en présence d'une distorsion de concurrence. En effet, l'opérateur privé d'Autolib (le groupe Bolloré) a été aidé à hauteur de 250 millions d'euros par les pouvoirs publics parisiens pour développer ce service.
Les risques de concurrence, c'est aussi une des raisons pour lesquelles les Verts n'adorent pas ce dispositif. Selon eux, les Parisiens, pour leurs petits trajets en ville, risquent désormais de délaisser Vélib pour Autolib. «Cela remet en cause des années d'efforts pour réduire la circulation automobile», dans un centre-ville déjà notoirement sursaturé de bagnoles.
La concurrence, toujours, c'est ce que dénonce aussi le lobby des automobilistes parisiens. Pour l'instant, on ne compte que 250 stations Autolib à Paris et dans sa proche banlieue. Mais, à terme, le nombre de ces stations à l'allure de bulles à verre sera multiplié par quatre, qui proposeront au total 3000 véhicules de location. Autant d'engins qu'il faudra bien garer quelque part, donc autant de places de stationnement en moins destinées à l'automobiliste moyen – pour qui se garer dans Paris relève déjà si souvent du cauchemar quotidien.
11:13 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, environnement, delanoë, sarkozy
02.12.2011
Une visite de terrain?
Nicolas Sarkozy usager des transports en commun parisiens?! C'est le (gros) bruit qui a fait le tour des rédactions de la capitale, ce matin. Lundi, le chef de l'Etat pourrait bien s'offrir une escapade en métro et/ou en RER. Et profiter de l'occasion de cette visite de terrain pour s'offrir un bain de foule parmi des Parisiens moyens.
Le communiqué de l'Elysée n'annonce encore rien de tel. Il se borne à faire savoir que «le Président de la République se rendra lundi 5 décembre 2011 au CNIT (La Défense-Hauts-de-Seine) où il prononcera à 11h00 un discours sur la modernisation des transports urbains, à l’occasion de la mise en service des nouvelles rames du RER A». Mais, en haut lieu ce matin, on ne démentait pas que l'idée d'une telle visite de terrain était dans l'air.
Nicolas Sarkozy qui prend le métro et/ou le RER. Poireaute avec les usagers sur les quais. Fait le tour des petites boutiques de gare. Salue les usagers entre deux portillons. On imagine déjà le déploiement sécuritaire dantesque que cela provoquerait. On voit déjà bien la bousculade médiatique d'anthologie que cela susciterait.
Mais, à part cela, non non, le Président n'est pas en campagne pour sa réélection.
14:09 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, métro, paris, sarkozy
29.11.2011
Un «profond sentiment d'injustice»
Ce mardi, le gouvernement divulgue les résultats du premier «Baromètre international sur les points forts et points faibles de l’accueil des touristes en France». Un sujet important, ce pays restant, bon an mal an, la première destination touristique mondiale. Pour l'occasion, le ministre ad hoc organise ce matin un grand raout médiatique dans les salons de... Roissy. Cet aéroport qui, une enquête de satisfaction internationale après l'autre (relire ici ou là), n'en finit plus de se faire descendre en flammes.
Tout récemment encore, Roissy-CDG s'est vu décerner le titre d'«aéroport le plus détesté au monde». Cette distinction lui a été octroyée par une étude pour CNN. Si les aéroports de Los Angeles et de Londres Heathrow ne font guère mieux que lui, le premier aéroport parisien est sanctionné notamment pour la saleté de ses toilettes, la médiocrité de ses restaurants ou le manque de clarté de sa signalétique. Est également épinglé le caractère pas rarement «dédaigneux» qui serait celui de son personnel..
Aéroports de Paris (ADP), la société qui exploite Roissy et Orly, n'a pas officiellement communiqué sur cette distinction. Tout au plus une de ses porte-parole a-t-elle lâché, dans l'un ou l'autre média, que ce titre si peu enviable suscitait un «profond sentiment d'injustice» parmi le personnel d'ADP. Et d'ajouter: «Nous travaillons beaucoup pour nous améliorer».
ADP investit même aussi beaucoup, dans ce domaine. Dans les cinq ans à venir, elle consacrera un milliard d'euros à l'amélioration des installations de Roissy.
Ce chiffre, cela dit, peut prêter à deux lectures. Côté pile: il montre qu'en effet, les choses bougent. Côté face: l'ampleur de ce budget confirme à elle seule combien il y a du pain sur la planche, à Roissy-CDG, en matière de modernisation. Ce qui, finalement, n'est pas anormal, s'agissant d'un aéroport qui à la fois n'est plus tout jeune (1974) et qui, année après année, est de plus en plus sollicité (60 millions de passagers l'an dernier).
11:10 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, international, transports, gouvernement, art de vivre
24.10.2011
Un comble (encore)
Pendant toute leur campagne des primaires, les présidentiables socialistes n'ont eu de cesse de railler Nicolas Sarkozy sur sa grande promesse de «République irréprochable», qu'il avait faite en 2007. Car, selon le PS, cinq ans plus tard en guise de République exemplaire, en haut lieu en France c'est le règne de l'argent facile, du copinage, des réseaux opaques et de l'impunité à tous les étages. Bref: «un système corrompu», comme l'a répété à l'envi Ségolène Royal – avec ce grand sens de la nuance qui l'a toujours caractérisée.
A cet égard, mentionnons le comportement irréprochable qu'a eu ce week-end, une semaine donc après l'issue des primaires, un des hiérarques de ce PS pour qui les dirigeants du pays ont un «devoir d'exemplarité».
Il s'appelle Jean-Paul Huchon. C'est le président socialiste de la Région Ile de France: ex-strauss-kahnien de choc ayant rallié Martine Aubry. Dimanche après-midi, sur l'autoroute A13 en direction de Paris, il circulait au volant d'une grosse Saab, véhicule de fonction du Conseil régional. Les gendarmes l'ont contrôlé. Résultat: il roulait à 171 km/h, au lieu des 130 km/h autorisés. Son permis de conduire lui a été confisqué sur le champ.
Encore bravo.
11:16 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, police, transports, sécurité
07.10.2011
Une descente inattendue
Comme le diable se niche parfois dans le moindre détail, la politique sarkozyste de tolérance zéro à l'égard de l'insécurité s'applique parfois y compris à des domaines où, a priori, on ne l'attendait tout de même pas trop. Ainsi, ces derniers jours à Paris, les pandores ont-ils semé une fameuse pagaille parmi... les beautiful people. Dans le milieu si mondain des défilés de mode de la «Fashion week».
Raconté par la préfecture de police, cela donne ceci. «Le groupe des taxis et transports de personnes de la direction de l’ordre public et de la circulation a organisé des opérations de contrôle et de répression visant les véhicules assurant le transport de personnes, notamment des mannequins. Parmi les quelque 860 véhicules contrôlés, ont été relevées 148 infractions, principalement liées aux différentes réglementations s’appliquant au transport de personnes à titre onéreux. Près de la moitié d’entre elles sont des délits (39) – dont 26 procédures pour travail dissimulé – et des contraventions de 5e classe (33) – dont 14 défauts de carte professionnelle et 11 non-présentations de la copie conforme de la licence de transport».
Bigre.
L'histoire ne dit pas si les Uma Thurman, Sean Lennon ou autres Inès de la Fressange, quelques-unes des personnalités ayant assisté, par exemple, au défilé Chanel, ont été privées de limousines qui auraient été irrégulières, et donc ont dû rentrer chez elles en métro, comme le vulgum pecus. On ne sait non plus si Karl Lagerfeld, qui n'a pas l'air commode, a piqué une crise de nerfs outragée à la vue d'un tel déploiement policier dans un milieu aussi privilégié.
On espère juste que Bernadette Chirac, habituée des défilés, n'a pas été placée en garde à vue pour complicité de travail dissimulé.
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06.10.2011
Un opportunisme. De bon aloi?
Cela n'a sans doute pas échappé au taggueur qui, cet été dans notre quartier, a fait sourire pas mal de passants. En détournant le message d'avertissement («Souriez, vous êtes filmés») que l'on trouve habituellement dans les commerces vidéosurveillés de Paris. Il a bien dû remarquer, notre taggueur, que les autorités policières de la capitale n'avaient pas peu saisi l'occasion des pénibles faits-divers survenus ces derniers jours dans le métro parisien pour en remettre une couche dans leur lobbying en faveur de la vidéosurveillance.
A donc été très largement communiqué à l'opinion le fait que tel ou tel voyou avait pu être retrouvé puis arrêté grâce aux données fournies par telle ou telle caméra installée à tel ou tel endroit. A donc tourné en boucle, dans les médias, l'argument selon lequel, «incontournable à l'enquête judiciaire, la vidéo permet de résoudre plus d'affaires, et plus vite, dans l'intérêt des victimes». Ont donc été dits et répétés quelques chiffres censés sans doute impressionner le Parisien moyen. Comme ces 7000 séquences vidéo qui, en 2010, ont été réquisitionnées à la SNCF ou à la RATP par les policiers de Paris. Ou ces 53 «interventions (policières) vidéo guidées» qui, rien qu'en août dernier au Forum des Halles, «ont conduit au contrôle de 172 individus, dont 56 interpellations, une majorité liées aux stupéfiants».
Rebondir sur une actualité atroce pour taper sur le clou d'un argument sécuritaire: chacun jugera si cette réactivité, cet opportunisme finalement, est de bonne guerre ou de mauvais goût.
Quant aux Parisiens inconditionnels des caméras, ils apprendront avec ravissement que le grand «Plan de vidéoprotection» de la Ville lumière «se déroule conformément aux prévisions». Ainsi, l'été prochain, «la préfecture de police disposera de 1100 caméras de voie publique dans Paris. Les fonctionnaires de police auront aussi accès aux images des 15.000 caméras des partenaires comme la RATP, la SNCF, les grands centres commerciaux ou les stades».
A l'horizon 2016, rien que dans le réseau des transports publics en région parisienne, on trouvera 18.000 caméras, dont 600 embarquées dans des rames SNCF ou RATP.
Plus que jamais donc, à Paris dans les mois et années à venir, il conviendra, si l'on est soucieux de son image, d'arborer en permanence son plus beau sourire.
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