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11/06/2015

Une contrition tardive

Gouvernement, Valls, Sports, Economie, InstitutionsTirer sur l'ambulance n'étant jamais très charitable, on ne va pas en faire des tonnes sur Manuel Valls.

Qui, ce matin, a donc fini par faire son mea culpa, à propos de son extravagant aller-retour en Falcon gouvernemental, samedi soir – avec deux de ses enfants –, pour aller voir un match de foot à Berlin. Le Premier ministre mettra la main à la poche. Il remboursera une part des frais que cette escapade footballistique a occasionnés au contribuable.

Juste, donc, signaler deux choses.

D'abord, noter qu'il a fallu cinq jours (cinq!) au chef du gouvernement, pour qu'il réalise et admette sa grosse faute de goût. C'est très long, comme délai de réflexion et de contrition. Et encore heureux qu'un sondage assez catastrophique pour lui a été diffusé hier soir, sinon, les Français auraient sans doute été quitte pour quelques jours d'attente supplémentaires.

Ensuite, remettre tout de même les choses à leur place. Cet aller-retour footeux a coûté quelque 20.000 euros à la République. Dans un pays dont le déficit public se monte, selon le dernier décompte disponible (), à... 59,8 milliards d'euros. On est donc là dans le registre du symbole.

Mais parfois, en politique comme ailleurs, ça compte, les symboles.

03/07/2014

Un étonnement ou l'autre

Personnalités, Sarkozy, Valls, Langue française, Justice, Communication«Dans les yeux». Le grand retour radiotélé de Nicolas Sarkozy, hier soir, nous a fait sursauter au moins sur un point. Quand, regardant ses intervieweurs bien droit «dans les yeux», il leur a assuré qu'il n'avait rien à se reprocher. On aurait été lui qu'on se serait bien gardé d'utiliser une telle expression. Si connotée en politique française, depuis que, «les yeux dans les yeux» de toute la classe politique et médiatique, pendant des mois, l'ex-ministre PS Jérôme Cahuzac assura ne pas détenir un compte bancaire non-déclaré à l'étranger. Avant de finir par devoir reconnaître les faits, mettant piteusement son mensonge sur sa «part d'ombre». Pas sûr, dès lors, que Nicolas Sarkozy avait vraiment intérêt à proclamer son innocence «dans les yeux» de ses interlocuteurs, et à travers eux dans ceux des Français

Le matin même, déjà, on avait au moins autant sursauté, à l'écoute cette fois de Manuel Valls. En entendant le Premier ministre lâcher, à propos de Nicolas Sarkozy: «Les faits sont graves». Or, à ce stade, il n'y a pas de «faits»: juste des présomptions pesant sur l'ex-Président, des indices graves et concordants. Ce dérapage faisait furieusement penser à celui qu'avait commis, en juillet 2003, un certain... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Quand il avait annoncé «l'arrestation de l'assassin» en cavale du préfet de Corse, Claude Erignac. Alors qu'Yvan Colonna, à ce moment-là et par la force des choses, n'avait pas encore été jugé et encore moins condamné, donc était présumé innocent. Manuels Valls a beau détester être comparé à Nicolas Sarkozy, là, pour le coup, il lui a fameusement ressemblé, dans son écart de langage.

A la fin de cette journée, d'ailleurs, il était assez stupéfiant de constater que ces deux étrangetés de communication avaient été le fait de deux hommes politiques qui sont pareillement censés être de très grands experts en com', et qui sont à longueur de journées entourés et conseillés par des hauts communicants supposés de choc.

C'est à n'y plus rien comprendre.

10/06/2014

Un amalgame, de l'autre côté cette fois

Activisme, Personnalités, Valls, Sarkozy «NI VALLS NI LE PEN». C'est l'inscription en lettres capitales et en format géant qu'un quidam a laissée, ce week-end, sur le rideau métallique d'un commerce du boulevard Richard Lenoir, dans notre onzième arrondissement.

Comme on aperçoit ce tag depuis la fenêtre de notre bureau, on peut témoigner que bon nombre de passants, le découvrant, tombent en arrêt. S'interpellent à son sujet. Se marrent ou s'offusquent. Voire le prennent en photo. Bref, il ne passe pas inaperçu.

Cela rappelle ces affiches qui, pendant la campagne présidentielle de 2007, avaient, une nuit, fleuri sur les murs de Paris. Elles disaient «Votez Le Pen», mais, sous ce slogan, montraient... le visage de Nicolas Sarkozy. Manière, pour les associations de gauche à l'origine de cette campagne, de dénoncer l'ultra-droitisation du candidat de la droite. A l'époque, cet amalgame entre droite et extrême droite avait fait grand bruit.

Pour la petite histoire, Nicolas Sarkozy y avait plutôt habilement réagi. Au lieu de monter lui-même au créneau – ce qui aurait donné encore plus d'écho à cette initiative –, il avait envoyé au front l'auteur du cliché utilisé sur ces affiches: un grand photographe de mode. Qui avait menacé les associations d'un procès, pour avoir utilisé l'image sans en détenir ni les droits d'auteur, ni l'autorisation de son créateur. Craignant d'être condamnés à des dommages et intérêts astronomiques, les anti-sarkozystes avaient dû mettre fin à leur campagne d'affichage – son visuel n'en avait pas moins connu un grand succès sur le net.

Une demi-douzaine d'années plus tard, donc, rebelote. Avec cette fois, le nom Le Pen qui se réfère non au père, mais à la fille. Et qui est accolé à une personnalité étiquetée non plus à droite, mais à gauche. Pas sûr que l'intéressé d'aujourd'hui appréciera davantage que celui d'hier.

29/04/2014

Une indélicatesse

Personnalités, Valls, FemmesQuelle mouche a piqué Manuel Valls? Ce mardi après-midi, le Parlement débat et vote son programme de stabilité budgétaire 2014-2017, prévoyant 50 milliards de réductions de dépenses publiques dans les trois années à venir. Hier, en prévision de cette échéance, le Premier ministre a adressé un courrier aux députés socialistes, dont nombre n'approuvent pas de gaieté de coeur ce plan de rigueur. Histoire de tenter de les amadouer, avant le vote fatidique. Or, la formulation de l'accroche de sa lettre n'était pas d'une grande délicatesse.

«Messieurs les députés, chers amis», disait cette missive. Or, parmi les députés socialistes à qui elle était destinée, figurent... une centaine de femmes. C'est donc carrément un tiers de la représentation socialiste à l'Assemblée nationale qui a ainsi vu son genre nié, d'un trait de plume primo-ministérielle.

Encore bravo.

08/04/2014

Un air de déjà-vu

Personnalités, Communication, VallsLe grand jour de Manuel Valls, ce mardi. Cet après-midi, le nouveau Premier ministre prononce son discours de politique générale, devant l'Assemblée nationale. Qui, ensuite, procédera au vote de confiance.

A Paris, aux devantures des kiosques à journaux, on ne voit plus que lui, depuis sa nomination à Matignon. Dans les magazines de papier glacé, il s'affiche même bras dessus, bras dessous avec Madame. En apercevant cela, on s'est souvenu de ce dimanche après-midi où, sur le divan rouge de Michel Drucker, il avait cru bon de s'épancher, devant des millions de téléspectateurs, sur les conditions dans lesquelles il avait rencontré son épouse, sur son «coup de foudre immédiat» ce jour-là, etc. A l'époque déjà, comme cette semaine à la vue de ces «Unes» de magazines, on a poussé un identique soupir d'agacement: ce déballage est-il vraiment nécessaire?

Il rappelle furieusement, en tout cas, un certain Nicolas Sarkozy s'affichant en «Une» de Match, au début du quinquennat précédent. D'abord avec son épouse Cécilia, puis au bras de celle qui lui succéda, Carla Bruni. A l'époque, les Français n'avaient pas du tout aimé cela. Et ce qu'ils avaient considéré comme de l'exhibitionnisme déplacé avait même sonné le début de la dégringolade de la popularité de l'alors Président – dont il ne se remit jamais, avec les suites que l'on connaît.

Quelques années plus tard, donc, Manuel Valls – censé grand communicant – fait d'emblée le choix analogue de l'étalage de sa vie privée. On verra ce que, cette fois, cela donnera.

01/04/2014

Un voisin, au sommet

C'est très anecdotique, mais ce n'est pas, pour autant, un poisson d'avril. Notre onzième arrondissement compte désormais un des siens au sommet du gouvernement. Puisque Manuel Valls, qui réside dans le quartier Bastille, a été nommé Premier ministre, hier soir.

Avis aux amateurs de bleu marine ou de kaki: cela va densifier encore un peu plus le nombre de pandores dans le quartier. Puisqu'il faudra y veiller aussi à la protection et à la tranquillité de cette désormais si haute personnalité.

A ce sujet, un conseil d'ami aux si nombreux Roms qui ont l'habitude d'errer et de camper rue de la Roquette ou boulevard Richard Lenoir. Plus que jamais, ils ont intérêt à marcher droit, à ne pas la ramener. Leur si puissant voisin considérant qu'une majorité parmi eux n'a «pas vocation» à s'intégrer, et donc à rester en France.

25/03/2014

Un facteur aggravant?

Dimanche, au premier tour des élections municipales, plus de quatre Parisiens sur dix n'ont pas voté. C'est encore plus que la moyenne nationale d'abstention (36,45%), qui a pourtant été historiquement élevée.

A dû contribuer à cette démobilisation civique le fait que, cette année, les électeurs parisiens ont reçu très tardivement, dans leurs boîtes aux lettres, les dépliants électoraux des candidats se présentant dans leur arrondissement. Par exemple, les habitants de notre quartier du onzième ont reçu ces prospectus samedi matin . Soit vingt-quatre heures seulement avant l'ouverture des bureaux de vote. Or, qui sait, les électeurs auraient-ils eu le temps de prendre connaissance à leur aise des «professions de foi», comme on dit, des partis en lice que, peut-être, cela les aurait-il incité à davantage aller voter.

A moins que ce soit La Poste qui ait dysfonctionné, l'Etat, pour le coup, dans la capitale en tout cas, ne s'est pas acquitté au mieux de mission d'information électorale. Comme s'il avait traîné les pieds, lui qui, l'an dernier, avait vainement tenté de faire supprimer cette obligation lui incombant (relire ici).

Le ministère de l'Intérieur a beau avoir à sa tête un des membres du gouvernement les plus populaires, Manuel Valls, c'est à se demander, parfois, s'il est géré.

07/10/2013

Une «mobilisation pour la dignité»

Passé un peu par hasard, hier après-midi, place de la Bastille, au moment où s'y déroulait le volet parisien de la «Roma Pride»: troisième journée européenne annuelle de «mobilisation pour la dignité du monde du voyage». Des Roms qui, en France particulièrement – cela n'étonnera personne –, n'en peuvent plus. «Stigmatisations, expulsions, discours haineux, violences: de nouveau, ces populations malmenées et discriminées, cibles de stéréotypes éculés et de représentations stigmatisantes, sont instrumentalisées à des fins politiques».

Pas énormément de monde pour s'en indigner, cela dit, hier à Bastille – à l'heure où on y est passé, en tout cas. Quelques dizaines de personnes, guère plus, venues applaudir jongleurs, chanteurs, danseurs de flamenco, slammeurs ou musiciens. Dans une ambiance festive et bon enfant qui, a-t-on trouvé, contrastait bizarrement avec la gravité de la situation de cette communauté en France et la violence des attaques qu'elle subit.

Une bonhommie qui avait tout de même une cible privilégiée: le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Il en a fameusement pris pour son grade, pendant toute l'après-midi. Plusieurs pancartes et des slogans l'ont nommément épinglé.

Et pas toujours très judicieusement, s'est-on dit. Ainsi, ce slogan comparant sa politique à celle jadis menée par le dictateur espagnol Franco – alors que Manuel Valls lui-même est issu d'une famille espagnole ayant, à l'époque, fui la répression franquiste. Le parallèle historique est tellement incongru (la France n'est tout de même pas devenue dictatoriale, que l'on sache) que cela en devient idiot. N'y a-t-il pas des arguments plus étayés à brandir contre l'intéressé?